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 Héritage

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Rainette
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MessageSujet: Héritage   Mar 17 Déc 2013 - 18:47

Hop, le début d'une nouvelle pour me changer un peu les idées. L'idée de départ est très ancienne, elle date de mes années lycées, mais je n'avais pas encore réussi à lui trouver une base. J'espère que c'est fait ^^

Héritage

Antoine marchait à pas lents le long du trottoir, la tête rentrée dans les épaules. Autour de lui, les gens se pressaient vers leur travail ou leur maison, l’ignorant, comme s’il n’appartenait pas au même monde - comme s’il était un fantôme, invisible. Une rafale de vent glacé s’engouffra sous son pull élimé, le faisant frissonner. Il releva le col de son imperméable usé et fourra les mains dans ses poches, laissant ses jambes le porter machinalement vers son appartement.
Au fond de sa poche, ses doigts rencontrèrent un morceau de papier froissé. Il le sortit et le regarda : c’était le courrier de son propriétaire, qu’il avait reçu ce matin, l’annonçant qu’il résiliait son bail. Il s’y attendait ; cela faisait quelques mois, déjà, qu’il ne pouvait plus payer son loyer.
Antoine soupira et se mit en devoir de déchirer la lettre en morceaux minuscules, qu’il laissa s’envoler comme des confettis. Le vent charriait une odeur de glace. Il allait neiger cette nuit.

L’arrêt brutal du vent lorsqu’il entra dans l’immeuble le fit presque chanceler. Le concierge râla à cause de ses chaussures boueuses, mais Antoine l’entendit de loin, comme à travers du coton, et il l’ignora. Le hall brillamment éclairé, avec ses dalles de faux marbres et ses dorures brillantes, n’était qu’une illusion ; son appartement se trouvait à l’arrière de l’immeuble, en demi sous-sol, au fond d’une petite cour lugubre cimentée, cernée de murs grisâtres ornés par les tuyaux d’aération.
Il n’était que dix-huit heures, et il faisait déjà nuit. Son deux-pièce ressemblait à une grotte - sombre, vide et froid. Il jeta son manteau vaguement en direction d’une chaise, sans même allumer la lumière, et alla s’affaler sur le canapé, attrapant la télécommande pour mettre la télévision en marche.
L’écran projetait une pâle lueur clignotante. Maussade, il ne le regardait même pas. Son entretien avec son patron, ce soir, s’était mal passé. Il se doutait bien que cela se finirait ainsi, mais cela n’atténuait pas le dépit causé par la confirmation de son licenciement. Ce n’était pas un emploi mirobolant, gardien de nuit dans un supermarché, mais tout de même… La perte de son travail, la perte de son logement… Encore une fois. Cela ne durait jamais plus que quelques années. Un éternel recommencement.
Il aurait dû avoir l’habitude, à force. Mais c’était toujours déprimant de devoir partir, tout reprendre à zéro, ailleurs. Bon, il avait encore quelques jours devant lui. Emballer ses affaires ne lui prendrait pas énormément de temps ; les meubles ne lui appartenaient pas, et sa vie tenait dans un sac et quelques cartons.
Une crampe de faim lui noua l’estomac, un instant. Il ne bougea pas. Peut-être trouverait-il le courage, plus tard, de sortir se chercher à manger. Ou peut-être pas. Ce ne serait pas la première fois qu’il sauterait un repas, après tout.
Des voitures passaient dans la rue, dessinant des rais lumineux fugitifs sur le mur. Peut-être son patron - son ancien patron, plus exactement - pourrait lui donner quelques cartons pour le dépanner. Il lui devait bien ça, d’une certaine façon.
Revoir sa vie tourner en boucle comme un disque rayé le ramena, une nouvelle fois, à son passé. Là où tout avait commencé. Il se leva machinalement, et alla attraper une boîte à chaussures, dans le tiroir du buffet. Le carton était usé et la couleur passée, mais il contenait, en quelque sorte, ses biens les plus précieux. Il ouvrit délicatement la boite, posant le couvercle à côté de lui, sur le canapé. Il n’avait pas besoin de lumière pour l’examiner ; il connaissait son contenu par coeur.
Un mouchoir en fine batiste de coton, aux plis usés, bordé de dentelle. Un petit paquet de lettre jaunies, entouré d’un élastique. Une boucle de cheveux brun, devenus cassant, reliée par un ruban usé dont la couleur était indéfinissable. Une petite médaille de Saint Antoine de Padoue et sa chaîne brisée. Une photo de mariage démodée, en noir et blanc, sertie d’un cadre en carton abîmée…
Antoine caressa délicatement du pouce le A majuscule soigneusement brodé à la main sur le mouchoir. Il se souvenait de cette scène comme si c’était hier - les longs doigts fins d’Annabelle maniant l’aiguille avec dextérité, la fierté qu’elle en tirait. Il porta le mouchoir à son nez, mais le parfum de sa femme s’en était évaporé depuis bien longtemps, et il le rangea rapidement, avant que la larme qui coulait sur sa joue ne tombe sur le tissu si fragile.
Loin, si loin, le passé, le pâle souvenir de jours heureux envolés…
Il soupira, essuyant ses larmes, et son regard tomba sur le tiroir, où était rangé un autre précieux coffret. Il remit le carton en place et sortit l’autre boite. Celle-ci était en bois fin, lustré, fermé par deux petits crochets métalliques. Depuis combien de temps n’y avait-il pas touché ? Il caressa la surface polie et l’ouvrit avec précaution. A l’intérieur, sur un lit de velours d’un bleu profond, reposait un violon et son archet.
Cela faisait plusieurs années, au moins, qu’il n’en avait pas joué. Il le sortit, tendit les cordes avec précaution, le cala sous son menton. Ses doigts retrouvèrent leur place naturellement comme s’ils n’avaient rien oublié. Levant l’archet, il esquissa quelques notes avec timidité, et le son clair s’envola dans l’appartement lugubre comme s’il n’attendait que ça.
Prit d’une soudaine impulsion, Antoine empoigna son instrument et se précipita dans la rue. Puisque le futur se refusait à lui sourire, autant faire revivre un peu le passé.

Il y avait un peu moins de monde à présent dans la rue. Malgré sa hâte, il esquiva sans difficulté les quelques passants qu’il croisa, sur le trottoir. Les gens le regardaient un instants, puis se détournaitent pour l’ignorer, effrayés par son air hagard. Il s’en fichait.
A une centaine de mètre de son immeuble, au bout d’une rue en pente bordée de platanes, se trouvait un petit parc. Il n’était pas très grand, mais se terminait en une terrasse cernée d’un muret qui surplombait la ville. Le ciel était d’un noir d’encre ; les nuages cachaient la lune et les étoiles, mais les lumières des maisons et des lampadaires illuminaient l’horizon d’une lueur orangée. L’endroit était désert à cette heure-ci. Le vent soufflait toujours, agitant les branches nues des arbres, comme des doigts qui tenteraient de griffer l’air.
Antoine se jucha sur le muret, dominant la ville qui s’étendait à ses pieds. Il ferma les yeux, leva son archet, et se mit à jouer. Il joua ce qui lui venait à l’esprit, sans réfléchir, instinctivement - des partitions apprises par coeur. La musique s’éleva, claire et cristalline, tantôt enjouée, tantôt lancinante, dansant avec le vent comme une offrande.
Autour de lui, la neige se mit à tomber en fins flocons, poudrant ses cheveux noirs et ses épaules.

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MessageSujet: Re: Héritage   Mar 17 Déc 2013 - 21:31

Youpi, un nouveau texte de notre grenouille vampire préférée  cheers 

Un début intriguant (un peu déprimant aussi, le personnage fait assez perdant au premier abord, et devient plus nuancé à partir du moment où il ouvre la boîte et où on devine un passé complexe qu’on a envie de découvrir).
Du coup, je me demande où tu vas nous entraîner avec ce personnage (et si c’est un vampire, lui aussi ? ;)Oui, je commence à connaître tes goûts ^^)

J’attends donc de voir où tu vas nous emmener avec ce nouveau personnage, et qui est la mystérieuse Annabelle…

Sinon, les corrections que j’ai relevées :

Citation :
Son deux-pièce ressemblait à une grotte - sombre, vide et froid.
Plutôt « deux-pièces »

Citation :
Il jeta son manteau vaguement en direction d’une chaise, sans même allumer la lumière, et alla s’affaler sur le canapé, attrapant la télécommande pour mettre la télévision en marche.
« vaguement » me semble alourdir inutilement la phrase, sans rien lui apporter.

Citation :
Il ouvrit délicatement la boite, posant le couvercle à côté de lui, sur le canapé.
« boîte »

Citation :
Un petit paquet de lettre jaunies, entouré d’un élastique.
« de lettres »

Citation :
Une boucle de cheveux brun, devenus cassant, reliée par un ruban usé dont la couleur était indéfinissable.
« bruns »

Citation :
Il remit le carton en place et sortit l’autre boite.
« boîte »

Citation :
Prit d’une soudaine impulsion, Antoine empoigna son instrument et se précipita dans la rue.
« Pris »

Citation :
Les gens le regardaient un instants, puis se détournaitent pour l’ignorer, effrayés par son air hagard.
« un instant » et « se détournaient »

Citation :
A une centaine de mètre de son immeuble, au bout d’une rue en pente bordée de platanes, se trouvait un petit parc.
« de mètres »

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MessageSujet: Re: Héritage   Mer 18 Déc 2013 - 17:34

Début plutôt intéressant, même si je trouves que tu forces bien trop sur le froid et le vent au début.

Citation :
Une rafale de vent glacé s’engouffra sous son pull élimé,

Citation :
Le vent charriait une odeur de glace.

C'est redondant, il y a bien d'autre façon de donner l'impression de froid. Les doigts qui gèlent ou l'eau... Ou décrire aussi un peu plus les autres personnes qu'il croise.

Je trouve aussi que tu forces un peu trop sur la déprime et la tristesse. Même si c'est le sentiment dominant, je trouves ça bien trop lourd.

Par contre, je trouves étranges qu'il sépare les souvenirs d'Anabelle et le violon. visiblement, il a l'air habitué à bouger souvent et dans la pauvreté. Il me semble plus logique dans ces cas là qu'il chercherait, au contraire, à tout regrouper au même endroit, histoire d'avoir toujours les choses les plus précieuses à porté de main au cas où.

Sinon, j'espère lire bientôt la suite, en espérant qu'elle arrive un jours.

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MessageSujet: Re: Héritage   Mer 18 Déc 2013 - 18:28

Citation :
Une rafale de vent glacé s’engouffra sous son pull élimé, le faisant frissonner. Il releva le col de son imperméable usé et fourra les mains dans ses poches, laissant ses jambes le porter machinalement vers son appartement.
Au fond de sa poche, ses doigts rencontrèrent un morceau de papier froissé. Il le sortit et le regarda : c’était le courrier de son propriétaire, qu’il avait reçu ce matin, l’annonçant
Trois participe présent en deux phrases, il faudrait alléger, je pense ;

Citation :
qu’il avait reçu ce matin, l’annonçant qu’il résiliait son bail
Lui annonçant, plutôt.

Citation :
de faux marbres
marbre

Citation :
Son deux-pièce
Pièces

Citation :
il connaissait son contenu par coeur.
Cœur

Citation :
Un petit paquet de lettre jaunies
Lettres jaunies

Citation :
Une boucle de cheveux brun
Bruns

Citation :
Les gens le regardaient un instants, puis se détournaitent pour l’ignorer
Se détournaient

Voilà, pas d’autres corrections. Quelques répétitions notées qu’une bonne relecture devrait éliminer.

Autrement, sur l’histoire, c’est un bon début de nouvelle, tu parviens à nous faire ressentir la tristesse du personnage, le morne quotidien de sa petite vie. Je me demande bien comme ça va finir en tout cas…

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MessageSujet: Re: Héritage   Ven 20 Déc 2013 - 16:41

Rainette a écrit:
Hop, le début d'une nouvelle pour me changer un peu les idées. L'idée de départ est très ancienne, elle date de mes années lycées, mais je n'avais pas encore réussi à lui trouver une base. J'espère que c'est fait ^^

Héritage

Antoine marchait à pas lents le long du trottoir, la tête rentrée dans les épaules. Autour de lui, les gens se pressaient vers leur travail ou leur maison, l’ignorant, comme s’il n’appartenait pas au même monde - comme s’il était un fantôme, invisible. Une rafale de vent glacé s’engouffra sous son pull élimé, le faisant frissonner. Il releva le col de son imperméable usé et fourra les mains dans ses poches, laissant ses jambes le porter machinalement vers son appartement.
Au fond de sa poche(répétition), ses doigts rencontrèrent un morceau de papier froissé. Il le sortit et le regarda : c’était le courrier de son propriétaire, qu’il avait reçu ce matin, l’annonçant (lui annonçant serait mieux je pense) qu’il résiliait son bail. Il s’y attendait ; cela faisait quelques mois, déjà, qu’il ne pouvait plus payer son loyer.
Antoine soupira et se mit en devoir de déchirer la lettre en morceaux minuscules, qu’il laissa s’envoler comme des confettis. Le vent charriait une odeur de glace. Il allait neiger cette nuit.

L’arrêt brutal du vent(répétition) lorsqu’il entra dans l’immeuble le fit presque chanceler. Le concierge râla à cause de ses chaussures boueuses, mais Antoine l’entendit de loin, comme à travers du coton, et il l’ignora. Le hall brillamment éclairé, avec ses dalles de faux marbres et ses dorures brillantes, n’était qu’une illusion ; son appartement se trouvait à l’arrière de l’immeuble, en demi sous-sol, au fond d’une petite cour lugubre cimentée, cernée de murs grisâtres ornés par les tuyaux d’aération.
Il n’était que dix-huit heures, et il faisait déjà nuit. Son deux-pièce ressemblait à une grotte - sombre, vide et froid (j'aurais dis froide pour prolonger la comparaison, mais c'est subjectif je suppose). Il jeta son manteau vaguement en direction d’une chaise, sans même allumer la lumière, et alla s’affaler sur le canapé, attrapant la télécommande pour mettre la télévision en marche.
L’écran projetait une pâle lueur clignotante. Maussade, il ne le regardait même pas. Son entretien avec son patron, ce soir, s’était mal passé. Il se doutait bien que cela se finirait ainsi, mais cela n’atténuait pas le dépit causé par la confirmation de son licenciement. Ce n’était pas un emploi mirobolant, gardien de nuit dans un supermarché, mais tout de même… La perte de son travail, la perte de son logement… Encore une fois. Cela ne durait jamais plus que (de)quelques années. Un éternel recommencement. (Je suppose qu'on est en droit voire en devoir de se demander pourquoi?)
Il aurait dû avoir l’habitude, à force. Mais c’était toujours déprimant de devoir partir, tout reprendre à zéro, ailleurs. Bon, il avait encore quelques jours devant lui. Emballer ses affaires ne lui prendrait pas énormément de temps ; les meubles ne lui appartenaient pas, et sa vie tenait dans un sac et quelques cartons.
Une crampe de faim lui noua l’estomac, un instant. Il ne bougea pas. Peut-être trouverait-il le courage, plus tard, de sortir se chercher à manger. Ou peut-être pas. Ce ne serait pas la première fois qu’il sauterait un repas, après tout.
Des voitures passaient dans la rue, dessinant des rais lumineux fugitifs sur le mur.(je trouve ça maladroit, peut-être juste à cause de l'ordre des mots, je ne sais, comme si ça manquait d'équilibre) Peut-être son patron - son ancien patron, plus exactement - pourrait lui donner quelques cartons pour le dépanner. Il lui devait bien ça, d’une certaine façon.
Revoir sa vie tourner en boucle comme un disque rayé le ramena, une nouvelle fois, à son passé. Là où tout avait commencé. Il se leva machinalement, et alla attraper une boîte à chaussures, dans le tiroir du buffet. Le carton était usé et la couleur passée, mais il contenait, en quelque sorte, ses biens les plus précieux. Il ouvrit délicatement la boite, posant le couvercle à côté de lui, sur le canapé. Il n’avait pas besoin de lumière pour l’examiner ; il connaissait son contenu par coeur.
Un mouchoir en fine batiste de coton, aux plis usés, bordé de dentelle. Un petit paquet de lettre jaunies, entouré d’un élastique. Une boucle de cheveux brun, devenus cassant, reliée par un ruban usé dont la couleur était indéfinissable.(Tout de même, même si la couleur est devenu indéfinissable avec les années et à cause du manque de lumière, puisqu'on est de son point de vue et qu'il s'appuie visiblement sur sa mémoire pour examiner le contenu de la boite-vu qu'il y voit rien- il doit bien se souvenir de la couleur non..? Oui enfin ok, je chipote^^) Une petite médaille de Saint Antoine de Padoue et sa chaîne brisée. Une photo de mariage démodée, en noir et blanc, sertie d’un cadre en carton abîmée (pourquoi une marque de féminin ici?)
Antoine caressa délicatement du pouce le A majuscule soigneusement brodé à la main sur le mouchoir. Il se souvenait de cette scène comme si c’était hier - les longs doigts fins d’Annabelle maniant l’aiguille avec dextérité, la fierté qu’elle en tirait. Il porta le mouchoir à son nez, mais le parfum de sa femme s’en était évaporé depuis bien longtemps, et il le rangea rapidement, avant que la larme qui coulait sur sa joue ne tombe sur le tissu si fragile.
Loin, si loin, le passé, le pâle souvenir de jours heureux envolés…
Il soupira, essuyant ses larmes(répétition), et son regard tomba sur le tiroir, où était rangé un autre précieux coffret. Il remit le carton en place et sortit l’autre boite. Celle-ci était en bois fin, lustré, fermé par deux petits crochets métalliques. Depuis combien de temps n’y avait-il pas touché ? Il caressa la surface polie et l’ouvrit avec précaution. A l’intérieur, sur un lit de velours d’un bleu profond, reposait un violon et son archet.
Cela faisait plusieurs années, au moins, qu’il n’en avait pas joué. Il le sortit, tendit les cordes avec précaution, le cala sous son menton. Ses doigts retrouvèrent leur place naturellement comme s’ils n’avaient rien oublié. Levant l’archet, il esquissa quelques notes avec timidité, et le son clair s’envola dans l’appartement lugubre comme s’il n’attendait que ça.
Prit d’une soudaine impulsion, Antoine empoigna son instrument et se précipita dans la rue. Puisque le futur se refusait à lui sourire, autant faire revivre un peu le passé.

Il y avait un peu moins de monde à présent dans la rue. Malgré sa hâte, il esquiva sans difficulté les quelques passants qu’il croisa, sur le trottoir. Les gens le regardaient un instants, puis se détournaitent(oups une faute de frappe) pour l’ignorer, effrayés par son air hagard. Il s’en fichait. (ce petit bout de phrase est mal amené je trouve, il tombe un peu comme un cheveux sur la soupe^^)
A une centaine de mètre de son immeuble, au bout d’une rue en pente bordée de platanes, se trouvait un petit parc. Il n’était pas très grand, mais se terminait en une terrasse cernée d’un muret qui surplombait la ville. Le ciel était d’un noir d’encre ; les nuages cachaient la lune et les étoiles, mais les lumières des maisons et des lampadaires illuminaient l’horizon d’une lueur orangée. L’endroit était désert à cette heure-ci. Le vent soufflait toujours, agitant les branches nues des arbres, comme des doigts qui tenteraient de griffer l’air.
Antoine se jucha sur le muret, dominant la ville qui s’étendait à ses pieds. Il ferma les yeux, leva son archet, et se mit à jouer. Il joua ce qui lui venait à l’esprit, sans réfléchir, instinctivement - des partitions apprises par coeur. La musique s’éleva, claire et cristalline, tantôt enjouée, tantôt lancinante, dansant avec le vent comme une offrande.
Autour de lui, la neige se mit à tomber en fins flocons, poudrant ses cheveux noirs et ses épaules.(enfin un soupçon de description! Parce que je suis hautement frustrée là!^^)

Contrairement à Louen, moi j'adore l'ambiance que tu plantes, je suppose que c'est une question de goût^^ J'aime vraiment beaucoup ce début et j'ai hâte d'apprendre à connaitre Antoine, il m'a l'air très intéressant comme personnage, je sens qu'il pourrait me plaire encore plus qu'Erisha! J'espère que ce petit bout de texte ne tombera pas dans l'oubli, ça serait du gachis, même s'il tient bien comme ça, je veux en savoir plus moi! Une suite!
(Hum, je m'emballe, quittons là avant que je ne me mette encore à sauter partout.)

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MessageSujet: Re: Héritage   Lun 13 Jan 2014 - 17:49

Un début intéressant ^^ Malgré le manque de description physique du personnage, je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'histoire, et à ressentir ce qu'Antoine ressent dans sa vie peu joyeuse. J'avoue être curieuse de connaître la suite.
Concernant les erreurs et répétitions que j'ai croisées dans le texte, mes VDD ont tout dit Smile
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