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 14 concours d'écriture : votons !

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Quels textes préférez-vous ? (2 votes par personne)
Texte n°1
18%
 18% [ 5 ]
Texte n°2
11%
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Texte n°3
7%
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Texte n°4
7%
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Texte n°5
18%
 18% [ 5 ]
Texte n°6
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Texte n°7
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Texte n°8
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Texte n°9
4%
 4% [ 1 ]
Texte n°10
18%
 18% [ 5 ]
Texte n°11
4%
 4% [ 1 ]
Total des votes : 28
 

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Iron
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MessageSujet: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:26

Bonjour,


Voici venue l'heure des votes ::rolling::


Vous avez le droit à 2 votes par personne

Fin des votes : samedi 21 février (aucune garantie pour l'heure, disons 00h00 cette fois, parce que j'ai quelque chose de prévu ce soir-là et je ne serai pas à la maison pour fermer les votes Razz On s'en fiche ah ouais ? geek )

Merci à tous les participants et bonne chance à tout le monde ::rolling::


Dernière édition par Iron le Sam 7 Fév 2009 - 20:36, édité 1 fois
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Iron
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:28

Texte n°1

Un voyage salutaire.

Mon dernier patient vient de quitter mon cabinet et je serais, encore une fois, en retard pour le repas. Je serre les dents à l’idée de devoir supporter, une fois de plus, les remontrances de ma femme. Cette vie, dont j’ai toujours rêvée, devint de plus en plus cauchemardesque. Mes patients se plaignent de devoir attendre plusieurs heures dans ma salle d’attente ; mes enfants se lamentent que je n’ai pas de temps à leur consacrer et ma femme soutient que je suis devenu un étranger.
Après bientôt vingt ans de mariage, deux enfants et aucun secret l’un pour l’autre, je suis un étranger. J’avoue que, moi-même, j’ai un peu de mal à comprendre ce qu’elle me reproche au juste. Elle a tout ce dont elle a rêvé, du pavillon en résidence fermée au dernier modèle cabriolet de Mercedes, en passant par le labrador couleur sable primé, qui m’a coûté une fortune.
Je repense à la conversation, que j’ai eue hier avec un de mes collègues, et je me dis que dans le fond, il a raison. A quarante cinq ans, un homme doit savoir où conduire sa barque. Le problème c’est la destination. Médecine, le cabinet, une bonne clientèle c’était La destination. Maintenant que je suis arrivé à bon port, dois-je de nouveau lever l’ancre et mener de nouveaux défis, au risque de braver des tempêtes bien plus dangereuses que celles contre lesquelles j’ai lutter jusqu’à présent ?
Oui, certainement. Je suis encore trop jeune pour abandonner tous mes espoirs de conquête et me contenter d’un port de plaisance. Je suis finalement prêt à relever le défi et à partir pour l’Afrique.
Mon collègue ouvre un dispensaire, près de Lomé, et il a besoin d’un résident fixe pour coordonner les équipes tournantes.
Après quelques instants de réflexion, je prends les documents qu’il m’a laissés et ferme le cabinet en soupirant. Ma femme ne sera pas facile à convaincre mais les enfants étaient peut-être ceux que j’aurai le plus de mal à convaincre de renoncer à leur train de vie.

Les enfants sont enfin arrivés. Marianne et moi sommes partis en avance pour préparer leur arrivée, nous trépignons devant le terminal. Je vois, à leur air maussade quand ils débarquent, que la partie est loin d’être gagnée. L’aéroport de Lomé, capitale du Togo, est assez récent. Je suis soulagé que la première chose qu’ils voient ne soit pas en trop mauvais état. Nous montons dans le quatre-quatre neuf du dispensaire, unique grosse dépense indispensable, pour aller dans les coins les plus reculés de la brousse.
Par la fenêtre du véhicule, ils découvrent l’Afrique pour la première fois. Je suis fier de constater que, malgré leur réticence, ils sont admiratifs devant la beauté sauvage du paysage, au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes. Un relief doux, légèrement vallonné moins aride qu’au Nord, parsemé de palmiers à huile, de tecks mais aussi de kapokiers et baobabs aux énormes troncs qui ressemblent à des maisons. Les champs de manioc, de mil, de sorgho, et d’igname qui bordent la route sont cultivés manuellement et bordés de haies. La route, ou plutôt le sentier de poussière ocre, a été formée par le passage régulier des autochtones et de leurs maigres troupeaux.
Finalement, nous arrivons au dispensaire. La bâtisse en forme de L vient d’être terminée, elle a fière allure au milieu de son parc. La partie la plus vaste, la barre verticale du L, constitue notre habitation et celles des autres médecins. La plus petite, mais tout de même d’une superficie correcte, est le dispensaire à proprement parler, prolongé par un large auvent qui sert de salle d’attente. A l’arrière du bâtiment, de nombreux arbres fruitiers, bananiers, orangers, manguiers et autres forment une barrière végétale qui délimite notre parcelle.
C’est avec plaisir que je montre à mes enfants leur nouveau lieu de résidence. L’Afrique a un parfum indescriptible et chaque bouffée me semble grisante. C’est avec anxiété que j’observe leurs réactions pour voir s’ils sont, eux aussi, enivrés.
Les yeux écarquillés, ils observent un patient qui se traîne vers la salle d’attente. Ses habits sommaires et son état de délabrement physique sont tels qu’ils ne peuvent laisser indifférent. C’est un de mes habitués. Dans sa langue natal, il s’appel mardi car c’est le jour où il est né. C’est la seule référence biographique qu’il a pu m’apporter avec certitude. Je l’invite d’un mouvement de tête à s’installer sous le auvent. Marianne lui apporte un verre d’eau pendant que je conduis les enfants à l’intérieur.
- Alors ?
- C’est plutôt pas mal, répond mon fils.
- Tu as beaucoup de patients ? m’interroge ma fille.
- Les habitants du village sont encore un peu méfiants mais, dans l’ensemble, les journées sont bien remplies.
Leurs regards soudainement braqués sur moi me font réaliser leur crainte. Je leur avais promis de leur consacrer plus de temps.
- Avec quand même beaucoup de temps pour nous. Maman a redécouvert les plaisirs du jardinage. Elle dit même qu’elle est certaine que vous mangerez enfin des légumes, puisque ils sont nettement meilleurs. Je vous laisse découvrir vos chambres à l’étage. Il y en a encore quatre de disponibles, prenez celles qui vous plaisent.

De longs gémissements de douleur me réveillent en sursaut. La pleine lune illumine suffisamment la chambre pour voir sur le réveil qu’il est deux heures. Je rassure Marianne et je descends voir si quelqu’un à besoin de mon aide. Ma fille, les cheveux ébouriffés, en boubou bleu pastel me suit. Elle prétend qu’elle ne dormait pas.
Sous le auvent, attendant patiemment notre arrivée, une femme enceinte se masse le ventre pour calmer la douleur. Sa sœur, en nous voyant, nous interpelle :
- C’est l’heure Docteur, elle a perdu le liquide. Elle a but les herbes mais ça ne vient pas.
Sans me préoccuper de ma fille, certain qu’elle remonterait dans sa chambre, j’accompagne les deux femmes dans la salle d’obstétrique. Après un sérieux savonnage des mains, j’enfile mes gants pour voir l’évolution du travail. Le liquide est méconial ce qui n’est pas bon signe.
- Le bébé souffre, il va falloir l’aider à sortir.
Mon regard se porte vers le fond de la salle où se trouvent mes instruments, pour pratiquer un forceps, quand je constate que ma fille est là. Loin d’être effrayée, elle observe chacun de mes gestes.
- J’ai besoin d’un coup de main. Tu veux m’aider ?

Le bébé, posé sur le ventre de sa mère, effectue de légers mouvements de pied pour avancer vers le mamelon. Il a encore les extrémités bleuis, mais sa cage thoracique se soulève avec force. Il est vigoureux et potelé. Ma fille est extatique devant le miracle de la vie. Je me réjouis de constater à quel point elle a mûri en trois mois. Je lui passe le stéthoscope.
- Tu veux écouter les battements de son coeur ?
Elle hoche la tête.
- C’est irrégulier, c’est normal ? demande-t-elle inquiète.
- Oui, il vient de naître. Mais ça va se régulariser bien vite.
Déjà, elle démontre un sens clinique développé alors qu’elle n’a fait aucune étude. Cette magie c’est l’amour de son prochain, c’est cela qui fait un bon médecin. Toutes ces années d’accumulations de bien matérielles m’avaient fait perdre le sens de ma profession, le sens de ma vie.
Le visage épanoui de ma fille me confirme que j’ai fait le bon choix. Décider de changer ma vie, de changer de cap, a été ce qui pouvait nous arriver de mieux.

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Iron
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:28

Texte n°2

Sur un cahier d’écolier, écrit à la plume, en noir, par la main naïve d’un enfant:

A tous ceux qui doutent de leurs choix présents et passés
Et que la vie n’a pas gâté
A tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont baissé les bras
Et qui ont peur de prendre un nouveau départ

A tous ceux-là, j’adresse ces quelques notes d’espoir

S.


Univers en gris, bleu et blanc.

Une ville, vue d’en haut.
Des rectangles et des carrés.
Quadrillage de rues.
Ca grouille en bas.

On se rapproche. Les immeubles se profilent. Bruits de voitures et de klaxons, plus proches, plus assourdissants.
On plonge dans une rue. Les gens vont et viennent, tristes. Les feux clignotent. Un pigeon vole quelque part et on entend le bruissement de ses ailes.
On s’arrête au cinquième étage d’un building. On regarde derrière une vitre.
Sous les néons, des hommes et des femmes s’affairent, zigzaguant entre d’étroites cloisons. La plupart sont assis derrière un écran d’ordinateur, la mine concentrée.

On traverse la vitre pour pénétrer à l’intérieur, et on s’intéresse à un jeune garçon en particulier.
Il doit avoir un peu plus de vingt ans. Il porte un costume, avec chemise et cravate, et il est en train de pianoter sur son clavier d’ordinateur. Sur la carte accrochée à son épaule, on peut y lire son nom et son prénom : Paul Dupond.
Un collègue de travail s’amène et dépose une grosse pile de dossiers sur son bureau, puis tapote sur sa montre pour indiquer que le temps presse. Un autre collègue arrive une seconde après et rajoute d’autres dossiers en haut de la pile. On voit que Paul est résigné.

On se fixe sur l’horloge posée au-dessus de son bureau. L’aiguille des secondes, peinte en rouge, gigote lentement. On entend tic, tac, tic, tac. Les yeux de Paul s’agitent, il réfléchit à quelque chose. Tic, tac, tic, tac. On approche de son visage, en gros plan. Il affiche un air hésitant. Le temps s’accélère. Tic tac tic tac. On voit les pores de son visage, ses joues fraîchement rasées, la légère couche de sueur sur sa peau. Tictactictactictac.

Tremblement de l’image. Tintement de cymbales. Rythme de basse.

Paul s’empare de ses dossiers et se faufile au milieu des autres employés en les bousculant, l’air décidé.


Première voix :
J’ai toujours eu l’impression de n’avoir rien fait
Aucun exploit, aucun succès,
Jamais rien pour donner la chance à mes idées,
A mes rêves de s’inventer.

Paul entre dans le bureau du directeur. Il jette tous les dossiers en l’air en souriant. Les centaines de feuilles s’envolent et retombent dans une pluie de carrés blancs. Il s’enfuit en courant avant que son patron ne puisse dire quoi que ce soit. Ses collègues le regardent traverser en trombe le cinquième étage, ébahis.

Seconde voix :
J’ai toujours cru que la vie pourrait me guider
Dans mes choix les plus importuns,
Qu’une lumière au fond de moi m’indiquerait
Le chemin, oh, oooh, le chemin…

Paul quitte le building où il travaillait. D’un geste rageur, il arrache sa carte de son costume et enlève sa cravate. Il donne sa veste à une mendiante à côté de lui, puis appelle et s’installe dans un taxi.

Première voix : Mais aujourd’hui, j’ai décidé…
Le chœur, reprenant la mélodie en fredonnant : Hm hm hmmm…
Seconde voix : Oui, aujourd’hui, j’ai décidé…
Ensemble : Que je guiderai ma vie.

Les instruments jouent tous en même temps. Le chœur chante bouche fermée, joyeux, pour les accompagner.

Paul rentre chez lui. Il se précipite dans sa chambre, ouvre un tiroir et en sort un livre vierge et un stylo plume. Il commence à écrire frénétiquement, assis sur son lit. Il écrit toute la journée, toute la nuit, à la lumière de sa lampe de chevet.


Première voix :
Tous ces vieux projets que j’avais élaborés
Avec Pierre, Alain et Roger,
Ces longues discussions près de la cheminée
A reconstruire le monde entier

Seconde voix :
Tous ces désirs secrets que j’avais refoulés
Toutes ces envies inavouées
Ces premiers jets, brouillons seulement griffonnés
Tous ces souhaits, oh, oooh, tous ces souhaits…

Paul prépare des valises. Puis il prend la route et se rend dans un aéroport. On le voit monter dans un avion et s’installer près d’un hublot. Il a toujours son livre avec lui.

Mais aujourd’hui, j’ai décidé…
Chœur : Décidéééé !
Oui, aujourd’hui, j’ai décidé…
Chœur : Hé, héééé !
Ensemble : Que je changerai ma vie.

L’avion fend les cieux, au-dessus d’une mer de nuages cotonneux. Le blanc, le bleu et le gris laissent peu à peu la place à plus de couleurs.

Au cours de ses voyages, on voit Paul qui continue d’écrire dans son livre. Il parle à tous les gens qu’il rencontre, s’amuse avec un groupe d’enfants qui court derrière lui, chante et danse autour d’un feu de camp, dans un désert, sous la nuit étoilée. Il rit beaucoup. Ses habits se dégradent, à force de vagabondages.


Première voix :
Je ne peux pas dire que j’ai été mauvais
Quelques beaux gestes, j’en ai faits
Il y a eu des réussites et des ratés
Je me suis toujours pardonné

Paul lit son livre aux enfants qui l’accompagnent. Ils l’écoutent attentivement, et certains hochent la tête négativement. Paul rature alors des passages avec son stylo en les remerciant.

Deuxième voix :
Comment rester sur le fil d’une mélodie
Qui plaît aux autres et qui m’ennuie ?
Ne puis-je moi-même composer les notes
Avec mes fautes, oh, ooooh, avec mes fautes ?

Paul salue les enfants et prend de nouveau l’avion. Il se rend dans une maison d’édition.

Il est ensuite assis dans un bureau luxueux, en face d’une vieille dame – l’éditrice – qui tient son livre, l’air ravi. Ils se serrent la main avec un regard entendu.

La production du livre commence. Bientôt, il est mis en rayon dans les librairies.


Mais aujourd’hui, j’ai décidé…
Chœur : Décidéééé !
Oui, aujourd’hui, j’ai décidé…
Chœur : Hé, héééé !
Ensemble : Que je changerai ma vie.

L’écran se fragmente en dizaines de petits écrans où chacun montre une personne en train de lire le livre de Paul. Des images défilent ensuite, comme un album de cartes postales.

Première voix : Sous les palmiers de Madagascar
Deuxième voix : Et dans les brumes de l’Ecosse
Première voix : Tout en haut du Grand Canyon
Deuxième voix : Sur les rizières de Chine

Ensemble : J’ai décidéééé…

Première voix : Dans les marchés de Mumbai
Deuxième voix : Sur le pont de San Fransisco
Première voix : Sous les aurores boréales
Deuxième voix : Les vastes champs de coquelicots

Ensemble : …que je changeaaaiiis.

Solo de guitare électrique, au-dessus de la mêlée.

Dans un hypermarché, une caissière a le nez plongé dans le livre de Paul. Un client lui crie dessus parce qu’elle rêve au lieu de travailler, et qu’il est pressé. Elle lui lance un regard noir. Brusquement, elle quitte son siège et s’en va.

Au péage d’une autoroute, un homme lit aussi le livre de Paul. Un coup de klaxon le fait sursauter. Un automobiliste réclame un ticket. L’homme soupire… puis, résolu, jette tous les tickets qu’il dispose à travers la fenêtre de sa cabine, avant de s’en aller.

A l’intérieur d’une classe de lycée, un élève lit en cachette le livre de Paul. Le professeur de mathématiques l’aperçoit et le réprimande. L’élève ouvre alors les anneaux de son classeur et distribue à la volée ses feuilles de cours en courant dans toute la classe. Puis il quitte la salle en riant aux éclats.

La guitare termine son solo. Les instruments cessent presque tous de jouer, hormis le synthé, en fond, et le chœur qui donne la tonalité.


Première voix :
J’ai repensé à ces moments d’hésitation
Les formidables occasions
Que je n’ai pas saisies et que j’ai regrettées
Pour un tas de mauvaises raisons

Paul marche dans une rue. Par hasard, il rencontre une caissière qui danse et qui chante. Quand il voit qu’elle a son livre dans les mains, il la rejoint. Ils se parlent, puis ils se mettent à danser et chanter ensemble.

Deuxième voix :
J’ai affronté mes peurs, mes doutes et mes douleurs,
Et j’ai appris de mes erreurs.
Dieu peut bien ne pas me laisser choisir du tout,
Je m’en fous, oh, ooooh, je m’en fous

Les tambours et le chœur seuls.

J’ai décidé de changer ma vie.
Hm hm…

L’homme du péage, qui a quitté son poste de travail et a pris la voiture, se retrouve en ville. Il aperçoit alors Paul et la caissière, avec un groupe de jeunes, en train de s’amuser. Il sort de sa voiture en brandissant le livre de Paul, pour leur faire signe.

J’ai décidé de changer ma vie.
Hm hm…

L’élève parti de son lycée rencontre ce qui ressemble à des manifestants. En s’approchant de plus près, il ne voit ni pancartes ni banderoles. Seulement des gens qui éclatent de rire et dansent. Ils ont tous les livre de Paul à la main. Tout sourire, il se mêle à la foule, qui grossit, encore et encore.

Changer… Changer… Changer…

La musique revient, hésite… et monte d’un ton pour reprendre de plus belle. Le thème principal est joué en fond.

Première voix : Permettre à mes rêves de s’inventer
Deuxième voix : La lumière au fond de moi d’exister
Chœur : Change ta vie.
Première voix : Reconstruire le monde entier
Deuxième voix : Tant pis si je n’ai pas le choix
Chœur : Change ta vie.
Première voix, plus fort : La vie nous sourit tous un jour
Deuxième voix, plus fort : La pluie ne dure jamais toujours
Première et deuxième voix : Change, change, change…

Ensemble : Change ta vie !

Crescendo, apothéose et fin de la musique.

Dans le building où Paul travaillait, on voit le patron regarder une page Internet.
Sur son écran, un livre sorti récemment dans les librairies, et qui bat tous les records de vente.
« Le livre qui a fait rêver des millions de gens » critique la presse.

Le livre s’intitule : J’ai décidé, par Paul Dupond.

L’univers s’illumine. Sur une dernière image, où l’on voit la carte de l’employé Paul Dupond au fond d’un caniveau, tout devient blanc.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:29

Texte n°3

Les rêves d’une autre vie nous portèrent des années durant, à tel point que le jour où cela se réalisa enfin, ce fut un bonheur renversant.
Ce n’est en rien un exploit, mais pour toi et moi qui désirions troquer notre vie citadine pour une vie au sein de la nature, cela nous parut tel.
Et quand je repense à toutes ces années qui passèrent lentement avec pour fil conducteur l’espoir de nous évader, et qu’aujourd’hui même je suis bien là avec toi, je me dis que la vie est belle et douce dans la maison au pied des montagnes.
En me reposant sur le banc adossé au mur, près de la porte d’entrée, je suis enchantée d’être aussi bien, je regarde alentour et c’est un ravissement pour les yeux ;j’aime les arbres du verger que j’aperçois au loin, le potager au fond du jardin avec ses fleurs ravissantes de toutes variétés et couleurs l’embellissant ; être là tranquillement à l’ombre du gros châtaignier ,me repose des petites et grandes misères de l’existence ,et je respire à fond en pensant au bonheur d’être là avec mon compagnon de longue date, occupés que nous sommes la plupart du temps entre jardinage dans notre grand potager et promenades dans la forêt avoisinante.
Ce sont justement les grands arbres qui me manquèrent durant les années citadines, et de les retrouver à la fin du parcours, m’entourant, est une sensation merveilleuse de plénitude.
Que je suis bien ici, avec toi, et que la vie est décidément bonne quand les rêves se mettent à devenir réalité !
Cette maison qui est la nôtre maintenant est rustique sans pour autant être ce qui pourrait paraître un « cliché »,car depuis notre jeunesse, nous avions dans l’idée de trouver » une maison
de pays » pour nos vieux jours ; et, afin d’y être bien installés sans toutefois dépenser une fortune, nous savions bien qu’il nous faudrait avoir la chance de trouver une maison de paysan qui serait à reprendre en main.
Elle est jolie avec ses volets verts qu’on a repeint et qui sont bien pimpants, elle est assez grande pour recevoir nos proches. Tout de suite sa simplicité rurale nous donna envie d’y vivre, la grange attenante fut ce qui nous décida pour de bon, car ce serait l’endroit où l’on pourrait y faire trente-six choses :y entreposer du bois, toutes sortes de bric à brac, et puis, j’avais immédiatement songé au plaisir d’y être à l’ombre en été. Ainsi dans la grange , à l’abri de la forte chaleur mais en restant tout de même dehors avec la porte grand ‘ ouverte, nous serions heureux car ce pourrait être un endroit festif très apprécié.
Et, c’est en repensant aux nombreux repas conviviaux que je me plais aujourd’hui à rêver en me reposant contre la maison, sur le banc de fer forgé ; j’apprécie par dessus tout de savoir qu’en hiver je vais bientôt pouvoir ainsi que l’année dernière me réchauffer devant l’âtre de la pièce centrale, au rez- de- chaussée où l’on vit là presque toute la journée quand il fait très froid à l’extérieur.

Ainsi, restant des heures devant le feu à regarder les flammes danser dans la cheminée, les journées vont passer encore bien paisiblement, et je prendrai un livre , toi aussi, et le bonheur sera complet ;les heures passeront à se reposer auprès de ce délicieux spectacle que sont les bûches enflammées et quand les braises encore rougeoyantes seront nombreuses mais que les flammes ne lècheront plus le bois, on partira chercher dans la grange de quoi alimenter le feu.
Quoi de plus merveilleux que d’être en harmonie avec la nature ?
Comme la vie change quand on peut en la rêvant arriver à la réaliser…

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:29

Texte n°4

Confidences d’un père à son fils, le jour de son mariage.

« Tu sais, fils, c’était vers 1965, je devais avoir ton âge, et je me posais la question de savoir ce que je faisais-là, oui, là, sur cette Terre. Enfin ! Comment était-ce possible que mon existence fût si médiocre, que ma femme fût si ordinaire et qu’elle n’eût pas plus d’imagination au lit ? Ce qui me désespérait le plus était le sentiment de rater ma vie ; insupportable réalité.
Je jouai bien à la loterie nationale, mais l’espoir de gagner ne changeait rien à mon mal-vivre. Notre couple ne marchait pas bien et mon travail guère mieux. Avec ta mère, vois-tu, nous songions sérieusement à nous séparer.

Pourtant, dans ma chienne de vie, en me réveillant un dimanche matin, je sentis bien que quelque chose avait changé. Il était vrai que ces matins-là, comment dire… habituellement, ils étaient différents des autres jours : grasse matinée...
Mais ce jour-là… il y avait en plus une ambiance particulière ; au fond de mon lit, je sentais l’odeur de parfums inhabituels. Pouvais-je deviner que ta mère avait fait des folies en ce domaine ? La douceur des draps me donna l’illusion que j’avais dormi sur une peau de pêche ou un velours de satin. J’aurais dû bondir de la couche pour comprendre, mais, enivré par les essences, désireux de prendre le temps de me réveiller, je soulevai lentement, très lentement le drap, le fis glisser sur mon visage et, dans un halot de lumière ocre, j’aperçus que je me trouvais dans une chambre d’une grande beauté. Incroyable ! Je venais de basculer dans un autre monde.

Que faisais-je-là ? je secouai la tête, me donnai deux claques, inspectais la chambre des yeux, puis le cœur battant à tout rompre, je me laissai tomber sur le dos et me couvris du voile parfumé pour effacer ce mirage. Avais-je peur ? Oui, bien sûr ! J’avais l’effroi d’avoir raison.

– Est-ce que monsieur prend son petit-déjeuner au lit ?

Je me dressai comme un ressort, et quand je vis celle qui venait de parler, mes yeux se perdirent dans les siens. Surpris, mais heureux, mon regard descendit lentement pour admirer la silhouette de l’apparition qui, le plateau à la main, attendait le signe d’avancer. Je me ressaisis, fermai la bouche, et lui demandai :
– Qui est-vous ?
– Monsieur aurait-il mal dormi ? répondit-elle avec un sourire ingénu.
– Non.
– Ne voulez-vous pas le petit déjeuner ?
– heu ! Si.
Elle prit l’oreiller, l’installa dans mon dos, et posa le plateau devant moi.
– Je rappelle à Monsieur que nous sommes dimanche, Madame reçoit à midi.
– Madame…
– Oui, Monsieur, Madame reçoit.
Immobile, je tentais de réfléchir, je voulais comprendre.
– Monsieur ne mange-t-il pas ?
– Si, bien sûr !
Pendant que je me restaurais, elle était restée assise sur une petite chaise près de la porte, muette, la tête basse, les mains sur les cuisses. Je la regardai du coin de l’œil. Qui était-elle ? Qu’est-ce que je faisais-là ?
– Si je puis me permettre, le bain de Monsieur va être froid, et vous allez vous mettre en retard.
J’étais perdu, je ne comprenais plus rien, et elle, pourquoi restait-elle ici ?
Elle reprit le plateau, ouvrit les rideaux et la grande baie vitrée. Aussitôt, le bruit des vagues envahit la chambre, et, portés par la brise, les doux parfums exotiques suivirent.
Je n’osai pas demander où j’étais, ridicule ! Cela serait ridicule. Je me levai, allai à la salle d’eau désignée et, cessant de réfléchir, je jouai le rôle qu’on me demandait de jouer.
Cette pièce improbable, était-ce une salle de bain ? Non, car en dehors des songes fantasmagoriques, dans la réalité, ce fut inconcevable !
Je n’osai même pas rentrer. En avais-je le droit ? Chez qui résidais-je ?
Sur la tablette, Je reconnu immédiatement mon vieux compagnon, celui que ta mère m’avait offert à un Noël. Il y avait longtemps que chaque matin, il massait ma peau et me rasait. Que faisait-là cette chose si familière ? Mon cœur faillit lâcher. Je fis une toilette rapide, et, dans une chambre déjà rangée, je m’habillai avec des vêtements, que de ma vie, jamais, je n’eus espéré pouvoir les porter. De la terrasse, lorsque je lançai mon regard le plus loin possible, il s’arrêtait sur la ligne d’horizon d’une mer d’azur. Où étais-je atterri ? Quel coin du monde était-ce ? Où se trouvait ce paradis enchanté ?
– Madame attend Monsieur pour le plan de table !
– Qui ?
– Madame, Monsieur.
– Ah ! Oui, bien sûr… Madame.
Perturbé, songeur, je suivis la soubrette qui m’ouvrait la route. Dans cette maison inimaginable : quel luxe ! Quelle débauche ! Mais enfin ! Où étais-je ? Madame, qui était-elle ? Je ne la connaissais même pas. Etait-elle belle ? J’eus peur de comprendre… l’angoisse m’envahit, le rasoir… ta mère… non ! Pas cela, pas elle !
Nous débouchâmes dans une splendide salle de réception, où la table était royalement dressée.
– Père, vous êtes magnifique ! Me dit la fille qui m’accueillit. Elle paraissait si jeune, si fraîche, si en beauté que je fus interloqué. Surpris, je ne trouvai rien d’autre à dire que : « bonjour » un bonjour si faible que je me sentis obligé de le répéter, comme pour me donner de l’assurance. C’était de la démence ! Père ? Elle venait de m’appeler père. Etait-ce possible que cette splendeur eût été être ma fille ? Cette fille que je n’avais pas eue. Inquisiteur, malgré-moi, je la regardai, la dévisageai avec insistance, et que je la connaisse, fut mon premier sentiment.
Ce visage, ce regard lumineux, cette silhouette, je me doutais que cette très jeune femme se situait dans mes relations. Je lui trouvai une ressemblance avec France Gall, mais impossible, ce ne pouvait pas être-elle. La seule chose qui m’importait, fut qu’elle fût belle, et que dans ce rêve – car ce n’était qu’un rêve – elle jouait le rôle de ma fille ; Madame ne pouvait plus être ta mère, elle devait être divine.
Madame parut.

– Alors, mon ami ! Deviendriez-vous fainéant ?

Elle venait de franchir le seuil de la magnifique porte qui menait au salon. Dans une toilette extraordinaire, rayonnante de beauté, elle s’approcha de moi, me prit par les épaules et, me fixant dans les yeux, posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Mon cœur ne battait plus ou, battait-il si vite que je ne l’entendais plus ? Mes jambes eurent du mal à me porter ; Je venais de faire la connaissance avec Madame... le choc émotionnel fut terrible.
– Vous n’allez pas être malade à mon anniversaire, je vous l’interdis bien !
– Mais…
– Toujours aussi mystérieux, allez ! Aidez-moi à placer nos invités.
– Pourquoi voulez-vous que je les place ?
Je m’en voulus d’avoir dit cela, ce fut spontané et idiot, mais je l’avais dit.
– Vous êtes génial ! Oui, c’est cela, génial ! Basta ! Sortons du convenu, laissons chacun se placer à sa guise.
Je la regardais, la suivais du regard. Je ne voulais pas y croire, comment était-ce possible ?
Non… ce ne pouvait pas être elle ! Un sosie, voilà, un sosie ; pas elle ! Pas Sophia.
– Maurice ! Le champagne est-il prêt ? Cria-t-elle.
Sa voix, son accent, quelle ressemblance ! Et si c’était-elle ? Non… ce serait énorme !
Bruits de moteurs, flot d’automobiles et klaxons : la cour fut envahie.
– Les voilà ! Ils arrivent ! Quel bonheur, cria-t-elle en se précipitant vers l’entrée.
Sorti d’une AC cobra rouge, le premier qui entra, accompagné de sa jeune et jolie Sylvie, il était impossible que je ne le reconnusse pas, j’étais fan depuis ses débuts. Admiratif, je regardai rentrer mon idole, celle des jeunes. Blonde, adorable, souriante, Sylvie vint m’embrasser sur les joues comme une petite sœur. Me réveillerais-je ou tout cela allait-il continuer ? Johnny me serra la main fermement, et, quand nos regards se croisèrent, je trouvai dans le sien une force impressionnante, et toute la générosité qui était la sienne.
Elle n’était pas un sosie, Madame était bien Sophia, Sophia Loren, celle qui me faisait fantasmer, celle que je trouvais si belle, si femme, si inaccessible, que j’aurais gravi l’Everest pour que, ne serait-ce la voir en vrai et lui serrer la main. La première idée qui me vint : « ça y est, je suis fou ! Quel miroir ai-je traversé ? » Je me pinçai, j’eus mal.
Ils arrivèrent, les uns derrières les autres, plus belles ou plus beaux les uns que les autres. Ce défilé de stars, toutes celles que j’admirais à cette époque, étaient-là, assis autour de la table ; il n’en manquait pas une.
Presley, Armstrong, Ray Charles, Françoise, ma Françoise Hardy préférée, Marielle, Charles, mon Charles Aznavour, Dalida, Gainsbourg et tant d’autres.
Pendant le repas, dans le brouhaha, je fus incapable d’entendre ce qu’ils se disaient ; toute cette musique de voix mêlées, voix des films et des chansons que je préférais, me berçait ; seuls, la voix tonitruante de Marielle et le rire inimitable de Serge Lama, m’amusèrent. Ils rirent, burent et mangèrent dans une ambiance de fête au cours d’un repas qui dura. Moi, je ne mangeais pas, je les regardais, je rêvais, et cela me convenait parfaitement.
Sophia, ma perle lumineuse, reçut pleins de présents, tous aussi beaux et délicats qu’elle-même. Elle fut très heureuse, plus qu’elle ne le voulût. Le cadeau le plus grand, celui qu’elle reçut en final, était extraordinaire. Annoncé théâtralement par Rochefort, la dernière surprise sortit de derrière le rideau : le magnifique, toujours aussi élégant Carlo Ponti, lui fit la surprise d’apparaître, de lui baiser la main et de la prendre dans ses bras, sous les applaudissements d’un public fabuleux. Le Ponti, que je voyais si près de moi, cette légende, j’étais heureux qu’il fusse-là.
A la fin du repas, comme si quelqu’un avait donné le départ, ils s’enfuirent tous en même temps, en suivant un Jean Paul tourbillonnant. Il me semblait si beau, le Belmondo de mon enfance.
Le seul, qui vint me serrer la main avant de partir, fut Hallyday. Je savais qu’il allait le faire, Je l’admirais trop.

Lorsque Sophia me prit par la main, me guida vers le salon, je n’hésitai pas ; j’acceptai, bien conscient que mon égarement ne pusse aller jusqu’au bout. Evasion de folie, bonheur impossible, voyage dans un irréel merveilleux, un véritable conte pour adulte ; Je ne vivais plus un rêve, cela se situait au-delà.
Comme transporté par son parfum, je la suivis sur mon nuage et, le cœur en chamade, nous rejoignîmes la grande chambre décorée de voiles légers et doucereusement parfumés. Au pied du lit circulaire, stupéfait, je la regardais se dévêtir. Lentement, elle quitta sa robe la laissant glisser le long de sa silhouette italienne. Telle une ensorceleuse, elle s’approcha de moi et me regarda. Généreuse, elle me sourit pour apaiser mes angoisses comme si elle savait que la peur me tenaillait. Avec délicatesse, elle déboutonna ma chemise, et j’eus tellement crainte de me réveiller que je lui ai demandé de ne pas éteindre la lumière.

La nuit passée dans les bras de la femme que j’admirais le plus, la femme des fantasmes les plus fous de mon adolescence, je ne cherchais pas les mots qui pouvaient la décrire, car j’étais incapable de réfléchir. Volupté, douce violence, enivrements, sublimes caresses ; non, plus que cela : le septième ciel, celui qui, dans la montée des cieux serait le terminus, car il faudrait être fou pour que le huitième existât.

Le matin de ce dimanche, le lundi peut-être, quand je me réveillai, j’ouvris les yeux, et je vis ta mère si près de mon visage que j’ai crié :
– Non ! Pas encore.
Elle m’avait souri, m’avait pris la tête entre ses mains et, dans un murmure langoureux, m’avait dit : « si, vas-y, recommence, aimes-moi encore »

Les yeux grands ouverts, étonné, il écouta son père conclure :

« Vois-tu, fils, après cette nuit-là, il était impossible que ma vie ne changeât pas. Car un enfant… cela donnait un sens à mon existence, et une perception de la vie très différente. »

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:30

Texte n°5

Le nez collé à la vitre, je regarde avancer doucement les lourds nuages noirs venant de l’ouest.
Je pense au sujet d’un concours : "je change le cours de ma vie....tout est permis.".
Au fond de mon jardin, près de la rivière, un saule pleureur dont les longues branches s’agitent et attirent mon regard. Je suis hypnotisé par le doux balancement de cet arbre.
Je l’envie, et un instant, une éternité mon âme est devenue celle du saule.
Dans le jardin où je vis, l'été s'en est allé. L'automne s'est installé. Une saison est morte, une autre renaît. Et lorsqu’elle celle-ci mourra, une autre prendra sa place et inondera l’air et l’espace. A nouveau les couleurs changeront, évolueront. La nature se mettra en sommeil pour affronter les frimas de l’hiver.

A chaque saison, sa tenue, sa palette de couleurs. Le vent, le soleil, en artistes peintres sans pareil, décoreront cette nature, à leur façon, le temps d'une saison.

A chaque saison, c’est ainsi. Eternel et imperturbable cycle de la vie.

L’automne, lui, tisse son ouvrage changeant au gré de ses humeurs les paysages. La vie fait de même. Mais que deviendraient la vie sans les saisons et les saisons sans la vie ? Tout serait si triste et terne. Ce ne serait plus qu'un désert.

Je change de couleurs et m'orne de mille et une teintes aux allures de farandoles. Des farandoles où glissent des perles de pluie. Des perles de pluie qui donnent aux arbres, aux fleurs, aux champs, aux prairies, aux ruisseaux et aux brins d’herbe le pouvoir de naître, de vivre et de mourir. Magiques sont ces petites gouttes de pluie qui savent donner aux paysages toute leur magnificence, leur beauté naturelle. Perles de saule qui pleure, que le vent transporte dans les airs sur un fond de vague à l'âme et de tristesse.

Je suis seul et je pleure, magnifique, souverain du jardin, où ne règne plus que le silence du vent qui fait frissonner mes feuilles. Le gris du ciel devient plus sombre, les couleurs elles parfois sont flamboyantes puis s'éteignent. Le sol se jonche de feuilles mortes que personne ne ramasse mais foule du pied, écrase et piétine sous l'empreinte de leurs pas. Ils vont tels des automates emportés dans le tourbillon de leur vie.

Au milieu du jardin fier et beau, je suis enraciné. Je pleure toujours des larmes d'étoiles mais il n'y a plus personne pour m'écouter et me regarder pleurer. Plus personne pour recueillir mes petites perles de bonheur. Je frissonne. Silencieux. Je pleure digne mais solitaire. « C'est triste un saule solitaire. »

La nature a revêtu son manteau de saison. Indéniablement. Et les amants eux, doucement s'en sont allés, d'autres s'en vont et d'autres encore s'en iront. Le cœur lourd et triste de ne plus aimer, de ne plus s'aimer, l'âme perdue et le corps à l'abandon, alors qu'ils s'aiment, s'aimaient à en perdre la raison.

Et le cycle des saisons les engloutit dans le tourbillon de l'air du temps. Le temps qui ne m'épargne pas non plus. Alors je pleure des larmes d'incompréhension car si les amants se séparent, ne s'aiment plus et s'oublient, à qui offrira-t-il ses perles d'émotions que le vent déposait sur les chemins de leur vie ?

Les amours sont comme les saisons, à un détail prés, les saisons elles reviennent et renaissent de toutes leurs beautés colorées. Les amours aussi sans doute... mais peut être pas l'Amour quand il est unique.

Sous mon ombrage qui pleure, elle est venue. S'est assise et a souri. Elle a pleuré et pleure encore, comme moi, blottie quelque part au creux de mes bras. Je l'enveloppe de mes branches et la réchauffe un peu. Je souris tendrement, l'inonde de petites gouttes fraîches, je frissonne dans le vent d'automne, pleure des larmes de douleur mais aussi d'espoir.

Au milieu du jardin, dans un décor automnal, au plus profond de mon écorce, je pleure en la regardant s'éloigner sans se retourner... emportant en elle et avec elle, les larmes d'un saule...
Un instant, une éternité mon âme est devenue celle d’un saule.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:31

Texte n°6


— "Hé quoi? charmante Élise, vous devenez
mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me
donner de votre foi? Je vous vois soupirer, hélas! au milieu de ma joie! Est-ce
du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet
engagement où mes feux ont pu vous contraindre?"


— "Non, Valère, je ne puis pas me repentir de
tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens entraînée par une trop douce
puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent
pas. Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l'inquiétude; et je crains
fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais."


— No, no ! Mets-y un peu plus de conviction, Azure !
s'exclame Eillis qui descend les tribunes d'un bond en nous interrompant. Je te l'ai déjà dit et répété : dans cette
scène d'ouverture, il faut donner le ton. De l'amour, by jove, de l'amour ! Et
prends un air un peu plus attristé, tu veux ? Tu as l'air complètement
indifférente.


Je grommelle un peu pour la forme mais me tourne à
nouveau vers Yves pour recommencer le dialogue. Marrant comme cette fichue
première scène me donne du mal. Le reste est quasi nickel, mais mon entrée,
rien à faire pour l'instant … Même si je sais très bien que pour la
représentation de demain soir tout se passera bien. C'est toujours pareil ;
chaque veille de spectacle met tout le monde dans tous ses états et Eillis le
premier.


Pas super flegmatique pour un anglais, d'ailleurs. En
revanche, tout le reste est british à souhait chez lui : de son accent à son
aspect impeccable et constamment propre sur lui, dès que vous le croisez, vous
avez l'impression qu'il va vous demander une tasse de thé après vous avoir
"secoué la main". On a tendance à le taquiner à ce sujet, mais on
l'aime vraiment beaucoup. C'est un excellent metteur en scène, toujours de
bonne humeur et avec qui travailler devient un plaisir.


C'est lui qui a monté cette compagnie itinérante il y
a deux ans, recrutant des comédiens pas tous professionnels à l'époque. Dont
moi. Dire que j'ai faillit être secrétaire dans une grande firme industrielle …
Passer sa journée à taper sur son clavier des rapports sans intérêts, apporter
du café, se faire draguer – le tripotage a été très vite arrêté … Chouette
programme, hein ?


J'ai vraiment bien fait de prendre mon après midi ce
jour là. J'avais passée une semaine ignoble, avec réunions sur réunions, à me
taper tout le boulot du patron pour ne recevoir en guise de gratitude que de
vagues "merci pour mon petit. Vous pouvez disposer maintenant" et
j'étais franchement crevée.


La compagnie avait montée sa scène sur la place
principale du centre-ville et était en représentation. Ils jouaient "Le
Malade Imaginaire" si mes souvenirs sont bons. Ça a toujours été ma pièce
préférée et je la connaissais déjà presque par cœur à l'époque. A la fin du
spectacle, Eillis est venu saluer puis a lancé son offre de recrutement de
comédiens. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que je pouvais faire l'affaire,
je n'avais jamais fait de théâtre auparavant. Et pourtant je ne me suis pas
posée de questions et je l'ai abordé sitôt qu'il est descendu du dais.


Il m'a fait passer un bout d'essai où je donnais la
réplique à Caro – qui nous a quittés il y a cinq mois pour se marier – et m'a
aussitôt acceptée. Il faut dire aussi qu'à l'époque l'effectif de la troupe
était bien plus fluctuant et Eillis pas trop regardant du moment qu'il pouvait
se produire avec des comédiens pas trop mauvais … La vie m'a plu. Inutile de
dire que je suis restée !





Fin de la répétition. C'est franchement encourageant
pour demain. La pression sera là, c'est évident. Ce sera la première fois que
nous jouerons devant un public aussi nombreux – au bas mot, deux mille
personnes. Enfin, pas exactement. Durant nos haltes dans les grandes villes, il
est souvent arrivé qu'une audience aussi importante vienne nous voir en place
publique. Mais ce sera la première fois que nous nous produirons dans une véritable
salle comble et invités comme si nous étions célèbres !


Je me souviens encore de l'excitation qui régnait dans
notre petite caravane lorsqu'Eillis a raccroché son portable et nous a annoncé
la nouvelle. Elle n'est pas retombée à un niveau, disons normal, avant le
lendemain. Aussi, la représentation que nous avons donnée le soir même dans le
centre culturel d'une petite ville de la Manche a sans doute été l'une des
meilleures que nous ayons jamais faites, tant notre enthousiasme
transparaissait à travers notre jeu de scène.


Et voilà que ça y était presque. Rien qu'à l'idée de
me retrouver à l'ouverture du rideau, sur les planches, éclairée et captivant
l'attention de tous ces gens, je sens un frisson courir le long de mon échine
et une délicieuse angoisse me nouer l'estomac. Le stress, il n'y a rien de tel pour
vous mettre en condition !


— Hé, Azure ! Tu viens visiter les ruines romaines ?
me lance Julie sitôt que nous sortons de la salle. Parait que le site est
vraiment intéressant.


— Non, merci. Allez-y sans moi. Je préfère me promener
un peu dans la ville.


— Attends, je t'accompagne, s'écrie Guillaume en
jetant son veston sur une épaule.


J'acquiesce d'un mouvement de tête et regarde le reste
de notre troupe se fragmenter. Julie, Anna, Marc, Yves et Gwen vont voir les
ruines. Olivier et Thomas rentrent à l'hôtel que nous avons réservé – ils préfèrent
en général s'isoler avant leur performance. Sara, Judith et Pauline se sont
dévouées pour aller faire et les boutiques. Et Eillis va surement aller se
trouver un bar pour passer le temps.


Alors que Guillaume m'emboîte le pas, je pars dans la
direction opposée à tout ce beau monde. Je les adore, mais il ne faut pas se
leurrer : même si la vie en communauté a du bon, je ressens parfois le besoin
de respirer et de prendre des distances.


Je sens que mon compagnon hésite à prendre la parole,
choisit attentivement son sujet. Comme s'il avait peur de faire une gaffe. Le
fait est que je me demande depuis quelques temps ce qu'il pense vraiment de
moi. A dire vrai, à le voir me jeter une ou deux œillades à la dérobée et à
essayer de se rapprocher le plus possible de moi, je sens bien qu'il voudrait
être plus qu'un simple ami.


Mais j'apprécie sa compagnie, et j'ai besoin de me
changer les idées aujourd'hui. Ne plus penser au théâtre pour quelques heures.
Ça reviendra bien assez tôt.





La nuit est presque tombée quand nous rentrons à
l'hôtel. Je pense que tout le monde doit déjà être là, mais ça n'a pas
d'importance puisque nous n'avions rien prévu de particulier. Guillaume me
raccompagne jusqu'à la chambre que je partage avec Anna et Gwen puis me laisse
non sans m'avoir embrassé sur la joue.


Evidemment, mes deux colocataires me chambrent sitôt
que je rentre à propos de ma longue absence et de ma compagnie. J'évite deux
trois coussins mais me retrouve vite clouée sur mon lit, assaillie de
chatouilles presque insupportables. Je suis à bout de souffle lorsque mes deux
amies cessent et éclatent de rire, tandis que j'essaye de les imiter entre deux
hoquets pour reprendre ma respiration.


C'est cette ambiance bon enfant que j'aime tant. J'ai
souvent l'impression que je n'ai pas grandit, que j'ai toujours 14 ans et suis
en vacances en colo. La vie de bohème moderne est grisante et je ne
l'échangerais plus pour rien au monde.





Je regarde le réveil matin posé sur la table de
chevet. Six heures du matin. Agacée, je réprime un soupir pour ne pas réveiller
mes deux compagnes de chambrée et me retourne sur le dos. Je sais que je
n'arriverai pas à me rendormir. Je reste dans cette position quelques minutes
encore puis me décide à me lever.


Après un brin de toilette, je descends dans la salle
de restaurant et commande un café tout en relisant et en répétant encore mon
rôle. Si la tension est déjà forte comme ça maintenant, qu'est-ce que ce sera
ce soir ! Je m'aperçois soudain que je ne suis pas la seule. Marc vient de
descendre à son tour. En me voyant, il m'adresse un petit signe de la main et
vient me rejoindre dès que sa commande est prête.


— Toi aussi tu n'arrivais plus à dormir, me lance-t-il
avec un sourire en coin dès qu'il s'assoit à côté de moi.


La journée s'annonce vraiment très longue …





Vingt heures douze. Dans un peu plus d'un quart
d'heure, ce sera l'entrée en scène. Je soulève discrètement un pan du lourd
rideau de velours rouge. La salle n'est même pas encore comble mais ça promet
déjà. Le brouhaha est énorme et la chaleur des projecteurs quasi insupportable.



— Azure ! Tu n'es même pas encore habillée ? me
réprimande Eillis qui passait par là.


— J'y allais …


— Dépêche-toi un peu ! Tu entres la première !


Comme si je ne le savais pas … Je me hâte de rejoindre
les loges où Pauline m'aide à enfiler le corset – quelle torture ce machin ! –
avant que je ne mette la robe d'époque. J'ai toujours adoré ces costumes. Une
autre raison pour laquelle j'aime ce métier, tiens.


Je finis de nouer mes longs cheveux noirs en un
chignon compliqué et m'attaque au maquillage devant le grand miroir. Vingt
heures vingt-cinq. Presque bon …


Soudain, Yves ouvre la porte en grand et m'interpelle.
Il faut aller se placer derrière le rideau avant les trois coups fatidiques. Nous
entendons le traditionnel discours d'Eillis – qu'il a quelque peu modernisé
pour l'occasion – et le grand silence qui s'est fait en devient presque
palpable.


Le marteau retentit à ma gauche. Un. Deux. Trois. Le
rideau s'ouvre. Yves se met face à moi et me prend les mains. C'est parti …


— ""Hé quoi? charmante Élise …"





Les applaudissements roulent dans la salle comme un
coup de tonnerre ininterrompu. Je n'en reviens pas d'un tel succès. Totalement
aux anges, un sourire béat aux lèvres comme tous mes camarades, incapable de penser,
je prends ma place dans la ligne de salut en saisissant les mains de Thomas et
Judith et m'incline très bas devant cette assemblée qui nous a tant fait rêver
ce soir.


J'espère que nous en avons fait autant. Mais au bruit
qu'ils font et à la fameuse "standing ovation" dont ils nous
gratifient, je devine que j'ai en partie raison.


Eillis n'en revient pas non plus. Nous faisons
quelques pas en arrière pour le laisser saluer seul et goûter ce succès qu'il
mérite tant. Si seulement cela pouvait être un excellent début pour notre
troupe …


Quoi qu'il en soit, ce soir, nous avons touché les
étoiles.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:31

Texte n°7


Chapitre 1 :

Les gravats crissaient doucement sous le rythme lent de ces pas.
Sa respiration haletante emplissait l'air de nuage de vapeur.
Au loin, ont apercevait les lumières de la ville que surplombait avec majesté une pleine Lune d'une grande beauté.
L'air était emplit de senteur de sauge, basilique et autres odeur aromatiques caractéristique des banlieues riche de la ville.
Le jardin, ainsi que la maison ce trouvait sur les collines surplombants Dirty-city.
La colline était réserve au gens riche, tandis que ceux n'ayant pas les moyen d'habiter en hauteur devait habiter au fond de la « cuve », constamment emplie d'un brouillard de pollution.
Afin de rendre l'air de la cuve « respirable », la municipalité c'était vue contrainte d'installer tout un système de ventilation souterraine. Mais rien ne dissipait la brume.




Il n'était pas la pour toute ces contemplations, il finit par atteindre la porte de la maison.
La porte était ouverte, il pénétra dans la battisse.
C'était un pavillon récent qui bien que plutôt sobre était ici synonyme de vie aisé.
On entendait plus loin des bruit de télévision, l'homme se dirigea vers le salon.

« Je t'attendais, Strongest Man. » Les dernier mots, prononcer avec ironie provenait d'un homme assis sur le canapé en face de la télévision qui maintenant était éteinte.

Strongest Man observa son interlocuteur, il ne connaissait que trop bien ce long visage au milieu duquel un nez légèrement trop gros rendais le tout plutôt quelconque, son visage était encadré par de longs et gras cheveux châtains qui servaient plus a cacher sa face qu'a la mettre en valeur.

« Tout est finit, l'Avocat » Déclara Strongest man d'une voix solennelle.

L'« avocat » eu un petit rire « Tu restera bien discuter un peu ? »
Le super hero hésitât un instant puis s'assit sur un fauteuil en cuir.
« Sa va bientôt faire 5 ans que je tente de t'éliminer, mon cher super hero. Et je peux dire que j'ai a peu près tout tenter: immolation, explosion, empoisonnement, écrasement … Pourtant tu est toujours la, et visiblement mémé le ridicule de ta tenue n'a pas réussit a te tuer. » Nouveau rire

Strongest Man, ignora superbement, la derniere remarque.

L'avocat se redressa légèrement « Strongest man, ha Strongest man, voilà maintenant 5 ans que nous nous affrontons. Nous avons vécu ensemble bon nombre de situation extraordinaire, un lien bien plus fort que n'importe quelle amitié c'est tisser entre nous, un lien qu'aucun de nous ne peut briser, et ce n'est pas fautes d'avoir essayer.
Je crois pouvoir me vanter d'avoir fait preuve de beaucoup d'audace et de détermination afin de t'éliminer, mais visiblement rien ne marche. »

S.M. (Strongest man) ne réagissait pas.

« En fait, si je t'ai fait venir, car si tu es là c'est parce que je l'ai permis, c'est pour discuter un peu du bon vieux temps.
-Je ne suis pas la pour parler avec un Méchant.
-Certe, certe, mais puisse que tu me considères à ta merci pourquoi ne pas m'accorder une dernière faveur ?
-Parce que tu ne le mérites pas.
-Ha, strongest man, toujours aussi engageant. Pour te motiver à continuer la conversation : Tu vois les cameras ? Derrière ces cameras j'ai placé quelqu'un et si jamais tu tentes quoi que ce soit, il appuiera sur un détonateur qui fera mourir un certain nombre de personnes.
-Tu ne t'en sortira pas comme ça.
-Mais je ne suis pas la pour m'en sortir, je suis la pour parler. Et même te donner un moyen d'arrêter mes agissements.
-Bien, je t'écoute »
L'avocat se repositionna confortablement dans son canapé.
« Je suis née dans le quartier de « low-bottom », tout comme toi d'ailleurs, je n'ai donc pas besoin de t'expliquer dans quelle misère j'ai grandi.
Bref, j'allais à l'école du quartier, puis au collège et finalement au lycée du quartier, jetait un bon élève, le genre qui ne triche pas, qui ne travaille pas, mais a tout de même de très bonne notes.
Bref, souvent on me questionnait sur mon avenir et je ne savais que répondre, je ne savais pas ce que je voulais faire une fois adulte, rien ne semblait réellement intéressent.
Puis tu es apparu, tu es devenue le hero du quartier, puis rapidement de la ville.
Je me souviens d'un jour, j'étais en dernière année du lycée, je lisais le journal et je suis tombé sur un article dont le titre était : « Strongest Man, imbattable ».
Et c'est à ce moment que j'ai compris ce que je ferais plus tard, je te « battrait ».
J'avais enfin trouvé un défi à ma hauteur.
-N'essaie pas de me rendre responsable de tes actes, c'est toi et toi seul qui a décidé de devenir un super-mechant.

-Si tu n'avais pas existé je serais devenue une personne anonyme, se fondant dans la masse. Rien de désagréable en somme, mais terriblement ennuyeux.
-Tu aurais pu devenir un justicier, combattre les criminels.
-Quel criminels ? Il n'y a pas assez de criminel pour deux justiciers dans cette ville, par contre il y avait de la place pour les criminels puisque tu avais jeté toute la mafia en prison.
Bref, afin de te battre il me fallait de l'argent et des hommes. J'ai vite crée un petit groupe composé de quelque malfrats du quartier, puis j'ai réussit à convaincre une bande de fanatiques religieux d'attaquer la « big-tower ».
Ainsi, pendant que tu tentais d'empêcher mes fanatiques de faire exploser une tour, je braquais une banque avec quelques autres personnes.
Grâce a cette action j'ai pu me constituer un joli petit fond de départ.
Mais je n'avais pas assez, j'ai donc fait fructifier le butin.


Le principe était simple, a l'époque la plupart de bande était des associations de malfaiteurs dirigés par quelques hommes qui gagnaient beaucoup et des voleurs de bas rang qui devaient donner un certain pourcentage de leurs butins a leurs chefs, en échange leur chef ne les tuaient pas.
J'ai légèrement changé ce système: les voleurs de bas rang reversaient toujours une partie de leurs gains à leur chef c'est à dire moi, mais moins qu'avant et surtout en échange ils bénéficiaient d'une protection : A chaque fois qu'il y avait un problème les voleurs allaient voir un des protecteurs et ces derniers réglaient le problème. Inutile de dire que très rapidement les voleurs de bas rang quittèrent leurs anciennes bandes pour cette bande ou enfin ils bénéficiaient de quelque chose.
En même temps j'envoyais des agents infiltré dans les autres clan et réussissait ç faire éclater des guerres entre les principaux clan rivaux qui ne se rendaient alors pas conte que je leur volais tout leurs bas personnelles. Puis une fois ma bande assez forte je me suis occupé des autres clan et les aient éliminés l'un après l'autre.

Mais sa ne suffisait pas à me protéger de toi, j'ai donc organisé mon gang afin de ne pas prendre de risque : imagine un corps humain, moi c'est la tête, le cerveau je commande à mes membres.
Des membre j'en ai quatre: deux mains et deux pieds.
Le pied ne connait pas les mains ni l'autre pied de même pour les mains.
Chaque main ou pied dirige cinq doigts/orteils.
Chaque doigt ne connait pas ces collègue.
Et chaque doigts commande une cellule de dix personnes environ.
Et bien sur aucun doigt ne peu identifier sa main, car il communique par système de message posté.
Et aucun des membre ne pourrait non plus identifier le cerveaux.
Résultat quand on me prend un doigt un autre repousse, vous laissant seulement avec 11 personnes dénuées d'importances.

-Mais, avec votre système, quelqu'un aurait pu usurper votre identité puisque personne ne vous connait réellement.
-Et bien, s'utilisait un réseaux quantique crypté pour communiquer avec mes membre, enfaite j'avais un réseaux différent par membres et je pense pouvoir affirmer que personne n'était en mesure de les piratés.
-Ou voulez vous en venir ?
-Deux secondes. Une fois le contrôle de la ville acquis, j'ai décidé qu'il était enfin temps de m'occuper de toi. Suit une longue liste de tentative ayant toute échoué. »
Sur ce, l'avocat ce leva.
Il se dirigea vers la télévision, se penchât et appuyât sur un bouton, un mur s'ouvrit derrière strongest man.

« Une petite balade ? »
L'avocat, suivi de près par le super hero passa l'ouverture, puis descendit des escaliers, longea des couloirs, redescendit des escaliers et ainsi de suite.
Finalement, il arriva dans une pièce ronde, au centre de cette pièce, un dôme de verre.
Les deux super, penetrairent dans le dôme.
Puis le super-mechant, jetât un bocal en verre qui se brisa au contact du sol avant de sortir d'un bond du dôme puis de fermer la porte permettant d'y accéder.
Strongest man, se prépara à briser le dôme.

« Attend ! Tu te trouves dans un dôme fermé hermétiquement, contenant un gaz hautement toxique pour n'importe quelle personne normale.
Tu vois ce conduit ? Il est équipé d'un système de ventilation emmenant l'air de la pièce, dans le système de ventilation de la ville.
Si tu brises le dôme, tu libères le gaz, qui grâce au conduit d'aération de la ville tuera tous les habitants de Dirty-city.
-Tu ne t'en sortira pas comme ça.
-J'ai bien peur que si, le gaz perdra son efficacité dans une centaine d'année, d'ici là, reste bien sage. Je t'ai mis quelques livres pour passer le temps.
-Que va tu faire maintenant ?
-Maintenant ? Je vais nettoyer la ville de toute sa criminalité et pourquoi pas plus tard devenir Maire afin de rendre à cette ville la propreté qu'elle mérite. »
C'est ainsi que disparut le plus grand super-hero de Dirty-city et qu'apparut le plus grand Maire que Dirty-city eu.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:32

Texte n°8

Qui n’a jamais rêvé, après avoir acheté puis validé un ticket de loto, d’être l’heureux gagnant des quelques millions promis ? Et en même temps, qui s’est jamais autorisé à y croire vraiment ? Bien peu j’imagine… Et je n’ai jamais fait partie du lot. Jusqu’alors, j’étais simplement de ceux qui ont conscience que si 100% des gagnants ont tentés leurs chances, 100% de ceux qui n’ont jamais essayé n’ont jamais rien gagné non plus. Et c’est pourquoi, très occasionnellement, je m’accordais une part de rêve sous la forme d’un petit bout de papier à cocher. Et je me berçais, le soir venu, de quelques illusions en me demandant ce que je pourrais bien faire d’autant d’argent.

Ce jour là, je m’en souviens clairement, était un mardi. Le mardi 17 février pour être précise. J’avais acheté un ticket de loto à l’occasion du vendredi 13 précédent, parce que j’ai toujours aimé penser que ce chiffre est porteur de chance, plus que de malheur et que c’est toujours l’occasion pour les loteries nationales d’appâter les joueurs avec une cagnotte sortant de l’ordinaire. Et pour cette année du buffle naissante, la loterie autrichienne avait mis le paquet ! Pas moins de 30 millions d’euros ! Je me souviens que j’avais même trouvé scandaleux de réussir à mettre en jeu une telle somme en pleine crise économique. Cependant, mon désir égoïste d’être l’inattendue nouvelle millionnaire avait eu raison de mes scrupules et j’avais acheté mon ticket en revenant de ma dernière échographie.

Et c’est ainsi que le mardi suivant, juste après avoir acheté mon pain, sur le court chemin qui devait me mener au tramway que je devais prendre pour me rendre à mon cours d’allemand, j’avais fait un mini crochet par le tabac presse afin de soumettre mon ticket à l’impitoyable machine à gain.
- Sie haben gewonnen!(1) M’a alors dit la vendeuse avec enthousiasme.
Sur le coup, évidemment, je n’ai pas compris un traître mot ! J’ai froncé les sourcils, mais avant même que je n’explique mon problème de compréhension, la vendeuse s’est souvenu de mes origines étrangères et elle a répété, plus lentement sa courte phrase.
- Sie haben gewonnen !
Et cette fois j’ai compris. J’ai alors demandé :
- com… euh.. Wie viel ? (2)
- dreissig millionen ! (3)
Son exaltation est nettement visible, mais moi, bêtement, je répète :
- millionen… ? Sie sagen.. millionen ? (4)
- Ja ! Dreissig millionen !
Et, comme si elle avait compris que l’information avait du mal à passer dans mes neurones, elle a utilisé un mot dépourvu de toute ambiguïté :
- Jackpot !!
Dans le coin du magasin, Arthur s’est étiré autant qu’il a pu et s’est mit à gémir, cherchant à attirer mon attention. Je me suis tourné vers lui et j’ai croisé son regard. Dès lors, sans comprendre que j’étais sous le choc d’une nouvelle que j’espérais sans vraiment l’attendre, il m’a désigné un magasine automobile :
- tutut !
Mon gamin ne savait rien du coup de massue que je venais de recevoir et, comme à son habitude dans ce genre d’endroit, tout ce qui l’intéressait, c’était de me convaincre de lui acheter un magasine rempli d’images de voitures. Je me suis approché de lui, me suis accroupit à ses côtés et, un sourire éclatant éclairant soudainement mon visage, je me suis tourné vers la vendeuse et lui ai demandé :
- dreissig millionnen ?
- Ja ! Dreissig millionen ! a-t-elle alors confirmé.
J’ai alors saisit le magasine automobile qui me semblait le mieux illustré et je l’ai posé sur le comptoir.
- ich glaube, es gibt keine problem. (5)
La vendeuse m’a sourit très largement et elle a commencé à m’expliquer quelque chose. Sans doute me parlait-elle de la procédure à suivre pour que l’on me donne mon argent… Mais je l’ai interrompu.
- Ich komme mit einem Freund züruck, er spricht Deutsch und Französisch... (6)
Evidemment, la phrase avait été hésitante et accompagnée par force froncement de sourcil, mais la vendeuse avait comprit. Elle m’a alors tendu mon ticket gagnant en me disant quelque chose que j’ai interprété comme un encouragement à y prendre particulièrement soin.

Je me souviens vaguement être sorti du magasin, puis d’être montée dans le tram avec un Arthur ravi d’avoir eu son magasine. J’avais mis mon ticket dans mon portefeuille, qui avait lui-même atterrit dans le fond de mon sac à dos. Et je me souviens que j’étais écartelé entre deux pensées contradictoires : la première m’incitant au doute et me soufflant que j’avais peut-être mal effectué tous ces gestes ; et la seconde m’invitant à l’assurance et m’affirmant que le ticket était bien en sécurité. Je me souviens aussi nettement de l’impatience grandissante qui rongeait mon esprit. Comme d’habitude, j’avais rendez vous avec mon homme au pied du bâtiment où se déroulait mes cours d’allemand. Et je savais qu’il était déjà en route et donc injoignable. Je n’avais donc pas d’autre choix que de terminer mon parcours et d’attendre de l’avoir rejoint avant de lui faire part de la surprenante nouvelle.

Lorsqu’enfin nous sommes arrivés à destination et que mon homme est arrivé, je l’ai surprit en changeant quelque peu mes habitudes. Car, après avoir installé Arthur dans son siège auto, je suis monté à la place passager de notre voiture et je lui ai dit :
- il faut que je te dise un truc !
Surpris, il a attendu partagé entre inquiétude et suspicion, m’observant attentivement tandis que je fouillais mon sac à gestes fébriles à la recherche de mon portefeuille et surtout, de son contenu. Et, lorsque j’ai brandit mon billet sous ses yeux en disant : « on a gagné le Jackpot ! » il est resté interloqué.
- le jackpot ? a-t-il répété, incrédule. Tu es sûre.
Et d’un seul coup, j’ai senti toutes mes certitudes fondre comme neige au soleil. Mon esprit s’est alors précipité sur mes souvenirs comme un orpailleur vers une source d’or pur.
- la dame a dit : Jackpot ! ai-je alors confirmé au bout d’une ou deux secondes.
Il est resté muet un moment, puis il m’a sourit en disant « waoh ! ».

Ensuite, j’avoue que tout est assez brumeux. Nous avons fait comme j’avais dit, nous nous sommes arrangé pour nous faire accompagner d’un ami qui est trilingue anglais, français et allemand. Dans le tabac presse, il a veillé tout d’abord à obtenir confirmation de la somme que nous avions gagné, à savoir le Jackpot. Puis il s’est fait expliquer la procédure avec soin avant de nous l’expliquer à son tour. Ensuite, il y a eu notre entretien avec notre banquier, la soirée au restaurant, notre voyage à Vienne pour valider officiellement notre gain et pour obtenir définitivement et concrètement notre argent.

Durant le court laps de temps qui s’était déroulé entre l’achat du ticket et le jour où nous étions finalement devenus millionnaires, j’avais eu le temps de décider quoi faire d’une telle somme, du moins le croyais-je. Car, dans les faits, il nous a fallut de longues discussions avant de nous arrêter définitivement sur un choix dans ce domaine. De nature généreuse tous les deux, la décision de partager avec nos sœurs et nos parents nous a évidemment paru évidente, mais les choses sont devenues beaucoup plus ardues dès qu’il a fallut se décider au sujet de la meilleure façon d’investir le reste. Je vous passe les détails, mais le fait est qu’au final, c’est le petit hôtel qui a finit par l’emporter.

Le projet n’a pas été aisé à mettre en place et les procédures à suivre ont demandé bien plus de temps que je ne m’y attendais. Pourtant, aujourd’hui, je suis à la réception et j’attends nos premiers clients. Et je me surprends à m’inquiéter. Installé dans une vieille ferme avec dépendances que nous avons soigneusement fait rénover, notre petit hôtel ne propose qu’une petite quinzaine de chambre et 2 suites. Une salle spacieuse et lumineuse accueillera les petits déjeuner et une bibliothèque propose au visiteurs de se détendre en feuilletant des livres en langue anglaise, française et allemande. Nous avons tout fait pour qu’il soit accueillant, mais rien n’est jamais gagné d’avance je le sais et même si, avec les quelques millions qu’il nous reste, un échec ne serait pas catastrophique pour nous, j’ai envie que ça marche pour tous mes employés. Car en réalité, je réalise aujourd’hui que je ne saurais tirer de réelle satisfaction de ma fortune que si je parviens à en faire profiter les autres. Et je souhaite ardemment que tous, de ma réceptionniste à mon cuisinier en passant par ma jeune femme de ménage, trouvent à s’épanouir dans notre entreprise. Autrement, tout n’aura-t-il pas été vain ?
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(1) vous avez gagné !
(2) combien ?
(3) trente millions
(4) million, vous avez dit million?
(5) je pense qu’il n’y a pas de problème.
(6) Je reviens avec un ami, il parle français et allemand.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:32

Texte n°9

Je me concentre. Je rempli d’air mes poumons, je tiens quelques secondes et je relâche. Je recommence plusieurs fois cet exercice, afin de contrôler mes muscles et le rythme de mon cœur. Un léger filet de fumée crème glisse entre mes lèvres, signe que les nuits de ce mois d’octobre sont déjà fraîches. La lune, lueur pâle, me fait face, éclairant l’avenue désertique et détaillant les couleurs maussades des maisons du siècle passé. La nuit déjà avancée à eut raison des habitants, offrant à mes sens un calme bienvenue.

Un mouvement sur ma droite, on vient. Non, rien de dangereux, juste trois garçons et deux filles qui empreinte la rue. Des jeunes. Ils doivent revenir d’une soirée plutôt plaisante, leurs rires déchirent l’atmosphère silencieuse de mon lieu. Je me souviens quand j’étais adolescente, les soirées arrosées, les flirts d’un soir… Époque bénie qu’est l’ignorance. Après tout change, tout s’enlaidit. Pourtant, on ne voit rien venir, les personnes en face de nous sont toujours les mêmes, et on pense les connaître. On a confiance. J’ai eu confiance. Mais une soirée pas comme les autres, celui que vous appréciez décide que vous serez à sa merci, que votre morceau de chair est le sien et il vous détruit à coup de rein.

purée, des larmes. Il faut que je me reprenne, que je contrôle à nouveau la situation. Je ne dois pas penser à cela. Cet enfoiré a payé pour ça.

J’inspire, et je relâche.

Une lumière perce la nuit, au deuxième étage. Enfin. Ne pas s’affoler, attendre le bon moment. Je perçois une ombre qui danse sans faire l’honneur de se montrer. Patience. Voilà, viens, approche toi de la fenêtre admirer ton destin. Là, tu te montres. Tu es à moi. Je place doucement mon œil droit sur la lunette, mon doigt glisse sur la gâchette. Mon cœur s’accélère, il jubile mais la cible n’est pas encore idéale. Maintenant, c’est parfait. Mon index s’écrase, la déflagration jaillit, et ce qui ressemblait à une tête devient une belle éclaboussure. Magnifique. J’adore mon métier. J’aime être une assassin.

Ce type à la tête éparpillée sur son plancher, je ne le connais pas. Je ne sais pas pourquoi il a mérité ma sentence. C’est juste un contrat, plutôt juteux d’ailleurs. Vu l’endroit miteux où il habite, je dirais des dettes de jeu. Mais en vérité, ça ne m’intéresse absolument pas. J’ai d’autres choses à penser. Partir, en premier lieu.

D’après le bruit de la déflagration, 10 personnes devraient être réveillées. 6 vont se rendormir tout de suite, 3 attendrons un éventuel deuxième tir, en vain, et un seul prendra son téléphone pour avertir la police du bruit suspect. Un seul chieur à qui je devrais quelques sueurs froides. Mais je vis pour ces sueurs froides, sinon je mettrais un silencieux à mon arme.

Vu l’emplacement du quartier par rapport au commissariat, la cavalerie débarquera dans moins d’un quart d’heure. Largement suffisant. Sans précipitation, je commence à démonter mon fusil, je le range dans le sac à dos, en respectant les compartiments destinés à chacune des pièces. Je suis maniaque, et je ne me soigne pas.

Je suis prête à quitter les lieux, mais mon cœur est encore tout excité du spectacle sanglant. J’inspire de grandes bouffées et j’expire lentement. Il ralentit. Une légère brise caresse mon visage avant de balayer mes cheveux. Je ferme les yeux. Quelle sensation enivrante ! Cette sensation d’être à la limite, que sa vie peut basculer la seconde suivante. Mon opium. Mais je dois quitter ce toit, si je veux à nouveau ressentir ce délice.

Sac à dos sur les épaules, j’emprunte l’échelle qui m’a permis de monter en début de soirée. Avant de rejoindre la rue, je tends l’oreille au bruit de pas d’éventuel passant. Rien. Pas de lumière aux fenêtres non plus. Peut-être que mon chieur n’a pas voulu jouer son rôle. Je m’approche alors de ma voiture, l’ouvre et pose délicatement l’arme sur le siège passager. Tandis que je démarre, je distingue une lueur perçante à travers des volets, venant de l’appartement en face de celui de ma cible. Je sourie. Finalement, la cavalerie devrait se faire entendre ce soir. Mais sans moi. Je quitte ma place de parking et part vers l’extérieur de la ville.

Le panneau indiquant la fin de la cité et le début de ma liberté. J’ai réussi mon contrat, cette fois encore. Je crois entendre au loin des sirènes de police. Mais c’est peut-être mon imagination.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:33

Texte n°10

La nuit d'Urzvihal


Urzvihal, la petite poultipika* se morfond au fond de son lit. Un profond soupir lui échappe.
Six longues années ! Le temps à attendre, pour être en âge de devenir Arladd,* à moins d’accomplir une action exceptionnelle.
Elle songe à ce que lui a dit Garzyul, la veille.
- Tu le deviendras quand le temps sera venu pour toi.
Sois sans cesse en éveil, même dans tes rêves ! Ne te laisse jamais surprendre. C’est important, plus que tu ne crois.

Elle n’a pas compris ce qu’il voulait dire. Et il ne lui a pas répondu quand elle a voulu des explications. Il a simplement ajouté :
- Tu comprendras bientôt, et je serai constamment à tes côtés, chaque fois que ce sera nécessaire. N’aie aucune crainte. Tu es tellement plus forte que tu ne le crois.
Si seulement, il disait vrai et qu’elle disposait d’un pouvoir quelconque comme tous les autres poultipikas. Mais non, elle n’avait aucun talent, rien.
Incapable même de comprendre le langage des animaux, ce que ses cousines de son âge avaient déjà réussi. Et pourtant elle a bien essayé, elle s’est entraîné durant des semaines, en vain. Lors du dernier rassemblement tout le monde a remarqué cette absence de don, chez elle.
Ses yeux commencent à larmoyer à ce souvenir. Cependant, d’un coup, un léger sourire vient détendre ses lèvres. Elle s’applique à chasser ses idées lugubres, en se rappelant les paroles de la vieille Arcozvyann qui l’a élevée
- Ne pleure pas, les larmes ne t’apportent aucune aide. Applique-toi à les changer en énergie concentrée, comme je te l’ai montré.
N’oublie jamais ! Tu obtiendras ce que tu désires, si c’est bénéfique pour notre peuple. Cherche toujours à voir plus loin que ta propre envie.

L’esprit en alerte, concentrée sur son souffle, selon ce qu’elle avait appris, elle se détend profondément pour se mettre en écoute.
« Qu’est-ce qui serait bon aujourd’hui pour nous tous ? De quoi avons-nous besoin ? »
Les questions et leurs réponses se succèdent de plus en plus vite, dans sa tête.
Le Scriffenon !
D’un seul coup, cela lui est venu à l’esprit. Son cœur s’emballe, difficile d’y réfléchir sereinement. Rien que d’entendre prononcer ce nom, n’importe qui au Poultepek, est bouleversé.
Le Scriffenon, ce grimoire de l’époque du règne de Brehizog, a disparu peu après les Grands Combats. A-t-il été volé, perdu ou mis en sûreté à l’abri des convoitises ?
Nul le sait aujourd’hui, certains en arriveraient même à douter de son existence, si la gwernarladd* n’affirmait le contraire.

Révolues seront de lune, mille années,
Avant que l’esprit d’un hoir
Ne se transporte sur le miroir
Du céleste incendie, sans bouger,
Pour y voir, du Scriffenon,
Dissimulé dans sa retraite,
L’ombre, au fond de la plus profonde
Tanière d’un argenté goupil.

Devenue soupçon d’onde
Ira où l’ondée le mène
Pour se fondre dans la gemme,
Jusque dans, de la terre, le giron
Au cœur d’une nuit enténébrée.
Avec soin et diligence
De toutes sortes de périls
Le préservera.

À la lumière du disque poignant
Renaîtra dans la tourmente
De l’aube de bois taillée,
Pour être porté par le souffle d’Éole
Sur l’aile d’une rieuse
Jusques au faîte
De l’Haute Pierre Brisée
De Mane-er-Hroek.


Comme tout poultipika, elle connaît la prédiction.
Mais ce soir, pour elle, tout est différent. Pourquoi, comment, elle ne saurait le dire exactement. Juste une évidence.
Ce soir, elle n’est pas une simple jeune fille de Poultepek, qui rêve éveillée. Ce soir, elle est portée par d’autres esprits qui l’accompagnent, elle le sent et s’abandonne.

Elle se répète mentalement les premières lignes de la Gwernarladd.
Ses pensées vagabondent. Si seulement…. L’hoir se pourrait-il que ce soit elle ? Elle essaie de s’imaginer accomplissant la prédiction. Impossible ! Beaucoup trop jeune, pas assez puissante.
Il lui semble entendre sa vieille nourrice
- Aurais-tu déjà oublié ?
Non, bien sûr, elle n’a rien oublié, ni ses mots, ni ceux de Garzyul, mais elle n’est pas sûre de comprendre.
- Aie confiance !
« Le miroir de l’incendie céleste » oui, soleil pour l’incendie céleste ça c’est simple, mais le miroir ? Où est son reflet ?
- Lève la tête !
Au-dessus d’elle, la pleine lune l’éclaire de sa lumière blafarde, pâle imitation du rayonnement solaire.
Les yeux fixés sur l’astre sélénien, son esprit vogue de conserve avec les autres qui, volutes légères, s’élèvent tout là-haut et l’entrainent.
La barrière des nuages franchie, ils l’ont laissée continuer seule.
Drôle de voyage ! Autour d’elle tout est noir, puis plus haut, sur sa droite, le soleil.
Elle aperçoit son corps en dessous, sur sa couche, immobile. Mais elle n’est pas là pour ça !
Elle laisse errer son regard, loin, plus loin. Un minuscule point argenté attire son attention. Un renard qui rentre dans sa tanière. Serait-ce le bon ?
Aie confiance !
Elle devine où il va, découvre son repaire, le fouille pour découvrir dans une anfractuosité de la roche, un épais bloc de cuir.
Il est là !
A présent, il lui faut aller le prendre, mais auparavant réintégrer son corps.
Concentre-toi !
Elle doute encore, mais s’y applique de toutes ses forces.
Abandonne tes pensées ! Tu n’es plus Toi, tu es eau.
Bizarre, cette sensation de légèreté ! Elle est irrésistiblement attirée de nouveau vers le haut.
Là voici arrivée, lui semble-t-il. Autour d’elle des millions d’autres gouttes identiques à elle et aussi différentes les unes des autres. La température se refroidit. Maintenant, une impression de lourdeur de plus en plus grande, avant d’être irrémédiablement attirée vers le bas et de chuter. Elle ne peut résister, il lui faut suivre le mouvement. Elle finit par atterrir à la cime d’un arbre, sur une feuille déjà trempée. Un brusque coup de vent. La feuille s’agite en tous sens. Voilà alors, qui dégringole et s’écoule avec les autres de feuilles en branches jusqu’à …….
Aouhhhhhhhhh ! Le plongeon brutal dans un ruisseau grossi par l’orage !
Emportée sans ménagement, elle roule, coule, remonte, heurte un rocher, rebondit plus loin, évite de justesse une énorme branche qui barre le passage, n’avance plus, descend. Un tourbillon, la voici aspirée dans un trou. À nouveau le noir absolu. Elle ignore où elle est, ce qui lui arrive. Et toujours cette descente qui n’en finit pas, écartelée dans tous les sens pour traverser cette masse énorme de marne poreuse.
Et un nouveau saut beaucoup plus important dans une rivière sombre cette fois. C’est le domaine de la nuit. Un animal se désaltère, un rat sans doute, vif et aux aguets, il éclabousse la rive. Propulsée en l’air, elle s’écrase sur un rocher, ne bouge plus.
- Redeviens toi-même. Tu dois le prendre.
Elle reprend forme, ne voit rien, l’obscurité la plus complète. Que faire ?
- Réfléchis, tu l’as déjà vu.
Elle s’absorbe dans ses pensées pour trouver une idée. Elle hume l’air pour déceler une odeur.
Celle du sang, de la viande, sans doute le renard qui vient de festoyer. Elle se dirige en suivant son nez, prudente, le renard ne doit pas être alerté. L’odeur devient plus forte, elle doit être tout près.
Un petit boyau s’ouvre sur la droite, elle s’y enfonce, Au bout, un cul-de-sac. Elle tâte les parois. Lisses, partout. Non, sur la gauche un léger devers, une cavité. Profonde.
A genoux, elle introduit la main. La cavité se révèle trop vaste, elle est obligée d’y entrer à moitié.
Sous ses doigts, elle perçoit quelque chose. Elle reconnaît le grain d’un vieux cuir. Elle saisit l’objet à pleine main. Enorme ! À la sortie de la galerie, elle se tombe nez à nez avec l’occupant des lieux, menaçant. Instinctivement, elle pousse le hurlement du loup et l’entend déguerpir sans demander son reste.
Comment sortir ?
- Tu as pu entrer, tu peux t’échapper.
Elle glisse le volumineux paquet sous sa blouse, le sangle solidement autour d’elle, avec la cordelette de sa ceinture. Puis rejoint le lac, le contourne.Et redevient gouttelette.
Un autre voyage dans les ténèbres. Bousculée, ballottée par le courant qui l’achemine vers le but de son périple, elle quitte le monde souterrain, surgit à l’air libre. Plus loin, la cascade qui alimente un moulin.
Vertigineuse la chute, au soleil naissant qui la caresse de son premier rayon faisant naitre un arc-en-ciel étincelant.
Dans un bouillonnement grandissant, les remous la pressent vers la roue qui inlassablement continue son ballet. Elle s’éloigne, revient, au gré del’effervescence, est projetée en l’air, retombe sur une des pales de la roue.
Cycle infernal !
La roue tourne, la pale s’élève.
Elle suit le mouvement, se précipite sur la pale en-dessous, s’élève, retombe, encore et encore Jusqu’à ce qu’une bourrasque l’envoie dans une autre direction…sur la trajectoire d’une mouette blessée qui voletait doucement. Se niche dans le cou à l’emplacement d’une plume manquante. L’oiseau semblant n’attendre que ça, file dans le vent, attrape un courant ascendant, prend de l’altitude, plane, presque immobile dans l’azur, se laisse mener un long moment, le quitte pour un autre, perd de la hauteur, finit par se poser sur la lande tout près du Manné-er-'Hroek, cherche quelque nourriture et, avant de repartir vers l’océan, s’ébroue.
La voilà jetée sur le sol, accrochée à un brin de bruyère. À ce contact, elle redevient Urzvihal.
Allongée sur le sol, épuisée, elle ferme les yeux, récupère, s’imaginant avoir rêvé.
- Tu t’es endormie ?

Elle ouvre un œil pour découvrir le Grand Arladd, en compagnie de Garzyul, près du grand menhir brisé. Ils attendent qu’elle se décide à se lever.


Aussitôt elle saute sur ses pieds. Une gêne sur son cœur, la sangle l’oppresse, elle la détache et leur tend le paquet de cuir.
Au moment où leurs mains se posent dessus, les voilà tous les trois transportés au pied du vieux chêne, au milieu du village.

Les habitants accourent de tous côtés. Comme une traînée de poudre la nouvelle s’est répandue partout.
Urzvihal, la petite poultipika sans talent a ramené le Scriffenon.


***
poultipika : habitant du royaume de Poultepek
Arladd : mage, sage
gwernarladd : prédiction

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Sam 7 Fév 2009 - 20:54

Texte n° 11

Servir


Je regarde à nouveau ma convocation. Elle n’a malheureusement pas changé de date. C’est toujours demain, mercredi ! Un mercredi ! Pourquoi un mercredi ? Le jour où j’ai mes deux heures de spé maths et encore deux heures de matières scientifique. Ma journée préférée, pas d’histoire-géographie avec Lucifer en jupon, ni de philosophie assommante pour cause de prof proférant des lourdeurs, ni de politique d’émigration en allemand. Le rêve ! En même temps, ces dernières matières, c’est tellement galère à récupérer qu’il vaut sans doute mieux que cela se passe ainsi.
Je jette négligemment l’enveloppe de mes soucis à l’autre bout de mon lit.
En plus, qu’est-ce qui les a pris de ne pas m’envoyer faire cette fichue journée d’appel avec les autres.
On est une petite bande à être né en juin. Je suis la seule du groupe à ne pas avoir été « invitée » il y a un mois !
A croire qu’ils m’ont oubliée. Pourtant j’ai été recensée le jour même de mon anniversaire -il fallait bien. Car pas de recensement, pas de conduite accompagnée. Dans ce pays, si l’on veut pouvoir faire quelque chose, faut être en règle… Ou passer complètement de l’autre côté de la barrière et vivre une vie de banni et reclus.
Je passe une main dans ma courte tignasse. Je peste encore une ou deux fois contre la malchance de passer cette ennuyante journée sans la compagnie d’au moins une vague connaissance. Je me retourne vers le pied de mon lit, le courrier est posé en un équilibre incertain sur un des nombreux plis de ma couette. Arrogante dans son immobilité et son impeccable tenue : blanche, immaculé et sans froissement.
Je la prends et la glisse dans mon sac en ayant vérifié au préalable que ma carte d’identité ne répondait pas aux abonnés absents.


La voiture avale la trentaine de kilomètre qui nous sépare du lieu de rendez-vous. J’ai laissé à maman le soin de conduire. Cela ne fait déjà pas loin d’une année complète que je suis en conduite accompagnée mais cela ne me plait pas tellement. De toute façon, si j’avais pris le volant avec mon humeur du moment, j’aurais très bien pu me faire arrêter pour excès de vitesse. « Vous avez le pied lourd mademoiselle » disait le moniteur de l’auto-école avec son léger accent du sud. Je souris à ce souvenir. Oui, il vaut mieux, étant donné ma destination, ne pas tenter le Diable et rester assise sagement du côté passager. Je regardais les champs à perte de vue sur le côté, tout en songeant au comique de la situation si j’étais arrivée à la gendarmerie avec un blâme pour excès de vitesse en plus de ma convocation pour la journée d’appel.


Nous sommes en avance, j’attends donc à l’intérieur de la voiture, une musique de film rugit des haut-parleurs. J’ai si bien attendu que je sors en hâte, traverse la route très fréquentée en trois grandes enjambées et rentre dans l’enceinte du bâtiment. De fait, je ne suis pas réellement en retard, quelques garçons attendent devant moi. J’observe. Ils présentent la convocation, on leur demande leur carte d’identité et ils signent. Pour l’instant, c’est dans mes cordes. J’arrive devant le parloir, un gendarme – jeune et sans grade d’officier pour autant que je puisse en juger – réitère machinalement ses demandes lorsqu’il se rend compte que j’ai déjà tout préparé.
« Bonjour monsieur ! » fais-je avec un sourire. Il me sourit en retour, regarde ma carte d’identité ma convocation cherche mon nom sur la liste… il le trouve son sourire perd de son naturel. Finalement, je revois ma première remarque. L’homme qui est en face de moi à beau être jeune et sans galon, je ne sais comment je sens une certain « expérience ». Il me tend la feuille et le crayon, je paraphe dans la case appropriée. Cécile Lenoir (2). Je lui rends la liste de présence en me demandant ce que peu bien signifier ce « 2 ».


Je rentre dans le hall du bâtiment. Déjà plusieurs jeunes sont là, adossés contre le mur, le visage fermé. Venir à la JAPD n’enchante personne même si je soupçonne que quelques uns se réjouissaient hier de la veine qu’ils avaient à louper les cours ou même un contrôle.
Je fais comme eux tous, je me trouve un coin pas encore occupé et m’installe pour l’attente des derniers retardataires.
Apparemment nous sommes tous réunis. Certains commençaient visiblement à perdre patience. Une fille s’accroupit au moment même où une femme pénétra dans la pièce et jeta un coup d’œil circulaire. Le premier mot qui me vient à l’esprit en la voyant ? Sèche. Dans son manteau long, elle n’en paraît que plus grande. L’air est sévère, une certaine autorité émane de sa présence. La fille se relève aussitôt.
« Bon ! Tout le monde est là ? Alors suivez-moi ! »
Et on la suit, on traverse la cour et on pénètre dans le mess.
« Bon ! Et bien ! On peut s’offrir un petit déjeuner ! Mais avant toute chose nous allons récupérer vos coupons de transport si vous ne les avez pas utilisés. »
Je vais directement voir le militaire attablé, je lui remets le coupon en ayant noté au préalable mon numéro de téléphone au dos et je vais sur le côté en attendant que les autres fassent de même.
« Bon ! Voilà une bonne chose de faite ! Je me présente je suis Mademoiselle Lafrette et je suis l’envoyée de l’administration de la défense de la région Centre. Je suis épaulée aujourd’hui par deux militaires de métier. Bon ! Maintenant que les présentations sont faites nous pouvons passer à table. »
J’ai tendance à penser que les présentations sont loin d’être faite. On sait son nom mais alors les deux militaires… Ils se tiennent dans l’ombre tel deux gardes du corps, fixes. Étrangement ce sont les deux personnes les plus intéressantes présentes dans la salle. La mademoiselle a perdu beaucoup de sa prestance avec sa fichue manie de répéter « Bon ! ». De même sa terrible négligence au niveau de la présentation de ses « associés » … pour ne pas dire « subordonnés », tout cela m’horripile ! Les gendarmes gloutons à côté de nous qui se vautrent sur les croissants nains n’offrent qu’un terrible spectacle contrastant avec la réserve de toute notre petite assemblée. Nous sommes tous autour de la table les mains derrière le dos. Sauf une fille, un peu spéciale qui roule des yeux ahuries devant les paniers de viennoiseries. Elle est vraiment … bizarre. Même si la normalité à quelque chose de dérangeant. Je ne me considère pas comme étant « normale ». Cependant, peut-être une forme d’égoïsme ou de cruauté. Je souhaite ne pas être « anormale » comme elle. D’ailleurs je ne dois pas être la seule aux regards que jette un jeune homme dans son dos. Nous nous observons et détournons les yeux. Ce n’est pas la honte qui nous anime mais, enfin, les choses avancent.

« Nous allons faire deux groupes, aujourd’hui. Tous ceux dont je prononce le nom suivront le militaire à ma gauche… » Je soupire. « …et se regrouperont dehors. Bon ! …» Ahhhhhh Encore ce « bon ! » !


J’avais ma réponse au petit (2) à côté de mon nom sur le listing à l’entrée. C’était bêtement pour indiquer que j’appartenais au groupe numéro (2). Après avoir appelé presque toute notre petite assemblée (j’ai par ailleurs compris le véritable sens d’être « appeler sous les drapeaux »… première fois je l’observais dans son sens littéral…) et décrété que les militaires ne savaient décidément pas compter, l’affreuse Madame « bon » est parti avec le reste de la troupe. C’est ainsi que nous restons seuls. 7 parmi la trentaine d’adolescent boutonneux. On se jauge. Le constat est rapide : je suis la seule fille et aussi la plus petite (bien que je ne sois pas la plus fine). Un des hommes en treillis s’avance vers nous :
« Vous me suivez, calmement, deux par deux »
J’ose les sourcils et grimace à l’attention des garçons derrière moi. Un a la gentillesse de pouffé de rire. Les autres se forment docilement les duos plus ou moins enthousiastes. En quelques secondes, nouveau constat : la seule fille se retrouve décidément bien seule ! Je rejoins la queue du pelotons.

On arrive dans la caserne. Dans une salle d’entrainement assez isolée des autres baraquements. On s’avance bien au milieu de la pièce sans pour autant se rapprocher les uns des autres. Les militaires sont partis un instant « cherchez le matériel », en mon fort intérieur je me demande où son les tables, les rétroprojecteurs, les tests de lecture.
Quelques minutes passent et ils ne sont toujours pas de retour, du coup on commence à parler… mais ils n’arrivent toujours pas. Un des gars regarde l’heure sur son portable qui semble plutôt récent « Ca fait déjà 20 min qu’ils sont partis !». On se regarde, étonnés, les sourcils levés,
« Prenons nos aises, l’attente pourrait être encore longue…
- Et bien on va s’arranger pour qu’elle cesse ! »
Celui dont j’avais croisé le regard au « petit déjeuné » se dirige vers la porte d’entrée et tente vainement de la faire tourner.
« On est coincé on dirait ! »
Un autre en chemise bleu vole littéralement vers l’autre issue qui reste fermée elle aussi.
Là, je m’étonne quand même un peu car ce ne peut être un problème technique car on aurait hurlé de ne pas nous inquiéter. Et comme pour répondre à nos interrogations une feuille glisse sur le parquet Celui en chemise bleue la prend et la lis, nous autres regardant, incrédules, par-dessus mon épaule :
« Выходите ! « C’est du russe !!! « Sortez » voilà ce qui est écrit ! »
Etrangement, cela me plaît. L’autre garçon qui, semblait répondre au nom d’Alex –je sursaute d’ailleurs un peu car il s’agit de mon deuxième prénom que j’aime employer- paraît apprécier autant que moi la situation, pour les autres c’est difficile à dire, ils ne laissent pas paraître leurs émotions. Sauf un, celui au téléphone super sophistiqué qui a blanchit encore plus si c’était possible. Il fixait la porte comme s’il pouvait l’ouvrir par la pensée.
« Qu’est-ce qui ne va pas ?
- On est enfermé et on n’a pas de réseau, même le wifi est coupé et ça ce n’est pas normal car encore tout à l’heure cela fonctionnait et la zone est normalement couverte ! »
Du coup tout le monde à sorti son portable et constaté le manque aberrant de réseau.
« Bon et bien il va falloir trouver autre chose que attendre de l’aide de l’extérieur… , lançais-je
- Beau constat mais tu penses à quoi ?
- La fenêtre là-haut, pointe quelqu’un.
- Et comment tu l’atteins ? lance un autre
- Bah avec les cordes lisses ! »
Le dernier qui a parlé est un noir qui entreprend tout de suite l’ascension de celle la plus proche du mur avec aisance. J’observe ses gestes adroits, il s’apprête à toucher la fenêtre quand on entend un crac qui n’augure rien de bon. Il tombe en arrière comme d’un mauvais film. On reste figé sauf un qui se précipite tout de suite. Je m’approche pour l’aider
« Laisse moi faire à moins que tu n’aies aussi tes diplômes en premier secours et ne sois en deuxième année de médecine » me lance-t-il.
La réponse pas très aimable ne me choque pas, ou du moins, moins que l’idée que le garçon devant moi a à peu près deux ans d’avance. Qu’un autre semble être polyglotte, un autre pourrait bien être hacker et encore que celui qui est tombé pourrait être un athlète de au niveau au vu de la musculature… « Quelle est cette histoire ! »
« Servir votre état, mademoiselle Lenoir…»

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sombretoile
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Dim 8 Fév 2009 - 15:45

J'en suis à 05 textes de lu et je dois dire que je suis vraiment content. Pour le moment, j'ai vraiment des textes de qualités. Si ça continue comme ça, le choix va être terriblement difficile.

BRAVO A TOUS. Je suis vraiment sous le charme. MERCI.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Dim 8 Fév 2009 - 23:25

Youhouuuuuuuuuu J'ai tout lu !!!

En moins d'une heure j'ai changé plus de onze fois de vie c'est impressionnant !


Par contre, je confirme le choix va être difficile.

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Morrigan
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Lun 9 Fév 2009 - 18:56

je suis arrivée au bout aussi ^^
et mon avis est que pour faire un choix,je vais galérer !
il y a vraiment du niveau
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Hakkrat
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Mar 10 Fév 2009 - 21:08

Les votes arrivent doucement... Il est vrai que la lecture est longue !

Pour moi, le choix n'a pas été trop dur, bizarrement.

Bravo à tout le monde.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Mar 10 Fév 2009 - 21:24

J'ai tout lu et j'ai voté. Le niveau est élevé c'est vrai, mais comme Hakkrat je n'ai pas eu trop de mal à me décider...
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Morrigan
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Mer 11 Fév 2009 - 21:31

a voté,ça y'est ...
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Hélène
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Jeu 12 Fév 2009 - 15:43

C'était un peu long à lire, mais, les textes étant bien réussis, ce fut un plaisir.
Le choix ne m'a pas été trop difficile, contrairement à mon appréhension (partagée ^^)du début, j'ai voté pour le 1 et le 5 .
Selon moi, ils sont bien écrits , en plein dans le sujet, et le 5 est poétique et m'a beaucoup ému.
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Jeu 12 Fév 2009 - 16:56

J'ai enfin voté. Merci pour ces beaux textes. J'ai eu du mal à choisir je dois bien l'avouer. Bravo à tous.
Pas le courage de faire une critique développée. Je me lacherai peut être plus tard.

Encore merci à vous.

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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Mar 17 Fév 2009 - 7:49

Ca y est, j'ai enfin réussit à trouver le temps pour tout lire.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est agréable de passer d'une vie à une autre en quelques changements de ligne.

Sinon, les textes 2 et 10 ont trouvé grâce à mes yeux, profitant d'une belle originalité que j''ai apprécié.

Mais c'était vraiment du tout bon ce concours !
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Ven 20 Fév 2009 - 14:31

Ouf, j'ai tout lu et j'ai voté.

Déjà, merci aux au auteurs, J'ai passé un agréable moment avec chacun des texte.

Un d'eux a eu ma préférence sans problème. Pour le second j'ai hésité entre deux histoires. Au final, mes préférences vont aux textes 1 et 5.
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Iron
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MessageSujet: Re: 14 concours d'écriture : votons !   Dim 22 Fév 2009 - 11:53

Fermeture des votes ::rolling::


Les textes 1, 5 et 10 s'envolent vers la finale Cool


Bravo à eux et merci à tous de votre participation :pirat:

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