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 concours n°28-votes

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Niko
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MessageSujet: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:40

Et voilà, il est temps de voter.
Vous avez jusqu'au dimanche 12 février à 20h.

Texte n°1 :


Le ciel était bas et il pleuvait abondamment. Aurélie était assise dans un coin d’un café parisien, perdue dans ses pensées et regardant distraitement les gouttes de pluie couler le long de la vitre. Elle venait de commander un café noir bien fort et le serveur venait tout juste de le lui apporter. De la fumée sortait de la petite tasse.
« Merci, dit-elle au serveur. »
Aurélie aimait bien cet établissement, elle aimait observer les autres clients, s’imaginer ce qu’ils faisaient dans la vie rien qu’en examinant leur vêtement ou bien ce qu’ils commandaient à manger ou à boire.
Le Monde venait d’entrer dans le café. Elle appelait ainsi l’homme en costard qui venait tous les lundis depuis quelques temps maintenant aux alentours de treize heures prendre un café et s’assoir à une petite table devant elle. Il déplia le journal, Le Monde, d’où son surnom.
Aurélie pu lire le gros titre de la une. Il s’agissait d’un nouveau meurtre commis dans Paris, hier soir. Le 31 quai des orfèvres menait l’enquête mais toujours aucune piste pour le moment. Elle sourit. Hier soir au vingt heures aussi ils en avaient parlé. Cette affaire commençait à faire les gros titres. Il fallait dire que les meurtres étaient particulièrement sordides.
La jeune femme détourna le regard du journal. Elle n’avait pas envie de penser à cette enquête de police. Elle regarda dehors, par la fenêtre, à travers les gouttes de pluie qui s’y agglutinaient de plus en plus. Il n’y avait pas un chat, sans doute à cause du vent, de la pluie et du froid. Même les voitures se faisaient rares. Pourtant, la rue de Rennes était d’ordinaire assez fréquentée. Mais ces derniers temps, il y avait beaucoup de travaux qui devaient gêner la circulation.
Aurélie détourna le regard. Elle se décida à replonger dans ses cours de médecine. Les partiels approchaient et, si elle ne voulait pas redoubler une fois de plus sa troisième année, il lui fallait mettre les bouchée double. Elle avait pris du retard dans ses révisions, préférant sortir le soir plutôt que de travailler ses cours.
L’étudiante aimait se promener à la tombée de la nuit avec son appareil photo pour prendre des images des rues illuminées de la capitale surtout en ce mois de janvier où il y avait encore les illuminations de noël.
« Mademoiselle, répéta pour la troisième fois le serveur quand Aurélie remarqua enfin qu’il lui parlait. Désirez-vous autre chose ?
— Non merci, je ne vais pas tarder à partir. Juste l’addition s’il-vous-plait.
— Très bien. »
Elle avait bu tout son café ce qui l’avait bien réveillée. Il était treize heure trente à présent. Dans une demi-heure, elle avait rendez-vous avec Stéphanie, sa meilleure amie et sa colocataire, pour faire les vitrines le long de la rue de Rennes et aux Galeries Lafayette non loin.
Elle regarda autour d’elle. Deux hommes discutaient près de la sortie. L’un portait des lunettes et l’autre était chauve, avec une barbe épaisse lui barrant la moitié du visage. Aurélie crut entendre le mot « PSG ». Elle n’y prêta dès lors plus aucune attention. Elle détestait les sports en général et le football en particulier.
Elle reporta son attention sur Le Monde. Il était au téléphone et avait l’air sérieux. Aurélie se l’était imaginé en homme d’affaire, pourquoi pas même en trader dans une de ses sociétés de gestion de portefeuille boursier.
Son téléphone vibra. Discrète, Aurélie n’aimait pas mettre la sonnerie de son smartphone quand elle sortait pour la même raison qu’elle aimait être dans le petit coin du café. Elle n’aimait pas se faire remarquer. C’était Stéphanie.
« Salut Steph ! Prête à dépenser le peu d’économie qu’il nous reste ? Demanda-t-elle en décrochant.
— Malheureusement non. Je ne pourrais pas venir tout à l’heure, je suis désolée. J’ai… un empêchement. Mais j’espère que tu me pardonneras.
— Mais oui, ce n’est que partie remise. »
Stéphanie raccrocha. Aurélie était déçue. Elle s’était considérablement rapprochée de sa colocataire ses dernières semaines.
Elle se leva, tout comme Le Monde qui avait lui aussi finit son café. Elle jeta un billet de cinq euros sur la table, le surplus en guise de pourboire au serveur. Le Monde était toujours au téléphone quand il lui emboita le pas.
Soudain, des voitures de polices s’arrêtèrent et lui barrèrent le chemin.
« Restez calme, vous êtes cernée et en état d’arrestation. »
Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que c’était Le Monde qui venait de lui parler. Il empestait la cigarette mais ce n’était pas cette odeur qui la fit frémir. Pourquoi tout ce dispositif policier rien que pour elle, une simple étudiante en médecine ? Qu’est-ce que tout cela voulait dire ?
Alors qu’elle se posait toutes ces questions, elle réalisa qu’on lui passait les menottes aux poignets et qu’on la poussait dans une voiture.

Cela n’avait aucun sens et Aurélie n’arrivait plus à réfléchir. On l’interrogeait dans une salle sombre du quai des orfèvres depuis plusieurs heures maintenant. Le Monde menait l’interrogatoire. Il s’appelait en réalité Francis Govel et était lieutenant de police. On était bien loin de l’homme d’affaire ou du trader qu’elle avait imaginé.
« On vous piste depuis plusieurs jours maintenant, reprit le policier. Et on vient de finir de perquisitionner votre appartement. On y a trouvé toutes les preuves nécessaires à votre inculpation, notamment des photos de tous les meurtres. Vous serrez déférée dans la soirée devant le procureur de la République de Paris. »
Aurélie avait la tête qui tournait. Si elle avait bien tout suivit, c’était elle qu’on accusait d’être le meurtrier qui sévissait dans la capitale depuis plusieurs semaines. Mais elle était innocente. Et maintenant, ils auraient trouvé des preuves irréfutables dans son studio ?
« Mais puisque je vous dis que ce n’est pas moi, je suis innocente, s’écria-t-elle.
— Alors, si ce n’est pas vous, qui c’est ? Des témoins vous ont vu quittant précipitamment la dernière scène de crime, non loin de chez vous. Une jeune fille blonde. »
Et là, elle réalisa. Cela devait être Steph. C’était forcément elle. Aurélie sortait souvent le soir certes, mais sa colocataire aussi, elle était souvent absente quand elle rentrait de ses virées nocturnes. Et enfin, Stéphanie aussi habitait dans le même studio qu’elle.
« Et ma colocataire, Stéphanie. Vous l’avez interrogé ?
— Colocataire ? Mais vous vivez seule dans votre studio. Nous n’avons trouvé qu’un seul lit, qu’une seule brosse à dents et que vos empreintes là-bas. Alors de quelle collataire êtes-vous en train de me parler ? »
Cela avait de moins en moins de sens.
« Et mon portable ? Stéphanie m’a appelé tout à l’heure.
— Vous n’avez reçu aucun coup de fil et pas la moindre Stéphanie dans votre répertoire. »

Francis Govel se leva. Il avait besoin de faire une pause. Cela ne faisait aucun doute, c’était elle la coupable.
« Je viens de prévenir sa mère au téléphone, annonça Thiery Clint en passant sa main dans son épaisse barbe. Vous n’allez pas le croire.
— Quoi ?
— Aurélie est schizophrène. Cela fait trois semaines qu’elle a arrêté de prendre ses médicaments. »
Trois semaines. Le début des meurtres.

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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:41

Texte n°2 :


Dans le noir


Je sors du café dans lequel on s’est retrouvé, mon frère Antoine et moi. Il pleut des cordes, comme la plupart du temps en hiver. Les nuages sont gris et recouvrent totalement le ciel. Je pousse un soupir en pensant au calvaire que je vais avoir à conduire par ce temps, et un petit nuage s’échappe de ma bouche. Je remonte mon manteau bleu nuit, comme si ce geste allait me protéger des gouttes, puis je me jette sur le trottoir, presque en courant. Je remonte la rue pour atteindre ma voiture, croisant d’autres marcheurs qui eux ne se pressent pas, protéger par leurs parapluies vert pomme, noir ou rouge. Je retrouve ma mini verte, bien reconnaissable au milieu des autres véhicules stationnés. Je me retourne vers le café avant d’ouvrir la portière, à temps pour voir Antoine me faire un salut, avant de partir de l’autre coté en courant pour rejoindre la bouche de métro sans trop se mouiller.

Ce n’est qu’une fois installée que je remarque à quel point l’heure est tardive. Il commence déjà à faire noir, alors qu’il n’est que dix-huit heures, ce qui ne va pas m’aider au volant.

Les essuies glaces battent d’un coté puis de l’autre avec frénésie, alors que j’essaie d’y voir clair à travers la brume. Impossible de distinguer les choses à plus d’une dizaine de mètres en avant. Je me met à suivre les phares de la voiture qui me précède, ce qui est bien moins gênant que de devoir plisser les yeux pour finalement ne rien apercevoir de plus. Je roule presque dix minutes ainsi, avant de dépasser une autre lumière rouge qui m’oblige à donner un grand coup de frein pour ne pas me faire percuter par d’autres voitures. Griller un feu rouge, tu t’endors ma vielle…

Quelqu’un toque à la vitre. Manquait plus que ça.

— Bonsoir madame, simple contrôle, vous savez que vous avez grillé le feu juste devant notre véhicule ?

Evidemment que je le sais, je n’aurai pas l’air si honteuse dans le cas contraire. Je préfère éviter son regard, je me sens déjà assez mal à l’aise comme ça, même s’il a de jolies yeux verts.

— Je peux avoir une pièce d’identité et les papiers du véhicule s’il vous plait ?

Je m’exécute. Tout semble en règle, mais il s’arrête quelques secondes sur ma carte, avant de poser son regard sur moi à nouveau. Qu’est-ce qu’il veut que je lui dise au juste celui là ? S’il a un doute, oui je m’appelle bien Aurélie Michel, et j’ai vraiment vingt-et-un ans, même si je dois en avoir quinze, tout un tas de boutons et que je ne porte pas encore de lunettes sur cette maudite photo !

Il me dit que comme je me suis arrêtée et que je n’avais causé aucun dommage, je m’en sortirais avec un simple avertissement, en ajoutant même en souriant un « ne faites pas deux fois cette erreur par contre, j’ai votre plaque d’immatriculation. ». Au moins je peux repartir tranquille, sauf qu’il fait vraiment sombre maintenant.

Clignotant, puis je tourne à droite, plus que quelques mètres et je pourrais entrer dans le parking réservé à mon immeuble. Un piéton passe en courant sur ma gauche, si bien que je détourne les yeux par réflexe, mais un choc me ramène soudainement à la réalité.

J’arrête la voiture, avant de descendre pour voir ce qui m’est arrivée. Un scooter et son conducteur étendu sur le sol, bon sang, je ne roulais pas vite pourtant. Je sors mon téléphone de ma poche, en m’approchant du conducteur pour voir si il réagit. Je compose le dix-huit, et je commence à expliquer ce qui vient de se passer.

— Je suis actuelle dans la rue Sainte-Marthe et je viens de percuter un scooter. Il conducteur ne bouge plus et…

Le type se lève d’un bond, avant de foncer vers moi. Si bien que j’en oublie ma conversation téléphonique. Il m’agrippe le bras, me faisant lâcher l’appareil. Je me débat et lui plante l’un de mes talons dans le tibias. Il pousse un juron mais ne lâche pas prise, et avant que je ne puisse recommencer, le noir s’abat sur moi.

Je pousse un crie de surprise, et je comprends que quelqu’un d’autre est intervenu. Je hurle un « au secours » en espérant que quelqu’un entende. Je sens deux nouveaux bras qui m’attrapent les jambes cette fois, et mes pieds quittent le sol, si bien que je n’ai que les quatre mains qui me portent comme repère. Je crie de nouveau, je m’agite, je rue même jusqu’à en perdre une de mes chaussures. J’atterrie sur quelque chose d’un peu dur, mais qui amortit un peu la façon dont ils m’ont jeté. Quand j’entends la portière se refermer derrière moi, je comprends que je suis sur la banquette arrière d’une voiture, sûrement la mienne.

Le véhicule démarre, et j’en ressens toutes les secousses. Le conducteur conduit de manière stressé, car moins d’une minute après le départ, à force d’accélérer et de freiner brusquement, je suis tombé de la banquette. Face contre le sol, j’ai le visage collé au tissu, et je comprends que c’est sûrement une espèce de sac que j’ai sur la tête, comme dans les films. L’un des deux type parle, sûrement le conducteur vue ce qu’il dit.

— Appelles les parents pour la rançon maintenant.
— Ok.

Le type s’exécute, ne se donnant même pas la peine de chercher à modifier sa voix. La voiture fait de plus en plus de bouquant, ce qui logiquement indique qu’on a pris de la vitesse, et donc qu’on doit être sortit de Paris.

— C’était là couillon ! lance celui qui s’est occupé de l’appel.
— Ta gueule, il faut bien qu’on se débarrasse de sa bagnole avant, on va pas la ramener directement chez nous imbécile.

Je reconnais la voix du conducteur, un timbre un peu traînant et la voix grave et chevrotante de celui qui a trop fumé. Mathieu, je ne sais pas son nom de famille, mais je sais que c’est une espèce de caïd à deux sous qu’Antoine fréquentait il y a encore pas si longtemps. Avec ça, si je m’en sors, je pourrais orienter la police.

La voiture s’arrête, puis se sont les portières qui s’ouvrent, puis une troisième plus proche, et on me tire par la jambe. Je me mord la lèvre, il vaut mieux éviter de me manifester puisqu’ils ont l’air de me prendre pour un sac, ça leur évitera de se dire qu’ils peuvent me frapper, ou pire.

— Putain des sirènes, largues moi cette conne on se casse, lance Mathieu.

Jeté au sol, je m’écorche contre le bitume, et j’entends les bruits de la course des deux garçons qui s’éloignent rapidement. Puis c’est le bruit des voitures de polices qui devient assourdissant, et je prie pour ne pas me faire écraser par mégarde.

— Mademoiselle ! Mademoiselle vous n’avez rien ?

On me retire le sac et malgré la nuit, je suis obligée de fermer les paupières face aux lueurs trop vives. Et en les ouvrant de nouveau, je tombe nez à nez avec un policier qui possède deux jolies yeux verts.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:42

Texte n°3 :


Aurélie :

La pluie. Ça ne s'arrête pas. Ça fait combien de temps qu'il n'y a plus eu un seul rayon de soleil dans cette foutue ville ? Des siècles j'ai l'impression... L'automne se termine, l'hiver arrive, on se rapproche des fêtes de fin d'année, et il pleut. Encore, toujours et inexorablement.
Ça va avec le décor cependant. Car quoi de mieux pour Paris que des trombes d'eau sans fin ? C'est gris, les caniveaux déversent des ruisseaux de détritus trempés, des flaques sales se forment sur les trottoirs, les voitures klaxonnent plus que jamais, l'humeur générale est à la course et au mal-être... et je commence vraiment à en avoir plus qu'assez.
Qu'est ce que je donnerai pour avoir le courage de revenir chez moi. Chez moi, dans le sud, là où le froid n'est qu'un conte pour faire peur aux enfants, où les hommes sont beaux et où on peut voir l'horizon.
C'est ça qui me manque le plus sans doute. L'horizon. Pouvoir voir le ciel, se mettre assis sur sa terrasse en fin de journée, et regarder simplement le soleil se coucher. Le suivre dans sa progression, et imaginer ce qu'il y a au-delà des brumes au loin. Paris... ici, on n'aperçoit que les façades des immeubles. Tout est de béton et d'acier. J'en avais rêvé aussi, jusqu'à ce que j'y sois, et que je comprenne la douleur d'y exister. On est rien, on est petit, insecte dans la masse, et on attend le pied qui nous écrasera. Je me sens vide, j'ai perdu mon âme. Je suis fatiguée, si fatiguée...

J'étais avec des amies dans un café près de Montmartre. Des camarades d'amphi, un groupe de filles sympathiques, de jolies étudiantes destinées à une belle carrière de juristes ou d'avocates. Comme moi sans doute. Ma licence, un master en je sais pas quoi et... le bonheur ? Ici, dans cette ville, dans ce monde ? Je m'arrête soudain. Je lève la tête. La pluie coule le long de mon visage. Je n'ai pas de parapluie, et les gens me dépassent. Peu importe leur regard. Après tout je suis mignonne, n'est ce pas ? La vie. J'en ai marre. Débarquée ici il y a à peine trois mois et déjà, je veux rentrer. C'est horrible, j'ai envie de pleurer. Maman... viens me chercher.

Je continue d'avancer. Je baisse les yeux, la pluie s'intensifie. Je me dirige vers mon appartement ou la chose qui s'approche le plus d'un chez moi dans cette ville. Je paye cher, même si c'est mes parents qui souffrent... Pas le choix, la petite veut étudier le droit à la Sorbonne, offrons lui cette chance, qu'elle réalise ses rêves. Je m'en veux. Terriblement, ce sentiment noue mes tripes. Je n'aime pas mes cours, j'en sèche la moitié. C'est ennuyeux, les salles sont surpeuplées, on nous en demande trop. Trop d'exposés, de devoirs à rendre, de choses à retenir... J'y arriverai pourtant, j'y suis toujours arrivé. Mais à quel prix cette fois ? Combien de soupirs, de stress, de nuits blanches, de pertes de vie devrai-je supporter avant que tout cela ne s'arrête ? Pour recommencer au semestre prochain, et encore le prochain...
Cinq ans dans cette ville. D'étude, de peur, de larmes, de solitude. Je ne sais pas quoi faire. Mes larmes se mélangent à la pluie.

- Oups, excusez moi, demoiselle !

Je trébuche, mais une main puissance me rattrape avant que je ne m'aplatisse dans une flaque d'eau. J'étais distraite, et je n'ai pas vu que quelqu'un arrivait en sens inverse. Je n'ai pas envie de m'énerver, je veux juste rentrer. Je me redresse, pour me figer aussitôt. De surprise, de stupeur peut être. Ou d'admiration.
Car dans ce monde gris, tout à coup m'apparaît un véritable rayon de soleil. Un jeune homme, châtain, musclé, au beau visage carré, solide, décorée d'une barbe de quelques jours, avec un grand sourire aimable, des yeux clairs, bleus comme l'océan, mais surtout... mais surtout, habillé comme en plein été, en short et chemise hawaïenne ! Et qui trimbale une planche de surf en plein cœur de Paris un mois de décembre...
J'ai envie de rire en le voyant. Il est si... si... et il fait comme si... c'était normal. Il me sourit, il voit bien que je le fixe, mais il a l'air de s'en moquer.

- Un problème, demoiselle ?

J'hésite à répondre. Ce garçon m'intimide. Il est plus grand que moi, me dépasse bien d'une tête, il est plus vieux aussi même si son accoutrement ne permet guère de lui définir un âge.

- Non... euh... enfin vous... qui... ?
- Damien. Damien Mantaigne, pour vous servir. Et oui, désolé pour mon... apparence, mais je viens juste de rentrer dans notre charmant pays et j'avais oublié qu'ici au mois de décembre, ce n'était plus l'été !

Il me tend sa main libre, la gauche, celle avec laquelle il m'a secouru, sa droite tenant toujours fermement sa planche. Son sourire confiant, sa bonne humeur qui contraste avec la mienne me met en confiance. Je souris à nouveau, et la serre timidement.

- Aurélie... Payot.
- Enchanté, douce Aurélie. Ravie de faire votre connaissance, mais là, il pleut... et je commence à avoir vraiment froid ! Je dois prendre congé de vous, j'espère que nous nous reverrons...

Il fait une révérence, ramasse un sac à dos qui traînait jusque là par terre, soulève sa planche et me dépasse. Je ne peux rien dire, je le regarde simplement la bouche grande ouverte. Il est un soleil, je le vois briller à travers la grisaille, la repoussant tel une aura. Il est beau, il n'est pas comme les autres. Je me demande d'où il vient, ce qu'il fait dans la vie, ce qu'il a vu. Différent de tous ceux que je connais. Gamins, petits vieux, gentils travailleurs ou tires au flanc, ce garçon, cet homme plutôt m'attire irrémédiablement. Il a l'air fort, libre, heureux. Il s'est échappé de la prison, a définitivement quitté l'asile pour n'y revenir qu'en visite de courtoisie. Je l'envie, je veux le connaître. Il est celui que j'ai toujours voulu être. Pas à cause du surf, ni à cause de son bronzage ou de son étrange style vestimentaire, mais par ce qu'il représente. Un aigle, un lion, une lumière. Je fais un pas en avant, puis deux, et enfin, je sens mes lèvres s'animer.

- Da... Damien. Vous... enfin, tu... voudrais aller boire un café avant ?

J'ai d'abord peur qu'il ne m'ait pas entendu. Mon cœur bat fort dans ma poitrine, je baisse la tête, puis la relève aussitôt. Il s'est arrêté, il se retourne. Il pose son sac.

- Avec joie ! Mais d'abord, fais moi sécher ces quelques larmes que j'ai cru entrevoir.

La rue est bondée, les parisiens courent autour de nous, ils nous regardent, nous observent, nous jugent sans doute. On est trempé, la pluie ne s'arrête pas mais pourtant je suis heureuse tout à coup. Car je l'ai trouvé. Lui, cet homme, cet inconnu. Celui qui m'arrachera à cette vie. Celui qui me sauvera.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:43

Texte n°4 :


Aurélie était attablée à la terrasse d’un café sans prétention, tables grises acier et tenture verte délavée. C’était une jeune fille, yeux amandes et peau de pêche, toute menue et vêtue léger. Le nez drapé de taches de rousseurs, le cheveu doré lâché, elle était plongée dans l’étude attentive des pages d’un roman. Le ciel assombri et la fraicheur saisissante de l’air ne semblaient pas l’incommoder. Tout juste l’importun serveur réclamant ses quelques pièces la fit-elle à peine relever le menton. Les nuages étaient bas, grondant et menaçant, la ville recroquevillée sur elle-même, dans une attente immobile et patiente. Paris s’était figée en un tableau morne. Les douze coups de midi ne tarderaient pas à retentir au sommet du haut clocher de fer mais les rues déjà étaient désertes. Le martèlement sourd de la pluie battante sur les pavés avaient fait fuir les rares courageux qui avaient osé braver le temps maussade de cette journée d’octobre.

Mais pas Aurélie. Elle cherchait à tout prix à échapper à l’atmosphère étouffante de son petit studio. Depuis la veille au soir, les murs s’étaient fait oppressants, se rapprochant les uns des autres avec une lenteur macabre et inéluctable. Elle suffoquait sous le poids pesant du silence assourdissant. Alors elle avait attrapé d’une main fébrile ses clés, son livre et sa poignée de porte, et descendu les escaliers en courant, manquant tout juste de se briser la cheville dans sa course effrénée vers son salut.

Si son roman la captivait autant, ce n’était pas par intérêt de l’histoire ou magie des mots de l’auteur. Ce n’était qu’une petite nouvelle, modeste et sans grand apparat ; décor de sable chaud et relation amoureuse contrariée. Rien de bien nouveau ou fascinant, mais propre au voyage et à s’échapper. Aussi s’était-elle perdu dedans avec délectation. Sa lecture ralentissait le rythme de la réalité, jusqu’à la figer, jusqu’à l’oubli.
Aurélie avait jeté son sac de cuir sur la chaise voisine. La lettre brûlante y était enfermée, celle qu’elle essayait d’oublier. Celle à laquelle elle essayait d’échapper. Elle était arrivée par la poste une semaine plus tôt déjà, mais elle n’avait pas encore trouvé le courage de l’ouvrir ; tout juste avait-elle déchiffré le nom de l’expéditeur écrite d’une main experte, avant de l’enfermer sans autre forme de procès dans la poche interne du sac. Elle avait bien pensé un moment déchirer sans ménagement l’enveloppe de papier brunie par le voyage. Mais même cela, elle ne pouvait s’y résoudre. Elle se retrouvait là, coincée sur un quai, entre deux correspondances, sans savoir dans quel train monter.


La cloche de l’église la ramena soudain à la réalité. Elle avait rendez-vous, et cela, elle ne pouvait y échapper. Elle ferma le livre sans même prendre le temps de marquer la page, attrapa son sac du bout des doigts et y fourra le bouquin sans la moindre délicatesse. Elle quitta la café, s’enfonçant dans les ténèbres humides de Paris. A la tout juste mi-journée les rues étaient sombres somme en début de soirée. Ses talons claquaient le pavé, les gouttes de pluies s’écrasaient sur la toile jaune de son parapluie. Les voitures défilaient sous ses yeux, lugubre cortège lent et bruyant.

Aurélie s’arrêta à un feu piéton rouge au bout d’un long pont. Dans l’attente, elle laissa son regard se perdre dans les eaux troubles de la Seine. Les ondulations irrégulières et ininterrompus perdirent son esprit dans des réflexions furtives et confuses. Lorsqu’elle en émergea, plusieurs fois déjà le feu était passé et repassé du rouge au vert. Encore perdue dans quelques pensées persistantes, elle entrepris de traverser le passage clouté. Une partie de son parapluie faisait barrage aux gouttes de pluie mais aussi à son regard. Elle ne remarqua ni le bonhomme rouge, ni la voiture qui filait droit vers elle. Le crissement aigu des pneus freinant désespérément sur la route glissant lui fit promptement lever la tête. Mais ce ne fut que pour voir l’engin motorisé foncer fatalement vers elle.


Une main saisit brusquement le col de son manteau, et elle se sentit brutalement tirée en arrière et jetée sur le sol. Elle tomba lourdement sur les fesses, se cognant le coude et égratignant les mains sur le goudron. L’esprit embrumé par le choc, elle sentit des gens se presser autour d’elle, et entendit, comme étouffées et venant du lointain, des questions fuser de toutes parts. Sa vue, troublée, commença à s’éclaircir et se stabiliser. Devant ses yeux, le tableau se forma peu à peu. Un homme, emmitouflé dans un imperméable gris, était agenouillé à côté d’elle. Une femme se tenait debout devant elle, le visage tordu d’effroi. Derrière elle, Aurélie distingua une voiture arrêtée en travers du passage piéton. Sous la roue avant gisait le parapluie jaune brisé.

« - Mademoiselle ? Mademoiselle, vous allez bien ? »

Une voix toute proche s’enquérait de son état. Elle tourna la tête vers l’homme à ses côtés.

« - Ou... oui, oui, ça va...
- Je vous aide à vous relever ?» s’enquit-il doucement.

Il la saisit sous les aisselles, et la soulevant presque de terre, la remis sur pied. Il continua à la soutenir, le temps qu’elle retrouve son équilibre. Maintenant qu’elle était debout, elle se rendit compte qu’il était grand, très grand, trop grand.

« - Vous êtes sûre que ca va ? Vous ne voulez pas qu’on appelle une ambulance ou qu’on vous emmène à l’hôpital ? »

La femme au visage angoissé s’était rapprochée d’eux.

« - Non, non, ça ira... répondit Aurélie d’une voix chevrotante.

Elle se sentait déjà mieux. Elle n’avait pas été percutée, ni même seulement frôlée par la voiture. Seule la chute et le choc psychologique l’avaient en réalité affectée. Elle saisit son sac qui avait glissé à terre lorsqu’elle s’était relevé. En attrapant son téléphone portable, elle se rendit compte qu’elle était maintenant très en retard, même si elle n’était plus très loin. Il ne lui prit qu’une fraction de seconde pour réfléchir et prendre la décision.

« - Finalement... je pense que je devrais me rendre à l’hôpital... Juste au cas où, vous savez,... dit-elle d’une voix toute douce.
- Oui, oui, bien sur ! s’empressa de répondre la femme. »

Celle-ci la prit par le bras et la dirigea vers la voiture encore stationnée au milieu de la route. Aurélie comprit que c’était la conductrice qui avait failli la percuter et que c’était la raison pour laquelle elle était autant inquiète. Peur et culpabilité.
La femme la conduisit sans mot dire et avec une lenteur affolante à l’hôpital le plus proche, qui n’était finalement qu’à 5 minutes de voiture. Elle la déposa devant l’entrée des urgences, et Aurélie dû insister longuement pour la convaincre de ne pas l’accompagner.
Aurélie attendit une minute que la femme soit repartie, puis contournant le bâtiment, rentra dans l’hôpital côté consultation. Devant le bureau du docteur, elle retrouva sa mère qui nota l’état de ses vêtements. Aurélie la rassura de quelques mots puis elles entrèrent dans le bureau.

« - J’ignore si vous avez reçu et lu la lettre que je nous vous avons envoyée, mais j’ai de mauvaises nouvelles pour vous Aurélie. Les résultats sont arrivés, et vous... vous avez un cancer. »

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:43

Texte n°5 :


La rencontre

La première fois que j’ai vu Aurélie, je m’en souviendrais toujours, j’étais assise au fond du café, à boire chocolat chaud sur chocolat chaud en essayant de dissiper les sentiments variés qui me rongeaient, après m’être une nouvelle fois disputée avec Justin, mon frère jumeau.
J’avais l’habitude de venir ici, dans ce café au cœur de Paris, lorsque je voulais m’isoler. Le patron me connaissait; il me voyait si souvent m’assoir à cette table, au fond, près de la porte de secours, qu’il m’accueillait d’un simple signe de tête et me faisait servir aussitôt une tasse de chocolat. Il avait compris depuis longtemps que me parler était inutile, que je venais ici pour me perdre dans la foule et non pas pour raconter ma vie. J’étais devenue une présence familière, une sorte de fantôme amical qui hantait les lieux.
J’étais donc dans mon café préféré, isolée dans ma solitude au milieu de la foule qui glissait autour de moi sans me remarquer, essayant de faire le tri entre la tristesse, la colère et des tas d’autres choses. Le chocolat chaud avait un goût de cendre dans ma bouche; mais sa chaleur réchauffait mes doigts entrelacés autour de la tasse, et mon corps glacé accueillait cette douceur avec joie. Il y a bien longtemps que j’ai oublié le goût des aliments.
Une fois de plus, Justin et moi nous étions disputés, pour une futilité, un motif idiot. Notre relation avait cette intensité effrayante des vrais jumeaux, entre la haine et la passion fusionnelle, et cela durait depuis des centaines d’années. Nous nous haïssions parfois à vouloir nous tuer l’un l’autre, mais nous étions totalement incapables de vivre l’un sans l’autre. Nos disputes étaient souvent d’une violence effroyable, comme ce soir. Après avoir brisé tous les meubles de la pièce, Justin était parti, en rage, jurant de ne jamais revenir - comme toujours. J’avais pleuré un moment, seule au milieu du salon ravagé, puis j’étais sortie moi aussi, pour me retrouver dans cet endroit familier et apaisant. Je savais qu’il rentrerait un peu plus tard, en pleurs, désolé de s’être laissé emporter, regrettant ses paroles et jurant de ne jamais recommencer. Comme toujours.

Le serveur venait de m’apporter une nouvelle tasse pleine et brûlante. J’en appréciais la chaleur sur mes mains, regardant les petites rides de la surface après l’avoir remuée comme pour m’hypnotiser, quand quelque chose m’a fait lever la tête. Un mouvement, la porte d’entrée qui se refermait, et c’est là qu’Aurélie est apparue.
C’était la première fois que je la voyais. Elle n’était pas une habituée, je le savais, je les connaissais tous aussi bien que les moindres détails de la salle. Elle a tout de suite attiré mon regard. Je l’ai regardé traverser la salle et parler au barman, incapable de détacher mes yeux d’elle. Quelque chose la rendait spéciale, elle me semblait lumineuse, vivante, tellement vivante... Elle avait une sorte d’aura qui la faisait se détacher de tous les autres, comme si elle était seule au milieu de la foule. J’appréciais son visage magnifique, ses yeux noisettes en amande, ses lèvres pleines, ses longs cheveux blonds qui flottaient dans son dos comme un rideau de soie. Elle portait une jupe rouge, des talons aiguilles et un manteau noir constellé de gouttes de pluie qui brillaient comme des diamants.
Une involontaire crampe de faim me noua l’estomac, mais je l’oubliais vite et continuais à profiter de ce spectacle, me demandant qui elle était, d’où elle venait, ce qu’elle faisait là, oubliant ma tasse qui me brûlait les doigts. Elle parlait vite, avec animation, secouant la tête, et ses boucles d’oreilles étincelaient en rythme. J’étais subjuguée.
Soudain, elle s’est tournée, et ses yeux ont croisé les miens. Nous nous sommes regardées à travers la salle, et mon cœur s’est emballé.

Nous sommes restées ainsi un petit moment qui m’a semblé une éternité. Elle a fini par détourner les yeux lorsque le barman est revenu avec un téléphone. Elle a passé un rapide coup de fil, puis elle est sortie du café, l’air nerveuse. Je n’ai hésité quelques secondes avant de la suivre.
Comment ça, qui je suis? Oui, c’est vrai, vous avez raison. J’aurais dû commencer par me présenter. Mais à vrai dire, qui je suis n’a pas tellement d’importance. Je ne raconte pas ce récit pour attirer la pitié ou la compassion, ni même pour attirer l’attention sur moi. Je ne sais pas pourquoi je le fais - je crois juste que j’en avais assez de me raconter cette histoire à moi même; c’est devenu comme un vieux film qu’on regarde en boucle et dont on finit par connaitre les répliques par cœur.
D’accord, commençons par le commencement. Je m’appelle Marie, et je suis un vampire.

Aurélie alluma sa cigarette, et releva le col de son manteau pour se protéger des rafales de vent qui projetaient des gouttes de pluie glacée. C’était vraiment une journée abominable et tout allait de travers depuis le matin. Rien que le temps qu’il faisait la déprimait ; il pleuvait, et le ciel était gris et bas en cette fin d’après midi. Le patron du bar avait été vraiment gentil de la laisser utiliser son téléphone pour appeler un garagiste, car bien sûr, il avait fallu que son portable tombe en panne en même temps que sa voiture. Et pour couronner le tout, il ne lui restait même pas la monnaie pour se payer un simple café en attendant… Elle tira une bouffée de sa cigarette, ramenant inutilement une mèche de cheveux derrière son oreille en retenant ses larmes tant bien que mal.
« Excusez-moi ? »
Elle se tourna brusquement en entendant la voix timide dans son dos. Elle reconnu la jeune femme qu’elle avait aperçue au fond du café. De près, elle réalisa qu’elle était très jolie avec ses cheveux roux coupés au carré et ses grands yeux d’un vert intense.
-Je ne voulais pas vous déranger, mais vous aviez l’air si désemparée… Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ?
Son sourire était si gentil, sa voix si douce… Aurélie sentit soudain sa détresse s’envoler et elle fondit en larmes. Un instinct étonnant la poussait à lui faire confiance.
-C’est tellement gentil… Dit-elle en essuyant ses yeux avec sa manche.
-Retournons au chaud, dit la jeune femme en passant un bras autour de ses épaules d’un geste protecteur, avec un sourire tellement chaleureux qu’Aurélie failli se remettre à pleurer.
-Je m’appelle Marie, et toi ? »

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:44

Texte n°6 :


Paris le 26 mars. Un crachin glacial cinglait les pavés de la ville. Ses fines gouttes s'accrochaient aux jeunes pousses tendre des platanes tel des perles de rosées. Le tonnerre gronda. Un éclair déchira le ciel strié de bandes rosâtres. Amélie ne s’en souciait guére. Seul comptais la lettre décachetée dans la poche arrière de son jeans. Au dessus d'elle j un cri strident brisa le silence de cette fin d’aprés midi. Une silhouette indistincte traversa l’immense étendue anthracite avant de se perdre derriére un cumulus solitaire. Cette vision éveilla dans son coeur un mélange confus de nostalgie, de douleur mais avant tous d'envie. Echapper à la morosité de son existence. Fuir l’atmosphére oppressante de la cité. Retrouver cette joie de vivre déjà si longtemps oubliée. Une douce brise caressa son visage comme pour chasser la larme qui s’y était égarée. La chaleur du café enfumée, les conversations aux tonalités inconnus étaient désormais loin. Jamais plus elle ne reverra cet univers qui avait été le sien pendant deux ans. Le rêve était brisé. Malgré la fatigue de ses muscles perclus de douleurs, elle décida d’accélerer le pas. Ses cléfs tintaient joyeusement dans la poche de son duffle coat. Le confort de son appartement n’était qu’à quelques métres. Ainsi illuminée la batisse de grés rose dégageait une aura de paix. De sécurité. Elle ne se doutait pas que son destin serait chamboulé cette nuit là.

Sous le porche, deux globes de feu fixérent avec intensité la silhouette qui s’approchait du lourd portail de fer forgé avant de venir se frotter contre ses chevilles. Une agréable chaleur émanait de l’animal au pelage tigré. A la faible lueure des révèrberes une pomme argentée se refletait dans la flaque d’eau sous ses pattes. Accrochée à son cou le pendentif se balançait allégrement au rythme de ses mouvements. Amélie connaissait le félin bien qu’elle n’en connut l'origine. Il l’attendait chaque jour à cette emplacement, fidele au rendez vous depuis plus d’un an. Quelque chose était cependant différent en ce debut de soirée. Une sensation comparable à une décharge fourmilla traversa son corps au moment ou elle se pencha pour chasser le greffier. Son regard l'hypnotisa, semblait vouloir lui transmettre un message. Il avait besoin d'aide. Aujourd’hui son attente ne serait pas vaine.
Fusse son instint, un signe de dieu ou tous simplement un acces de folie. Quoiqu'il en était se fut le coeur remplit d'une détermination nouvelle qu'elle se lança à la poursuite du messager. Courir. Suivre l'animal. Dix heures sonna.

Une brume épaisse recouvrait tel un voile de coton les rues plongées dans la pénombre. Les membres transis de froid,
la respiration douloureuse, la jeune fille penetra à la suite de Tony dans la cour intérieur d’un immeuble à l’aspect lugubre. Derriére les volets clos, la vie semblait avoir déserté les lieux. Pas le moindre bruit ne venait dechirer le silence, pas la moindre lumiére ne voulait briser les ténébres. Un sentiment de profond malaise s’emparait d’Amelie. Que lui voulait donc cet animal surgit de nulle part ? Que chercher il à lui montrer ? A sa gauche, dissimuler par de vieilles bennes à ordure, un escalier en colimaçon menait aux étages. Sans tenir compte de la fatigue de sa compagne, l’étrange matou à la toison rousse se fraya un chemin à travers l’amoncellement de poubelle avant de poursuivre sa course. Ses coussinets soulevaient des nuages poussiereux sur les marches de bois brutes. Sa queue touffue flottait tel un oriflamme derriére lui. Il ne semblait sembler ni souffrir de la fatigue ni ressentir la moindre peur. Plus rien n’avait d’importance à ses yeux. Derriére lui, sa paire de chaussure à talon dans une main, la jeune femme le suivait avec difficulté. Aucun interrupteur ne fonctionnnait, l'unique source de lumiére provenait d’un vieux briquet jusqu’alors inutilisé. Epuisée, les jambes aussi lourdes que du plomb elle entreprit cependant l’ascension des huits étages. Palier aprés palier. Marche aprés marche. Le temps donnait l’impression de s’être figé. Sa progression à travers les niveaux lui parurent interminable. Arrivée au septiéme, le grincement sourd d’une porte au dessus d'elle la sortie sa torpeur. Il est dix huit heures lorsqu’ Amélie, ancienne employée de café pénêtre dans l’appartement 32 rue Haubert.


Un lourd silence regnait dans la piéce au papier peint décollé. Effacés par les ans les motifs des cerisiers en fleurs y étaient encore reconnaissable parmi les taches d'humidités. L'air fade dégageait une odeur ecoeurante de moisi et de décomposition. La faible clarté des chandelles posées sur la table de chevet projetaient des ombres dansantes sur les murs. Assise dans un vieux rocking chair branlant, les bras entourant ses genoux nus, Amélie examinait la frêle silhouette étendu sur le lit à quelques pas d'elle. Une aura de force émanait de corps desormais sans vie, allongée sur un matelat constellé de taches de graisses. Autour de son cou ridée, à demi dissimulée par un col échancré, une chaîne brisée brillait légérement dans la pénombre. Quatre heures s'étaient écoulées depuis la macabre découverte. Cependant la jeune femme n'éprouvait plus le moindre signe d'épuisement. Les lignes contenus dans le petit calepin trouvait sous son oreillé défilait encore sous ses yeux bien qu'elle en eut terminer la lecture. La derniére page s'arrêtait au 1 er mars, date probable de sa mort. Les derniers mots avaient été écrit d'une main tremblante, presque hésitante. Une vague d'émotion emporta pour un court instant la lectrice. Pendant ses quelques heures passés dans cet appartement inconnu, l'histoire de toute une vie lui avait été revelée. Un récit de joie mais avant tous de peine. La lettre d'amour d'une déracinée pour son pays. De rêves non exaucés. Allongé sur un tapis éliminée au pied du lit, Tony le félin tigré observait l'intrus qui l'avait fait penêtrer dans son antre. Le pendentif accroché à son cou se reflétait dans son regard d'ambre. Allait elle acomplir le dernier voeu de sa bien aimé maîtresse ? Accepterais t elle d'acceder à sa requête? L'ensemble de ses craintes disparurent lorsqu'il vit la forme tapis dans l'ombre se diriger vers lui, un sourire mysterieux flottant sur ses lévres. Il était la cléf. Le dernier chapitre d'une histoire qui debutait plus de quatre vingt plutôt au Japon et qui se terminerait dans quelques heures à Paris.

Amelie retournait dans encore dans son esprit la requête de la défunte, madame Han tandis qu'elle suivait Tony à travers une succession de sombres corridors. L'epaisse couche de poussiére sur le sol et la rampe des escaliers demontrait que cet aile de la batisse n'avait été explorer depuis des décennies. Une porte en ogive perçait avec élegance un muret de pierre brute. Tony savait quel était son rôle. Dans un saut silencieux et rempli de grâce il appuya sur un des motifs du portail qui s'ouvrit sans bruit. Il est cinq heures lorsque la jeune femme découvrit le secret si longtemps dissimulé par cette femme que la nostalgie avait brisée le coeur.


Un courant d'air tiéde apportait les relents délicats de parfums inconnus. Les lieux désormais brillement éclairés donnaient une vue d'ensemble de ce qui avait été la gêole de centaines d'âmes durant presqu'un siécle. Debout prés des persiennes ouvertes Amelie scrutait avec contentement le firmament. Les premiéres hirondelles etendait leur ailes au soleil, savouraient leur liberté enfin retrouvée. Perchées sur le rebord, leur congéneres les observaient de leurs petits yeux étonnés. Envie et crainte se lisaient dans leurs regards. La jeune femme éprouvaient des sentiments similaires. Le desir d'apprendre à voler mais de l'appréhension à l'idée de se bruler les ailes. La peur de l'inconnue. Dans le jardin en contrebas, des centaines de cages brisées gisaient aux milieux des graminées et herbes hautes. Une âme était encore emprisonnée. Un dernier voeu restait à accomplir. Il est sept heure lorsqu'aprés avoir refermé les volets de ce paradis ensorcellé, Amelie quitte l'appartement 32 de la rue Haubert. Paris s'éveille.

Aéroport de Roissy, le 1er Avril. Perdu au milieu d'une foule compacte, une jeune fille tente de se frayer un chemin jusqu'à la ligne d'embarquement. Son sac à dos était lourd mais son aussi leger que le petit sac de cendre dissimulé dans le medaillon de Tony, endormis dans sa cache de transport. Il est 10 lorsqu'Amelie, ancienne serveuse de café s'envole en direction du Japon.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 10:44

Texte n°7 :


Collision


Jeune femme de 22 ans, Aurélie vivant encore chez ses parents avec sa petite sœur. Comme tous les samedi, elle avait mangé tôt et s’était ensuite rendue dans son café préféré. Elle avait pour habitude de dégusté un Latte Macchiato tranquillement. Elle regardait par la fenêtre en tenant sa tasse fumante. Dehors le ciel était gris et morne. Il pleuvait. Aurélie détestait le bruit de la pluie qui tombait. Elle voyait les voitures passer. Se garer. Se doubler. Klaxonner. Une journée normale à Paris.

La jeune femme regarda sa montre. 13h52. Son amie n’allait pas tarder à arriver. S’était comme une tradition, tous les samedis elles se retrouvaient pour passer l’après-midi entre filles à faire les magasins et, de temps à autres, draguer les garçons du coin. Cette pensée la fit sourire tandis qu’elle buvait une nouvelle gorgée brûlante de son café.

Soudain sa poche se mit à trembler. Un sms de son amie Elodie. “J’suis presque là. J’ai plein d’trucs à t’raconter. J’viens de voir une racaille marcher sur son lacet et se ramasser ! mdr !”

L’après-midi s’annonçait prometteuse. Quelques minutes plus tard, Elodie surgit à l’angle de la rue. Aurélie finit rapidement son café et régla l’addition avec un clin d’œil au serveur. Lorsque celui-ci ouvrit la bouche pour dire quelque chose, elle se retourna et quitta le café le sourire aux lèvres. Elle se disait que les femmes possèdent un pouvoir immense sur les hommes.

Elle se dirigea vers la porte du café. Elle pouvait voir son amie à travers la grande vitre. Dès qu’elle eut poussé la porte la sensation d’humidité l’envahie. Ses cheveux prirent instantanément l’eau. La pluie ruisselait déjà sur son visage alors que la porte n’était pas encore fermée complètement.

C’est le déluge! pensa-t-elle.

Elle trottina pour rejoindre Elodie et aller s’abriter rapidement. Aurélie se faufila entre deux voitures stationnées le long de la rue. Elodie semblait être frigorifiée. Aurélie pouvait la voir trembler depuis là où elle se trouvait. Les deux amies s’adressèrent un signe de main lorsqu’Aurélie traversa la route.

Un crissement de pneu. Un choc. Noir.

Aurélie reprit conscience quelques minutes plus tard. Les secours, appelés par son amie, n’étaient pas encore arrivés. Elle chercha ce qui s’était passé dans son esprit. La pluie, le signe de main. Et? Aucune idée. Allongée sur le dos elle s’appuya sur les coudes pour se relever. Sa tête tournait et Elodie lui dit de rester couchée.

Aurélie demanda ce qui s’était passé. Elodie encore sous le choc entreprit de lui expliquer malgré son émotion:
- Ben en fait tu à traverser là-bas.” Elle indiquait de son bras l’autre côté de la rue. Ses mains tremblaient. “La grosse voiture arrivait à ce moment. Elle a freinée mais avec l’eau …” Sa voix se brisa. Aurélie la regardait, comprenant un mot sur deux. “Et là, un homme ta poussée. Je ne sais pas d’où il sortait.
Surprise, Aurélie demanda ou était l’homme qui l’avait sauvée. Elodie la regarda les yeux embués.
- Plus loin, lui répondit-elle.” Aurélie voulu demander plus d’explications mais son amie ne lui en laissa pas le temps. Les sirènes de pompiers se faisaient entendre à quelques rues de là. Elodie reprit:
- Lorsqu’il ta poussée tu as été éjectée contre le trottoir. Le choc t’as fait perdre conscience. J’ai vraiment eu peur pour toi ma chérie.”
- Elodie ! Réponds ! Il est ou ce mec ?!
- Étendu sur la chaussée plus loin. Quand il t’a sauvée...
- Ouai ?
- Il a été percuté par la voiture. J’en sais pas plus j’te jure. D’autres personnes sont vers lui en attendant les secours.”

Les sirènes étaient maintenant toutes proches. La pluie s’était arrêtée.

Aurélie ne pouvait plus répondre, l’émotion la submergeait. La joie d’être en vie et la culpabilité qu’un inconnu soit blessée par sa faute. Il fallait se relever. Aller le voir. Elle contracta ses abdominaux pour se redresser, posa ses coudes au sol et-

- Aide-moi s’teplait.
- Tu ne devrais pas bouger pour l’instant.
- Arrête de jouer la mère poule !

Un pompier se mit à genoux à côté d’Aurélie. Il lui fit quelques tests qui lui parurent obscurs. Des tapotements par ici, des pressions des doigts par là. Après quelques minutes silencieuses, le pompier déplaçât les jambes d’Aurélie afin de mettre son dos droit.

- Mais qu’est-ce qui ce passe ? Mes jambes ! Mes jambes !
- Calmez-vous madame.
- Vous vous foutez de moi, je n’ai pas senti quand vous avez déplacez mes jambes.
- D’après les témoins, votre dos à heurté le trottoir...

Aurélie s’effondra en larme, les mains sur le visage. Ses épaules tremblaient, son ventre était agité de soubresauts, mais ses jambes restaient désespérément immobiles. Aurélie se sentait seule malgré l’agitation qui régnait autour d’elle. Elle pouvait percevoir la présence rassurante de son amie, qui ne la rassurait pas le moins du monde à ce moment précis.

Elle décida de voir l’homme qui lui avait sauvé la vie et l’avait condamnée en même temps à errer avec des jambes pendouillantes. Allongée, son champ de vision était des plus restreint. Elle regardait dans tous les sens. Elle trouva finalement un angle de vue dans la direction de l’endroit où tout le monde s’agitait. Elle distinguait, sous une voiture garée à un mètre d’elle, des chaussures qui bougeaient dans tous les sens. Elle s’aperçut qu’il s’agissait principalement de rangers. Elle pouvait aussi voir deux jambes étendues sur le sol. Aurélie essaya de compter le nombre de personnes présentes. Quatre. L’homme devait être mal en point.

Le pompier se tenait toujours agenouillé près d’elle et refusait de répondre aux questions qu’elle lui adressait sur l’état de santé de l’homme qui l’avait poussée. Le pompier paraissait préoccupé et semblait attendre l’un de ses collègues. De longues minutes stressantes passèrent. Elodie restait muette comme une tombe. Tremblotante. Aurélie était maintenant recouverte d’une couverture. Elle fixait toujours l’effervescence qui se tenait à environs 6 ou 7 mètres d’elle. Ses mains tremblaient, elle pleurait. Le choc était maintenant passé et son esprit commençait à entrevoir la suite des évènements. Son futur sans pouvoir se déplacer avec ses jambes. L’hôpital. Le fauteuil roulant. Le regard des autres. Tout s'emmêlait dans sa tête. Elle se trouva extrêmement idiote quand elle se demanda comment elle pourrait séduire un homme avec ses roulettes. Son regard s’embuait et elle s’essuya les yeux avec sa manche.

Les pompiers vers l’homme s’emblaient plus calme. Bientôt elle n’en voyait plus qu’un seul agenouillé. Son cœur s’arrêta lorsqu’elle vit que l’on recouvrait le corps d’un linceul.

Elle ne sera plus jamais la même.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 11:49

Beaucoup de textes et pas mal du tout !

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 12:52

iiiiih j'ai bien fait de garder ma première idée.... ma seconde était la même que le texte 7! ouf!
ça s'annonce interessant....

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 12:54

L'accident ? une idée reprise par deux textes... je ne sais pas quel texte tu as fait, mais du coup, oui, tu as bien fait de garder ton idée originale

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 18:14

Bonsoir, les textes sont plutôt pas mal mais j'ai une préférence pour le n°1 car j'adore les histoires de schizophrénie Very Happy.

Sinon bien joué à tous les participants Wink.
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 19:15

Aurélie n'a que 16 ans et elle attend un enfant...

Pas mal les textes ouais, mais un participant n'a pas compris les règles... pourquoi avoir choisi de remplacer Aurélie par Amélie ?
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 21:13

Oui, je me suis aussi posé la question : "Amélie" ?
Je suis en colère, après avoir relu mon texte, je trouve des fautes, des fautes, grrrr

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 29 Jan 2012 - 21:43

Tiens, oui... j'avais mal lu le texte, il me semblait que seul le dernier était remplacé par Amélie et j'ai cru à une faute de frappe, mais tu as raison, c'est dans tout le texte.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 30 Jan 2012 - 14:19

Voté Super
Intéressant, la façon dont chacun s'est approprié le personnage et la ville de Paris. J'ai eu un peu de mal à choisir.
Personnellement, je n'ai rien rendu, j'avais un début sympa mais pas de "bouleversement" qui tienne franchement la route à mon goût.
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 6 Fév 2012 - 9:20

Seulement 9 votes pour le moment ::rolling::

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 6 Fév 2012 - 14:25

Faut dire le choix n'est pas facile ...

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Il meurt lentement; celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider[...] Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère. Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements. Ou qui ne parle jamais à un inconnu.  Il meurt lentement; celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés. Vis maintenant! Risque-toi aujourd'hui! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement! Ne te prive pas d'être heureux! Pablo Neruda.

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 12 Fév 2012 - 12:28

allez allez! plus que quelques heures pour voter! motivation! (et votez pour moi geek )

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 12 Fév 2012 - 14:31

Je suis curieuse de voir si j'ai reussis à te demasquer. Il y a un element dans un des textes qui ma fait penser " ça pourrait être rainette" mais chuuutt

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 12 Fév 2012 - 18:00

Le vampire ? Pas bien compliqué non plus !
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 12 Fév 2012 - 18:02

Oui mais si ça se peut c'est justement quelqu'un d'autre

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Dim 12 Fév 2012 - 18:50

Tu es bien sûr de toi Ilaàn...

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 13 Fév 2012 - 2:43

En même temps il y a de quoi, mais c'est vrai que c'est un peu "trop" évident.

Et le grand vainqueur est... !!!
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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 13 Fév 2012 - 16:58

le vainqueur! le vainqueur!

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 13 Fév 2012 - 17:01

Quel suspens Smile !

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MessageSujet: Re: concours n°28-votes   Lun 13 Fév 2012 - 17:47

Mais où est Niko?

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