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 14e concours - finale

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Texte n°1
38%
 38% [ 6 ]
Texte n°5
38%
 38% [ 6 ]
Texte n°10
24%
 24% [ 4 ]
Total des votes : 16
 

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Iron
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MessageSujet: 14e concours - finale   Dim 22 Fév 2009 - 11:56

Voici venue l'heure de la finale cheers


1 vote par personne. Fin des votes le samedi 28 février, 20h00.



Texte n°1

Un voyage salutaire.

Mon dernier patient vient de quitter mon cabinet et je serais, encore une fois, en retard pour le repas. Je serre les dents à l’idée de devoir supporter, une fois de plus, les remontrances de ma femme. Cette vie, dont j’ai toujours rêvée, devint de plus en plus cauchemardesque. Mes patients se plaignent de devoir attendre plusieurs heures dans ma salle d’attente ; mes enfants se lamentent que je n’ai pas de temps à leur consacrer et ma femme soutient que je suis devenu un étranger.
Après bientôt vingt ans de mariage, deux enfants et aucun secret l’un pour l’autre, je suis un étranger. J’avoue que, moi-même, j’ai un peu de mal à comprendre ce qu’elle me reproche au juste. Elle a tout ce dont elle a rêvé, du pavillon en résidence fermée au dernier modèle cabriolet de Mercedes, en passant par le labrador couleur sable primé, qui m’a coûté une fortune.
Je repense à la conversation, que j’ai eue hier avec un de mes collègues, et je me dis que dans le fond, il a raison. A quarante cinq ans, un homme doit savoir où conduire sa barque. Le problème c’est la destination. Médecine, le cabinet, une bonne clientèle c’était La destination. Maintenant que je suis arrivé à bon port, dois-je de nouveau lever l’ancre et mener de nouveaux défis, au risque de braver des tempêtes bien plus dangereuses que celles contre lesquelles j’ai lutter jusqu’à présent ?
Oui, certainement. Je suis encore trop jeune pour abandonner tous mes espoirs de conquête et me contenter d’un port de plaisance. Je suis finalement prêt à relever le défi et à partir pour l’Afrique.
Mon collègue ouvre un dispensaire, près de Lomé, et il a besoin d’un résident fixe pour coordonner les équipes tournantes.
Après quelques instants de réflexion, je prends les documents qu’il m’a laissés et ferme le cabinet en soupirant. Ma femme ne sera pas facile à convaincre mais les enfants étaient peut-être ceux que j’aurai le plus de mal à convaincre de renoncer à leur train de vie.

Les enfants sont enfin arrivés. Marianne et moi sommes partis en avance pour préparer leur arrivée, nous trépignons devant le terminal. Je vois, à leur air maussade quand ils débarquent, que la partie est loin d’être gagnée. L’aéroport de Lomé, capitale du Togo, est assez récent. Je suis soulagé que la première chose qu’ils voient ne soit pas en trop mauvais état. Nous montons dans le quatre-quatre neuf du dispensaire, unique grosse dépense indispensable, pour aller dans les coins les plus reculés de la brousse.
Par la fenêtre du véhicule, ils découvrent l’Afrique pour la première fois. Je suis fier de constater que, malgré leur réticence, ils sont admiratifs devant la beauté sauvage du paysage, au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes. Un relief doux, légèrement vallonné moins aride qu’au Nord, parsemé de palmiers à huile, de tecks mais aussi de kapokiers et baobabs aux énormes troncs qui ressemblent à des maisons. Les champs de manioc, de mil, de sorgho, et d’igname qui bordent la route sont cultivés manuellement et bordés de haies. La route, ou plutôt le sentier de poussière ocre, a été formée par le passage régulier des autochtones et de leurs maigres troupeaux.
Finalement, nous arrivons au dispensaire. La bâtisse en forme de L vient d’être terminée, elle a fière allure au milieu de son parc. La partie la plus vaste, la barre verticale du L, constitue notre habitation et celles des autres médecins. La plus petite, mais tout de même d’une superficie correcte, est le dispensaire à proprement parler, prolongé par un large auvent qui sert de salle d’attente. A l’arrière du bâtiment, de nombreux arbres fruitiers, bananiers, orangers, manguiers et autres forment une barrière végétale qui délimite notre parcelle.
C’est avec plaisir que je montre à mes enfants leur nouveau lieu de résidence. L’Afrique a un parfum indescriptible et chaque bouffée me semble grisante. C’est avec anxiété que j’observe leurs réactions pour voir s’ils sont, eux aussi, enivrés.
Les yeux écarquillés, ils observent un patient qui se traîne vers la salle d’attente. Ses habits sommaires et son état de délabrement physique sont tels qu’ils ne peuvent laisser indifférent. C’est un de mes habitués. Dans sa langue natal, il s’appel mardi car c’est le jour où il est né. C’est la seule référence biographique qu’il a pu m’apporter avec certitude. Je l’invite d’un mouvement de tête à s’installer sous le auvent. Marianne lui apporte un verre d’eau pendant que je conduis les enfants à l’intérieur.
- Alors ?
- C’est plutôt pas mal, répond mon fils.
- Tu as beaucoup de patients ? m’interroge ma fille.
- Les habitants du village sont encore un peu méfiants mais, dans l’ensemble, les journées sont bien remplies.
Leurs regards soudainement braqués sur moi me font réaliser leur crainte. Je leur avais promis de leur consacrer plus de temps.
- Avec quand même beaucoup de temps pour nous. Maman a redécouvert les plaisirs du jardinage. Elle dit même qu’elle est certaine que vous mangerez enfin des légumes, puisque ils sont nettement meilleurs. Je vous laisse découvrir vos chambres à l’étage. Il y en a encore quatre de disponibles, prenez celles qui vous plaisent.

De longs gémissements de douleur me réveillent en sursaut. La pleine lune illumine suffisamment la chambre pour voir sur le réveil qu’il est deux heures. Je rassure Marianne et je descends voir si quelqu’un à besoin de mon aide. Ma fille, les cheveux ébouriffés, en boubou bleu pastel me suit. Elle prétend qu’elle ne dormait pas.
Sous le auvent, attendant patiemment notre arrivée, une femme enceinte se masse le ventre pour calmer la douleur. Sa sœur, en nous voyant, nous interpelle :
- C’est l’heure Docteur, elle a perdu le liquide. Elle a but les herbes mais ça ne vient pas.
Sans me préoccuper de ma fille, certain qu’elle remonterait dans sa chambre, j’accompagne les deux femmes dans la salle d’obstétrique. Après un sérieux savonnage des mains, j’enfile mes gants pour voir l’évolution du travail. Le liquide est méconial ce qui n’est pas bon signe.
- Le bébé souffre, il va falloir l’aider à sortir.
Mon regard se porte vers le fond de la salle où se trouvent mes instruments, pour pratiquer un forceps, quand je constate que ma fille est là. Loin d’être effrayée, elle observe chacun de mes gestes.
- J’ai besoin d’un coup de main. Tu veux m’aider ?

Le bébé, posé sur le ventre de sa mère, effectue de légers mouvements de pied pour avancer vers le mamelon. Il a encore les extrémités bleuis, mais sa cage thoracique se soulève avec force. Il est vigoureux et potelé. Ma fille est extatique devant le miracle de la vie. Je me réjouis de constater à quel point elle a mûri en trois mois. Je lui passe le stéthoscope.
- Tu veux écouter les battements de son coeur ?
Elle hoche la tête.
- C’est irrégulier, c’est normal ? demande-t-elle inquiète.
- Oui, il vient de naître. Mais ça va se régulariser bien vite.
Déjà, elle démontre un sens clinique développé alors qu’elle n’a fait aucune étude. Cette magie c’est l’amour de son prochain, c’est cela qui fait un bon médecin. Toutes ces années d’accumulations de bien matérielles m’avaient fait perdre le sens de ma profession, le sens de ma vie.
Le visage épanoui de ma fille me confirme que j’ai fait le bon choix. Décider de changer ma vie, de changer de cap, a été ce qui pouvait nous arriver de mieux.


Dernière édition par Iron le Dim 22 Fév 2009 - 11:57, édité 1 fois
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Iron
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 22 Fév 2009 - 11:57

Texte n°5

Le nez collé à la vitre, je regarde avancer doucement les lourds nuages noirs venant de l’ouest.
Je pense au sujet d’un concours : "je change le cours de ma vie....tout est permis.".
Au fond de mon jardin, près de la rivière, un saule pleureur dont les longues branches s’agitent et attirent mon regard. Je suis hypnotisé par le doux balancement de cet arbre.
Je l’envie, et un instant, une éternité mon âme est devenue celle du saule.
Dans le jardin où je vis, l'été s'en est allé. L'automne s'est installé. Une saison est morte, une autre renaît. Et lorsqu’elle celle-ci mourra, une autre prendra sa place et inondera l’air et l’espace. A nouveau les couleurs changeront, évolueront. La nature se mettra en sommeil pour affronter les frimas de l’hiver.

A chaque saison, sa tenue, sa palette de couleurs. Le vent, le soleil, en artistes peintres sans pareil, décoreront cette nature, à leur façon, le temps d'une saison.

A chaque saison, c’est ainsi. Eternel et imperturbable cycle de la vie.

L’automne, lui, tisse son ouvrage changeant au gré de ses humeurs les paysages. La vie fait de même. Mais que deviendraient la vie sans les saisons et les saisons sans la vie ? Tout serait si triste et terne. Ce ne serait plus qu'un désert.

Je change de couleurs et m'orne de mille et une teintes aux allures de farandoles. Des farandoles où glissent des perles de pluie. Des perles de pluie qui donnent aux arbres, aux fleurs, aux champs, aux prairies, aux ruisseaux et aux brins d’herbe le pouvoir de naître, de vivre et de mourir. Magiques sont ces petites gouttes de pluie qui savent donner aux paysages toute leur magnificence, leur beauté naturelle. Perles de saule qui pleure, que le vent transporte dans les airs sur un fond de vague à l'âme et de tristesse.

Je suis seul et je pleure, magnifique, souverain du jardin, où ne règne plus que le silence du vent qui fait frissonner mes feuilles. Le gris du ciel devient plus sombre, les couleurs elles parfois sont flamboyantes puis s'éteignent. Le sol se jonche de feuilles mortes que personne ne ramasse mais foule du pied, écrase et piétine sous l'empreinte de leurs pas. Ils vont tels des automates emportés dans le tourbillon de leur vie.

Au milieu du jardin fier et beau, je suis enraciné. Je pleure toujours des larmes d'étoiles mais il n'y a plus personne pour m'écouter et me regarder pleurer. Plus personne pour recueillir mes petites perles de bonheur. Je frissonne. Silencieux. Je pleure digne mais solitaire. « C'est triste un saule solitaire. »

La nature a revêtu son manteau de saison. Indéniablement. Et les amants eux, doucement s'en sont allés, d'autres s'en vont et d'autres encore s'en iront. Le cœur lourd et triste de ne plus aimer, de ne plus s'aimer, l'âme perdue et le corps à l'abandon, alors qu'ils s'aiment, s'aimaient à en perdre la raison.

Et le cycle des saisons les engloutit dans le tourbillon de l'air du temps. Le temps qui ne m'épargne pas non plus. Alors je pleure des larmes d'incompréhension car si les amants se séparent, ne s'aiment plus et s'oublient, à qui offrira-t-il ses perles d'émotions que le vent déposait sur les chemins de leur vie ?

Les amours sont comme les saisons, à un détail prés, les saisons elles reviennent et renaissent de toutes leurs beautés colorées. Les amours aussi sans doute... mais peut être pas l'Amour quand il est unique.

Sous mon ombrage qui pleure, elle est venue. S'est assise et a souri. Elle a pleuré et pleure encore, comme moi, blottie quelque part au creux de mes bras. Je l'enveloppe de mes branches et la réchauffe un peu. Je souris tendrement, l'inonde de petites gouttes fraîches, je frissonne dans le vent d'automne, pleure des larmes de douleur mais aussi d'espoir.

Au milieu du jardin, dans un décor automnal, au plus profond de mon écorce, je pleure en la regardant s'éloigner sans se retourner... emportant en elle et avec elle, les larmes d'un saule...
Un instant, une éternité mon âme est devenue celle d’un saule.

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Iron
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 22 Fév 2009 - 11:57

Texte n°10

La nuit d'Urzvihal


Urzvihal, la petite poultipika* se morfond au fond de son lit. Un profond soupir lui échappe.
Six longues années ! Le temps à attendre, pour être en âge de devenir Arladd,* à moins d’accomplir une action exceptionnelle.
Elle songe à ce que lui a dit Garzyul, la veille.
- Tu le deviendras quand le temps sera venu pour toi.
Sois sans cesse en éveil, même dans tes rêves ! Ne te laisse jamais surprendre. C’est important, plus que tu ne crois.

Elle n’a pas compris ce qu’il voulait dire. Et il ne lui a pas répondu quand elle a voulu des explications. Il a simplement ajouté :
- Tu comprendras bientôt, et je serai constamment à tes côtés, chaque fois que ce sera nécessaire. N’aie aucune crainte. Tu es tellement plus forte que tu ne le crois.
Si seulement, il disait vrai et qu’elle disposait d’un pouvoir quelconque comme tous les autres poultipikas. Mais non, elle n’avait aucun talent, rien.
Incapable même de comprendre le langage des animaux, ce que ses cousines de son âge avaient déjà réussi. Et pourtant elle a bien essayé, elle s’est entraîné durant des semaines, en vain. Lors du dernier rassemblement tout le monde a remarqué cette absence de don, chez elle.
Ses yeux commencent à larmoyer à ce souvenir. Cependant, d’un coup, un léger sourire vient détendre ses lèvres. Elle s’applique à chasser ses idées lugubres, en se rappelant les paroles de la vieille Arcozvyann qui l’a élevée
- Ne pleure pas, les larmes ne t’apportent aucune aide. Applique-toi à les changer en énergie concentrée, comme je te l’ai montré.
N’oublie jamais ! Tu obtiendras ce que tu désires, si c’est bénéfique pour notre peuple. Cherche toujours à voir plus loin que ta propre envie.

L’esprit en alerte, concentrée sur son souffle, selon ce qu’elle avait appris, elle se détend profondément pour se mettre en écoute.
« Qu’est-ce qui serait bon aujourd’hui pour nous tous ? De quoi avons-nous besoin ? »
Les questions et leurs réponses se succèdent de plus en plus vite, dans sa tête.
Le Scriffenon !
D’un seul coup, cela lui est venu à l’esprit. Son cœur s’emballe, difficile d’y réfléchir sereinement. Rien que d’entendre prononcer ce nom, n’importe qui au Poultepek, est bouleversé.
Le Scriffenon, ce grimoire de l’époque du règne de Brehizog, a disparu peu après les Grands Combats. A-t-il été volé, perdu ou mis en sûreté à l’abri des convoitises ?
Nul le sait aujourd’hui, certains en arriveraient même à douter de son existence, si la gwernarladd* n’affirmait le contraire.

Révolues seront de lune, mille années,
Avant que l’esprit d’un hoir
Ne se transporte sur le miroir
Du céleste incendie, sans bouger,
Pour y voir, du Scriffenon,
Dissimulé dans sa retraite,
L’ombre, au fond de la plus profonde
Tanière d’un argenté goupil.

Devenue soupçon d’onde
Ira où l’ondée le mène
Pour se fondre dans la gemme,
Jusque dans, de la terre, le giron
Au cœur d’une nuit enténébrée.
Avec soin et diligence
De toutes sortes de périls
Le préservera.

À la lumière du disque poignant
Renaîtra dans la tourmente
De l’aube de bois taillée,
Pour être porté par le souffle d’Éole
Sur l’aile d’une rieuse
Jusques au faîte
De l’Haute Pierre Brisée
De Mane-er-Hroek.


Comme tout poultipika, elle connaît la prédiction.
Mais ce soir, pour elle, tout est différent. Pourquoi, comment, elle ne saurait le dire exactement. Juste une évidence.
Ce soir, elle n’est pas une simple jeune fille de Poultepek, qui rêve éveillée. Ce soir, elle est portée par d’autres esprits qui l’accompagnent, elle le sent et s’abandonne.

Elle se répète mentalement les premières lignes de la Gwernarladd.
Ses pensées vagabondent. Si seulement…. L’hoir se pourrait-il que ce soit elle ? Elle essaie de s’imaginer accomplissant la prédiction. Impossible ! Beaucoup trop jeune, pas assez puissante.
Il lui semble entendre sa vieille nourrice
- Aurais-tu déjà oublié ?
Non, bien sûr, elle n’a rien oublié, ni ses mots, ni ceux de Garzyul, mais elle n’est pas sûre de comprendre.
- Aie confiance !
« Le miroir de l’incendie céleste » oui, soleil pour l’incendie céleste ça c’est simple, mais le miroir ? Où est son reflet ?
- Lève la tête !
Au-dessus d’elle, la pleine lune l’éclaire de sa lumière blafarde, pâle imitation du rayonnement solaire.
Les yeux fixés sur l’astre sélénien, son esprit vogue de conserve avec les autres qui, volutes légères, s’élèvent tout là-haut et l’entrainent.
La barrière des nuages franchie, ils l’ont laissée continuer seule.
Drôle de voyage ! Autour d’elle tout est noir, puis plus haut, sur sa droite, le soleil.
Elle aperçoit son corps en dessous, sur sa couche, immobile. Mais elle n’est pas là pour ça !
Elle laisse errer son regard, loin, plus loin. Un minuscule point argenté attire son attention. Un renard qui rentre dans sa tanière. Serait-ce le bon ?
Aie confiance !
Elle devine où il va, découvre son repaire, le fouille pour découvrir dans une anfractuosité de la roche, un épais bloc de cuir.
Il est là !
A présent, il lui faut aller le prendre, mais auparavant réintégrer son corps.
Concentre-toi !
Elle doute encore, mais s’y applique de toutes ses forces.
Abandonne tes pensées ! Tu n’es plus Toi, tu es eau.
Bizarre, cette sensation de légèreté ! Elle est irrésistiblement attirée de nouveau vers le haut.
Là voici arrivée, lui semble-t-il. Autour d’elle des millions d’autres gouttes identiques à elle et aussi différentes les unes des autres. La température se refroidit. Maintenant, une impression de lourdeur de plus en plus grande, avant d’être irrémédiablement attirée vers le bas et de chuter. Elle ne peut résister, il lui faut suivre le mouvement. Elle finit par atterrir à la cime d’un arbre, sur une feuille déjà trempée. Un brusque coup de vent. La feuille s’agite en tous sens. Voilà alors, qui dégringole et s’écoule avec les autres de feuilles en branches jusqu’à …….
Aouhhhhhhhhh ! Le plongeon brutal dans un ruisseau grossi par l’orage !
Emportée sans ménagement, elle roule, coule, remonte, heurte un rocher, rebondit plus loin, évite de justesse une énorme branche qui barre le passage, n’avance plus, descend. Un tourbillon, la voici aspirée dans un trou. À nouveau le noir absolu. Elle ignore où elle est, ce qui lui arrive. Et toujours cette descente qui n’en finit pas, écartelée dans tous les sens pour traverser cette masse énorme de marne poreuse.
Et un nouveau saut beaucoup plus important dans une rivière sombre cette fois. C’est le domaine de la nuit. Un animal se désaltère, un rat sans doute, vif et aux aguets, il éclabousse la rive. Propulsée en l’air, elle s’écrase sur un rocher, ne bouge plus.
- Redeviens toi-même. Tu dois le prendre.
Elle reprend forme, ne voit rien, l’obscurité la plus complète. Que faire ?
- Réfléchis, tu l’as déjà vu.
Elle s’absorbe dans ses pensées pour trouver une idée. Elle hume l’air pour déceler une odeur.
Celle du sang, de la viande, sans doute le renard qui vient de festoyer. Elle se dirige en suivant son nez, prudente, le renard ne doit pas être alerté. L’odeur devient plus forte, elle doit être tout près.
Un petit boyau s’ouvre sur la droite, elle s’y enfonce, Au bout, un cul-de-sac. Elle tâte les parois. Lisses, partout. Non, sur la gauche un léger devers, une cavité. Profonde.
A genoux, elle introduit la main. La cavité se révèle trop vaste, elle est obligée d’y entrer à moitié.
Sous ses doigts, elle perçoit quelque chose. Elle reconnaît le grain d’un vieux cuir. Elle saisit l’objet à pleine main. Enorme ! À la sortie de la galerie, elle se tombe nez à nez avec l’occupant des lieux, menaçant. Instinctivement, elle pousse le hurlement du loup et l’entend déguerpir sans demander son reste.
Comment sortir ?
- Tu as pu entrer, tu peux t’échapper.
Elle glisse le volumineux paquet sous sa blouse, le sangle solidement autour d’elle, avec la cordelette de sa ceinture. Puis rejoint le lac, le contourne.Et redevient gouttelette.
Un autre voyage dans les ténèbres. Bousculée, ballottée par le courant qui l’achemine vers le but de son périple, elle quitte le monde souterrain, surgit à l’air libre. Plus loin, la cascade qui alimente un moulin.
Vertigineuse la chute, au soleil naissant qui la caresse de son premier rayon faisant naitre un arc-en-ciel étincelant.
Dans un bouillonnement grandissant, les remous la pressent vers la roue qui inlassablement continue son ballet. Elle s’éloigne, revient, au gré del’effervescence, est projetée en l’air, retombe sur une des pales de la roue.
Cycle infernal !
La roue tourne, la pale s’élève.
Elle suit le mouvement, se précipite sur la pale en-dessous, s’élève, retombe, encore et encore Jusqu’à ce qu’une bourrasque l’envoie dans une autre direction…sur la trajectoire d’une mouette blessée qui voletait doucement. Se niche dans le cou à l’emplacement d’une plume manquante. L’oiseau semblant n’attendre que ça, file dans le vent, attrape un courant ascendant, prend de l’altitude, plane, presque immobile dans l’azur, se laisse mener un long moment, le quitte pour un autre, perd de la hauteur, finit par se poser sur la lande tout près du Manné-er-'Hroek, cherche quelque nourriture et, avant de repartir vers l’océan, s’ébroue.
La voilà jetée sur le sol, accrochée à un brin de bruyère. À ce contact, elle redevient Urzvihal.
Allongée sur le sol, épuisée, elle ferme les yeux, récupère, s’imaginant avoir rêvé.
- Tu t’es endormie ?

Elle ouvre un œil pour découvrir le Grand Arladd, en compagnie de Garzyul, près du grand menhir brisé. Ils attendent qu’elle se décide à se lever.


Aussitôt elle saute sur ses pieds. Une gêne sur son cœur, la sangle l’oppresse, elle la détache et leur tend le paquet de cuir.
Au moment où leurs mains se posent dessus, les voilà tous les trois transportés au pied du vieux chêne, au milieu du village.

Les habitants accourent de tous côtés. Comme une traînée de poudre la nouvelle s’est répandue partout.
Urzvihal, la petite poultipika sans talent a ramené le Scriffenon.


***
poultipika : habitant du royaume de Poultepek
Arladd : mage, sage
gwernarladd : prédiction

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sombretoile
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 8:41

Allez remuez vous les gens, il faut voter. Que 06 votes.

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Hakkrat
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 9:38

Déjà voté ! Very Happy

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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 10:03

a voté
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Morrigan
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 17:55

a voté aussi.
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 18:14

Moi z'aussi
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 19:22

Je n'ai rien dit lorsque je l'ai fait, mais mon vote a été distribué !
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Kaël
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 20:10

A voté Smile
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Ven 27 Fév 2009 - 20:32

Voté également
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Sam 28 Fév 2009 - 9:54

Voté
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Sam 28 Fév 2009 - 19:21

Voté (j'arrive un peu tard, mais bon).
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Hakkrat
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 0:03

Hahaha ! Une égalité !!! Et les 20h sont passées depuis un moment...

Que va-t-il se passer ? affraid

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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 3:59

bah cela semble prometteur pour un doublé gagnant !

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La nuit parlent à haute voix
Mais si simple est leur langage
Qu'il n'effraie pas les oiseaux... . . . . ./\. . . . .Marcel Béalu, L'air de la vie
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 7:43

Merci à tous mes électeurs. Ehehe, je recrute pour ma prochaine campagne...
J'ai écrit le texte 1. Féliciations à l'heureux gagnant du texte 2.
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 9:00

Il n'était pas trop tôt, pour se révéler ? scratch

Si ça se trouve, on va faire un troisième tour... Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 9:14

Excusez moi je me lève tard.... merci aussi à mes lecteurs et mes électeurs.
Je suis l'auteur du texte 5.

Toutes mes félicitations à Evahé pour son texte bien sur mais aussi pour m'avoir permis de pouvoir faire ce genre d'exercice. (elle me consacre tellement de temps). merci aussi à tous ceux qui ont tant de patience avec moi.


Dernière édition par Mike le Dim 1 Mar 2009 - 15:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 9:58

Hakkrat, en fait Mike et moi on est content d'être ensemble. L'important c'est d'avoir participé. C'est pour cela que j'ai dit félicitation au gagnant, ça me va tout à fait que ce soit Mike s'il faut à tout prix un seul vainqueur.
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 10:14

Je n'accepterais pas d'être déclaré seul vainqueur, il est pour moi important de partager ce prix avec Evahé ou de le lui laisser.

J'ai oublié dans mon post précédent de féliciter aussi l'auteur du texte N° 10. Je l'ai trouvé très original.
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 12:59

Fermeture du sondage ::rolling::


Félicitations à Mike à evahe pour leur victoire commune Wink

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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 13:11

J'ai voté pour toi Evahé (même si tu me piques ma jolie couleur dorée), je crois que j'ai crée l'égalité :/
Félicitations aux deux gagnants en tout cas, j'ai longtemps hésité Wink
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 13:32

Bon, et bien félicitations à vous deux ! cheers

Moi, j'avais voté pour Mike. Au début, je pensais que son texte était celui de Phylla Vell...

Vous allez nous concocter un sujet à deux ? ^^

_________________
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 13:38

Je n'ai pas participé à ce concours ::rolling::
C'est vrai qu'on va avoir un sujet concocté par deux personnes... Machiavélique tout ça scratch
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 13:59

J'aimerai connaître l'auteur du texte 10.
Merci
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MessageSujet: Re: 14e concours - finale   Dim 1 Mar 2009 - 14:46

Félicitation à vous deux Smile
Mike est donc l'auteur du texte 5, et evahé du texte 1? * pas complètement sure d'elle *

Et oui, qui est l'auteur du texte 10?
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