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 concours n°29 - votes

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Texte n°1
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Texte n°2
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Texte n°3
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Texte n°4
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Texte n°5
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Texte n°6
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Texte n°7
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Niko
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Localisation : Un pied à Minath Tirith, un autre à Riva, le coeur à Port-Réal et la tête sur tatouine
Loisirs : Me prendre pour un rongeur, embêter le chat et faire plein de câlins
Date d'inscription : 31/05/2007

MessageSujet: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:46

Voici le concours avec tous les textes.
Il y a donc 7 participants.

La fin des votes ne bouge pas : dimanche 8 avril à 20h

Texte n°1 :


Un rayon de lumière vient frapper mes paupières closes et mon esprit embrumé par le sommeil se demande quel est l’imbécile qui m’a braqué une lampe en plein visage. Au même moment, je prends conscience que mon matelas est dur comme du bois ce matin et je me dis que quelque chose ne va pas. Soudain complètement réveillée, j’ouvre les yeux, me redressant brusquement, et réalise où je suis : au pied d’un olivier, sur la pente d’une montagne de Crète. Je suis éblouie par les premiers rayons de l’aube et je tourne le regard ailleurs tandis que des papillons lumineux volètent devant mes yeux. J’attends qu’ils s’en aillent et je me lève, essayant de me rappeler ce que je fais là. Mon cœur s’accélère quand je découvre le spectacle qui s’étale sur la côte, quelques dizaines de mètres plus bas que mon perchoir : la ville est dévastée, plus une seule construction ne tient debout, même la route goudronnée est défoncée, complètement impraticable. Dans un réflexe, je regarde ma montre et l
is la date : 22… Mes derniers neurones se reconnectent enfin et tout me revient en mémoire : nous sommes le 22 décembre 2012, le lendemain de la date annoncée de la fin du monde. Enfin, quand je dis « nous », je devrais plutôt dire « je », car visiblement je suis le seul être humain vivant à la ronde. Pourtant, toute vie ne semble pas avoir disparu, car le chant d’oiseaux vient frapper mon oreille. Je respire profondément et sens mon estomac gronder de faim. Je fouille dans mon sac à dos et en sors un paquet de gâteaux que je mange en contemplant le paysage de destruction : j’ai l’impression qu’un enfant (mais alors un enfant de géant, ou plutôt de Titan) se serait amusé à tout détruire comme un château de sable. Peu à peu, je me rappelle les événements de la veille au soir : la journée avait passé tranquillement, sans aucun signe avant-coureur de cette fameuse fin du monde dont on nous rabâchait les oreilles depuis plusieurs semaines, à tel point que je m’étais dit qu’une f
ois de plus, ces prophéties alarmistes s’étaient révélées fausses et qu’il n’allait rien se passer. J’avais eu une soudaine envie de quitter l’hôtel et j’avais mis quelques affaires, une bouteille d’eau et un peu de nourriture dans un sac à dos pour aller faire une promenade. Alors que je pensais diriger mes pas vers le bord de mer tout proche, je m’étais retrouvée au crépuscule à escalader le flanc de la montagne qui surplombait la ville et à ne m’arrêter qu’à son sommet. Là, je m’étais assise sur une pierre et j’avais senti la fatigue s’abattre sur moi tandis que je contemplais en contrebas les lumières de la ville qui s’allumaient à la tombée de la nuit. J’étais restée là un long moment et quand je m’étais dit qu’il faudrait rentrer à l’hôtel, il faisait nuit noire, je ne distinguais plus le chemin dans l’obscurité épaisse. Je me sentais toujours épuisée, comme écrasée par une force invisible, alors je m’étais pelotonnée au pied d’un olivier et j’avais sombré dans les bra
s de Morphée. Pendant la nuit, la fin du monde était arrivée, et moi j’avais dormi comme un bébé, sans rien entendre, alors que je n’avais même pas mes boules quiès : comment une telle chose avait-elle été possible ?!? Vu l’état de la ville, le vacarme avait dû être assourdissant !
Incapable de répondre à cette question, je décide d’aller voir de plus près les ruines, dans l’espoir d’y retrouver des survivants. Le soleil monte lentement dans le ciel tandis que je descends le chemin caillouteux en direction de la côte : heureusement, les températures de décembre ne sont pas aussi étouffantes que celles de l’été ici et je ne suis pas encore en sueur.
J’arrive au bord de la route défoncée ; je m’engage avec prudence sur l’asphalte et traverse en évitant les fissures parfois assez larges. Je m’approche des constructions et constate que malgré les normes de construction antisismiques en vigueur sur l’île depuis des années, plus un seul bâtiment ne tient debout. En tremblant, je m’approche des décombres et j’aperçois parfois un bras ou une jambe ensanglantés qui dépassent d’un tas de béton effrité. J’essaie d’appeler, mais seul le silence me répond. Je sors de ma poche mon téléphone portable et l’ouvre : plus aucun réseau ne s’affiche, les antennes ont dû être détruites avec le reste, et puis qui appeler ? D’après ce que je vois ici, j’ai tendance à penser que la même chose a dû se produire partout ailleurs, mais comment en être vraiment sûre ?
Soudain, un détail m’intrigue et je me retourne vers la montagne : je me rends compte que si toutes les constructions humaines ont été détruites, aucun dégât ne semble avoir frappé la nature, et je vois les oliviers se dresser fièrement, parfois même en plein milieu de la dévastation : par quel miracle est-ce possible ? Comment un tsunami ou un tremblement de terre – quelle que soit la catastrophe qui ait provoqué de tels dégâts – peut-il être sélectif dans ses destructions ? C’est impossible, et pourtant… pourtant, c’est bien ce que je vois autour de moi, je ne suis pas en train de rêver (je me pince quand même pour vérifier, mais aïe, non, je ne rêve pas…). Je secoue la tête en soupirant, tout ça semble n’avoir aucun sens. Il faut que j’aille voir dans le reste de l’île, mais comment me déplacer ? Les voitures ont subi le même courroux que les bâtiments, elles sont complètement défoncées et inutilisables. Un éclat rouge au pied d’un olivier, de l’autre côté de la route, att
ire mon regard, et je m’approche : il s’agit d’un V.T.T. en état de rouler, qui semble m’attendre. J’hésite, les souvenirs de mon premier séjour sur l’île, lorsque j’avais découvert qu’ici, le sigle V.T.T. voulait dire Vélo Toutes Tortures, me rappellent les mauvais moments passés sur une selle à cette époque, et ma promesse de ne plus avoir recours à ce moyen de locomotion ici. Mais un coup d’œil à l’asphalte défoncé, ajouté à la perspective de marcher des heures, a raison de mes réticences, et je me convaincs que c’est le moyen le plus raisonnable de me déplacer. Je pousse un soupir déchirant et me mets en selle, me demandant où aller. Sans que je sache pourquoi, le premier lieu qui me vient à l’esprit est le palais de Knossos : aussitôt, je me traite d’idiote à l’idée d’aller sur un site archéologique alors que la fin du monde vient d’arriver, car il y a sans doute bien plus urgent que d’aller vérifier si le site a tenu le coup, lui ! Mais pourtant, comme si une force mys
térieuse m’y contraignait, je ne peux m’empêcher de me mettre à pédaler dans sa direction, sans arriver à en dévier.
Tout en avançant à mon rythme (cette fois-ci, pas de moniteur pour me forcer à accélérer quand je n’en peux plus, ouf !!!), je sens mon cerveau se mettre à tourner à plein régime, comme un hamster tournant dans sa roue sans s’arrêter (oui, je sais, c’est bizarre comme image, mais c’est souvent mon impression quand mes pensées s’emballent sans que je puisse les arrêter, comme c’est le cas aujourd’hui…), et je repense aux raisons qui m’ont conduite ici, en Crète, à cette date… Oui, je sais aussi, plutôt étrange comme choix, mais vu que mon rêve d’y vivre à mes 40 ans tombait à l’eau, puisque je ne les aurai que l’année prochaine, et que, visiblement, cette fois-ci, les prédictions allaient bien se réaliser, je m’étais dit avec fatalité que puisqu’il fallait mourir quelque part, autant que ce soit dans ce coin du monde que j’adorais, et j’avais tout laissé tomber pour prendre un avion et venir passer mes derniers jours ici… sauf que je n’avais pas prévu que j’allais être la seul
e personne à survivre, du moins dans les environs !
Tout d’un coup, une pensée insidieuse envahit mon esprit : et si j’étais morte, comme tout le monde ? Si je n’étais plus sur terre, comme j’en avais l’impression, mais aux Enfers de la mythologie grecque ? Après tout, le lieu s’y prête bien, et quelques noms me frappent soudain comme une menace : Tantale, Sysisphe, les Danaïdes, Ixion… tous ces êtres condamnés à accomplir pour l’éternité, au fond des Enfers, un même geste ou à subir un même supplice… Et si le mien était de pédaler sur les côtes de Crète en V.T.T. pour toute l’éternité ??? Le souffle coupé, je m’arrête net à cette pensée et constate que c’est possible : ouf, ça ne doit pas être ça ! Mais bon, pour vérifier, je reste immobile quelques minutes, reprenant ma respiration : un souffle léger de vent joue avec mes cheveux, tandis que sur mon front glissent quelques gouttes de sueur : je les essuie d’une main tremblante avant qu’elles ne me brûlent les yeux et je sors ma bouteille à laquelle je bois avidement. La pens
ée que je ne sais pas quand je retrouverai à boire me force vite à m’arrêter, il faut que je l’économise.
Je reprends ma route, suivant les panneaux indicateurs qui, miraculeusement, sont restés debout (enfin pas tous, juste ceux qui indiquent Knossos, ce qui me surprend encore plus… c’est quoi ce délire ?). Partout, le même spectacle de destruction règne, les immeubles effondrés, les routes défoncées, les véhicules réduits en miettes, et pour tout bruit, le chant des oiseaux au lointain. Je pense soudain à mon baladeur MP3 dans mon sac à dos et j’enfile le casque, lançant la musique : j’ai intérêt à en profiter tant que la batterie tient encore, car après je doute pouvoir la recharger ! Je trouve un certain réconfort en entendant mes chansons préférées et je me mets à pédaler en rythme jusqu’à mon but.
Arrivée sur le parking du site, je constate que là aussi, tout est détruit : les magasins de souvenirs ne sont plus que ruines, tout comme la guérite de vente des billets à l’entrée et les toilettes (zut alors, je vais aller où en cas de besoin ? Quoi que, si je suis la seule survivante, je pense que je n’ai pas trop à m’inquiéter de ce détail, vu qu’il n’y aura plus personne pour me voir !). Je pose mon vélo contre un arbre qui nargue les décombres alentours et remonte le chemin dallé qui mène au cœur de Knossos. Alors que je franchis un tournant, je m’arrête, stupéfaite : là où se dressaient la veille les ruines partiellement reconstruites par Sir Arthur Evans au début du 20ème siècle, est à présent érigé un palais de plusieurs étages, aux larges colonnes rouges, comme sur les reproductions faites par les historiens. Je me frotte les yeux, pensant mal voir, mais force est de constater que ça ne semble pas être un mirage. Au même moment, j’entends des bruits de voix de l’aut
re côté du bâtiment et je me dis que je ne suis pas la seule à avoir survécu. Je remonte l’allée jusqu’à l’entrée sud de la cour centrale et m’y arrête, estomaquée : près du seuil d’un des bâtiments, un groupe de personnes de haute taille, plus grands que la normale et qui ne semblent pas humains, discutent entre eux. Machinalement, je me laisse choir sur un muret, le souffle coupé : qui sont ces gens ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Hébétée, incapable de mettre mes idées en ordre, je fixe une femme à l’allure altière, entourée de trois hommes, dont mon esprit me souffle qu’il doit s’agir d’Europe, l’une des maîtresses de Zeus, et de leurs fils, Minos, Sarpédon et Rhadamanthe. L’un d’eux se retourne et quitte le petit groupe pour venir vers moi : je dois lever la tête à son approche car il fait plus de deux mètres de haut. Il se penche et prends mon bras pour me faire me lever, prononçant les premières paroles que j’entends depuis le matin :
« Je suis Rhadamanthe, fils de Zeus et d’Europe. Viens, nous t’attendions. »
Le ciel me tombant sur la tête m’aurait fait le même effet : médusée, je me laisse entraîner vers les autres personnes présentes, qui se sont tournées vers moi ; je ne comprends rien, mais je sens que la main qui tient mon bras est réelle, je ne rêve pas. Je constate en approchant qu’il y a plus de monde que je ne l’avais cru à première vue : le palais semble animé et des personnes entrent et sortent du bâtiment, sans doute les nombreux descendants de Minos et de ses frères, car tous semblent trop richement vêtus pour des serviteurs. Rhadamanthe s’arrête face à sa mère et à ses frères, et je sens leurs regards m’évaluer, me demandant ce qu’ils me veulent. Europe prend la parole :
« Tu es la fille de ce pays au-delà de la mer qu’on appelle la France, n’est-ce pas ? Pourquoi es-tu là aujourd’hui ? »
Je suis estomaquée de découvrir qu’elle semble déjà savoir qui je suis, et je ne puis qu’hocher la tête pour lui répondre, incrédule devant les derniers événements. Face à mon silence, elle me rabroue d’un ton sévère :
« Eh bien, tu as perdu ta langue ? Tu n’es pourtant pas muette ! Allons, réponds ! »
Je prends une profonde inspiration pour remettre de l’ordre dans mes idées et parle d’une voix peu assurée :
« C’est bien ça, je suis arrivée de France il y a quelques jours, car j’avais envie d’être dans cet endroit que j’aime tellement…
- Pour quelle raison ?
- Tout le monde annonçait la fin du monde : je me suis dit que tant qu’à mourir quelque part, autant que ce soit ici.
- Mais tu n’es pas morte.
- Non et je ne comprends pas pourquoi. Que s’est-il passé cette nuit ? Tout a été détruit et je n’ai pas rencontré âme qui vive depuis que je me suis réveillée ce matin. »
Le voisin d’Europe, un homme à l’allure solennelle qui ne peut être que Minos, m’apprend enfin ce qui est arrivé :
« Les anciens Dieux et Héros se sont fâchés contre les humains : nous leur avons offert la Terre, un monde plein de richesses, et ils n’ont fait que l’abîmer et la polluer. Ils ont passé leur temps à se faire la guerre au lieu de se partager des territoires assez grands pour tous, commettant des massacres de plus en plus sanguinaires. Nous avons décidé qu’il était temps d’arrêter leur folie meurtrière, avant que la planète elle-même ne soit ruinée !
- C’est vous qui avez tout démoli ?
- Partout dans le monde, les anciens Dieux sont revenus à la vie et chacun a eu la tâche de nettoyer à sa manière l’endroit qu’il lui a été assigné de purifier, en le débarrassant de sa population et des constructions humaines.
- Comment avez-vous fait ici ?
- Nous avons lâché le Minotaure sur les hommes, il en a fait un festin, et Talos est revenu des Enfers pour tout écraser sur son passage. »
Un rugissement puissant me glace le sang, accompagné d’un grondement sourd et d’un tremblement du sol ; Minos a un petit sourire entendu en regardant derrière moi :
« Tiens, les voilà, ils ont terminé leur travail ! »
Je me retourne vers un spectacle stupéfiant : sous le soleil maintenant au zénith, un homme de bronze étincelant, haut d’une dizaine de mètres, enjambe les collines environnantes pour revenir vers le palais : il porte sur son épaule le Minotaure, un homme trapu et musclé qui doit mesurer deux à trois mètres, dont la tête de taureau à l’expression menaçante me pétrifie d’effroi quand ses yeux rouges flamboyants se posent sur moi et que je sens son envie de me dévorer…
D’un geste autoritaire, Minos ordonne au géant :
« Enferme le Minotaure dans le labyrinthe, nous n’avons plus besoin de lui pour l’instant. »
Talos se saisit de la créature et se dirige vers un bâtiment en contrebas ; il soulève un pan de toit dans son centre et y dépose le monstre qui se débat, mais ne peut échapper à la poigne de fer du colosse. Ce dernier va se poster un peu plus loin et reste immobile, attendant des ordres pour bouger de nouveau.
Je me retourne vers mes interlocuteurs :
« Pourquoi Knossos n’a-t-il pas été détruit ? Je croyais que toutes les constructions humaines l’avaient été…
- Knossos n’était pas seulement un palais, mais aussi un temple et notre maison. Les Dieux ont chacun choisi des bâtiments, d’anciens lieux de culte, qui sont sauvés de la destruction ou, comme ici, relevés de leurs ruines, pour que nous puissions nous y installer le temps de décider du sort de la planète. »
D’une voix tremblante, je pose enfin la question qui me brûle les lèvres :
« Et moi ? Pourquoi ne suis-je pas morte avec les autres ? Vous avez dit que vous vouliez débarrasser la Terre de tous les humains.
- Oui, c’est ce que nous avons fait, mais nous avons aussi besoin de distraction, c’est pour ça que nous avons choisi d’épargner quelques artistes qui pourront nous divertir.
- Je ne suis pas une artiste, je ne sais pas chanter ou jouer d’un instrument.
- Tu sais écrire et tu as de l’imagination, tu inventeras des histoires que tu nous conteras, ainsi que les légendes dont tu te souviendras. En échange, nous pourvoirons à tes besoins jusqu’à ce que tu meures de vieillesse, tu n’auras à t’inquiéter de rien pour ta survie. »
Je repense à une de ses phrases et je lui demande :
« Vous avez dit que vous avez choisi d’épargner quelques personnes : je ne suis donc pas la seule survivante ?
- Non, il y en a trois autres qui ont ressenti notre appel et vont arriver ici : tu es la première car tu étais la plus proche de Knossos, elles vont arriver à leur tour.
- Elles ? Ce sont toutes des femmes ? »
Rhadamanthe a un petit sourire entendu :
« Oui, les Dieux ont décidé de ne sauver que des femmes : tous les hommes sont morts, nous y avons veillé, pour être sûrs que l’espèce humaine ne renaîtra pas, car bien entendu, nous avons veillé qu’aucune survivante ne soit déjà enceinte.
- Alors nous sommes les dernières et lorsque nous mourrons, plus aucun humain ne peuplera cette terre ?
- En effet : nous avons à présent le temps de décider quelle sera la nouvelle espèce qui aura sa chance et recevra la domination de la planète, en espérant que celle-ci ne la conduira pas à la catastrophe comme l’ont fait tes semblables. »
Je réfléchis à ce qui vient de m’être dit ; j’ai une dernière question, que j’hésite à la poser. Europe le devine et m’invite à parler d’un ton sec :
« Qu’est-ce qui te tracasse encore ? Nos explications n’ont pas été assez claires ?
- Si, si, je voulais juste savoir… vous m’avez épargnée, je suppose que maintenant, je n’ai plus le choix ? »
Rhadamanthe hoche la tête en souriant, mais sa réponse dément son apparente amabilité :
« Si, bien sûr, tu as le choix, mais forcément, vu la situation, il est restreint à deux possibilités : ou tu acceptes le sort que nous te proposons et tu vivras jusqu’à ta vieillesse, ou tu le refuses et dans ce cas, tu iras rejoindre le Minotaure dans le labyrinthe : bien qu’il ait copieusement mangé la nuit dernière, il aura sans nul doute encore assez d’appétit pour te faire subir le sort de tes semblables. A toi de décider à présent ! »
Le choix est vite fait : vivre pour passer mon temps à imaginer des histoires et à les raconter pour les distraire, ou mourir comme le reste de l’humanité : n’ai-je pas souvent rêvé, ces dernières années, de pouvoir consacrer mon temps à l’écriture, et n’est-ce pas là ce qui s’en rapproche le plus ? Consciente de la chance qui m’est offerte, j’accepte donc leur proposition, me disant que je finirai bien mes jours en Crète, mais pas aujourd’hui.

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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:46

Texte n°2 :


Hors de ma Cage

Le bruit du verre qui se brise me fit ouvrir les yeux.
Cela faisait des heures que j'essayais de dormir mais, à l'évidence, je n'y parviendrai pas avant un long moment, à supposé bien-sûr que mes compagnons d'infortune daignent m'accorder un peu de silence. Las et résigné, je me redressai pesamment et balayai les lieux du regard pour déterminer l'origine du vacarme.
L'un des carreaux donnant sur les bureaux, de l'autre coté du couloir, avait explosé.
-Il a balancé sa godasse dedans, fit à mon oreille une voix criarde.
Bondissant de surprise, le cœur tambourinant, je découvris avec déplaisir, penché au dessus de ma couchette, le visage asymétrique et souriant de l'imbécile qui s'était présenté à moi sous le nom de Franck.
-Nom de Dieu ! Jurai-je. Est-ce que t'es complètement con ?!
-Ça c'est clair, commenta quelqu'un d'autre, que j'identifiai immédiatement comme étant le grand type barbu dont j'ignorais le nom.
Le gaillard en question était appuyé au mur un peu plus loin, ses bras nus et couverts de tatouages dévoilant des muscles saillants impossibles à ignorer. Une seule botte, retirée de son pied, reposait encore près de lui, l'autre venait de traverser une vitre.
Bien qu'impressionnant, l'homme m'inspirait davantage confiance que le méprisable nabot qui ricanait dans mon dos. Lorsque son regard d'acier se posa sur moi, je lu dans ses yeux bleus qu'il partageait mon dégoût au sujet de notre camarade.
-Des nouvelles ? Demandai-je, sans conviction.
Il fit non de la tête et, attrapant son autre botte, la catapulta avec force. Le projectile passa en travers des barreaux de notre cellule, vola dans le centre pénitencier désert et percuta une autre vitre qui se fissura sous le choc, sans toutefois éclater.
-Tu ramollis, siffla Franck.
-On verra si tu casses la vitre quand je t'aurai jeté dessus, répondit l'autre.
Franck ne commenta pas, remontant de ce fait très légèrement dans mon estime. L'idée d'une dispute dans notre situation n'avait rien pour me séduire.
Nous n'avions pas vu âme qui vive depuis des heures. Au beau milieu de la nuit, un effroyable coup de tonnerre avait déchiré le calme nocturne. Les quelques gardiens en poste pour garder un œil sur nous avaient quitté les lieux sans se préoccuper de notre sort, nous laissant dans la plus totale ignorance. Pour couronner le tout, il n'y avait aucune ouverture sur l'extérieur qui soit visible depuis notre position, ce qui ne nous avançait pas.
Après cela et jusqu'au petit matin, à différents intervalles, l'on avait entendu des voitures passer à proximité, de toute évidence à vive allure, et sans jamais s'arrêter à part une fois. Au son aisément reconnaissable des pneus freinants sur le bitume avaient succédés plusieurs coups de klaxon, puis un cri strident, immédiatement suivi par un grand bruit de tôles froissées et un silence glaçant que rien n'était venu rompre depuis.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé d'après vous ? Demanda Franck, une énième fois...
Chacun de nous sans aucun doute s'était déjà posé cette question un million de fois, mais Franck avait l'agaçante manie de la poser à voix haute et sans interruption, si ce n'était pour raconter une nouvelle blague salace.
Moi même je réfléchissais à la question. Que faire d'autres en même temps ? Qu'est-ce qui pouvait pousser trois gardiens à abandonner leur poste au milieu de la nuit et empêcher absolument tous leurs collègues de se présenter à l'heure au travail le lendemain matin ? Sans parler de ce qui ressemblait le plus à une fuite d'un grand nombre de véhicules, ni de ce qui avait bien pu arriver au dernier à s'être aventuré par ici...
J'avais beau retourner la question dans tous les sens, ne me venaient à l'esprit que des noms d'histoires fantastiques ainsi que divers scénarios de films catastrophes et autre nanars de science fiction. Tout cela n'avait décidément rien de commun...
-Je suis sûr que c'est de terroristes, s'exclama Franck, y a qu'eux pour foutre un bordel pareil ! Ou alors la Corée du Nord, c'est ça ! On est entré en guerre ! C'est la foutue guer...
-Mais tu vas fermer ta gueule, oui ?! Tonna le barbu. Continues comme ça et je te jure que j'ouvrirai la porte en t'utilisant comme bélier !
Un court instant passa. Finalement il reprit :
-Qu'est-ce que t'en dis ?
Un regard me confirma que c'est à moi qu'il s'adressait cette fois-ci. Je haussai les épaules.
-Pas la moindre idée, avouai-je, mais j'ai du mal à croire que la Corée ait quoi que ce soit avoir avec ce qui est arrivé cette nuit. En fait...
Le fruit de ma réflexion me colla la chaire de poule.
-En fait, la seule chose dont je suis certain c'est que, quoi qu'il soit arrivé, on ne s'y attendait pas, et apparemment on a encore du mal à s'en remettre...
L'homme fronça les sourcils, réfléchissant à mes paroles, puis détourna le regard.
-Vous savez quel jour on est ? Demanda-t-il.
-Samedi, fit Franck.
-La date, crétin...
Avec tout ça, j'avais complètement perdu mes repères temporels.
-On est le vingt-deux, poursuivit l'autre, le vingt-deux Décembre 2012. Vous savez, je suis pas du genre à flipper pour rien...
La seconde qui s'écoula fut entièrement passée à guetter une remarque de Franck... Qui n'arriva jamais.
-En ce qui me concerne, reprit-il, la fin du monde est une connerie de superstition. Je ne crois ni en Dieu, ni en la petite souris. Mais ce genre de coïncidence ça ne me plaît pas...
J'en eu le souffle coupé, bien que n'ayant moi-même jamais prêté fois à cette théorie fumeuse d'apocalypse.
-La fin du monde ? Répéta Franck. Le jugement dernier, comme dans...
-Un mot de plus et tu manges les barreaux, prévint le barbu.
Pour ma part, j'étais abasourdi. En dépit de tout le phénomène médiatique qui l'englobait, se pouvait-il que l'heure tant redoutée par les prophètes bidons et les foules fanatisées n'ait rien d'une vulgaire et banale croyance ? Bien que dure à avaler, cette éventualité, faute d'être la plus appropriée, était peut-être la seule explication que nous n'aurions jamais...
Soudain je me raidis, aux aguets. Un son lointain, comme le ronronnement d'un moteur, venait de capter mon attention.
-Écoutez ! M'écriai-je.
Je n'avais pas rêvé, il semblait qu'un véhicule approchait.
-Vous entendez ça ?
Ils hochèrent la tête de concert, puis nous nous tûmes. Le son devenait de plus en plus fort, il s'agissait manifestement plus d'une voiture que d'un deux roues, une indication qui toutefois n'avait pas la moindre importance ou signification. Tout aurait put être extrêmement décevant si, finalement, l'engin n'avait pas semblé réduire l'allure et s'était contenté de passer devant le poste de police. Au lieu de ça, il réduit l'allure et nous parvint rapidement le bruit des roues qui s'immobilisaient. Le moteur fut coupé et une portière claqua.
Instinctivement, plutôt que de pousser de grands cris pour demander de l'aide, je demeurai silencieux, ignorant totalement à qui nous avions affaire. Mes deux compagnons eurent la même réaction. La porte de la prison grinça et, quelques secondes silencieuses plus tard, une voix de femme appela :
-John ?
Aussitôt, le grand type musclé se jeta sur les barreaux et appela à son tour :
-Morgane, c'est toi ? Morgane, je suis là !
Toute la tension qui, mine de rien, s'était accumulée au fil des heures et plus récemment des secondes s'évapora soudainement. Soulageant mes épaules d'un poids dont je n'avais pas mesurer l'importance jusqu'à présent.
-Ma chérie, tu vas bien ? S'inquiéta le dénommé John.
-Mais c'est qu'il est très amoureux le costaud, railla Franck.
Déboulant du couloir adjacent, une jeune femme surgit devant nous, transportant un minuscule sac à main, et se précipita immédiatement sur son cher et tendre. Ce dernier n'eut même pas à cœur de réagir au sifflement peu courtois de Franck à l'intention de sa demoiselle.
Quant à moi, j'avais du mal à ne pas dévisager ladite Morgane. Habillée simplement d'un jean, d'une chemise accompagnée d'une veste et de bottes à talons, elle aurait eu l'air parfaitement banale si elle n'était pas également couverte de crasse et autres saletés. Une vilaine coupure avait déchiré son jean au niveau d'une des cuisses et, bien qu'ayant à présent séché, le sang avait dû couler en abondance. Ses cheveux roux, sans doute une teinture, étaient en bataille et une pellicule de sueur recouvrait son visage.
À n'en pas douter, les dernières heures avaient été très difficiles pour elle. Quand finalement elle se sépara de son homme, sans nous accorder un seul regard à moi et à Franck, ses yeux en disaient long. Écarquillés, bordés de cernes violacées et les pupilles tournoyant frénétiquement, elle avait le regard d'une folle.
-Où sont les clefs ? Fit-elle.
-Est-ce que ça va ?
-Les clefs ! Insista-t-elle.
-Dans le bureau d'en face, indiqua John, profites-en pour me ramener mes bottes.
Elle fit volte face et, évitant soigneusement les bout de verres répandus sur le sol, rejoint la porte de la petite pièce.
-Mais c'est qu'elle mordrait... Glissa Franck.
-La ferme ! Répliquai-je.
Quelque chose me disait de me méfier de cette Morgane. Quoi qu'il lui soit arrivé, à elle et à tous les autres, elle ne pouvait pas en être sortie indemne. La prudence était plus que jamais de mise. Elle réapparu bientôt, le trousseau de clefs en mains, et déverrouilla la porte de la cellule après quelques essais.
John se jeta dans ses bras mais, tandis que je m’apprêtais également à sortir, suivi de près par un Franck surexcité, elle le repoussa et sortit de son sac un pistolet qu'elle braqua droit sur mon visage.
-Putain ! S'exclama Franck.
-Morgane... fit John.
-Tu bouges pas ! S'écria celle-ci, tremblant de tout ses membres.
Paralysé, je secouai frénétiquement la tête en signe de soumission. Un coup d’œil à John m'indiqua qu'il n'avait pas plus que moi idée de ce que faisait sa compagne. Moins diplomatique que moi, Franck ne put s'empêcher de lâcher :
-La garce...
Aussitôt, le canon de l'arme cessa de me toiser et se tourna vers lui. Froidement, Morgane pressa la détente.
La détonation me déchira les tympans. Surprise par le vacarme, Morgane n'eut guère le temps de s'apercevoir qu'elle avait manqué Franck. Celui-ci bondit sur elle et tenta de lui arracher son flingue. Quelques secondes plus tard un autre coup de feu retentit. Un instant immobiles, ils se séparèrent enfin. Morgane tomba à la renverse, une tâche écarlate grandissante sur son chemisier.
Horrifié, John se tourna vers Franck, le visage tordu par la haine. Celui-ci leva l'arme mais un cliquetis facilement reconnaissable indiqua qu'il n'y avait déjà plus de balles dans le chargeur, le reste ayant sans doute déjà servit... Les deux hommes roulèrent sur le sol, luttant en silence avec une sauvagerie qui n'avait plus rien d'humaine.
Saisissant ma chance je bondis sur mes pieds et détalai hors de la cellule, sans me retourner. Ma peine de deux ans ne faisait que débuter, je retrouvai donc rapidement le chemin de la sortie. Finalement le double battant de l'entrée me faisait face. Je fonçai dans la porte, épaule en avant et émergeai à l’extérieur...
C'est un spectacle de désolation qui m'attendait au dehors.
La voiture de Morgane était garée tout près, une jeep cabossée qui avait peu de chance de lui appartenir. Une autre, un monospace cette fois, reposait sur la chaussée. En contemplant l'engin, littéralement écrasé, comme broyé par un énorme étau, je repensai à ce que nous avions entendu plus tôt dans la nuit.
Il faisait jour, pourtant la lumière peinait à traverser les épais nuages qui masquaient le ciel, conférant au paysage une atmosphère sombre des plus sinistres. Sur ma droite, au Nord-Est du centre pénitencier, la route rejoignait à quelques kilomètres une bourgade de laquelle montaient d'immenses colonnes de fumée noires. Les champs devant moi étaient jonchés des cadavres d'animaux de ferme, et partout aux alentours s'étaient éparpillés ceux d'oiseaux ayant chût en plein vol.
Mais c'est au Sud-Ouest toutefois que régnait véritablement la plus grande dévastation.
À moins d'une centaine de mètres, la route était coupée. Une faille s'étendait à perte de vue dans la campagne, par delà le sol s'était effondré sous son propre poids. N'existait plus à présent qu'un à pic vertigineux surplombant un champ de ruines s'étendant sur des kilomètres. Des voitures, des bâtisses, même un avion en piteux état, composaient un tableau de fin du monde des plus absurdes.
Une voix criarde me tira de l'hébétude dans laquelle j'étais plongé.
-Bordel, il avait raison ce con !
C'était Franck. Un bout de verre tâché de sang à la main, il se tenait le coté en contemplant la même horreur que moi.
C'est alors que je m’aperçus de l'ironie de la situation. On m'avait condamné, enfermé dans une cage où je n'avais plus le moindre pouvoir, plus la moindre importance. À présent cette cage s'était ouverte, et je m'apercevais que j’étais en réalité toujours bloqué dans un cauchemar. Peut-être, après tout, n'était-ce qu'un mauvais rêve...
Franck se laissa tomber à genoux.
-Alors c'est ça ? Fit-il. C'est comme ça que ça finit ?
Tandis qu'il se lamentait sur son sort je fis quelque pas dans sa direction, restant à bonne distance, il avait toujours son bout de verre. Une fois dans son dos, j'avançai doucement. Une fois près de lui, je posai une main sur son épaule. Il sursauta légèrement, puis fondit en larmes...
Aussitôt, j'attrapai sa tête des deux mains et lui brisai la nuque.
Il s'effondra, sans vie, dans la poussière. Peut-être était-ce la fin du monde, peut-être n'était-ce qu'un songe en plein sommeil. Dans tout les cas, la cage n'était plus, et sans cage, le seul maître à bord c'était moi...

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:47

Texte n° 3 :


Sacrés petits hommes rouges

21 Décembre 2012
Explosion. Une explosion gigantesque. Stupeur ! Un vacarme splendide, déroutant, assourdissant. Partout les murs tremblent. Les carreaux des fenêtres volent et se fracassent par terre. Une pluie de verre. Des milliers de cristaux juchent le sol. Un tapis de verre. Les lustres s'effondrent. Tout n'est plus que stupeur, effroi et chaos.
Augures ! Quels devins ces mayas ! Ils l'avaient prévue. Bien des siècles avant, ils l'avaient annoncée. La fin du monde. Quelques secondes, minutes, heures tout au plus, et le monde ne sera plus. Des hommes et de toute trace de civilisation il ne restera rien.
Adieu ! Adieu père, mère, terre et mer. Rien ne sert de se sentir amer. Désespoir, chagrin, tristesse, tant de sentiments qui demeureront vains, princes de futilité.
Un choc. Terrible. D'une violence inouïe. Monstrueux ! Fantastique ! Pénible... Léger... Dormir... Rêver... Mourir...

***


22 Décembre 2012
Ruines. Débris. Souffrance. Sommeil.
Tout autour de moi n'est que sinistre désolation. J'émerge peu à peu du néant, sortant de mon étrange torpeur. Un léger grognement m'échappe avant même que je ne songe à le réprimer. Ma nuque ! Un incendie de douleur dévaste l'arrière de mon cou. Derrière moi, un morceau de poutre. Sans doute est-ce là la cause de mon évanouissement.
Je me souviens alors. La fin du monde ! Nous sommes... Je suis le 22 décembre 2012. Lendemain du dernier jour de l'humanité. Des larmes courent sur mes joues. Je n'ai pas la force de regarder plus loin que les ruines de ma propre maison. Inutile ! Le monde n'est plus. Il ne reste rien. Il ne reste que moi. Je suis seul. Tristement, horriblement, désespérément seul. Seul !
Mourir ! Impossible de me lever. Mon corps hurle, meurtri, blessé. Du sang et des larmes. Sang de souffrance et larmes de bonheur. Survécu ! J'ai survécu à la fin du monde !
Au loin des sirènes sonnent. Le bruit des alertes résonne, chantant, braillant avec insistance. Comme pour prévenir, vainement, du danger. Vainement... Il n'y avait pas d'échappatoire. Nulle part où aller. Partout la terre ne doit plus être que feu, cendres et cadavres. Un enfer. Aucun espoir de fuite. Une voie dont l'issue était inévitable. L'humanité était parvenue à une impasse. Une impasse fatale.
Que faire ? Mes jambes me supplient de ne pas chercher à me lever. Sur terre, je suis le dernier homme à respirer. Je sens le désespoir m'envahir. L'incertitude m'inonde. La terreur me submerge.
Que sont devenus mes amis, ma famille ? Mes souvenirs m'obsèdent, me montrent le monde qui était. Un monde qui n'existe plus et n'existera plus jamais. Je ferme les yeux, pleurant en silence. À quoi servirait-il de faire du bruit ? Personne ne pourra plus jamais m'entendre...
Sirènes... Pin pon pin pon... Sirènes... Mais ? Il me semble qu'elles se rapprochent... Non c'est impossible... Ce n'est qu'une illusion de mon imbécile de cerveau.
Des pas... Des bruits de pas. De plus en plus fort ! Qu'est ce donc ? Est-ce un chat errant ? Un chien ? Sont-ce des martiens ? Ah les coquins ! Ils n'attendaient donc que ça... Que les hommes disparaissent. Pour enfin investir la terre.
- Bonjour monsieur. Vos voisins nous ont prévenus qu'une explosion à eu lieu chez vous. Ce doit être votre chaudière... Laissez vous faire. Nous allons vous conduire à l'hôpital.
J'ouvre les yeux. Surpris. Un être étrange. Un humanoïde. Ou du moins un être à forme humaine. Tout de rouge vêtu.
Un homme ? Un pompier ? Non. Ce n'est qu'une feinte. Ce ne peut être qu'une feinte, une tromperie. Un masque, une illusion...
Rouge. Rouges et non pas verts. Les martiens sont rouges !
Tandis que l'on me porte sur ce qui peut être une civière, mes lèvres s'ouvrent.
De ma bouche béante s'envole un rire puissant, étrange. Un rire fou. Le rire d'un fou.

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:48

Texte n°4 :


Journal d’un effacé


Posté le 22 Décembre à 10h47 – Ciel d’Argentine, 6h47 heure locale :

Bonjour à toutes les personnes qui lisent ces lignes et merci d’être sur mon blog. Si vous avez atterri ici, c’est que comme beaucoup de gens en ce moment même, vous tentez d’avoir des informations supplémentaires sur la fin du monde.

Tout d’abord je me présente, je suis Francis Délais. Je suis un homme de race blanche d’un mètre quatre-vingt-onze. J’ai trente-deux ans et encore la pleine possession de mes ressources physiques. Je suis célibataire, et père d’une petite fille de huit ans nommée Léa et je suis en bon terme avec mon ex compagne. Je suis également au chômage depuis quelques mois, je travaillais dans le journalisme.

Voilà en ce qui me concerne, maintenant, si vous avez passé la totalité de la journée d’hier dans le brouillard, sans sortir de chez vous, sans allumer la télé ou la radio et sans vous rendre sur Internet ni avoir de contact humain, je vais vous expliquer ce qui se passe. Malheureusement, nous échappons à toute la grandiloquence que peut évoquer les termes de fin du monde. Inutile de regardez par la fenêtre pour savoir si votre voisin est devenu un monstre ou si il a été vaporisé par une créature vaguement humanoïde utilisant des appareils ultra-sophistiqués. Pas la peine de chercher sur Internet les images de l’éruption surpuissante d’un volcan, d’un tremblement de terre généralisée ou d’un tsunami à l’échelle mondiale. Pas de bombes, ni de météorites non plus.

Si un mot peut résumer notre situation, je pense qu’il s’agit de celui d’effacement. Hier, vendredi 21 décembre, une chose s’est créé au pôle sud de notre planète et à commencer à remonter vers le nord. Cette Ligne d’effacement, comme elle fut par la suite appelée, ne laissait absolument rien derrière elle. Avant que le monde ne s’en rende compte la moitié du plateau de l’antarctique n’existait plus.

La situation n’a fait qu’empiré par la suite. La Ligne d’effacement poursuivant sa route, elle a déjà fit disparaître de nombreuses îles ainsi que tout une partie du sud de l’argentine et du Chili. Pour l’instant personne ne semble capable de fournir une explication à ce phénomène.

Depuis hier, la panique s’est emparée de tout les hommes sur notre planète. Les gens cherchent à vendre tout ce qu’ils peuvent pour s’offrir un moyen de monter le plus au nord possible. Toutes les religions semblent avoir leur propre interprétation de l’effacement. Depuis un jour les idées de châtiments divins n’ont pas plus de valeur que les phrases d’un illuminé sur une hypothétique attaque extraterrestre. J’ai moi même une théorie, qui ne plaira pas à beaucoup de gens je pense.

Imaginons que la Terre soit comme un immense disque dur, qui, pendant des millénaires s’est chargée d’un nombre incalculable de données. Maintenant, quelqu’un, ou quelque chose, a décidé de faire un nettoyage de cette mémoire pour la remettre à zéros.

Posté le 22 Décembre à 10h55 – Ciel d’Argentine, 6h55 heure locale :

En me perdant dans mes explication j’ai oublié de vous dire quel était le but de ce blog. Je me dirige actuellement vers le sud de notre planète afin de m’approcher au plus prêt de la Ligne d’effacement. J’ai décidé de voyager vers le nord, tout en restant avec le moins d’avance possible sur cette limite. Ce blog sera mon journal de bord où je rapporterais tout les évènements de mon voyage. C’est en quelque sorte un journal de la fin du monde.

Nous allons bientôt entamer la phase d’atterrissage, je vous donne rendez-vous à l’aéroport.

Posté le 22 Décembre à 11h22 – Buenos Aires, 7h22 heure locale :

Je viens de récupérer mes bagages. L’aéroport est presque désert. Les quelques personnes qui y travaillent encore sont tendues, à mon avis elles n’attendent que de pouvoir s’en aller, mais une partie de la population compte bien prendre l’avion pour s’éloigner de la ligne.

Les fous à se rendre au sud volontairement ne sont pas très nombreux. A part moi, la plupart des gens viennent pour aider leur famille à préparer le départ, ou bien se sont d’autres journalistes qui viennent pour avoir des images de la zone effacée. Cela dit, quand je leur explique que je ne travaille pour aucune chaîne et qu’en plus de ça, mon but est de rester le plus longtemps possible au abord de la Ligne, même eux finissent par me prendre pour un dingue.

Posté le 22 Décembre à 11h57 – Entre Buenos Aires et Bahia Blanca, 7h57 heure locale :

Je me trouve actuellement dans l’un des derniers trains faisant le trajet de Buenos Aires à Bahia Blanca. La réticence des conducteurs à faire ce trajet est compréhensible puisque la Ligne d’effacement s’est stabilisé à une centaine de kilomètre au sud de Bahia Blanca . Logiquement, je profite du dernier transport ferroviaire dans cette direction. A peine arrivé, le train repartira vers la capitale, et tant pis pour ceux qui l’auront manqué.

Mis à part ça, le paysage est vraiment différent de ce que j’ai pu voir en France, c’est vraiment beau.

Posté le 22 Décembre à 13h10 – Bahia Blanca, 9h10 heure locale :

Je suis bien arrivé à Bahia Blanca, mais pendant le trajet la Ligne d’effacement a poursuivie sa progression et elle se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville désormais. Je vais tenter de me trouver un véhicule, sinon je serais obligé de remonter à Buenos Aires.

Posté le 22 Décembre à 13h27 – Bahia Blanca, 9h27 heure locale :

Ca n’a pas été très difficile de faire l’acquisition de mon moyen de transport. Des habitants de la ville ont accepté de me céder leur tout terrain pour même pas une bouchée de pain. Au moins la fin du monde à le mérite de casser les prix.

Je me lance au sud en direction de la zone d’effacement, souhaitez moi bonne chance.

Posté le 22 Décembre à 13h43 – Sud de Bahia Blanca, 9h43 heure locale :

Je remonte actuellement vers Bahia Blanca. La Ligne se déplace, il est donc impossible de m’arrêter pour pouvoir aller observer de prêt. Je vais attendre qu’elle se stabilise de nouveau, en espérant que cela ne soit pas trop long.

Elle ne doit plus être très loin des côtes Australienne non plus.

Posté le 22 Décembre à 14h35 – Nord de Bahia Blanca, 10h35 heure locale :

La Ligne s’est enfin stabilisé pas très loin derrière moi ( plusieurs centaines de mètres quand même ). Je vais aller y faire un tour avec mon appareil photo et ma caméra. Je vais vous offrir les plus belles images de la zone d’effacement.

Croisez les doigts pour moi, qu’elle ne reprenne pas son avancé pendant que je suis devant.

Posté le 22 Décembre à 14h56 – Nord de Bahia Blanca, 10h56 heure locale :

Indescriptible. Je ne pensais pas passer autant de temps à la contemplation, mais c ‘était un spectacle vraiment magique. Retirez-vous de la tête les images apocalyptiques que vous avez pu vous faire auparavant, l’effacement est une merveille.

Il n’y a aucune transition entre la partie normale et celle qui a été effacé. On se retrouve soudainement au bord d’une falaise totalement plane avec l’océan à quelques mètres plus bas. Et en regardant au sud, de l’eau à perte de vue, pure à tel point que ça donne envie de la boire ou de s’y baigner. En l’observant, impossible d’y distinguer un fond, on a du mal à croire que quelques minutes avant l’arrivé de la Ligne on était au milieu d’un continent.

En parlant de la Ligne, mis à part la démarcation parfaitement droite entre les deux zones, il est impossible de la distinguer à l’œil nu. Les nuages sont les même d’un coté comme de l’autre, et il n’y a aucun signe avant coureur, la vision est parfaitement dégagée. Ca nous encouragerait presque à tenter de passer de l’autre coté tellement il semble que c’est une continuité. Pour être sur, j’ai lancé une de mes bouteilles d’eau vide pour voir jusqu’où elle pourrait aller. Pas plus de quelques millimètres, elle s’est tout bonnement désintégrée sous mes yeux.

Ca me fait penser que j’ai oublié de faire des images pour vous. A tout de suite du coup.

Posté le 22 Décembre à 15h09 – Nord de Bahia Blanca, 11h09 heure locale :

Et voilà, j’ai fais en sorte que vous puissiez vivre la même expérience que moi à travers votre écran. J’ai fais tout un tas de cliché de façon à ce que vous puissiez voir la découpe du paysage, j’ai également tenté de zoomer afin de vous prouver qu’il n’y a vraiment rien après la Ligne mis à part l’océan.

J’ai réitéré l’expérience de la bouteille d’eau, en filmant cette fois, pour le même résultat. Je n’ai pas essayé avec un élément naturel, je vais tenter.

Posté le 22 Décembre à 15h15 – Nord de Bahia Blanca, 11h15 heure locale :

J’ai réalisé le lancé avec une pierre cette fois. Cela n’a rien changé, il faut croire que la Ligne se fiche totalement de savoir s’il s’agit d’un objet manufacturé ou d’une chose issue de l’évolution terrestre. Je réaliserais peut-être d’autre vidéo avec des feuilles mortes, ou d’autres éléments naturels pour être sûr.

Pour l’heure, je reprend la route, je dois m’écarter de la zone d’effacement si je veux avoir le temps de régler quelques trucs. Notamment héberger les photos et vidéos pour que vous puissiez les voir.

A tout à l’heure.

Posté le 22 Décembre à 16h42 – Buenos Aires, 12h42 heure locale :

Je viens de poster les vidéos ainsi que les photos. Je suis impatient de pouvoir lire vos commentaires, et n’hésitez pas à partager mon travail, mon blog est fait pour être vue après tout.

Pour en revenir à mon voyage, Buenos Aires est devenu une véritable ville fantôme. Tout les habitants ont quitté la capitale et ses alentours en direction du nord. Le spectacle de la mégapole totalement abandonné fait un peu mal au cœur. J’ai réalisé des clichés des lieux ( ils sont déjà postés ), pour que vous puissiez vous rendre compte de l’atmosphère terrible que cela donne. Alors que je vous expliquais que la zone d’effacement en elle même n’avait rien d’une vue de désolation, Buenos Aires me fait bien plus pensée à un film post-apocalyptique. La désolation provoqué par la fin du monde ne serait-elle pas l’œuvre de l’homme lui même, plutôt que le résultat des évènements naturelles ?

Mais trêves de philosophie. J’ai pris un repas dans cette ville vide, et j’ai profité du départ des gens pour réaliser un plein de mon véhicule sans avoir à payer. Je vais profiter du temps qu’il me reste avant l’arriver de la Ligne pour prendre des nouvelles.

J’espère que vous aussi vous faites attention à la situation de vos proches malgré la panique générale, c’est important.

Posté le 22 Décembre à 17h01 – Buenos Aires, 13h01 heure locale :

Le monde perd la raison. Concernant mes amis et ma famille, tout le monde va pour le mieux, étant donner que la Ligne atteint à peine les côtes d’Afrique et qu’elle n’a pas encore rongé une grosse partie de l’Australie, c’est plutôt normal. Cependant, ça n’empêche pas les gens se trouvant dans le pays de céder à la panique et de suivre la ruée vers le nord, alors que la nécessité de l’exode ne se fait même pas encore sentir pour eux.

Je ne sais pas si vous vous trouvez dans cette situation, mais ce comportement me semble idiot. Surtout lorsque le déplacement se fait sur la distance de Perpignan à Narbonne ou de Toulon à Avignon. Cela ne sauve aucune vie, et ne fait pas gagner de temps. Si vous voulez aller vers le nord , prenez l’avion, ou dans une moindre mesure, le train.

Posté le 22 Décembre à 17h12 – Buenos Aires, 13h12 heure locale :

La Ligne vient de faire une avancée, elle se déplace rapidement, la moitié de la ville à déjà disparus. Je n’ai pas le temps d’écrire beaucoup plus, je dois filer de là avant de disparaître. A plus tard, si je suis encore de ce monde.


Posté le 22 Décembre à 18h37 – Nord de Buenos Aires, 14h37 heure locale :

Ca a été complètement fou ! Faire la course, pendant plus d’une heure, avec une chose qui efface tout sur son passage, je peux vous assurer que ça vous retourne. Les premiers temps, j’avais tendance à regarder dans mon rétroviseur toutes les deux secondes, et à chaque fois, je voyais la route disparaître et laisser place à la mer.

Maintenant que j’y pense, ça aurait été les meilleurs images que je puisse vous fournir, mais dans la précipitation j’ai totalement oublié d’installer ma caméra face au par brise arrière. J’essaierai de le faire si la Ligne me rattrape à nouveau, même si ce n’est pas mon souhait pour l’instant.

Posté le 22 Décembre à 20h54 – Curuzú Cuatiá, 16h54 heure locale :

Je suis arrivé à Curuzú Cuatiá qui a subit le même sort que la plupart des autres villes d’Argentine. Vidée de la totalité de sa population. Je vais manger un peu, ensuite je partirais vers l’est pour passer la frontière avec le Brésil. Aussi prêt de la Ligne, ne pas se diriger vers le Nord risque de me coûter cher, alors je vais essayer de ne pas traîner.

Je vous dis à plus tard, au Brésil.

Posté le 22 Décembre à 22h00 – Est de Uruguaiana, 18h00 heure locale :

Je suis officiellement passé au Brésil. J’ai dépassé il y a peu la ville frontalière brésilienne de Uruguaiana qui a subit le même sort que les municipalités du pays voisin, avec en prime des frontière totalement sans surveillance.

Je vais essayé de pousser encore plus à l’est pour atteindre Santa Maria, mais je ne suis pas sûr de pouvoir aller jusque là bas.

Posté le 22 Décembre à 22h49 – Ouest de Santa Maria, 18h49 heure locale :

Je ne pourrais pas atteindre Santa Maria, je dois remonter vers le nord en urgence. Il n’y a pas de route pour prendre vers le nord avant la ville, je vais devoir aviser. Je vais essayer de mettre la caméra à l’arrière pour que vous puissiez voir.

Désormais, l’Uruguay n’existe plus.

Posté le 23 Décembre 00h53 – Ouest de Florianópolis, 20h53 heure locale :

La Ligne s’est arrêté juste derrière moi. J’avais préparé la caméra pour que vous puissez avoir une vidéo de notre course, mais malheureusement la moitié arrière de ma voiture a été effacé.

Je vais poursuivre à pied un moment. Je vous donnerai des nouvelles.

Posté le 23 Décembre 1h35 – Ouest de Florianópolis, 21h53 heure locale :

Ca aura été un plaisir de partager cette ultime expérience avec vous, de l’autre coté de l’écran.

Je vais tout de même tenter de poursuivre jusqu’à une ville ou un village, mais si jamais, je t’embrasse Léa, je sais que ta mère te le transmettra.

Posté le 23 Décembre 2h14 – Brésil, 22h14 heure locale :

Je pense que ce sera mon dernier post. Je commence à fatiguer, et j’ai juste envie de m’installer dans un coin pas trop dur pour dormir, et avec la Ligne pas si loin, pas la peine de préciser ce qui va de se passer.

Bonne nuit et Joyeux noël, avec un peu d’avance.

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:49

Texte n°5 :

L’Élu :

Une odeur de cramé.
La pluie tombe contre mon velux. C'est samedi matin, le soleil n'a pas l'air de s'être encore levé. Je regarde mon portable, plus de batterie, je le laisse tomber dans un grognement. Pas envie de bouger, putain de soirée hier soir, fatigué. Fais froid en plus, on se les pèle. Je remonte les couvertures, et me prépare à me rendormir.

Puis soudain, un grondement. Si fort qu'il en fait trembler les murs. Je reviens à la réalité, j'ouvre un œil, puis les deux, et toujours couché, regarde à nouveau vers le ciel au dessus de moi. Il a une drôle de couleur. Trop blanc, trop crayonné, c'est un ciel de neige, mais ce n'est pas de la neige qui tombe. Il y a des éclairs aussi. Des raies noires ou bleues qui traversent les nuages. Et bam, un nouveau choc. Pas loin de moi cette fois. Je me réveille complètement, en sursaut. C'est quoi ce délire ?
Je me lève, resserre mon futal, et me fous devant la vitre. Ce n'est pas de la pluie, c'est humide, collant, noirâtre. J'enfile un T-shirt sale qui traînait par terre, et descends les escaliers en trombe. Je regarde par la fenêtre, et d'un coup, la peur, teintée d'une étrange sorte d'émerveillement morbide. De la ville, des bois, des collines, montent d'innombrables fumées. Les rues sont inondées par cet étrange liquide qui tombe du ciel. Ça s'agglomère, des ruisseaux coulent dans les caniveaux ou stagnent dans des flaques. Ma voiture est défoncée, les portières et le capot sont ouverts, le toit complètement effondré, les pneus ont disparu et le reste... c'est comme si on l'avait massacré à coup de masse. Quel est l'abruti qui... ?
Et ce n'est pas tout pourtant, car le jardin est dans le même état. Les murets sont détruits, la véranda en morceaux, l'arbre est tombé, la terre retournée, ponctuée de trous d'obus, et chez les voisins, pareils. Plus loin, à ma gauche, les immeubles ne sont plus que des tas de béton en ruine.
Et ce silence, ce silence... ce n'est pas normal. La ville est en feu, le monde entier brûle, et il n'y a rien ? Pas de gens, personne qui marche dans les décombres, d'animaux qui errent !
Et ici ? Et chez moi ? Je me retourne. Une odeur de pourriture. J'ai peur de savoir. Et pourtant, je m'imagine déjà la scène. Je change de pièce. Une montagne de vaisselle, des insectes partout, et ma mère sur son lit. Un squelette décharné, déjà rongé par les vers.
Il fait noir. J'essaye d'allumer les lampes. Pas d’électricité. Seul l'extérieur apporte un semblant de lumière. Les éclairs illuminent parfois la scène pour en accentuer le côté dramatique. J'ai envie de vomir. Je ne sais pas quoi faire. Elle est morte. Tous les autres le sont sans doute également. Ou ils se sont enfuis, c'est du pareil au même. Et moi ? Quel jour on est ? Combien de temps ai-je dormi, putain ?
C'est pas vrai ! Je tape du poing contre le mur, et la douleur me soulage un peu. C'est un rêve ? C'est quoi cette ellipse temporelle ? Hier, je m'endors, tout va bien, aujourd'hui, je me réveille, j'ai l'impression que des années se sont écoulées ! Il s'est passé quoi pendant cette putain de nuit ?
Je réagis. Action-réaction. D'abord, savoir la date. Mon mini-pc. Il lui reste de la batterie, il s'allume. La musique familière de Windows me fait étrangement sourire. Mon mot de passe. Le bureau s'allume, je clique directement sur la date. 22 décembre 2012. Hier, c'était le 21. Il n'y a pas d'erreur, pas d'ellipse. Je n'ai pas eu de coma à rallonge, je n'ai dormi qu'une poignée d'heures, mais pourtant, j'ai l'impression d'avoir trouvé la réponse. 21 décembre 2012, je n'y croyais pas. Le jour de la fin du monde.
Je ris. Je me passe une main sur le visage. Alors, c'était vrai ? Je me redirige vers la fenêtre. Tout est fini, le monde est en ruine. Tous sont morts, les éclairs continuent de frapper le sol, cette pluie à tomber, dans la forêt, j'entends le craquement des arbres qui s'effondrent sans raison, entraînant à la suite leurs semblables. Le temps s'est amusé, c'est inutile de trouver une logique. En une nuit a défilé des années, les ruines tout autour de moi, le cadavre de ma mère l'explique. L'univers a perdu la boule. Des millénaires d'histoire pour ça. Je regarde le monde qui brûle. J'ai envie de m'allumer une clope.

Je reste là, figé devant la vitre sale. Je n'ai plus peur, j'apprécie simplement le moment. Je suis certainement le dernier être humain vivant sur terre après tout. Le dernier homme de l'univers... si c'est pas la classe ça. Je fume tranquillement ma cigarette, j'ai le temps maintenant. Les minutes passent, le spectacle continue. Le ciel change sans arrêt, des éclairs frappent le sol ou les bâtiments, le vent souffle en rafales, les nuages forment une voûte épaisse au dessus de moi. Des foyers d'incendies naissent un peu partout. L'orange et le rouge s'associent au gris pour former une œuvre horrible et magnifique à la fois. J'ai l'impression d'entendre une symphonie. C'est beau un monde qui flambe.

Je ne pense pas à l'avenir, au futur, à ce que je vais faire. Des moments du passé me reviennent en mémoire, mais ce sont des images fugaces et évanescentes. Je ne ressens aucune espèce de nostalgie. Au contraire, je me sens bien. Je viens de voir le cadavre de ma mère, il y a une putain d'odeur de mort dans la maison, je vais certainement crever bientôt moi aussi, mais ça va. Ça va... Une autre bouffée de fumée.
Tout à coup, quelque chose dehors. Ma cigarette est presque finie, et pendant quelques secondes, j'ai du mal à croire ce qui se passe. La pluie s'arrête, le vent forcit, de plus en plus jusqu'à se muer en tempête. Ça souffle, je ressens sa puissance à travers la vitre, les nuages noircissent également, mais une étrange couleur jaune y apparaît par intermittence. L'or et l'ébène se conjuguent, et je reste figé devant ce spectacle. Jusqu'à ce qu'un mouvement au sol retienne une nouvelle fois mon attention. Je crois d'abord que ce n'est qu'une ombre, un mirage à sa place dans tout ce chaos. Mon esprit ne s'étonne plus, et je regarde simplement la chose s'avancer. C'est une petite forme, encapuchonnée dans un drap blanc. Elle semble briller d'une étrange aura blafarde. Elle flotte également, et ne ressent pas le moins du monde la furie du vent. Je ne vois pas son visage, elle est en contrebas. Je remets ma cigarette à mes lèvres. Puis la lâche aussitôt. Car la forme a levé la tête, elle me sourit. C'est un enfant. Un petit garçon. Sa peau est pâle, si pâle, et il a les yeux qui brillent comme des diamants.
J'ouvre la bouche pour parler, mais rien ne sort. Nous nous fixons, et pendant un court instant, je me demande quoi faire. J'ai peur, pour la première fois depuis mon réveil, j'ai vraiment peur. Quelque chose en moi me dit : « cache-toi putain, mais cache-toi ! » et j'ai envie de l'écouter. De remonter dans ma chambre et de me cacher sous les couvertures, de laisser tomber mes défenses et de chialer comme un gosse, de prier Dieu ou le diable pour que tout s'arrête, pour que tout redevienne comme avant. Pendant un court instant, car je retrouve rapidement mon sang-froid. Il y a quelqu'un dehors, je ne suis pas tout seul, mon instinct me dit d'aller voir, je prends juste la peine d'enfiler une paire de pompes, un bandana, et me dépêche de descendre dans la rue.
J'ouvre la porte, et la première rafale manque de me faire tomber en arrière. Le vent me repousse, je franchis les ultimes marches, et ai un haut-le-cœur quand je respire enfin. C'est horrible, une affreuse odeur de fer, de rouille, de moisissure aussi flotte dans l'air et agresse mes sens. Il fait froid, mais des relents de vapeur se dégage des mares d'eau croupie. Je me garde de m'en rapprocher. J'ai du mal à respirer, mes membres sont lourds, l'atmosphère oppressante. C'est comme si mes muscles pesaient des tonnes. Je fais un pas puis deux. Je vois encore la petite forme, elle est au bout de la rue, à quelques mètres de moi. Elle semble hésiter, ou m'attendre. Je me rapproche, luttant contre les éléments, j'y suis presque, je tends le bras pour toucher l'enfant, mais sans efforts, il reprend sa marche, tourne à droite. Ses petites jambes avancent presque sans toucher le sol, il flotte sur un nuage qui le préserve des éléments. Je ne cherche pas à comprendre, tout me paraît une nouvelle fois normal. Je suis le dernier homme sur terre, c'est la fin du monde, tout peut arriver n'est ce pas ? Je souris dans la tempête.
Je ne l'appelle pas. Il sait que je suis là, derrière lui. Il veut sans doute que je le suive, et j'ai presque envie de me détourner, rien que pour l'ennuyer. Je me demande comment il réagirait. Pourtant, je le suis, chaque pas plus difficile que le précédent. Mes jambes me brûlent, j'ai les mains complètement gelées, je continue à avaler cette puanteur, mais pourtant je souris. Je hurle pour me donner de la force. Je ne sais pas qui est ce gamin, si c'est un ange, un alien ou un simple survivant comme moi, mais j'ai bien l'intention de lui montrer qui je suis.
Une sorte de brume vient de tomber, elle tourbillonne, et la petite forme blanche y disparaît de plus en plus. Je jure, le vent cherche à me repousser, mais je force sur mes jambes. Je sens une vieille douleur à la cuisse se réveiller, mais je m'en fous. Courage, toujours plus, c'est pas une petite brise qui va m'arrêter. Encore moins la fin du monde.

Je me sens vivant. Mon univers s'est effondré, mais en cet instant, alors que je poursuis ce fantasme de gamin, que je me bat contre l'univers tout entier, j'ai envie de rire. Une sorte de joie triomphante s'empare de moi car je sais que je ne perdrai pas. Je suis fort bon sang, la Création entière peut en témoigner...
C'est comme ça que ça doit être. Moi contre le monde. Seul. Une épreuve. La victoire ou la damnation éternelle.

Il avance. Le temps ne compte plus. Mes pieds touchent le sol, je progresse centimètre par centimètre. Le tonnerre gronde, le vent gagne en puissance et les éclairs frappent juste à côté de moi. Le bitume éclate, mon horizon est fermé. L'enfant disparaît lentement dans les ténèbres.
Puis, au moment où je sens que mes genoux vont lâcher, où je vais tomber sans pouvoir me relever, je revois la forme. Elle est arrêtée. Devant un bâtiment en ruine, elle me regarde à nouveau, je la vois articuler quelque chose et sur ses lèvres, je croirais presque lire : « suis-moi ».
Un dernier effort. Je ne sens plus mes muscles. Mon visage fouetté par les rafales tourbillonnantes me fait affreusement mal, et je peux à peine bouger mes doigts. La chaleur de l'effort et de la douleur se mêle au froid glacé de ce monde en perdition. Je n'y réfléchis pas pour l'instant, seuls importent les battements de mon cœur. Je suis vivant, à bout de souffle, mais tant que mon mental tient, je continuerai.
Je reconnais ce portail. Autour de moi, la terre tremble, j'entends des explosions, des immeubles qui s'effondrent, le ciel qui s'ouvre déversant sa fureur. A mes pieds, le sol se fissure déjà. C'est bientôt la fin, l'enfer se déchaîne sur notre monde. L’Apocalypse, la levée du voile, et je la contemple de mes yeux.
L'enfant est entré, je le suis quelques instants plus tard.

Je me sens bizarre. J'ai l'impression de violer un domaine interdit. Ce n'est pas chez moi. Je n'y ai pas été invité, je baisse la tête.
Je mets une poignée de secondes avant de me rendre compte du changement. L'endroit est calme, silencieux. On ne ressent plus la fureur du dehors. J'ai l'impression de marcher dans une cathédrale. C'est ainsi que je ressens la chose, je progresse pas à pas, et des éléments du passé me reviennent en mémoire. Ça fait combien de temps que je ne suis plus entré dans cette maison ? Et pourtant, je me souviens de tout. De la place des meubles, de l'odeur, des sensations de l'époque. Jusqu'à nos rires. Je nous revois, nous, petits enfants au regard naïf sous un beau soleil d'été, à jouer, à rêver, à imaginer ce que serait notre futur et les merveilles que nous y accomplirions. Et je le revois, lui, devant moi, à cet instant, assis par terre, il tourne la tête, me fixe soudain, et je le reconnais enfin.

Mon univers paraît se figer devant mes yeux. J'arrête de respirer, de penser. Il n'y a plus que la petite forme fantomatique qui compte. Je me souviens de ses traits, de la forme de son visage, de l'enfant qui se trouve devant moi. Plus encore que mon réveil, que la découverte de ce monde en ruines, du cadavre de ma mère, de la perte de tous mes repères, c'est cette révélation qui me perturbe, m'effraie, me terrifie. C'est lui. Il devrait être mort. Je rêve de lui chaque soir. Et pourtant, il est là, devant moi. Joseph.

Nous nous regardons un long moment, et je le vois sourire enfin. Puis il reporte son attention devant lui. Il est assis, il ne se lève pas, nous arrivons au bout du parcours. La maison est plongé dans la pénombre. Tous n'est que toiles d'araignées, poussières et meubles anciens. La seule source de lumière provient d'un écran de télévision allumé par je ne sais quel magie. Le fantôme a les yeux rivés dessus. Je me rapproche, mes jambes sont lourdes, je passe devant l'enfant, et m’assois sur le canapé derrière lui.
Je le regarde. Il joue à la console en fait. Assis en tailleur, sa longue robe bouffant sur lui, il fait évoluer son personnage dans un univers de hautes tours et d'acier. Je reconnais le jeu, c'est le nôtre, celui auquel nous avons passé tant d'heures, tant d'après-midi, ce jeu qui a bercé notre adolescence. Final Fantasy 7. Et l'évocation de ce nom, ridicule dans une telle situation me fait sourire. Sa musique monte à mes oreilles, je fixe l'écran et voie un détail qui me surprend. L'image est en noir et blanc.

- Ça fait longtemps, ça va ?

Il me parle, et sa voix n'a rien de spectral. C'est une voix d'enfant tout ce qu'il y a de plus banale. Mon cœur bat plus vite, il cogne dans ma poitrine à un rythme effréné mais j'essaye de garder mon calme. Je hoche la tête, et lui réponds faiblement. Je discute avec un mort.

- Ça va.

Il continue sa partie, et je le regarde jouer. Il est déjà loin. Aeris est morte, les tableaux défilent, les combats aussi, le scénario avance lentement. Il se tait, je suis derrière lui et ne vois donc pas l'expression de son visage. A quoi pense t-il dans ce moment précis ? A moi de continuer.

- Et... alors ?

Je ne sais pas quoi dire d'autre. Il m'est apparu, dehors le monde brûle, et nous sommes ici à jouer à la console. Je l'entends soupirer.

- Ça fait longtemps, oui. Ça m'avait manqué. Toi aussi.

Un mort. Je me demande ce qu'il a vu. De l'autre côté. Et pourquoi il est revenu.

- Il le fallait. Pour le dernier jour. Tout est fini tu sais, cette partie. On arrive au bout, la fin de l'histoire. C'est le moment où le héros rencontre sa destinée.

Il parle. Je ne peux répondre. Je regarde la télévision. Mon ami vient de perdre un de ses personnages. Il met soudain sur pause.

- Tu connais la légende des 144000 Élus de Dieu ?

Il est crispé. Ses petites mains sont blanches, serrées sur la manette du jeu. Je me doute que cette question a plus de sens qu'elle n'y paraît.

- Les 144000 élus représentant les 12 tribus d'Israël qui monteront aux cieux, vers la Jérusalem Céleste. Les seuls qui auront l'honneur de trôner aux côtés de Dieu. Les autres, les fourbes, les méchants, les ignorants seront éternellement torturés en enfer.

Je dis cette phrase d'un ton plus assuré que la précédente. Mais j'ai la gorge sèche. Sans doute que je commence à comprendre. Joseph reprend sa partie. Il ne me parle pas, je le regarde, et en viens presque à abandonner tout espoir de réponse quand de sa petite voix :

- Oui, les 144000 Élus. Tu n'en faisais pas parti. Moi si. Mais j'ai échoué. Je suis mort. Et toi, tu as changé. En bien. Il reste donc une place parmi les invités. Je te la donne...
Je ne veux pas de ta charité, merci.

Cette fois, c'est sorti tout seul. Quelque chose de bizarre se tord en moi. Un étrange sentiment de déception m'envahit. Les Élus... alors je n'y étais pas ?

- C'est ce que je voulais entendre. Aujourd'hui s'achève des millénaires d'histoire, et au fil des incarnations, des hommes se sont révélés. Mais la partie s'achève, et la dernière naissance devait clore l'affaire. Je t'ai observé mon ami, les autres également, tu t'es battu, vaillamment, tu t'es libéré de ta condition, a soulevé des montagnes. Il est temps maintenant d'assister au générique. Ceux de là haut ont décidé que tu méritais cette chance. J'ai été envoyé pour te servir d'intermédiaire.

Que répondre à ça ? Le feu dans mon ventre cède la place à une douche chaleur. J'ai envie de pleurer, mes défenses se brisent, mes pensées se brument, mon corps tremble. Je revois l'enfant, Joseph, je ré entends sa voix, son rire. Les souvenirs affluent. Notre enfance partagée, notre adolescence, nos jeux, nos découvertes, notre exploration du monde, cette vie qui était devant nous et que nous comptions bien croquer à pleine dent. Et la nouvelle de sa mort. Les larmes qui n'ont pas voulu monter. La froideur de mon cœur.
Et maintenant. Ce cadeau qu'il me fait. L’Élu que je n'étais pas et que je n'aurai jamais du être. Et je pleure. Toutes les larmes contenus pendant presque dix ans s'expriment enfin. Je pose ma main sur mes yeux. Je pleure sa mort, la fin de mon monde, de la Création, cette joie d'avoir été accepté, cette tristesse d'avoir perdu tout ce à quoi je tenais. Je m'en rends compte maintenant. Pardon, pardon, pardon... Je ne peux pas m'arrêter. Je sens Joseph sourire, son travail est terminé, il peut partir, il lâche la manette, il peut lui aussi reposer en paix maintenant.

- Alors, accepte-tu ?

Je relève la tête, reprends mon souffle, souris à mon tour, et réponds :

- Bien sûr. Mais on finit la partie d'abord.

Bientôt, le martèlement des touches et la musique familière emplissent à nouveau ce lieu du non-temps. A l'extérieur, le monde termine sa course dans les flammes.

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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:49

Texte n°6 :


“... elle ... emoiselle ... MADEMOISELLE !”

J’ouvris brusquement mes paupières. La pénombre que je perçus comme monochrome aux premiers abords fut partiellement dissimulée derrière une grande tache noire qui semblait se pencher sur moi. Je clignais des yeux, légèrement paniquée, jusqu’à ce que mon cerveau engourdi y reconnaisse une forme humaine. Petit à petit la couleur rouge entra dans mon champ de vision.

“Ah, Julian, viens là, elle se réveille,” fit la personne penchée au-dessus de moi.

J’entendis des bruits de pas et des voix au loin, le tout agrémenté d’un affreux sifflement en tant que fond sonore. Dans une tentative de m’assoir, je soulevai ma tête et exerçai de la force – aussi faible qu’elle fut – sur mes bras. J’eus tout de suite l’impression que la Terre se retournait et qu’on venait de planter un couteau dans mon poignet gauche ; j’abandonnai donc mes efforts et mon crâne retomba lourdement sur le sol, que je supposais être une quelconque pierre de par sa dureté. Je fermai les yeux et fit l’inventaire de mon corps. A part mon poignet qui m’élançait, mes autres membres n’étaient qu’engourdis. Ma bouche était pâteuse, voire desséchée, comme si j’avais pris une bouchée de poussière.

“Hé, je crois qu’elle s’est évanouie de nouveau !”

Je forçai mes paupières à se relever pour le détromper. Je distinguais à présent les figures des deux inconnus, leurs vêtements poussiéreux.

“Vous vous appelez comment ?”

“An... Angela...,” croassai-je, la voix rauque.

“Bonjour Angela. Moi c’est Julian. Dites-moi, est-ce que vous avez mal quelque part ?” me demanda l’homme avec le sweatshirt rouge.

“Mon poi... gnet...”

Je partis dans une quinte de toux qui secoua tout mon corps. Les deux inconnus me mirent en position assise et un gobelet en plastique jetable frôla mes lèvres. Je bus un peu de liquide en m’étouffant presque.

“Tu aurais pu attendre qu’elle puisse respirer avant d’essayer de la noyer !”

Malgré mon état un sourire se dessina sur mon visage. Je pris le gobelet dans l’intention de boire encore un peu quand je remarquai que le contenu était noir.

“Qu’est-ce que c’est que ça ?”

“Du coca trop chaud et sans bulles. C’est le mieux qu’on a pu trouver.”

Je vidais le gobelet d’un trait, me découvrant une soif immense. Puis je regardai enfin autour de moi. Ce que je vis entra en conflit avec ce que j’attendais, et je restai pétrifiée. Toutes les maisons et immeubles qui auraient dû m’entourer avaient disparu, transformés en tas de débris et de poussière. Au loin j’aurais dû pouvoir voir les gratte-ciels du centre ville de Chicago, mais je ne distinguais rien dans ce crépuscule étrange et ce brouillard grisâtre.

“Trouves-moi de quoi faire une attelle pour ce poignet.”

“Voilà. Mais comment tu sais quel poignet c’est ?”

“Devines, imbécile ! Franchement, Luke, t’es exaspérant. Celui qui est tout gonflé et tout rouge, tiens !”

Mon cerveau n’enregistra pas vraiment la conversation de mes deux compagnons, captivée par le paysage macabre que je voyais. Une dizaine de personnes erraient aux alentours, blessées, sales, désespérées. A quelques mètres de moi une jambe aussi blanche que de la neige dépassait d’une montagne de briques.

“Que s’est-il passé ?” murmurais-je pour moi-même.

Le prénommé Luke m’avait visiblement entendu puisqu’il me répondit.

“On est le vingt-trois décembre.”

Mon visage devait exprimer mon incompréhension car il ajouta :

“Hier, c’était la fin du monde, bien sûr !”

J’eus l’impression que tout mon corps s’était mis en pause. Je ne bougeais plus, mes poumons s’étaient arrêtés en pleine expiration, et mon cœur battait-il encore ? Et comme si deux engrenages s’étaient réassujettis, tout se remit à marcher. Je sentis presque mon subconscient mettre mon meilleur système de défense en place dans son refus d’assimiler l’information. Mon bouclier de rationalité.

“Les mots « hier » et « fin du monde » ne peuvent pas être dit dans une même phrase, puisque ça signifie qu’il y a un survivant pour prononcer cette phrase, et la fin d’une planète sous-entend la mort de tout être vivant sur celle-ci. De plus, le ton et l’expression que vous aviez exprimait clairement que vous pensiez que j’étais stupide de ne pas m’être attendu à une « fin du monde » aussi clairement prophétisée. Le 21 12 2012 à minuit, soit à 24h ou à 12h de l’après-midi. Sûrement une suite de chiffres d’une importance cruciale chez les Mayas, me direz-vous. Mais les Mayas ne comptaient pas les jours ainsi, et la fin de leur calendrier n’est que la fin d’un de leurs cycles, comme nous arrêtons notre calendrier au trente-et-un décembre. Ils n’y prêtaient pas la moindre importance. Ils auraient pu continuer pendant encore des dizaines de cycles s’ils l’avaient voulu. Mais vous ne pouvez pas les blâmer de s’être arrêtés là, à 2012 ! Faire un calendrier qui va plus de cinq milles ans dans le futur, c’est bien assez ! Et le vingt-deux décembre, c’était le solstice, un évènement naturel important chez les Mayas, qui pouvait être pour eux comme un nouvel an, mais certainement pas la fin du monde !”

J’étais un peu essoufflée après ma longue tirade, mais satisfaite de l’effet que cette dernière avait eu, aussi bien sur mes interlocuteurs que sur moi-même – car je venais de me prouver que ce ne pouvait être la « fin du monde ». Malgré la situation de Chicago que je savais être désastreuse, je me sentais étrangement calme.

“Sacré caractère, la demoiselle ! Ça change de toutes ces personnes qui pleurent leurs proches ou leurs biens,” fit Julian avec une expression que je n’arrivai pas à identifier.

“Mes parents sont morts il y a deux ans, et je venais à peine d’arriver à Chicago, je n’ai personne à pleurer ici. Mes biens, par contre, c’est autre chose. Je donnerais beaucoup pour avoir au moins un manteau,” répondis-je d’un air détaché en tirant sur le pyjama que je portais.

“Je ne pense pas que vous retrouviez votre manteau dans cette montagne de débris.”

“Peut-être pas celui auquel je pense, mais j’en trouverai un autre puisque ce qui dépasse là-bas est mon placard,” dis-je en pointant du doigt un meuble qui était à moitié enseveli.

“Vous pouvez vous lever ?”

“Je crois.”

Julian m’aida en me soulevant pas l’avant-bras et nous avançâmes doucement vers ce morceau de ma vie d’hier. Le trajet me permit de tester mon corps et je découvris que malgré la faiblesse de mes muscles j’aurais pu marcher sans problèmes si je n’avais pas été pieds nus.

“Vous pouvez remercier votre placard, c’est lui qui vous a sauvé la vie. On vous a retrouvé sous son ombre, là.”

Je remerciais donc intérieurement mon meuble, et cherchais un moyen de l’ouvrir. Les portes étaient bloqués par un bloc de charpente, mais l’arrière, bien plus fragile, était largement exposé et déjà un peu abimé. Lorsque j’eus donné cette information à Julian, il prit une grosse brique et éventra ma penderie. Alors que j’entrepris de le vider de son contenu – vêtements, un manteau d’été, chaussures et, oh miracle, mon sac de voyage vide dans le fond – Luke se décida à enfin réagir à mon long monologue.

“Si c’est pas la fin du monde, c’est quoi qui a fait ça ?”

“Comment voulez-vous donc que je le sache, j’étais manifestement inconsciente ! Mais je peux vous assurez que ce n’est ni une planète inconnue, ni la Lune, ni un gros astéroïde qui s’est écrasé sur notre planète, comme les croyants du 21 décembre semblent imaginer. Et visiblement le soleil ne s’est pas éteint non plus, donc tout va bien. Que je sache, la Terre tourne encore, et le fera pendant encore un bon bout de temps. De toute façon, qu’est-ce qui vous prouve que ce désastre est planétaire ?”

N’obtenant aucune réponse du jeune homme, j’enfilai un pull et un pantalon par-dessus mon pyjama, ainsi que chaussettes et chaussures, et mon manteau trop fin accompagné d’une écharpe. J’enfournais ensuite le plus de vêtements possibles dans mon sac, tout en continuant mes hypothèses.

“Nous ne sommes sûrs que de la destruction de Chicago. On peut supposer que celle-ci ait eu lieu à la suite d’une pluie d’assez gros météorites… Mais il y aurait dans ce cas des cratères quelque part. Ce pourrait être aussi une attaque d’Aliens, bien que cela m’étonnerais beaucoup,” fis-je avec un petit sourire, “Et la seule autre solution qui me vient à l’esprit serait une bombe nucléaire…”

Je finis d’une voix de plus en plus basse, mon auditoire et moi-même horrifiés par les conséquences qu’une telle chose pourrait avoir. Je reléguai donc rapidement les estimations de ma raison – qui me disait que la probabilité de ma dernière supposition était bien plus élevée que les autres – au dernier plan, essayant plutôt de me concentrer sur autre chose.

“Il fait chaud non, pour décembre.”

Je levais les yeux vers le ciel crépusculaire. A la place des nuages se trouvait une épaisse couche de poussière, et celle-ci continuait d’un horizon à l’autre. A un endroit cette voute poussiéreuse était plus claire, comme si le soleil tentait de la percer, sans succès. Cela me rappelait des documentaires sur les volcans explosifs, mais en même temps il ne semblait pas s’agir de cendres ici, car une telle épaisseur et masse finirait par tomber comme de la neige. Et ce n’était pas comme si un volcan avait détruit Chicago… Des observations qui me ramenaient encore vers une hypothèse que je préférais oublier.

“J’ai mal à la tête. Et faim aussi, accessoirement,” dis-je en fermant mon sac d’une main avec l’aide de Julian.

“J’ai une barre d’énergie si vous voulez. Et moi aussi j’ai plutôt mal au crâne, bien que moi contrairement à vous je ne me suis pas pris un toit sur la tête,” me répondit ce dernier.

“Idem,” fit Luke.

Encore un élément de mauvaise augure. J’espérais vivement trouver une contre-théorie plus rassurante. Je hissai ma garde-robe sur mes épaules et jetai un dernier coup d’œil à ce qui restait de la petite chambre que j’avais loué, avant de suivre mes nouveaux compagnons dans leur errance.

Nous croisâmes bientôt une vingtaine de personnes qui marchaient en direction du centre ville, et décidâmes de les suivre dans l’espoir de trouver quelques réponses. De plus, les parents de Julian et Luke, qui étaient frères, devaient se trouver dans la même direction. J’espérais de tout mon cœur qu’ils soient encore vivants, car je ne connaissais que trop bien la peine engendrée par la perte de sa famille.

Deux personnes se penchaient sur un téléphone portable, déplorant l’absence de réseau.

“Et internet, ça marche ?”

“Bien sûr que non. Et j’ai déjà essayé mon application radio, j’ai rien trouvé. L’antenne doit pas être assez puissante.”

J’avançai vers l’avant du groupe et rencontrai des gens qui fouillaient les débris des yeux. Quand je demandai ce qu’ils cherchaient, ils ne me répondirent pas « des survivants » comme je m’y attendais, mais « des radios ou télés, de préférence par satellite, en état de marche ». C’était à mon avis une idée brillante, qui nous permettrait peut-être d’en apprendre plus sur l’état du reste du monde, et de savoir ce qui s’était passé. Je vis bientôt l’homme qui semblait avoir pris la place de chef de groupe, et me décidai à lui demander ce qui s’était passé d’après lui.

“J’ai plus senti qu’entendu ce qui ressemblait à une énorme explosion qui a détruit le centre ville, vers sept heure du matin. La terre a tremblé avec une force inégalée. Je crois qu’il y a aussi eu comme un vent très fort, sûrement le souffle de l’explosion. Mais j’étais à l’intérieur donc je n’ai pas vraiment vu quoi que ce soit.”

L’attention de mon interlocuteur fut attirée par quelqu’un d’autre, et je retournai donc à mes réflexions. Julian me rejoignit depuis l’arrière de la file, et me sourit légèrement. Au fur et à mesure que nous continuâmes vers le lieu de l’impact de l’objet non identifié, la destruction semblait plus importante encore – si une telle chose était possible. Je commençais à douter de la justesse de la décision d’aller là-bas, car les chances étaient grandes que ce soit encore plus dangereux pour la santé que notre position actuelle. Cependant, avant que je puisse exprimer mes inquiétudes, un cri de joie retentit sur ma droite.

“J’en ai une ! J’en ai une !”

Une femme se précipitait – ou plutôt, elle escaladait aussi vite qu’elle le pouvait une colline de briques – en direction du groupe, une radio sous le bras.

“Elle a l’air intacte, mais elle marche pas…”

On découvrit bientôt que la machine était en manque de piles, et tout le groupe se dispersa à la recherche de huit piles AA. Nous fouillâmes chaque appareil électronique susceptible d’en contenir qui croisait notre route, mais il nous fallut près de deux heures pour trouver de quoi alimenter notre radio. Bientôt une petite DEL s’alluma et l’étrange antenne fut orientée vers le ciel. Tout le groupe retenait sa respiration, et le craquement des stations inoccupées me transperçait les tympans. Je commençais petit à petit à perdre espoir. Le signal ne traversait-il tout simplement pas les épais nuages de poussière, ou toutes les stations de la planète étaient-elles hors service ? Soudain, j’entendis comme une voix et la personne qui s’occupait de l’appareil réajusta le récepteur. Et voici ce que nous entendîmes :

“…essage automatisé de la BBC à tous les survivants qui nous écoutent. Le 21 décembre 2012, aux douze coups de minuit, horaire Londonien, le monde fut frappé par le désastre. Le gouvernement de Corée du Nord décida de plonger le monde dans le chaos en envoyant ses bombes nucléaires sur les majeures villes du monde occidental. S’en suivit, en cette journée fatidique du 22 décembre, une guerre aussi courte que destructrice, la pire que la Terre ait jamais connu : la Troisième Guerre Mondiale. Le… crrrrr… par… crrrrr… pensons… jour… crrr… May… pas p… asard…. Nous …vitons les surviv… rejoindre soit la moitié sud de l’Afrique, soit l’Amérique du Sud, les seules parties du monde que cette guerre semble avoir épargnées. Bart Johnson, correspondant de la BBC, émettant depuis l’Afrique du Sud. Crrrrrrrrrrr…. Ceci est un message automatisé de la BBC à tous les survivants qui….”

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 13:49

Texte n°7 :


« Le lendemain de la fin du monde », combien de fois j’ai pu utiliser cette expression. Une petite allusion à cette fameuse catastrophe improbable, une petite vanne qui remplaçait « quand les poules auront des dents », une boutade. Et aujourd’hui j’y suis.

Le 21 décembre 2012. J’avais imaginé tous les scénarios catastrophes, les tremblements de terre, les bouleversements climatiques, les météorites. Enfin imaginé, c’est un bien grand mot. J’avais regardé tous ses films, la fin des mondes, 2012, j’en passe. Sans oublier les reportages à la con qui sèment un vent de panique sur la population. Je ne les avais jamais pris au sérieux bien qu’une partie de moi avait peur que tout se réalise vraiment. C’est normal d’avoir peur de l’inconnu, non ? J’en ris quand j’y repense. Les morts-vivant, les dégénérescences génétiques, les extraterrestres, alala…N’empêche, je n’aurai jamais pu imaginer ce qui nous arrive aujourd’hui.
Je pestais après tous ces « crétins » construisant des abris antiatomiques, ces bonnes femmes qui vidaient les rayons de mon super U, à la recherche du dernier paquet de farine, sucre et autres produits de première nécessité. Ces illuminés qui priaient à chaque coin de rue. Moi, personnellement, tant que j’avais mon fond de teint, mon mascara, ma salade et de l’eau tout allait bien.
Mes yeux se sont ouvert le 22 décembre, le soir vu le peu de lumière qui passait au travers des volets, et vu la quantité astronomique d’alcool que j’avais ingurgité pendant cette grosse fête «21/12/12 : Dernière soirée de notre vie », ça ne m’avait même pas surprise d’avoir cuvé toute la journée. D’ailleurs cette fête, j’en ai des vagues souvenirs. Ce n’est pas plus mal, quelle idée de s’amuser en se disant que ce serait « la der des ders » alors que des milliards d’humain étaient censés périr le lendemain. Drôle d’idée de picoler autant, j’aurai peut-être dû passer mes « dernières » minutes avec ma famille. Je sens qu’on va me reprocher mon geste. Bref, j’étais en vie, on l’était forcément tous. J’étais soulagée mais en même temps déçue. Déçue de ne pas avoir participé à l’événement du millénaire. C’était sympa l’idée de tous mourir en même temps. La fin de l’humanité, tous unis dans la mort, égaux face à elle. Ca me faisait rire de penser à tout ça alors que je me prélassais dans mon lit.
J’avais attrapé mon Smartphone, pas de chance, il n’avait plus de batterie. Et moi qui étais accros, il fallait vite que je me lève afin de le brancher. Mon pied avait cogné ma table de chevet, écaillant mon vernis, alors que je cherchais une prise libre. Et entre mon sèche-cheveux, mon fer à lisser, mon écran plat, il fallait que je fasse un choix : « lequel devrais-je débrancher ?». Malheureusement, aucune prise ne fonctionnait. J’avais essayé les lumières, rien. Plus de courant. Voilà ma petite fin du monde. J’espérais que ça ne durerait pas, j’aurai été perdue. Dans ce malheur, j’avais quand même la chance de ne pas bosser, je n’aurai même pas osé me présenter sans être coiffée. Quel drame. En plus, l’eau avait été coupée, je venais de m’en rendre compte.
Après m’être habillée, j’étais sortie prendre l’air. Ma voiture, garée dans l’allée de mon pavillon de banlieue, était dégueulasse, poussiéreuse. J’avais compris. Il arrivait souvent qu’un nuage de pluie gorgé de sable de désert se déversait sur la France, voilà ce qui avait dû court-circuiter l’électricité. L’eau avait dû être coupée car impropre à la consommation. Elle venait d’un lac situé non loin de là, il avait dû être pollué. Le ciel était encore enveloppé d’un voile marron, on devait être en plein dans la tempête, il n’était que neuf heure du matin d’ailleurs.
Les voisins étaient tous sortis, inquiets, leurs voitures ne démarraient plus, ni la mienne. Le sable n’est pas bon pour les moteurs. C’est vrai qu’à ce moment, je me rappelais de ce film avec Tom Cruise, la guerre des mondes - il était tellement sexy - les voitures étaient mortes et juste après, des bestioles étaient sorties du sol pour tout détruire. Heureusement, il n’y avait aucune de ces choses dans mon quartier.
J’avais fait un petit tour, rien n’avait changé, pas de destruction massive. Tous mes voisins, même les chieurs étaient là, à nettoyer une par une leurs roses salies. Les Jacquot portaient des masques à gaz, ils avaient l’air…débiles. On pouvait respirer assez facilement, même si ça picotait un peu la gorge, enfin bien moins qu’après une nuit passée en boite à respirer la clope. Je n’avais pas trainé, trop de saleté allaient se coller à mes cheveux et je n’avais plus de shampoing à sec.
L’électricité n’était pas encore revenu, j’avais croqué une pomme, la dernière qu’il me restait et j’avais lu le dernier magazine de mode acheté au kiosque la veille. Je vivais seule, sans animaux, je ne voulais pas m’encombrer. De temps en temps, je ramenais un homme, quand j’avais besoin d’accrocher un tableau, de changer mes rideaux ou de tondre mon bout de jardin. Ils étaient utiles dans ces cas. Il m’en aurait fallu un sous la main ce matin-là. Histoire qu’il aille aux nouvelles concernant l’électricité et l’eau. Je m’étais résoute, il fallait que je me débrouille seule dans ce chaos.
Après une heure à me préparer comme je pouvais dans ces conditions précaires, j’avais accroché un foulard sur la tête pour éviter les dégâts, mis ma parka marron afin que la poussière ne se voit pas trop, enfiler des bottes de même couleur. Et j’étais partie, un parapluie à la main.
Le quartier semblait s’être vidé, j’étais persuadée que tous s’étaient rués au magasin. Je me trompais. En même temps, comment aurais-je pu savoir. Je n’y étais pas encore arrivée. Je ne savais toujours pas. Au loin, je voyais un agglutinement, tous mes voisins regardaient au loin. Je ne voyais rien, juste un nuage noir. Il avait une forme peu commune et je ne m’en étais inquiétée.
Nous n’étions une centaine de personne, je vivais dans un petit village paisible. Mais ce jour-là, je pouvais lire l’inquiétude sur les visages. Les bras indiquaient des directions à regarder, mais avec ma petite taille, il fallait que je m’approche. « Comment on va faire », « Quelqu’un est allé voir à l’autre sortie ? », des petites phrases fusaient de partout. Je devenais de plus en plus curieuse. Que pouvait-il y avoir de si surprenant ?
Je me faufilais dans la foule. Des femmes tenant leur bébé dans les bras pleuraient. Je voyais des bribes de ce qu’il se passait. Et soudain, j’apercevais quelque chose d’étrange. Enfin non, pas exactement, j’apercevais rien justement, la route n’existait plus, le béton semblait défoncé. Je poussais les dernières personnes qui occultaient l’endroit de toutes les inquiétudes. Je n’aurai pas dû.
La route, la forêt de pin verdoyant, le lac avait laissé leur place à un trou. Un gigantesque trou béant. Ce n’était pas dû à un affaissement, non c’était pire. Un trou interminable, aussi grand qu’un océan. Paniquée, je pris la direction opposée, je n’avais jamais couru aussi vite. Mes poumons brulaient, mes yeux pleuraient. Non pas parce que j’étais triste, mais l’air était lourd, chargé de particules. Des hommes étaient déjà sur place. La route avait aussi disparu. A ce moment, je ne pensais à rien, je ne savais même pas comment réagir face à cela. J’étais juste énervée de ne plus pouvoir aller dans mes boutiques préférées avant un moment vu l’ampleur des dégâts. On connait tous la vitesse d’exécution de la DDE.
Le maire avait rassemblé tout le monde dans la salle des fêtes à 12h pour faire un point. Il avait chargé un groupe de trouver un passage qui nous reliait à la civilisation. Nous les attendions avec impatience. Je n’aurai jamais pu penser qu’après un tel évènement, nous puissions tout rester aussi calmes. Plus personne ne pleurait, plus personne de parlait. Le choc d’une telle nouvelle surement.

Après une longue attente, la porte s’ouvrit. Les hommes baissaient les yeux, leurs têtes mimaient un non peiné. Ils avaient l’air anéanti. L’un d’eux pris la parole, ses yeux brillaient, il ne savait même pas par quoi commencer.
- Je n’apporte pas de bonne nouvelle, avait-il dit après s’être éclairci la voix. Avec les gars, nous avons fait le tour et…comment dire… il n’y a aucun moyen de sortir. Il n’y a plus rien, plus de route, la forêt de Willsheimer a disparu.
- Les secours viendront à notre aide s’exclama un homme
- aucun secours ne viendra Raymond, avait ajouté l’orateur dépité.
- Nous avons pris nos lunettes de vue et jumelle et il n’y a rien à l’horizon. Nous pensons que la croute terrestre a explosé.
- Comment ça ? Elle aurait explosé et on aurait rien entendu ? C’est impossible, tu te rends compte de l’idiotie de ton hypothèse ?
- J’ai une théorie. Elle est tirée par les cheveux peut-être, je l’espère même. Mais qui se souviens de ce qu’il s’est passé hier ?
Tout le monde s’était regardé ignorant la réponse et baignant dans une incompréhension totale.
- Et si une onde de choc nous avait secoués, au point de nous faire tomber dans les pommes durant une journée entière. Le trou est profond, très profond. On n’en voit pas le fond.
- Mais c’est une catastrophe, avait crié Béatrice, une adjointe au maire. On est perdu… on va tous mourir.
L’excitation montait, les esprits s’échauffaient mais le groupe d’hommes ne nous avait pas encore tout raconté. Ils gardaient le pire pour la fin.
- Et il y a encore plus troublant avait repris Pierre, nous avons jeté un caillou, il n’est pas tombé, il s’est mis à flotter comme si la gravité n’existait plus.

Sans attendre un mot de plus, j’avais pris mes jambes à mon cou, fuyant cette salle des fêtes, certaine qu’il se trompait. Je ne pouvais pas croire que je n’aurais plus rendez-vous avec Fred, mon coiffeur. Je ne pouvais pas croire que j’allais être coincé ici avec tout ces campagnards. J’étais arrivée devant le trou avançant doucement quand une pierre avait glissé pour m’emporter non pas vers le fond mais vers le ciel. Heureusement qu’Eric était là pour me rattraper avant de rejoindre les millions de débris de notre ancien monde flottant autour de nous. Ce n’était pas un nuage noir comme je l’avais toujours cru, la poussière était en partie retombée sur le village. Des blocs gigantesques flottaient, des villages, des villes des mégapoles voir même des continents lévitaient. L’espace d’un instant j’avais imaginé que là-haut, la vie ne n’était pas arrêtée, que tous continuaient leurs petits train-train quotidien. Malheureusement ce n’était pas possible, je m’étais rappelée de mes cours de biologie, ceux où je ne pensais pas encore à draguer ou à sécher, dispensée par la vieille bique blonde qui me servait de prof qui devait être au ciel - c’était marrant cette expression, elle fonctionnait au sens propre comme figuré aujourd’hui - elle nous disait qu’à une certaine altitude, il était impossible de respirer à cause du manque d’oxygène.
*****
Je suis là, sur cette île isolée seul vestige de notre passé. J’entends les gens monter des plans afin de rationner la nourriture du Super U, encore intact, je les entends repenser notre mode de vie, j’entends leur ton résigné, prêt à tout pour survivre. Et moi, je suis toujours là, immobile, sans larme sur les joues pour pleurer mes proches. Pourtant, un pic martèle mon cœur, un pincement douloureux. Je ne suis pas prête à accepter ce nouveau monde. Comment survivre sans mode, sans vêtement, sans maquillage ni électricité, je ne pense pas survivre sans facebook, sans mon forfait illimité, sans mon fer à lisser. Sans ma pédicure et ma manucure du jeudi, sans mon diner au restaurant le mardi soir et sans toutes les petites choses si importantes à mes yeux. Je ne veux pas travailler la terre pour manger, ni laver mes vêtements au puits où l’eau « par miracle », selon le maire, coule encore.
J’avance doucement, acceptant mon futur. Je me sens légère, je flotte, je m’envole vers mon paradis loin de cet enfer qui bouleverse ma vie.

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Cry Noir
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 14:30

Ouah ! Shocked

Alors là, je suis sur le derche. Je suis pas du genre à faire des éloges mais là, honnêtement c'est tout ce qui convient. Quand je pense aux films catastrophes du samedi après-midi...
Un grand bravo à tous les participants, les textes sont tous de très haute volée.
Chacun apporte sa patte et son originalité propre à un sujet pourtant rabaché ses derniers temps, et je dois dire que tout le monde s'en tire avec les honneurs.

Bon, j'avouerai que je n'ai pas hésité très longtemps avant de faire mon choix pour le vote, néanmoins je salue le travail de tous, et que le meilleur gagne cheers
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 15:04

Abusé ouais. J'étais certain que j'allai voter pour moi, car je ne pensais pas trouver mieux, j'étais ultra fier de mon texte, mais il y en a un autre que j'ai tellement adoré que j'ai dû lui donner ma voix !
Bon même si ça ne colle pas trop au sujet ( le réveil, la vision du monde dévasté, toussa...), c'était tellement Stephenkingien que le maître pourrait utiliser cette idée pour son prochain best-seller. Je sais qui est l'auteur ( et ouais, j'arrive à vous reconnaitre ), et je le félicite ! Belle imagination, c'était magnifique !

Et je remercie l'auteur du texte numéro 2 d'avoir fait mourir Franck Ribéry, tu as réalisé un de mes fantasmes.
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 15:43

D'après ce que j'ai lu, s'il y a un texte qui risque de faire banqueroute, c'est le mien... Ainsi j'ai longtemps hésité : voter pour mon texte (j'aurais au moins une voix comme ça...)
voter pour le texte qui franchement pour moi est un "coup de coeur"

Ma décision est prise, quitte à avoir 0 votes, j'opte pour le texte que j'ai vraiment préféré. je trouve l'idée vraiment originale, il fallait y penser. Un moyen de mêler fin du monde et humour sans oublier le plaisir d'écrire...
Et pourtant je dois dire que j'ai vraiment hésité... Ce qui n'a rien d'étonnant puisque je vient à peine de lire Percy Jackson (si avec ça vous ne savez pas pour quel texte je vote...)

Merci à tout les auteurs, je dois dire que je me suis vraiment régalé...
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 16:21

Bravo à tous, j'ai beaucoup aimé tous les textes, chacun développe ses propres idées qui sortent de l'ordinaire (pas de zombies pour une fois !), je pense qu'on a prouvé qu'on pouvait faire du neuf avec un sujet déjà maintes fois traité.

Moi aussi j'ai voté pour mon "coup de coeur", le texte qui m'a plu à la première lecture, je n'ai pas hésité longtemps (et tant pis pour le résultat du mien, de toute façon l'essentiel est de participer, j'ai adoré l'exercice de devoir écrire sur un thème imposé, vivement le prochain concours !).

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Dim 25 Mar 2012 - 23:44

J'arrive à reconnaitre (je pense) au moins 3 auteurs. Les textes sont franchement pas mal, et franchement, vous me faites flipper. Comment peut-on inventer des histoires pareilles hein ;-)



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milivice
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 17:53

Je ne sais vraiment pas pour qui voter...

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Iron
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 18:40

Seulement 5 votes, allez, viendez les gens, viendez ::rolling::

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 19:05

Ouah, y a des fin du monde sacrément farfelues ! Je ne sais pas s'y j'aimerais y survivre XD

J'ai un peu de mal à choisir le texte pour lequel je vais voter... Au début je pensais voter pour le mien, parce que c'est ma première participation à un concours, pour sauver mon honneur lol, mais finalement j'ai trouver d'autres textes plus dignes de mon vote ^^

Je félicite tout le monde pour avoir trouvé des fin du monde plus terribles les unes que les autres XD Et j'espère que vous aimerez mon texte (que j'ai coupé court (mais par choix hein, pour l'effet, parce qu'il me restait une bonne heure avant la date limite vous savez XD))

PS : je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que deux auteurs ont visiblement une dent contre la Corée du Nord :p

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Eh oui, je philosophe XD
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Iron
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 21:17


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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 21:25

Fan de cette image
Moi, il me reste deux textes à lire avant de me lancer dans la grande question du pour qui voter.

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J'ai un trous à l'intérieur, est-ce normal ?
Je ne peux le combler, ça fait mal.
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Lun 26 Mar 2012 - 21:44

Choisir c'est renoncer... MAIS C'EST TROP DUR ::wall:: !!!

Je vote pour le numéro BIP.

En attendant meilleur titre : Sacrés petits hommes rouges ::lol:

Fin du monde la plus réaliste : texte 6.

On fait un mixe des deux, je te proposes ,chère inconnue (je prends le pari que pour prendre comme personnage une fille, tu en est une), de le baptiser sacrés petits coréens.

Sinon je crois que j'ai grillé Ilàan et Abigaelle.

P.S: Don't do it Iron !!!!!!!!!!!!!!
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Mar 27 Mar 2012 - 0:52

J'adore le sujet, à défaut d'avoir pu y participer je vais prendre grand plaisir à lire vos textes, j'en suis sûre Wink Et peut-être relever le défi malgré tout, ça restera un bon exercice !

édit: Je viens de terminer la lecture des textes, on peut dire qu'y a du niveau ! Je comptais en lire 2 et aller me coucher mais je n'ai pas pu m'arrêter :/ Vraiment pas évident de n'en choisir qu'un, j'ai pas mal hésité mais je vais voter pour celui dont le style m'a le plus plu, à défaut de pouvoir les départager par l'originalité de l'histoire.
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Mar 27 Mar 2012 - 17:19

iiiiiiiik quel choix difficile! le niveau monte de concours en concours!
après une longue hésitation entre le 3 et le 4, j'ai fini par voter...

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Ven 30 Mar 2012 - 14:36

Ouiiiiin personne ne vote pour moi XD Les gens n'aiment pas le réalisme, snif. Vais-je finir ce concours (mon premier, je le rappelle) sans le moindre vote ? Pas très encourageant pour participer dans le futur XD Mais ça ne m'empêchera de penser que mon texte est trop bien, mouhahaha ! *part dans son délire de future maîtresse du monde par le lavage du cerveau de la population terrestre à travers la lecture de ses supers futurs livres de ouf qu'elle écrira un jour... ou pas*

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Ven 30 Mar 2012 - 14:57

Attention, il ne faut pas révéler qui est l'auteur d'un texte avant la fin des votes ^^

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Ven 30 Mar 2012 - 15:00

Ne t'en fait pas, il est très bien ton texte. Le problème est qu'il faut choisir ^^
Chacuns ont des particularités appréciables, alors comment départager hein?

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Ven 30 Mar 2012 - 15:02

Hellwing: Euh je les ai tous reconnu les auteurs ^^ à force de lire vos écrits on décèle vite vos pattes.

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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Ven 30 Mar 2012 - 17:54

Ne t'inquiète pas, Louisesnape, les résultats des concours sont la plupart du temps étranges et incompréhensibles. Ne les prends pas comme un jugement, au contraire, tu peux même t'en moquer.
Les lecteurs d'ici ont des thèmes d'affection qui se rejoignent, et qui ne seront pas forcément les tiens. Tu leur mets un texte de Camus, ils le bouderont pour apprécier Eddings. L'échantillon de l'AE ne reflète pas la réalité du monde.
Prends les concours, plus comme quelque chose pour te tester, un travail forcé sur lequel tu peux développer pour toi-même, et au final, les résultats sont insignifiants.

Si on envoie nos textes à un jury professionnel, d'une maison d'édition reconnue, là par exemple, on aurait un résultat un peu plus valide. Ici ? Tu peux féliciter le vainqueur et te remettre au boulot sans que ça influe sur la suite de ta carrière !
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    Sam 31 Mar 2012 - 9:20

En même temps si faut que tu gagnes à chaque fois lol!
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MessageSujet: Re: concours n°29 - votes    

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concours n°29 - votes
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