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 Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]

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Abigaelle
Murène fêlée
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MessageSujet: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mer 5 Mar 2014 - 21:28

Voici une nouvelle que j'avais écrite pour l'AT des Editions Lune Ecarlate sur le thème "Monstres à toute vapeur", qui malheureusement n'a pas été retenue.

J'aimerais avoir des avis sur ce texte qui me tient à coeur car il se déroule dans ma région natale, pour l'améliorer.

Je publierai ce texte en plusieurs parties car au total, il fait 16 pages.

Bonne lecture et merci d'avance.


En ces premières années du nouveau siècle qui marquaient le début d’une ère de prospérité, la France rayonnait aux yeux du monde, particulièrement Paris qui avait accueilli en 1900 l’Exposition Universelle. Pourtant, la capitale usurpait sa place : certes, elle constituait l’écrin idéal pour présenter les merveilles technologiques de l’époque, comme les magnifiques dirigeables à vapeur qui y avaient amené des visiteurs du monde entier, mais ce n’était pas en son sein que ces joyaux étaient nés. Paris n’était alors rien sans Besançon, la capitale de la région Franche Comté, qui avait élevé son savoir-faire en horlogerie à un tel degré que les talents de ses ingénieurs et de ses artisans permettaient de tout créer, d’un minuscule mouvement de montre à un moteur capable de faire voler un dirigeable.
Au-dessus de la ville séculaire de Besançon se dressait, sur un piton entouré par la boucle aquatique du Doubs, une forteresse qui défiait le temps, érigée par Vauban quand la Franche Comté espagnole avait été rattachée à la France par Louis XIV. La Citadelle, comme tout le monde l’appelait dans la région, avait abandonné une partie de ses locaux militaires pour accueillir l’Institut des Nouvelles Technologies. Celui-ci réunissait, sous la direction de Fernand Larchet, les meilleurs ingénieurs issus du Laboratoire de Chronométrie. Ce dernier, créé en 1901, accueillait les élèves les plus doués sortis de l’Ecole Municipale d’Horlogerie, elle-même fondée en 1862. Ce savoir-faire en horlogerie avait donné à Besançon une réputation enviée qui attirait aussi des convoitises. Afin d’éviter l’espionnage des autres nations, l’Institut était placé sous bonne garde par la garnison qui occupait le reste des lieux. Un nouveau commandant, tout droit arrivé de Paris, venait d’y prendre ses fonctions, le général Auguste Dacier.

Ce lundi matin, dans son atelier de l’Institut, Victorien Larchet, le fils unique de Fernand, était abimé dans sa rêverie face à une maquette posée sur son établi, qu’il avait sortie pour y apporter une amélioration qui lui était venue dans la nuit.
Sorti majeur de sa promotion l’année précédente, le jeune ingénieur comptait parmi les meilleurs de l’établissement et, malgré son jeune âge – vingt-deux ans –, avait déjà créé plusieurs inventions qui révolutionnaient l’époque. Victorien était aussi un doux rêveur, qui aimait s’évader de la réalité. Sa mère étant morte en le mettant au monde, son père avait fait venir chez lui Charlotte, une solide paysanne du Jura, pétrie de bon sens, mais aussi férue des légendes de la région, afin de jouer auprès d’eux le rôle de gouvernante et de nourrice pour Victorien. L’enfance de ce dernier avait été bercée par les récits de cette femme chaleureuse et aimante, et il lui demandait souvent de lui raconter, encore et encore, ses légendes préférées, jusqu’à les connaître par cœur. L’adolescence et les études n’avaient pas éteint cette passion enfantine et Victorien était persuadé, au fond de lui, que la plupart avait un fond de vérité. Sa préférée, entre toutes, était celle de la Dame Verte, et il rêvait souvent de cette belle dame qui surgissait parfois et séduisait les jeunes gens. Lorsqu’il avait mis en doute son existence, Charlotte s’était fâchée, lui assurant que son propre aïeul l’avait rencontrée et qu’il avait même passé plusieurs jours avec elle. À force d’entendre cette affirmation et de l’apercevoir dans certains de ses rêves, le jeune homme avait fini par se convaincre qu’elle était bel et bien réelle ; il en était tombé amoureux et cherchait le moyen de la trouver enfin. La tâche se révélait ardue : malgré les progrès fulgurants de Besançon depuis quelques décennies, le reste de la région demeurait rural, se partageant entre cultures dans les plaines et forêts touffues dans les montagnes. Pour fouiller ces dernières et trouver l’endroit où la Dame Verte surgissait, souvent un étang, il lui faudrait des années. Victorien, s’appuyant sur ses connaissances, avait imaginé en secret un véhicule pour faciliter ses recherches : un dirigeable de petite taille, qui emmènerait une seule personne dans une nacelle de pilotage. L’engin n’existait qu’à l’état de projet, quelques croquis et une maquette qu’il gardait soigneusement cachée. Il ne savait comment réaliser l’appareil à taille réelle, car s’il avouait à son père, un homme très cartésien, le but de cette nouvelle invention, ce dernier lui enjoindrait sans doute d’y renoncer.
Victorien sursauta quand la porte de son bureau s’ouvrit brusquement, livrant passage à son père et au général Dacier. Ce dernier repéra aussitôt le modèle réduit et s’y intéressa en interrogeant le jeune homme :
« Qu’est-ce donc ? Un nouveau projet ? »
Le jeune ingénieur ne put s’empêcher de rougir sous le regard inquisiteur lancé par son père, pris sur le fait, et répondit en balbutiant :
« Oui, une idée qui m’est venue récemment… »
Le général prit la maquette et l’observa avec attention :
« C’est un dirigeable pour un seul homme ?
— Oui. Il ne volerait pas très haut, mais permettrait par exemple de rallier rapidement deux points en survolant les forêts ou les champs.
— Intéressant, intéressant… »
Le général caressa sa courte barbiche en observant l’objet, visiblement passionné. Un fol espoir saisit Victorien : et si ce dernier lui proposait de le réaliser ? Il pourrait ainsi, sous le couvert d’essais, parcourir la région pour rechercher la Dame Verte. Fernand prit la parole d’un ton où pointait un léger reproche :
« Tu ne m’en avais pas parlé !
— Ce n’était pas encore au point, mais j’ai eu une idée cette nuit et je crois avoir trouvé la façon de régler mon dernier problème. »
Le général Dacier reposa la maquette et lui demanda, très sérieux :
« Vous croyez pouvoir le construire et le faire voler, à présent ? Avec un homme pour le piloter ?
— Oui, je le pense.
— Fantastique ! »
Fernand se tourna vers le militaire, sentant son enthousiasme :
« Cet appareil vous intéresse ?
— Oui, j’y vois de nombreuses possibilités. »
Il fixa Victorien et l’interrogea d’un ton inquisiteur :
« En avez-vous parlé à quelqu’un ? »
Surpris, le jeune homme secoua la tête :
« Non, vous êtes les premiers.
— Parfait, alors surtout pas un mot à quiconque, je veux le secret absolu sur ce projet pour l’instant ! »
Le général réfléchit un instant, avant de se tourner vers le directeur de l’Institut :
« Je crois qu’il serait bon que votre fils puisse travailler à ce projet à son aise et que ce serait mieux pour lui au château de Joux. »
Fernand et Victorien se regardèrent, interloqués par cette proposition. La forteresse de Joux avait été érigée des siècles auparavant à un endroit stratégique, à quelques kilomètres de Pontarlier et de la frontière suisse. Elle avait été réquisitionnée par l’État depuis quelques années pour y installer un de ses laboratoires les plus secrets, protégé par une garnison nombreuse et vigilante. La position du château, construit sur un éperon rocheux, rendait difficile, voire impossible, toute intrusion, et l’endroit avait même servi de prison durant les siècles précédents. Peu de gens obtenaient l’autorisation d’entrer à Joux et encore moins d’y travailler : l’offre du général Dacier prouvait donc que le projet de Victorien intéressait l’armée au plus haut point. Devant le silence du père et du fils, le militaire insista :
« Alors, qu’en dites-vous ? »
Victorien fut le premier à reprendre ses esprits : la région de Joux regorgeait d’endroits susceptibles d’abriter une Dame Verte, y travailler et faire des essais serait donc l’idéal pour lui. Il acquiesça avec enthousiasme :
« J’en serais ravi, mais pour l’instant, je suis affecté ici sur certains projets et je ne sais pas si je peux les abandonner. »
Devinant que l’intérêt du général pour l’engin de son fils primait sur le reste, Fernand intervint aussitôt :
« Rien qui ne soit aussi important que ta nouvelle invention ! Je peux t’en détacher pour l’instant. »
Le général se frotta les mains, satisfait :
« Très bien, alors c’est entendu ! »
Il poursuivit, en homme habitué à donner des ordres et à être obéi :
« Vous allez me dresser la liste de ce dont vous aurez besoin pour commencer et me l’apporter sous une heure. Préparez vos bagages, nous partirons là-bas demain matin. Ça vous laissera le temps de faire le point avec votre père sur vos travaux en cours. »
Le général Dacier les salua, puis quitta le bureau. Fernand regarda son fils, une lueur de fierté dans le regard :
« Eh bien Victorien, voilà encore une nouvelle invention qui viendra rehausser le prestige de l’Institut, bravo ! Comment t’est venue cette idée ? »
Connaissant l’opinion peu flatteuse de son père sur les contes et légendes, le jeune homme préféra mentir en lui donnant une explication plus rationnelle :
« Certaines forêts de la région sont si épaisses qu’il est difficile de les traverser, ce qui nécessite des détours. Avec cet appareil, on peut les survoler et se déplacer plus rapidement. »
Fernand prit la maquette et l’étudia un instant :
« Pourquoi pour un seul homme ?
— Pour réduire la taille du ballon et avoir une meilleure maniabilité.
— Tu pourrais peut-être envisager un modèle pour deux passagers ?
— Oui, peut-être, je vais étudier ça en même temps que la construction. »
Le directeur posa la main sur l’épaule de son fils :
« Je compte sur toi pour faire honneur à notre famille une fois de plus ! Je me tiendrai au courant de tes progrès grâce au général.
— Merci. »
Victorien prit un papier et dressa la liste demandée. Tout en la rédigeant, il se prit à rêver au moment où il pourrait procéder à ses premiers essais, espérant découvrir enfin la cachette d’une de ces créatures si convoitées.

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Dernière édition par Abigaelle le Dim 27 Avr 2014 - 16:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Jeu 6 Mar 2014 - 19:30

Allez, allez, amateurs de steampunk (ou de XIXe), venez commenter !

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Jeu 6 Mar 2014 - 20:06

Arfeuh ! Tellement pas l'habitude que tu postes que je l'avais zappé ^^
Allez, je répare mon erreur Smile

la France rayonnait aux yeux du monde, particulièrement Paris qui avait accueilli en 1900 l’Exposition Universelle. => je mettrais une autre virgule après "Paris". "particulièrement" ne me plait pas des masses, par contre, "en particulier" me semblerait mieux (oui, je chipote, mais tu as l'habitude maintenant ^^)

qui avait élevé son savoir-faire en horlogerie à un tel degré que les talents de ses ingénieurs => "à un degré tel" ?

d’un minuscule mouvement de montre => tu es sûre que "mouvement" soit le mieux ? "rouage", non ?

était abimé dans sa rêverie face à une maquette posée sur son établi, => "abimé dans sa rêverie", je ne suis pas fan. "abimé dans la contemplation d'une maquette" me semblerait mieux, déjà.
Je couperais là par contre : "sur son établi. Il l'avait sortie..." parce que sinon, tu as deux subordonnées à la suite, et ça fait vraiment lourd (ou, comme je sais que tu aimes les phrases longues, "laquelle lui était venue dans la nuit")

et, malgré son jeune âge – vingt-deux ans – => redondance avec "le jeune ingénieur", je te conseille de virer le premier "jeune" pour le garder juste avant de donner son âge

et Victorien était persuadé, => restait persuadé ?

que la plupart avait un fond de vérité => possédait un fond ?

entre toutes, était celle de la Dame Verte, et il rêvait souvent de cette belle dame => répétition de "dame". Soit on vire la seconde ("de cette belle femme", même si ça fait moins époque), soit "et il en rêvait souvent, de cette belle dame, " l'insistance permettant de mieux la faire passer

Pour fouiller ces dernières et trouver l’endroit où la Dame Verte surgissait, souvent un étang, il lui faudrait des années. => point d'exclamation ?

L’engin n’existait qu’à l’état de projet, quelques croquis et une maquette qu’il gardait soigneusement cachée => j'en déduis donc que c'est la maquette qu'il regarde ? Mal amené, pour moi, on ne peut pas être certain. "et cette fameuse maquette, qu'il gardait [d'ordinaire] soigneusement cachée" ?

Ce dernier repéra aussitôt le modèle réduit et s’y intéressa en interrogeant le jeune homme : => toute la fin "en interrogeant..." est inutile, puisqu'on le comprend très bien avec la réplique suivante

Le jeune ingénieur ne put s’empêcher de rougir sous le regard inquisiteur lancé par son père, pris sur le fait, => je déplacerais "pris sur le fait" après "le jeune ingénieur", là on pourrait croire que c'est le père qui est pris sur le fait

Je crois qu’il serait bon que votre fils puisse travailler à ce projet => répétition de projet dans la réplique d'avant ; "puisse travailler à ce prototype" ?

et que ce serait mieux pour lui au château de Joux. » => "et que cela se ferait au mieux au château" ?

Eh bien Victorien, => virgule avant "Victorien"


Pour commencer, je ne vois aucune utilité aux deux premiers paragraphes introductifs. Pour moi, c'est de l'explication de monde qui devrait trouver sa place dans le corps du texte, et d'ailleurs, tu le fais en partie vers la fin, pour parler de la forteresse. Ça faisait même redondance entre les deux, pour moi. À moins qu'on ne parle pas de la même, et alors du coup, ça m'a embrouillée cette intro.
Pour être honnête, je n'ai pas accroché à ces deux paragraphes, d'ailleurs. Ça faisait trop artificiel, et y a pas mal d'aspects dont je me fiche un peu (date de création, par exemple). C'est peut-être important par la suite, mais vraiment, je trouve que ce n'est pas à sa place, limite que c'est une solution de facilité — puisque ça t'évite d'avoir à intégrer ça dans le corps du texte.
En fait, j'aurais pu apprécier cette intro, mais dans un contexte spécifique : si c'était une narration première personne, et que le personnage m'expliquait ça, parce que ça a un rapport avec le contexte. Là, oui. J'attendais vraiment la première personne, et pas la troisième, qui m'a fait assez bizarre.

Sur le début, j'ai moyennement apprécié le procédé "on regarde le jeune homme qui regarde la maquette, voilà, je vous fais sa biographie". Là encore, j'ai trouvé ça "facile", et peu intégré finalement.

L'histoire, en revanche, a l'air intéressante : on va donc partir à la chasse à l'être fantastique, dans un tout nouveau dirigeable. La construction et les soucis afférents seront peut-être aussi une phase importante de la nouvelle.
L'Institut est aussi un concept intéressant, les personnages ont l'air vivants.
De ce point de vue là, je n'ai rien à redire.

En fait, ce qui cloche ici pour moi, c'est que tu as raté ta mise en bouche, ton accroche au lecteur. Du coup, pour raccrocher les wagons dès le début, c'est pas terrible. Pourtant, je le répète, l'histoire a l'air intéressante, mais c'est vraiment sur la forme que tu devrais retravailler ça.

Bon, j'espère ne pas trop t'avoir découragée ^^
Bien évidemment, je lirai la suite quand tu nous la posteras Smile
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Jeu 6 Mar 2014 - 21:17

Merci pour tes commentaires qui m'aident à voir un peu mieux ce qui cloche dans le texte.

Je m'aperçois qu'en voulant respecter un peu trop les contraintes de l'AT dès le début du texte (des créatures mythologiques françaises dans un contexte steampunk et des références historiques), mon début est effectivement un peu indigeste.
Idem pour planter le personnage de Victorien, à revoir aussi en effet.
Tu m'as déjà donné une piste pour orienter ma réécriture, merci.

Au niveau des forteresses, non, ce ne sont pas les mêmes : le début de l'histoire se passe à Besançon, dans la Citadelle (un fort construit par Vauban qui domine la ville) et Victorien va partir travailler au château de Joux, dans le Jura, près de la frontière suisse, un endroit plus isolé.

Contente en tout cas de voir que malgré les défauts sur la forme au début, je ne t'ai pas découragée pour lire la suite, que je posterai dans quelques jours Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Sam 8 Mar 2014 - 14:50

D'autres avis pour aider Abigaelle à améliorer sa nouvelle?

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Sam 8 Mar 2014 - 16:23

Je rejoins l'avis de Morrigan sur les deux premiers paragraphes, beaucoup de mal à les passer pour arriver à lire la suite. C'est dommage.
Le premier m'a fait penser à un cours d'histoire et du coup ça casse d'entrée de jeu le récit.
Je pense qu'il serait tout à fait possible d’éparpiller ces informations tout au long du récit grâce aux point de vue des personnages. Pareil pour la situation du jeune homme. L'arrivée de son père et leur conversation peuvent nous amener des informations sur sa vie en redondance avec ce qu'il dit et ce qu'il ressent.
Ce qu'il m'a manqué c'est de partager son émotion par rapport à sa quête et surtout le pourquoi. pourquoi il s'est amouraché de cette dame verte ? Qu'est-ce qu'il recherche en voulant la trouver ? Sans être obligé d'y répondre tout de suite je pense qu'il serait intéressant déjà d'amener le lecteur à s'interroger la-dessus.

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Sam 8 Mar 2014 - 16:48

Merci beaucoup pour ton avis, ça me confirme que, définitivement, les deux premiers paragraphes sont à supprimer pour distiller les informations au cours du récit, ça fera partie des premières corrections à apporter.

Pour répondre à tes autres questions, ça me semblait apparaître dans le début, il vit dans ses rêves et, à force de lire ou d'entendre les légendes sur la Dame Verte, il en est tombé amoureux d'elle et la cherche parce qu'il a envie d'être avec celle qu'il aime.
Après, expliquer le pourquoi, dans ce contexte, revient pour moi à expliquer pourquoi on tombe amoureux d'une personne, et j'ai tendance à dire que c'est une question à laquelle je ne sais pas répondre, parce que ça relève de l'émotion et pas de la raison.
Je n'ai peut-être pas assez exploré ses émotions dans cette partie, j'espère que ça ira mieux dans la suite à ce niveau-là.

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 10 Mar 2014 - 7:16

Voici la deuxième partie, bonne lecture Smile


Le dirigeable descendait vers l’esplanade dans le brouillard du petit matin. Les filaments de brume qui flottaient dans l’air donnaient à la Citadelle des airs fantomatiques, tandis que le reste de la ville, en contrebas, était à peine visible. Le général Dacier avait choisi de relier le château de Joux par les airs, pour gagner du temps. Quelques ouvriers chargeaient dans les soutes les bagages de Victorien et ses fournitures. Le jeune homme garda avec lui une sacoche de cuir contenant ses plans, la maquette soigneusement emballée, et aussi, bien cachés au fond, deux livres à la reliure élimée, des recueils illustrés de contes et légendes offerts par Charlotte dans son enfance. Il ne s’en séparait jamais et leurs pages étaient usées à force d’avoir été tournées et retournées. Il connaissait par cœur leurs récits, mais prenait plaisir à les relire, y puisant parfois l’inspiration pour ses inventions. Pour son projet de fin d’études, la réalisation d’un automate, il avait choisi la Vouivre, la légende la plus populaire de la région. Il avait façonné une miniature de cette créature au corps de serpent et aux ailes de chauve-souris, à l’unique œil remplacé par une escarboucle en rubis greffée sur son front. Ce travail minutieux lui avait réclamé beaucoup de temps et d’efforts, mais il avait fini par créer une véritable œuvre d’art, capable à la fois de voler dans les airs et de retirer son escarboucle pour boire à l’eau d’une fontaine, comme son célèbre modèle. Charlotte s’était extasiée que son « petiot », comme elle l’appelait depuis l’enfance, ait pu créer une telle merveille en hommage aux légendes franc-comtoises. Son père, plus sceptique à la naissance du projet, avait convenu à sa présentation qu’il avait réalisé un bel ouvrage, admirant surtout la prouesse technique qui faisait voler l’animal ou lui permettait de boire. Si cela n’avait tenu qu’à lui, Victorien aurait tenté de réaliser une vouivre beaucoup plus grande, pour qu’il puisse monter sur son dos et survoler ainsi la région. Il était certain que le projet était réalisable, mais savait aussi qu’il ne plairait pas à son père, ni au général Dacier, qui verraient cela comme un enfantillage. Pour cette raison, il avait choisi de créer le prototype d’une machine volante d’une forme plus conventionnelle, en arrivant à la conception de son dirigeable individuel. Pourtant, la nuit, dans ses rêves, il se voyait souvent chevaucher une vouivre au-dessus des forêts comtoises…
« Alors, mon garçon, prêt au départ ? »
La voix forte du général Dacier le tira brusquement de ses pensées. Victorien salua son père, ne sachant quand il le reverrait car il ignorait combien de temps dureraient la conception et les essais de l’engin, puis se dirigea pour embarquer à bord de la nacelle. Le jeune homme s’installa près de la vitre, en face du militaire, et sentit les vibrations du moteur à vapeur qui se remettait en marche : les engrenages tournaient, laissant entendre leur chanson joyeuse, familière à ses oreilles. Le dirigeable largua ses amarres et s’éleva lentement dans les airs : les murailles de la Citadelle rétrécissaient à vue d’œil, tandis que ses occupants devenaient à peine plus gros que des fourmis. Victorien appréciait de découvrir sa région natale depuis les airs : les forêts verdoyantes formaient un tapis épais qui défilaient sur leurs pieds, parfois troué par une étendue d’eau, un étang ou une rivière où se reflétait le soleil qui perçait au travers des nuages. Le général Dacier laissa son regard vagabonder sur le paysage, avant d’avouer son admiration :
« Votre région est vraiment magnifique, si verte, si boisée…
— Elle doit vous paraître bien différente de Paris ! »
Le militaire eut un petit rire :
« Certes, Besançon n’est pas aussi grande que notre belle capitale, mais je l’apprécie beaucoup, à tel point que ma femme et ma fille vont bientôt venir m’y rejoindre. »
Victorien ne put s’empêcher de s’étonner :
« J’ignorais que vous étiez marié !
— Eh bien je parle peu de ma famille, mais oui, j’ai une épouse et une fille de vingt ans.
— J’espère avoir l’honneur de faire leur connaissance.
— Bien sûr. »
Le général changea de sujet, comme s’il n’avait pas envie de s’y étendre :
« Alors, en combien de temps pensez-vous pouvoir créer un premier prototype ?
— Je vais y consacrer tout mon temps, et j’espère que d’ici deux ou trois semaines, j’aurai pu terminer les plans et construire les premiers éléments.
— Très bien ! Le commandant Fury, qui dirige le château de Joux, me tiendra au courant de votre avancée. Si vous avez le moindre besoin, il me transmettra votre demande.
— Je vous en remercie. »
Le silence retomba sur la nacelle tandis que les deux hommes s’abimaient de nouveau dans la contemplation du paysage qui défilait sous leurs pieds. Grâce aux améliorations apportées par les ingénieurs de l’Institut sur son moteur, la vitesse de l’engin avait été augmentée et le dirigeable ne mettait plus qu’une heure et demi pour couvrir les soixante kilomètres qui séparaient Besançon du château de Joux. Ce dernier apparaissait déjà à leur vue, forteresse solitaire qui dominait les forêts alentours. Victorien ne put s’empêcher de frissonner en pensant aux légendes qui couraient sur l’endroit, et il se demanda s’il croiserait, au détour d’un couloir, les fantômes de Berthe de Joux, condamnée au cachot par son époux, ou des Demoiselles des Entreportes, transformées en pierres pour échapper à leurs fiancés.
Le dirigeable se stabilisa au-dessus d’une esplanade boisée qui recouvrait des bâtiments en partie enfoncés dans le sol. Voyant Victorien détailler les lieux avec curiosité, le général Dacier lui expliqua :
« Nous allons nous poser sur le fort enterré, une des constructions récentes du site. C’est là que nous avons installé les laboratoires les plus secrets. La garnison loge dans les bâtiments que vous voyez au milieu, érigés sous Vauban, et l’état-major et les savants au fond, dans l’ancienne demeure des Sires de Joux.
— C’est là que je m’installerai ?
— Oui, et nous vous avons réservé un des ateliers dans le fort enterré pour construire votre prototype. »
L’équipage avait largué les amarres et, au sol, quelques soldats les avaient rattrapées pour arrimer le dirigeable qui amorçait sa descente vers eux. Victorien ne quittait pas des yeux le dernier bâtiment indiqué par le général, celui où s’étaient déroulées les légendes que Charlotte lui avait racontées sur l’endroit. Le château de Joux, partie intégrante du paysage de la région depuis des siècles, avait donné naissance, au Moyen Âge, à plusieurs récits que la tradition avait colportés au fil du temps. La proximité de la ville de Pontarlier ravissait le jeune homme car les récits locaux évoquaient la présence d’une Dame Verte à ses abords. Celle-ci avait pour habitude, racontait-on, de punir les chenapans qui pillaient les vergers, les ivrognes ou les jeunes gens trop présomptueux, en leur jouant des tours. Victorien savait cependant, grâce à Charlotte, que face à un homme au cœur pur, une Dame Verte se montrait bienveillante, et il se souvenait des chevaliers comblés d’amour par ces belles fées à la robe verte.
La voix du général Dacier tira le jeune homme de sa rêverie et il se leva pour suivre l’officier hors de la nacelle. À l’extérieur, un gradé les attendait : l’homme, grand et sec, avait une cinquantaine d’années, des favoris et une courte barbiche poivre et sel. Tout dans son attitude montrait le militaire de carrière qui avait passé sa vie au sein de l’armée. Le général fit les présentations :
« Victorien, voici le commandant Fury, qui dirige le fort. Commandant, voici Victorien Larchet qui vient, comme je vous l’ai annoncé, travailler ici sur son nouveau projet. »
Les deux hommes se serrèrent la main, puis le commandant annonça au général :
« Tout a été préparé selon vos instructions, mes hommes vont décharger le dirigeable et tout installer. »
Le jeune homme indiqua quels bagages apporter dans sa chambre et le reste des malles et des sacs prit le chemin du fort enterré. Victorien suivit les deux officiers jusqu’à la bâtisse et découvrit bientôt sa chambre, une vaste pièce ancienne dont les fenêtres donnaient sur les forêts environnantes. Il les observa un instant, rêvant déjà des moments où il pourrait quitter ces murs pour aller s’y promener pendant ses jours de repos. Il redescendit dans la salle commune où le général donnait ses dernières consignes au commandant, avant de conclure à l’attention de Victorien :
« Voilà mon garçon, vous êtes à pied d’œuvre maintenant ! J’attends un point de votre avancée à la fin de la semaine.
— Je n’y manquerai pas !
— Si vous avez envie d’aller à Pontarlier ou de vous promener dans les environs pendant vos moments de repos, dites-le au commandant et un de ses hommes vous accompagnera. »
Le jeune homme réprima une grimace à cette nouvelle : il n’appréciait guère de se retrouver avec un garde-chiourme dans les pattes, qui risquait de faire échouer son projet de découvrir enfin la Dame Verte. Cependant, il ne pouvait le montrer et se contenta d’acquiescer, se promettant de réfléchir au moyen de se débarrasser de l’importun le moment venu. Pour l’heure, il prit congé du général Dacier pour aller découvrir son nouveau lieu de travail. Tandis que Victorien suivait le commandant Fury dans les entrailles du fort enterré, le général regagnait Besançon à bord du dirigeable.

Trois semaines s’étaient écoulées.
Victorien avait rapidement pris possession de son nouvel atelier. Le jeune homme déplorait le fait qu’il soit enterré et ne comporte pas de fenêtre pour voir le jour, mais à part ce point, l’endroit était suffisamment vaste pour y travailler à son aise. Trois assistants lui avaient été affectés pour l’aider dans ses travaux et, après la réalisation de différents plans, la réalisation des pièces qui allaient composer l’engin venait de débuter. Victorien, après quelques réflexions et une discussion avec le général revenu aux nouvelles au bout de deux semaines, avait décidé de créer un prototype capable de transporter deux personnes. La taille du ballon serait un peu plus importante, mais pas de façon excessive, et cela permettait d’emmener un observateur en plus du pilote, ce qui constituait un nouvel atout pour l’appareil. En revanche, le jeune homme était contrarié car il avait appris qu’il ne participerait pas lui-même aux premiers essais pour éviter, en cas d’accident, qu’il soit blessé, ou pire. Le général Dacier ne voulait pas prendre ce risque, ne pouvant envisager une telle option tant que l’appareil n’était pas terminé et au point. Victorien se promettait toutefois de convaincre son commanditaire d’effectuer au moins quelques vols ensuite, ce qu’il estimait amplement mérité s’il arrivait à faire décoller son invention. Cette idée l’enchantait d’autant plus que, comme passager, il pourrait plus facilement observer ce qui se passait au sol.
La nuit était tombée et la pleine lune brillait haut dans le ciel. Victorien n’arrivait pas à dormir, excité par le fait que, le lendemain, un dimanche, il allait pouvoir profiter de son jour de repos pour explorer les forêts alentours. Sous ses yeux, l’épaisse forêt avait pris une couleur argentée, mais formait toujours une masse compacte, et il ne savait toujours pas où diriger ses recherches. Soudain, le jeune homme sursauta : au loin, dans une petite trouée à quelques kilomètres du château, il lui semblait voir une faible lueur verte qui émanait des arbres. Le cœur battant, Victorien fouilla sur son bureau pour y trouver sa longue-vue, qu’il pointa sur l’endroit. Malheureusement, la végétation l’empêchait de voir ce qui pouvait provoquer cette lumière, mais le jeune ingénieur ne perdit pas de temps : il se saisit d’une boussole pour déterminer la direction exacte de l’endroit, qu’il nota, ainsi que la distance approximative entre la clairière et le château. La lueur s’éteignit brusquement, à sa grande déception, et il resta là à fixer les lieux, espérant la voir réapparaître. Après une heure de vaine attente, il sentit le sommeil s’emparer de lui et se résigna à aller se coucher, à la fois déçu et excité.

Le dirigeable volait au-dessus de l’épaisse forêt, projetant son ombre sur la cime des arbres. Assis sur le siège du passager, Victorien observait avec émerveillement les alentours qui défilaient sous ses pieds. Un soldat pilotait l’appareil qui se révélait aussi maniable qu’il l’avait imaginé. Leur vol se déroulait au-dessus du château de Joux, qui restait leur point de repère. Soudain, le jeune homme aperçut une trouée dans la forêt et il réalisa, en sortant sa boussole de sa poche, qu’il devait s’agir de celle où était apparue l’étrange lueur verte. Il demanda au pilote de se diriger vers l’endroit, le fixant avec une excitation accrue : il découvrit bientôt qu’il s’agissait d’une clairière au centre de laquelle s’étendait un petit étang, et il lui sembla apercevoir une silhouette furtive passer de la rive au couvert. Le cœur battant, Victorien s’efforça de relever la distance entre le château et la clairière, se promettant d’y revenir à pied dès son prochain jour de repos, persuadé d’avoir trouvé ce qu’il cherchait.
Soudain, alors que le dirigeable faisait demi-tour pour repartir vers le fort, une brusque rafale de vent s’empara de l’engin qui perdit sa stabilité et se mit à chuter vers le sol…

Victorien s’éveilla en sursaut, le cœur battant, et regarda autour de lui : il réalisa qu’il était dans sa chambre et qu’il avait dû rêver. Il s’assit dans son lit et soupira : tout lui avait paru si vrai, il avait cru sentir le vent dans ses cheveux, l’ivresse d’être au-dessus du sol. Les images de la clairière lui revinrent à l’esprit et il se leva d’un bond, gagnant la fenêtre : il revoyait encore la direction apparue sur sa boussole dans le songe, la même que lorsqu’il avait aperçu la lueur verte. La distance lui revint aussi à l’esprit et il constata que c’était la même également : ce ne pouvait être une coïncidence. Il gagna son bureau et alluma la lampe, avant de sortir de son tiroir une carte d’état-major de la région : il y avait fait quelques repérages depuis les remparts, mais rien de bien concluant jusqu’à présent. En reportant sur la carte ses dernières mesures, il découvrit que l’endroit qu’elles indiquaient était un point d’eau au cœur de la forêt, et que tout semblait donc correspondre. Victorien sut alors où il allait passer son dimanche, convaincu d’avoir enfin une piste sérieuse. Il retourna se coucher, mais l’excitation qu’il ressentait l’empêcha de se rendormir immédiatement.

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 10 Mar 2014 - 18:25

Le général Dacier avait choisi de relier le château de Joux par les airs => "de rallier" me semble plus correct

Quelques ouvriers chargeaient dans les soutes les bagages de Victorien et ses fournitures => hmm léger souci de temps, je trouve : à peine trois phrases plus haut, on dit que le dirigeable est en train de descendre, puis courte description, et là il est à terre et les ouvriers ont déjà commencé à charger ? Ça me paraît fort rapide (déjà que j'ai cru qu'ils étaient à bord à la première phrase ^^)

Le jeune homme garda avec lui une sacoche de cuir contenant ses plans, => "conserva" ?

Victorien salua son père => j'aimerais bien une précision sur là où il est, genre "son père, à quelques pas / resté sur le quai", parce qu'on ne l'a pas du tout mentionné jusque-là

Victorien salua son père, ne sachant quand il le reverrait car il ignorait combien de temps dureraient la conception et les essais de l’engin, => j'avoue bloquer un peu sur "ne sachant quand il le reverrait car il ignorait", ça fait redondant finalement, et la construction surtout ne me plait pas. Je mettrais un point après "quand il le reverrait. En effet, il ignorait..."

puis se dirigea pour embarquer à bord de la nacelle. => vu que rien ne vient l'arrêter, je suggère d'alléger : "puis embarqua à bord de la nacelle". Pour moi, ce procédé de démarquer l'intention de l'action n'est bon que si une action ou un pensée vient couper les deux. Sinon, autant aller à l'essentiel, c'est plus agréable

Citation :
Le jeune homme s’installa près de la vitre, en face du militaire, et sentit les vibrations du moteur à vapeur qui se remettait en marche : les engrenages tournaient, laissant entendre leur chanson joyeuse, familière à ses oreilles. Le dirigeable largua ses amarres et s’éleva lentement dans les airs : les murailles de la Citadelle rétrécissaient à vue d’œil, tandis que ses occupants devenaient à peine plus gros que des fourmis. Victorien appréciait de découvrir sa région natale depuis les airs : les forêts verdoyantes formaient un tapis épais qui défilaient sur leurs pieds, parfois troué par une étendue d’eau, un étang ou une rivière où se reflétait le soleil qui perçait au travers des nuages.
Trois phrases, trois fois deux points. Ça fait beaucoup, il vaudrait mieux en retirer un, voire deux. Clairement, le second est dispensable, et le troisième peut sauter aisément aussi

les forêts verdoyantes formaient un tapis épais qui défilaient sur leurs pieds => "sous leurs pieds", non ?

L’équipage avait largué les amarres => "'larguer" c'est pour dire qu'on prend le large ^^ Tu es certaine que ça marche aussi pour l'arrimage ? Sinon "avait lancé les amarres" irait je pense

La proximité de la ville de Pontarlier ravissait le jeune homme car les récits locaux => virgule avant "car"

et il se souvenait des chevaliers comblés d’amour par ces belles fées à la robe verte. => peut-être trouver un autre adjectif de couleur que "verte", pour varier et pour donner une autre couleur (aha, c'est le cas de le dire) ?

La voix du général Dacier tira le jeune homme de sa rêverie et il se leva pour suivre l’officier hors de la nacelle. => rajouter ce que dit le général ? "La voix du général Dacier l'invitant à descendre", par exemple ?

Tout dans son attitude montrait le militaire de carrière => "dénotait/indiquait le militaire" ?

qui vient, comme je vous l’ai annoncé, travailler ici sur son nouveau projet. »
Les deux hommes se serrèrent la main, puis le commandant annonça au général :

Voilà mon garçon => virgule après "voilà"

J’attends un point de votre avancée => "sur votre avancée" ?

et, après la réalisation de différents plans, la réalisation des pièces qui allaient composer l’engin venait de débuter => "celle des pièces" ? pour éviter la répétition

il allait pouvoir profiter de son jour de repos pour explorer les forêts alentours. Sous ses yeux, l’épaisse forêt

Sous ses yeux, l’épaisse forêt avait pris une couleur argentée, mais formait toujours une masse compacte, et il ne savait toujours pas où diriger ses recherches

Il demanda au pilote de se diriger vers l’endroit, le fixant avec une excitation accrue => tu as déjà deux fois "excité" dans le paragraphe précédant, ce serait bien de varier

Il retourna se coucher, mais l’excitation qu’il ressentait l’empêcha de se rendormir immédiatement. => itou


Quelques remarques : je varierais un peu le terme "vert" donc, je pense que ça gagnerait à parler d'autres nuances.
Je note aussi que nous n'avons aucune description physique de Victorien, pour l'instant. Mine de rien, ce serait bien. Je trouve aussi que ça manque un peu de descriptions des intérieurs, on a pas vraiment d'ambiance visuelle de ce côté-là ; seules les forêts ont droit à une insistance.

Sinon, pas de souci de structure, à présent. Maintenant que l'histoire est lancée, tu maîtrises, donc ça va Smile
En termes de scénario : il va évidemment tenter de trouver la clairière le lendemain. Est-ce qu'il va y arriver, ça... Et si oui, que va-t-il y trouver ? Je m'attends à une déception, qu'il n'y aura rien ; cette fois en tout cas.
Je pense qu'il trouvera sa Dame avant la fin, mais sera-t-elle comme il l'espère, j'en doute ^^ Je verrai bien.

Vala, rien de plus à redire, c'est plaisant et j'attends la suite Smile
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 10 Mar 2014 - 18:37

Merci pour tes corrections, effectivement, j'ai laissé passer des erreurs et des répétitions, plus qu'à modifier tout ça maintenant.

Contente de voir que les soucis de structure du début sont passés et que l'histoire va mieux maintenant.
Pour la suite, ce sera dans quelques jours, je te laisse la surprise sur ce qui va arriver dans la forêt Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mer 12 Mar 2014 - 0:01

Bon, je commente la première partie.

"particulièrement Paris qui avait accueilli en 1900 l’Exposition Universelle"
Manque une virgule, surtout avec la longueur de phrase avant.

" La Citadelle, comme tout le monde l’appelait dans la région, avait abandonné une partie de ses locaux militaires pour accueillir l’Institut des Nouvelles Technologies. Celui-ci réunissait, sous la direction de Fernand Larchet, les meilleurs ingénieurs issus du Laboratoire de Chronométrie. Ce dernier, créé en 1901, accueillait les élèves les plus doués sortis de l’Ecole Municipale d’Horlogerie, elle-même fondée en 1862. "
La construction du paragraphe est un peu lourde. Ca fait "machin qui contient machin où travaillent bidules et trucs, qui viennent de machins, et avant venant de machin."

"Ce savoir-faire en horlogerie avait donné à Besançon une réputation enviée qui attirait aussi des convoitises."
Le "enviée" est de trop je trouve.

"et que ce serait mieux pour lui au château de Joux."
La tournure est bizarre. Un truc comme "qu'il serait mieux au chateau de Joux" me semble mieux.

Sinon, je n'ai pas de problème avec la manière dont l'histoire est gérée, sauf peut-être les explications au début qui sont un peu parachutées. Sincèrement, c'est un peu lourd. ^^
A part ça, le cadre est assez original, et l'histoire, sans être novatrice, donne envie de lire la suite.

Sur ce, je vais dormir moi. ^^

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mer 12 Mar 2014 - 7:12

Merci de tes commentaires, Hardkey, ça fait plaisir de te revoir un peu parmi nous  Very Happy 

Bon, clairement, la première partie avec les explications est à supprimer pour les distiller au fur et à mesure dans le reste du texte, de façon plus subtile Wink

Pour le cadre, j'avais justement envie de m'éloigner des histoires qui se déroulent souvent à Paris, et de rendre hommage à ma Franche Comté natale, dont certains lieux se prêtent bien à ce que j'avais en tête.

Contente que tu aies envie de lire la suite, merci ^^

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mer 12 Mar 2014 - 18:39

Et le commentaire de la suite.

"Victorien salua son père, ne sachant quand il le reverrait car il ignorait combien de temps dureraient la conception et les essais de l’engin"
Après reverrait, le reste de la phrase est superflu.

"Victorien appréciait de découvrir sa région natale depuis les airs"
Découvrir ne me semble pas approprié, vu son poste et ses qualifications, il a déjà du survoler la Franche Comté.

" un étang ou une rivière où se reflétait le soleil qui perçait au travers des nuages."
Répétition de "ou" pas très esthétique.

"— Elle doit vous paraître bien différente de Paris !"
Il ne devrait pas plutôt dire que ça doit le changer de Paris?

"les deux hommes s’abimaient de nouveau dans la contemplation du paysage qui défilait sous leurs pieds."
"qui défilait sous leurs pieds" est superflu.

"Le château de Joux, partie intégrante du paysage de la région depuis des siècles, avait donné naissance, au Moyen Âge, à plusieurs récits que la tradition avait colportés au fil du temps."
La tournure "avait donné naissance" me semble bizarre. Je verrais plus un truc dans le genre de "avait été le cadre", parce que ce n'est pas le chateau en lui même qui donne naissance aux histoires.

"le militaire de carrière qui avait passé sa vie au sein de l’armée."
Répétition de sens, la partie après "carrière" est superflue.

"Le jeune homme indiqua quels bagages apporter dans sa chambre et le reste des malles et des sacs prit le chemin du fort enterré. Victorien suivit les deux officiers jusqu’à la bâtisse et découvrit bientôt sa chambre, "
Répétition de "chambre".

"après la réalisation de différents plans, la réalisation des pièces qui allaient composer l’engin venait de débuter."
Répétition de "réalisation"

"une discussion avec le général revenu aux nouvelles au bout de deux semaines"
Le général ne devait pas le voir à la fin de la semaine?

Ca avance pas mal, pas trop vite, un peu lentement même. Surtout que la prochaine partie est la dernière de ce que j'ai compris. J'attends de voir comment tu vas conclure tout ça, mais la lecture était agréable et sans gros problème de style ou de construction scénaristique. Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mer 12 Mar 2014 - 19:00

Merci pour tes commentaires sur cette partie, j'ai effectivement fait pas mal de répétitions cette fois-ci, à corriger.

Non, il reste encore deux parties à cette nouvelle, elle fait 16 pages en interligne 1,5, donc pour éviter les pavés, je l'ai séparée en quatre.
Je laisse un peu de temps aux autres lecteurs et je posterai la troisième partie avant la fin de la semaine Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Jeu 13 Mar 2014 - 19:26

Et voilà la suite (mais pas encore la fin, ce sera pour la semaine prochaine Wink)

Bonne lecture Smile



En fin de matinée, Victorien demanda au commandant Fury la permission de quitter le château pour profiter de son jour de repos. Comme il l’espérait, Victorien reçut la même escorte que les dimanches précédents, un jeune soldat natif de la région prénommé Charles. Ce dernier quittait le fort dès qu’il en avait l’occasion pour aller conter fleurette à Marie, sa fiancée, qui vivait au village au pied de l’éperon. Victorien savait que Charles irait retrouver la jeune fille et le laisserait se promener seul en forêt, lui donnant rendez-vous quelques heures plus tard. De cet arrangement - qu’ils cachaient évidemment à l’officier - le jeune ingénieur gagnait des moments de liberté et s’assurait la complicité du soldat en l’aidant à voir plus souvent sa fiancée.
Les deux hommes s’éloignèrent ensemble vers l’orée de la forêt. Un peu plus loin sous le couvert se trouvait un endroit naturellement abrité des regards par l’épaisseur des buissons : c’était là que Marie se dissimulait pour attendre son amoureux. Laissant les jeunes gens ensemble, Victorien poursuivit sa route, promettant de revenir six heures plus tard. Il avait emporté dans sa sacoche du pain, du fromage et des fruits pour manger en cours de route, car il avait calculé qu’il lui faudrait environ deux heures de marche pour atteindre le point où était apparue la lueur verte, celui qu’il avait revu en rêve ensuite. Il marcha d’un bon pas, l’esprit déjà plein de rêve à l’idée de ce qu’il allait trouver dans cette clairière. Quand il y parvint enfin, il s’arrêta à l’orée et s’assit quelques minutes sur une pierre plate, prenant le temps d’avaler sa collation avant de se mettre à ses recherches. Il fit le tour de l’étang, guettant le moindre indice d’une présence aux alentours : des traces de pieds nus apparaissaient dans la terre meuble des rives et le cœur du jeune homme s’accéléra à cette vue. Elles disparaissaient dans la végétation, mais des herbes écrasées ici et là lui permirent de suivre la piste jusqu’à l’entrée d’une grotte en partie dissimulée par un rideau de végétation. Victorien pensa qu’il ne pouvait y avoir de meilleure cachette pour une Dame Verte et il s’avança sur le seuil pour l’explorer : une épaisse obscurité régnait à l’intérieur, l’empêchant de voir à quelques pas. Le jeune homme sortit de sa sacoche une longue lampe en forme de tube, sur le côté de laquelle un système d’engrenages faisait varier l’intensité du faisceau lumineux, une invention d’un de ses camarades de l’Institut. Victorien régla le rayon pour qu’il n’éclaire pas de façon trop agressive ce qui se trouvait à l’intérieur de la grotte : un animal sauvage pouvait y avoir élu domicile, le surprendre en l’aveuglant se révélerait une très mauvaise idée. L’ingénieur fit quelques pas dans la cavité en promenant lentement le faisceau autour de lui, sur les parois et vers le fond toujours plongé dans l’obscurité. Il se demanda quelle profondeur faisait l’endroit, car il ne parvenait pas à en distinguer le fond. Il avançait à pas prudents, prenant garde où il mettait les pieds car le sol irrégulier était humide et il pouvait glisser à tout moment. Victorien trouva l’environnement idéal pour abriter une Dame Verte, qui aimait l’eau au point d’y plonger régulièrement ceux qu’elle décidait de punir. Il se souvenait de la légende des collégiens de Pontarlier, qui avaient pillé un poirier dans un jardin et dont l’un d’eux avait clamé qu’il n’avait pas peur de la Dame Verte, la défiant. Cette dernière, pour lui donner une leçon, l’avait entraîné à cloche-pied avant de le jeter dans l’étang ; heureusement pour lui, la Dame n’était pas cruelle et elle l’avait sorti de l’eau avant qu’il ne se noie, se contentant ainsi de lui donner un avertissement.
Victorien sursauta, brusquement tiré des pensées où l’avait entraîné son esprit : il lui semblait qu’au fond de la grotte brillait à présent une étrange lueur verte, comme celle qu’il avait aperçue la nuit précédente. Il détourna le faisceau de sa lampe et découvrit qu’il n’avait plus besoin d’elle pour y voir suffisamment. Il l’éteignit et continua d’avancer vers la lumière, à la fois plein d’espoir et d’appréhension face à ce qu’il allait trouver dans les profondeurs de la caverne. Il passa un coude et s’arrêta net, écarquillant les yeux face à la salle où il se trouvait désormais : des émeraudes incrustaient les parois, projetant autour d’elles une lumière surnaturelle, et Victorien les supposa magiques. Revenu de sa surprise, le jeune homme s’approcha d’une paroi jusqu’à pouvoir la toucher. Il effleura du bout des doigts les émeraudes étincelantes et sursauta : alors qu’il s’attendait à les trouver brûlantes à cause de la lumière qu’elles dégageaient, elles étaient aussi froides que le reste de la pierre. Victorien y vit une nouvelle preuve de magie et les battements de son cœur s’accélérèrent : cette fois-ci, il en était sûr, il touchait à son but et n’avait plus qu’à attendre que la Dame Verte se manifeste. Il fit lentement le tour de la salle en frôlant les murs avec délicatesse : il aurait pu essayer de détacher une émeraude car elles ne paraissaient pas profondément incrustées, mais ce geste reviendrait à voler sa propriétaire et risquer d’encourir ses foudres, et Victorien s’y refusait. Comment espérer séduire la Dame s’il se comportait comme le dernier des voyous ?
Le jeune homme sentit soudain une présence derrière lui : il se retourna d’un bloc et se trouva face à une belle jeune femme aux longs cheveux roux, vêtue d’une robe verte de velours et de dentelle. Le cœur battant, Victorien l’admirait, n’osant plus bouger, de peur de la voir s’évanouir au moindre geste maladroit de sa part. Ils se fixèrent en silence, puis la Dame Verte prit la parole, d’une voix à la fois douce et assurée :
« Bonjour Victorien. »
Le jeune homme sursauta, avant d’écarquiller les yeux en balbutiant :
« Co… comment connaissez-vous mon nom ?! »
La Dame sourit de plus belle et reprit :
« Je sais tout de toi. J’ai sondé ton esprit à l’instant où tu as mis le pied dans ma clairière, et ce que j’y ai lu m’a plu, c’est pourquoi je t’ai permis de découvrir l’entrée de mon domaine. »
Victorien ne put s’empêcher de se retourner vers la partie d’où il venait :
« Parce que d’habitude, elle est cachée ?
— Bien sûr, je n’ai pas envie que n’importe qui vienne me déranger ou me voler mes belles pierres.
— Je pourrais le faire.
— Mais non, je le lis en toi, tu es honnête et tu ne ferais jamais une chose pareille. De toute façon, tu sais comment mes sœurs et moi agissons quand on provoque notre courroux ! »
L’ingénieur acquiesça : bien évidemment, il ne ferait rien d’aussi stupide que de défier l’une d’elles, car il savait ce qu’il risquait. Il reprit, toujours curieux :
« Pourquoi moi, alors ?
— N’était-ce pas ton vœu le plus cher, me rencontrer ? En ces temps dominés par l’essor de la technique, bien rares sont ceux qui croient encore en nous.
— Et pourtant, vous existez bien ! »
La Dame Verte soupira avant d’avouer, une note de tristesse dans sa voix :
« Oui, mais nous rencontrons de moins en moins les hommes, car à cause des progrès de la science, ils ont oublié notre existence. Si une vouivre traverse le ciel, vos savants n’y voient qu’une météorite. La moindre de nos apparitions est déformée pour lui trouver une explication rationnelle, car les hommes de cette époque ont oublié les croyances de leurs ancêtres. »
Victorien hocha la tête, comprenant ce qu’elle voulait dire : son propre père était un scientifique pur et dur, qui ne croyait pas aux légendes de la région. Pourtant, le jeune homme était persuadé qu’il y avait tant à apprendre d’elles et qu’un monde où modernité et traditions vivraient de pair était possible. Malheureusement, la course des hommes vers toujours plus de technologie leur faisait oublier le surnaturel. Il finit par soupirer :
« Qu’y puis-je ?
— Pas grand-chose, hélas, un homme seul ne peut tout changer. Mais si tu fais en sorte que les légendes survivent, qu’on continue à les raconter, alors tout n’est pas perdu et nous continuerons à exister. »
Victorien fixait la Dame : elle lui paraissait si belle, avec ses longs cheveux et son visage aux traits fins, éclairé par de grands yeux verts aussi éclatants que ses émeraudes. Jamais encore il n’avait vu une telle femme, et il se disait qu’il avait eu raison d’y croire et de la chercher. Pourtant, à sa grande surprise, il la vit secouer la tête avec un air triste sur le visage :
« Non mon garçon, je ne suis pas celle qu’il te faut. »
L’ingénieur sursauta en réalisant qu’elle lisait dans ses pensées et qu’elle le rejetait. Il répliqua vivement, un air blessé sur le visage :
« Comment pouvez-vous le savoir ? Vous ignorez depuis combien de temps je vous cherche !
— Oh si je le sais, je lis en toi comme dans un livre ouvert. Mais si j’apprécie que tu croies en nous et que tu aies désiré me rencontrer, je regrette que cela t’ait aveuglé au point d’ignorer ce qui t’entoure. Je ne suis pas une femme pour toi, je ne suis qu’une créature de légende, qui aime profiter de la vie et la célébrer.
— En quoi n’êtes-vous pas pour moi, alors ?
— Je ne suis qu’un rêve, une femme qui ne vieillit jamais malgré le temps qui passe : dans des dizaines d’années, j’aurai toujours le même visage, alors que tu seras devenu un vieil homme… Non, Victorien, cesse de m’idéaliser et regarde autour de toi, tu y trouveras une femme bien plus digne de ton amour. »
La déception poignardait le cœur du jeune homme, qui ne pouvait croire qu’après avoir touché à son but, il s’en éloignait aussitôt. Victorien finit par soupirer, abattu :
« Alors vous ne voulez pas de moi ?
— Pas de la façon dont tu l’entends, non. Mais si tu as envie de revenir me voir pour que je te raconte quelques unes de mes aventures, tu seras le bienvenu. Toutefois, tu ne devras rien attendre d’autre de moi. »
L’ingénieur se dit que c’était mieux que rien, et il acquiesça finalement :
« Très bien, j’accepte.
— Parfait, alors reviens me voir à ta prochaine journée de repos, car je crois qu’il est déjà l’heure que tu repartes. »
Victorien sursauta à ces mots et sortit son montre à gousset de sa poche : l’heure de retrouver Charles approchait à grands pas et il devait se dépêcher pour ne pas alarmer le soldat. Si ce dernier donnait l’alerte, inquiet de ne pas le voir revenir, c’en serait fini de ses escapades. Le jeune homme prit donc congé de la Dame Verte et repartit d’un bon pas vers le lieu du rendez-vous. Heureusement pour lui, bien trop occupé à conter fleurette à Marie, Charles n’avait pas vu l’heure et ne s’était pas inquiété. Les deux hommes reprirent ensemble le chemin du château, tout aussi satisfait l’un que l’autre de leur journée.
De retour dans sa chambre, Victorien s’arrêta devant sa fenêtre et jeta un coup d’œil du côté de l’étang près duquel s’élevait la grotte de sa belle amie. Bien sûr, il était très déçu qu’elle ait repoussé son amour, mais il gardait un espoir : elle ne lui avait pas interdit de la revoir, et peut-être qu’à force de patience, il parviendrait à la faire changer d’avis.

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Ven 14 Mar 2014 - 20:49

De cet arrangement - qu’ils cachaient évidemment à l’officier - le jeune ingénieur gagnait des moments de liberté => normalement, les tirets ne sont pas les bons, ce devrait être ceux-là : – (alt+0150).

Un peu plus loin sous le couvert se trouvait un endroit naturellement abrité des regards par l’épaisseur des buissons => je mettrais bien "sous le couvert" entre virgules

Elles disparaissaient dans la végétation, [...] jusqu’à l’entrée d’une grotte en partie dissimulée par un rideau de végétation

sur les parois et vers le fond toujours plongé dans l’obscurité. Il se demanda quelle profondeur faisait l’endroit, car il ne parvenait pas à en distinguer le fond

Victorien trouva l’environnement idéal pour abriter une Dame Verte, => je mettrais "jugea l'environnement" ; avec "trouver" j'ai hésité un instant, pensant qu'il avait trouvé un autre endroit plus propice (et au lieu de "qui" ensuite, je mettrais "laquelle", ça me paraît mieux)

Il se souvenait de la légende des collégiens de Pontarlier, qui avaient pillé un poirier dans un jardin et dont l’un d’eux avait clamé qu’il n’avait pas peur de la Dame Verte, la défiant. => je ne pense pas que "la défiant" soit nécessaire : c'est implicite, ça se comprend très bien et ça allègerait de l'enlever

Cette dernière, pour lui donner une leçon, l’avait entraîné à cloche-pied avant de le jeter dans l’étang => quel étang ? "dans un étang", plutôt

Victorien sursauta, brusquement tiré des pensées où l’avait entraîné son esprit : il lui semblait qu’au fond de la grotte brillait à présent une étrange lueur verte, => je mettrais un point plutôt que deux

il aurait pu essayer de détacher une émeraude car elles ne paraissaient pas profondément incrustées, mais ce geste reviendrait à voler sa propriétaire et risquer d’encourir ses foudres, et Victorien s’y refusait. => Le dernier "et" passe mal, pour moi, tu gagnerais à soit mettre un point, soit "or"

il se retourna d’un bloc et se trouva face à une belle jeune femme aux longs cheveux roux, vêtue d’une robe verte de velours et de dentelle => j'aurais mis "en velours et dentelles"

Bonjour Victorien. => virgule après "bonjour"

Victorien ne put s’empêcher de se retourner vers la partie d’où il venait : => vers l'endroit/le chemin d'où il venait ?

car à cause des progrès de la science, ils ont oublié notre existence. [...] car les hommes de cette époque ont oublié les croyances de leurs ancêtres. »

Non mon garçon, je ne suis pas celle qu’il te faut. » => virgule après "non"

Victorien sursauta à ces mots et sortit son montre à gousset de sa poche => sa montre


Pas grand-chose à redire, du coup. Je m'attendais vraiment à ce qu'il fasse choux blanc au premier coup, parce que la Dame l'aurait observé avant de se dévoiler. Je trouve ça un peu facile, en fin de compte, mais l'intérêt du texte semble maintenant se déplacer vers l'acceptation ou non de Victorien par la Dame.
Le refrain sur "les hommes oublient les légendes de leurs ancêtres" était un peu cliché, aussi, même si c'est tout à fait vrai, mais j'aurais aimé peut-être plus de variation là-dessus.
J'ai bien aimé la combine pour être tranquille, par contre ^^
Victorien réagit en tout cas comme un jeune homme, plein de fougue mais qui ne connait pas tout de la vie, alors que la Dame fait sérieuse, sage, ancienne. Ce côté double ressort bien et est intéressant pour la poursuite de l'histoire.
Je me demande si elle ne serait pas capable d'amener une jeune fille (rousse habillée en vert ? ^^) au bord de l'étang, une fille qui croirait dans les légendes, et comme ça, hop ! le Victorien est casé Very Happy

Bon, j'arrête mes plans foireux et j'attends la suite et fin ^^
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Ven 14 Mar 2014 - 21:25

Merci pour tes commentaires et tes corrections, je vois que j'abuse des répétitions maintenant, il va falloir que je corrige ça Smile

Je me souviens que tu avais évoqué ta supposition qu'il fasse chou blanc au premier coup, c'est vrai que j'aurais pu un peu allonger sa recherche, mais la nouvelle commençait à déjà être assez longue, donc j'ai un peu sabrer sur cette phase, j'avoue.
Mais comme je n'aurai plus de contraintes de taille pour la réécriture, je vais pouvoir l'allonger un peu et faire durer le suspense Wink

Quant à la fin... la suite au dernier épisode, la semaine prochaine (et non, je ne dirai rien, même sous la torture d'une hache-tronçonneuse  Evil or Very Mad )

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 17 Mar 2014 - 8:53

Et voilà la suite et fin, bonne lecture Very Happy


Ainsi commença pour Victorien une existence un peu particulière, qui n’était pas sans lui rappeler « la morte amoureuse » de Théophile Gautier et la double vie de son héros. Toute la journée, il travaillait sur son projet, avançant peu à peu dans la construction du premier prototype, et les premiers essais approchaient à grands pas. La nuit, il vivait dans un autre monde, rêvant de la Dame Verte et des autres créatures de légende de la région, et le dimanche, il se précipitait pour la retrouver dans sa caverne. Charles continuait de jouer les complices tout en voyant Marie : le soldat pensait que l’ingénieur avait dû se trouver une amoureuse lui aussi et il l’aidait à garder le secret. Cependant, Victorien ne pouvait s’empêcher d’être déçu, car la Dame Verte, malgré les efforts qu’il déployait, ne lui témoignait toujours que de l’amitié : même si elle semblait apprécier sa compagnie, elle ne voyait en lui qu’un ami et rien de plus. Le jeune homme sentait bien que, s’il faisait une insinuation, la Dame se fermait. Il oscillait entre la déception et l’espoir, bien que ce dernier lui paraisse de plus en plus vain.

Enfin, un dimanche, il se rendit à son rendez-vous habituel le cœur gros, même s’il s’efforçait de masquer ses sentiments. Lorsqu’il parvint à la grotte où l’attendait son amie, celle-ci remarqua aussitôt son humeur :
« Qu’est-ce qui ne va pas ? »
Victorien soupira, certain qu’elle connaissait déjà la réponse, puisqu’elle lisait dans ses pensées, mais qu’elle voulait l’entendre de sa bouche. Il avoua, la gorge nouée :
« Les essais de ma machine sont terminés, je vais la présenter mardi, et je devrai ensuite retourner à Besançon… »
L’idée de ne plus la revoir, de perdre ces moments précieux passés avec elle, lui serrait la poitrine. Malheureusement, la réaction de la Dame ne fut pas celle qu’il espérait :
« D’une certaine façon, c’est une bonne chose… »
Le jeune homme releva brusquement la tête, éberlué : ainsi, l’annonce de son départ ne lui faisait pas plus de peine que cela ? Il eut l’impression d’être trahi et sentit les larmes lui monter aux yeux. Voyant son amertume, la Dame Verte se radoucit et s’approcha de lui, posant la main sur son épaule :
« Ne crois pas que ton départ me laisse indifférente, j’apprécie vraiment ta présence. Mais malgré ce que je t’avais demandé, je sais que tu continues de vivre dans tes rêves en occultant la réalité, et ce n’est pas ce que je souhaite. »
Victorien comprit que depuis toutes ces semaines, elle n’était pas dupe et savait qu’il continuait à espérer, mais qu’elle l’avait tout de même laissé revenir. Elle se retourna vers la paroi la plus proche et passa la main dessus, s’arrêtant sur une émeraude qui brilla plus vivement : celle-ci se détacha du mur en dégageant une forte lueur. La Dame referma sa main sur elle quelques secondes, et le jeune homme vit la pierre perdre peu à peu de son intensité entre ses doigts. Quand elle rouvrit la main, Victorien découvrit dans sa paume que la pierre précieuse était désormais sertie dans un pendentif relié à une chaîne d’or. En souriant, la Dame lui tendit le bijou :
« Je t’offre ceci en souvenir de moi, mais je veux que tu me fasses une promesse en échange. »
Le jeune homme fixait le bijou, fasciné par la beauté de l’objet car le pendentif d’or était finement ciselé ; il finit par hocher la tête, ne pouvant que répondre :
« Tout ce que vous voudrez…
— Tu vas prendre ce bijou, mais il n’est pas pour toi. »
Victorien fronça les sourcils, de plus en plus perplexe :
« Pour qui, alors ?
— Même si je ne veux pas que tu nous oublies, je souhaite que, comme je te l’ai déjà demandé, tu sortes de tes rêves et reviennes à la réalité, et ton retour à Besançon va t’y aider. Là-bas, tu penseras moins à moi et tu regarderas enfin autour de toi, et je ne doute pas que tu rencontreras bientôt une jeune femme digne de ton amour. »
La Dame Verte prit sa main et y déposa le bijou :
« C’est à elle que tu l’offriras, et ainsi, tu créeras un pont entre notre monde et le tien. »
Victorien fixa l’émeraude qui avait perdu son éclat magique, mais gardait une belle couleur verte qui lui rappelait les yeux de son amie. Il était bien sûr très déçu de se dire que l’aventure allait s’arrêter ainsi, mais il ne pouvait lutter, car trop de choses ne dépendaient pas de lui. La main de la Dame lui prit le menton avec douceur et elle lui fit relever la tête, pour qu’il la fixe dans les yeux :
« Ne sois pas triste, Victorien, garde plutôt le souvenir des bons moments que nous avons passés ensemble, et pense à tout ce qui t’attend dans l’avenir. »
Le moment des adieux était arrivé, et au fond de lui, le jeune homme sentait qu’il ne reverrait jamais la Dame Verte. Il soupira et se résolut à la remercier pour tout, avant de quitter la grotte, le cœur lourd et la main serrée sur le pendentif. Il fit quelques pas jusqu’au bord de l’eau, puis se retourna vers l’entrée de la caverne : un mur de pierre la remplaçait et il sut que, cette fois-ci, tout retour en arrière était impossible. Il erra dans la forêt en attendant l’heure de retrouver Charles, rangeant le pendentif dans sa poche pour ne pas l’abimer. Sa quête des légendes comtoises avait pris un goût amer et il se demandait comment allait se passer son retour à la vie réelle, quelques jours plus tard.

Victorien patientait sur l’esplanade du château de Joux, guettant dans le ciel l’apparition du dirigeable qui amenait le général de Besançon, mais aussi son père et quelques personnalités pour la présentation officielle de son invention. Le jeune homme n’avait pu se résoudre à renoncer totalement aux légendes et, malgré l’avis mitigé du général, avait décidé de baptiser son invention « la vouivre », puisque cet animal fabuleux volait au-dessus des forêts comtoises, elle aussi. L’appareil, installé au milieu de la cour, était prêt à effectuer son décollage dès que tout le monde serait présent.
Bientôt, la silhouette du dirigeable apparut dans les airs et Victorien le suivit des yeux tandis qu’il se stabilisait au-dessus d’eux et qu’il larguait ses amarres. Le jeune homme se recula pour laisser les soldats s’attacher aux manœuvres d’arrimage. Lorsque les moteurs s’arrêtèrent, la porte de la nacelle s’ouvrit et son père descendit, se précipitant vers Victorien dès qu’il l’aperçut. Les deux hommes se saluèrent chaleureusement, heureux d’être de nouveau réunis après de longues semaines de séparation. Le jeune ingénieur se tourna ensuite vers le général et vit qu’il n’était pas seul : deux femmes l’accompagnaient, la première d’une cinquantaine d’années, aux longs cheveux châtain rassemblés en un chignon impeccable. Le général Dacier fit les présentations :
« Victorien, voici mon épouse, Agathe… »
Le jeune homme s’inclina vers elle et la salua d’un baise-main. L’officier poursuivit en désignant la jeune fille qui les suivait :
« … et ma fille, Catherine. »
Victorien se tourna vers elle et resta bouche bée, tandis que son cœur s’accélérait : Catherine était une magnifique jeune fille d’une vingtaine d’années, aux longs cheveux roux retenus en une natte qui pendait dans son dos, et au visage illuminé par des grands yeux verts. Sa robe de velours verte, à tournure, acheva de perdre le jeune homme, tant il lui semblait découvrir une version réelle de la Dame Verte. Il se reprit et la salua en souriant, comprenant enfin ce que voulait dire son amie quand elle lui demandait de revenir à la réalité. La jeune fille lui répondit avec chaleur, et Victorien fut certain que, très bientôt, Catherine porterait autour de son cou le pendentif à l’émeraude.


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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 17 Mar 2014 - 18:52

qui n’était pas sans lui rappeler « la morte amoureuse » de Théophile Gautier => Normalement, titre en italique, et maj à "La Morte"

La nuit, il vivait dans un autre monde, rêvant de la Dame Verte et des autres créatures de légende de la région, et le dimanche => je mettrais "puis le dimanche", ça passerait mieux

Cependant, Victorien ne pouvait s’empêcher d’être déçu, car la Dame Verte, malgré les efforts qu’il déployait, ne lui témoignait toujours que de l’amitié : même si elle semblait apprécier sa compagnie, elle ne voyait en lui qu’un ami et rien de plus => toute la partie après les deux points ne me semble pas nécessaire, ça fait redite de sens (ou du moins "elle ne voyait en lui...")

Lorsqu’il parvint à la grotte où l’attendait son amie => "où l'attendait sa Dame" ? (petite connotation amoureuse, et en plus tu évites de répéter "ami")

Victorien soupira, certain qu’elle connaissait déjà la réponse, puisqu’elle lisait dans ses pensées => j'enlèverais la virgule après "réponse"

Victorien comprit que depuis toutes ces semaines, elle n’était pas dupe => comment peut-il la croire dupe puisqu'il sait très bien qu'elle lit dans les pensées ?

et le jeune homme vit la pierre perdre peu à peu de son intensité entre ses doigts. => intensité lumineuse ou on parle de sa consistance qui diminue ?

En souriant, la Dame lui tendit le bijou : / Le jeune homme fixait le bijou (puis "Tu vas prendre ce bijou")

Là-bas, tu penseras moins à moi et tu regarderas enfin autour de toi, et je ne doute pas que tu rencontreras bientôt une jeune femme digne de ton amour. » => je couperais après "autour de toi", j'aime pas trop les phrases reliées avec plusieurs "et"

et, malgré l’avis mitigé du général, avait décidé de baptiser son invention « la vouivre » => le nom en italique et avec majuscule aux deux mots

puisque cet animal fabuleux volait au-dessus des forêts comtoises, elle aussi. => je mettrais "lui aussi", vu que le dernier référent est "animal" et non "vouivre"

L’appareil, installé au milieu de la cour, était prêt à effectuer son décollage dès que tout le monde serait présent. => "se tenait prêt" ?


Remarque : avec tout le temps qu'il a passé avec la Dame, il n'a jamais pensé à lui demander si elle avait un prénom ? Ou lui en donner un lui-même, en guise d'amitié ? (et puis ça te permettrait de varier de juste amie/Dame (Verte) ^^)

La fin est un peu prévisible, en fait. Non pas que j'y ai pensé depuis le début, mais dès que la Dame s'est refusée et lui a dit de trouver une autre femme, c'était évident que ce serait une rousse aux yeux verts ; que ce soit la fille du général, je m'en suis douté juste avant que ce soit mentionné, j'ai repensé au début, effectivement, où l'autre lui disait qu'il avait une famille et Victorien demandait s'il aurait l'honneur de les rencontrer.
Ceci dit, ça n'enlève pas le côté sympa de la chose, même si je trouve Victorien un peu prétentieux à la fin : et si la Catherine était fiancée / ne l'aimait pas, hein ? Razz

Sinon, dans l'ensemble, ce qui a pour moi joué contre ta nouvelle : il y a quelques rebondissements dans l'histoire, mais assez peu. Tu ne nous prends pas trop par surprise, et on se doute de certaines choses.
L'histoire est censée être basée sur la recherche de Victorien, puis sur sa rencontre, mais si j'ai trouvé l'histoire sympathique, je n'ai pas ressenti de réelle fébrilité avant ou après, la déception de Victorien, ses tentatives de la séduire, son amour ; les sentiments sont plus expliqués que montrés d'une manière générale, ce qui fait que dans un texte où normalement on devrait être happés par la relation des deux, on se retrouve davantage spectateur lointain. J'ai l'impression que tu as davantage voulu mettre la région en avant, et moins les personnages.

Après, je maintiens que l'histoire est intéressante, son déroulement aussi et sa fin heureuse sympathique. Simplement, il faudrait insister davantage sur les sentiments, peut-être expliquer moins certains passages pour se ménager de la place pour la relation (ou comme tu te fous de la place, maintenant, juste rallonger ^^).

Vala pour moi. Je te remercie de cette lecture en tout cas, j'ai passé de bons moments dans cette forêt ; ça m'a donné envie d'aller m'y balader ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Lun 17 Mar 2014 - 20:02

Merci pour tous tes commentaires, grâce à eux, j'y vois plus clair sur les défauts de mon texte aujourd'hui, et ça me donne des pistes pour le retravailler (peut-être dans un format de novella, du coup, pour pouvoir m'étendre sur certains points et rajouter un peu d'action).

Tu avais déjà trouvé un peu la fin (sauf que tu voyais la jeune fille arriver dans la clairière), qui effectivement est relativement prévisible (ça se voit que j'aime bien les happy ends ? Wink ), il faut que je vois aussi comment modifier un peu ça pour rajouter un peu de suspense.
Mais si, Catherine va l'aimer, c'est le coup de foudre Wink

C'est vrai que la Franche Comté est presque un personnage à part entière, mais elle parasite un peu les autres personnages, encore un équilibre à rétablir.

Contente en tout cas que la nouvelle t'ait plu et t'ait donné envie d'aller te balader dans les forêts comtoises, c'est un peu le but aussi Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mar 18 Mar 2014 - 12:31

Bonjour, j'ai lu la première partie de ton texte (en général, je ne lis pas tout d'une traite, je lirais le reste plus tard Smile)

L'idée est intéressante. Je trouve par contre, le début un peu lourd. Pour un roman, ça serait sûrement passé mais une si grande description peut être difficile à lire pour un texte court. Néanmoins, tout se lit parfaitement bien.

J'ai trouvé qu'il y avait parfois des mots en trop (comme les magnifiques dirigeables à vapeur).
Le personnage est bien amené et est touchant. Par contre, construire une maquette en une nuit, c'est balaise Smile. J'attends pour juger le personnage de la Dame verte car je pense que j'en apprendrais plus sur son sujet plus tard.

Tu nous expliques bien que Victorien craint la réaction de son père sur une histoire "surnaturelle". Et plus tard, dans le dialogue, tu écrits: "Connaissant l’opinion peu flatteuse de son père sur les contes et légendes, le jeune homme préféra mentir en lui donnant une explication plus rationnelle". C'est un peu dommage car je me doutais bien que c'était pour cette raison qu'il allait lui mentir.

Globalement, j'ai aimé ce début même si ça commence difficilement. D'ailleurs, le premier paragraphe tranche clairement avec la suite. Ta plume est belle (bon, je compare à la mienne, donc ce n'est pas difficile  Razz , mais voila, je sens qu'il y a du métier derrière). Le style est fluide et maîtrisé. C'est une source d'inspiration pour moi qui suis nouveau dans ce monde.

Je lirais la suite, et te ferais un ou plusieurs commentaires selon ce que j'aurais à dire Smile
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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Mar 18 Mar 2014 - 18:40

Merci pour ta lecture et tes commentaires Smile

Bon, définitivement, le prologue ne va pas, je commence à avoir des idées sur la façon de changer les choses et d'intégrer les informations au fur et à mesure, pour supprimer l'effet indigeste et la rupture de ton avec la suite.

Victorien est doué, mais pas à ce point quand même Wink : pour la maquette, je n'ai pas dû être assez claire, il ne la construit pas en une nuit, il fait seulement une modification dessus suite à un rêve (il l'avait créé depuis un moment déjà, mais la cachait).

Je me répète un peu sur l'avis du père vis-à-vis du surnaturel, le fait de l'annoncer plus haut laisse présager de la suite, effectivement, je note de voir comment amener ça autrement.

Pour le "métier", ça fait des années que j'écris (28 ans pour être exacte... pourquoi je prends un coup de vieux quand je dis ça ? Wink Ah oui, peut-être parce que la plupart des membres du forum n'étaient pas nés quand j'ai commencé... comme dirait Hardkey, je suis la vieille du forum  :👅: ), et c'est à force d'écrire et de réécrire que le style et le reste se forgent.
Pour quelqu'un qui commence, je trouve que tu t'en tires plutôt bien aussi (je file d'ailleurs après commenter la nouvelle version de ton roman)

Au plaisir d'avoir tes commentaires sur la suite Smile

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MessageSujet: Re: Les mystères de Joux [nouvelle] - [terminé]   Sam 29 Mar 2014 - 17:12

Voila, j'ai lu la seconde partie Smile
J'ai eu quelques difficultés à me plonger dans le récit, au départ. Certaines phrases m'ont gênées. Non pas par l'écriture mais plutôt par leurs longueurs. Beaucoup de virgules (parfois 4-5 voir plus dans une phrase).
Mais après je ne suis pas habitué à ça, donc ça ne veut pas dire que c'est mauvais, loin de là Smile

L'histoire avance. Toujours beaucoup de détails ce qui me plonge bien dans le récit. Je peux aisément imaginer les endroits et les scènes dans ma tête. Les dialogues sont justes.
Et cette lueur, j'imagine que c'est la Dame Verte Very Happy enfin j'en saurais plus en lisant la suite !
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MessageSujet: Commentaires - Les mystères de Joux   Dim 30 Mar 2014 - 15:44

Merci pour ta lecture, contente de voir que malgré la longueur de certaines phrases (oui, je sais, j'ai tendance à ne pas savoir faire court, c'est un peu ma marque de fabrique ^^), tu apprécies toujours l'histoire Smile

J'espère que la suite te plaira autant.

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