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 Juillet 1928 de Jeremy Serano

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MessageSujet: Juillet 1928 de Jeremy Serano   Dim 19 Jan 2014 - 16:38

Kenya, Juillet 1928, Augustin Martin s’apprête à réaliser son rêve d’enfant, survoler une partie du Kilimandjaro et de la savane Africaine dans un but précis, celui de peindre par la suite les richesses naturelles du pays sur de grandes toiles qu’il vendrait au reste du monde.


Je m’appelle Augustin Martin, fils d’un brillant ingénieur parisien dont la réputation n’est plus à prouver, mais l’histoire contée ici

s’est déroulée lors d’une chaude journée de 1928, l’année où Charles Lindbergh réalisa ses expéditions en Antarctique.

Depuis mon plus jeune âge, je rêvais de parcourir une partie de l’Afrique, non pas en marchant ou à cheval, mais d’une façon bien

particulière puisque je voulais voler comme le ferait le plus beau des volatiles et le jour où les hommes inventèrent les premiers

avions, j’eus la certitude que cela pouvait être possible.

L’Afrique était un continent qui éveillait toute ma curiosité et mon coup de crayon inné pouvait me permettre de réaliser, à la suite

de ce voyage, le portrait de paysages grandioses que je vendrais au reste du monde. Mon objectif était de survoler une partie du

Kilimandjaro – montagne haute de plusieurs milliers de mètres – et, par la suite, de découvrir la vie de quelques animaux en

survolant une partie du Kenya. Le pays avait à mes yeux des couleurs si flamboyantes qu’elles en étaient foudroyantes de beauté.

Quand j’eus trente ans, après des années de dur labeur à essayer de monter mon rêve grâce au testament de mon père – car, sans

la fortune qu’il m’avait laissée, je n’aurais jamais pu concrétiser le projet –, j’avais construit un biplan sur le territoire africain avec

tout le matériel que nous avions mené, une étape qui relevait de la plus grande difficulté mais nous y étions arrivés. Marie, ma

charmante épouse, m’accompagnait. C’était une belle et grande brune aux cheveux longs et aux yeux d’un bleu perçant. J’avais fait

sa connaissance l’année précédente, ce qui m’avait permis de découvrir la véritable signification du bonheur, d’autant plus qu’elle

arrivait aujourd’hui au terme de son sixième mois de grossesse, ce qui me comblait profondément de joie.

Le 27 juillet, cette année-là, peu avant l’aurore, je m’apprêtais donc à m’envoler pour la première fois et je dois vous avouer qu’une

certaine inquiétude m’avait soudainement envahi. Est-ce que tout allait fonctionner ? Avais-je suivi à la lettre les recommandations

des pilotes qui m’avaient donné des cours pratiques ? Aujourd’hui, ils n’étaient plus là et j’étais seul. Il fallait se lancer, je ne

pouvais plus reculer, Marie m’avait même suivi jusqu’ici pour que je puisse réaliser ce qui était cher à mes yeux, la contemplation

de l’Afrique au lever du soleil, vue du ciel. Il y avait un millier d’étoiles qui brillaient et le chant des insectes nocturnes de ce pays

nous mettait dans un état de profonde sérénité qui prenait le dessus sur les questions que je me posais. Tandis que mon équipe

technique effectuait les dernières vérifications de l’appareil, Marie approchait vers moi, incroyablement élégante, son ventre bombé

la rendant encore plus jolie à mes yeux.

— Mon explorateur est-il prêt ? me demanda-t-elle souriante.

— Oui, ma chère dame.

— Alors, revenez avec de belles images pour nous dessiner de merveilleux croquis.

— Ces tableaux nous rapporteront beaucoup.

— Je n’ai jamais douté de votre talent, cher Monsieur.

Il y eut un silence et j’en profitai pour caresser son visage avec la main libre qu’il me restait.

— Je vous aime, Marie, lui dis-je à travers un doux regard.

— Je vous aime aussi Monsieur l’explorateur.

— Je serai de retour avant le coucher du soleil.

— En espérant que des lions ne viennent pas faire connaissance avec nous.

— Ils tomberaient sous votre charme si tel était le cas.

Elle me fit le plus beau de ses sourires et nous échangeâmes un tendre baiser.

— Allez-y avant que le jour ne se lève. Ce serait dommage de rater ce moment que vous attendez depuis si longtemps.

— J’y vais de ce pas, alors.

Je lui donnai un second baiser, lâchai sa main à la peau douce, puis me dirigeai vers le biplan. Avant de monter à l’intérieur du

cockpit, je me retournai et son regard croisa le mien. Je lui donnai l’esquisse d’un sourire qu’elle me rendit. Je me mis ainsi au

travail en vérifiant les différents cadrans du tableau de commande, j’allumai le moteur dans un vrombissement en faisant un signe

amical à mon équipe et en exerçant une légère pression sur le manche. L’avion avança sur une certaine distance puis se souleva de

quelques mètres, ce qui fut pour moi un pur moment d’excitation mêlé d’une profonde appréhension. Au moment où les étoiles se

montraient sous leur plus belle apparence, l’engin s’envola et Marie retint son souffle à ce moment-là. Je regardai tout autour de

moi pour voir si tout se déroulait comme prévu mais rien ne laissait présager une quelconque difficulté. Quand j’atteignis une

certaine hauteur, je compris que mon rêve prenait vie. Je survolais une afrique qui avait occupé pendant tant d’années mes songes

et qui se matérialisait à présent devant mes yeux.  

Mon épouse était devenue une minuscule silhouette puis avait disparu à cause de la différence d’altitude entre le ciel et la terre

chaude de ce continent si courtisé par le reste du monde. J’admirais la fin de ce paysage nocturne mais ce qui attirait

particulièrement mon attention étaient les lueurs de l’aube qui commençaient à donner un ton rosâtre à un ciel encore peuplé

d’étoiles brillantes. Il ne fallut que très peu de temps pour qu’elles disparaissent et laissent place à une énorme boule de feu que

les astronomes avaient surnommé « le soleil ». Il se levait derrière l’horizon, comme pour dominer le monde, m’offrant une des

lumières les plus majestueuses qu’il ne m’ait jamais été donné de voir sur le Kilimandjaro. Je voyais de mieux en mieux ce

panorama magnifique qui s’offrait à moi et, après avoir effectué un parcours satisfaisant au sein de la montagne africaine, sans

avoir pu voir les glaciers car mon avion ne me permettait pas de voler assez haut, je me décidai à changer de direction en me

dirigeant vers la savane à basse altitude en espérant apercevoir quelques animaux et là, je fus comblé.

Le paysage s’étendait à perte de vue. Je vis des arbres magnifiques, des lions qui attendaient sagement leurs proies. Des hyènes

couraient, des girafes se ravitaillaient, des zèbres se chamaillaient, des hippopotames nageaient dans une eau sale, un troupeau

d’éléphants était aux aguets d’un éventuel prédateur, des oiseaux de toutes sortes volaient. Je survolais des villages qui, certes,

étaient d’une pauvreté extrême mais les tribus africaines semblaient heureuses de me voir passer à bord d’un engin volant qu’elles

n’avaient encore sûrement jamais vu. Les habitants me firent de grands signes amicaux que je leur rendais par courtoisie. Je me

croyais au centre d’un rêve : tout était tellement beau que c’en était irréel et pourtant tout était vrai, mon rêve d’enfant se

réalisait, j’avais assez d’images dans la tête pour la réalisation de belles toiles.

J’arrivais à présent au-dessus d’un espace assez grand pour pouvoir faire une halte. En retenant grandement ma respiration, je me

posai sans faire trop de manœuvres, et l’avion aussi lourd qu’il pouvait être, atterrit sans aucune difficulté. Un groupe d’indigènes

me prit par surprise et je crus à cet instant courir au-devant des ennuis car, à cette époque, les hommes blancs n’étaient pas les

bienvenus, mais avec la langue que j’avais apprise, et mon sincère respect, ils comprirent que je n’étais pas ici pour leur apporter

une quelconque nuisance mais pour faire partager au monde la culture qui les habitait et les somptueux paysages que je me

mettrais à peindre sur de grandes toiles vierges. Marie avait déjà pris le soin de les acquérir et les avait entreposées dans une

serre abandonnée qui était devenue mon lieu de travail dans notre jardin, au sein de la capitale française.

Les autochtones m’accueillirent comme un grand roi et m’offrirent des cadeaux, les femmes me cédèrent des bracelets de perles

qu’elles avaient réalisés, quant aux hommes, ils me firent des discours en guise de bienvenue, et la phrase qui revenait sans cesse

était « bienvenue à toi, étranger ». Je pus ainsi me ravitailler en eau avant d’inspecter mon biplan pour voir si tout était prêt pour

un nouveau décollage afin de rejoindre ma jeune et belle épouse qui m’attendait dans un abri en bois que j’avais construit

spécialement pour elle.

Après avoir mangé, bu et chanté avec eux, le tout avec modération, je repris mon expédition une heure avant que le soleil ne se

couche. L’avion s’éleva vers des cieux toujours plus beaux et la tribu africaine était ébahie par le spectacle qui se déroulait devant

leurs yeux ; j’eus même droit à des applaudissements.

Je décidai de contempler une dernière fois une partie de ce beau pays et tous les animaux qui pouvaient s’y trouver, une nature

flamboyante d’une richesse inouïe. Les quelques nuages noirs qui s’amoncelaient au loin n’attirèrent que peu mon attention, ce qui

fut une regrettable erreur. Au retour, je fus pris à travers un épais brouillard, je volais à l’aveuglette, et il était impossible pour moi

d’atterrir dans ces conditions : j’avais perdu toute notion d’orientation, tous les cadrans du tableau de commande s’affolaient

sûrement à cause de l’électricité statique de l’orage qui approchait et n’arrangeait guère les choses. La boussole que m’avait offerte

mon père juste avant de mourir m’indiquait une position de sud-est, ce qui était bel et bien mon itinéraire pour rejoindre le camp

mais disait-elle vrai ? Il fallait que je me pose avant que les cieux ne déchaînent leurs enfers.

Je commençais sérieusement à paniquer d’autant plus que le ciel était à présent zébré d’éclairs effrayants, tous plus

impressionnants les uns que les autres et quand le tonnerre gronda, j’eus un très mauvais pressentiment. J’essayais de lutter du

mieux que je pouvais contre ces conditions climatiques soudaines, mais au bout d’un moment la foudre frappa de plein fouet la

carlingue de l’avion. Je commençais à tournoyer de tous les côtés et n’arrivais pas à reprendre le contrôle de l’appareil qui grinçait

lourdement. Je me demandais d’où pouvaient venir ces grincements comme si l’objet volant que j’avais conçu était vivant et que la

foudre, en le blessant, lui avait fait le plus grand mal ; il pleurait comme le ferait un enfant, ce qui me fendit le cœur. Le tonnerre

gronda une seconde fois, bien plus fort que lorsqu’on est au sol. Je me voyais mourir, la chute allait être fatale si je ne prenais pas

la bonne décision. Puis il se mit à pleuvoir brutalement, c’était même de la grêle suivie de violentes bourrasques d’un vent du nord.

Je me retournai complètement sonné et me rendis compte que la foudre avait traversé l’arrière de l’avion de part en part, des

flammes jaillissaient, j’étais perdu, ma vie défila en un instant, je voyais ma mère me bordant dans des draps de soie, mon père

qui me donnait sa boussole, ma petite sœur en train de rire, les cheveux de ma tendre épouse, son sourire, sa beauté, mon enfant,

mon enterrement, puis j’essayai de reprendre une dernière fois mes esprits en me concentrant sur un bel événement. Je pensais à

cette fameuse nuit sur Paris, la veille de notre départ pour l’Afrique : j’étais dans une chambre couverte de fleurs, à la lumière

douce des bougies que j’avais disposées dans la pièce, puis Marie était arrivée, entièrement nue, des seins magnifiques et fermes,

avec un ventre bombé que je m’étais mis à caresser tout en l’embrassant…

Ce magnifique souvenir me fit revenir à la dure réalité des choses quand la partie d’une aile de l’avion que j’avais conçu s’arracha

sur une des parois du Kilimandjaro dans un bruit effroyable. Je m’accrochai du mieux que je pus et au bout d’un moment à lutter

contre les forces de la nature, je réussis à atterrir en catastrophe quelque part sur la montagne, sur un de ses versants qui

malheureusement était en pente raide, je me mis à glisser sur trois cents mètres dans un bruit que même dans vos pires

cauchemars vous ne pourriez pas imaginer. La seule chose que je réussis à discerner – car j’étais encore conscient à ce moment-là

– est que l’avion fonçait droit sur un rocher. J’eus à peine le temps d’imaginer ce que j’allais devenir que je m’encastrai avec

violence contre la pierre, puis je m’enflammai au moment même où l’appareil explosa.

Lorsque je repris mes esprits, j’étais au-dessus de mon propre corps et, aussi incroyable que cela puisse paraître dans un pareil

moment, j’étais serein. Une lumière blanche tout autour de moi m’enveloppait comme dans un drap soyeux et me pénétra jusqu’à

ce que je sois dans un état de profonde béatitude. Deux femmes à la beauté stupéfiante attrapèrent mes mains de la façon la plus

tendre qui soit. Lorsque je les regardai, je m’aperçus que c’étaient des anges, la sensation de froid intense qui parcourait mon corps

était à présent remplacée par une chaleur réconfortante. Leurs ailes magnifiques cachaient de jolies colombes qui s’envolèrent tout

autour de moi en me montrant le chemin à prendre, celui de l’envol vers des cieux à la couleur chaude attrayante. Je mis un peu

de temps à comprendre que je basculais dans l’autre monde et lorsque j’arrivai au Paradis, je fus accueilli comme il se doit, tout le

monde était d’une gentillesse remarquable.

Puis quelques saisons passèrent et tout ce dont je peux vous décrire de ma nouvelle vie est que Marie me manque et, même si du

haut de mon étoile qui brille dans un ciel resplendissant chaque soir, j’ai le sentiment de reposer en paix, mon souhait le plus cher

à présent serait d’être à ses côtés auprès de mon fils qu’elle a nommé Augustin junior, comme son père. Marie, si tu écoutes mes

paroles le soir en t’endormant, j’espère te rejoindre dans tes rêves, tu entendras ces mots que je chuchoterai avec amour : « Tu es

une battante, tu l’as toujours été et tu le seras tant que le moment ne sera pas venu de me rejoindre, donne à notre garçon une

éducation exemplaire, je t’aime toi et mon fils que je n’ai pas eu l’occasion de serrer dans mes bras, à mon grand regret. De là-

haut, je veille sur vous. »

FIN
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MessageSujet: Re: Juillet 1928 de Jeremy Serano   Mer 5 Fév 2014 - 22:05

james13100 a écrit:
Kenya, Juillet 1928, Augustin Martin s’apprête à réaliser son rêve d’enfant, survoler une partie du Kilimandjaro et de la savane Africaine dans un but précis, celui de peindre par la suite les richesses naturelles du pays sur de grandes toiles qu’il vendrait au reste du monde. (Un peu longue la phrase d'intro, le rythme est un peu hésitant du coup je trouve. Pour des constats aussi simples je pense que ça mériterait d'être coupé en phrases plus simple, dans un style un peu journalistique peut-être?)


Je m’appelle Augustin Martin, fils d’un brillant ingénieur parisien dont la réputation n’est plus à prouver, mais l’histoire contée ici

s’est déroulée lors d’une chaude journée de 1928, l’année où Charles Lindbergh réalisa ses expéditions en Antarctique. (Même réflexion, la phrase est trop longue et en devient difficile à comprendre. Le "mais" devrait exprimer une opposition, ce qui n'est pas le cas ici. Et la dernière proposition semble n'avoir aucun lien avec le reste au niveau du sens.)

Depuis mon plus jeune âge, je rêvais de parcourir une partie de l’Afrique, non pas en marchant ou à cheval, mais d’une façon bien

particulière puisque je voulais voler comme le ferait le plus beau des volatiles et(par exemple ici au lien de cette coordination bancale tu ferais selon moi tout aussi bien de faire deux phrases distinctes.) le jour où les hommes inventèrent les premiers

avions, j’eus la certitude que cela pouvait être possible.

L’Afrique était un continent qui éveillait toute ma curiosité et mon coup de crayon inné pouvait me permettre de réaliser, à la suite

de ce voyage, le portrait de paysages grandioses que je vendrais au reste du monde. Mon objectif était de survoler une partie du

Kilimandjaro – montagne haute de plusieurs milliers de mètres – et, par la suite, de découvrir la vie de quelques animaux en

survolant une partie du Kenya. Le pays avait à mes yeux des couleurs si flamboyantes qu’elles en étaient foudroyantes de beauté.

Quand j’eus trente ans, après des années de dur labeur à essayer de monter mon rêve grâce au testament de mon père – car, sans

la fortune qu’il m’avait laissée, je n’aurais jamais pu concrétiser le projet –, j’avais construit un biplan sur le territoire africain avec

tout le matériel que nous avions mené, une étape qui relevait de la plus grande difficulté mais nous y étions arrivés. Marie, ma

charmante épouse, m’accompagnait. C’était une belle et grande brune aux cheveux longs et aux yeux d’un bleu perçant. J’avais fait

sa connaissance l’année précédente (tes phrases sont tellement longues qu'on a du mal à garder pied; par exemple ici je ne sais plus du tout à quelle année tu fais référence.), ce qui m’avait permis de découvrir la véritable signification du bonheur, d’autant plus qu’elle

arrivait aujourd’hui au terme de son sixième mois de grossesse, ce qui me comblait profondément de joie.

Le 27 juillet, cette année-là, peu avant l’aurore, je m’apprêtais donc à m’envoler pour la première fois et je dois vous avouer qu’une

certaine inquiétude m’avait soudainement envahi. Est-ce que tout allait fonctionner ? Avais-je suivi à la lettre les recommandations

des pilotes qui m’avaient donné des cours pratiques ? Aujourd’hui, ils n’étaient plus là et j’étais seul (Cette phrase est un peu redondante, ne trouves-tu pas?). Il fallait se lancer, je ne

pouvais plus reculer, Marie m’avait même suivi jusqu’ici pour que je puisse réaliser ce qui était cher à mes yeux, (ici tu pourrais remplacer la virgule par ":" par exemple.) la contemplation

de l’Afrique au lever du soleil, vue du ciel. Il y avait un millier d’étoiles qui brillaient et le chant des insectes nocturnes de ce pays

nous mettait dans un état de profonde sérénité qui prenait le dessus sur les questions que je me posais(Alors, là par exemple, je ne visualise pas du tout. A cause de tes trop nombreuses subordinations et coordinations, j'étais persuadée qu'il était déjà dans l'avion, auquel il ne peut pas entendre les insectes...). Tandis que mon équipe

technique effectuait les dernières vérifications de l’appareil, Marie approchait vers moi, incroyablement élégante, son ventre bombé

la rendant encore plus jolie à mes yeux.

— Mon explorateur est-il prêt ? me demanda-t-elle souriante.

— Oui, ma chère dame.

— Alors, revenez avec de belles images pour nous dessiner de merveilleux croquis.

— Ces tableaux nous rapporteront beaucoup.

— Je n’ai jamais douté de votre talent, cher Monsieur.

Il y eut un silence et j’en profitai pour caresser son visage avec la main libre qu’il me restait.

— Je vous aime, Marie, lui dis-je à travers un doux regard.

— Je vous aime aussi Monsieur l’explorateur.

— Je serai de retour avant le coucher du soleil.

— En espérant que des lions ne viennent pas faire connaissance avec nous. (Je trouve que cette phrase manque de naturel. Même si leur registre de langue est visiblement assez élevé, celle-ci sonne mal, manque de spontanéité. Selon moi c'est à cause du "avec nous" mais je ne saurais dire exactement pourquoi...)

— Ils tomberaient sous votre charme si tel était le cas.

Elle me fit le plus beau de ses sourires et nous échangeâmes un tendre baiser.

— Allez-y avant que le jour ne se lève. Ce serait dommage de rater ce moment que vous attendez depuis si longtemps.

— J’y vais de ce pas, alors.

Je lui donnai un second baiser, lâchai sa main à la peau douce, puis me dirigeai vers le biplan. Avant de monter à l’intérieur du

cockpit, je me retournai et son regard croisa le mien. Je lui donnai l’esquisse d’un sourire qu’elle me rendit. Je me mis ainsi au

travail en vérifiant les différents cadrans du tableau de commande, j’allumai le moteur dans un vrombissement en faisant un signe

amical à mon équipe et en exerçant une légère pression sur le manche. L’avion avança sur une certaine distance puis se souleva de

quelques mètres, ce qui fut pour moi un pur moment d’excitation mêlé d’une profonde appréhension. (Ces phrases sont très bien par exemple, selon moi tu devrais rester à cette longueur maximale environ, et faire attention à ne pas passer d'un sujet à l'autre en cours de route.)  Au moment où les étoiles se

montraient sous leur plus belle apparence, l’engin s’envola et Marie retint son souffle à ce moment-là (Ici la répétition est vraiment maladroite. Je pense que vu le contexte tu peux te passer du deuxième, on comprend très bien.). Je regardai tout autour de

moi pour voir si tout se déroulait comme prévu mais rien ne laissait présager une quelconque difficulté. Quand j’atteignis une

certaine hauteur, je compris que mon rêve prenait vie. Je survolais une afrique(Majuscule) qui avait occupé pendant tant d’années mes songes

et qui se matérialisait à présent devant mes yeux.  

Mon épouse était devenue une minuscule silhouette puis avait disparu à cause de la différence d’altitude entre le ciel et la terre

chaude de ce continent si courtisé par le reste du monde (Parfois tu en fais trop dans les qualificatifs, et ça peut rebuter le lecteur. Ici par exemple, pas sûr que tout le monde soit d'accord avec cette vision des choses^^Ceci dit ça contribue à faire passer l'enthousiasme du narrateur, mais attention à ne pas en faire trop au risque de devenir un peu lourd.). J’admirais la fin de ce paysage nocturne (qu'est-ce que c'est pour toi la fin d'un paysage?) mais ce qui attirait

particulièrement mon attention étaient (ici le sujet est encore "ce qui" dont reste au singulier) les lueurs de l’aube qui commençaient à donner un ton rosâtre à un ciel encore peuplé

d’étoiles brillantes. (je penses que tu répètes un peu souvent les étoiles. Elles sont magnifiques, elles brillent, mais je pense qu'on a comprit.) Il ne fallut que très peu de temps pour qu’elles disparaissent et laissent place à une énorme boule de feu que

les astronomes avaient surnommé « le soleil » (Bon là c'est pareil, c'est joli etc mais tu en fais un peu trop je pense. Ce n'est pas comme si tu étais dans un monde de science fiction ou chaque astre mérite son nom. Je comprend encore une fois que ça fait partie du ton grandiose du texte, mais ici ça donne le sentiment que tu prend le lecteur pour plus bête qu'il n'est, au point qu'il ignore ce qu'est le soleil. Ca aurait pu passer si le reste du texte avait été un peu plus léger peut être.). Il se levait derrière l’horizon, comme pour dominer le monde, m’offrant une des

lumières les plus majestueuses qu’il ne m’ait jamais été donné de voir sur le Kilimandjaro. Je voyais de mieux en mieux ce

panorama magnifique qui s’offrait à moi et, après avoir effectué un parcours satisfaisant au sein de la montagne africaine, sans

avoir pu voir les glaciers car mon avion ne me permettait pas de voler assez haut, je me décidai à changer de direction en me

dirigeant vers la savane à basse altitude en espérant apercevoir quelques animaux et là, je fus comblé. (Encore une phrase trop longue. Essaye de la lire à voix haute et dis moi si tu as vraiment assez de souffle. Parce que moi je retiens plus ou moins le miens en la lisant et c'est pas une mince affaire d'arriver au bout^^)

Le paysage s’étendait à perte de vue. Je vis des arbres magnifiques, des lions qui attendaient sagement leurs proies. Des hyènes

couraient, des girafes se ravitaillaient, des zèbres se chamaillaient, des hippopotames nageaient dans une eau sale (L'eau est sale, je veux bien te croire, mais ici encore une fois ta volonté de surqualifier te desserre, car tu en viens à introduire un terme négatif voire péjoratif dans un ensemble qui se veut au contraire très positif.), un troupeau

d’éléphants était aux aguets d’un éventuel prédateur, des oiseaux de toutes sortes volaient. Je survolais des villages qui, certes,

étaient d’une pauvreté extrême mais les tribus africaines semblaient heureuses de me voir passer à bord d’un engin volant qu’elles

n’avaient encore sûrement jamais vu. Les habitants me firent de grands signes amicaux que je leur rendais par courtoisie. Je me

croyais au centre d’un rêve : tout était tellement beau que c’en était irréel et pourtant tout était vrai, mon rêve d’enfant se

réalisait, j’avais assez d’images dans la tête pour la réalisation de belles toiles.

J’arrivais à présent au-dessus d’un espace assez grand pour pouvoir faire une halte. En retenant grandement ma respiration, je me

posai sans faire trop de manœuvres, et l’avion aussi lourd qu’il pouvait être, atterrit sans aucune difficulté. Un groupe d’indigènes

me prit par surprise et je crus à cet instant courir au-devant des ennuis car, à cette époque, les hommes blancs n’étaient pas les

bienvenus,(Je pense que par exemple ici serait un bon endroit pour commencer une nouvelle phrase. Minimum.) mais avec la langue que j’avais apprise, et mon sincère respect, ils comprirent que je n’étais pas ici pour leur apporter

une quelconque nuisance mais (de plus cette longueur t'amène à faire des répétitions maladroites comme ici avec le mais) pour faire partager au monde la culture qui les habitait et les somptueux paysages que je me

mettrais à peindre sur de grandes toiles vierges. Marie avait déjà pris le soin de les acquérir et les avait entreposées dans une

serre abandonnée qui était devenue mon lieu de travail dans notre jardin, au sein de la capitale française.

Les autochtones m’accueillirent comme un grand roi et m’offrirent des cadeaux, les femmes me cédèrent des bracelets de perles

qu’elles avaient réalisés, quant aux hommes, ils me firent des discours en guise de bienvenue, et la phrase qui revenait sans cesse

était « bienvenue à toi, étranger ».(Tu peux facilement améliorer le rythme de celle ci par exemple. Tu remplace la première virgule par ":", la deuxième par ";" et à la place du "et" tu commences une nouvelle phrase.) Je pus ainsi me ravitailler en eau avant d’inspecter mon biplan pour voir si tout était prêt pour

un nouveau décollage afin de rejoindre ma jeune et belle épouse qui m’attendait dans un abri en bois que j’avais construit

spécialement pour elle. (Je t'assures que si tu devais construire l'arbre grammatical de cette phrase tu t'arracherais les cheveux : tu fais des subordonnés de subordonnés de subordonnés, c'est fou!^^ Ceci dit je comprend, tu as de la suite dans les idées, mais pour le lecteur c'est pas si facile. Ralentit un peu!)

Après avoir mangé, bu et chanté avec eux, le tout avec modération, je repris mon expédition une heure avant que le soleil ne se

couche. L’avion s’éleva vers des cieux toujours plus beaux et la tribu africaine était ébahie par le spectacle qui se déroulait devant

leurs yeux ; j’eus même droit à des applaudissements.

Je décidai de contempler une dernière fois une partie de ce beau pays et tous les animaux qui pouvaient s’y trouver, une nature

flamboyante d’une richesse inouïe. (Une dernière fois? Son voyage s'achève déjà?) Les quelques nuages noirs qui s’amoncelaient au loin n’attirèrent que peu mon attention, ce qui

fut une regrettable erreur. Au retour, je fus pris à travers un épais brouillard, je volais à l’aveuglette, et il était impossible pour moi

d’atterrir dans ces conditions : j’avais perdu toute notion d’orientation, tous les cadrans du tableau de commande s’affolaient

sûrement à cause de l’électricité statique de l’orage qui approchait et n’arrangeait guère les choses. La boussole que m’avait offerte

mon père juste avant de mourir m’indiquait une position de sud-est, ce qui était bel et bien mon itinéraire pour rejoindre le camp

mais disait-elle vrai ? Il fallait que je me pose avant que les cieux ne déchaînent leurs enfers.

Je commençais sérieusement à paniquer d’autant plus que le ciel était à présent zébré d’éclairs effrayants, tous plus

impressionnants les uns que les autres et quand le tonnerre gronda, j’eus un très mauvais pressentiment (S'il panique, selon moi, il n'en est plus au stade du pressentiment.). J’essayais de lutter du

mieux que je pouvais contre ces conditions climatiques soudaines, mais au bout d’un moment la foudre frappa de plein fouet la

carlingue de l’avion. Je commençais à tournoyer de tous les côtés et n’arrivais pas à reprendre le contrôle de l’appareil qui grinçait

lourdement. Je me demandais d’où pouvaient venir ces grincements(dommage la répétition je trouve) comme si l’objet volant que j’avais conçu était vivant et que la

foudre, en le blessant, lui avait fait le plus grand mal ; il pleurait comme le ferait un enfant, ce qui me fendit le cœur. Le tonnerre

gronda une seconde fois, bien plus fort que lorsqu’on est au sol. Je me voyais mourir, la chute allait être fatale si je ne prenais pas

la bonne décision. Puis il se mit à pleuvoir brutalement, c’était même de la grêle suivie de violentes bourrasques d’un vent du nord.

Je me retournai complètement sonné et me rendis compte que la foudre avait traversé l’arrière de l’avion de part en part, des

flammes jaillissaient, j’étais perdu, ma vie défila en un instant, je voyais ma mère me bordant dans des draps de soie, mon père

qui me donnait sa boussole, ma petite sœur en train de rire, les cheveux de ma tendre épouse, son sourire, sa beauté, mon enfant,

mon enterrement, puis j’essayai de reprendre une dernière fois mes esprits en me concentrant sur un bel événement.(Bon allez, ici ta phrase longue pleine de virgule me convient, car elle témoigne bien de l'affolement du personnage. Ceci dit, parce qu'elle a été précédée de tellement d'autres phrases longues, elle perd de sa puissance et c'est dommage.) Je pensais à

cette fameuse nuit sur Paris, la veille de notre départ pour l’Afrique : j’étais dans une chambre couverte de fleurs, à la lumière

douce des bougies que j’avais disposées dans la pièce, puis Marie était arrivée, entièrement nue, des seins magnifiques et fermes,

avec un ventre bombé que je m’étais mis à caresser tout en l’embrassant…

Ce magnifique souvenir me fit revenir à la dure réalité des choses quand la partie d’une aile de l’avion que j’avais conçu (répétition) s’arracha

sur une des parois du Kilimandjaro dans un bruit effroyable. Je m’accrochai du mieux que je pus et au bout d’un moment à lutter

contre les forces de la nature, je réussis à atterrir en catastrophe quelque part sur la montagne, sur un de ses versants qui

malheureusement était en pente raide,(POINT) je me mis à glisser sur trois cents mètres dans un bruit que même dans vos pires

cauchemars vous ne pourriez pas imaginer. La seule chose que je réussis à discerner – car j’étais encore conscient à ce moment-là

– est que l’avion fonçait droit sur un rocher. J’eus à peine le temps d’imaginer ce que j’allais devenir que je m’encastrai avec

violence contre la pierre, puis je m’enflammai au moment même où l’appareil explosa.

Lorsque je repris mes esprits, j’étais au-dessus de mon propre corps et, aussi incroyable que cela puisse paraître dans un pareil

moment, j’étais serein. Une lumière blanche tout autour de moi m’enveloppait comme dans un drap soyeux et me pénétra jusqu’à

ce que je sois dans un état de profonde béatitude. Deux femmes à la beauté stupéfiante attrapèrent mes mains de la façon la plus

tendre qui soit. Lorsque je les regardai, je m’aperçus que c’étaient des anges, la sensation de froid intense qui parcourait mon corps

était à présent remplacée par une chaleur réconfortante (cette phrase n'est pas si longue, mais si tu réfléchis, y-a-t-il un lien logique entre la chaleur réconfortante et les femmes? Tu pourrais l'exprimer plus clairement en faisant deux phrases je pense.). Leurs ailes magnifiques cachaient de jolies colombes qui s’envolèrent tout

autour de moi en me montrant le chemin à prendre, celui de l’envol vers des cieux à la couleur chaude attrayante. Je mis un peu

de temps à comprendre que je basculais dans l’autre monde et lorsque j’arrivai au Paradis, je fus accueilli comme il se doit, tout le

monde était d’une gentillesse remarquable.

Puis quelques saisons passèrent et tout ce dont je peux vous décrire de ma nouvelle vie est que Marie me manque et, même si du

haut de mon étoile qui brille dans un ciel resplendissant chaque soir, j’ai le sentiment de reposer en paix, mon souhait le plus cher

à présent serait d’être à ses côtés auprès de mon fils qu’elle a nommé Augustin junior, comme son père. Marie, si tu écoutes mes

paroles le soir en t’endormant, j’espère te rejoindre dans tes rêves, tu entendras ces mots que je chuchoterai avec amour : « Tu es

une battante, tu l’as toujours été et tu le seras tant que le moment ne sera pas venu de me rejoindre,(POINT) donne à notre garçon une

éducation exemplaire,(POINT) je t’aime toi et mon fils que je n’ai pas eu l’occasion de serrer dans mes bras, à mon grand regret. De là-

haut, je veille sur vous. »

FIN
Mon message général est donc : N'AYONS PAS PEUR DE LA PONCTUATION FORTE! ^^ J'espère que je ne t'ai pas paru trop casse-pied avec ça, mais je pense que le texte mérite vraiment d'être repris sur ce point. Ça lui donnerait un rythme plus fluide et le tout gagnerait en poésie je pense.
De toute évidence tu témoigne d'une grande maîtrise de la langue et d'un excellent vocabulaire, je suis assez admiratrice de ce côté là!
L'histoire est assez convenue et pleine de moment très clichés, mais ceci dit c'est finalement assez réussi. Il y a quelques redondances que je t'ai signalé mais je retiens quand même une certaine harmonie de l'ensemble, et au final j'ai un peu l'impression d'avoir voyager moi aussi : objectif atteint?


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Si vous vivez le rêve comme une réalité, alors il se pourrait que votre réalité ne soit qu'un rêve.
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MessageSujet: Re: Juillet 1928 de Jeremy Serano   Jeu 6 Fév 2014 - 9:37

Oui mon objectif est atteint Wink en tout cas je tiens à te remercier pour cette analyse que je considère et respecte. A présent je prendrai ce que jugerai de prendre pour mes futurs récits. Merci à toi.
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MessageSujet: Re: Juillet 1928 de Jeremy Serano   

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Juillet 1928 de Jeremy Serano
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