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 concours n°46 - votes

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Niko
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Localisation : Un pied à Minath Tirith, un autre à Riva, le coeur à Port-Réal et la tête sur tatouine
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MessageSujet: concours n°46 - votes   Lun 10 Fév 2014 - 13:50

Bon, après check, seule sombri' m'a envoyée un texte.
Elle est donc déclarée de facto vainqueur du concours.

Voici son texte :

Les champignons

John ouvrit les yeux avec difficulté. Une violente lumière l'agressa, lui arrachant un gémissement. Il se redressa. Sa tête bourdonnait comme si un essaim d’abeilles y avait élu domicile. Il regarda autour de lui et sursauta. Un ciel violet dans lequel paraissaient des nuages orange s’étendait au-dessus. À sa gauche commençait une forêt d’arbres aux formes biscornues, à sa droite s’étalait un banc de sable argenté. John se leva en tremblant.
— Mais qu’est-ce que c’est que ça ? s’exclama-t-il.
Il effectua quelques pas, sa mâchoire irrésistiblement attirée vers le sol, les yeux menaçant de sortir de leurs orbites. Environ cinq minutes auparavant, il était assis chez lui, attablé devant une omelette aux champignons en train de regarder le JT, et là pouf ! il se retrouvait transporté sur une plage bordée de palmiers transgéniques et de fougères à la taille préhistorique. Il devait rêver, il s’agissait de la seule explication logique. Pour le vérifier, John appliqua le test préconisé par des générations de scientifiques en herbe : il se pinça jusqu’au sang.
— Aïe !
La douleur était bien réelle. Peut-être ne rêvait-il pas, en fin de compte. Ce qui l’amena à une conclusion sans appel.
— Je suis donc devenu fou, et je suis en train d’halluciner ! s’exclama-t-il.
Il se prit la tête entre les mains et commença à marcher au hasard en poussant des gémissements dramatiques. Quitte à sombrer dans la démence, autant le faire avec style. Ses pas le menèrent jusqu’à l’étendue d’eau : une mer aux vagues d’un bleu indigo et à l’écume rosée. Des crabes à la carapace étincelante fuirent à son approche. John s’accroupit pour en observer un, qui dressa des pinces menaçantes pour mettre en déroute l’intrus. Un vent léger se leva, charriant des parfums inconnus, à la fois iodés et sucrés. John se releva, la tête lui tournait un peu. Il regarda une nouvelle fois autour de lui. Tout ceci semblait si réel : les couleurs étaient vives, les odeurs puissantes. Ce ne pouvait s’agir d’un rêve, et le paysage était trop détaillé pour une hallucination. Ce qui laissait une dernière solution : il ne se trouvait plus sur Terre, mais bien sur un autre monde.
John n’était pas du genre à permettre à ses nerfs de prendre le dessus, employé de bureau dans une compagnie d’assurance, sa vie demeurait confortable et ennuyeuse, et il mettait un point d’honneur à en garder le contrôle total. Mais en regardant ce ciel violet et cette mer étrange, il estima que le moment était approprié pour une petite crise de paniquer. Il se roula en boule sur le sable, et resta là, tremblant, n’osant plus bouger.
Au bout de ce qui lui parut une éternité, John se dit qu’il fallait qu’il se remue. Sans être un grand explorateur, il possédait de vagues notions de ce qu’un homme est censé accomplir lorsqu’il se retrouve sur un territoire inconnu, et resté prostré sur une plage n’en faisait pas partie. John se leva donc et s’étira, s’efforçant de se souvenir des livres qu’il avait lus sur le sujet de la survie. On ne parlait pas de palmiers bizarres ou de crabes à la carapace réfléchissante, mais les ouvrages s’accordaient sur plusieurs points : trouver à boire, à manger, des armes et un abri. Mis à part les crustacés, la plage était déserte, John décida donc de s’aventurer dans la forêt.
La température était plus fraîche sous le couvert, la lumière filtrait à peine entre les larges feuilles. D’immenses fougères, presque aussi grandes que des arbustes s’enchevêtraient avec des buissons épineux, tandis que des lianes s’enroulaient autour des troncs.
— Mon royaume pour une machette… maugréa John en se frayant un chemin dans cet amas végétal.
Fort heureusement pour lui, il ne tarda pas à trouver un sentier à peu près praticable. Il ramassa une branche assez droite et solide pour servir de bâton de marche et qui pourrait maintenir à distance les prédateurs les plus petits, en cas de mauvaise rencontre. Pour les plus gros, eh bien John préférait ne pas y penser.
Il suivit le chemin un moment, avant que la soif ne commence à le torturer. Il résista le plus longtemps possible, mais lorsque sa bouche devint pâteuse et sa gorge irritée, il n’y tint plus et s’arrêta. D’après les manuels de survie, on pouvait boire l’eau de pluie retenue par les feuilles. Il chercha autour de lui et dénicha une plante aux feuilles en forme de cône. Un peu de rosée se trouvait à l’intérieur. John cueillit délicatement la plante, mais hésita avant de la porter à ses lèvres. Et si le liquide était empoisonné ? Il balaya cette idée en se disant de que toute manière, il s’agirait d’une mort plus rapide que la déshydratation. Il engloutit le contenu de son verre improvisé. L’eau avait un goût étrange, légèrement mentholé. John haussa les épaules et reprit sa route.
Il ne tarda pas à arriver à un croisement : une intersection s’étalait devant lui. John aurait volontiers tiré la direction à pile ou face, mais il ne possédait pas de pièce. Aussi choisit-il arbitrairement la gauche et il continua son chemin. Il ne rencontra aucun être vivant, même si les fourrés s’agitaient à son passage et qu’il lui sembla entendre les cris d’un oiseau. Bien au-dessus de sa tête, dans la cime des arbres, bourdonnaient des nuées d’insectes. La forêt était trop silencieuse. D’après ce que John avait pu lire sur le sujet, les bois auraient dû bruisser d’activité, il aurait dû voir des mouches, des abeilles ; apercevoir des serpents, de petits rongeurs. Mais non rien. Peut-être les animaux le fuyaient-ils. Ou peut-être se cachaient-ils de quelque chose de plus gros. Cette pensée glaça John sur place. Il déglutit à grand-peine.
— Mais non, mais non, il n’y a rien ici à part moi. Je vais tranquillement continuer mon chemin et trouver un abri pour la nuit.
Sur ces bonnes paroles, il reprit sa route. La lumière commença à décliner peu après, la température chuta et, pour couronner le tout, la faim se mit à le tarauder : d’abord de petits gargouillis, puis des crampes et l’impression que son estomac s’était transformé en un trou noir. John n’osait pas cueillir de fruits ou de baies de peur de mourir empoisonné. Un éclat blanc crème entre deux feuilles attira néanmoins son attention. Il écarta les buissons et découvrit avec surprise une dizaine de champignons, des cèpes à première vue, les mêmes qu’il avait mangés avant de se retrouver sur cet étrange monde. John fronça les sourcils. Se pouvait-il que son repas possède un lien avec son présent état ? Après tout, il avait bien lu un livre où il était question d’un dispositif alimenté par une patate permettant de voyager entre des univers parallèles, alors pourquoi pas des champignons ? Dans le doute, il ramassa les cèpes, les fourra dans la poche de sa veste et se remit à avancer.
La nuit tomba sans qu’il ait trouvé un endroit où dormir. La jungle était dense, les arbres ne laissaient aucun passage et n’offraient aucun abri. La panique, que John avait contenue jusque-là, commença à le gagner. Il décida de chantonner pour dissiper sa peur, mais s’arrêta net lorsqu’un écho répondit à sa voix. Il pila et tendit l’oreille. Un rugissement retentit, lui confirmant qu’il n’avait pas rêvé. Le grondement était encore lointain, mais semblait se rapprocher. Une sueur glacée inonda le dos de John, ses jambes se mirent à trembler. Il se retourna. Dans la pénombre, il vit les arbres bouger, abattus par une force colossale et invisible. John abandonna alors son comportement d’homme civilisé pour puiser dans les instincts enfouis de ses ancêtres primates : il fuit en hurlant de terreur. Peu importait où il se rendait, il devait mettre le plus de distance entre cette créature et lui. Ses jambes avalaient le terrain, il évitait les racines traîtresses, les fougères et les lianes. La terre sous ses pieds devint élastique et souple, et soudain, totalement absente.
John poussa un grand cri lorsqu’il se sentit tomber, et un gémissement étouffé quand il heurta le sol et s’érafla sur des cailloux. Sonné, il se redressa à grand-peine, pour découvrir qu’il gisait au fond d’un trou. Le sol trembla, la créature approchait. Vite, il fallait qu’il sorte ! Hélas, les parois de terre se révélèrent trop friables pour qu’il puisse grimper. John gémit, en proie à la panique. Un rugissement retentit à l’entrée du trou. En désespoir de cause, John choisit la seule option qui lui restait. Il attrapa les champignons et les enfourna dans sa bouche.
John ouvrit les yeux et contempla le plafond de sa cuisine. Circonspect, il attendit quelques secondes avant de s’asseoir. Sa tête tournait un peu, ses vêtements étaient couverts de terre et déchirés, tandis que ses bras portaient de profondes éraflures, preuve qu’il n’avait pas rêvé toute cette aventure. Il se releva en s’accrochant à une chaise. Bon sang, il pouvait se vanter d’y avoir échappé belle ! Son regard tomba sur la table de cuisine, sur laquelle trônait encore l’assiette d’omelette. John réprima un sursaut et lorgna en direction des champignons comme s’ils allaient l’attaquer. Il réalisa qu’il tenait toujours les cèpes à la main, et les déposa sur la table, avant de reculer prudemment de plusieurs pas. Une chose était sûre, ce n’était pas demain la veille qu’il remangerait des champignons !

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MessageSujet: Re: concours n°46 - votes   Lun 10 Fév 2014 - 16:06

Bravo Sombrefeline, encore un très bon texte, tu as bien relevé le défi.

J'ai essayé d'écrire un texte, mais l'inspiration m'a fuie, tant pis.

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MessageSujet: Re: concours n°46 - votes   Lun 10 Fév 2014 - 16:20

Pas l'habitude des sujets à dés personnellement, j'aurais eu bien du mal à trouver des idées, chapeau Sombrefeline! Ce sont les deux derniers du coup que tu as éliminé, si je ne me trompe?

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MessageSujet: Re: concours n°46 - votes   Lun 10 Fév 2014 - 20:00

waah j'ai gagné ! Cool !
Bon, en même temps, j'aurais pas été contre un peu de concurrence Wink

Maintenant, va falloir que je ponde un sujet...

@Cerise, oui, il me semble que j'ai retiré les deux derniers.

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