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 concours n°32 - votes

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Texte n°2
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Niko
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MessageSujet: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:52

Voici les textes proposés pour le concours n°32.
Bonne chance à tous !

Vous avez jusqu'au 21 juillet 20h pour voter.

Texte n°1 :

Les perles du bac - Épreuve de communication.

Réécrivez ce texte afin de le rendre explicite, autant de façon syntaxique que sémantique, en éliminant détours et faux-fuyants.
Citation :
– Alors, les rumeurs sont nombreuses, sont assez contradictoires entre elles ; et les téléspectateurs, en toute franchise, ont non seulement envie de savoir, mais aussi d'avoir quelqu'un à soutenir, quelqu'un qui leur montrerait le chemin à suivre... Voudriez-vous, si vous le souhaitez, nous dire si vous vous considérez comme capable d'endosser cette responsabilité ?
– Eh bien écoutez... Il est évident que je me sens capable de responsabilités. Toutefois, la question n'est pas de savoir si je ressens ces capacités ; car nonobstant les ordes, les iniques diffamations qui courent à mon sujet, ainsi que l'élégance et la gracieuseté dont vous entourez vos interrogations, je crois comprendre que vous me demandez simplement si je me présente aux élections ; mais bien de connaître la vérité en ce qui concerne ceux qui ce sont tantôt présentés. En effet, ces candidats, que je ne citerais pas, ont-ils, eux, les aptitudes nécessaires pour diriger la France ? Parce que, s'ils n'ont pas ces compétences, est-il vraiment utile de parler des miennes et non des leurs, sous-entends-je de me critiquer alors qu'ils ne proposent pas mieux ? Parce que, tandis qu'ils jasent et qu'ils ne font qu'attenter aux programmes des autres candidats, et même, je le précise, des potentiellement candidats, qui, pendant ce temps, s'occupe des français, de leurs envies, de leurs soucis ?
– D'accord... Mais alors, que pensez-vous de cette nouvelle réforme qui s'adresse aux...

Perle N°1 :
Je m'assieds lentement, doucement, savourant ce moment. Le tissu de la chaise épouse mes formes sans résister, il me salue à sa façon, il m'accepte ; enfin, enfin à moi ! Adieu Laurence, adieu petite blondasse bouffie d'orgueil ! Tu as bien fait de démissionner, je t'aurais écrasée, laminée, donnée à bouffer à mes chiens ! C'est moi, moi seule qui mérite cette place, je suis la meilleure journaliste, je fais le plus de ronds de jambe, je me suis fait engrossée par le vieux schnoque ! Je suis toujours là, retenez-le bien, tous, la présentatrice du 20 h, c'est moi, c'est moi et personne d'autre !

Je débarque en trombe sur le plateau télé. Une horde de maquilleuses vient m'emmerder, mais je me laisse pomponner, pour leur faire plaisir. Il faut contenter le peuple. Enfin, il faut surtout en avoir la réputation. Chazal m'attend déjà, elle me regarde, je le sais, du coin de l’œil, avec un sourire féroce. J'ai l'air de lui plaire, à la cougar, elle n'est pas mal non plus, avec son chemisier moulant. Libéré des sangsues, je la rejoins, on s'embrasse, on rit, on parle famille, c'est la fête à l'hypocrisie. J'aimerais plutôt lui faire sa fête. Le JT commence dans une minute, précise l'équipe. Pas si je me mets à râler. Je râle. L'éclairage est vraiment mauvais ; si si, je vous jure.

Qu'est-ce qu'il a à me reluquer, l'incontinent ? Il fout le bordel sur mon plateau, il retarde ma gloire. Je te préviens, arrête tout de suite les paroles mielleuses et la frime, tu n'es qu'une façon de me hisser au sommet. Toi, on ne t'aime pas, comme tous les politiques, alors que moi, je suis un fantasme pour la moitié de la France. Je vais te ridiculiser avec mes questions, surpris, ébahi, ébaubi, je te laisse le choix. Je l'ignore superbement, relisant mes notes, me léchant les lèvres histoire de le déconcentrer un peu plus. Le soi-disant problème de lumière est réglé, autant dire pas de différence entre avant et maintenant. On me signale le temps restant. Cinq, je me redresse. Quatre, j'installe sur mon visage une expression ravie. Trois, je sens l'excitation monter en moi. Deux, je m'enivre de la volupté qui m'envahit.
Un, oui, va-y...

– ...Alors, les rumeurs sont nombreuses (et chiantes), sont assez contradictoires entre elles ; et les téléspectateurs (oh, mes fans...), en toute franchise (tu parles), ont non seulement envie de savoir, mais aussi d'avoir quelqu'un à soutenir (soutenir ce vieux con ?!), quelqu'un qui leur montrerait le chemin à suivre (c'est bien, mets-lui la pression)... Voudriez-vous, si vous le souhaitez (là, t'es obligé de répondre), nous dire si vous vous considérez comme capable d'endosser cette responsabilité (rêve !) ?
– Eh bien écoutez (je vois où tu veux en venir, coquine)... Il est évident que je me sens (chaud bouillant) capable de responsabilités. Toutefois, la question n'est pas de savoir si je ressens ces capacités ; car nonobstant les ordes, les iniques diffamations qui courent à mon sujet (pour un jeu de dupe), ainsi que l'élégance et la gracieuseté (voir sous ta jupe) dont vous entourez vos interrogations, je crois comprendre que vous me demandez simplement si je me présente aux élections (ça t'en bouche un coin, hein ?) ; mais (qu'est-ce que je voulais dire, déjà...) bien de connaître la vérité en ce qui concerne ceux qui se sont tantôt présentés (attaque sur les concurrents, pas mal !). En effet, ces candidats, que je ne citerais pas (ils sont deux, cherchez un peu), ont-ils, eux, les aptitudes nécessaires pour diriger la France ? Parce que, s'ils n'ont pas ces compétences, est-il vraiment utile de parler des miennes et non des leurs, sous-entends-je de me critiquer alors qu'ils ne proposent pas mieux (et pan, l'embrouille !) ? Parce que, tandis qu'ils jasent et qu'ils ne font qu'attenter aux programmes des autres candidats, et même, je le précise, des potentiellement candidats, qui, pendant ce temps, s'occupe des français (hop, le public dans la poche), de leurs envies, de leurs soucis (c'est pas bibi) ?
– D'accord (c'est pas ce que je t'ai demandé, ducon)... Donc, si je comprends bien votre raisonnement, ceux qui ne feraient que s'agresser entre eux ne seraient (conditionnel, moins de bourdes) pas dignes de présider ?
– ... (et meeerde). Attendez, ce n'est pas vraiment ce que j'ai dis (j'suis dans la meeerde), je pense que vous détournez mes propos, ce qui ne me semble pas très professionnel de votre part.
– Oh, vous savez que je ne m'en permettrais pas (je vais me gêner, tiens !). C'est ce que vous avez dit, je vous l'assure (va-y, Claire, achève-le !)
– Non, écoutez, je...

Il est aux abois ! Surtout, ne t'arrêtes pas, il va finir par craquer ! Je vois les gouttes de sueur dégouliner de son crâne luisant, ses yeux fouillant les coulisses à la recherche d'un soutien, il bafouille, il s'embrouille, le vieux pervers. Je me penche à nouveau, son regard le trahit et plonge dans mon décolleté. Je pose une nouvelle question, le pousse dans ses retranchements. On me fait signe, l'audience grimpe en flèche. À partir d'aujourd'hui, plus rien ne pourra me contenir, je suis la meilleure, je suis invincible ! Continue, continue, abats ce misérable, mets-le à terre ; continue, continue...

Mais c'est qu'elle m'emmerde, la journaliste ! Je suis en train de perdre toute crédibilité auprès des téléspectateurs, et demain, aux journaux, à la radio, partout ; je vais me faire lyncher ! Je peux d'ores et déjà dire adieu à la politique, c'est trop tard pour me rattraper ! Tout ça à cause d'une pimbêche qui ne peut pas rester à sa place, et allez qu'elle sourit, qu'elle me nargue, qu'elle me coince ! Elle le sait, elle sait qu'elle va s'en tirer à merveille. Pas si j'arrive à la gifler. Je la gifle. Sa tête était vraiment mauvaise ; si si, je vous jure.
Avec une bordée d'insultes bien senties, je me tire de ce plateau maudit. Les vigiles ne comptent pas me laisser partir aussi facilement. J'en ai rien à cirer, c'est fini, c'est foutu, vous m'entendez. Va te faire voir, toi, toi aussi, allez tous vous faire voir.
– Allez tous vous faire... crié-je, avant qu'un poing massif ne vienne m’assommer.


Perle N°2 :
« Mesdames et messieurs, à cause de raisons techniques, nous ne sommes pas en mesure d'assurer la présentation de votre journal télévisé aujourd'hui ; celui ci reprendra son cours normal dès demain. Veuillez nous excuser de ce problème occasionnel, bonne fin de soirée. »

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Gandalf
-Je... Je n'arrive pas à y croire ! -C'est pour ça que tu échoues...
Star Wars, Episode V, L'Empire Contre-Attaque

Vous avez un nom qui commence comme une caresse et fini comme un coup de cravache. Cocteau à Marlène Dietrich


Dernière édition par Niko le Dim 8 Juil 2012 - 21:00, édité 1 fois
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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:53

Texte n°2 :

Les Dieux du Dehors


Le passage s’était ouvert, comme une plaie béante entre les basses dimensions et une minuscule planète, prénommée Terre par ses habitants. Le portail était ridiculement chétif et hautement instable. Un seul être pourrait passer par cette faille tremblotante. Restait maintenant à savoir qui profiterait de cette aubaine.
Les choses peuplant les plans inférieurs s’assemblèrent sous les cieux déchirés et exsangues de Carcosa, cité impie à l’architecture malsaine et bancale. Ils venaient déterminer qui pourrait s’échapper de cette prison où les Rêveurs de Kadath les avaient condamnés à errer jusqu’à ce que la mort elle-même ne soit plus.

Les Chtoniens au pâle corps vermiforme arrivèrent les premiers, suivis des Byakhees étendant leurs ailes immenses et membraneuses. Puis ce fut le tour des Shantak et des étranges Fungi. La Meute de Tindalos les talonnait, alors que derrière eux, rampaient les immondes goules aux visages pourrissants. S’avancèrent enfin les Grandes Ténèbres, les Dieux du Dehors ; Manoo Yood Sushai, Nigguray Shub, Yog Tawil At’Umr, le Corrupteur et, fermant la marche, le Messager. Et les choses assemblées baissèrent le regard devant les seigneurs de Carcosa. Car si, selon les antiques lois, la voix d’un Chtonien valait celle d’une des Grandes Ténèbres, tous savaient en réalité qu’il n’en était rien et que celui qui passerait le portail serait l’un des puissants Dieux du Dehors.
Manoo Yood Shushai, le Chaos Idiot, celui que l’on disait avoir créé l’univers entier dans un accès de démence, s’exprima le premier. Les autres dieux avaient revêtu l’apparence du peuple qu’ils s’apprêtaient à conquérir. Manoo Yood Shushai n’avait pas d’avatar humanoïde. Il était trop inepte pour cela. Il déploya la masse informe et cyclopéenne qu’était son corps. Ses pensées résonnèrent dans les esprits, brisant la conscience de quelques Shantak au passage. Son discours était incohérent, comme à l’accoutumée. Les Dieux du Dehors durent contenir leur impatience, alors que les habitants des basses dimensions s’agitaient, mal à l’aise.

Nigguray Shub intervint alors. Celle aux Milles Rejetons avait pris l’aspect d’une femme humaine aux courbes voluptueuses. Mais nul n’était dupe, car dans son ombre grouillaient griffes sanglantes, crocs acérés et tentacules ignominieuses. La Mère Obscure peignit à tous ce qui arriverait s’ils laissaient Manoo Yood Shushai passer le portail. Il étendrait son emprise sur la Terre avant d’oublier pourquoi il était là. Et Carcosa resterait à une cité prison dont nul ne s’échappait. Nigguray Shub parla de ses milliers d’enfants et de l’esprit malléable des humains. Si ceux des basses dimensions lui accordaient leur vote, elle ferait en sorte que les pathétiques habitants de la Terre se soumettent et ouvrent de nouvelles failles afin que tous les reclus de cet abject plan puissent recouvrer la liberté.
La Mère Obscure avait de l’éloquence. Le Messager se rapprocha donc de Celui en Jaune, le Corrupteur. Il chuchota des paroles suaves à l’oreille du Maître de l’Aliénation. Seul Celui en Jaune était apte à répandre la folie parmi les faibles. Avait-il oublié le plaisir raffiné de torturer une conscience jusqu’à ce qu’elle sombre dans l’égarement le plus complet ? Le Corrupteur frissonna à ces mots, se remémorant le bouquet exquis de l’insanité. Il coupa la parole à Celle aux Milles Rejetons pour réclamer à tous leur vote, promettant de leur faire goûter l’extase vertigineuse née la saveur des milliers d’âmes qu’on fait voler en éclats. La mère obscure n’apprécia pas l’intervention. Abandonnant son avatar, elle reprit sa forme réelle, masse sombre pullulant de monstruosités répugnantes et se jeta sur le Corrupteur. Celui en Jaune laissa tomber ses haillons couleur or pour montrer à Nigguray Shub son vrai visage, cette infamie tapie sous son masque qui avait irrémédiablement brisé tant d’esprits.

Yog Tawil At’Umr intervint. Rejetant la dépouille humaine dont il était revêtu, il déploya les centaines de sphères qui composaient son corps. Celui qui est Partout et Nulle Part à la Fois parla alors, pour peu que l’on puisse qualifier de paroles le rugissement qui emplit toutes les consciences, faisant même ployer les Grandes Ténèbres. Il ne s’abaissa pas comme la Mère Obscure et le Corrupteur à réclamer les votes des êtres prisonniers de Carcosa, non. Il montra à tous ce qu’il comptait faire une fois libéré de son abjecte geôle. Yog Tawil At’Umr, maître du temps et de l’espace, ferait éclater les liens entre les dimensions, mêlant les différents plans en un seul agglomérat où il régnerait sans partage, jusqu’à la fin des siècles, se régalant de la musique des planètes et du chant des particules.
Alors que tous méditaient ses paroles, le Messager se permit un sourire, stupide mimique humaine, mais de circonstance ici. Les autres Dieux du Dehors n’avaient qu’un avatar présent. Le Messager, Celui aux Cent Visages, en avait des milliers, répartis dans la foule, murmurant contre ses ennemis, semant le doute dans les esprits. Pourquoi voter pour Manoo Yood Shushai ? Il était idiot ! La Mère Obscure et le Corrupteur n’avaient que leurs intérêts en tête ! Quant à Yog Tawil At’Umr, quel avenir y aurait-il pour la meute de Tindalos ou les fungis dans un monde unique où il régnerait en maître absolu ? Celui aux Cent Visages ne voulait qu’apporter la discorde. Et quel meilleur moyen, pour que triomphe le chaos, que d’ouvrir en grand les portes des basses dimensions et de déverser sur cette pitoyable Terre les glorieuses légions de Carcosa ? Et une fois ce monde conquis, de nouveaux passages pourraient se déployer sur d’autres planètes. Nombreux étaient les déracinés se languissant de leur plan d’origine.

Le Messager, que les humains en des temps lointains nommaient avec terreur « le Maître du Désert » et « le Chaos Rampant » s’avança alors. Il n’exigea sa voix de personne. Il appela simplement à ne pas voter pour les autres. Les Dieux du Dehors s’agitèrent à ces paroles. Une vague d’agacement, nouveau sentiment très humain mais parfaitement approprié à la situation, parcourut le Messager. Ils n’avaient rien compris ! Les âmes étriquées des Byakhees, des goules et des autres captifs n’avaient pas besoin de se repaître de folie ou d’annihiler les dimensions. Ils voulaient l’espérance de pouvoir quitter un jour cet ignoble bagne où les Rêveurs les avaient piégés. De l’espoir, seul le Messager leur en avait apporté. Le Chaos Rampant n’eut pas à les appeler à voter pour lui. Ils le firent d’eux-mêmes.



Le Messager leva les yeux vers le ciel. Bleu, quelle étrange couleur. Il regarda autour de lui. La Terre avait bien changé depuis sa dernière venue. Quelques passants dévisagèrent avec curiosité cet homme énigmatique, à la peau noire comme la nuit, avant de baisser la tête avec crainte. Le Messager sourit. Le Seigneur du Désert, les humains n’avaient donc pas totalement oublié ce pharaon d’ébène qui faisait trembler les puissants et courber l’échine des faibles.

Il fit quelques pas, goûtant sa liberté retrouvée. Il se demanda si le Dormeur était encore là-bas, dans sa cité sous les eaux, rêvant du temps où les hommes le vénéraient. L’heure de son réveil approchait. Il allait lui aussi profiter de la discorde à venir. Alors qu’il dépassait un nouveau groupe d’humains, le Messager capta quelques pensées émanant de ces fragiles créatures. Cinq cent signatures, candidatures, présidence, élections. Il avisa des panneaux métalliques étalant sans vergogne des affiches aux couleurs criardes. Un sourire étira ses lèvres. Il avait vaincu les autres Grandes Ténèbres, mystifier une poignée d’humains aller être aisé. Comme ceux de Carcosa, ils voteraient pour lui sans même qu’il ait à le demander. Et le chaos qui suivrait n’en serait que plus délectable.

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:54

Texte n°3 :

Arnaud marchait à grands pas dans la rue déserte. Il serrait son manteau contre son corps frêle mais cela ne suffisait pas à braver le souffle glacial du vent. Il avait un rendez-vous important et c’était la seule chose qui le faisait sortir par ce froid.

Il pénétra bientôt dans un petit bâtiment qui passait presque inaperçu au milieu des autres maisons. Le couloir n’était pas très bien éclairé mais Arnaud connaissait les lieux, ainsi il poussa la dernière porte sans hésitation. A l’intérieur, un homme était allongé sur un vieux canapé. L’homme lui-même n’était pas tout à fait neuf. Il se releva un peu en voyant le jeune garçon entrer.

Arnaud retira calmement chapeau et manteau qu’il déposa sur le dossier du canapé, faute d’endroit plus approprié.
— T’en as mis du temps !
Le vieil homme bougonnait mais Arnaud savait bien que c’était amical. Le jour où il ne râlerait plus, il faudrait penser à l’emmener voir un médecin. Le jeune garçon sourit et vint s’asseoir devant le canapé.
— Il faut qu’on s’organise.
C’était là une évidence. Personne ne pouvait monter un tel coup sans un minimum d’organisation. Aucun des deux ne parla pendant un moment. Ils avaient bien une ébauche de plan mais fallait-il réellement en discuter ?

Voilà trente ans, trente ans que le pays était gouverné d’une main de fer, alors comment un jeune garçon et un vieil homme pouvait-il changer les choses ?
— D’façon on peut plus r’culer maintenant.
Arnaud acquiesça d’un hochement de tête, ce n’était pas pour ça qu’il n’était pas mort de peur. L’homme l’était aussi mais pour rassurer le gamin, il essayait de paraître serein.

Il se releva enfin entièrement, haleta un moment et commença à se préparer pour sortir. Le garçon quitta la maison quelques minutes avant lui. Cette mesure de précaution paraissait dérisoire par rapport aux risques qu’ils allaient prendre mais ils y tenaient.

Arnaud retourna d’où il venait. C’était en tout cas l’impression qu’il voulait donner. Tout en marchant, il essayait de se remémorer les étapes de leur plan. Il n’était plus si sûr d’y arriver, l’avait-il vraiment été ?

Il y a trois décennies déjà, un homme était arrivé au pouvoir par des moyens tout à fait légaux. Cet homme, favori des élections, les avait remportées dès le premier tour en obtenant la majorité absolue. Des scènes de liesse avaient alors éclaté à travers tout le pays pendant plusieurs semaines. Celui qui se disait le président du progrès et du renouveau était véritablement perçu comme un dieu. Ses discours donnaient lieu à des messes immenses et étaient diffusés par tous les moyens de communication.

Lorsqu’il était plus petit, Arnaud admirait ce grand homme pour son éloquence qui captivait les foules. Il aurait tant aimé être le même, pouvoir attirer les regards sur lui, compter, être important aux yeux de milliers de gens. Il n’était personne. Et il était seul.

Cette admiration s’était peu à peu muée en dégoût. En grandissant, Arnaud avait fini par comprendre ce que cachaient les belles paroles. L’homme du progrès n’en était pas un, il représentait tout le contraire. C’était avec des méthodes du passé qu’il avait assis son pouvoir.

Arnaud n’était pas la seule personne à s’être rendu compte du subterfuge. Après douze années de règne, le pays tout entier avait compris qu’il s’était fait roulé. Mais il était trop tard. L’homme d’un mandat, puis de deux, avait été élu président à vie au début du troisième. Encore une fois, il l’était devenu démocratiquement et le peuple avait été enthousiasmé à cette idée. Arnaud n’avait que quelques jours à cette époque. Il n’avait donc jamais vécu les années de règne heureux. Tout ce qu’il savait sur cette période, il l’avait vu à la télé.

Depuis qu’il était devenu président à vie, l’homme avait multiplié les atteintes à la démocratie. Cependant, pour éviter d’avoir des problèmes avec les autres pays, tous les cinq ans, étaient organisées des élections présidentielles. Truquées. Et ce n’était pas un secret d’état puisque ces élections ne présentaient qu’un candidat. Toute concurrence était interdite par une loi votée et acceptée lors du deuxième mandat du président. Le pays s’était pour ainsi dire, piégé lui-même.

Arnaud marchait toujours. Il savait que le vieil homme était sorti maintenant. C’était bientôt le grand moment. L’immeuble qui se dessinait sous ses yeux, au fur et à mesure de ses pas, était immense. Peut-être le plus grand qu’il ne lui avait jamais été donné de voir.

Son principal souci à cet instant, c’était d’y pénétrer. Le vieil homme devait faire diversion. La partie la plus délicate de leur plan se trouvait là. Il fallait que le vieil homme joue la comédie en s’attaquant aux gardiens de l’entrée tout en évitant de faire remarquer Arnaud. Cette technique de distraction était vieille comme le monde mais le président lui-même n’était-il pas un homme du passé ?

C’était d’ailleurs pour le contrer à armes égales que les deux alliés avaient décidé de s’introduire dans ce bâtiment, lieu de diffusion de la seule chaîne de télévision du pays. Là encore, rien d’original, un dictateur ne peut se permettre d’être contredit par des média qui lui seraient contraires.
Alors qu’il était encore à une vingtaine de mètres, Arnaud aperçut le vieil homme. Celui-ci était prêt à prendre tous les risques pour voir leur mission réussir. Il entra dans le bâtiment par la porte principale. A l’extérieur, et le plus discrètement possible, Arnaud attendait. Quelques instants plus tard, son complice fut éjecté par un garde. Il se releva et commença son véritable numéro d’acteur. Arnaud ne pouvait entendre ce qui se disait mais bientôt, trois autres gardiens sortirent.

C’était le moment où jamais. Arnaud s’approcha du bâtiment. Les gardes, légèrement excentrés grâce à l’action du vieil homme, ne virent pas le jeune garçon se faufiler par la porte. La partie n’en était pas gagné pour autant, loin de là. Dans le hall éclairé par les néons blafards, une femme se trouvait assise derrière le comptoir. Impossible de l’éviter mais les deux compères avaient prévu une stratégie.
— J’ai rendez-vous ici, commença-t-il, les vigiles m’ont laissé passer.
C’était culoté. Il fallait oser mais le stratagème fonctionna parfaitement. La dame ne posa aucune question et lui indiqua la direction des ascenseurs. Ça en devenait presque trop facile.

En essayant d’avoir l’air naturel, Arnaud emprunta les escaliers, plus facile pour s’échapper. Il savait très bien où il se rendait, dernier étage, c’était le studio d’enregistrement.

A mi-parcours, il entendit du bruit quelques étages en dessous. L’avait-on repéré ? Dans le doute, il accéléra le pas, les escaliers étaient peut-être plus sûrs mais beaucoup moins rapides. Les bruits se rapprochaient à une vitesse folle. Arnaud courrait maintenant aussi vite qu’il le pouvait. A plusieurs reprises, il trébucha mais l’envie d’arriver là-haut était la plus forte.

Lorsqu’il parvint au couloir du dernier étage, trois hommes finissaient de grimper les escaliers et deux autres l’attendaient devant l’ascenseur ouvert. Il n’y avait qu’une porte à cet étage, celle du studio, son but. Au point où il en était, Arnaud n’avait plus d’autres solutions que de continuer à courir. Ce qu’il fit.

Les deux hommes sculptés comme deux armoires à glace ne s’attendaient sûrement pas à ce qu’un si frêle garçon leur fonce dessus. Pourtant, il n’hésita pas une seconde. Les deux vigiles le cueillirent comme une fleur, au milieu du couloir. Ils ne l’avaient pas encore tué mais cela ne saurait tarder. N’ayant plus rien à perdre et surtout désespéré à l’idée d’échouer dans sa mission, Arnaud se débattit comme il le pouvait. Il mordit profondément la main d’un de ses agresseurs qui le lâcha.

Arnaud tomba sur le sol mais se releva aussitôt. Il détala vers le fond du couloir et se jeta littéralement sur la porte. A l’intérieur, un programme en direct était en cours de diffusion. L’heure n’avait pas été choisie au hasard. Sur le plateau de tournage, un présentateur était en train de débiter un texte à la gloire du président.

Toujours poursuivi, Arnaud se jeta devant les caméras. Il atterrit parmi les papiers sur la table de l’homme. Les caméramans, surpris, n’eurent pas le temps de réagir alors qu’Arnaud commençait à parler, les yeux dans ceux des téléspectateurs.
— Si la contestation n’est pas permise alors je conteste…
Les deux gardes pénétrèrent dans le studio.
— Nous avons mis notre président au pouvoir, nous pouvons l’en retirer…
Arnaud ne pensait plus à rien d’autre qu’à dire son texte. Peut-être que personne n’allait le suivre dans son action mais son message serait écouté à travers tout le pays. D’autres pourraient se joindre à eux. Le vieil homme le croyait sincèrement. Lui, l’espérait de tout cœur.
— Votez pour moi…
L’un des gardes sortit son arme de son holster et tira en direction du jeune garçon qui offrait une cible facile. La balle fila droit à son but et transperça de part en part le buste du garçon.

Pas de fin heureuse pour un héros isolé. Arnaud allait mourir là, étendu sur une table face aux caméras, face aux téléspectateurs qui ne pourraient que constater l’échec d’une rébellion. Personne ne s’opposait au président sans y laisser la vie.

La seule chose à faire maintenant pour tous ceux qui avaient entendu le message d’Arnaud, était de l’oublier et de voter en faveur du seul candidat aux élections qui se préparaient.

Comme d’habitude. C’était mieux pour tout le monde.

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:55

Texte n°4 :

De l'écologie en France...


20 Avril 2158

Faire l'apologie de la démocratie. Loin de moi cette idée ! “Votez pour moi” quels jolis mots, aussi doux que stupides !

Entendez mes paroles, tous qui désirez la survie de la race humaine ! Demander au peuple de voter, quelle ineptie. Nos prédecesseurs, aussi illustres qu'imbéciles, prêchaient la démocratie comme la liberté et l'égalité. Sottises ! Nul n'est libre en ce monde. Nul ne sera libre tant que la nature ne règnera pas. Le peuple... Comprenez par ces mots, la masse humaine stupide, ces êtres immondes et décervelés qui vivent parmi nous. Laisser choisir ces individus si ignares qu'abrutis ? Jamais plus grave erreur n'a été commise. Cette ineptie est une faute sans nom. Le second péché, non plus originel mais communiste.

Communiste ! Ces hommes grandioses, ces génies sans noms, capitalistes comme ils se prétendent, tous communistes. Eux qui dénoncent avec force conviction et une ardeur remarquable les travers du marxisme. Tous communistes ! Les droits de la société, la justice, les avantages doivent être communs à tous. Voilà ce qu'ils prétendent. Voilà ce qu'ils proposent ! Il faudrait, à les écouter, laisser décider ceux qui, trop bêtes pour penser, s'imagine qu'ils vivent alors qu'ils ne font qu'être manipulés, dirigés, guidés.

Ces hommes qui dénoncent les travers communistes je les en accuse avec violence et raison ! Écologiste, voilà ce que suis. Moi. À ceux qui me taxerait d'Idéaliste je réponds qu'ils ne méritent pas que je m'intéresse à leurs propos. Je vais leur répondre, néanmoins. Pour vous. Pour tout ceux parmi vous qui seraient curieux de savoir ce que je pense de leurs sottises. Je ne dirais qu'un mot : réalité. Idéalistes critiquent-ils. Mais ce qu'ils croient être un idéal, j'en fait pour ma part une réalité. Réaliste, voilà ce que je suis. Réaliste, avant même d'être écologiste ! Seulement, voilà ce qui les dérange : ce que je vois comme une réalité ils le voient comme un danger. “Pourquoi ?” me demanderez-vous... Très simple encore est la raison. Ma réalité est on ne peut plus réelle, un pas seulement nous en sépare, mais dans cette réalité il n'y a pas de place pour ces capitalistes proclamés. Capitalistes ? De sales coco oui ! Voilà de quoi il s'agit !

Écologiste donc disais-je, c'est bien ce que je suis. Derrière ce terme se cache le désir, simple, que la planète redeviennent la maîtresse en ses terres.

Mais que suis-je donc à même de vous proposer ? Puisqu'ils ont imposé le vote comme condition pour arriver au pouvoir, je suis dans le regret de devoir vous exhorter à voter pour moi. Des mots qu'il me pèse de prononcer mais que je vous conjure d'entendre.

Moi président, je saurais ramener le monde à l'état de nature. La seule idée de nature est mon idéal, ma réalité. La nature est la déeese qui me pousse à vous transmettre son message. Un message de paix et de liberté. Une liberté naturelle et non pas fondée de toutes pièces et par là même illusoire.

Notre monde compte aujourd'hui sept millions d'hommes et de femmes. Des hommes et des femmes sous le joug des lois humaines, faillibles et injustes. La seule loi qui mérite d'exister est celle que je vous offre. La loi de la nature.

Notre Terre se meurt, étouffée sous nos pieds. Em ce monde, trop de faibles subsistent gênants et inutiles. Chacun se doit d'apporter contribution à l'humanité ! Seuls méritent de vivre ceux qui sont intéressants pour notre monde, pour la survie de l'espèce. Trop d'hommes et de femmes, pour autant qu'ils puissent encore être désignés ainsi, vivent en parasites. Il n'y a pas de place sur terre pour de tels parasites ! Un seul châtiment leur doit être proposé. L'extermination !

Moi président, je m'engage à redonner la vie aux jeunes. Notre société croûle sous le poids de l'âge. Quand règnera la loi de la nature, nul ne vivra plus de huit dizaines d'années. Passé cet âge, ces gêneurs de la société devront être éliminé.

Là, un autre problème se présente. Que faire de nos défunts ? Mon âme charitable m'interdit de vous servir à nouveau ces mots de “moi président”. Je ne m'abaisserais pas, en effet, au niveau de l'un de mes si illustres prédecesseurs qui ne pouvait s'empêcher de nous offrir ce genre d'auto-persuasion. Quel besoin aurais-je d'ailleurs de m'auto-persuader ? Votre confiance m'honore et je ne doute pas que votre acte citoyen, s'il me parait stupide, saura me désigner comme président de la France.

Pour en revenir au problème que je soulevai il y a quelques secondes, je suggère de supprimer les cimetières. En cette vingt-sixième année de la septième république, plus personne ne va au cimetière se recueillir sur la tombe d'un proche. Cette coutume, encore pratiquée au siècle dernier, du temps de mon cher prédécesseur cité tout à l'heure, est désormais obsolète. Les cadavres qui se décomposent, faits de chair et d'os, n'en finissent pas de polluer le sol de notre Terre bien-aimée. Les os mettent bien souvent des siècles pour retourner à la terre. Il faut donc rendre obligatoire l'incinération. Plutôt que des siècles, la dépouille sera redevenue poussière en quelques minutes. En procédant ainsi, notre planète ne s'en portera que mieux.

Vous venez de l'entendre et pourrez en convenir par vous même, rien de ce que j'avance n'est inaccessible. Tout n'est que bon sens et réalisme. Oui, encore une fois il me faut insister sur ce mot. Je ne suis en aucun cas un Idéaliste, mais un Réaliste. Jusqu'au plus profond de mon être je reste définitivement persuadé que ce que je propose est la meilleure, sinon l'unique, solution pour redonner à notre monde l'éclat qu'il a perdu depuis des siècles. Vous me rétorquerez peut-être que la France n'est pas le monde, et que le choix de ma personne ne résoudra en aucun cas les problèmes de la planète dans son intégralité. Dans un sens vous aurez surement raison.

Mais voyez, regardez comme ils me traitent, comme ils m'insultent. Tous sans exception me trainent dans la boue. Le moindre des mes mots est raillé. En France le monde politique me craint, à l'étranger il m'abhorre ! Croyez moi, fidèles compagnons, de la haine au respect puis à l'imitation il n'y a qu'un pas. Et ce pas nous allons le franchir ensemble ! Ensemble !

Depuis des millénaires, la France a été un modèle pour le monde. Il est temps que le modèle français s'impose à nouveau. Bientôt, le monde s'agenouillera devant nous. Bientôt, le monde entier saura que nous seuls avons la clé de la survie de l'humanité ! Bientôt, mes amis, la nature reprendra le dessus. Le moment approche où nous autres, écologistes, vivrons notre rêve. Le jour est proche où règnera la loi de la nature !

C'est donc avec amertume que je vous supplie, tous, de voter pour moi, et de faire le choix de la raison. Avec amertume dis-je, mais aussi avec confiance. Oui, j'ai confiance en vous, je sais que la décision que vous prendrez sera la bonne.

Cette élection sera la dernière je vous en fait le serment. Pour cette dernière élection, je prononce donc ces mots que je déteste. Pour la dernière fois...

Votez pour moi !


(Discours du candidat des Révolutionnaires Ecologistes, aux élections presidentielles de 2158)

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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:56

Texte n°5 :

Il faisait beau dehors : on était à la fin de l’été et les températures étaient douces en ce début de soirée. Pourtant, il y avait peu de monde dans les rues : la plupart des gens étaient restés chez eux, ou s’étaient regroupés dans des cafés et des restaurants où les téléviseurs géants retenaient toute leur attention.

Un défilé de spots publicitaires s’enchaînait sur les écrans, provoquant des soupirs ou des protestations.

Mais quand le jingle de fin de la page de publicité apparut à l’écran, aussitôt l’excitation monta tandis que des « chut », « taisez-vous, ça commence » résonnaient.

L’écran géant devint noir, tandis que les premières notes de la chanson « Live and let die », version Guns N’Roses, résonnaient doucement : des lettres rouge sang apparurent au moment où la musique accélérait, formant le mot « Sadique Story », puis, sur le rythme effréné de la musique, un kaléidoscope se mit à défiler.
C’était des images des plus grands méchants de toute l’histoire du cinéma, qui passaient à une telle vitesse qu’il fallait se concentrer pour tous les reconnaître.

Partout, les gens ne quittaient plus les téléviseurs des yeux, leur téléphone portable à la main, prêts à suivre l’émission avec passion.

A la fin du générique, un plateau de télévision apparut : dans les gradins, tous les spectateurs étaient costumés, certains reprenant les costumes de leurs idoles, d’autres des déguisements dignes des films d’horreur. Dès que la caméra commença à glisser sur eux, ils se mirent à trépigner et à crier.
Lorsque l’image revint au centre de la scène et s’arrêta, une femme brune apparut au milieu d’une explosion et d’un nuage de fumée.
Elle était grande, avec de longs cheveux noirs lisses qui tombaient jusqu’au bas de son dos. Elle était vêtue d’une brassière de cuir et de dentelle noir et d’un short en cuir de la même couleur, des vêtements qui laissaient peu de place à l’imagination et avaient tendance à rendre les mâles du premier rang aussi excités que le loup de Tex Avery. Des cuissardes rouges complétaient sa tenue, tandis que le micro qu’elle tenait dans sa main aux longs ongles laqués rouge se terminait par un fouet.
Quand elle l’approcha de ses lèvres écarlates pour parler en souriant à la caméra, ses deux longues canines blanches étincelèrent sous les spots :

« Bonsoir à tous, ici Vampirella, en direct du plateau de Sadique Story, pour notre grande finale !
Je vous rappelle que depuis dix semaines maintenant, vous suivez les aventures de nos grands méchants qui sont enfermés dans l’Enfer, notre loft super moderne équipé tout confort et surtout de caméras dans les moindres recoins, pour suivre tous les faits et gestes de vos méchants préférés.
Jusqu’à ce soir, vous n’avez pas pu voter, puisque selon les règles de notre jeu, dans la première phase, ils s’éliminent entre eux pour qu’il n’en reste plus que quatre sur nos cent quatre candidats entrants, dix d’entre eux ayant été éliminés chaque semaine ! Et encore, comme vous avez pu le voir, il a fallu réfréner leurs élans, sinon il n’y aurait plus eu de candidats à la fin du premier jour !
Mais ce soir, ça y est, c’est votre tour ! Enfin, vous allez pouvoir dépenser tout votre forfait, le faire éclater, pour élire le plus grand méchant, à coups d’appels surtaxés à 10 € la seconde et de SMS à 50 € !
Voici les derniers candidats restés en lice :
Dark Vador ! »

Sur l’écran, ce dernier apparut, assis dans un large fauteuil rouge, les deux mains posées sur les accoudoirs, impassible.

« Hannibal Lecter ! »

Gros plan sur la cuisine, où il était occupé à découper, sur le plan de travail, un bras orné de tatouages ; il releva la tête et fit un petit geste amical en direction de la caméra.

« Jack Torrance ! »

Vue du jardin de la maison où Jack, les yeux fous et sa hache à la main, courait dans tous les sens et frappait tout ce qu’il rencontrait en appelant : « Dannyyyyyyyyy ! Viens voir Papa ! »

« Dracula ! »

Le cercueil posé au centre du salon s’ouvrit et ce dernier se redressa avec élégance, utilisant la pochette rouge glissée dans la poche de poitrine de son smoking noir pour nettoyer le sang qui perlait au coin de ses lèvres.

L’image revint sur le plateau : Vampirella souriait à pleines dents tandis qu’elle annonçait la suite :

« Pour ceux qui auraient raté notre émission (vous étiez sur la planète Mars ou quoi ?), voici un petit résumé en images des trois éliminations les plus marquantes, que vous avez souhaitez revoir en votant sur notre site internet !
Hannibal Lecter a trouvé que Freddy Kruger ferait un excellent steak tartare et l’a dévoré pendant son sommeil, heureusement nos caméras infrarouges ont tout capté de son festin !
Les Martiens de Mars Attack avaient bien essayé de porter des boules quies pour éviter de voir leur cerveau éclater, mais le T1000 a réussi à trafiquer les haut-parleurs pour que la musique dépasse les 200 décibels et rende les bouchons d’oreille inefficaces. Rappelons qu’au passage, la production a dû envoyer une cargaison d’appareils auditifs car beaucoup de nos méchants ont été sourds pendant quelques jours.
Et enfin, votre préférée, quand Commode a décidé d’organiser les jeux du cirque dans le jardin et qu’il a défié le Joker, Voldemort et Jack le Boucher dans un combat à mort, où ils se sont tous entre-tués pendant que leurs camarades prenaient les paris !
Maintenant, nous allons retrouver à tour de rôle nos finalistes à la Salle des Tortures, afin qu’ils s’adressent à vous. Chacun d’eux aura une minute pour vous convaincre de voter pour lui ! »

La Salle des Tortures s’afficha à l’écran : c’était une pièce froide, aux murs rouge brique. Elle était décorée avec quelques antiquités : une vierge de Nuremberg entr’ouverte, dont les pieux étaient encore dégoulinants de sang, une roue, des fouets pendus au mur, certains à plusieurs lanières qui se terminaient par des pointes métalliques, et une guillotine à la lame acérée. Au milieu de la pièce, un fauteuil de bois, aux accoudoirs équipés de sangles de contention, côtoyait une machine moderne qui détonnait un peu dans l’environnement : c’était le détecteur de mensonges auquel chaque candidat serait relié quand il viendrait là pour parler face à la caméra.

Sur l’écran apparut Jack Torrance : il était hirsute, ses yeux fous parcouraient toute la pièce, tandis qu’il serrait convulsivement ses mains sur sa hache à la lame tachée de sang séché. Deux assistants musclés, torse nu, à la tête couverte par une cagoule rouge de bourreau, le forcèrent à lâcher pour un instant sa hache et l’attachèrent au fauteuil avant de relier des électrodes du détecteur de mensonges à son corps.
Dans un coin de l’écran apparut Vampirella : elle interrogea le premier candidat :
« Jack, dites-nous ce soir pourquoi les téléspectateurs devraient voter pour toi ?
- Pour que je gagne le million d’euros et que je puisse partir loin d’ici… »
En bas de l’écran, la jauge du détecteur s’agita, fonçant dans le rouge : il mentait.
« … parce que ce soir, je vais sortir et j’irai faire un massacre avec ma hache dans les alentours… Je n’en peux plus d’être enfermé ici !!!! »
En une seconde, la jauge passa à l’opposé, dans le vert : il ne mentait plus. Il termina :
« Alors si vous ne voulez pas être ma prochaine victime, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! »

Enfin libéré, il céda sa place à Hannibal Lecter. Ce dernier s’assit élégamment et aida même l’assistant – un homme couvert d’un solide vêtement de cuir et d’un masque qui lui protégeait le visage et le cou – à lui brancher le détecteur.
Vampirella posa la même question qu’à son prédécesseur. Hannibal répondit avec un sourire qui faisait froid dans le dos :
« Parce que je suis le meilleur, bien sûr ! »
La jauge bloquée au vert prouvait qu’il y croyait fermement.
« Et puis, j’ai un grand projet si je gagne le million d’euros : je vais ouvrir un restaurant cannibale ! »
Jauge verte, toujours… ce n’était pas une plaisanterie…
« En plus, je ferai œuvre utile ! Je n’y servirai que des morceaux de choix, prélevés uniquement sur des criminels que j’aurai moi-même traqués ! »
La jauge ne bougeait pas, et l’air satisfait sur son visage montrait qu’il était mortellement sérieux dans son projet.

Dracula arriva : dans un geste plein de noblesse, il rejeta sa cape en arrière et s’assit dans le fauteuil en croisant les jambes, soupirant quand on lui brancha les capteurs. L’assistant, nerveux face au vampire, portait un casque équipé d’une gorgière, ainsi qu’une croix attachée par-dessus.
Vampirella l’interrogea à son tour ; il répondit en haussant les épaules :
« Parce que je l’ai vraiment mérité pour avoir supporté tous ces crétins pendant dix semaines ! »
Jauge verte…
« Surtout qu’avec cette règle idiote de limiter à dix éliminations par semaine, j’ai failli mourir d’inanition, et ce ne sont pas les poches de sang réchauffé que vous m’avez fournies qui suffisaient à me nourrir ! Vivement ce soir que je puisse enfin aller boire à ma faim ! »
Jauge verte toujours…

Devant leur écran, l’enthousiasme des téléspectateurs commençait à retomber tandis qu’ils se demandaient si c’était une bonne idée de les relâcher dans la nature après la fin du jeu… Les regarder s’entre-tuer à l’écran, oui, mais là, ce n’était plus la même chose.

A l’écran, Dracula finissait de parler :
« Donc, ce soir, quand je sortirai, j’irai faire une très grande fête dans la discothèque la plus proche, le sang coulera à flots ! Et après, avec le million que j’aurai gagné, je vais enfin pouvoir racheter mon château et faire empaler tous ces touristes qui osent en fouler le sol sans ma permission, non mais ! »
La jauge n’avait pas bougé du vert… il était bien sérieux !

Pour finir, Dark Vador s’installa dans le fauteuil, dans une pose hiératique, et fixa la caméra tandis que sa respiration résonnait dans la pièce. Aucun assistant n’apparut : il était impossible de lui brancher les capteurs, puisque tout son corps était recouvert d’une armure qu’il refusait bien sûr de retirer.
Vampirella l’interrogea ; il répondit d’une voix caverneuse :
« Parce que je suis le maître de l’univers et que vous n’êtes que de misérables insectes… Et si vous ne votez pas pour moi, ce soir, je repars dans mon vaisseau et j’utiliserai l’Etoile de la Mort pour réduire en poussière votre pitoyable planète ! »

Le visage souriant de Vampirella remplit de nouveau l’écran ; ses deux canines du haut étincelaient :

« Eh bien voilà, vous avez entendu tous nos candidats : lequel d’entre eux vous a convaincu de voter pour lui ? Nous le saurons bientôt, quand notre huissier de justice apportera les résultats ! Et maintenant, un peu de publicité, en attendant la fin de notre émission… »

Les téléspectateurs détournèrent leur attention de l’écran le temps et se mirent à discuter en attendant la reprise. Si tous étaient toujours passionnés par ce duel entre les plus grands méchants du cinéma, leur sortie toute proche ne manquait pas d’inquiéter, surtout dans les lieux à proximité des studios d’enregistrement.
Peut-être aurait-il mieux valu appeler la police plutôt qu’un numéro surtaxé ?

Enfin Vampirella réapparut à l’écran : elle sourit au public et annonça :
« Ca y est, les votes sont clos et nous allons bientôt savoir… Attendez… »
Elle posa la main sur son oreille et sembla écouter attentivement ce que devait lui souffler la production dans son oreillette ; elle hocha brièvement la tête et fixa de nouveau la caméra :
« Voilà qu’un coup de théâtre vient d’arriver en Enfer ! Nos méchants n’ont pas pu se maîtriser et se sont entre-tués avant le verdict final ! Heureusement, nos caméras n’en ont pas raté une miette, nous allons donc pouvoir tout vous montrer ! »

La sortie de la Salle de Tortures apparut sur l’écran : Jack s’était caché dans un recoin, sa hache dans la main. Dès qu’Hannibal en sortit, il lui donna un grand coup dans la gorge, faisant gicler le sang tout autour de lui. Le cannibale tomba à terre dans un râle : levant sa hache au-dessus de sa tête, Jack se mit à le débiter en petits morceaux.
Alors qu’il était concentré sur sa tâche, il ne vit pas Dracula s’approcher de lui par derrière : ce dernier l’attrapa violemment par le cou, lui faisant lâcher son arme, avant d’enfoncer ses crocs dans sa gorge en criant : « On ne gaspille pas ainsi du si bon sang ! » et de se nourrir à grandes aspirations.
Dark Vador sortit à son tour de la Salle des Tortures : furieux, il apostropha Dracula :
« Tricheur, tu n’avais pas le droit de les tuer avant le résultat final !
- Tais-toi, espèce de boîte de conserve, c’est moi le plus puissant, je fais ce que je … »

Dracula n’eut pas le temps d’achever sa phrase : Dark Vador venait de lui enfoncer son sabre laser dans le cœur ; mais le vampire n’avait pas dit son dernier mot. Dans un dernier sursaut, il arracha le casque de son adversaire, dévoilant son visage et son cou, et arracha sa gorge de ses crocs, provoquant une hémorragie.
Dans un râle, les deux méchants tombèrent à terre et agonisèrent dans une mare de sang.
La caméra fit un gros plan sur leurs visages.

Puis par un effet de fondu-enchaîné, le visage de Vampirella revint à l’écran. Souriant toujours à pleines dents, cette dernière annonça d’un air faussement contrit :
« Eh bien voilà comment se termine notre émission, nous n’avons malheureusement pas pu élire l’un de nos finalistes, et du coup, c’est moi qui vais empocher le million d’euros ! Merci à tous !
L’année prochaine, nous nous retrouverons pour une nouvelle saison de Sadique Story, avec cette fois-ci les plus grands méchants de la littérature ! A bientôt ! »

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:58

Texte n°6 :

Andreus était en retard. Il courrait à perdre haleine (et il la perdait !) à travers les hautes herbes rugueuses qui lui fouettaient le visage. Dû aux soubresauts de sa course effrénée, ses petite lunette ronde lui glissaient sans cesse du nez, et sans cesse toujours il les remontaient. D'une main fébrile, il sortit sa grosse montre gousset de la poche de son veston. Les trois grandes aiguilles indiquaient trois chiffres différents (sur un total de sept numéros), à savoir « 3 », « 16 », et « 18 », tandis que deux trotteuses semblaient engagées dans une course contre la montre sans fin autour du cadran, si rapides qui l'eut été impossible de déterminer laquelle des deux se trouvait devant l'autre. N'importe qui d'autre, qui eut été normalement constitué, aurait jeté la montre folle aux orties, mais Andreus semblait capable d'y lire l'heure sans peine.

Contrairement à l'idée généralement répandue et retenue sur son compte, Andreus était quelqu'un de particulièrement ponctuel. C'était bien sa peine qu'il eut fallu qu'aujourd'hui entre tous il soit en retard. Pour une fois qu'on leur demandait leur avis ! De toute sa carrière (et il commençait à se faire vieux, pensa t-il, un brin défaitiste), de toute sa carrière jamais encore on n'avait porté quelque attention que se soit à son opinion. Et voilà qu'aujourd'hui ! Aujourd'hui, il allait pouvoir s'exprimer, et peut-être même régler quelques comptes.

Il finit par atteindre la clairière recherchée, et d'un bond agile sauta au milieu de la foule rassemblée autour d'une estrade de fortune et de planches de bois de couleurs disparates. Si personne de prêta réellement attention à l'entrée soudaine d'Andreus, ce n'était pas seulement en raison de la rumeur sus mentionnée sur sa supposée habitude de retard. Si personne ne prêta réellement attention à l'entrée soudaine d'un grand lapin blanc essoufflé, vêtu d'un simple veston à motifs écossais et les fesses nues, c'est qu'il se trouvait là en cette assemblée des personnages bien plus surprenants encore.
Pêle-mêle, il il était possible de repérer ici et là un chat chaussé de grandes bottes noires montantes à boucles dorées en train de se limer les griffes avec une grande concentration; deux cochonnets habillé de costumes trois pièces mauves conversant avec animation avec une louve revêtue d'une courte robe d'été à fleurs; un troisième cochonnet entrainé dans une cour empressée à une jeune fille en rouge visiblement insensible à ses efforts; une vieille femme aux allures de sorcière, nez crochu et chapeau noir, entourée d'une ribambelle de gamins et affairée tranquillement à du tricot; un jeune prince, couronne et fanfreluches, se mirant dans un miroir de poche qui lui répétait sans relâche à quel point il était beau; ou encore cinq nains barbus se défiant à un concours de descente de chopes de bière. D'autres personnages tout aussi étranges, une foule de petits paysans et petits animaux, des oisillons gazouillant et des petites fées scintillantes et virevoltantes avec une grâce toute relative, venaient compléter ce tableau pour le moins surprenant.

De quelques bonds, Andreus rejoignit un petit bonhomme atypique et moustachu. Le cheveu blanc en bataille sous un chapeau haut de forme éventré, il tirait négligemment sur une pipe, recrachant la fumée par intermittence en formant des cercles absolument parfaits. Les yeux plissés, il scrutait avec insistance la foule, s'arrêtant parfois sur untel ou untel pour maugréer quelques sombres paroles incompréhensibles, mais sans doute peu agréables également.

« Chap ! » , l'interpella Andreus.

Le dénommé Chap cessa un instant son étude appliquée de l'assistance, juste le temps de poser un œil distrait sur Andreus.

« Tu es en retard, marmonna t-il. Mais tu n'as point loupé grand chose encore.
- Je sais, je sais, s'excusa Andreus. Mais ma bonne femme accouchait tantôt d'une p'tite dizaine de p'tiots. Je pouvais pas faire plus vite ! Qu'est ce que j'ai manqué ?, demanda t-il avec avidité, friand de commérages.
- Boh, répondit Chap d'un air désabusé. Les Dragibus se sont installé en bordure, histoire de pas faire trop de remous, dit-il en désignant derrière eux quelques dragons turquoises qui tentaient de se faire tout petit, en vain. Remarque, ajouta t-il, moi aussi si j'avais par accident incendié la maison de paille de Petite Ourse la veille, j'essayerais de me faire oublier. »

Andreus eut un mouvement de tête approbateur. Avec un reniflement dédaigneux, Chap pointa du doigt une dame d'un âge plus qu'avancé qui, à l'écart du gros de la foule, effectuait toutes sortes de mouvements, agitant dangereusement les jambes et frénétiquement les bras en tous sens, tout en poussant des petits cris aigus, qui se voulaient sans doute menaçants, mais qui parvenaient tout juste à être ridicules.

« Et Gra'Ma s'entraine toujours à ses arts maritaux. Sans doute espère t-elle ainsi attirer l'attention de quelque vieillard pour l'épouser...
Martiaux, le corrigea Andreus. Alors, au final, changea t-il se sujet, qui donc se présente ? »

Chap était sur le point de lui répondre, lorsqu'une voix fluette et hésitante s'éleva timidement au milieu du brouhaha.

« Euh... s'il vous plait... les amis... »

Levant la tête vers l'estrade, Andreus vit un petit homme en tenue de fermier qui, sur la pointe des pieds tentait d'atteindre le micro posé devant lui et que personne n'avait songé à abaisser à sa hauteur. En le regardant sautiller misérablement et sans grand succès, Andreus eut de la peine pour lui. Sans compter l'étrange enfant en collant vert qui se trémoussait avec joie dans son dos, tirant la langue, montrant ses fesses à un public hilare et achevant tout espoir de crédibilité du petit fermier.

Soudain, une voix furieuse gronda et fendit les airs :

« Sileeence !! », tonitrua la vieille sorcière qui jusqu'à présent tricotait paisiblement dans son coin.

Elle s'était levée, et de sa haute stature, dominant la foule, dardait son regard perçant vers le gamin en collants verts. Le ciel même semblait s'être noirci sans qu'un seul nuage n'en soit la cause, comme si le soleil lui-même avait tenté de se faire tout petit. Plus un bruit ne résonnait dans la clairière.

« Pan !! , aboya la vieille. Retourne à ta place ! »

Le gamin ne se le fit pas répéter une seconde fois, et fila rejoindre une place laissée libre, tout penaud. La vieille se rassit, murmurant des excuses à la ronde, visiblement peu à l'aise d'avoir eu à jouer la méchante, et elle retourna bien vite à son tricot. Le soleil reparut, quelques gazouillis retintèrent dans l'air et les chuchotements reprirent.
Chap tira longuement sur sa pipe tout en marmonnant du coin de la bouche :

« Tu sais à quel point elle déteste avoir à faire ça.... La pauvre, insista t-il, elle a déjà bien assez à faire avec son rôle et ses mômes !
Alors, les amis, comme je disais, reprit la voix fluette du petit fermier. Bienvenue à tous à l'élection de... »

Il tendit les bras vers le haut tandis que des petites fées rondouillardes déployaient, non sans mal, au dessus de lui, une banderole, qui en lettres capitales et clignotantes indiquait :

« IL ETAIT U COTE : ELECTIO DU PERSOAGE DE L'AEE »

Andreus leva un sourcil sceptique:

« Je parie que c'est Miss Pâquerette qui a fait la banderole, analysa t-il. L'a jamais été capable de faire les -N comme il faut la Miss Pâquerette ! »

Précisément, la dite Miss Pâquerette, toute de bleue vêtue, étouffa un soupir désolé, tandis que sa voisine, toute en rouge, lui donnait un coup de coude dans les côtes, visiblement mécontente. Les fées qui portaient la banderoles la déposèrent sur le sol de l'estrade. Un homme avec un crochet à la place de la main droite bondit sur les planches, contempla le public, tendit le bras droit, et se mit à sortir des foulards de toutes les couleurs de la manche de son complet avant de finir par brandir avec maestro un feutre. Il gribouilla, fit la révérence, et redescendit ; la banderole s'éleva à nouveau dans les airs, corrigée.

« Ce pauvre Crochet, soupira Chap. L'a toujours voulu être magicien, pas pirate !
- … l'élection du Personnage de l'Année ! S'écria le petit fermier avec emphase. »

La foule applaudit poliment, quoi que sans grande conviction. Ce n'était pas tant le fait d'élire le personnage de l'année qui avait rassemblée la foule que l'opportunité de s'exprimer et; il faut bien l'avouer, se moquer sans doute un peu aussi.

Un roulement de tambour se fit entendre.

« Laissez-moi à présent vous présenter les valeureux candidats ! Notre premier candidat est une candidate, et non des moindres. Blonde comme le soleil, volcanique comme le dragon qui la retient prisonnière dans sa tour, mais loin d'être une feignante ou une endormie, accueillez comme il se doit... Belle-au-Bois !! »

Une jeune femme blonde vêtue d'un survêtement confortable mais peu seyant sauta sur l'estrade et vint se placer sur le devant, de sorte à pouvoir être vue de tous. Elle mâchait un chewing-gum avec, il faut le dire, assez peu de classe, et fit un petit geste de la main à la foule.

« Alors Belle, dites moi un peu... Pourquoi vous présentez-vous ?, l'interrogea Fermier.
- Boh, v'savez, répondit Belle d'une voix trainante, pour casser l'image qu'on a d'moi, tout ça. Pis pour enrichir mon cv, v'savez. J'veux plus jouer la pauvre Belle endormie, moi c'est d'l'action que j'veux !
- Et si vous étiez élue, que vous proposez-vous d'accomplir pendant votre règne?
- J'proposerais à tous des cours de sports et des démonstration acrobatique tous les dimanche matin ! Faut montrer qu'chez nous on sait bouger !! »

Et comme pour illustrer ses propos, elle effectua soudain une pirouette arrière, avant de retomber droite sur ses pieds dans ses Nike toutes neuves. La foule applaudit, poliment encore une fois. Sentant qu'il allait falloir en montrer plus, Belle se mit alors à enchainer les sauts, à marcher sur les mains, à effectuer des pompes sur un bras, à démontrer des prises de judo sur le pauvre Fermier. Le public en délire se leva pour l'acclamer; mais la plus déchainée était Gra'Ma qui s'était levée sur sa chaise et qui se mit à clamer « Belle ! Belle ! Belle ! », ce à quoi répondit en cœur le reste de la foule « Comme le jour ! ». Quelques pirouettes pour finir, une petite révérence et Belle s'immobilisa enfin, essoufflée et rouge.
Fermier patienta un moment que la foule se calme avant de reprendre.

« Et bien, merci bien à vous, Belle. Et maintenant, annonça t-il tandis que Belle quittait l'estrade, maintenant veuillez acclamer un candidat que l'on n'a plus besoin de présenter. Un modèle de bravoure pour tous les messieurs et briseur de cœur de ces gentes dames, accueillez... un Prince !
- Briseur de cœur... coureur de jupons plutôt, oui !, tempêta Chap tandis que les applaudissements se faisaient entendre (en particulier venant des dames ; mais est-il vraiment nécessaire de le préciser?). »

Les princes se ressemblaient tellement tous, cheveux lisses, visages parfaits, droits dans leurs bottes, valeureux à souhait... et imbus d'eux même au même point. Ils étaient semblables à un tel point qu'on les appelait tous « Prince ».

« Alors, reprit Fermier, même questions qu'à Belle : pourquoi devrait-on voter pour vous et qu'accompliriez-vous durant votre règne ?
Et bien mon brave, c'est tout simple, entreprit de répondre Prince avec une condescendance toute perceptible. Vous devez voter pour moi car je suis le meilleur parti. Je suis beau et valeureux, j'ai secouru plus de demoiselle en détresse qu'il n'y a de mouches autour de vos vaches. Et il est tout à fait évident que durant mon règne j'apporterais la paix sur cette terre. »

Ayant fini son monologue, il remonta ses manches et se mit à parader sur la scène en montrant ses muscles à la foule, affichant un sourire éclatant. Plusieurs jeunes femmes dans l'assemblée poussèrent des soupirs de contentement et l'une d'elle s'évanouit même.

« Hum.. Et bien, merci Prince. Et maintenant nous allons accueillir une femme qui a déjà accomplis des miracles. Faiseuse de rêve, elle exauce les vœux les plus secrets sans rien demander en retour. Accueillons... Marraine-Bonne-Fée !! »

Une bonne femme rondelette, vêtue d'une robe de soirée à bustier et pailletée vint présenter son programme : elle ferait de ce monde un monde parfait, ou chaque princesse aurait son prince, chaque crapaud sa princesse, les hommes ne tromperaient plus leurs épouse, les chats ne mangeraient plus les innocentes souris et tout le monde vivrait très heureux jusqu'à la fin des temps.
Elle sortie de scène sous les huées d'une partie de la foule, celle regroupant par un grand hasard la majorité des hommes.

« Quelle vieille chouette, maugréa Chap. Elle ne peut pas s'empêcher de fourrer son nez partout celle-là !
- A présent, accueillons comme il se doit une jeune femme qui s'est tellement identifiée à son rôle qu'elle le vit chaque minute de chaque jour et de chaque nuit et ne quitte jamais son costume. Accueillons... Peau-d'Ane !

Il y eut très peu d'applaudissements pour accueillir la jeune femme qui monta sur l'estrade à ce moment là, emmitouflée dans la peau suintante et puante d'un âne mort. La plupart des gens dans la foule froncèrent le nez et certain eurent même un mouvement de recul. L'odeur n'était pas particulièrement agréable et Peau avait la réputation d'une fofolle voire d'une complète cinglée. Elle exposa patiemment ses raisons et son programme (que chacun puisse au mieux s'identifier à son personnage et l'interpréter au mieux) mais ne remporta que très peu de succès.
Le candidat suivant, l'un des six nains (car ils ne sont que six et non sept comme certains le croient dur comme fer), était passablement éméché, ce qui fit qu'il eut énormément de mal à exposer ses idées. Mais au moins fit-il rire un grand nombre en tombant à la renverse de l'estrade.

« Et pour finir, mais non des moindre, annonça Fermier lorsque l'hilarité générale se fut dissipée, applaudissons la tout à fait charmante et enchanteresse... Alice !! »

En entendant ce nom, Andreus bondit. Voilà celle qu'il attendait – et redoutait. Une jeune fille à l'apparence sage, vêtue d'une simple robe bleue clair et d'un petit tablier blanc, les cheveux blond relevés en un chignon serré venait de monter avec grâce sur la scène sous les bravos. Sa réputation n'était plus à faire.

« Quelle salo... ! , marmonna Andreus. Quelle sale peste ! Toujours à faire sa diva et à s'attirer toutes les faveurs ! »

Comme pour lui donner raison, des sifflements échappèrent à la foule tandis qu'Alice paradait sur la scène en se déhanchant ostensiblement. Puis sous les regards médusés de la foule, elle défit lentement son chignon, et un à un, retira ses vêtements en un striptease, jusqu'à finir en maillot de bain. Un dernier déhanché, puis elle lança un baiser à la foule et conclut par un clin d'œil.

« Et n'oubliez pas : votez pour moi !, clama t-elle.
- Et bien, heu... voilà c'était Alice, hum... »

Elle allait quitter la scène lorsqu'elle fut projetée à terre par une furie blonde en survêtement. Belle s'était jetée sur elle, furibonde et hurlait. Les deux jeunes filles roulèrent par terre, et finir par choir de l'estrade elles aussi. Ce fut alors comme un signal et les disputes éclatèrent.
Tandis que certain tentaient de séparer Belle et Alice, Marraine et Prince s'engueulaient à leur tour pour savoir qui des deux devait amener la paix et comment. Ils finirent par en venir aux mains aussi et Peau d'Ane s'était jointe à la bagarre entre Alice et Belle suite à un commentaire désobligeant de celle-ci sur son odeur et son aspect.
Tout le monde avait pris parti pour l'une ou l'autre, et les choses dégénèrent au plus haut point. Deux nains tapaient sur Crochet à coup de chopes de bières, un Prince donnait des coups de pieds à une petites vieille, un Cochonnet mordait la queue de la Louve, et même Andreus et Chap se disputaient pour savoir si oui ou non Alice était, comme l'avait dit le Lapin blanc « une salo... ». Fermier semblait être le seul à tenter de calmer les choses mais était complètement dépassé par les évènements. Les hurlements emplirent la clairière, chacun y allant de son opinion en invectivant, jurant, criant, pestant, crachant.

Las, Fermier attrapa la couronne destinée à l'élu(e), jeta un dernier coup d'œil en arrière.

« Ils sont fous, ils sont tous fous, murmura t-il une dernière fois. Je les élis tous rois des fous ! »

Et il s'en fut tranquillement, en sifflotant, couronne à la main.

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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 20:59

Texte n°7 :

Son regard fut la première chose que je vis. Oripeaux de flammes dans la faible clarté du crépuscule naissant. Spectre enténébré de draperies aussi éclatante que la lueure vorace de centaines de braseros. Symbole d'une ère de renouveau aux rêves retrouvés. Espoirs de jours meilleurs, loin des murailles imprenables du palais. Loin du serail. De ses parfums aux notes écoeurantes d'eau croupie mélangé aux émanations de sombres conspirations. Essences fugaces de l'âme humaine, capturées entre les cloisons stérile d'une geôle capitonnée de somptueuses dorures.
Immobile, impassible devant ma silhouette uniquement vêtu d'une melaya pourpre, il m'observe. Dévore avec une gourmandise non feinte les courbes graciles de mes hanches. Touche d'un doigt aussi long que délicat le tracé inquisiteur d'un sein au mamelon durci par la fraîcheur de ce début de soirée. Caresse avec douceur la texture soyeuse de la chaire frissonnante. Infime réaction de mon être, ébranler jusqu'au plus profond de mon âme. Signature indélébile sur un corps déjà tant marqué par les rudesses d'une existence captive. Perdu dans des abysses aux éclats saphir, alanguit par son souffle d'une tiédeur sucrée sur ma nuque, j'attends son signal. Le geste qui chamboullera probablement mon existence. Fera de moi très bientôt la future la concubine du prince. La mère de l'héritier à la couronne.
Dispersé aux quatres coins de la scène improvisée, il me semble percevoir le murmure désapprobateur de la foule. Bourdonnement furieux aux paroles rapportés par la brise automnale. Tel la rumeur de dizaines d'esprits tourmentés. Celle de mes compagnes d'infortunes. De mes rivales dans l'impitoyable course aux prétendants. Bientôt l'heure du choix sonnera. Bientôt il me faudra faire mes preuves. Danser. Jouer de mes plus beaux atouts afin de pouvoir échapper à vie monotone du harem. Prison luxuriante au coeur granitique dont je voulais me libérer. Berceau de mon enfance ou très rapidement je fus propulsé au rang de première dame du gynécée. Considerée avec justesse comme le joyeau du sultan. Aussi brillante que les diamants ornant la garde de son sabre d'argent. Eduquée dés le plus jeune âge aux arts du service et de la séduction.
Et tandis que je détourne le regard, l'étreinte de sa présence brusquement se relâche. Déchire de sa dague l'étoffe de mon voile, m'invitant ainsi à poursuivre les festivités. A me perdre coeur et âme dans la musique. Arpège aux sonorités aussi liquides que l'ensemble de mes larmes refoulées. Expression d'un chagrin trop longuement contenu. D'un bonheur jusqu'alors défendu.
Nu, rendu moites par l'angoisse, mes pieds martellent le pavé. Frappent la pierre en de furieuses saccades. Enveloppe charnelle abandonné afin de parvenir à s'élever vers d'autres cieux. Vers d'autres mondes. Infiniment plus riche que tout ce que j'avais vécu jusqu'à present. Tonnerre d'emotions traduit en de brèves scattato.Emportée par le courant mélodique, mon sang vibrait au rythme des percussions. Tantôt aussi léger que le contact d'une plume d'aigle sur l'aoud. Tantôt aussi puissant que le maelström de ma vie. De mes souvenirs aux nuance clair-obscur. Aux tonalités pourpre et or. Ainsi le reflet du sang. Ainsi la saveur du pouvoir. Tant convoité. Tant méprisé.
Autours de moi, dans l'atmosphère enfumée de la cour intérieure du palais, me parvient le brouhaha de la foule. Les chuchotements chargés de menaces de mes soeurs, amassées à quelques métres du cercle dégagé en mon honneur. Concurrentes défiées par ma splendeur. Blessées dans leur orgueil. Mais prête aux pires consessions afin de s'élever au rang de futur épouse de l'homme le plus puissant du royaume. De gouter la saveur épicée de la liberté.
Désirs inassouvis traduit en de longues reptations. Appel à l'enfantement mais avant tout ode à l'amour, le tremblement de mes hanches s'accentuèrent. Le monde n'était que formes indistinctes. Une odeur d'herbe et de bong picotait mes narines frémissantes. Mue d'une inépuisable énergie, mon corps semblait aussi incandescent que les flammes flottant derrière mes paupières à demi entrouvertes. Fragments de magie au piége mortel. Formes gibbeuses tout droit sortie de l'enfer dont je voulais quitter la demeure aux fondations corrompues.
Enfiévré mon sang commençait à battre douloureusement à mes tempes. Mon coeur manqua un battement tandis qu'au loin, une gasba émit un hulument strident. Etendit sa langue d'aspic venimeuse sur ma raison. Poison aux promesses de délicieuses agonies.
Le souffle rendu court par ma course effréné, les muscles soudain secoués de violentes crampes, je sentais mon esprit vaciller. Tomber dans un gouffre sans fond. Aussi flamboyant que les rayons laiteux de la sphère argentée illuminant la scène.
Lambeau de gaze sous la lune pleine, je sentais mes muscles tremblaient sous l'effet conjugué de l'effort et de la douleur. Mes nerfs s'embrasaient tel la piqure de centaines de milliers d'aiguilles sous ma boîte cranienne. La terre ondulait en de vague de souffrance. Océan de ténébres qui se propagea rapidement dans l'ensemble de mes membres.
Epuisée, les traits tirés par la concentration, je sentais un flot de bile assécher mon gosier. Une langue de glace tordre mes entrailles. Annihiler ma volonté. Echeveaux de pensées embrouillées tandis que le sol se dérobait sous mes pas en une brume opaque. Bouleversement des perceptions en un kaleidoscope de couleurs inversé. Mais également, ultimes vestiges de lucidité lorsque ma tête frappa le sol au pied du trône, aspergeant de mon sang le visage effrayé du prince. De l'homme qui sans le moindre mot m'avait prêté allégeance. Qui d'un simple regard aurait transformé une simple fille d'esclave, en femme la plus convoité du pays. Promesse d'un avenir rêvé. D'espérances en ce moment même brisées
Sous ma silhouette désormais étendu dans la poussière sanglante, je sens la terre trembler sous les pas précipités de centaines d'invités paniqués. Echo des derbouka qui bercèrent mon enfance. Qui accompagnèrent mes rêves de gloire. D'une existence libérée des entraves destructrices du harem. Loin des fantasmes et perversions du sultan. Du désespoir et des larmes. Perles liquides qui en cet ultime instant de conscience, s'échappèrent de mes paupières gonflées. Pénétrent le sol ensanglanté alors que dans un murmure à peine audible je perçois ces dernières paroles : Vaincre pour ne plus craindre le vainqueur.

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 8 Juil 2012 - 23:52

Bon ça y est, j'ai tout lu ...
Comme toujours, des textes d'une excellente qualité et le choix fut rude.
J'ai trouvé pour ma part que deux textes étaient au dessus du lot : le 1 et le 3. J'ai franchement adoré les deux : le un surtout pour son originalité et le deux parce que l'idée m'a beaucoup plus : d'ailleurs un régime démocratique qui ne présente qu'un seul candidat à une élection... ça ressemble forts à la situation réelle dans certains cas Very Happy (j'ai un exemple à l'étranger et un exemple en France si vous voulez ^^)
j'ai finalement choisi le texte 3, parce que j'ai particulièrement apprécié la chute ...
A voté !
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Lun 9 Juil 2012 - 0:19

J'ai trouvé les textes splendides et très originaux ! C'était un vrai plaisir de les lire ! C'est amusant de voir la diversité des textes que peut donner un tel sujet. J'aurai voulu voter plusieurs fois mais j'ai fini par me décider !
A voté !
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Lun 9 Juil 2012 - 0:39

Voilà j'ai tout lu ! Ils sont tous superbe ! Les idées sont bonnes et les écrit sont très bien fait, que demander de plus ?
J'ai particulièrement apprécié le 1 et le 3 et j'ai longuement hésité. La première m'a bien fait rire et l'idée est originale, bien trouvé.
Mais en même temps la troisième est aussi bonne et originale et la chute est bien faite même si triste sans être très spectaculaire, ca ne surprend pas vraiment.
Mais finalement c'est au 3 que va mes faveurs car tout au long de l'histoire je ne me suis pas arrête une seconde pour aller voir ailleurs et reposer mes pauvres yeux. ^^

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Lun 9 Juil 2012 - 21:49

Bravo à tous, les textes sont tous de très bon niveaux, très différents comme d'habitude.

J'ai hésité entre les textes 1 et 6, mais définitivement, je préfère les textes drôles, et j'ai choisi le 6.

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Lun 9 Juil 2012 - 23:33

C'est dur quand même : tout le monde a hésité avec le 1, mais pour l'instant il y a deux textes qui n'ont aucune voix, dont le 1 Razz
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Lun 9 Juil 2012 - 23:44

Tiens, et si nous avions droit à un vote par jour, pendant la période ? Ca permettrait d'en donner à plusieurs textes, quitte à donner plusieurs voix à son préféré.

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Mar 10 Juil 2012 - 0:29

Lol c'est vrai que ce n'est pas si mal comme idée Abi, par contre je ne crois pas que ce soit faisable sur un forum ^^

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Jeu 12 Juil 2012 - 22:03

Viendez voter les gens, viendez !
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Ven 13 Juil 2012 - 16:01

Un vote = un sandwich de votre choix offert ( cuisse de grenouille, aile de canard ou encore filet d'hamster à la Aetienne )

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Ven 13 Juil 2012 - 16:10

rallyebaba a écrit:
Un vote = un sandwich de votre choix offert ( cuisse de grenouille, aile de canard ou encore filet d'hamster à la Aetienne )
Ah tu tiens peut-être la solution là Razz
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Sam 21 Juil 2012 - 20:41

C'pas fini là ?

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Sam 21 Juil 2012 - 22:01

L'heure est venu de rendre le verdict des urnes.
Sont déclarés vainqueurs du concours, ex-aequo :

cheers cheers Elann et Morange ! cheers cheers

Bravo à eux et à tous les autres participants au concours.
Et rendez-vous pour le prochain concours de l'AE !

::crazy::

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Sam 21 Juil 2012 - 22:20

Bravo aux deux gagnants, et aussi aux autres participants. cheers cheers

Alors, qui a écrit quoi ?

Le mien, c'était le 5 (quand je vous disais que j'avais déliré complètement...) Suspect

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Sam 21 Juil 2012 - 22:27

Thanks ! J'ai écrit le 3 (facile de s'en douter ?)

Abi a écrit:
Le mien, c'était le 5 (quand je vous disais que j'avais déliré complètement...
Effectivement... ^^

Bravo à tous !

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Sam 21 Juil 2012 - 23:50

Bravo aux deux gagnants !!

Sérieux Abi t'as grave délire mais j'avoue avoir adoré ton délire lol

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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 22 Juil 2012 - 0:02

Han ! Bravo à vous deux !
Pondez nous un super sujet !! Wink
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 22 Juil 2012 - 0:29

Félicitations aux vainqueurs !

Moi c'était le 4... et je remercie beaucoup celui qui a voté pour moi !
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morange
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 22 Juil 2012 - 10:36

Bon du coup j'avais écrit le 6... Merci !! Et félicitation aussi aux autres textes !


Dernière édition par morange le Dim 22 Juil 2012 - 12:42, édité 1 fois
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Abigaelle
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MessageSujet: Re: concours n°32 - votes   Dim 22 Juil 2012 - 11:23

morange a écrit:
Bon du coup j'isvais écro le 6... Merci !! Etfélicitation aussi aux autres textes !
Je n'avais pas encore lu Tara quand j'avais lu les textes du concours, mais maintenant que j'ai lu les deux, je reconnais ta griffe et les univers que tu aimes.
J'ai adoré ton texte, j'ai voté pour lui, encore bravo.

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