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 Zimmer

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MessageSujet: Zimmer   Lun 3 Mar 2014 - 20:16

Un touutuuuuut gros projet Very Happy Alors accrochez les wagons, et plongez dans l'horreur !



Zimmer 

Prologue

Depuis près de trois heures, l’homme aligne les mots sur le papier. Régulièrement, il jette un œil sur l’horloge face à lui, écrivant de plus en plus rapidement au fur et à mesure que le temps passe. L’encre noircit le papier et les mots défilent au rythme de la plume.

Minuit moins vingt. Il pose enfin son stylo sur la table. Il referme le carnet sur lequel il écrivait et soupire lentement. Il a fini dans les temps : vingt minutes, c’est bien plus qu’il n’en faut pour ce qu’il lui reste à faire. Il saisit son carnet, se relève et se dirige vers la porte du bureau dans lequel il se trouve. Il l’entrouvre et jette le petit livre à travers. Il referme alors la porte, qu’il verrouille à double tour. Ça devrait suffire.

Il lui reste un quart d’heure pour tout terminer. Quinze petites minutes et tout sera fini. Il profite du temps qu’il lui reste pour vérifier que tout est bien prêt, que tout est bien en place : les explosifs, l’essence et l’alcool à bruler. Il faut être sûr que, après cette nuit, il ne restera plus rien, ni de ce lieu, ni de lui-même. Surtout de lui-même.

Minuit moins cinq. L’homme attrape l’une des bouteilles d’alcool et s’en asperge copieusement. Il retourne s’assoir à la table où il se trouvait pour écrire et sur laquelle ne restent plus qu’un stylo et un briquet. Il saisit ce dernier et, sans la moindre hésitation, met le feu à l’alcool répandu sur sa veste, avant de se diriger vers l’un des tas d’explosifs. Il ne faut que quelques secondes avant que le feu ne s’étende à ceux-ci, provoquant ainsi une gigantesque explosion.

Le lendemain, lorsque les autorités allemandes, après avoir réussi à maîtriser l’incendie, fouillent ce qu’il reste du bâtiment, elles ne trouvent rien d’autre que des ruines et des cendres. Le corps de l’homme a totalement disparu.

Partie 1 : les portes.

1

L’aiguille indiquant la vitesse bondit dans son cadran et atteignit les cent kilomètres heures en moins de quelques secondes. Pas mal du tout, vu l’âge de la bagnole. Levant le bras, Jonathan tira sur le crochet soutenant la capote, ce qui arracha celle-ci, la transformant en débris volant sur la route derrière lui. Le jeune homme poussa un cri de joie avant d’augmenter encore davantage la vitesse du véhicule dont le moteur rugit bruyamment.

Les rues de Spielburg étaient désertent à cette heure de la nuit et Jonathan pouvait s’en donner à cœur joie. Il poussait sa vieille Golf aux limites de ses capacités et fonçait à travers les rues du village, sans tenir compte de qui ou de quoi que ce soit d’autre que de lui-même. Durant ces heures nocturnes, rien n’existait que la vitesse.

Le parcours qu’il suivait était toujours le même : une succession de lignes droites suivies de quelques virages en épingles. Et puis l’autoroute, sur quelques kilomètres, avant de faire demi-tour et de rentrer chez lui. De quoi l’occuper deux heures, en règle générale. Parfois moins, lorsqu’il parvenait à atteindre les vitesses suffisantes.

A quelques occasions, il était accompagné durant ses virées nocturnes. La plupart du temps, par une jeune fille qu’il voulait impressionner, la voiture se transformant alors en chambre à coucher pour une nuit.
Cette nuit pourtant, il était seul. Seul et furieux, suite à une énième dispute avec sa mère. Il était parti de chez lui, claquant la porte ainsi qu’il le faisait en général une fois par mois. Filer sur la route devenait alors un exutoire, une façon d’évacuer sa colère sur quelque chose plutôt que sur quelqu’un.
Ralentissant à peine, la voiture monta sur l’autoroute à plus de cent quarante. Heureusement pour le jeune homme, il n’y avait à cet instant personne, faute de quoi l’accident aurait été assuré. La route à trois bandes se dévoilant devant lui, il pressa l’accélérateur et mit pied au plancher, poussant sa Golf dans ses derniers retranchements.

Trois kilomètres plus loin, il aperçut le premier autre conducteur nocturne de la soirée : un camion, sans remorque, avançant à une vitesse bien moindre que la sienne sur la bande centrale. Jonathan sur la bande de droite, souhaitant dépasser ainsi l’obstacle se trouvant au centre de la route.
Au moment où l’avant de sa voiture et celui du camion furent à la même hauteur, le conducteur de ce dernier, saoul et sous l’emprise de divers produits illégaux, tourna la volant de son véhicule vers la droite. Sa roue vint frapper le capot de la Golf de Jonathan qui se mit aussitôt à pivoter sur elle-même, toupie folle et inarrêtable sur ce ruban d’asphalte.

Le camionneur pressa la pédale de frein, arrêtant son monstre d’acier le plus rapidement qu’il le put, afin d’éviter un second impact entre les deux véhicules. La voiture du jeune homme frappa violement contre la barre de séparation. S’enchainèrent plusieurs tonneaux, transformant la Golf en un amas de métal fumant.

Dix minutes plus tard, les sirènes des ambulances et des voitures de polices retentirent dans la nuit. Un jeune homme, du nom de Jonathan Herrman, fut emporté d’urgence à l’hôpital le plus proche, luttant contre la mort, un combat qu’il semblait bien parti pour perdre.

Il n’avait alors que seize ans.

2
Lorsqu’Eleanor se réveilla, elle ne vit d’abord rien d’autre que l’obscurité, des ténèbres qui lui parurent totales et insondable. Elle ignorait où elle était et comment elle était arrivée là. Refermant les yeux, elle essaya de visionner le cours de la soirée précédente.

Ainsi qu’elle le faisait chaque mercredi, elle était descendue au Hain, un petit bar situé quelques rues plus bas que son appartement, avec deux de ses amies. Elles y passaient la soirée à boire des Bloody Mary et à laisser les hommes – et parfois quelques femmes- essayer de les séduire. Il leurs arrivait même d’accepter leurs avances pour un soir.

Si ses souvenirs de début de soirée étaient assez clairs, Eleanor avait quelques difficultés à se rappeler ce qui s’était passé après vingt-deux heures. Sa mémoire était emplie de trous, et seules quelques images lui revenaient, images n’expliquant en rien comment elle était arrivée à cet endroit.
Un bruit se fit entendre, la tirant de ses réflexions. Une clé jouait dans une serrure, quelque part devant elle. Instinctivement, elle recula, le plus loin possible de la source de ce son. Elle fut rapidement bloquée par un mur et se tint là, tentant de prendre le moins de place possible.

Un flot de lumière jaillit alors et aveugla Eleanor qui se couvrit le visage de ses mains. Un claquement se fit entendre, suivi immédiatement d’une violente douleur. Un coup de fouet. En vinrent ensuite de nombreux autres, accompagnés des cris de la jeune fille. Lorsque tout fut terminé, les bras en sang, la chair à vif, Eleanor n’était plus capable que de sangloter et de murmurer cette brève prière : « Mon Dieu, mon Dieu, faites que cela s’arrête », la répétant sans cesse, dans l’espoir qu’elle se réalise.

Aucune divinité ne répondit à son appel. Tout ce qu’elle put entendre fut la voix grave de son tortionnaire : « Tu ne prononceras pas le nom du seigneur ton Dieu en vain ».

Ensuite, les coups reprirent.
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MessageSujet: Re: Zimmer   Mar 4 Mar 2014 - 12:00

Difficile de se prononcer pour l'instant.
Pour le style je trouve que ça va à part peut être quelques répétitions qui peuvent être enlevées. Le présent dans le prologue m'a un peu surprise mais finalement je trouve que ça passe bien.
Après j'ai vraiment l'impression de lire trois histoires qui n'ont aucun rapport les unes avec les autres donc je ne sais pas, c'est très difficile de se faire une idée.
Pour la dernière partie je ne suis pas du tout rentrée dedans, je pense que tu devrais insister sur le ressentit de la jeune femme. Je n'ai pas du tout senti sa peur ou son angoisse du coup j'ai pas eu trop d'empathie pour elle alors qu'elle a l'air de vivre un truc assez dramatique.
Je pense que si tu veux jouer sur la peur prend vraiment le partie de tes personnages et fait en sorte qu'on se mette à leur place.

J'attendrai de lire le reste pour vraiment me prononcer sur la globalité.

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MessageSujet: Re: Zimmer   Jeu 6 Mar 2014 - 19:28

Allez, allez, les autres, ne soyez pas timides, venez commenter. Ohiro, tu peux également aller faire un tour du côté des galeries pour commenter.

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MessageSujet: Re: Zimmer   Sam 8 Mar 2014 - 16:39

( j'étais parti en vacance, j'ai posté ça vite fait histoire de vous laisser quelque chose :p)

Merci du commentaire!

Et c'est du premier jet rapidement relu, donc les répétitions et autres ne sont pas du tout impossibles^^

Quant au fait que ça n'ai l'air que d'histoire sans rapport, courage, ça disparait rapidement, c'est juste la première partie ^^
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MessageSujet: Re: Zimmer   Sam 8 Mar 2014 - 16:46

Quelques corrections :

Citation :
Il était parti de chez lui, claquant la porte ainsi qu’il le faisait en général une fois par mois.
La formulation donne l’impression que les disputes sont réglées pour avoir lieu une fois par mois, comme un rituel.

Citation :
Ralentissant à peine, la voiture monta sur l’autoroute à plus de cent quarante. Heureusement pour le jeune homme, il n’y avait à cet instant personne, faute de quoi l’accident aurait été assuré
Cent quarante, ce n’est jamais que dix kilomètre/heure au-dessus de la limite autorisée, pas aussi impressionnant que si tu avais qu’il roulait à deux cent.

Citation :
, le conducteur de ce dernier, saoul et sous l’emprise de divers produits illégaux,
Ton texte est écrit du point de vu de Jonathan, comment peut-il savoir que le conducteur est saoul ?

Pas d’autres fautes relevées (cela dit, je ne suis pas la spécialiste orthographe du forum…). Sur le style, plutôt agréable à lire, ça passe bien, pas vraiment de tournures maladroites repérées.

Au niveau de l’histoire :
Le prologue : il est intriguant, on se demande qui est cet homme, ce qu’il écrit, et pourquoi il met fin à ses jours. J’ai trouvé quand même que le passage où il s’immole est un peu trop plat. Il devrait ressentir de la douleur, hurler, ce genre de choses.

Chapitre 1 : Mis à part le soucis de point de vue relevé plus haut, rien à dire. Dès le départ, on se doute que ça va mal finir pour Jonathan et la fin du chapitre laisse son sort en suspens.

Chapitre 2 : bon, la fille aux mœurs un peu légère séquestrée par un psychopathe, c’est pas hyper original, mais j’attends de voir ce que tu vas en faire et surtout, comment tu vas raccrocher ces deux débuts d’histoire avec ton prologue.



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MessageSujet: Re: Zimmer   Lun 10 Mar 2014 - 17:17

J'ai lu ce passage il y a déjà quelques jours et je n'avais pas mis de commentaire.
Je le fais donc maintenant  Smile 

Comme Dead Moon, j'ai l'impression d'avoir affaire à 3 histoires différentes. Mais je me doute bien que plus tard, dans ton récit, tout se reliera comme par magie.
J'adore le fantastique, donc je suis vraiment le cœur de cible.

J'ai quand même quelques petites choses à dire.

Je trouve le prologue très bien écrit et intéressant mais je trouve que l'homme est assez tranquille après avoir pris feu. Soit parce qu'il n'est plus tout à fait lui-même, soit tu n'as pas assez décris sa douleur à ce moment là. Mais la fin est intrigante.

Le chapitre 1 est différent. Ta plume est toujours présente, mais pour le coup, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à un simple accident de la route. Même si j'ai l'impression que le camionneur, à part être un peu saoul, fait plus ou moins exprès de lui rentrer dedans... Mais comme il freine ensuite, je ne sais pas  Smile 

L'horreur arrive dans le chapitre 2. On sent vraiment de la tension. Alors qu'elle ne sait pas elle-même où elle est. J'arrive très bien à imaginer toute la scène. Par contre, je trouve que la fin est un peu rapide.

Bref, vivement la suite et de savoir quel est le lien entre ces trois scènes.
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MessageSujet: Re: Zimmer   Lun 10 Mar 2014 - 20:48

La suite ne va pas tarder à arriver^^


Merci des différents commentaires en tout cas!


Pas grand chose à rajouter comme justifications ou explication si ce n'est que mon rythme rapide est hélas une de mes caractéristiques que je tente de défaire. Ca va s'améliorer normalement au fil du récit. Normalement XD
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MessageSujet: Re: Zimmer   Jeu 13 Mar 2014 - 18:01


3

Mary entendit le bruit de la cavalcade dans l’escalier et se prépara instinctivement au choc qui allait naturellement en suivre. Elle eut raison : sa fille, Luce, lui sauta dans les bras dès qu’elle l’aperçut. Lorsqu’elle reçut sa fille dans les bras, Mary eut un instant le souffle coupé. A huit ans, la fillette commençait à être grande pour ce genre de câlin. Ce qui n’empêchait pas sa mère de chérir précieusement ces moments.

Piet suivit, encore à moitié endormi, embrassa sa femme et se servit un café, seul moyen de le rendre un tant soit peu réactif le matin. Surtout les rares jours où les époux étaient tous deux en congés, ce qui arrivait bien trop rarement à leur goût. C’était le cas ce jour, et ils allaient profiter de la journée pour être avec leur fille.

Le déjeuner se déroula dans la joie et la bonne humeur. Eclats de rires d’enfants, sourires complices des parents…Cette petite bulle de bonheur fut cependant brisée par une sonnerie stridente. Mary, avec un soupir, se leva et saisit le téléphone.

« - Allo ?
- …
- Bonjour commissaire. Que puis-je faire pour vous ?
- …
- Je comprends, mais c’est mon jour de repos et…
- …
- Bien. J’arrive, je serai là dans une demi-heure. A tantôt. »

Mary raccrocha. Elle se tourna vers Piet, d’un air dépité avant de lui sourire tristement. Elle s’appétait à gâcher une journée qui avait si bien commencé…

« - C’était Hildman. Ma journée est annulée, il faut que j’y aille.
- Quoi ? Mais…
- C’est Christo. On en a retrouvé une autre. »

Piet se tut. Christo était le surnom du tueur qui frappait actuellement au cœur de Berlin. Il y avait déjà eu deux morts, tout deux torturés puis crucifiés. Mary et son équipe étaient chargées de résoudre cette affaire, au plus vite évidemment. Bien qu’ils se soient déjà rendus plusieurs fois utiles depuis que la jeune femme avait été nommée à la tête du groupe, les politiques semblaient toujours éprouver quelques difficultés à faire confiance à une femme. Cela faisait donc plus de deux semaines que la policière travaillait non-stop, sans prendre de pause ou presque. Ce jour devait être son premier jour de repos depuis le début de l’enquête.

Piet regarda, non sans un certain abattement, sa femme prendre son portefeuille et son arme, saisir les clefs de la voiture et partir. Un air interrogatif sur son visage, Luce observa ce qu’il se passait dans la cuisine, et se demanda pourquoi sa maman devait partir aussi vite, alors qu’elle avait promis qu’ils pourraient passer la journée ensemble. Piet saisit sa fille et la fit tourner dans ses bars, ce qui provoqua un fou rire chez la petite, la distrayant ainsi temporairement de l’absence de sa mère.

Lorsqu’il reposa la petite, la sonnerie du téléphone résonna une nouvelle fois dans la pièce, les faisant sursauter tous deux. Piet, sourire aux lèvres, lança un clin d’un œil rassurant à la petite avant de décrocher l’appareil.

« - Allo ?
- Piet ? C’est Laura. Pourrais-je parler à Mary ?
- Bonjour Laura, comment allez-vous ?
- Oh je… Pardon Piet, j’ai été impolie. Ca va bien chez nous, merci. Et vous alors ?
- Tout va bien ici merci. Enfin, Marya du partir précipitamment, une affaire urgente qui nécessitait son attention.
- Christo n’est-ce pas ?
- Il semblerait oui... Cette affaire est en train de la miner, Laura.
- Je sais bien, elle m’en parle aussi dès que je l’appelle. Mais ce n’est pas pour ça que je voulais lui parler. Un de ses cousins a eu un accident de la route, hier soir et il est à l’hôpital à Berlin. Je pensais que vu votre proximité des lieux…
- Nous pourrions aller y faire un tour ? Pas de soucis, nous irons le voir. Je transmettrai le message à Mary. Comment s’appelle-t-il ?
- Jonathan. Jonathan Herrman.
- Merci. Voulez-vous que je vous passe votre petite-fille ?
- Ce serait gentil, merci."

Piet tendit le combiné à sa fille qui s’en saisit avec joie. La petite adorait le téléphone, ainsi que sa grand-mère. Il en profita pour fouiller sa mémoire, cherchant à mettre un visage sur le nom qu’on venait de lui donner. Mary avait un nombre extraordinaire de cousins, éparpillés un peu partout en Allemagne et elle n’en connaissait véritablement qu’un petit nombre. Piet en connaissait encore moins. Ce Jonathan ne lui disait rien.

Il en était là dans ses réflexions lorsque quelqu’un frappa à la porte d’entrée. Piet se dit qu’il s’agissait décidément de sa journée et alla ouvrir la porte. Face à lui se trouvait un homme, noir de peau et habillé dans un costume sombre, assez chic, une petite mallette à la main. Il offrit un sourire chaleureux à Piet et lui tendit la main :

« Bonjour monsieur. Souhaitez-vous en savoir plus sur votre rédemption ? »

4

« Rassurez-vous, madame Termon, vous pourrez sortir cet après-midi. Maintenant, restez assise et prenez vos pilules. »

Josef adressa un sourire à la vieille dame face à lui et lui fit un clin d’œil avant de partir. C’était déjà la troisième fois qu’elle revenait l’hôpital, persuadée d’être à l’agonie. Une auscultation rapide et un placebo suffisait à chaque fois pour assister à une véritable résurrection.

La fin de son service approchait et Josef n’espérait plus qu’une chose : pouvoir rentrer chez lui et dormir. Dormir au moins une douzaine d’heures. Pour pouvoir retourner au boulot le plus vite possible ensuite. Le médecin poussa un bref soupir avant d’entrer dans la chambre de son patient suivant. De sa patiente, dans le cas présent.
Lisbeth Northman venait de se faire opérer au cœur. Elle partirait sans doute dans la journée et cette dernière visite servait principalement à vérifier que tout allait bien et que le départ était toujours autorisé. Un autre but, moins officiel, était de profiter encore un peu de la présence de la jeune fille. Il fallait bien avouer qu’elle était splendide à regarder et sympathique à fréquenter.

Lisbeth rendit son sourire à Josef, ce qui la fit littéralement resplendir. Le médecin ne put s’empêcher de rougir légèrement avant de lui parler. Après tout, ils n’avaient que vingt-sept ans tous les deux.

« - Bonjour Lisbeth. Comment allez-vous ?
- Bonjour docteur.Ca va bien, vraiment.
- Pas de douleurs à la poitrine, de vertiges ?
- Non, rien du tout. Fraîche comme un gardon !
- Bonne nouvelle ! Il n’y a donc absolument rien qui s’oppose à votre sortie aujourd’hui.
- Vous allez enfin être débarrassés de moi donc.
- Vous allez nous manquer vous savez. On a rarement des patients aussi sympathiques que vous.
- Tenteriez-vous de me séduire, Docteur Mijnthuis ?
- Allons, allons… ce ne serait pas professionnel…
- Non évidemment.
- Bien, je vais donc vous quittez. Au revoir Lisbeth, ravi de vous avoir rencontré.
- Moi de même Docteur. Au revoir ! »

Josef fit demi-tour et commença à se diriger vers la sortie. A mi-chemin, il se décida pour autre chose et se retourna à nouveau.

« J’ai fini mon service, ça vous dirait de venir boire un café avec moi ? »




5


« C’est moche. »

Mary retint son commentaire. « Moche » ? Comment pouvait-on se contenter de trouver ça simplement moche ? Le corps de la jeune femme était crucifié, nu et couvert de sang, une couronne d’épines enfoncée sur la tête et une profonde blessure sur le côté gauche. La marque de Christo.

Oui, c’était pire que moche.

Mary se secoua. Elle était responsable de cette enquête et il était temps qu’elle commence son travail. Elle donna quelques ordres pour isoler la place et laissa l’équipe scientifique faire son travail. L’une des priorités, à l’heure actuelle, était d’identifier la victime et de retracer le plus fidèlement possible tout ce qui lui est arrivé avant de se retrouver là, crucifiée et sanglante. C’était la meilleure façon de retrouver le meurtrier, ou tout du moins de comprendre ses habitudes, les moyens qu’il met en place pour repérer et attraper ses proies. Et, une fois arrivée à ce point, Mary n’aurait plus la moindre difficulté à l’attraper et à le mettre derrière les barreaux jusqu’à la fin de sa vie. Voire même, si l’occasion se présentait, de le voir se prendre une balle au cours de l’arrestation. Ce genre de monstres ne mérita pas la moindre pitié.

La jeune inspectrice ouvrit son carnet et relu rapidement les quelques notes qui résumaient tout ce qu’ils savaient du meurtrier. A savoir pas grand-chose. Il avait déjà fait trois victimes, un homme et deux femmes, en reprenant systématiquement le même mode opératoire : enlèvement, suivi de plusieurs jours de torture, principalement des flagellations, avant de crucifier le séquestré. Toujours un vendredi. Les références bibliques et christiques étant évidentes, il n’avait pas fallu longtemps à la presse pour lui trouver ce surnom.
Les équipes scientifiques n’avaient quasiment rien trouvé : pas d’empreinte, pas d’ADN. Juste des traces de pneus, appartenant à un des modèles Volvo les plus vendus du marché. Et ils n’étaient même pas sûrs qu’il s’agissait du véhicule du tueur. Le travail des psychologues s’était révélé légèrement plus probant mais, comme toujours, leurs suppositions étaient à prendre avec des pincettes. D’après eux, il devait s’agir d’un homme seul, le mode opératoire étant trop complexe que pour satisfaire deux psychopathes différents, probablement entre vingt et trente ans, élevé dans une famille fortement religieuse. Il fréquentait sans doute une église quotidiennement, et peut-être avait-il même déjà confessé ses crimes.

En clair, ils couraient après un fanatique religieux.
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MessageSujet: Re: Zimmer   Ven 14 Mar 2014 - 0:40

Salut, c'est avec plaisir que j'ai lu la suite de ton récit.
Il y a quelques fautes d'orthographes, des répétitions, et un texte qui n'est pas optimisé (certaines phrases en trop ou des formulations maladroites).
Mais je ne suis pas un expert, donc je laisse le soin à meilleurs que moi pour être plus précis.

Dans le chapitre 3, on commence à voir une relation entre ces nouveaux personnages et l'acteur principal du 1er chapitre. On en apprends un peu sur le fil rouge de l'histoire avec le fameux Christo. L'arrivé de l'homme à la fin entretien le suspense, c'est bien Smile

Le chapitre suivant est assez frustrant. Tout se passe "dans le dialogue". Je trouve qu'il est toujours préférable de raconter une situation à travers un récit plutôt qu'un dialogue. Surtout qu'au début, les présentations auraient pu être évité. Il manque un peu de description. L'homme pourrait très bien être trahi par ses gestes ou un ton fébrile puisqu'il est attiré par la jeune femme. J'attends de voir la suite pour donner vraiment un avis sur ce chapitre.

Dans ce dernier acte, on comprends assez vite que la femme du second chapitre est la victime de ce meurtre. Ça se lit assez facilement et je retrouve un bon style. C'est un peu plus maîtrisé. Je crois maintenant comprendre qui est la personne qui arrive en fin du 3ème chapitre.

Tout ça me tient en halène. Je ne sais pas si tu as fait une relecture après l'écriture mais tu peux améliorer tout ça en mettant un peu plus de tension et de description. Je continue à être fidèle, je suis curieux d'avancer avec toi dans cette aventure !
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MessageSujet: Re: Zimmer   Sam 15 Mar 2014 - 15:13

3.

Citation :
Luce, lui sauta dans les bras dès qu’elle l’aperçut. Lorsqu’elle reçut sa fille dans les bras
Répétition de « dans les bras ».

Citation :
« - Allo ?
- …
- Bonjour commissaire. Que puis-je faire pour vous ?
- …
- Je comprends, mais c’est mon jour de repos et…
- …
- Bien. J’arrive, je serai là dans une demi-heure. A tantôt. »
Pas besoin des tirets avec les points de suspension, vu qu’on n’entend pas celui qui parle à l’autre bout du fil. Garde juste la réplique de Mary, on comprend bien comme ça de quoi il retourne.

Citation :
Elle s’appétait à gâcher
S’apprêtait

Citation :
Enfin, Marya du partir précipitamment
Mary a dû

Citation :
et elle n’en connaissait véritablement qu’un petit nombre. Piet en connaissait encore moins.
Répétition de « connaître ».

Ah, ça y est, les histoires commencent à se rejoindre (et on sait accessoirement ce qui est arrivé à la fille du chapitre précédent, on apprend qu’elle n’était pas la première). On se demande aussi qui est cet homme à la fin, le tueur ou une fausse piste ?
Pas grand-chose à dire sur ce passage, qui fonctionne assez bien, ça me semble assez réaliste (même si je dois avouer rien n’y connaître sur les méthodes de la police allemande, donc je ne suis pas la plus à même de détecter une erreur à ce niveau). Juste un détail : j’ai tiqué sur le manque de réaction de Piet lorsque la grand-mère lui annonce l’accident au téléphone. Ok, ce n’est pas de sa famille, mais la manière dont il dit qu’ils passeront le voir à l’hôpital donne plus l’impression qu’il parle d’aller à un pique-nique que voir un blessé.

4.

Citation :
présence de la jeune fille. Il fallait bien avouer qu’elle était splendide à regarder et sympathique à fréquenter.

Citation :
Lisbeth rendit son sourire à Josef, ce qui la fit littéralement resplendir. Le médecin ne put s’empêcher de rougir légèrement avant de lui parler. Après tout, ils n’avaient que vingt-sept ans tous les deux.
Si elle a vingt-sept ans, « jeune femme » conviendrait mieux que « jeune fille ».

Là non plus, pas grand-chose à dire. C’est une scène de vie quotidienne dans un hôpital, avec un côté assez mignon, j’attends de voir où ça va nous mener.

5.

Citation :
les moyens qu’il met en place pour repérer et attraper ses proies
mettait en place (vu que le reste de ton texte est au passé).

Citation :
Ce genre de monstres ne mérita pas la moindre pitié.
méritait

Je trouve que cette scène est assez courte, peut-être même un peu trop. Ça manque un peu de description pour parvenir à entrer dans l’ambiance (tu pourrais décrire le ballet de la police scientifiques, les collègues de Mary, les gens agglutinés dehors qui essayent de voir de quoi il retourne). Tout ça reste un peu froid et clinique.
J’ai trouvé aussi que Mary manquait d’émotions, elle regarde le cadavre et ne pense rien, c’est un peu étrange.


La phrase de fin « En clair, ils couraient après un fanatique religieux », sonne comme une super révélation, alors que, vu la mise en scène, le lecteur a bien compris de quoi il retournait depuis un moment.

Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire. Sinon, c’est assez intriguant, donc je continuerai à lire tout ça avec plaisir.

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MessageSujet: Re: Zimmer   Lun 17 Mar 2014 - 19:32

Merci à tous les deux pour les commentaires^^

J'ai pas grand chose à répondre à vos commentaires en fait XD. Si ce n'est que je profite de ce récit pour tester plusieurs choses, dont cet impression de méli mélo par moment. Mais je note et en tient compte pour la suite^^
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MessageSujet: Re: Zimmer   Mar 18 Mar 2014 - 20:18

Suite :p



6.

Dan ajouta une dernière couche de couleur à sa toile avant de reculer pour mieux observer le résultat final. Pas mal. Pas parfait, mais pas mal. Il s’en contenterait, de même que l’agence publicitaire lui ayant passé commande. De toute façon, il savait parfaitement que Photoshop passerait derrière son travail pour améliorer son œuvre afin qu’elle colle au mieux aux attentes de la société qui souhaite promouvoir un produit aussi essentiel qu’une chatière électronique. Il avait autre chose en tête que les moyens qui permettent aux matous de rentrer chez eux, aussi technologiques soient-ils.

Caché derrière un drap blanc se cachait ce qui occupait ses pensées. Une peinture. La Peinture. Il en rêvait depuis plusieurs mois maintenant, elle le réveillait en sueur en pleine nuit, le cœur battant la chamade. La faire apparaître sur une toile bien réelle semblait être le seul moyen de dissiper ces cauchemars. Cependant, il avait aussi l’impression étrange qu’en la transposant sur ce support, il rendait ce qu’elle décrivait plus réel, plus présent. Plus proche.

Ce qui était ridicule. Après tout, ce n’est que de la couleur sur du tissus, n’est-ce pas ?
Il jeta un œil par la fenêtre et se rendit compte que le soir tombait. Tout à son art, il ne s’était pas rendu compte du passage du temps. Il rangea le chevalet, et alla nettoyer ses pinceaux. Il choisit de nouvelles couleurs, se laissant davantage guider par son instinct que par un quelconque plan, et se dirigea vers le tableau dissimule sous son drap. Il prit une profonde respiration et retira le tissu qui protégeait la toile et la cachait à la vue du monde. Tout en cachant le monde à sa vue à elle. Ensuite, il se mit au travail.

Lorsqu’il peignait sur cette œuvre en particulier, le monde semblait disparaître autour de lui. Il n’y avait plus rien d’autre que lui, le tableau et le pinceau qui les reliait. Sa main semblait bouger d’elle-même, sans aucun contrôle de sa part. Il la laissait faire, elle s’y connaissait autant que lui dans ce domaine. Il avait appris à lui faire confiance. Des heures durant, il rajouta tout ce qu’il manquait sur le tableau : ombres, lumières, taches de couleurs… Il était presque terminé, Dan le sentait. Presque, mais pas tout à fait. Ce ne serait sans doute pas pour ce jour-là, mais pour le lendemain. Le surlendemain au pire.

La question qui restait était de savoir ce qu’il ferait une fois l’œuvre terminée. Il ne pouvait pas la vendre. Elle était trop personnelle et trop … dérangeante pour ça. Il ne pouvait pas non plus la garder, pour les mêmes raisons. Quant à la détruire, cela lui paraissait une solution pire encore que les deux autres. Il trouverait une solution le moment venu sans doute.


Cette transe créatrice dura jusqu’à l’aube. Ce n’était pas la première fois, mais c’était sans nul doute la dernière, car, contrairement à ce qu’il avait cru, la toile était terminée. Il n’y avait plus qu’à lui trouver un titre, et c’en serait fini avec elle. Il réfléchit quelques instants avant d’inscrire « Recouvrir » en bas de la toile. Ce n’était certainement pas un bon titre, mais c’était le bon titre pour celle-ci. Il le sentait.

Il s’éloigna du tableau afin de le regarder dans son ensemble. Il représentait un vieux bâtiment de sept étages, visiblement abandonné depuis longtemps. Une enseigne indiquait qu’il s’agissait d’un hôtel. Délabré, presque en ruine, la construction semblait sur le point de s’effondrer. Seul signe que quelque chose fonctionnait encore, une des chambres était éclairée. Par la fenêtre, on pouvait apercevoir une silhouette hurlant, les mains ensanglantées. Impossible cependant de distinguer ses traits. Derrière elles, on voyait une ombre indistincte, mais clairement menaçante. Le tout donnait une impression de réalité, comme si la scène se déroulait véritablement sous les yeux de Dan.

Ce dernier frissonna et décrocha la toile de son support. Il regarda autour de lui, cherchant un endroit où la placer dans son minuscule appartement avant de savoir quoi en faire exactement. Ne trouvant rien de concluant, il choisit simplement de la poser face au mur, près de la porte d’entrée, puis il se décida enfin à aller dormir. Il trouverait bien quoi en faire à son réveil.

Cependant, une fois éveillé après une courte sieste- à peine deux heures de sommeil- il fut incapable de se rappeler au il avait posé cette toile, et ne put la retrouver. Il chercha des heures durant sans pouvoir mettre la main dessus. Il finit par abandonner les recherches, et par se poser de sérieuses questions sur son état mental, envisageant d’aller voir quelqu’un.
Il reverra cependant la toile, une dernière fois, au moment où il comprendrait qui était la silhouette à la fenêtre. Au moment où il sera trop tard.

7.

A deux heures du matin, une sonnerie retenti dans la salle des infirmières du service des urgences de l’hôpital. Le cœur de l’un des patients venait de cesser de battre. Immédiatement, une des femmes en blancs se rua dans la chambre du patient et consulta rapidement données et appareils. Il s’agissait du jeune homme ayant eu un accident de la route la veille et qui était arrivé grièvement blessé. Malgré tous les soins du chirurgien, son état restait inquiétant, à juste titre vu les événements. Quelques secondes après que l’infirmière soit entrée dans la pièce, un médecin surgi, accompagné d’un autre soignante. Cela faisait alors plus d’une minute que le cœur de Jonathan avait cessé de battre.


L’équipe médicale lutta, du mieux possible afin de ramener le jeune homme. En vain. Après deux minutes de massage cardiaques et de chocs électriques, le médecin demanda l’heure de la mort. L’infirmière était sur le point de répondre lorsqu’un bip léger se fit entendre. Alors que tout espoir était perdu, l’électrocardiogramme enregistrait à nouveau des battements. Le pouls s’accéléra un moment avant de se stabiliser à un niveau des plus normaux. Le médecin resta un instant perplexe, avant d’attribuer ce qui venait de se passer à un de ces petits miracles qui arrivaient de temps à autres dans sa profession. Un don de Dieu accordé à certains patients.

Il n’aurait pu être plus éloigné de la réalité.

8.

La victime avait été identifiée, il s’agissait d’Eleonor Vain. La dernière fois que quelqu’un l’avait aperçue, c’était mercredi, dans un bar appelé Hain. L’olivier. Ça n’étonna qu’à peine Mary. L’assassin continuait aves les références à la mort du Christ. Là où l’information devenait utile, c’est que ce bar se trouvait dans la même zone que les lieux de disparition des deux premières victimes. Ce qui pouvait laisser supposer que Christo habitait ou travaillait dans ce quartier. Ils tenaient enfin quelque chose qui pourrait leur permettre d’avancer.

Mais pas aujourd’hui. Même si son envie de stopper le monstre était plus forte que jamais, elle était bien trop fatiguée que pour faire un travail correct. Il lui fallait dormir et profiter un peu de sa famille avant de replonger dans l’univers du meurtrier. Elle salua donc son équipe et la remercia pour le boulot du jour avant de rentrer chez elle.

Elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas au moment où elle dû faire entrer sa clé dans la serrure. La lumière du porche n’était pas allumée. Piet allumait toujours cette lampe lorsqu’elle rentrait tard, afin qu’il soit plus facile d’ouvrir la porte. Or ce n’était pas le cas ici. Prise par un étrange pressentiment, Mary retira son arme de son holster avant d’entrer dans sa maison.

L’entrée semblait avoir été dévastée par une tornade. Tout avait été brisé et jeté au sol. La policière resserra sa prise sur son arme et, presque sans s’en rendre compte, commença à prier pour que son époux et sa fille soient en sécurité. Tout en sachant que ce n’était pas le cas. La cuisine avait subi le même sort que l’entrée, de même que le salon. Toujours pas âme qui vive. Mary monta alors à l’étage et se dirigea vers sa chambre.


C’est là qu’elle trouva Piet et Luce. Nus et crucifiés sur l’un des murs de la chambre. Mary poussa un gémissement et couru vers les corps des membres de sa famille, répétant « non » encore et encore. Elle se pressa contre son époux, puis contre sa fille, les suppliant de se réveiller, sans résultat.

Alors seulement elle se mit à hurler.

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MessageSujet: Re: Zimmer   Mer 26 Mar 2014 - 12:18

6.

Alors, pas de faute relevées dans ce passage, fais juste attention aux verbes ternes (faire, avoir, être) et aux phrases trop courtes (ça donne du rythme à la narration, mais si tu les juxtapose, ça peut hacher un peu trop ton texte).

Au niveau de l’histoire, je suis assez mitigée : je pense que tu as une bonne base de départ, ton peintre qui conclut le tableau de sa vie, avec l’introduction d’une touche de fantastique. Mais je trouve qu’on reste trop en dehors de la scène. Il manque des éléments de description (le décor, à quoi ressemble son appartement, où se situe-t-il ? Avec quoi travaille-t-il : aquarelle, acrylique ou huile ? S’il travaille à l’huile, ça devrait sentir la térébenthine dans son appart). Pour moi, ce genre de détail manque cruellement et donnerait un peu plus de réalité à la scène.
Ton personnage est trop absent, c’est censé être un artiste passionné qui finit l’œuvre de sa vie, mais j’ai l’impression qu’il ne ressent rien quand il peint, pas plus que quand il « perd » sa toile (sérieusement, à ce moment là, il devrait paniquer totalement, retourner son appart…).
Je n’ai pas aimé la dernière phrase (« Il reverra cependant la toile, une dernière fois, au moment où il comprendrait qui était la silhouette à la fenêtre. Au moment où il sera trop tard. »), parce que pour moi, elle casse la narration et me fait totalement sortir de l’histoire, vu que tu passes d’une narration à la 3ème personne du point de vue d’un personnage, à une sorte de narrateur omniscient qui s’adresse au lecteur.


7.

Citation :
A deux heures du matin, une sonnerie retenti dans la salle des infirmières
Retentit

Pareil que pour le passage précédent : la structure est là, mais ça manque de détail. Je pense que pour que la fin soit percutante, il faudrait ralentir le rythme en début de passage, pour permettre à la tension de monter (on commence calme avec l’hôpital pendant la nuit, puis on a l’alerte qui donne un coup de fouet à l’action, infirmières et médecins se démènent pour réanimer le patient, sans succès. On se dit qu’il est mort, la tension retombe, et pof, tu balances ton retournement : le cœur du jeune homme se remet à battre).
Comme pour le passage 6, je ne suis pas sûre que la dernière phrase apporte grand-chose à la narration (à part un effet d’annonce un peu artificiel).

8.

Bon, tu vas dire que je me répète, mais j’ai eu la même sensation que pour les deux autres passages : trop rapide, pas assez de description.
Pour que la fin fonctionne, il faut que tu arrives à prendre le lecteur par surprise, ou à faire monter graduellement la tension. Là, j’ai l’impression que le passage est expédié. Prend le temps de décrire Mary qui revient chez elle, parle de ses sentiments (qu’a-t-elle découvert ? Comment se sent-elle ? Elle a fini une dure journée de travail, son enquête patine, elle décide de rentrer chez elle, dans son foyer, le lieu où elle est heureuse). Il faut que tu laisses l’ambiguité quand elle entre chez elle, qu’elle se demande où sont son mari et sa fille, il faut que tu la laisses espérer (comme ça, le lecteur espère aussi, et la fin est plus frappante).
Je pense qu’en développant un peu la scène, la découverte aura beaucoup plus d’impact.


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