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 concours n°39-votes

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Texte n°1
46%
 46% [ 6 ]
Texte n°2
31%
 31% [ 4 ]
Texte n°3
8%
 8% [ 1 ]
Texte n°4
15%
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Total des votes : 13
 

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Niko
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Localisation : Un pied à Minath Tirith, un autre à Riva, le coeur à Port-Réal et la tête sur tatouine
Loisirs : Me prendre pour un rongeur, embêter le chat et faire plein de câlins
Date d'inscription : 31/05/2007

MessageSujet: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 12:31

Voici venu le temps de voter.
Bravo à tous les participants et bonne chance à tous !
La période de vote s'étalera jusqu'au 14 avril à 20h.

Texte n°1 :

Bleu

Bleu, gris ou vert
Liquide vivant
Essentiel à notre vie
Ultime demeure de nos pères


Bleu, si bleu, cet océan qui s’étend tout autour d’elle, d’un horizon à l’autre. Une main au-dessus des yeux pour se protéger des reflets lumineux, Myra admire la vue, comme tous les matins. Il fait un temps magnifique en ce jour particulier : le soleil brille, le ciel est parfaitement clair, il n’y a pas de vent. L’océan, cette immense étendue d’eau qui recouvre son monde à perte de vue, est calme, et seul persiste le doux et familier clapotis de l’eau contre les pilotis du ponton de bois sur lequel est bâti son village.
C’est un jour spécial pour la jeune fille aujourd’hui. Hier, elle a fêté ses quatorze ans, et ce matin, elle va enfin réaliser son rêve: elle va, pour la première fois, voler et se téléporter seule avec son griffon. Elle attend ce moment depuis si longtemps, son rêve unique depuis le jour où elle a vu un griffon et son cavalier dans le ciel...
Myra, impatiente et excitée, vérifie encore une fois son équipement: le casque de cuir durci, l’écharpe de soie que sa mère a cousu pour elle, la veste et les bottes qu’elle a amoureusement cirées... Tout est en ordre. Même le climat est de bon augure. Ne tenant plus en place, elle court et ses pas retentissent sur les planches. Elle saute sur son scooter flottant, bricolé de bric et de broc par son père, et fait vrombir le moteur. Le vacarme fait sortir sa mère de la petite baraque.
“J’y vais, crie la jeune fille avec un grand geste du bras. A tout à l’heure!”
Sa mère lui répond avec un sourire indulgent, et la machine s’éloigne à toute allure, faisant jaillir une gerbe d’eau.

Griffe

Griffon dans le ciel
Royal messager
Impétueux guerrier
Fier destrier
Fauve et aigle mêlé
Emporte l’homme sur ses ailes
.

Griffe, si majestueux... Son préféré entre tous ceux de l’écurie, doux et calme, piaffe dans sa stalle lorsqu’il la voit arriver. Le griffon est magnifique, la fourrure fauve de son corps de lion bien lustrée, les plumes de ses ailes bien brillantes, son bec d’aigle bien acéré. Il accepte le morceau de viande crue qu’elle lui donne comme s’il lui faisait une faveur. Myra, arrivée bien en avance, en profite pour câliner l’animal avant le vol.
Sur son monde marin, les griffons représentent un moyen de transport inestimable, le seul qui permette des déplacements rapides grâce à leur don de téléportation. Sur l’eau, il n’y a guère moyen de se déplacer, à part les lents bateaux de marchandises, et les villages seraient bien isolés sans les cavaliers volants. Depuis toute petite, la jeune fille a toujours admiré ces animaux magnifiques et leurs dresseurs, messagers si précieux. Aujourd’hui, elle va enfin devenir l’un d’entre eux.
Son professeur, propriétaire de l’écurie, arrive enfin, et il rit de la voir si impatiente. Il la comprend, il est passé par là, lui aussi, à son âge. Il lui fait signe de préparer sa monture, et elle se précipite pour installer la selle, le harnais, vérfiant minutieusement toutes les fixations comme il lui a appris. Griffe suit les préparatifs de son oeil intelligent, écartant délicatement les ailes au moment opportun. Lui aussi aime voler, et il aime bien sa cavalière.
Enfin, l’heure du départ a sonné. Myra guide le griffon vers le ponton de vol, à la suite de son professeur. Son père, assis sur un banc au bord de la petite esplanade, lui fait un signe de la main. Elle s’installe sur la selle, vérifie son harnais, des gestes devenus familiers. Une dernière caresse à sa monture, et elle fait signe à son professeur qu’elle est prête.
D’un même élan majestueux, les deux griffons déploient leurs ailes et s’envolent. Ils planent de concert quelques instants, filant sur le vent au dessus de l’eau scintillante, testant les courants d’air. Le dresseur regarde Myra.
“Prête?”
Elle aquièsce de la tête. Un petit noeud se forme dans son estomac. C’est le moment fatidique. Une petite hésitation, une grande inspiration... Elle appuie sur le bouton du petit boitier qui commande le signal de la téléportation pour Griffe.

Néant

Néant autour de moi
Effroyable vide glacé
Affronté pendant les sauts
Niant toute vie
Temps d’une respiration.


Néant, si vide autour d’elle, soudain. Plus aucun bruit, plus aucune couleur, plus aucune sensation. Elle sais qu’elle existe, mais son corps a comme disparu. Effacée, la présence et la chaleur du griffon entre ses jambes. Est-elle en haut, en bas, dans le vide ? Ses yeux ne voient rien, ses oreilles n’entendent rien, a t-elle encore les rênes entre les mains ? A t-elle raté son coup ? Un battement de coeur, un deuxième, elle commence à paniquer. Elle veut ouvrir la bouche pour crier, mais où est sa bouche ?
Au moment où elle se croit perdue, le ciel réapparait. La chaleur du soleil sur son visage, la caresse du vent, tout est revenu. L’océan est toujours là, mais il est différent, il a un reflet plus vert et un peu plus de vagues. Elle distingue la digue du village voisin à l’horizon. Elle ne peut pas se tromper ; Il n’y a pas de tour de clocher chez elle. Le sourire de son professeur confirme son impression et elle sent son coeur se gonfler de joie.

Elle a réussit!

_________________
Killing folks is easy, being politically correct is a pain in the ass... Achmed, The Dead Terrorist

I will draw you, Saruman,  as poison is drawn from a wound.
Gandalf
-Je... Je n'arrive pas à y croire ! -C'est pour ça que tu échoues...
Star Wars, Episode V, L'Empire Contre-Attaque

Vous avez un nom qui commence comme une caresse et fini comme un coup de cravache. Cocteau à Marlène Dietrich


Dernière édition par Niko le Dim 7 Avr 2013 - 12:35, édité 1 fois
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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 12:32

Texte n°2:

La Griffe Bleue du Néant


Comme tous les matins, Victorien Lampion descendit de l’omnibus à vapeur devant l’Opéra et termina à pied le trajet jusqu’au siège de L’Eclair de Paris, le journal où il travaillait. Le jeune homme, qui ambitionnait de devenir un journaliste reconnu, n’était encore qu’un gratte-papiers qui alimentait la rubrique des faits divers. Alors qu’il s’asseyait à son petit bureau dans l’immense salle de rédaction, il entendit un brouhaha à l’entrée : en soupirant, il assista à l’arrivée de Gaston Bacchantes, le fringant reporter vedette du journal. Comme toujours, ce dernier était entouré de flatteurs qui louaient son nouvel article, évidemment paru en première page. Victorien se promit que bientôt, ce serait lui qui ferait la une et récolterait tous les lauriers.

Le soir même, après une journée de travail aussi inintéressante que les précédentes, Victorien rejoignit dans un bistrot ses deux meilleurs amis, Honorine Ombrelle, une jolie modiste, et un groom d’hôtel, Léon Trollibus. Alors que le journaliste ruminait une fois de plus son envie de devenir célèbre, Honorine le rabroua en buvant son absinthe :
« Eh bien, si on ne te donne pas de bon sujet, trouve-le toi-même au lieu de te plaindre et d’attendre que cela te tombe du ciel ! »
Victorien fixa son amie, soudain songeur. Il avait de l’imagination à revendre, comme le prouvaient les nouvelles qu’il avait déjà écrites, mais que le journal avait refusé de publier en feuilleton. Il se souvint du texte sur lequel il travaillait, qu’il n’avait encore fait lire à personne. Un sourire illumina son visage et il annonça, très joyeux :
« Honorine, tu viens de me donner une idée, et je vais avoir besoin de vous pour la réaliser… »
Il se pencha vers la table avec un air de conspirateur et se mit à chuchoter : ses deux comparses s’approchèrent pour mieux entendre. Honorine ouvrit de grands yeux, sceptique, mais Léon fut enthousiaste et Victorien eut tôt fait, par son éloquence, de les convaincre.

Quelques jours plus tard, Victorien entra dans le bureau du rédacteur en chef de L’Eclair de Paris, Gaspard Trotard. Ce dernier lui fit sentir que son temps était précieux et qu’il n’entendait pas le gâcher avec un petit scribouillard, mais avec assurance, Victorien raconta avoir été témoin d’une scène extraordinaire en se promenant le soir dans les rues de Paris avec son appareil photographique et qu’il avait un sujet de reportage avec une incroyable révélation. Il tendit quelques clichés sépia à son interlocuteur, sur lesquels ce dernier découvrit un homme masqué habillé de noir, portant au cou un pendentif en forme de grosse griffe. Le malfaiteur attaquait une femme élégante portant une longue robe à tournure, le visage caché par une voilette. Bien évidemment, Victorien se garda de dire que les deux protagonistes de la photo étaient ses deux complices, Honorine et Léon, et il tendit l’article révélant l’existence d’une société secrète de malfrats appelée la Griffe Bleue du Néant, qui s’en prenait aux braves citoyens et avait l’étrange pendentif en signe de ralliement. Dans le texte tout droit sorti de son imagination, Victorien racontait comment il avait mis le brigand en fuite et sauvé la belle jeune femme qui avait tenu à garder l’anonymat, mais avait avoué que sa famille était l’objet d’un chantage par cette odieuse bande. Gaspard Trotard hocha la tête, soudain très excité, et affirma que cela ferait un excellent sujet. Il demanda à Victorien de mener une enquête et d’en rapporter plus sur cette mystérieuse société secrète, promettant d’en faire la une. Le jeune homme quitta le bureau, fier comme un paon et ravi d’avoir enfin la chance de prouver ses talents.

Le lendemain matin, il gagnait le siège du journal, une chemise de cuir contenant son nouveau texte sur la Griffe Bleue du Néant sous le bras, quand son attention fut attirée par l’annonce d’un vendeur de journaux :
« Demandez L’Eclair de Paris, tout sur la Griffe Bleue du Néant, la bande qui terrorise la capitale ! Découvrez comment le grand journaliste Gaston Bacchantes a sauvé de leurs mains une innocente jeune femme ! Demandez le journal ! »
Victorien sentit son sang se glacer dans ses veines ; il attrapa le gamin et lui donna une pièce en échange du journal qu’il déplia avec fébrilité. À la une, il découvrit une des photographies qu’il avait fournies et son texte légèrement remanié, portant la signature de Gaston Bacchantes : Victorien n’était cité nulle part. De colère, il froissa le journal en boule et le jeta à terre, puis fonça au siège du journal. Il traversa le hall comme un boulet sans jeter un coup d’œil à la verrière qu’il admirait pourtant à chaque fois qu’il passait là, et surgit dans le bureau du rédacteur en chef, où il trouva Gaston Bacchantes se rengorgeant du succès de son nouvel article. Sans retenir sa colère, Victorien invectiva les deux hommes :
« Comment avez-vous pu faire une chose pareille ?!? Publier mon article en vous l’attribuant ! Vous n’aviez pas le droit ! »
Le reporter vedette le toisa avec mépris tandis que Gaspard Trotard répondait avec morgue :
« Il fallait un nom connu pour vendre une histoire aussi sensationnelle, pas celui d’un préposé aux faits divers ! Où sont les informations que vous deviez me ramener ? »
S’étranglant de rage devant une telle attitude, Victorien vit rouge et se mit à crier :
« Vos informations, vous irez les chercher vous-mêmes, hors de question que je continue à travailler pour votre feuille de chou ! »
Il claqua la porte derrière lui et gagna son bureau où il récupéra ses affaires personnelles. Gaspard Trotard était sorti derrière lui et l’apostropha d’un ton menaçant :
« Si vous croyez que c’est aussi simple que ça, vous vous trompez !
— C’est vous qui vous trompez si vous croyez que je vais jouer les nègres pour le paon vaniteux qui vous sert de journaliste vedette ! Et puis quoi encore ? Je vais voir le rédacteur en chef de La Gazette de la Capitale, il acceptera de me publier, lui ! »
Gaspard Trotard, qui avait repéré la chemise de cuir et supposait que les informations se trouvaient dedans, tenta de la lui arracher, mais sa corpulence trop imposante le privait de l’agilité de Victorien : ce dernier esquiva prestement et traversa en courant la salle de rédaction. Il quitta l’immeuble et sauta sur la plateforme de l’omnibus à vapeur qui démarrait, échappant ainsi au concierge lancé à ses trousses. Victorien vit l’Opéra s’éloigner et se demanda où aller : Gaspard Trotard ne le laisserait pas offrir à la concurrence une telle histoire et il enverrait sans doute des hommes l’attendre devant le siège de leur rival. Si Victorien rentrait chez lui, il risquait d’y être attendu aussi ; il rejoignit finalement Honorine dans sa petite boutique, certain que personne au journal n’irait le chercher là. Il lui raconta sa mésaventure ; Honorine haussa les épaules :
« Tu es allé trop loin.
— Mais non, ils m’ont volé mon texte, ce n’est pas juste.
— Peut-être, mais en attendant, tu n’as plus de travail et tu es obligé de te cacher.
— Ça ne durera pas, je vais demander à Léon de m’héberger cette nuit et je verrai demain. »

Victorien dormit mal dans la petite chambre de Léon, mais au moins personne n’était venu le chercher là. Alors que les deux jeunes gens sortaient au petit matin pour aller boire un café au bistrot du coin, un vendeur de journaux attira leur attention :
« Le grand reporter Gaston Bacchantes assassiné par la Griffe Bleue du Néant ! Tous les détails sur cet effroyable crime ! Demandez l’Eclair de Paris ! »
Victorien acheta un journal et s’en saisit en tremblant : il lut l’article rédigé par Gaspard Trotard lui-même et apprit que le journaliste avait été retrouvé dans une petite impasse, une griffe bleue plantée dans le cœur. Le jeune homme fixa son ami, pétrifié :
« Ce n’est pas possible, cette organisation n’existe pas, ce n’est qu’une invention sortie de mon imagination !
— Visiblement, elle paraît bien réelle… »
Ils s’installèrent dans un coin du bistrot. Léon fixa son camarade bouleversé et lui demanda avec insistance :
« Tu es sûr que cette histoire ne sort que de ton imagination ?
— Oui, enfin je le croyais jusqu’à ce matin !
— Peut-être que quelqu’un a décidé d’utiliser cet article pour tuer Gaston Bacchantes. »
Victorien blêmit :
« Mais oui, tu as raison, ça doit être ça… mais pourquoi ? »
La porte de l’établissement s’ouvrit à cet instant et quelques policiers en uniformes entrèrent, leurs pistolets à rouages et pistons bien en évidence. L’inspecteur en civil qui les menait s’approcha du tenancier et lui parla à voix basse. L’homme répondit en désignant la table des deux garçons. L’inspecteur les rejoignit en quelques enjambées et ordonna :
« Victorien Lampion, veuillez me suivre ! »
Le jeune homme jeta un regard désespéré à son ami, mais il savait qu’il n’avait pas le choix : les policiers étaient trop nombreux, il ne pourrait pas fuir.

Au poste de police, Victorien raconta comment il avait monté de toutes pièces l’histoire de la Griffe Bleue du Néant et jura ses grands dieux qu’il n’était pas impliqué dans l’assassinat. Il vit néanmoins que l’inspecteur ne le croyait guère et il fut conduit dans une cellule où il patienta de longues heures.
Au bout d’un interminable moment, il vit arriver un petit homme terne qui annonça être son avocat commis d’office ; il ajouta que Victorien était accusé d’être un membre de la Griffe Bleue du Néant et l’assassin du reporter vedette. Avec stupéfaction, le jeune homme apprit que Léon et Honorine avaient fui en fiacre et qu’un témoin les avait entendus dire qu’ils devaient échapper à la Griffe Bleue, ordonnant au cocher de les conduire à l’aérodrome des zeppelins. Victorien n’en croyait pas ses oreilles car ses amis étaient trop pauvres pour voyager par un tel moyen. Le coup de grâce lui fut donné quand il apprit que des membres de la rédaction de l’Eclair de Paris avaient relaté son altercation et sa fuite précipitée : tout jouait contre lui.

Le procès fut vite expédié : Victorien n’arrivait pas à se défendre, trop assommé par ce qui lui était tombé dessus, et son avocat était un véritable incapable. Le verdict tomba : peine de mort par guillotine, le lendemain même.

Alors qu’il attendait qu’on vienne le chercher pour l’exécution, Victorien lisait pour la dernière fois de sa vie l’Eclair de Paris, où son procès faisait la une. Ses yeux tombèrent sur la signature et il eut un choc en découvrant que son auteur était Antonin Chafouin, un petit préposé aux faits divers avec qui il avait travaillé : comment avait-il pu monter si vite en grade ?

En arrivant dans la cour de la prison où se dressait la guillotine, Victorien découvrit les spectateurs qui allaient assister à son exécution, au premier rang desquels Antonin Chafouin souriait de toutes ses dents. Soudain la lumière se fit dans l’esprit du condamné, les pièces se mirent en place. Il comprit qu’il avait en face de lui l’assassin de Gaston Bacchantes, celui qui avait tout manigancé pour obtenir la place du reporter et faire accuser Victorien. La famille d’Antonin était riche, ce dernier avait dû soudoyer ou menacer Léon et Honorine pour qu’ils disparaissent. Le jeune homme savait qu’il ne pourrait pas prouver son innocence, mais il ne mourrait pas seul. Il échappa à son gardien et, avant que quiconque n’ait eu le temps de réagir, il sauta à la gorge d’Antonin pour l’étrangler de toutes ses forces. Un coup de feu retentit et Victorien se raidit, atteint en plein cœur par une balle, avant de s’effondrer sur son ancien collègue. Ses mains serraient toujours la gorge du conspirateur et celui-ci, dans un râle, rendit l’âme à son tour.
La Griffe Bleue du Néant venait de faire deux nouvelles victimes.

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 12:33

Texte n°3 :

Claire

Les journées au bureau étaient longues et monotones. De la paperasse, encore et toujours. Gérer les arrêts et accidents de travail, les demandes de congés maternités, les remplacements. Trier les documents, photocopier, mettre au parapheur, récupérer et classer. Alain détestait ce boulot. Il ne demeurait dans cette sinistre entreprise que pour deux raisons. La première était qu’il craignait le chômage plus que l’ennui. A quarante ans passés, il appréhendait de se retrouver sur le marché du travail et de devoir concourir contre de fringuant diplômés, aux dents blanches et au brushing impeccable. La deuxième raison était Claire.
Claire. La jeune femme portait bien son prénom. Elle était une présence lumineuse dans la grisaille quotidienne. Petite, menue, sa chevelure noir de jais encadrait un visage délicat, éclairé par d’immenses yeux céruléens. Elle s’habillait toujours de bleu, comme pour magnifier ses iris. Alain était tombé amoureux d’elle dès qu’il l’avait vue. Il n’avait jamais osé l'aborder pour lui demander autre chose que « Pourriez-vous me donner le dossier B421598, s’il vous plait ? ». Elle était belle et charmante. Lui était quelconque, fade et ennuyeux. Il se contentait donc de l’observer, rêvant un jour d’avoir le courage de lui adresser la parole.


La plaine s’étendait à perte de vue, l’herbe et les fleurs ondoyaient sous l’effet d’une légère brise, le ciel était d’un azur écrasant. Alain détailla les alentours. Les couleurs étaient trop vives, le soleil trop intense. Il sut qu’il se trouvait dans un rêve.
— Où… où suis-je ?
La voix lui fit tourner la tête. Avec un choc, il découvrit Claire derrière lui. Elle était vêtue d’une robe estivale bleu clair, qui flottait dans le vent. Alain recula et bégaya quelques mots inintelligibles avant de se rependre. Il s’agissait d’un songe, sûrement de l’un de ces rêves lucides dont il avait entendu parler. Il avait créé ce monde et y avait amené une projection de celle qu’il aimait secrètement. Ce n’était qu’une illusion, hors de question de se dégonfler. Rassemblant son courage, il sourit à la Claire onirique.
— Vous vous trouvez dans mon rêve, déclara-t-il.
Elle parut surprise, comme il l’avait imaginé. Elle regarda aux alentours.
— C’est très joli, dit-elle.
Le sourire d’Alain s’élargit. Il pensa à un pique-nique, avec une nappe blanche à carreaux et des victuailles dans un panier d’osier. Aussitôt, les images se matérialisèrent. Alain invita Claire à prendre place d’un geste galant.
— Une collation vous tenterait-elle ?
Ce fut au tour de la jeune femme de sourire.
— J’en serais ravie.


Le lendemain, Alain se réveilla de fort bonne humeur, la douce béatitude du songe se communiquant à la vie réelle. Il s’habilla et déjeuna en chantonnant. Même ses quarante minutes habituelles de métro ne parvinrent pas à entamer sa joie.
Il ne redescendit de son petit nuage qu’en poussant la porte de son entreprise. Là, l’ennui de son quotidien l’accabla violemment. Il s’assit lourdement à son bureau et contempla l’écran éteint de son ordinateur. Quel idiot il était ! Il avait fait un joli rêve, mais il ne s’agissait que d’un rêve justement.
La mort dans l’âme, il alluma son ordinateur, ouvrit sa boite mail professionnelle et commença à faire le tri dans ses courriers. Claire arriva quelques minutes plus tard, vêtue d’une robe bleue taillée dans un tissu vaporeux. Alain fronça les sourcils. L'habit ressemblait étrangement à celui qu’elle portait dans son rêve. La jeune femme posa son sac et leva les yeux. Ses iris azur croisèrent ceux d’Alain, qui demeura pétrifié. Claire lui adressa un sourire radieux, puis s’installa à son poste. Le cœur d’Alain manqua un battement. Elle ne l’avait jamais regardé auparavant, elle ne semblait pas savoir qu’il existait. Ce pouvait-il que le songe ait changé quelque chose ?


Le soir, il allait se coucher tôt, bien décider à passer une bonne nuit tranquille et sans histoire. Hélas, son subconscient en avait décidé autrement, car la plaine fit de nouveau son apparition.
— Tiens, encore vous…
Et Claire était également présente, vêtue cette fois d’une longue jupe marine et d’une tunique bleu claire, assortie à son boléro. Comme d’habitude, elle était ravissante. Alain sentit fondre ses résolutions. Si ce monde onirique était vraiment le sien, autant en profiter.
Il fit jaillir de nulle part une table chargée de nourritures fines et agrémenta la scène avec quelques mésanges et moineaux voletant entre les plats et les carafes.
— Je vous attendais, dit-il à Claire en tirant une chaise pour qu’elle puisse s’asseoir.


Le lendemain, la jeune femme lui sourit en arrivant et échangea quelques paroles sur le temps qu’il faisait. Alain était aux anges. Il n’avait aucune preuve tangible, mais il était sûr que ses rêves lui permettaient de modifier la réalité. Peut-être avait-il réussi à se connecter à Claire. Elle ne semblait pas se souvenir de leurs rencontres nocturnes, mais son attitude envers Alain paraissait différente. Elle avait remarqué son existence et lui parlait. Alain se promit de poursuivre son expérience dans l’imaginaire, il pouvait l’influencer, il en était persuadé. Il pouvait la faire tomber amoureuse de lui.


Le quotidien d’Alain changea à partir de cet instant. Lui qui vivait selon une routine immuable et n’avait de goût pour rien en particulier commença à espérer le moment du coucher avec impatience. Il acheta tous les livres qu’il put sur le sommeil et les rêves, pratiqua la méditation, se gava de tisane, s’aspergea d’huiles essentielles afin de favoriser sa réceptivité. À peine rentré chez lui il mangeait sur le pouce, expédiait les tâches ménagères avant de se mettre au lit.
Il retrouvait alors immanquablement la plaine et Claire, qui l’attendait. Ils discutaient de tout et de rien, riaient ensemble, même si Alain ne gardait de leurs échanges qu’un souvenir très vague, comme enveloppé dans une brume. Il se réveillait heureux.
Dans l'existence réelle, Claire lui souriait un peu plus souvent. Elle venait parfois faire un brin de conversation avec lui à la pause, autour de la machine à café. Elle ne parlait jamais d’elle, il ne savait rien de sa vie, mais à vrai dire, il s’en fichait. Pouvoir contempler les splendides yeux bleus de Claire était tout ce qui lui importait.
Malheureusement pour lui, sa relation avec Claire n’évolua pas plus loin que la simple camaraderie. Elle lui adressait la parole, certes, il répondait, mais elle ne fit jamais mine d’aller vers lui, et Alain, trop timide, n’osait l’inviter.
La frustration qu’il ressentait grandit peu à peu. Il alternait les moments de joie et ceux de profond abattement. Pire, son marasme commençait à envahir son monde imaginaire. Régulièrement, alors qu’il conversait avec la jeune femme dans la plaine, il entendait un bruit de raclement, on aurait dit que quelque chose se faisait les griffes sur son rêve. À plusieurs occasions, il se réveilla avec des marques rouges sur le corps, comme s’il s’était gratté frénétiquement durant son sommeil.
Son attention se mit à décliner. Il commit plusieurs erreurs qui lui valurent des remarques de son chef de service. En d’autres temps, il aurait été terrifié par ces blâmes. Mais désormais, Claire seule occupait ses pensées.
Un jour, il n’y tint plus, il en eut assez de cette situation. Il se leva, l’esprit affermi par une résolution toute simple. Il allait inviter Claire à dîner. Il se prépara et se rendit au travail, luttant contre la panique qui le gagnait au fur et à mesure qu’il s’approchait. Il s'installa à son bureau comme dans un songe et s’assit. Il attendit la jeune femme. Elle ne vint pas. La nervosité d’Alain augmentait. Elle n’était jamais en retard. Elle était toujours à l'heure. Il lui était arrivé quelque chose. Un déséquilibré l’avait enlevée, ou un chauffard l’avait renversé !
Alain ne put se concentrer sur les tâches qu'on lui avait confiées. Il ne cessait de guetter avec anxiété la porte d’entrée et l’horloge. Claire fit son apparition à dix heures trente. Alain remarqua tout de suite que quelque chose n’allait pas. Elle était vêtue de noir, délaissant son bleu habituel. Ses yeux étaient rougis par les larmes. Elle se rendit directement chez le chef de service. Au bout de longues minutes, elle revint. Elle portait un carton vide. Elle le posa sur son bureau et entreprit de le remplir. Glacé d’horreur, Alain la regarda faire avant de parvenir à réagir.
— Claire, que vous arrive-t-il ?
La jeune femme réprima un sanglot.
— Mon père vient d’être hospitalisé. C’est très grave, il risque de mourir. Il habite très loin, je ne peux le laisser seul. Je… j’ai donné ma démission, je pars ce midi le rejoindre.
Alain crut qu’on l’avait poignardé. Claire empaqueta ses affaires, le salua et s’en fut comme un fantôme. Alain resta affalé dans son fauteuil, terrassé par la nouvelle.


Le soir même, il se rendit dans la plaine. Claire était assise et pleurait.
— Je suis désolé pour votre père, lui dit Alain en s’approchant.
Elle leva vers lui un visage baigné de larmes.
— Je me sens si seule et impuissante, gémit-elle.
Alain prit place à côté d’elle. Il hésita, et passa le bras autour de ses épaules.
— Vous n’êtes pas seule, je suis là, murmura-t-il.
Claire se laissa aller contre lui.


À partir de ce jour, Alain se détacha totalement de son travail. À quoi bon, ce lieu était vidé de tout son intérêt maintenant que Claire n’y était plus ? Il venait machinalement au bureau, comme un automate, mais toutes ses pensées étaient tournées vers son monde onirique où il retrouvait la jeune femme chaque nuit. Il était devenu son confident et son ami le plus fidèle.
Alain était si concentré sur ses rêves à venir qu’il perdit son emploi. On le licencia pour faute grave, après une erreur d’inattention de sa part ayant entraîné un procès aux prudhommes. Il n’en avait que faire. Au contraire, il fut heureux de ne plus avoir à se lever le matin. Il pouvait ainsi passer plus de temps dans ses songes.
Ce qui l’inquiétait par contre, c’était les bruits de grattement qu’il percevait de plus en plus fréquemment. On aurait dit des griffes raclant une paroi en verre. Claire affirmait ne pas les entendre.


Un jour, il trouva un avis dans sa boîte aux lettres, l’informant qu’en cas de non-paiement de son loyer, on l’expulserait. Il jeta le courrier dans la poubelle du hall de l’immeuble et remonta dans son appartement. Il se fraya un chemin au milieu des sacs d’immondices des piles de vêtements sales, de la vaisselle encrassée et s’effondra sur son lit.
Il fut immédiatement transporté dans son paradis imaginaire. Claire l’attendait, le visage grave.
— Nous allons bientôt être séparés, annonça-t-elle.
Alain fut transi par ses paroles.
— Non ! Non nous n’allons pas être séparés ! Rien ne pourra nous séparer !
Claire secoua la tête.
— Ce rêve arrive à son terme. Tu l’as maintenu durant de nombreux mois, me permettant de me sustenter, mais désormais, la réalité te rattrape. Tu ne pourras plus continuer ainsi longtemps.
Alain aurait voulu parler, les mots restaient bloqués dans sa gorge. Claire fit quelques pas et désigna les alentours.
— Ton petit cocon d'illusions ne suffit plus à m'alimenter, il se lézarde. Tu entends mes coups de griffes, signe que ce monde onirique s’étiole. Il est temps pour moi de l’avaler une bonne fois pour toutes.
— Je… Je ne comprends pas, parvint à articuler Alain.
Elle eut un drôle de sourire. Mi-cruel, mi-triste.
— Je suis une mangeuse de rêve. Je me nourris des songes des autres. Je pousse les dormeurs à construire des univers où ils m’invitent et je me repais de leur énergie. Je me suis régalée avec toi, mais maintenant, je dois en finir.
Claire commença à changer. Sa silhouette s’étira, grandit, grossit. Ses cheveux se muèrent une crête membraneuse, sa peau se couvrit d’écailles, deux gigantesques ailes faillirent de son dos, tendit que ses mains s’allongeaient et se transformaient en griffes recourbées. Le dragon tourna la tête vers Alain. Le soleil onirique se réfléchit sur ses écailles bleues. La créature qui avait été Claire plongea ses serres dans le cœur d’Alain. Le monde imaginaire fut comme aspiré par la bête. Alain cria avant qu'un noir total ne s'abatte sur lui.


Alain ne reprit jamais vraiment conscience. On le trouva dans son appartement, totalement hagard, murmurant en boucle des paroles incompréhensibles, où le mot « bleu » revenait souvent. Il fut interné dans un hôpital. Il se révéla être un patient plutôt docile, gentil avec les infirmières. Le seul moment où il devenait vraiment dangereux était la tombée de la nuit. Il se mettait alors à hurler, se jetant contre les parois de sa cellule. Il ne supportait plus de dormir. Car une chose horrible l’attendait dans son sommeil. Le Néant.

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 12:34

Texte n°4:

Accoudé au bar, Ian fixait l’écran, écoutant sans intérêt les nouvelles de la journée présentées d’une voix terne par un robot. Derrière l’engin à forme humanoïde s’étendait l’ombre d’une ville sale et informe, brisée par les immeubles gris et monstrueux. La voix mécanique énumérait d’un ton monocorde les vaines actions entreprises par les services de police afin d’expliquer et d’endiguer les disparitions de plus en plus nombreuses qui touchaient la ville depuis plus de trois semaines. D’étranges prospectus étaient à chaque fois retrouvés dans les appartements des disparus. A cette vitesse, commentait le robot, il ne faudrait pas plus de deux mois pour vider la ville.

- Cette ville est pourrie à l’os de toute façon murmura Ian en avalant une gorgée. Cette vie est pourrie à l’os, Jane, ajouta t-il d’une voix rouillée en s’adressant à la barmaid, une jeune fille passablement jolie aux ongles vernis en bleu.
- Cette ville est faite d’électronique, de sang et d’alcool Ian, on le sait tous, c’est comme ça, lui répondit-elle.
- On peut changer ça... commenta un vieil homme assis au comptoir.
- Hein ? éructa Ian presque par mégarde.
- Je dis que le changement est possible. Tenez, regardez.

Ces mots disant, l’inconnu tira un prospectus de sa poche de veston et le lui tendit. Ian le lut à voix haute, tirant négligemment sur sa clope entre deux phrases.
« Souvenez-vous des songes que vous faisiez enfant, lorsqu’au moment de vous coucher, votre mère vous embrassait le front et vous souhaitait de rêver à un monde meilleur et en couleur. C’était cela, le rêve. Rien de tout ce que vous avez pu alors imaginer n’est advenu. Le monde est gris, le monde est moche. Et si vous aviez le pouvoir de le faire redevenir bleu, prendriez-vous le risque de passer par un trou noir? Griffez la surface pour vous greffer dans l’espace, et créez votre rêve.»

- Baliverne, cracha Ian. Je n’ai jamais rien rêvé d’autre qu’une bonne rasade de whisky au fond de mon gosier asséché en fin de journée. Et ton joli minois en face de moi ma belle, ajouta t-il en se tournant vers Jane.
- Flatteur va, le rabroua t-elle en lui donnant un coup sec de torchon sur le bras avant de s’en retourner à essuyer ses verres sales.
Ian froissa le papier dans ses mains et jeta la boule ainsi formée sur le vieil homme.
- Les trous noirs, renifla t-il. Personne n’en est jamais revenu vivant, vieil idiot. Il n’y a rien là-dedans si ce n’est le néant. Le néant et la mort, conclut-il en avalant d’une gorgée le fond de son verre. Jane ! Un autre !
- Vos connaissances en physique ne vont pas plus loin que le bout de votre gros nez, mon ami, le rabroua l’autre. J’était professeur d’université avant les cataclysmes de 2037, déclara t-il avec orgueil, professeur de physique quantique.
- Grand bien vous fasse l’ami.
- Lorsqu’ils ont découvert qu’il suffisait de gratter certaines particules bien choisies et soumises à un champ magnétique de grande ampleur pour ouvrir les mini-trous noirs, poursuivit le vieil homme sans paraitre remarquer le désintérêt manifeste de son auditoire, j’étais là. Je les ai étudiés. Savez-vous quelle est la première propriété d’un trou noir ?

Ian leva péniblement les yeux qu’il avait braqué dans le décolleté plongeant de Jane qui, toujours penchée à laver ses verres, faisait semblant de ne se rendre compte de rien. Ses pupilles étaient dilatées par l’alcool et l’obscurité du bar et avec une peine évidente, il les braqua sur le vieil homme.

- D’avoir foutu un bordel sans nom dans notre monde à force d’être ouverts sans arrêt par des salopiauds de scientifiques comme vous pendant des années ?
- Non. Les trous noirs sont des petits néants. Et la principale propriété du néant, c’est de ne pas en avoir ! Ne voyez-vous donc pas ? Ne comprenez-vous donc pas ce que cela veut dire ?! s’emporta l’ancien professeur. La créativité ! La créativité ! s’écria t-il en se levant de ton tabouret comme poussé sous les fesses par un ressort invisible.
- Oh, Rob, calme-toi et baisse le son veux-tu, ordonna soudain un gars derrière eux. Tu nous rabats les oreilles avec tes foutus sornettes, j’entends encore une fois les mots « trou noir » ou « néant » sortir de ta bouche, et c’est tes dents que j’en fait sortir moi, t’as compris ?

Sa posture et sa carrure laissaient sous-entendre que la plupart de ses interlocuteurs avaient plutôt tendance à comprendre rapidement ce qu’il disait. Une conclusion à laquelle Rob arriva lui aussi très vite, puisqu’il se rassit très rapidement.

- Le néant n’a pas d’histoire, mon ami, voilà la vérité, reprit-il en baissant le ton et en pointant le doigt vers Ian. Il n’y a qu’à l’écrire. Le néant rend possible l’être et le non être en même temps, la création et la négation en même temps. Le néant, c’est la matière et la non matière, c’est le devenir et la liberté humaine. Passer par un trou noir, rejoindre le néant et inventer, réinventer, c’est possible. Tout redevient possible. Voilà ce que nous cache le gouvernement.
- Ah, ouaip, un complot gouvernemental, ça faisait longtemps ricana Ian. Jane ma belle, que dirais-tu de filer un bon coup sur le crâne à ce vieil imbécile et nous tirer d’ici ? J’ai une meilleure idée pour créer de l’animation que gratter la surface et ouvrir un trou noir.
- Ian, tu es saoul, pas ce soir, refusa la jolie barmaid. Ton haleine sent plus fort que les dessous de bras de Marcus, hein Marcus ?

Le dénommé Marcus, un gros type poilu assis à quelques mètres de là leva son verre pour approuver et le vida d’une traite avant de laisser sa tête tomber lourdement sur le comptoir.

- Tant pis pour toi ma belle, grimaça Ian. Ca ne te dérangeait pas avant.
- Vous savez qu’avec tous ces trous noirs qui ont été ouverts de partout dans notre monde, il devient de plus en plus facile d’en ouvrir un, n’est-ce pas ? glissa lentement Rob. Vous savez que vous pouvez en ouvrir quasiment n’importe où désormais ? Tout ce que vous avez à faire c’est... c’est gratter, et gratter, s’écria t-il avec emphase, en se relevant et se mettant à gesticuler en tout sens. Et griffer, griffer le sol , la roche, les murs jusqu’à plus soif !!
- Pourquoi ne commences-tu donc pas par gratter ce sol-là ? tonitrua le gars derrière eux.

Et d’un coup sec, il abattit son lourd poing sur le crâne de Rob qui glissa par terre. Le type eut un ricanement satisfait et replongea son visage dans sa chopine de bière.
Satisfait lui aussi, Ian enchaina les verres, jusqu’à ce que sa tête commence à tourner, abrutie par les drogues qu’il s’étaient injecté plus tôt dans la soirée, le whisky, les vapeurs de cigarettes et probablement par le charabia sans queue ni tête du vieux fou. Il ferma les yeux un instant, posant son menton piquant dans sa paume de main moite.
Un battement de cils plus tard, lorsqu’il les rouvrit, la lumière était revenue dans le bar. La salle était presque vide, à défaut de quelques types comme lui endormis à leur table et d’un type tout maigre en train de passer un coup de balais, de toute évidence vain, sur le sol poussiéreux à souhait. Un filet de bave s’écoulait lentement au coin de la bouche de Ian. Les doigts de sa main gauche enserraient toujours son verre de scotch, vide. Ebloulis par la lumière dont il n’avait que peu l’habitude désormais, Ian chercha des yeux la silhouette de Jane. Il l’entendit plus qu’il ne la vit.

- Au revoir Jane, salua le patron du bar, à demain.
- Non, adieu Jim, corrigea la jeune femme.

Ian la vit du coin de l’œil sortir par la porte du fond, ce qui lui sembla louche. Son esprit embué nota avec incompréhension le maigre tas de pourboires laissés à même le comptoir du bar. Les temps étaient si durs que jamais la jeune femme n’aurait rechigné ces quelques piécettes et les auraient oubliées. Quelque chose clochait, et même dans cet état second, Ian était capable de le sentir. Son vieil instinct de détective rallumé le criait à pleins poumons à travers les pores dilatés de sa peau pâle. Il tomba plus qu’il ne descendit de son tabouret, et tituba jusqu’à la porte au fond de la salle par laquelle était sortie la jeune femme. Cette porte ne menait que dans une arrière cours sans issue, Ian le savait bien pour y avoir dégobillé de nombreuses fois. Pourquoi Jane serait sortie par là ?

Mais dehors, personne. Rien, si ce n’était que les murs froids, les détritus au sol et la grisaille sans fin de la nuit. Pas de trace de Jane. Même plongé dans un état pitoyable, Ian ne doutait pas des facultés de son esprit. Il l’avait vu sortir dans la ruelle.
Un soubresaut amer agita son corps, et il dut s’appuyer sur le mur pour ne pas tomber. Sous ses doigts rugueux, la brique s’effrita. Ian posa les yeux sur le mur et ce qu’il vit ranima en lui les paroles prononcées plus tôt dans la soirée. Sous sa main, des traces de griffures striaient la pierre. Des griffures fines et rectilignes, laissées par une main. Une trace de verni bleu... Une main de femme. Une main de femme aux ongles peints en bleu.

La voix de Rob envahit sa tête, se faisant une place parmi les relents d’alcool. « Griffez la surface pour vous greffer dans l’espace ». Le vieux fou avait-il raison ? Ses divagations seraient l’explication des multiples disparitions de ces dernières semaines ? De la disparition tout aussi inexpliquée de Jane à l’instant même ?
Ian plaça sa main sur les marques laissés par les ongles, caressant lentement la pierre du bout des doigts. Il ne réfléchissait même plus, laissant son esprit vagabonder. Si le vieux Rob avait raison, par delà le trou noir qu’il était susceptible d’ouvrir, quel monde créerait-il ? Que pouvait-il souhaiter ? Qu’était-il seulement capable d’inventer ?

Sans vraiment en avoir conscience, la pression de ses doigts se fit plus ferme sur la brique, jusqu’à en planter ses doigts dedans, et gratter les particules de terre, griffant la surface. Un éclair bleu illumina violement la ruelle, brûlant comme un éclair de nuit. Les rétines de Ian, décidément peu habituées à la lumière, crièrent leur souffrance via sa bouche. Un tube l’aspira et lui retourna tête et estomac. Ian senti chaque atome de son être se désintégrer, puis se réintégrer en un fracas assourdissant. Puis se fut le silence. Le silence et le vide. Un rien béant flottait autour de Ian, autour et en lui. Toute trace de drogue, d’alcool ou de sang avait disparu de son système, laissant son être vidé. Il n’était plus qu’une conscience flottant au milieu d’un grand rien.
L’esprit de Ian n’aurait pu calculer le temps qu’il passa là, à se laisser porter par ce rien. Mais au bout d’un moment, peut-être une minute, sans doute un siècle, il se remémora les paroles du vieux Rob. Ce vieux fou avait eu raison depuis le début, il pouvait désormais créer ! Que pouvait-il souhaiter ? Une idée bleue le traversa. Il voulait voir cette charmante Jane penchée derrière son comptoir, essuyant ses verres comme il l’avait toujours vu faire. Lentement, la création se mit à l’œuvre.

Mais ce pauvre Ian était dépourvu de toute imagination. Il ne savait pas écrire. Lorsque sa nouvelle création eu pris forme, une voix robotique et monocorde emplissait l’air comme il l’avait toujours entendu. Par delà la rue, s’étendait l’ombre d’une ville sale et informe, brisée par des immeubles gris et monstrueux. Derrière le bar, Jane essuyait à nouveau ses verres, les ongles bleus et le regard éteint.

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 15:06

Voilà un défi intéressant, bravo à tous!

faut choisir maintenant scratch

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 15:38

Choix difficile une fois de plus, bravo à tous.

Deux coups de coeur pour les textes 1 et 3, j'ai fini par voter pour le 1, en adepte des happy ends ^^

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 7 Avr 2013 - 21:33

J'ai voté :-), le texte deux m'a tenu en haleine, il était vraiment bien, mais c'était un choix difficile!

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Mar 9 Avr 2013 - 9:06

Petit coup de coeur pour le texte 1 pour ma part Smile

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Mar 9 Avr 2013 - 18:10

Personnelement (avis perso alors ne montez pas aux rideaux)

1/ Le texte ne m a pas touchee, il n z a pas d histoire meme si cela est joliment ecrit. l utilisation du present change mais enfin je n accroche pas moi, sans histoire je trouve que ca manque de valeur et de sens

2/ le mieux ecrit des 4 je pense, le scenario est sympa mais l utilisation des termes bien trop facile, je trouve ca bien trop facile de juste nommer un groupe ou un personnage avec les termes a utiliser alors je suis plutot decue

3/ celui qui m a le moins emballee. c est bien ecrit, mais je me suis ennuyee

4/ histoire trop compliquee a comprendre a mon sens

(desolee pour la synthaxe mais je ne suis pas en france et j ai un stupide clavier us)
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sombrefeline
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Mer 10 Avr 2013 - 11:04

Ne soyez pas timides, venez voter !

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Ven 12 Avr 2013 - 18:48

N'hésitez pas à venir voter! Les participants vous attendent :-D
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Esoriak
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Ven 12 Avr 2013 - 19:32

J'ai voté pour le 2 qui m'a carrément emballée ! J'adore !


Bien que j'ai aussi beaucoup aimé le 4eme texte pour cette histoire de trou noir Smile




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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 10:21

Il ne vous reste que quelques heures pour donner votre avis!

Allez allez Smile
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Morrigan
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 11:56

Texte 1 : j'ai bien aimé l'utilisation des poèmes transitions et annonciateurs ; l'histoire m'a moins plu, par contre
Texte 2 : ah, une petite ambiance steam-punk Wink Intéressant, plaisant à lire et le dénouement assez surprenant
Texte 3 : intéressant sur le concept, bien écrit lui aussi, mais trop fleur-bleue pour moi ^^
Texte 4 : je n'ai pas accroché, même c'était pas mal agencé
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 20:06

Le verdict a été rendue, c'est donc RAINETTE qui remporte le concours !
Bravo à elle !

::crazy::

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 20:17

Shocked

Embarassed

Mince alors ^^

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 20:20

Bravo Rainette, j'avais voté pour ton texte. cheers

Pour ma part, j'avais écrit le texte n° 2, ma première nouvelle dans le genre steampunk, visiblement elle a plu à certains d'entre vous, merci d'avoir voté pour elle.

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 20:21

Félicitations rainette ! cheers

Et bravo tout de même aux participants, y'avait du niveau Smile
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 20:49

Bravo Rainette, j'avais voté pour toi !

Mon texte était le 3 pour ma part.

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Dim 14 Avr 2013 - 21:21

Félicitations rainette! :-D
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 9:15

Merci à tous en tout cas, et bravo aux autres participants, le choix était difficile ^^

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 9:51

Diantre, j'avais trouvé Sombreféline et Abigaelle, mais pas dans le bon ordre ^^ Bravo pour avoir brouillé les cartes, vous deux geek

Et toutes mes félicitations à toi, Rainette Wink
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 10:01

Morrigan a écrit:
Diantre, j'avais trouvé Sombreféline et Abigaelle, mais pas dans le bon ordre ^^ Bravo pour avoir brouillé les cartes, vous deux geek

Et toutes mes félicitations à toi, Rainette Wink

Eh oui, je ne suis plus la seule à écrire du steampunk Very Happy

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 11:49

Comme Morri, je me doutais que c'était vous deux mais j'avais inversé les textes aussi ^^

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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 12:01

Félicitations Rainette !
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Abigaelle
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MessageSujet: Re: concours n°39-votes   Lun 15 Avr 2013 - 13:10

sombrefeline a écrit:
Morrigan a écrit:
Diantre, j'avais trouvé Sombreféline et Abigaelle, mais pas dans le bon ordre ^^ Bravo pour avoir brouillé les cartes, vous deux geek

Et toutes mes félicitations à toi, Rainette Wink

Eh oui, je ne suis plus la seule à écrire du steampunk Very Happy

Tout à fait, je m'y mets un peu aussi, même si pour l'instant, je travaille plutôt sur de la fantasy.
Sans doute le fait d'avoir rencontré tant de vaporistes à Trolls et Légendes ^^

_________________
Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions (et c'est valable aussi bien dans l'écriture que dans la vie !)

"L'homme est un loup pour l'homme... et un gros con pour le loup." Evil or Very Mad

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