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 20e concours - les votes

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akira
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MessageSujet: 20e concours - les votes   Sam 17 Juil 2010 - 22:06

Voici donc les fameux textes !

Vous avez 2 semaines pour voter pour LE texte de votre choix ! Bonne lecture.

Merci à tous les participants.



Texte 1 :

Camille Duciel était âgée exactement de quatre mille neuf cent jours, soit un peu plus de treize ans, la première fois qu’elle effectua « le pas sur le côté ».
Elle en était certaine, puisque c’est au moment où une amie, par téléphone, entreprenait des calculs savants pour connaître son âge avec précision qu’elle percuta avec force un lampadaire, tombant les fesses dans une flaque de boue.
Son premier réflexe fut de se relever, observer les alentours, occire du regard les quelques passant amusés, elle se jeta sur son portable top tendance dont les strass étaient maintenant en partie sur la chaussée, mais surtout, elle aperçue son reflet. Elle tira de son nouveau mini sac à main un miroir au format du sac pour constater que son brushing était foutu, le choc fut si grand qu’elle voulu en hurler, elle ne le fit pas car elle se retrouva soudainement face à un homme gras assez mal habillé, avachi sur sa chaise en train de tenter l’exploit qu’est d’écraser un lézard terrifié d’une chope de bière. Une odeur d’alcool, de houblon, de vomi et de sueur planait dans la taverne moyenâgeuse où elle se trouvait pour une raison inconnue.

Les murs étaient fais de pierres soudés par le la boue et autres matériaux tels que du bois, des branches ou encore des graviers, le toit était de chaume, un nuage de fumée y planait, foyer, torches et bougies, toute la fumée restait bloqué dans la pièce. Les gens y discutaient fort, trinquaient, se battaient ou dormaient. Cependant, une chose leur était commune, la chope de bois cerclée de fer emplie d’un breuvage proche de la bière.

« _ Pouah ! Ça craint ici, c’est tout puant, tout enfumé, mon brushing est dead et les gens ici craignent à donf. Gémi Camille.
_ Qu’est-ce que tu fous là sale gosse ? Et tu pourrais au moins saluer le grand Edwin. Dit-il en se désignant, se renversant la moitié de la chope sur la protubérance graisseuse qu’était son ventre avant de l’abattre sur la queue du lézard. Complètement ivre, il mit quinze bonnes secondes avant de remarquer l’appendice gesticulant sous sa chope.
Camille suffoquait presque tant l’haleine du bonhomme était infecte. Regardant le lézard qui se tortillait, son moignon de queue laissant une faible trace rougeâtre derrière lui. Camille imagina alors le lézard avec une queue immense, si grande qu’il pourrait tout juste la tracter, elle l’imagina si bien qu’elle lui semblait réelle, ce qui était en fait le cas en vue de la réaction du dit Edwin :
_ Ah la saleté de bestiole ! Elle en a une plus grosse maintenant ! s’écria Edwin, la voix tantôt grave, tantôt aigüe.
_ Une plus grosse que toi je dirais même ! S’exclama un homme grand et gras, il semblait plus fort et plus intelligent que le fameux Edwin, jusqu'à ce qu’il se prenne un tabouret dans les pieds et, tel un tronc d’arbre, s’étale de tout son long, brisant ainsi une chaise, un tabouret, trois chopes et une table tant sa masse étant forte.
_ T’es vraiment un imbécile finis, Bjorn ! Toi qui te disais invincible ! »
Eléa Ril’ Morienval, propriétaire de la taverne, se tourna alors vers le carnage composé de bière renversée, d’éclat de rire, de bois éclaté, de bandes métalliques et de clous sans support.
D’un œil au début calme elle observa la seine, ensuite vint se greffer sur son visage une veine qui s’emblait enfler à vue d’œil.
En un instant, sa colère et sa rage exposèrent et franchir se visage jusqu’alors immuable :
« _ Bande de barbares ivres et incontinents, votre présence ici n’est pas du tout nécessaire alors maintenant, vous réparez vis bêtises et vous payez vos dettes.
_ Ça tombe bien, cette charmante jeune fille nous invitait ! déclara Edwin en passant un bras autour du cou de Camille.
_ Dans ce cas, tu dois payer… » Continua Eléa en pointant Camille du doigt.
Au moment où Eléa Ril’ Morienval se retourna, Camille fit comme avec le lézard et pensa si fort au tableau où les tarifs étaient affichés, si fort que chaque prix soit remplacés par un zéro que son « vœu » fut réalisé. Horrifiée, la barmaid due se résoudre à rendre toutes les consommations gratuites, jusqu’à ce que les prix soient réécrits. La bière coula à flot, la colère de la tavernière elle monta comme la mousse et finit par vraiment déborder.
Elle attrapa une jolie sphère bleue sous son comptoir et la lança sur la foule en délire, l’effet fut immédiat, tous ceux qui la touchèrent furent expulsés dans la direction opposée, ce qui éjecta plusieurs clients dans la cave, un mauvais calcul finalement. Camille trouvant que ça serait très mode, se jeta dessus et la rangea dans son sac.
Eléa Ril’ Morienval le vit et cria « Ts’liche ! » et s’enfuit rapidement par une trappe.
Une troupe de petits lézards débarqua et tels des minuscules chiens de garde, commencèrent à grogner, faisant apparaitre leurs crocs et leurs griffes. Edwin se retourna, titubant vers Camille et dans un sourire horrible tant ses dents étaient non-entretenues :
« N’ai crainte, je suis le plus grand tueur de Ts’liches au monde, à coups de chope il entama un terrible massacre des pauvres petites choses, cependant son état d’ébriété rendait le combat comique, car ce n’est en fait pas à coup de chope qu’il en tua le plus, titubant, chutant, se soutenant, il était recouvert de sang, Bjorn se jeta, littéralement, à corps perdu dans la bataille, dans sa course folle, il renversa une femme d’une totale dépravation, sans doute une prostituée, furieuse, elle se rua dans la mêlée, elle se retrouva alors dans les bras d’Edwin, elle sur lui, lui sur le dernier Ts’liche.
« Bonjour Mademoiselle Ellana, comment allez-vous aujourd’hui ?
_ Oh…et bien messire Edwin, je suis charmée, je vais très bien. Répondit-elle.
Camille tira la langue dans une grimace de dégout, tant le couple était mal assortit et de source pittoresque. Camille surprit Bjorn la regardant avec envie : « Mais ça va pas bien non ! Tu te prends pour qui espèce de pédophile ! »

A la remarque Edwin mit fin à ses patins et lança sa chope avec force, c’est aussi ce moment que choisit un homme pour apparaître dans un nuage de fumée, armé d’un poignard avec un air menaçant. Au milieu de la trajectoire de la chope, il fut à moitié assommé par le récipient tant il était bien lancé. Il eu tout juste le temps de dire : Eléa vengera sa taverne Ewilan. Avant de croquer dans une capsule qui le fit disparaître.
« Il faut vraiment qu’on la retrouve sinon elle ne va pas nous lâcher et jamais nous serons tranquille, mais avant, il faut faire un truc obligatoire.
_ Qu’est-ce que c’est ? S’enquit Bjorn, curieux. »
Pour toute réponse, Camille sortit de son mini sac à main, un disque légèrement gonflé au centre. C’est alors qu’en appuyant à l’une des extrémités, il s’ouvrit laissant place à un minuscule miroir et trois compartiments à maquillage. Une fois sa séance maquillage finie, ils purent partir sur les traces d’Eléa.
Passant par la trappe secrète, ils y découvrirent un vieillard si faible qu’il tenait tout juste debout, il en avait cependant pour parler, au plus grand malheur du groupe qui ne voulait pas se résoudre à l’abandonner. Ainsi ils purent apprendre que ce vieillard se nommait Duom Nil’ Erg, imbécile de base, il avait accepté un contrat proche de l’esclavage en échange de quoi, il serait caché et nourrit sous la taverne d’Eléa Ril’ Morienval, d’une obésité consternante, il devait principalement s’abreuver de bière et se nourrir de viande.
Le souterrain étant en fait une suite pièces qui, portes ouvertes, faisaient office de couloir aux allures de labyrinthe, entendant un bruit de pas rapide au loin, ils accélérèrent le pas, se perdant de plus en plus, ils montèrent un grand escalier et arriver en haut, les portes de la salle se refermèrent sur eux.
« Oh non, nous allons tous mourir, on ne pourra jamais plus sortir. Se lamenta Camille.
_ Mais si quelqu’un finira bien par nous trouver, regarde si on crit par la fenêtre, quelqu’un pourra venir nous secourir. »
Des bruits légers commencèrent à se faire entendre, faisant monter la pression dans le groupe, pression déjà palpable. Soudain un gémissement sortit d’un tonneau qui se renversa tout seul.
« La bière me parle ? La bière me parle ! Ça y est, je suis fou ! » Cria Bjorn quand un « au secours » sortit du tonneau.
Stressée de plus en plus, Camille chercha quelque chose à boire, elle trouva un flacon qu’elle vida d’un trait, soudain, elle se sentit mal, très mal, une envie de mourir la pris petit à petit tant la brulure de l’alcool était forte à sa gorge et à son estomac, Duom Nil’ Erg prit le flacon regarda le nom sur l’étiquette et s’écria « mais tu es folle, N’ralaï est un alcool si fort que certain en meure, recrache ça tout de suite ! Dit-il en prenant Camille, lui fourra la main dans la bouche et la fit vomir dans le tonneau le plus proche, il y était indiqué Otolep, une huile épaisse aux vertus inexistantes. Le N’ralaï commença à faire bouillir l’huile avant de finalement perdre son effet agressif.
« C’est un piège d’Eléa à coup sûr ! Elle a voulu nous empoisonner » déclara Camille.
Soudain le tonneau se remit à crier et finit par exploser, là un petit bonhomme apparut, tout petit. Il criait des mots incompréhensibles, il se mit ensuite à parler avec un étrange accent à une vitesse telle qu’il était difficile de le comprendre. Ils notèrent toutefois, le nom de Chiam Vite. Très vite il fut bâillonné tant il parlait, même Duom le trouvait bavard. Ils se retrouvèrent devant la porte fermée, la panique commençait à les prendre à nouveau : personne ne venait. Edwin ouvrit la fenêtre pour crier à l’aide, le courant d’air occasionné écarta les portes. La bande aux airs béta franchit le seuil de la fameuse porte qui jamais ne c’était verrouillée. Eléa les attendait là, une sorte de jarre à la main.
Le groupe une fois rassemblé, s’apprêtèrent à charger, sans un mot, Eléa lança la jarre et une sorte de brume noire se rependit : « Subissez mon amour bande d’infâme ! ».

La sphère bleue échappa à Camille qui, en voulant la rattraper, donna un coup de pied dedans. La sphère réagit avec cette étrange brume qui implosa emportant avec elle Eléa qui, dans de grands cris et de grands sanglots, disparue.

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Dernière édition par akira le Sam 17 Juil 2010 - 22:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 17 Juil 2010 - 22:07

Texte 2 :


A quel talent nourri de larmes devrons-nous un jour la plus émouvante élégie, la peinture des tourments subis en silence par les âmes dont les racines tendres encore ne rencontrent que de durs cailloux dans le sol domestique, dont les premières frondaisons sont déchirées par des mains haineuses, dont les fleurs sont atteintes par la gelée au moment où elles s’ouvrent, que je refasse un peu son petit portrait crayeux à cheveux flottant dans le vent de romantique poitrinaire à la graisse de Châteaubriand avant qu’il n’ait publié cette saleté ?
Non mais c’est vrai, quoi. Il allait y avoir cinq heures que j’attendais que ce, heu, fort désagréable personnage de comte Machin me fasse entrer dans son, heu, très vieux et biscornu bâtiment de château, avec pour seule compagnie le déplorable Félix de Vandenesse, inclus dans un bouquin que je connaissais par cœur. Et tout ça pour lui vendre de la bière de mauvaise qualité fabriquée en Lituanie par des Indiens alcooliques ! Franchement, je n’aurais jamais accepté de traverser ces, heu, pénibles et chaotiques Carpathes pour un truc aussi idiot si on ne m’avait pas promis de l’avancement et tout ce genre de choses.
Là-dessus, la porte s’ouvrit avec un grincement sinistre. Un majordome tout de noir vêtu me fit signe d’entrer dans la pièce suivante. Celle-ci était délicieusement ornée de tentures sombres mangées par les mites, de chauve-souris empaillées, de couronnes mortuaires rose bonbon (sans doute destinées à faire ressortir l’ensemble et à abaisser encore, si c’était possible, mon opinion sur les goûts du baron Truc) et surtout de ravissantes têtes réduites à l’air réjoui suspendues au plafond par de charmants rubans à paillettes, environnées de lustres faits de jolis petits crânes en polystyrène jaune à rayures noires et vertes suspendus à des chaînes dorées. Après quelques efforts pour lutter contre un accès d’existentialisme vomitif, je remarquai la présence d’une sorte de niche située au fond de la pièce. Dans la niche il y avait un tapis, sur le tapis il y avait un fauteuil, dans le fauteuil il y avait des coussins et dans les coussins il y avait quelqu’un. Le quelqu’un en question décida de prendre la parole et prononça d’une voix d’outre-tombe :
-Apprrrrrrrrrrochez.
C’était un homme d’un âge indéterminable, vêtu d’habits passablement usés dont une cape en lambeaux, au teint plus pâle que celui d’un romantique dépressif poitrinaire, aux cheveux et aux sourcils noirs et aux longues dents blanches qui formaient un sourire carnassier. En d’autres termes, il avait vraiment une sale tête.
-Alorrrrrrrrrs, c’est vous qui venez vendre de la mauvaise bièrrrrrrrrrre ? Demanda-t-il, l’air inquisiteur.
Après m’être interrogé sur les raisons qui le poussaient à en acheter si il avait ne serait-ce qu’une idée de la qualité de cette pseudo-boisson (car affirmer qu’elle était mauvaise serait un euphémisme : le fait de produire un truc pareil est un crime contre l’humanité), je répondis par l’affirmative. Suite à une courte discussion sur les défauts innombrables de la marchandise, il signa un contrat dans lequel il s’engageait, contre toute forme de bon sens, à s’en faire livrer quelques hectolitres.
-Je suppose qu’il vous serrrrrrait prrréférrrrable de passer la nuit dans ma modeste demeurrre… Soupira-t-il.
-Heu…Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité, lui répondis-je en imaginant ce que pouvait être la décoration des chambres.
-Mais si, j’insiste… Vous êtes sûrrrrement trrrrrès fatigué…
Je finis par accepter, renonçant à rivaliser de politesse avec sa Hautesse le duc Chose. Le majordome, qui me regardait durant tout ce temps comme si j’avais égorgé son père, pendu sa mère, brûlé sa maison et découpé en morceaux sa femme et ses enfants, me fit de nouveau signe de le suivre. Après avoir traversé de nombreux couloirs embaumant la moisissure et le rat crevé, monté moult escaliers en mauvais état qui avaient visiblement résolu de m’expédier dans un monde sans doute meilleur, j’eus la joie de constater que j’avais eu raison de me méfier. Qu’il me suffise de dire que la chambre était parfaitement assortie au salon, à ceci près qu’elle était en plus mauvais état et qu’une armée de souris en pleine action y faisait entendre toutes sortes de sons suspects. La salle de bain ne donnait qu’une eau jaunâtre et glacée. Je remarquai qu’elle était dépourvue de miroir et en déduisis que mon hôte était complexé par son apparence de bonhomme de neige anorexique à perruque. Après m’être revêtu d’un pyjama chaud pour me garantir contre le froid polaire qui régnait en maître sur ma chambre et le château en général, je m’enfonçai profondément dans le grand lit dont la couverture bordeaux à squelettes bleu roi me grattait les pieds.
Le lendemain matin, au sortir d’un rêve agité, je m’éveillai transformé dans mon lit en une véritable vermine. J’étais couché sur le dos, un dos mou comme un oreiller, et, en levant un peu la tête, je m’aperçus que j’avais un gros ventre jaune en peluche qui dépassait d’un T-shirt rouge trop petit pour moi.
« Que m’est-il arrivé ? » pensai-je. Ce n’était pourtant pas un rêve…
Une rapide auto-inspection me confirma que j’avais, durant mon sommeil, été métamorphosé en Winnie l’Ourson. La situation était gravissime. On ne m’avait jamais informé de la conduite à tenir en pareil cas, et je peinais à trouver une solution simple aux problèmes engendrés par ma transformation intempestive. Mais je fus interrompu dans mes réflexions par des hurlements provenant de la pièce d’à côté. N’écoutant que mon courage et ma tendance innée à lutter contre la pollution sonore, je me précipitai vers la source supposée de ces hurlements disgracieux. Lorsque j’ouvris la porte de la seconde chambre, je vis mon hôte de dos, penché sur une belle jeune fille à l’air relativement terrorisé.
-Aaaaah, grogna-t-il, je vais sucer votrrrre sang jusqu’à la derrrrnièrrrre goutte, belle Rosaline !
-Non, non, au secours ! s’écria cette dernière en se pâmant avec grâce.
-Mwahahahaha ! Je vais te prrrrresser comme un jus de chat, mon amourrrrr, tu es ma marrrrque perrrsonnelle d’hérrrrroïne !
Décidément, ce type était vraiment abject. Tout le monde sait que le jus de chat ne se presse pas : il faut le mixer et le mélanger au shaker (pas à la cuiller). Dans un élan d’indignation, je me jetai sur lui et lui plantai en plein cœur une serpillière qui traînait justement par là. Il tituba jusqu’à la fenêtre d’où il tomba en s’écriant « Je fonds ! Je foooonds ! » (Sûrement une habitude de son pays). Entretemps, la belle Rosaline avait repris ses esprits et s’éventait avec son petit mouchoir en dentelle. Profitant de la situation, je lui demandai si elle voulait m’épouser.
-Bien sûr, dit-elle. Tu n’es encore pour moi qu’un Winnie l’Ourson tout semblable à cent mille Winnie l’Ourson. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi. Mais si tu m’apprivoises, tout sera différent !
-Je commence à comprendre. Il y a une bouteille de vodka… je crois qu’elle m’a apprivoisé.
Nous vécûmes heureux et nous eûmes beaucoup de petits oursons alcooliques.

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 17 Juil 2010 - 22:08

Texte 3 :

Lutin Roland ira loin

Il était une fois, dans un monde magique et enchanté, un joyeux lutin au splendide nom de Roland. Celui-ci se dirigeait vers la coquette maison de son oncle, Rolande. Il lui apportait un joli petit panier qui contenait : un petit pot de beurre, une tasse de sucre et un vase de rhum. Roland gambadait joyeusement dans un champ de fleur fantasmagorique. Autour de lui, tout n’était que mirifiques couleurs vives et senteurs passions.
Soudain, devant lui, le tapis de fleur commença à vibrer. Jaillit de celui-ci, tel de la vapeur s’échappant d’une marmite magique d’eau de source bouillante, un magicien. Le sorcier, tout d’abord diaphane, se solidifia peu à peu. Roland recula, terrifié par les épais sourcils de l’homme, par sa robe étincelante, sa barbe en barbelée, son sourire renversé, ses yeux courroucés, sa virilité trop assumée, son nez crochu et sa taille démesurée.
Le magicien toisa le lutin avec colère. De sa voix mâle il lui récita son énigme.
«Si espoir de passer vous traverse, obligation de répondre à ma question.
J’ai ici des ingrédients magiques : de la poudre de blé, de la poudre à pâte enchanteresse, du nectar de vache et de la graisse de dragon.
Seras-tu, capable, simple fugitif de l’atelier du père-noël, de trouver et de m’apporter l’élément manquant pour ma recette de muffins divins?»
Roland réfléchit. Pendant se temps, le géant maléfique crachait du feu sacré, jonglait avec des abeilles furieuses, mangeait un enfant naïf et écrasait de son point de fer un volcan en éruption. Tremblant de peur, notre héro sortir néanmoins le sucre miraculeux et salvateur de son joli petit panier. Il le tendit au sorcier.
Le magicien s’en empara. La surprise remplaça sa colère : jamais personne n’avait résolu l’énigme. Il flotta donc jusqu’à sa cuisine envoûtante et fort bien décorée de tapisseries florales, laissant Roland seul.
Le merveilleux petit lutin continua donc sa route en chantant une comptine que son oncle, Rolande, avait habitude de lui chanter. L’histoire de la chansonnette était celle d’un univers malheureux où il n’existait pas de muffin. Le récit venait chercher Roland au plus profond de ses trippes. C’était triste et douloureux. Roland pleura et eu mal. Il s’en remit lorsqu’il arrêta de chanter après environ 87 minutes et 42 secondes. Ensuite, il oublia l’aventure et recommença.
Quelques heures plus tard, il arriva devant une énorme montagne de roc. Le flan qu’il voyait était trop escarpé pour qu’il n’ose simplement songer à y monter. Poussant un soupir de désespoir et de désillusion, il se mit en boule et pleura. Voyant que ses larmes ne faisaient pas fondre le roc, comme son père le lui avait toujours raconté, il entreprit de contourner l’obstacle. Il s’engagea donc dans un sentier boisé où dansaient des arbres élégants, des loups mirobolants, des princesses quelconques et une absurde sirène aux cheveux rouges telle la sauce tomates et rhubarbes de l’oncle de Roland, Rolande.
Tout-à-coup, un cheval ailé rose déboula devant lui. L’animal se releva et gémit : « Une autre tentative de suicide qui ne fonctionne pas. Ma vie n’est qu’enfer, souffrance et damnation. Je voudrais tellement oublier mes problèmes! »
Roland s’approcha de la bête.
«Que faites-vous? interrogea-t-il d’une petite voix.
L’équidé rosâtre se retourna vivement.
-Je viens d’essayer de me suicider. Seulement, je crois que j’ai mal évalué la hauteur du précipice, il ne semble pas assez élevé pour provoquer ma mort. C’est la 3.1416 fois que j’essaie et je n’y arrive jamais.
-Oh! fit le lutin, impressionné.
-Ouaip, grogna l’étalon, un peu agacé.
-Qui êtes-vous, demanda bêtement Roland.
-Je suis la licorne du Bonheur. Cependant, on m’a volé ma corne. Depuis se temps, je ne pense qu’à me laisser mourir. Je voudrais tellement retrouver ma corne et mon bonheur!
-J’ai peut-être une solution, s’exclama le lutin avec enthousiasme. Il lui tendit le vase de rhum ambré. Buvez ceci et votre sourire retrouvera le chemin de votre gueule. »
La licorne déchue bu à grandes lapés l’eau-de-vie. L’effet ne se fit point attendre et elle devient subitement plus joyeuse.
«Merci lutin! Pour te remercier de cette joie artificielle, laisse moi te transporter par delà la montagne!»
Sans attendre sa réaction, le cheval fantasmagorique mit Roland sur son dos et partit vers l’horizon. Cependant, le pauvre lutin n’arrivait pas à se sentir à l’aise. Les grandes élytres duveteuses de la bête cognaient sur sa tête, le vent sifflait une mélodie funèbre à ses oreilles et surtout, la licorne n’allait pas droit, elle faisait de l’alcool aux ailes!
Malgré les demandes incessantes de Roland pour réduire la vitesse de l’étalon, celui-ci n’en faisait qu’à sa tête et prenait un malin plaisir à exécuter de périlleuses vrilles. Par la suite, pour lui montrer ses talents de pilotage avec facultés affaiblies, l’animal mythique parcouru une partie du voyage à reculons. Finalement, il s’écria, tel l’enfant qui commence à faire du vélo et qui s’apprête à connaître sa première grande chute : «Avec juste une aile!».
Le cheval ricanait, le lutin vomissait. Le ciel, d’un bleu azur, chantait une hymne à la beauté des acrobaties de l’étalon couleur chambre de fillette. Les nuages dansaient autour de Roland, accentuant son tournis. Le soleil, tel un Jedi, jouait de ses rayons. Le monde à leurs pieds (et à leurs sabots) se colorait d’un vert exquis. Le visage de notre héro en faisait autant.
C’est donc le mal au cœur et l’estomac sur le bord des lèvres que Roland aperçu la piste d’atterrissage. Lorsque sa monture la vue, elle fut prit de panique. Les rochers qui la composaient étaient bien trop rugueux et un atterrissage sur ce sol risquerait d’endommager ses vertueux sabots.
La licorne du bonheur, dégrisée, fit par de ses craintes à Roland.
Le lutin commença à réfléchir. Il sortit le petit pot de beurre de son panier. L’aliment avait fondu, car, dans le monde magique et enchanté, c’était temps de canicule euphorique. Le petit bonhomme versa le gras sur le sol. La licorne se déposa donc sur les rochers, glissa et ses sabots s’en tirèrent indemnes. La licorne lilas en profita même pour les polir et ainsi, propriétaire de ce «look» glamour, se rendre éligible au concours de miss licorne.
Roland fit la bise à la licorne, lui conseilla ne plus se jeter des falaises, car ses ailes lui permettaient de survive, la remercia et repartit en direction de son oncle, Rolande.
En chemin, le lutin se sentait de plus en plus mal : il n’avait plus rien pour son oncle. Une culpabilité atroce le rongeait tel le rat qui sculpte un morceau de fromage en bois. Cependant, il décida tout de même à y aller, se disait que son oncle apprécierait sa simple présence charmante.
Il parvint finalement à la maisonnette coquette de son oncle, Rolande. La maison, d’un rouge féérique, contrastait avec la forêt jaune et mauve tout autour. Les fenêtres en forme de cœurs contents saluaient le jeune lutin. La cheminée fumait sa pipe de feuilles séduisantes. Joviale, elle lui sourit de sa bouche de brique. Roland lui répondit par un rire heureux. Il gambada ensuite jusqu’à la porte prestigieuse.
Surprise! Il n’y avait pas de porte! Un tableau de grosse femme bouchait l’ouverture. La dame peinturée, en plus de posséder une proéminente silhouette, était coiffée d’une tignasse bouclée et brune. Ces cheveux rappelaient à Roland une personne. Cependant, il n’arrivait pas à savoir qui cela pouvait bien être. Malgré son sentiment mystérieux, il s’aventura tout de même jusqu’à l’être fémininement adipeux.
La bourgeoise réceptionna froidement le lutin. Celui-ci, mal à l’aise, bégaya timidement : « Bbbonjjjjourrr madddddame. Je ssssuis Rrrrollllland, le nevvvveu de mon oncccccle, Rolllllande.»
Le tableau fabuleux jugea le petit être. La dame, sur un ton sec comme un pain pour des prisonniers d’un désert de copeaux de papier sablé, répliqua : « Premièrement, jeune impertinent, c’est ‘Mademoiselle’. Secundo, vous devez m’appeler par mon titre : Irma la grande déesse de portes et fenêtres-les plus bas prix dans toutes les régions magiques de l’infini et plus loin encore. Troisièmement, peu importe qui vous êtes, vous devez répondre à une énigme. Celle-ci est très compliquée, je vous conseille donc d’y renoncer.
-C’est quoi vot’e énigme ma p’tite damoizelle?»
Roland mit ses mains devant sa bouche. Arrivé à maturité, comme chaque petit lutin, il avait mué. Peu à peu, du joli enfant qu’il avait été ne resterait plus que des miettes. Il devenait un nain, créature bestiale à l’hygiène recommandable si vous êtes de ceux qui ne se lave jamais.
La bourgeoise sursauta en attendant le nom «p’tit damoizelle», car c’était ainsi que la nommait son amant, un nain étrange et virilement sale.
«Oh, mon enfant, susurra-t-elle, je suis censée réciter mon énigme de manière poétique pour empêcher les gens de la comprendre. Seulement, je vais faire une exception pour ton exceptionnel cas. La voici : Tire sur la roquette et la porte s’ouvrira. Bonne chance, mon cher et tendre!»
Elle disparue du tableau.
Roland regarda la façade de la coquette maison de son oncle, Rolande, de plus près. En effet, une gigantesque roquette, qu’il n’avait pas remarquée, trônait sur un fil. Cette corde serpentait entre un ingénieux système de poulies polies.
Le lutin-qui-se-transformait-en-nain se concentra. Il retourna la question dans sa tête. Cela pirouetta tellement qu’il fût pris de vertiges et chuta sur le sol soyeux de la forêt enchantée et magique. Roland s’endormit, car il était fatigué (comme la narratrice d’ailleurs).
Dans son rêve, l’énigme, son jolie petit panier et la chevelure de la grosse dame tournoyait. Il se réveilla vivement, car il connaissait désormais la réponse à la question de la bonne-femme.
Sa sieste, n’avait duré, approximativement, que 7 minutes, 23 secondes et 14 centièmes. Il s’empara de son joli petit panier. Roland se remémora que, lorsqu’il l’avait acheté, la vendeuse aux cheveux bruns et bouclés lui avait donné un ak-47, car c’était le mois de la promotion «Achetez un panier, recevez un ak-47!».
Il ouvrit donc le double fond de son joli petit panier, agrippa l’arme, visa la roquette et tira. Celle-ci explosa, actionnant le mécanisme de poulies polies. Le tableau de la grosse dame disparu dans un fumé de poudre d’étoiles et de peinture. Roland entra dans la pièce.
Il commença par appeler son oncle, mais Rolande ne répondait pas. Il se dirigea donc vers la chambre de celui-ci. Il tourna la poignée et, de surprise, laissa tomber son joli petit panier.
Sur le lit de Rolande, le magicien viril, la corne de la licorne du bonheur attaché sur le front, hennissait. Pendant ce temps, Rolande lui lançait des muffins divins. Lorsque Roland entra, le sorcier et l’oncle se retournèrent vers lui.
«Surprise! Bonne anniversaire mon nain en devenir!» s’exclamèrent-ils.

Et c’est ainsi que Roland passa son plus heureux anniversaire.

Fin.

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 17 Juil 2010 - 22:09

Texte 4 :

Une aventure de Curly le détective : L’étrange cas de l’indienne disparue.

Chapitre 1 : La dame

De lourds nuages noirs remplissaient le ciel du pays imaginaire ce matin là. J’étais assis derrière mon bureau, époussetant mon fidèle lance-pierre, tout en cherchant la nouvelle excuse que j’utiliserais quand mon propriétaire viendrait me réclamer l’argent du loyer. On dit que le temps ne passe pas au pays imaginaire, que chaque jour est identique au précédent, cela n’empêche pas ce vieux râleur de venir me réclamer son dû le premier du mois exactement.

Les affaires du seul détective privé de l’île, c’est à dire moi, étaient au plus mal. Le seul client que j’avais eu de la semaine, n’était jamais revenu me payer. Il avait semble-t-il trouvé un rendez vous plus pressant avec un tiroir de morgue.

Pour affronter cette journée, qui s’annonçait particulièrement déprimante, il allait me falloir un peu de soutien moral. Je plongeai la main dans le tiroir de droite de mon bureau pour voir si ma meilleure amie ne pourrait pas m’en fournir. Malheureusement, la seule femme qui ne m’ait jamais trahie, ma précieuse bouteille de rhum était aussi sèche et vide que le coeur de mon propriétaire, et je n’avais pas les moyens de la faire re-remplir.

C’est à ce moment-là que la dame entra. Je vis d’abord sa main, poussant la porte vitrée de mon bureau. Longue, fine, aux ongles félins délicatement colorés. Ensuite je découvris son visage : de longs cheveux noirs et luisants, des yeux gris argentés profonds comme un lac de diamant. Elle avait une fine robe de cuir de bison, qui laissait deviner tout les détails de son corps de rêve. En la voyant mon coeur se mit à danser un charleston endiablé dans ma poitrine.

Tiger Lilly, princesse indienne, fille unique du plus grand trafiquant d’herbes à calumet de la paix de l’ile, venait d’entrer. Elle était autant à sa place dans mon minable bureau, qu’un lingot d’or dans une poubelle.

- Que puis-je pour vous ? demandai-je d’une voix un peu tremblante.

La princesse s’assit, pliant ses jambes interminables l’une par dessus l’autre, et déposa sur mon bureau un parapluie noir.

- Ma cousine Purple Violet a disparu depuis une semaine, expliqua-t-elle. Je suis entrée un matin dans son teepee. Son lit n’était pas défait, et ceci était caché en dessous. Je suis très inquiète.

Je détournais à regret les yeux de la créature de rêve, pour examiner le parapluie qui me semblait parfaitement ordinaire.

- Vous avez prévenu la police ? demandai-je.

De petite larmes perlèrent au coin des yeux de la princesse.

- Ils disent qu’il n’y a pas de preuve qu’elle soit en danger. Qu’il faut encore attendre...

Elle tira un mouchoir de son sac à main et se couvrit le visage. Ca ressemblait bien à la police, ne pas se bouger jusqu’à ce qu’il y ait un cadavre à ramasser. Mon instinct me soufflait que se mêler des affaires des gangs du pays imaginaire n’est jamais une bonne idée, mais je n’ai jamais supporté de voir une dame pleurer.

- Mes tarifs sont de cinquante livres par jour, rappelai-je, plus les frais.

La princesse renifla un peu, et tira de sa poche trois billets bleus, de cinquante livres chacun.

- C’est une gentille fille, reprit-elle, courageuse, au point parfois d’être un peu téméraire. Depuis quelques mois, elle était devenue distante. Passant ses journées à vendre l’herbe de ma tribu, comme si elle avait besoin de beaucoup d’argent rapidement. S’il vous plaît retrouvez-la.

Les prières d’une aussi jolie femme sont presque des ordres. Je réfléchis un moment et hochai la tête :

- Je vais avoir besoin de parler à votre père, dis-je finalement.

- Il vous attend, dit la princesse.

Chapitre 2 : Le grand chef.

Après le départ de Tiger Lily, j’enfilai mon grand imperméable, posai mon chapeau de feutre mou sur ma tête, et glissai mon fidèle lance pierre dans son étui sous mon bras. Il y avait encore dans le placard, mon vieux chapeau chat. Je refermai vivement la porte. Trop de mauvais souvenirs là dedans.

Juste comme j’allais sortir du bureau, une pluie froide se mit à tomber. Comme un présage me disant que cette affaire allait être pénible. J’attrapai le parapluie laissé sur ma table et partit pour la réserve indienne.

Après une longue marche, j’arrivais enfin devant les rangées de tente du camp. Deux guerriers aux épaules aussi large que celles de taureaux, m’attendaient à l’entrée. Ils me fouillèrent sans ménagement, me prirent mon arme et me menèrent jusqu’au plus grand teepee. Le chef de la tribu m’attendait à l’intérieur, assis en tailleur à côté d’un feu crépitant..

C’était un homme un peu gros, vêtu de sa coiffe de plume et d’une tunique en fourrure de loup. Une collection de scalps tout autour de nous me rappelaient que j’étais en présence d’un des plus dangereux parrains du crime de l’ile.

- Hugh grand chef, dis-je en m’asseyant par terre.

Ses lèvres se serrèrent avec un rictus menaçant :

- Je n’aime pas qu’un étranger se mêle des affaires de notre tribu, déclara-t-il gravement.

J’eus la tentation de prendre mes jambes à mon cou, mais je savais bien que je n’aurais pas fait trois pas avant d’être rattrapé. Ma vie ne tenait qu’à un fil. Je pris une grande inspiration :

- On m’a payé pour retrouver Purple Violet, dis-je, et c’est ce que je vais faire.

Le grand chef hocha imperceptiblement la tête. C’était un homme d’affaire avant tout, l’argent était quelque chose qu’il comprenait et respectait. Une servante sortit de l’ombre et me tendit un calumet de la paix déjà allumé. Je grimaçai. Fumer me rend malade pendant des jours entiers. Mais à moins d’avoir envie de voir ses cheveux pendus à un clous, on ne refuse pas le calumet offert par le grand chef de la tribu des Piccanniny. Je portais la pipe à mes lèvres et pris une grande inspiration.

- Ma nièce est une bonne petite, dit le grand-chef sans remarquer que je tournais au vert, mais qui manque parfois de bon sens. J’ignore pourquoi mais depuis peu elle cherche à obtenir de l’argent par toutsles moyens. On m’a rapporté qu’elle aurait vendu notre marchandise près d’un certain bateau au drapeau noir...

- Merci grand chef, soufflai-je en me couvrant la bouche et en courant à l’extérieur du teepee.

Je trébuchai sur quelques pas, puis vomis tout ce que j’avais dans l’estomac. Quand je relevai la tête, je découvris que tout le camp me regardait en riant aux larmes. Je m’essuyai la bouche, m’enveloppai dans mon imperméable avec autant de dignité que je pouvais et me dirigeai vers la sortie.

Chapitre 3 : Le bateau au drapeau noir.

Purple Violet était si désespérée qu’elle était allée voir les pirates, le gang le plus riche du pays imaginaire, les maîtres de tout le trafic de rhum de l’île. Qu’est ce qui avait bien pu la pousser à prendre autant de risques ? Des dettes ? Un chantage ? Je l’ignorais, mais je connaissais quelqu’un qui devrait en savoir plus.

Le capitaine crochet avait deux obsessions, sa vengeance contre le garçon en vert et l’extermination totale de tout ce qui fait tic-tac. Comme ses deux tâches lui prenaient tout son temps, Il déléguait les problèmes du quotidien à son homme de confiance. Une fouine, qui comme l’insecte dont il tire le nom, fourrait son nez dans toutes les affaires qui sentent mauvais.

A cette heure là je savais que je trouverais monsieur Mouche dans sa cabine. J’entrai sans frapper, il leva les yeux de sa paperasse et me jeta un regard mauvais.

- Curly le détective, dit-il avec colère et mépris.

- J’ai des questions, dis-je en refermant la porte.

- Vas-t-en ! Je n’ai rien à dire à un fouineur !

Il y avait de mauvais souvenirs entre lui et moi. Dans une autre vie je lui avais joué quelques mauvaise tours. Je croisai les bras avec un léger sourire.

- Le capitaine ne s’est jamais demandé comment tu faisais pour lui apporter son thé, tout les matins, à huit heure exactement ?

Monsieur Mouche pâlit, et lâcha ses papiers.

- Ca ferait un sacré scandale, continuai-je, si on découvrait que le premier lieutenant du capitaine crochet possède un r...

- C’est bon, dit-il en s’affalant sur sa chaise. Tu as gagné. Comment tu l’as su ?

Je tirai un tabouret, et m’assis.

- Je suis un fouineur. C’est mon métier de découvrir les choses.

Monsieur mouche me lança le regard défiant d’un chat qui vient de croiser un tigre, avant de baisser à nouveau la tête.

- Qu’est ce que tu veux ?

- Une bouteille de rhum déjà, ça m’aideras à oublier. Ensuite je veux savoir tout ce que tu sais sur une indienne appelée Purple Violet.

Monsieur Mouche tira une bouteille de sous sa table, et nous servit deux verres.

- Elle est venue me voir il y a un peu plus d’une semaine. Elle avait de l’argent, beaucoup, et elle voulait acheter un passage pour deux personnes vers le monde réel. Je lui ai expliqué que c’était impossible, que tant que la guerre entre le capitaine et les garçons perdus ne seraient pas réglée, le capitaine n’accepterait jamais de lever l’ancre. Elle a eu l’air très déçue, elle est partie.

Mouche était un menteur et un minable, mais c’était surtout un lâche. Il ne m’aurait pas menti. Je savais où je devais aller maintenant. Je vidai mon verre d’un coup, me levai, saisit ma bouteille et partit en direction de la clairière des enfants perdus.


Chapitre 4 : Les garçons perdus.

Les choses commençaient à se préciser, Purple Violet voulait quitter le pays imaginaire. Elle avait mis de l’argent de côté, et s’était adressée aux pirates ; mais ils avaient refusé. Il n’y avait qu’un seul autre moyen de revenir en Angleterre, et ce moyen était sous le contrôle exclusif du gang le plus violent et dangereux de l’île.

Certaines drogues donnent l’impression de pouvoir voler, celui qui prend de la poudre de fée s’envole littéralement. On a l’impression d’être le roi du monde, invincible, tout puissant. Les garçons perdus sont une “famille” d’orphelins fanatisés dirigés d’une main de fer par leur chef, le garçon en vert qu’on nomme : Double P.

Je savais exactement à quel point ils étaient dangereux et je n’étais pas assez fou pour aller les défier en face à face. Heureusement, je connaissais un de leurs points faibles. J’allais me planquer face du seul magasin de bonbon de l’île et j’attendis. Après une petite heure d’attente glacée sous la bruine, celui que j’attendais arriva. Un nabot en robe de chambre qui avançait en rasant les murs. Il entra dans la boutique et ressortit en courant avec un sac en papier blanc. Je le filai un moment, quand il tourna dans une ruelle sombre, j’en profitai pour me rapprocher. Alors qu’il plongeait la main la main dans son sac, je l’attrapai par le cou et le plaquai contre le mur.

- Dis moi Michel, demandai-je, tu sais ce que Maman Wendy dirait si elle te voyait manger entre les repas ?

Le petit gars couina comme une petite souris et laissa tomber son sac par terre.

- C’est pas à moi ! chouine-t-il. J’ai jamais vu ces bonbons !

- Relax, lui intimai-je sans lâcher Je veux juste savoir ce que vous avez fait d’une indienne appelée Purple Violet, et si je n’aime pas la réponse tu vas passer un mauvais quart d’heure.

Le petit gars me regarde avec panique, et secoue la tête.

- Jamais entendu parler ! Je te le jure !

Il avait malheureusement l’air sincère. Je le relachai et il s’effondra au sol pour ramasser ses bonbons. Ma dernière piste venait de s’évanouir. La pluie qui avait fait mine de se calmer un peu redoubla de plus belle. J’avais gardé avec moi le parapluie que m’avait donné Tiger Lilly, je l’ouvris pour m’abriter, en le voyant le petit Michel écarquilla les yeux.

- Le parapluie de Jean ! comment tu l’as eu ?

- Jean ? demandai-je. Ton frère ?

Le petit gars hocha vivement la tête.

- Ca fait une semaine qu’il a disparu. Son lit n’était pas défait. Peter a cherché partout, il n’y a plus une trace de lui dans tout le pays imaginaire. Maman Wendy est très inqiuète...

Jean, le premier frère de Wendy, un binoclard discret et intelligent qui avait su devenir le second des garçons perdus en un temps record. Comment son parapluie avait-il pu se retrouver sous le lit d’une indienne. Les garçons perdus et les indiens étaient concurrents, ils ne se fréquentaient que contraints et forcés... Qu’est ce qui avait pu réunir un garçon et une fille... ?

La réponse était tellement évidente qu’il ne fallut qu’un instant à mon brillant cerveau de détective pour la trouver. Un amour impossible, entre deux trafiquants de drogues de camps opposés. Pour le vivre pleinement ils n’avaient eu qu’un seul choix :

- Le jour de la disparition de ton frère, demandai-je, est ce qu’une fiole de poudre de fée ne se serait pas envolée aussi ?

- Comment tu le sais ? demanda Michel stupéfait.

- Juste une intuition, dis-je en me retournant et en rajustant mon chapeau sur mon visage.

- Dis à Maman Wendy que son frère va bien, lançai-je en m’éloignant, qu’il est juste rentré en Angleterre.

Les amours heureux sont rares au pays imaginaire, et je leur souhaitais tout le bonheur du monde. J’allais devoir expliquer à Tiger Lilly pourquoi sa cousine s’était enfuie sans dire un mot. J’étais sûre qu’elle comprendrait. En attendant, j’avais un rendez-vous avec ma nouvelle meilleure amie que j’avais gardée bien au chaud dans la poche de mon manteau. Je boirais un verre à la santé des amoureux.


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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 17 Juil 2010 - 22:09

Texte 5 :

Chapitre 4 : annihilation

Il y a des jours, comme ça, où on ferait mieux de rester au lit… C'est ce que n'arrêtait pas de se répéter Norman, tandis qu'il s'enfonçait de plus en plus au cœur de la profonde forêt de Mortadelle. Au début, au milieu des jolies clairières vert émeraude et des bouleaux argentés, sa mission avait tenue de la véritable promenade de santé. A présent, une bonne dizaine de kilomètres plus loin, il commençait sérieusement à douter des bienfaits de la marche en forêt.
Si encore il ne s'était agit que de l'obscurité grandissante qui l'environnait de toute part ou des broussailles et des branches qui s'accrochaient à sa veste, il aurait fait avec. Les battements erratiques de son cœur ne se seraient pas calmés avant une bonne vingtaine d'années, mais Norman aurait facilement pu vivre avec le souvenir de ses peurs imaginaires. Là, en revanche… Il devait bien avouer que les craquements de brindilles qu'il entendait régulièrement derrière lui et les rires étouffés n'avaient rien d'imaginaire, pas plus que les silhouettes furtives qu'il apercevait parfois du coin de l'œil.
Pourquoi avait-il accepté cette mission, nom d'un crâne en mousse ! Bon, d'accord, il devait bien avouer que sa commanditaire avait usé d'arguments des plus…percutants. Il était encore tôt ce matin quand Norman était revenu de la visite hebdomadaire à sa tante, à trois kilomètres du petit village où il habitait depuis vingt ans. Il avait longé le lac, comme à son habitude, avant de s'engager sur le grand pont qui enjambait l'étendue d'eau calme. C'était là que tout avait basculé. A l'autre extrémité du pont, l'attendait une superbe femme, le genre qui vous fait des nœuds à l'estomac, fait jouer des castagnettes à vos genoux et vous rend, au final, complètement stupide. Avec un grand sourire désarmant, elle avait annoncé au jeune homme qu'elle l'attendait et l'avait invité à venir se restaurer pendant qu'elle lui expliquait toute l'affaire.
En y repensant, Norman était sur qu'il s'agissait d'une sorcière. Cela dit, elle n'avait pas eu besoin de recourir à ses pouvoirs pour lui faire faire ce qu'elle voulait… L'odeur de ses délicieux cookies avait suffit. L'estomac vide de Norman gargouilla à en ressusciter les morts, faisant beaucoup rire l'inconnue. Elle l'avait alors conduite jusqu'à sa petite maison avant de lui servir ses biscuits. L'emplacement du bâtiment n'avait pas manqué d'étonner Norman, puisqu'en vingt ans, il n'avait jamais vu aucune construction autour du lac. Et il était passé là la semaine dernière, sans rien voir… Sans paraître remarquer son trouble, la femme lui avait raconté qu'elle devait absolument faire parvenir une lettre de la plus haute importance à quelque obscur maître de conférences, qui résidait au-delà de la forêt de Mortadelle. Le jeune homme ne s'était pas posé de question à cet instant, trop absorbé par son succulent repas et par la vue troublante de sa splendide hôtesse. Avec un nouveau sourire, la femme lui avait confié la fameuse lettre à remettre d'urgence, indiqué la route à suivre puis l'avait gentiment mis dehors.
Il avait fallu dix bonnes minutes à Norman pour réaliser que la petite maison au bord du lac avait disparue. Pourtant il n'avait pas envisagé une seconde de jeter le pli dans le premier fossé venu et de rentrer chez lui. Il allait accomplir sa mission. Après trois heures de marche dans un environnement de plus en plus hostile, il se demandait ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour qu'il pense pareille ineptie… Enfin bon, il était allé assez loin pour ne pas rentrer ainsi. Et d'un il aurait eu l'air franchement stupide, et de deux, Norman était quasiment persuadé que sa divine pâtissière le retrouverait très vite et qu'elle ne serait pas aussi aimable cette fois là.
A bien y réfléchir, il aurait quand même dû tiquer sur le nom de la forêt. Il ne savait même pas qu'elle en possédait un avant aujourd'hui, mais il était assez explicite. Soit le type qui l'avait nommée avait un sens de l'humour complètement miteux (et avec ce genre de personne, on n'était pas à l'abri de mauvaises, voire très mauvaises, surprises), soit il fallait surtout prendre en compte le "mort" du début. Et là…ça donnait encore moins envie. Alors qu'il s'échinait à traverser un fourré particulièrement dense, un début de fou-rire le secoua. Et s'il fallait associer les deux sens du nom ? Périr à coups de mortadelle n'avait assurément rien de glorieux, mais ça garantissait au moins une fin psychologiquement supportable.
Le jeune homme en était là de ses réflexions quand une sorte de cavalcade et de branches cassées retentit à moins d'une cinquantaine de mètres de lui. En criant, Norman fit un bond sur le côté et s'empêtra davantage dans les ronces. Le bruit s'intensifia puis décrut, sans qu'il ait pu voir quoi que ce soit. Il ne restait guère que l'écho, s'éloignant de loin en loin parmi les troncs torturés qui bordaient l'étroit sentier qu'il arpentait. Une écharpe de lichens vint chatouiller le cou du jeune homme qui bondit à nouveau, sur ses pieds cette fois, avant de s'éloigner précipitamment du buisson qui le retenait prisonnier jusque là. Un petit rire moqueur s'éleva entre les branches au-dessus de lui.
— C'est ça, riez pendant que vous le pouvez encore, maugréa Norman en levant un poing en direction de l'arbre le plus proche. Vous ferez moins les malins quand je reviendrai avec une hache et une scie !
— Et toi quand on tu seras suspendu à une liane la tête en bas ! piailla une voix aigüe en guise de réponse.
Norman eut beau se tourner dans tous les sens et s'user les yeux dans les frondaisons, il ne vit absolument pas d'où venait la voix. En fait, il ne chercha pas vraiment non plus. Quand celle-ci reprit en lui faisant "Bouh !", le jeune homme prit ses jambes à son cou et fila sans demander son reste dans la direction que sa mystérieuse hôtesse lui avait indiquée. Au bout de six cents mètres, il ralentit tout de même pour reprendre son souffle. Voyant qu'il n'avait pas vraiment le feu aux fesses, il décida de reprendre sa route plus calmement. Pour la première fois, l'envie le titilla de savoir ce qui se trouvait dans cette fameuse lettre, source de tous ses ennuis actuels. Il plongea une main dans sa besace et la ressortit presque aussitôt.
— Aïeuh ! beugla-t-il. Quelque chose m'a mordu !
— Ta curiosité, gouailla de nouveau la voix.
Norman écarquilla les yeux sans rien voir de plus que la fois précédente.
— Pas la peine de faire tes yeux de merlan frit, si je n'ai pas décidé de me montrer tu ne me verras pas.
— Qui êtes-vous ?
— Ton pire cauchemar !
Le ton rauque et grave surprit le jeune homme, dont les cheveux se dressèrent sur son crâne. Ses genoux jouèrent un instant des castagnettes puis il rassembla assez de courage pour s'enfuir derechef, toujours poursuivit par le rire de crécelle de la créature. Lorsque celui-ci cessa, le jeune homme continua néanmoins de courir, pressé d'en finir avec toute cette histoire. Il dut pourtant bientôt ralentir mais avança toujours d'un bon pas. Pourtant, il n'était pas encore au bout de ses surprises…
Le ciel devant lui commençait à devenir plus clair, signe que Norman approchait enfin de l'orée de la forêt. Il se sentit d'un coup plus joyeux, surtout que l'horripilante petite voix qui se croyait drôle (et ne l'était pas du tout) ne s'était plus manifestée depuis près de deux kilomètres. En somme, l'aventure touchait à sa fin ! Alors qu'il se faisait cette réflexion, le jeune homme arriva devant un large fossé. Large et profond, comme de juste. Sans aucun moyen de le traverser, autre qu'en sautant. Saut qui s'avérait extrêmement difficile et qui devait bien avoir une chance sur…une environ, de lui fouler une cheville, si ce n'était les deux. Après quoi, il devrait passer la nuit dans la forêt de Mortadelle, qui lui réserverait les pires horreurs et soit le rendrait fou, soit lui laisserait les cheveux tout à fait blancs. Norman secoua la tête. Non décidément, il lisait encore trop de contes de fées à son âge. Ça n'était pas raisonnable.
Le jeune homme prit une longue inspiration, jaugea la distance, calcula l'angle de saut propice à une réception qui n'endommagerait pas trop ses chevilles, poussa son cri de guerre (qui ressemblait vaguement à "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !") et s'élança. Au moment fatidique, son courage lui dicta de fermer les yeux, ce qui lui évita de se rendre compte des choses franchement peu agréables qui tapissaient le sol du fossé. Et l'empêcha également de rétablir son équilibre lorsque ses pieds entrèrent de nouveau en contact avec le sol, l'envoyant tâter en personne de l'amour de Mère Nature. L'arrivée étant en pente, Norman continua sa route de façon moins orthodoxe que précédemment, mais beaucoup plus rapidement. Il termina sa course dans un nouveau buisson, harmonieusement parsemé de ronces, comme tous les précédents qu'il avait visité.
"Trop, c'est trop", se dit-il. Mais que pouvait-il bien faire de plus ?
Alors qu'il tentait de se sortir du fourré et de retirer (en même temps !) les épines enfoncées dans sa chair, il perçut un mouvement dans son champ de vision. Il remarqua alors qu'il était en bordure d'une clairière, dissimulé aux regards des deux personnes qui l'occupaient. Il y avait une fille et un garçon, probablement aussi âgés que Norman. La fille paraissait normale, mais son compagnon provoquait un inexplicable malaise dans l'esprit du jeune homme. Le teint très pâle, presque cireux, les cheveux en bataille, les yeux perçants et grands ouverts, presque hallucinés, il donnait l'impression d'être en cavale.
— Non, Bella, dit-il en prenant les mains de la jeune fille. Tu sais bien que c'est impossible.
— Rien n'est impossible, Edward. Pas tant que nous sommes tous les deux.
— Justement ! Tu dois t'en aller maintenant. Nous deux… Ça ne devrait pas exister. Je ne peux rien te promettre.
— Je sais ce que tu es. Et je m'en moque. Je…
Le garçon lui posa un doigt sur les lèvres, lui intimant le silence. Norman était fasciné par cette scène, bien qu'il n'y comprenne rien. Ces deux là lui semblaient bien compliqués, et pour tout dire, quelque peu ridicules. Ils étaient très déplacés dans cet environnement sylvestre. La fille était à peu près jolie bien qu'elle ne soit pas une beauté, et le garçon… Il connaissait nombre de jeunes femmes, chez lui, qui auraient craqué pour lui, mais pour Norman, il était l'archétype du bellâtre. Quoi qu'il en soit, ils étaient sur son chemin, et il entendait bien passer pour délivrer son message et rentrer enfin chez lui.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir de son buisson, il entendit de nouveau le bruit de cavalcade, bien plus proche cette fois. Il venait de derrière lui, et augmentait de seconde en seconde. Sagement, Norman décida de ne pas bouger et d'attendre bien tranquillement qu'il disparaisse une fois de plus. Les deux tourtereaux au milieu de leur clairière n'eurent pas cette présence d'esprit. Ils se tournèrent bien vers la source du bruit, mais ne bougèrent pas. Norman n'en crut pas ses yeux lorsqu'il découvrit l'origine de la cavalcade.
Un coffre monté sur jambes (des centaines de jambes !) déboula au milieu de la clairière, et il n'avait pas l'air content du tout. Comment un coffre pouvait-il ne pas avoir l'air content, le jeune homme aurait été bien en peine de l'expliquer. Toujours est-il que son expression était on ne peut plus clair et que Norman n'aurait aimé pour rien au monde se retrouver sur son chemin. Des traces de morsures ou de griffures étaient visibles sur tout son cadre extérieur. Le dénommé Edward tenta de s'interposer pour protéger sa compagne probablement, mais le coffre n'en fit ni une ni deux. Sans ralentir, il ouvrit grand son couvercle et avala l'un après l'autre les deux adolescents avant de continuer son chemin et de disparaître sous les frondaisons de la forêt.
Vaguement verdâtre, Norman quitta sa cachette et fila à toute allure. Il arriva chez le maître de conférences à la nuit tombée, mais préféra rentrer chez lui immédiatement (en faisant un détour de douze kilomètres pour passer par la nationale), sans même connaître le pourquoi de tous ses efforts. En chemin, épuisé, il atteignit un petit village et décida finalement de passer la nuit à l'auberge. Epuisé, il lui sembla pourtant sentir une délicieuse odeur de biscuits à la cannelle tandis qu'il passait devant la brave femme qui tenait l'établissement.

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barla
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Lun 19 Juil 2010 - 14:20

A voté ^^

pour ma part, deux texte m'ont bien plu. je ne détaillerai pas lesquels ni pourquoi, je ne veux pas influencer magré moi ^^


Dernière édition par barla le Mar 20 Juil 2010 - 8:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Lun 19 Juil 2010 - 15:41

Yourrrr will is strrrrrrrrong... Van helsing !


Bon a voté, pour le texte qui m'a forcé à aller revoir tout ce que j'ai pu trouver de ce bon vieux Béla, le petit prince, la métamorphose, et qui m'a fait tomber de mon siège en riant.
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Feher
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Lun 19 Juil 2010 - 18:06

A voté.
Le texte un a une certaine constance dans la parodie Smile c'est drôle, mais je trouve aussi ça un peu embrouillé à mon goût...

Le texte deux... C'est marrant pour les références toutes mélangées, mais c'est un peu facile de faire un patchwork de parodies reliées avec une histoire qui a l'air un peu "bâclée"...

Je n'ai pas vraiment compris ce que parodiait le texte trois(pas assez cultivé moi être)

Texte 4: Le pays imaginaire comme on ne l'a jamais vu XD
J'aime beaucoup. Par contre c'est quoi cette fin en queue de poisson?

Texte 5: Pas trop compris non plus (sauf la scène de la clairière...XD)


En tout cas, bravo à tout ceux qui ont participé...et que le meilleur gagne ^^

(Feher, déguisé en critique)

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Morrigan
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Lun 19 Juil 2010 - 21:56

A voté aussi Very Happy

Bon, je ne ferais pas de détails cette fois-ci, mais je me suis vraiment régalée avec 3 textes (2 en particulier) et je félicite ces auteurs et les auteurs en général ^^
Ca a l'air serré pour l'instant...
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Victor
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Jeu 22 Juil 2010 - 11:56

U_u Ewilan n'a pas eu un seul vote...
J'ai bien aimé tout ce qui a été écrit mais je pense que certains textes sont vraiment trop longs pour rester dans la parodie et 'humour.

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Jeu 22 Juil 2010 - 22:11

Après avoir longtemps hésité avec le texte 2 qui tournait en dérision les films de vampires que j'aime tant (Dracula, Van Helsing, Underworld, ...), j'ai porté mon choix sur le texte 4 qui m'a rappelé les nombreuses heures passées au Pays Imaginaire étant enfant en le plaçant dans un contexte des polars de série B de l'après-midi.

Bravo à tous les auteurs!!

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Ven 23 Juil 2010 - 13:53

J'ai longtemps hésité mais finalement mon vote s'est porté sur le texte deux (je l'ai vraiment trouvé excellent ^^).

Il passe en tête du coup !
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elgringo
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 24 Juil 2010 - 23:36

J'ai décidé d'être sérieux et responsable ; on m'a culpabilisé ; je vais donc faire un bilan détaillé.


Texte 1 : La parodie est amusante, c'est assez fluide à lire, mais je ne vois pas du tout ce qui est parodié Razz Je dois manquer de culture Razz Du coup j'ai un peu de mal à comprendre ce qui se passe.

Texte 2 : J'ai déjà dit ce que j'en pensais un peu plus haut. Je suis surpris à chaque ligne, les références croisées sont à mourir de rire, et la présence d'un Béla Lugosi plus vrai que nature donne à ce texte un statut de légende ( comme partout où il apparait évidemment (Par contre tenté de lui faire jouer le rôle de Tête de craie.... BLASPHEME !)) Bref c'est frais spontané, et en même temps bien écrit. J'aime.

Texte 3 : J'ai bien aimé l'histoire Smile Je ne sais pas ce qui est parodié mais l'histoire se laisse lire d'un coup et m'a fait sourire.

Texte 4 : L'histoire est amusante, et assez fluide, mais le style est un peu plat, manque un peu de folie. Le truc que j'aime dans un roman policier c'est la personnalité du détective, rendre le personnage alcoolique et lui falre lâcher deux-trois remarques cyniques ne suffit pas à en créer une. La fin sort un peu de nulle part aussi, on sent que l'auteur s'est arrêté d'un coup paske il avait atteint la limite de mots.

Texte 5 : Ouais ! Le Bagage ! La petite mallounette et ses centaines de pieds ! Et en plus il nous débarrase de Cervelle-sauce-blanche et de tête de craie ! L'histoire démarre un tout petit peu lentementent mais finis sur les chapeaux de roues bravo Smile


Bilan : J'ai voté pour le 2
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 24 Juil 2010 - 23:59

Ba moi j'ai pas compris beaucoup de références...
J'ai la flemme de détaillé, mais au final j'ai voté pour le 2 (la au moins j'ai compris les références^^
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Morrigan
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 25 Juil 2010 - 16:47

Je crois que les dès sont jetés mes amis Wink
(et ça me rassure de voir que je n'ai pas été la seule à ne pas comprendre la parodie du 1 ^^)
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 25 Juil 2010 - 19:39

Bonjour,
Je suis désolé pour le 4 pour qui j'avais voté. C'était le seul qui m'avait fait sourire et interessé. Cela n'empêche pas que je dis bravo à tous les autres, car ce n'est pas facile de faire une chose pareille en si peu de temps. Chapeau!
Cordialement.
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Ven 30 Juil 2010 - 19:56

Rien n'est encore joué hein ? il reste encore jusqu'a samedi pour retourner les choses Smile
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Ven 30 Juil 2010 - 21:36

Oui beaucoup n'ont pas encore voté, moi par exemple ^^ J'ai encore deux épisodes de Lie to Me à visionner et je m'y consacre dans la soirée Smile
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akira
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Sam 31 Juil 2010 - 0:27

Je ferme les votes ce soir (ou cette nuit comme je peux en fonction du retour des parents ... c'est ça le babysitting !)


Un petit effort encore les gens ! Sinon ce sera un 2e tour...

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 9:46

Le gagnant du concours est est esttttttt





F







E







H







E








R






Feher !

Le plus Grand des rattus gruikus du coin.
Avec il faut l'avouer : une voix d'avance sur son fiston d'Elgringo.
Le talent est de famille Cool


Merci à tous les participants et les votants.
Nous attendrons donc le sujet de Feher pour le 21e concours.


Par contre il est possible que les plus téméraires d'entre vous aient quelque chose à se mettre sous la dent ... Affaire à suivre.


Maintenant tous ceux qui le souhaitent : venez vous dévoiler !

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 16:55

Bravo Feher Very Happy Mon texte préféré en plus ^^
Et bravo gringo aussi, j'avais hésité avec le tien Wink

Et pi aux deux autres participants hein ! Ce fut un plaisir de vous lire
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Niko
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 17:41

Bravo Feher!!

J'avais voté pour le texte du Gringo, mais bon.
Et bravo à tous les autres.

::crazy::

Je profite du message pour adresser un immense merci à tous les membres du forum pour la participation exceptionnelle de ce mois de juillet, aussi bien du point de vue de la crétion de sujet que de la participation formidable. Merci à tous!!

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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 18:42

félicitations Feher ! Wink
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 18:52

Félicitations Feher et bravo à tous les autres participants !
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 18:57

Bravo Feher !
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MessageSujet: Re: 20e concours - les votes   Dim 1 Aoû 2010 - 20:41

Grrrrr GRRRRRRR ma vengeance sera terrible Smile merci a tout ceux qui ont votés pour moi, je me suis bien amusé à écrire tout ça Smile

Bravo quand même Feher
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