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 concours n°47-votes

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Texte n°1
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Texte n°2
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Texte n°3
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Texte n°4
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Texte n°5
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Total des votes : 15
 

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Niko
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MessageSujet: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 21:45

Voici donc les textes en compétition.
Vous avez jusqu'au 22 mars 20h pour voter.

Bonne chance à tous !

Texte n°1 :

La nuit était tombée sur Rome et, à cette heure avancée, seule la pleine lune éclairait les rues de la ville.
Dans sa chambre, le centurion Philippus dormait profondément avec Tullia, son épouse. Soudain, un vagissement aigu le tira du sommeil. Encore mal réveillé, il réalisa que sa fille Octavia pleurait, sans doute après avoir fait un cauchemar. Tullia se leva et il ne bougea pas, laissant sa femme consoler leur enfant. Philippus allait retomber dans les limbes du sommeil quand un cri perçant, poussé cette fois par Tullia, le fit brusquement sursauter. Réagissant aussitôt, il bondit hors du lit et saisit son glaive, avant de courir vers la chambre d’Octavia.
Lorsqu’il pénétra dans la pièce, il se figea en poussant un cri d’horreur : une femme de haute taille tenait son épouse contre elle, sa bouche enfoncée dans son cou. Au sol, Octavia gisait telle une poupée désarticulée, au milieu d’une flaque de sang. Glacé, le centurion réalisa que les légendes qui, pour lui, n’étaient que des contes, s’avéraient réelles et qu’une stryge attaquait sa famille. Sortant de son immobilité, Philippus leva son glaive et s’approcha de la créature :
« Lâche-la ! »
La bête releva la tête pour le fixer et un rictus cruel étira sa bouche tandis qu’elle passait lentement sa langue sur ses lèvres écarlates.
Le centurion se jeta sur elle au moment où elle laissait tomber Tullia. D’un geste souple, la stryge évita le coup qu’il lui porta de son arme et le frappa du revers de son bras, le jetant à terre avec une force surprenante. Philippus lâcha son glaive qui glissa au sol, hors de sa portée. La créature le fixa de ses yeux glacés et éclata de rire, avant de se tourner vers le balcon et d’y marcher tranquillement. L’officier tenta de se relever pour reprendre le combat, mais n’y parvenait pas, cloué par une force surnaturelle. Il ne put qu’observer la stryge, gravant ses traits dans sa mémoire, pour la retrouver.
La bête se percha sur la rambarde et lui lança un dernier regard, comme pour le narguer, avant d’ouvrir de larges ailes, comme celles d’une chauve-souris, et de se jeter au-dessus des maisons de la ville.
Aussitôt, le centurion retrouva sa liberté de mouvement et se précipita vers Tullia qui gisait à terre, face contre le sol. Il la retourna et poussa un gémissement en découvrant sa gorge déchiquetée, qui laissait couler un filet de sang. Ses yeux vitreux le fixaient sans le voir, elle avait déjà rejoint le royaume de Pluton. Tout en serrant son corps contre lui, Philippus se mit à sangloter sans pouvoir se retenir. Ses yeux pleins de larmes se posèrent sur Octavia et il sut aussitôt que, comme sa mère, toute vie avait quitté ce petit corps.
Au moment où résonnaient les pas des serviteurs attirés par les cris et les bruits du bref combat, le centurion se mit à hurler sans pouvoir s’arrêter, fou de douleur.

Philippus errait dans sa demeure, accablé par la perte brutale de Tullia et d’Octavia. La nuit précédente, leurs funérailles avaient eu lieu et, désormais, il était seul. Dans un état second, il avait assisté aux rituels, sans réaction face aux flammes qui dévoraient les deux corps. La stryge lui avait arraché sa seule famille, les deux êtres qui lui importaient le plus.
Le centurion venait d’apprendre que, dans quelques jours, sa légion rejoindrait la Gaule pour une nouvelle campagne ; il se noierait dans les combats pour oublier le malheur qui l’avait frappé. Tullia était dans la fleur de l’âge et Octavia n’avait qu’un an, ce n’était encore qu’une enfant innocente, elles ne méritaient pas cela.
Au fond de lui, aussi forte que la douleur, une froide résolution grandissait, celle de venger sa femme et sa fille chéries en retrouvant la stryge et en la tuant, pour qu’elle ne fasse plus jamais de mal. Pour l’aider, il avait fait appel à un réseau d’espions très particulier, celui de Marcus et de ses compagnons d’infortune. L’homme, un ancien légionnaire que la vie n’avait pas épargné, mendiait dans les rues de Rome, ce qui lui permettait de glaner discrètement de précieuses informations. Philippus, qui s’était lié d’amitié avec lui, l’avait lancé sur les traces du monstre, persuadé que le carnage ne s’arrêterait pas là. Le jeune homme était résolu, dès qu’ils l’auraient localisée, à aller tuer la stryge. Il risquait d’y laisser la vie, mais n’en avait cure : il avait déjà perdu tout ce à quoi il tenait, plus rien ne pouvait l’affecter à présent.

Marcus se présenta le lendemain matin, annonçant au centurion qu’une créature correspondant à sa description avait été aperçue la nuit précédente dans un des quartiers les plus misérables de Rome. Le mendiant lui proposa de l’y conduire à la tombée de la nuit, car la stryge allait sûrement y revenir, n’ayant attaqué personne lors de sa venue. Philippus accepta et lui ordonna de revenir le chercher au crépuscule, après lui avoir donné un aureus d’or pour le récompenser.
Une fois seul, le jeune homme se prépara pour son expédition nocturne, vérifiant son armement et ses protections. Gracchus, son fidèle serviteur, s’inquiéta de son projet et tenta de le convaincre d’y renoncer. Peu disposé à l’écouter, Philippus le rabroua et lui ordonna de le laisser seul, pour prier. Après son départ, le centurion gagna l’autel des Dieux Lares et s’agenouilla devant lui, leur demandant de l’aider à vaincre la stryge, pour qu’elle ne fasse plus de victimes.
Alors qu’il était abimé dans ses suppliques, un étrange phénomène se produisit en lui, comme une sorte d’énergie qui naissait dans son cœur et se propageait dans le reste de son corps. Interloqué car il n’avait jamais rien ressenti de tel, Philippus se demanda ce que cela signifiait, espérant qu’il ne s’agissait pas là d’un mauvais présage pour l’affrontement à venir.

À la nuit tombée, le centurion suivit Marcus dans les méandres de la ville. Philippus s’était équipé de son glaive et d’une dague, et sa cuirasse, ornée d’une silhouette de loup, couvrait sa poitrine. Le jeune homme avait dissimulé le tout sous une cape noire dont il avait rabattu le capuchon sur sa tête, pour ne pas attirer l’attention. Il se glissait dans l’ombre des maisons, se collant aux murs en suivant son guide.
Bientôt, ils parvinrent à une petite place entourée de maisons délabrées, à l’aspect misérable. Marcus l’entraîna sous un porche et lui souffla, en désignant la bâtisse en face d’eux :
« C’est là que la bête est venue la nuit dernière, elle rôdait autour du balcon. »
Philippus savait que les stryges avaient la réputation de s’en prendre aux bébés qu’elles vidaient de leur sang, mais aussi aux femmes, comme il l’avait appris à ses dépens. Il interrogea le mendiant :
« Il y a des enfants dans cette maison ?
— Oui, deux bébés nés il y a quelques jours. Leur mère a failli mourir en les mettant au monde, elle est encore faible.
— Trois proies faciles, donc… »
Une sombre colère étouffa Philippus, surmontant le chagrin qui lui broyait le cœur. Il se promit que le monstre ne détruirait pas cette famille comme il avait détruit la sienne.
Un brusque mouvement le fit sursauter : dans un bruissement léger, la stryge apparut dans le ciel et se posa sur la rambarde du balcon. Ses ailes se replièrent dans son dos tandis qu’elle disparaissait dans l’obscurité de la pièce.
Aussitôt, le centurion se précipita vers la maison en dégainant son glaive, décidé à empêcher le pire. Marcus avait prévenu ses habitants qui n’avaient pas verrouillé la porte et, pour se protéger, s’étaient regroupés dans une seule pièce. Des cris de peur résonnèrent à l’intérieur et Philippus se lança dans les escaliers pour arriver avant que la créature n’ait commencé sa tâche. De nouveau, la sensation étrange de l’après-midi se reproduisit, cette énergie qui semblait naître en lui et s’étendre à tout son corps, mais il ne s’en soucia pas, concentré sur son but.
Il déboucha dans une chambre où une femme, très pâle, allongée dans un lit, serrait contre elle deux nouveaux nés qui pleuraient. Un homme, sans doute son mari, se tenait face à la stryge qui s’approchait lentement de ses proies, un rictus cruel aux lèvres ; il n’avait qu’un bâton pour se défendre, arme dérisoire qui ne suffirait pas contre elle.
L’intrusion du centurion attira l’attention de la stryge qui tourna la tête et plissa les yeux en le voyant ; il lui cria :
« Me reconnais-tu, créature des Enfers ? Je suis venu pour te tuer, pour venger ma femme et ma fille ! »
La bête poussa un cri moqueur et tendit la main vers lui : comme la fois précédente, Philippus sentit une force le clouer sur place, l’empêchant de bouger. Il commença à lutter pour s’en défaire et, soudain, réalisa que l’étrange énergie qui l’avait envahi l’y aidait, le libérant peu à peu des liens magiques.
La stryge avait reporté son attention sur ses futures victimes, persuadée d’être débarrassée du centurion. Elle tendit le bras et cassa net le bâton, puis enfonça ses ongles, devenus des griffes, dans le ventre de l’homme, le déchirant sans pitié.
À cet instant, Philippus retrouva sa liberté de mouvement. Sans attendre, il se rua sur la stryge et abattit son arme sur le bras de la créature, le coupant net. Celle-ci poussa un cri strident tandis que le sang giclait de son membre coupé et se tourna vers son agresseur.
Marcus, qui avait suivi le centurion, tira le blessé à l’écart, près du lit, pour tenter de le soigner, tout en laissant le champ libre à son compagnon.
Malgré sa blessure, la stryge avait gardé sa force ; elle frappa Philippus de son bras valide, l’envoyant contre le mur. Il le heurta rudement et glissa à terre, étourdi. La créature fondit aussitôt sur lui, ses ailes déployées. Le centurion leva son glaive et la bête s’empala sur la lame. Réagissant rapidement, Philippus sortit sa dague et l’utilisa pour infliger une large plaie au cou de la stryge, avant de la repousser d’un coup de pied. La créature roula au sol, tandis que ses ailes se cassaient sous elle. Le centurion se releva à toute vitesse et, brandissant son glaive, décapita la stryge d’un geste net. La tête roula contre le mur et ses yeux devinrent vitreux.
Essoufflé, Philippus contempla son adversaire enfin vaincu, avant d’entendre un râle derrière lui ; il se retourna et découvrit Marcus qui essayait d’arrêter le flot de sang qui coulait de la blessure béante de l’homme. Le centurion se précipita vers eux et vit le mendiant secouer la tête en silence, annonçant que tout effort était vain et que le blessé allait mourir. Au fond de lui, une petite voix ordonna à Philippus d’empêcher cela et, sans vraiment savoir ce qu’il faisait, il écarta la main de Marcus pour poser la sienne à sa place, sur la plaie. L’énergie sembla se concentrer dans sa paume, devenant une chaleur bienfaisante, et Philippus hoqueta en sentant celle-ci se transmettre à l’homme. Sous ses doigts, la peau se refermait et le sang cessait de couler, ne laissant que la marque des griffes, comme une cicatrice.
Marcus ouvrit de grands yeux et balbutia, incrédule :
« Par Jupiter, qu’est-ce que vous avez fait ? »
Tremblant malgré lui, le centurion leva sa main et observa sa paume ensanglantée : il ne comprenait pas ce qui s’était passé, d’où venait cette puissance qui l’avait empêché de succomber aux sortilèges de la bête, puis lui avait permis de sauver cet homme. Une seule chose était sûre, ce miracle s’était produit, et l’avenir lui dirait sans doute ce que cela signifiait. Pour l’heure, seule importait sa réussite : il avait vaincu la stryge, et elle ne ferait plus jamais de victimes, une fois qu’on aurait brûlé son corps et dispersé ses cendres aux quatre vents. Tullia et Octavia étaient vengées.

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Vous avez un nom qui commence comme une caresse et fini comme un coup de cravache. Cocteau à Marlène Dietrich


Dernière édition par Niko le Dim 9 Mar 2014 - 21:50, édité 1 fois
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Niko
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 21:46

Texte n°2 :

On l'appelle la Bête

Ici, les gens l'appellent la bête. Et pour mon plus grand malheur, je l'ai vu. Les soldats du roi vous diront que c'est un loup ; les savants, un animal enragé, mais nous, habitants des plateaux désertiques et des profondes forêts du Gévaudan, nous savons qu'elle n'est rien de ce que nous connaissions déjà.
Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu peur du loup. Dès ma plus tendre enfance, on m'envoyait accompagner mes frères garder les troupeaux et lorsque j’eus atteint ma onzième année, c'est seule que j'allais de pâture en pâture, amenant mes brebis se délecter de l'herbe grasse des prairies. J'ai toujours aimé cette sensation de liberté que me procurait la solitude de ces grands espaces. Les étendues vallonnées à perte de vue, parsemées d'énormes rochers de granit, les bosquets et les bois épais qui les bordaient.
Je partais sautillant, bâton et baluchon en main, fredonnant les chansons apprises le soir à la veillée. Ma grand-mère me criait « Fanette ! Reviens t'en pour le souper et attention à Gare loup ! » elle me répétait toujours cela, car c'est ce qu'on lui disait autrefois. Mais je n'y prenais pas garde. Personne n'y prenait garde. Jusqu'au jour où tout commença.
Au début, on entendit une rumeur venant d'un village éloigné ; une femme attaquée ; une enfant dévorée. Les semaines passaient, avec chacune son lot de funestes nouvelles. Puis les attaques se rapprochèrent. Bientôt, tout le Gévaudan trembla d'effroi. Le roi envoya ses dragons, se révélant de bien piètres sauveurs. Des loups, ils en tuèrent. Par dizaines ils les ramenaient, yeux ouverts et langue pendante, abattus en pleine course effrénée, luttant pour leur survie. Pourtant, on leur avait dit que la bête n'en était pas un. Les loups mangent les agneaux, les moutons affaiblis ou isolés du troupeau, pas les hommes.
Beaucoup de choses se disaient sur elle. Aussi haute qu'un veau ; se dressant sur ses pattes arrières ; le poil fauve ; la gueule toujours béante. Certains l'avaient même entendus rire, et d'autres, gronder. Le curé nous rabâchait « Satan revient pour vous, car vous n'êtes que de pauvres pêcheurs !» et les anciens, « Gare loup ! C'est Gare loup ! » affirmant ainsi toutes les histoires racontées par leurs aïeux.
On raconte qu'un jour, un jeune berger tenu tête à la bête. Il défendit corps et âme ses petits camarades regroupés en cercle derrière lui, cherchant à se mettre hors de portée du monstre sanguinaire. Il piqua le fauve du bout de sa fourche le tenant ainsi à distance. Heureusement pour eux, des hommes alertés par les cris arrivèrent et le firent fuir. Certains ont rapporté les paroles du garçon avant qu'on ne l'envoie chez les frères pour le récompenser de sa bravoure. « La bête est aussi homme » disait-il. Mais personne ne voulut l'entendre.
Ma mère ne me laissa plus faire paître les brebis. Je ne pouvais plus sortir seule. Je me résignais, enfermée dans ma chaumière, à ne plus aller courir la lande cheveux au vent. Les routes étaient désertes. Personnes ne travaillaient aux champs. Le pays devint comme immobile ; vidé de toute vie ; bercé par un silence de mort.
Puis vint l'hiver, long et silencieux. Le froid se fit vif, il lacérait la peau de ses griffes acérées et donnait à mes doigts une couleur violacée. Même si l'étreinte du vent était un véritable supplice, ma soif de vagabondage se fit plus forte. Mon frère, Augustin, de deux ans mon aîné, devait en ce jour, se rendre à la ferme du Mazel, à quelques kilomètres de la maison, échanger des œufs contre du lait frais. Je savais qu'il ferait à son habitude et qu'il passerait par la forêt afin de ramasser les divers collets qu'il plaçait dans les bois. Je le suppliais de m’amener, convaincant notre mère qu'avec lui, si fort, je ne risquais rien. Depuis plusieurs semaines, les attaques s'étaient éloignées et je réussis tant bien que mal à obtenir mes précieuses heures de désinvolture. Je laçais mes chausses de cuir fourrées, doublais mon chemisier, le recouvrais d'un châle bien chaud, enfilais ma pelisse blanche et mis mon bonnet de laine. Ainsi prête, nous partîmes, insouciants.
La neige tapissait le sol de son épais manteau, étouffant le bruit de nos pas et l'écho de nos rires enfantins. Augustin m'avait confié le panier rempli d’œufs du jour. Je prenais garde de ne pas le secouer en marchant lentement le long du sentier. Lui avançait vite, s'éloignait parfois, prenant tantôt la peine de jeter un œil derrière afin de ne pas me perdre. Nous entrâmes dans les bois. Il y régnait un silence pesant, de temps à autre rompu par le craquement des arbres. Le soleil de l'après-midi n'arrivait pas à percer l'épaisse couche de nuage et des flocons se mirent à tomber lentement. Une bourrasque de vent m'enlaça de son étreinte glacée, emportant avec elle les volutes de fumée émises par mon souffle chaud. Je tremblais. Je ne sentais ni mes orteils ni le bout de mes doigts gercés et durant quelques secondes, j’eus le regret de ne pas être restée dans ma chaumière au coin du feu. J'accélérai alors mon pas, voulant rattraper ce nigaud d'Augustin, partis devant lever un collet.
C'est là que je vis l'homme. En approchant du ruisseau, non loin du petit barrage de pierres que l'on avait érigé pour traverser les pieds au sec, se tenait un individu de grande taille. Il me tournait le dos et s’accroupit pour se désaltérer. Je restai interdite, ne faisant plus un bruit. Il portait une cape en peau de bête déchirée par endroit, noircie par la crasse et l'usure. Sur sa tête, un couvre-chef aux larges bords d'où pendouillaient des gris-gris d'os et de plumes. Un point brillant laissait deviner une médaille en argent cousue sur le dessus de son chapeau. Des cheveux roussâtres et hirsutes, emplis de nœuds et de morceaux de mousse, tombaient sur ses larges épaules. Était-ce un chasseur ? Un braconnier ? Un marginal reclus dans la forêt ? Toutes ces questions auxquelles je ne voulais pas de réponse. Quand on vit en ces lieux, on apprend vite qu'on a plus à craindre des hommes que des animaux sauvages. Surtout lorsque l'on est une jeune fille d'à peine douze ans.
Comme s'il sentait que je l'observais, il leva la tête et se retourna, plongeant ses prunelles dans mes yeux emplis de terreur. Un regard sans âge, sans âme, orné de deux orbites jaunes étincelantes. Il avait le teint aussi blanc que celui d'un cadavre ; la barbe qui recouvrait son faciès était à l'image de sa chevelure, ce n'était plus un homme. La peur me tenaillait le ventre, mes jambes ne me répondaient plus. Je voulus crier le nom de mon frère, mais les sons ne voulurent point sortir du fond de ma gorge.
Soudain, un bruit me fit quitter ma torpeur. Un amas de neige tomba d'une branche, émettant un battage sourd dans le bois lugubre. L'homme tourna la tête en même temps que moi en direction du son. Lorsque mon regard revint sur lui, il avait disparu. Peut-être était-ce un rêve ou une apparition. Après un moment de doute, bouleversée par cette vision d'épouvante, je repris mon chemin, espérant rejoindre mon frère au plus vite.
Une fois passé le cours d'eau, le sentier remontait quelques mètres plus loin, formant un monticule à escalader. Je pris soin de creuser des cupules dans la neige au fur et à mesure de mon ascension, afin d'y placer mon panier, ne voulant abîmer ma précieuse cargaison. Après un moment de labeur, j'arrivais presque en haut de la butée. Je me hissai sur le sommet et voulus regarder au-delà, voir si Augustin apparaissait à ma vue.
L’effroi me gagna en voyant deux prunelles jaunes me toiser avec insistance. L'homme m'attendait en haut de la côte, prêt à m'accueillir de son sourire machiavélique. Comment avait-il pu grimper là-haut si vite ? Il avança lentement, ses yeux fixant les miens. Mon cœur battait à tout rompre, tambourinant à mes oreilles, mon souffle se fit court et je sentis monter en moi l'angoisse et la terreur. Son regard n'était ni celui d'un humain ni celui d'un animal, mais celui d'être sans âme, dirigé par de sombres instincts. Son aspect changea devant moi. Il courba l'échine et se mit à grandir ; ses os se déformaient, laissant apparaître des excroissances le long son corps dénaturé. Je hurlai de tout mon être. Voulant m'enfuir, je dégringolai le sentier avec mon panier, roulant dans la neige. Je me retrouvais au sol, trempée, couverte d'albumine et de jaune d’œuf, essayant tant bien que mal de me relever tout en glissant sur la masse visqueuse. L'homme-bête gronda et lorsque je me retournai, la créature bondissait, prête à jaillir sur moi.
Le temps s'arrêta, et durant cette unique seconde, je pus la voir. La bête. De l'homme, il ne restait plus rien. Son visage s'allongeait, laissant place à une gueule béante. Ses dents semblaient démesurées, une mâchoire conçue pour broyer chair et os. La peau recouverte d'un pelage fauve, il ne lui restait comme vêtement que des lambeaux de pantalon déchirés ainsi que sa cape, virevoltant dans les airs, seul témoignage qu'il avait pu, un jour, être humain. Ses membres avaient laissé place à des pattes aux griffes acérées, lui permettant de bondir tel un chien en chasse. Seuls ses yeux restaient inchangés. J'eus alors cette dernière image de crocs immenses se précipitant sur ma gorge offerte.
Mon cri retenti dans toute la forêt puis mourut dans l'agonie. Une déchirure dans le silence profond des sous-bois. La douleur fut vive mais brève ; la souffrance cuisante de ma chair mise à nue. La bête me lacéra la poitrine et m'arracha le cœur, l'emportant avec elle, tel un trophée durement gagné. Autour de moi, la neige se nimba de sang, encerclant mon corps d'un halo écarlate sur un tapis blanc immaculé. Le sol était froid. Mes cheveux habituellement si blonds et si doux n'étaient plus que des mèches ocre, collées sur mon visage. Mes yeux, d'un bleu limpide et grands ouverts, contemplaient la cime des arbres qui dans un murmure se faisait bercer par le vent.
Augustin cria mon nom, sans doute alerté par ma plainte. Lorsqu'il arriva près de ma dépouille mutilée, il rendit tripes et boyaux et n’eut pas le courage de me regarder. Les yeux emplis de larmes et d'horreur, il s'enfuit.
Plus tard, des hommes vinrent. Le calme de la forêt laissa place à une battue sanglante. De nombreux loups périrent, mais la bête n'y était plus.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 21:47

Texte n°3 :

11 h 20, une Harley Davidson noire rutilante vombrit une dernière fois à l’angle de Avenue of America et de West 44th Street avant de s’arrêter sous la marquise d’un palace cossue. L’entrée s’ouvre sur une façade de pierre rehaussée d’or et surmontée à son sixième niveau d’un médaillon en marbre noir représentant le vol de trois oies flavescentes. Sur ce socle minéral, vingt-quatre étages de verre et d’acier en érection sont destinés aux différentes chambres de l’établissement. La pilote retire avec une troublante sensualité son casque d’où jaillit une chevelure cascadante d’un roux flamboyant. Le voiturier dans un cache-poussière bleu marine et coiffé d’un haut de forme du même ton s’avance vers la jeune conductrice.
— Prends-en soin, ou je ferais de ta vie un véritable enfer, lui intimide-t-elle au moment de lui lancer les clefs de l’engin.
— Bien madame, je vous souhaite un bon séjour dans notre hôtel.
Abrahel, dans sa combinaison de cuir noir brodé « Hells Angels » laisse traîner un dernier regard désabusé sur le phallus de cristal avant de pénétrer dans le hall. Elle connaît l’endroit pour y avoir déjà exercé. Elle ne prête ni attention au dessin complexe en marbre rouge sur vert du sol, ni aux riches tentures pourpres et dorées aussi chargées que les goûts vestimentaires de la clientèle et se dirige vers l’ascenseur de service. Malgré sa tenue qui laisse tout deviner de ses courbes provocantes, Abrahel maîtrise l’art de se rendre invisible. Elle se fond parmi la foule huppée du palace et traverse telle une ombre le hall bondé. La belle entourée d’une aura d’indifférence parvient à éviter le regard du concierge. Le quinquagénaire tiré à quatre épingles dans un costume trois-pièces est bien trop occupé à conter fleurette à une jeune et riche héritière à la blondeur virginale. Une consœur en service, assurément. Le sas de service est désert lorsqu’elle atteint l’ascenseur pour monter au vingt-huitième étage. Sans croiser âme qui vive, elle ouvre la porte de la chambre 2820 grâce au passe magnétique reçu de la main d’un intermédiaire. Sur le lit de la chambre décorée en bois blond, repose un cube d’un rouge ardent frappé d’une croix inversée surmontée d’une lune noire. Abrahel reconnaît sans la moindre hésitation le symbole. La signature de sa commanditaire : Lilith. D’une pression sur le symbole, la boite se défait et révèle une tenue noire au revers gris clair de femme de chambre et un dossier en papier noir. Le porte-document contient deux fiches d’identité et une note manuscrite. Une photographie d’une femme, la trentaine, teint mulâtre, cheveux lissés et coupés au carré, yeux bruns accompagne la première fiche d’identité, ainsi que les différentes informations nécessaires à l’usurpation d’identité : âge, taille, poids, fréquence vocale, biographie. La seconde fiche est celle de la cible : un homme, la soixantaine, cheveux grisonnants, l’air ostensiblement confiant en son avenir. Dès la lecture de la lettre écrite en antique hénokéen, une voix reptilienne se fait entendre en elle.

« Ma fille,
Séduis ce mortel, suce-lui jusqu’à la dernière goutte de dignité, que l’idée du suicide lui semble une douce fin. Lorsque cela sera fait, retourne-le. Sois sa maitresse et lui ton serviteur, fais passer ses vices pour des vertus et ses vertus pour des vices. (La routine, jusque-là) Ôtes-lui tout moyen de communication que dans cette tourmente ses amis deviennent ses ennemis et la paranoïa, sa plus fidèle compagne.
Si le supplice se révèle concluant, sois sûre mon enfant que tu seras récompenser et nous reparlerons de ton augmentation.

Cruellement,

Lilith
Première Dame des Contrées infernales. »

En bonne politicienne, Lilith sait faire de long et beau discours qui peuvent se résumer en trois mots : Baiser, Isoler, Dominer, ironise Abrahel. Elle s’assoit devant la coiffeuse de sa chambre et commence devant le miroir sa métamorphose. Elle rectifie son buste, ajoute avec subtilité de la graisse entre ses cotes, allonge l’ovale de son visage, adoucit ses arcades sourcilières. Les gestes quasi machinaux de sa transformation la transportent telle une madeleine, dans sa jeunesse. Elle se prend à repenser avec nostalgie à son examen d’entrée dans le monde infernal, le B.A.D (Brevet d’Apprentissage Démoniaque).

1581, Duché de Limbourg dans les Pays-Bas du Sud.
La pleine lune éclairait ses pas. Anxieuse, Abrahel ne cessait de se triturer les doigts en traversant le petit village de Dalhem. Le couvre-feu était passé depuis plusieurs heures. Les pignons de briques aux toitures élancées prenaient dans l’épaisse brume hollandaise des airs fantomatiques. Cela faisait plusieurs mois qu’Abrahel planchait sur son sujet d’examen du B.A.D: Pervertir un pieux berger et le contraindre à renoncer à sa foi. L’énoncé en apparence classique laissait une grande liberté dans la manière dont il pouvait être traité. La jeune démone avait une peur panique du Hors-sujet mais il était trop tard pour faire marche arrière. Elle avait sacrifié trop de nuit et d’orgie étudiante à insinuer patiemment dans le sommeil du berger l’objet de sa perdition. Elle atteignit tel un spectre la bergerie. Sa femme et ses enfants dormaient dans la partie réservée à l’habitation. Mais le pauvre berger perclus de fatigue s’était assoupi contre un ballot de paille dans l’étable. Il rêvait à la belle vierge de son village qu’il désirait posséder plus que tout. Le fantasme était créé de toute pièce par Abrahel. Ce soir, il servirait de point de départ à son partiel démoniaque. D’un claquement de doigts, elle réveilla le berger et lui apparut sous les traits de la jeune femme convoitée. La première partie du plan ne recelait que très peu de difficulté et Pierron n’en opposa aucune. L’image de la pucelle en tenue légère avec seulement deux jupons de flanelle finit de lui faire perdre la raison et d’attiser sa concupiscence.
— O mortel ! (se sentant observer par ses examinateurs, elle poursuivit d’une voix théâtrale de soprano.) Je serais tienne et tu jouiras de mille plaisirs, mais pour cela tu dois te soumettre à mes ordres.
— Bien maitresse, oui maitresse.
Le berger se bavait littéralement dessus. La démone reprit confiance. La deuxième partie de son exposé était la plus périlleuse, et demandait subtilité et force de persuasion. Elle était la pièce maitresse de son supplice.
— Pour me prouver ta soumission, sacrifie à mon culte la partie la plus pure de ton être, la plus chère à ton cœur : ton fils.
— Mais c’est mon unique fils. Ne pourrais-je pas sacrifier ma femme à sa place ?
— Je suis ton unique maitresse et tu m’obéiras. Estime-toi chanceux, que je ne te demande pas tes attributs servis en tartare sur un plateau d’argent.
Le berger aussi écœuré qu’effrayé marqua un temps d’hésitation. Abrahel y répondit par un habile jeu de bras qui laissa l’espace d’un battement de cœur, entrevoir le téton de son sein gauche. Obsédé par la vue de ce sein qui ne saurait être caché, toutes les réticences de Pierron fondèrent comme neige au soleil. Envouté par la créature infernale, il se dirigea comme un pantin vers sa demeure. Sans un bruit, il souleva son fils et le porta à l’épaule. Le garçon encore ensommeillé comprenait peu la scène qui se déroulait. De retour à l’étable, Pierron déposa son enfant sur un ballot de paille et décrocha des ciseaux à tondre du râtelier. Il avança d’un pas décidé vers le garçon. Troublé par le regard meurtrier de son père, l’enfant lança d’une voix où se lisait une innocente angoisse :
— Papa ?
— Tu comprendras quand tu seras un homme, mon fils.
D’un geste mécanique, il engorgea la tendre gorge de son enfant. Avant même que l’agonie du jeune garçon ne soit achevée, Pierron se retourna vers Abrahel les mains ruisselantes du sang de son enfant.
— Vos désirs sont exécutés, maitresse.
— À la prochaine lune, je t’apparaitrais. Tu me posséderas et tous tes rêves les plus pervers se réaliseront. Les paroles résonnèrent une dernière fois avant que le berger ne reprenne ses esprits. Comme sortant d’un mauvais songe, Pierron prit conscience des ciseaux poisseux de sang qu’il serrait dans sa main gauche. Il tomba à genoux et recueillit le corps suffocant de son fils. Dans un spasme, l’enfant souffla un ultime « Papa ? » projetant des gerbes de sang au visage de son père.
Abrahel réapparut comme prédit à la pleine lune suivante.
Pierron avachi sur une chaise cuvait son vin. Depuis le sacrifice du fils, sa femme lui avait fait pousser avec tous les hommes du village des cornes plus longues qu’aucun des boucs qu’il possédait. Rongé par le chagrin et la culpabilité, il avait rapidement sombrait dans l’alcool. Abrahel se matérialisa nue devant lui, une expression de toute puissance sur le visage. L’homme ne réagit même pas aux courbes enfin dévoilées de la vierge. Avisant de la présence de la femme, il tenta vainement de se lever pour se donner une contenance malgré les traces de vomissure qui maculaient sa chemise. Il tituba et s’étala de tout son long sur le plancher de la bergerie.
— Mon fils, pourquoi me l’avez-vous enlevé, maitresse ? geignit-il en rampant vers les pieds d’Abrahel
— Il est mort de tes mains, Pierron, si tu veux blâmer quelqu’un pour ce malheur, il te suffit d’un miroir.
— Menteuse, il n’est pas mort, vous me l’avez volé (grisé par l’alcool, il hurla de colère.)
— Oserais-tu sous-entendre que ta maitresse ne cherche pas ton bonheur alors que je m’offre nue à toi ? Ai-je un seul instant trahi le pacte qui nous lie ? Ai-je poussé ta femme dans les bras d’un autre et accablé ta conscience de remords ? Mon pouvoir à ses limites et seul le Tout-Puissant est capable de châtiment si extrême.
— Maitresse, aidez-moi, je vous en supplie. (atteignant ses pieds, il les lui baisa) Ramenez moi mon garçon, je serais votre chose et ma dévotion vous sera éternellement acquise.
— Ta maitresse est bonne, tes vœux seront exaucés. Va chercher une pelle et déterre le corps de ton fils.
Dans la pénombre du cimetière, Pierron exhuma le corps en décomposition de son enfant. Abrahel luisit d’un feu-follet verdâtre qui lentement s’insinua dans les narines du garçon. Sa poitrine se souleva à un rythme saccadé. La vie habitait de nouveau le corps malingre du garçon.
— J’ai tenu ma part du pacte, j’attends que tu respectes la tienne
— Merci maitresse, bien maitresse. (l’homme à genoux en pleurs) Je serais votre plus fervent serviteur, jamais vous ne connaitrez plus fidèle...
Abrahel lassé de ses jérémiades, coupa court et disparut.
La puanteur cadavérique ne quitta jamais le corps de l’enfant. Famélique, il tombait régulièrement malade, n’était animé d’aucune volonté, et restait muet comme une tombe. Mais ses maux pesaient peu comparer à la culpabilité qui avait jadis ravagé le berger. Pierron s’occupait sans relâche du garçon, le soignant, le lavant, le nourrissant. Trop heureux du peu de vie qui animait son enfant. Chaque heure de la journée, il louait la démone pour ses faveurs accordées. Le garçon vécut un an et mourra d’une mort violente. À sa mort, Pierron renia sa foi envers Créateur qui pour la seconde fois, lui reprit son fils et se tourna vers le culte noir. Abrahel finit major de sa promotion avec les félicitations du jury. Dès lors, Lilith la prit sous son aile.

Abrahel admire une dernière fois sa tenue de femme de chambre dans le miroir avant de se diriger vers la suite 2806.
12 h 6, le timing doit être parfait. Elle entre dans la chambre à l’aide de son passe magnétique. Une minute plus tard, la cible sort de la salle de bain, un peignoir passé à la vite sur son ventre bedonnant. Nullement surpris par la femme de chambre, un sourire ribaud se dessine sur ses lèvres. L’homme n’est pas long à convaincre et se dévêtit avec empressement. Son sexe dans la bouche, Abrahel admire la vue de la suite présidentielle : un panorama à couper le souffle sur les gratte-ciels de Manhattan. Le paysage est une ode à l’orgueil démesuré des mortels. L’affaire expédiée en moins de vingt minutes, elle retourne à sa chambre pour se changer. La boite rouge a disparu, une enveloppe la remplace. Tout en enfilant sa combinaison de cuir, elle fait le check up de sa mission : Séduire/OK Baiser/OK Isoler/… . Isoler ? Le portable ! Elle fourre la lettre dans une poche et fonce vers la suite 2806. Par chance, l’homme est aux w.c.. Elle subtilise avec hâte le BlackBerry sur la desserte en bois clair. D’un léger effleurement sur la coque du portable, elle émet une légère décharge électrique bleutée qui court-circuite la puce de la machine. Tout en prenant l’ascenseur de service, elle ouvre l’enveloppe. Elle contient sa future cible : un président français, brun, lunette, la cinquantaine, courtaud, amateur de scooters. Elle se remémore le jour où sous les conseils de Lilith, elle choisit son orientation post B.A.D : Succube politique. Une erreur, pense-t-elle avec regret, le master « Succube footballistique » est bien plus agréable et beaucoup plus rentable. Elle jette le portable dans un caniveau, enfourche sa moto et met les écouteurs de son baladeur. Dans un bruit infernal, la succube file sur l’avenue. Les paroles de la chanteuse emplissent ses oreilles.

« Je n’ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson
J’appuie sur le starter
Et voici que je quitte la terre
J’irais peut-être au Paradis
Mais dans un train d’enfer »


Épilogue :

15 h 29, constatant la perte de son BlackBerry, DSK téléphone au Sofitel depuis l’aéroport JFK. Repéré grâce à l’appel, il est arrêté par la police new-yorkaise pour viol. La mission de la succube s’achève ici. Mais la descente en enfer de l’homme politique ne fait que commencer, car Malphas, ministre de la Discorde reprend les rênes de la tourmente.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 21:47

Texte n°4 :

Bestiaire insolite des créatures fantastiques : le lutin-chaussette

Amis des créatures fantastiques, bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du bestiaire insolite. Cette semaine, poursuivons notre tour d’horizon des habitants féériques qui peuplent les maisons à votre insu. Après le videur de poches et le retourneur de tartines, intéressons-nous à une créature fascinante : le lutin-chaussette.
Ce lutin mesure une quinzaine de centimètres, arbore une peau bleue et des cheveux allant de l’azur pâle au pourpre. Rapide et vif, le lutin a une passion dans la vie : les chaussettes. On ignore encore les raisons de cet amour immodéré. Le professeur Pouglarg, célèbre elficologue, avance que ce vêtement tient une place religieuse très importante dans les sociétés lutines : ces petites créatures vénéreraient nos chaussettes !
D’autres, comme le professeur Querlande, arguent que la possession de chaussettes joue un rôle social, car elle témoignerait de la force du lutin : celui qui en détiendrait le plus serait en quelque sorte le chef. Des écoles plus farfelues soutiennent que bas et socquettes seraient des mets de choix pour les lutins !
Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’a été prouvée, car si nous avons réussi à capturer des lutins-chaussettes, personne n’a pu mettre la main sur un nid ou sur le butin de l’un d’eux. Nous savons que ces créatures adorent les chaussettes et sont responsables de leur disparition. Ils attaquent les chaussettes oubliées sur le sol, sous les lits ou au fond des commodes. Ils visent les paniers à linge, et les plus téméraires s’aventurent même jusque dans les machines à laver ! Les lutins dérobent toujours une chaussette, jamais la paire.
Pour remédier à ces désagréments, des moyens simples existent. N’essayez pas d’attraper ou de piéger les lutins, ils sont trop vifs et malins pour ça. En cas d’invasion, appelez des professionnels. Pour limiter les risques de vol, éduquez plutôt vos enfants à ne pas laisser traîner leurs affaires (plus facile à dire qu’à faire, je le reconnais). Ne jetez pas vos chaussettes orphelines, mais placez-les sous les meubles ou dans les recoins, comme une offrande pour les lutins. Et si toutes ces solutions ont échoué, eh bien, habituez-vous à porter des chaussettes dépareillées.

À bientôt pour un nouvel épisode du bestiaire insolite des créatures fantastiques, qui sera consacrée à la fée fileuse de collants.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 21:48

Texte n°5 :

Sur la plage baignait par l’embrun marin, un corps nu était langoureusement allongé sur le sable froid. Un corps féminin sur lequel perlait encore la rosée salée de l’océan.
La femme laissait les rayons de la Lune courir le long de ses formes d’une douloureuse beauté. Ses cheveux du gris de la mer s’étalaient sur le sable comme un éventail brumeux.
Aux alentours, plusieurs hommes et femmes  dans leurs plus simples appareils courraient, riaient et dansaient sous la lumière nocturne de l’astre timide de la nuit. La fête allait durer jusqu’à ce que le soleil réapparaisse au-dessus de la ligne de l’océan.
Alors, les Selkies reprendraient leurs fourrures duveteuses et replongeraient dans le royaume de Njöll avec le peuple des profondeurs. Les précieuses toisons étaient entassées près des rochers un peu en retrait de la plage, à l’abri des marées et des oiseaux sournois.

Au bruit de la musique, la femme devina que deux compagnons étaient sur le point de s’unir sous la lumière et la bénédiction de leur maitresse.
Se relevant sur un coude, elle observa la danse effrénée d’un couple sous les branches croisées de deux algues des grands fonds. Dans quelques instants, leurs esprits allaient être fusionnés pour l’éternité. La femme se rappelait de sa propre union avec le beau Jaydr plusieurs lunes auparavant.

Mais soudain, un grand cri retentit parmi les créatures attroupaient sur la plage.
Comme une nuée d’oiseaux, une course folle s’élança en direction des rochers. La femme allongée mis un moment avant de comprendre ce qui avait provoqué une telle réaction chez ses compagnons. Et enfin, elle le vit. A la limite de la plage se tenait une sordide créature terrestre que les Anciens appelés Humains. Et celle-ci était selon toute vraisemblance un homme.
Bondissant sur ses pieds, la femme courue en direction des rochers.
Déjà, plusieurs Selkies avaient attrapées leur peau et l’avait jeté sur leur épaules afin de réintégrer leur habit marin. Bientôt, le groupe serait à l’abri de l’Humain.

Arrivée près des rochers, la femme commença à fouiller frénétiquement les peaux sans parvenir à retrouver la sienne. Le tas s’amenuisait à mesure que ses compagnons récupéraient leur propriété et une peur panique commençait à nouer les entrailles de la belle créature.
Et puis, la dernière peau disparue sous les yeux de la femme. L’évidence s’imposa alors à elle : sa toison avait disparue. Il lui était impossible de regagner la mer. Ses yeux se portèrent sur les vagues qui s’écrasaient contre le sable et des larmes salées coulèrent le long de ses joues.

Alors, elle sentit sa présence.
Derrière elle se tenait l’Humain. Il était immobile en haut de la plage telle une présence à la fois timide et inquiétante. Il semblait follement fasciné par la belle créature face à lui.
−Tu cherches ta peau ? demanda-t-il. Je l’ai caché quelque part hors de ta portée. Je te la rendrais si tu acceptes de vivre avec moi et d’être ma femme.
La langue de l’Humain était tellement grossière et en même temps sa voix transpirait de tellement d’amour. La Selkie compris qu’elle n’avait pas le choix, l’Humain disposait à présent d’une emprise irrésistible sur elle. Elle hocha la tête en consentement, car si elle comprenait la langue des Hommes, elle ne pouvait la parler.
−Comment t’appelles-tu ? demanda l’Humain. As-tu au moins un nom ? Alors, je vais t’appeler Myrn. Mon nom à moi c’est Svarn.

Et Svarn conduisit sa nouvelle femme dans la cabane qu’il habitait au bord de la mer, car il était pécheur. Il vêtit Myrn, lui donna à manger, lui présenter sa maison et son bateau.
La Selkie resta le regard dans le vide comme si une partie de son esprit n’était pas dans son corps. Et en effet, ses pensées jouaient dans les vagues et plongeaient dans les profondeurs à la rencontre des siens.

Les années s’écoulèrent doucement. Myrn mena en apparence la vie d’une parfaite maitresse de maison. Elle s’occupait de la propriété, faisait la cuisine pour son époux partit en mer ou sur le marché vendre sa pêche. Mais jamais ne la quittait le souvenir de sa peau cachée quelque part.
Bien souvent, au coucher du soleil, elle descendait sur le rivage. Là, elle s’asseyait sur un rocher et chantait doucement une mélodie des océans en contemplant ses étendues qui lui étaient à présent inaccessibles.

Et un beau jour, un bébé fit son entrée dans la maison. Une petite fille qui fit nommée Fyngard.
L’enfant illumina quelque peu la vie de Myrn et cela réjouit le cœur de Svarn. L’Humain était bien conscient de la mélancolie qui habitait l’esprit de sa femme si douce et si avenante. Il savait quel était l’objet de son désir et la manière de le satisfaire. Mais, au fond de son être, il ne pouvait se résoudre à laisser partir pour toujours celle qu’il aimait.
La petite Fyngard grandit et bientôt elle accompagna sa mère dans ses ballades sur le rivage. Elle écoutait la voix cristalline lui contait les merveilles des royaumes marins, les créatures qui y vivaient, les cités qui s’y élevaient. Cependant, elle ressentait toute la peine et la tristesse qui étreignait le cœur de sa mère.

Un jour, Fyngard osa enfin questionner sa mère.
−Il y a bien longtemps, j’ai perdu quelque chose de précieux, répondit Myrn. Une belle fourrure brune tachetée de bandes blanches.
−Mère, répliqua la petite fille, j’ai vu quelque chose qui ressemble à ce que tu recherches. Un jour que je ramassais du bois à la lisière des bois, j’ai vu père y pénétrais. Je l’ai suivi jusqu’au cœur de la forêt. Là, il a extirpé d’une cachette une belle peau brune avec de fines bandes blanches. Il semblait y attacher une grande importance alors j’ai supposé qu’il voulait t’en faire cadeau. Mais cela se passait il y a déjà plusieurs saisons.
Pour la première fois depuis des années, la lumière revint dans le regard de Myrn. Elle voulut presque embrasser sa petite fille, mais elle devait faire vite avant que Svarn ne revienne de la pêche.
La Selkie sortit en trombe de la maison, en ayant fait jurer auparavant à sa fille de taire leur conversation, et disparu en direction de la forêt.

Le soir, Svarn revient et questionna Fyngard de l’absence de Myrn.
La petite informa son père que sa mère était sortie et qu’elle allait surement revenir bien vite. Mais, la tomba et Myrn ne revint pas. Au matin, elle n’était toujours pas rentrée.
Les jours passèrent et l’évidence s’imposa : la Selkie était partie. Svarn commença à soupsonner ce qui était arrivé entre la mère et la fille. Pourtant, il n’en fit aucun reproche à Fyngard s’étant reproché bien souvent son égoïsme qui privait sa femme de bonheur.
Peiné, il s’installa dans son siège face à la mer, rêvant en secret d’apercevoir la silhouette de la créature qui avait été sa femme durant des années. Mais les vagues étaient calmes et monotones.

Alors, le lendemain, il prit son navire et partit en mer comme à son habitude.
Sauf que cette fois-ci, ses filets capturèrent autant de poissons que plusieurs jours normaux. Et le phénomène se reproduisit le lendemain, et le jour d’après, et celui qui suivit encore.
Intrigué, mais au comble de la joie, Svarn se demanda comment la chance pouvait autant lui sourire. Il lui fallut plusieurs jours pour remarquer que sa fille s’éclipsait régulièrement à la nuit tombée pour revenir au matin, apparemment au comble de la joie.
Ainsi, le soir suivant, il suivit sa fille jusqu’à la plage où il avait arraché plusieurs années auparavant Myrn de son monde. Et là, sous la lune, il aperçut une forme fendre l’écume. Un grand phoque émergea des eaux et s’avança sur le sable. Il se débarrassa de sa peau et sur ses deux jambes se tint la belle Selkie. Elle prit sa fille dans ses bras et commença à jouer dans les vagues avec elle.

Un moment, Svarn voulu sortir de sa cachette pour rejoindre sa femme et sa fille. Mais au dernier moment, son cœur le retint. Sa fille était à moitié de la mer après tout et lui-même n’avait pas été invité. Un sourire aux lèvres, il remonta le sentier jusqu’à la maison et attendit le lendemain.

Au matin, il retrouva sa fille pour le déjeuner.
−Alors, Fyngard, tu as bien dormi ?
−Oh oui, père. J’ai nagé parmi les dauphins et j’ai entre-aperçu le palais de Njöll.
Après ce qu’il avait vu la veille et à voir les traces de sel dans les cheveux bouclés de sa fille, Svarn savait que ces paroles n’étaient pas pur symbolisme.

Ainsi, lorsque la nuit il entendait les petits pieds de sa fille faire grincer le plancher de la maison pour se glisser à l’extérieur, un sourire s’esquissait au coin de ses lèvres, car il savait qu’au matin il apercevrait les perles de sel dans les cheveux de sa fille...

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 9 Mar 2014 - 22:11

5 textes? Jolie moisson. Il ne reste plus qu'aux AEtiens à accomplir leur devoir électoral

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Lun 10 Mar 2014 - 11:31

Holala ! ça va être difficile de choisir.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Lun 10 Mar 2014 - 17:38

A voté, coup de coeur pour le texte 2, même si j'ai bien aimé le 1 et le 5 aussi.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Lun 10 Mar 2014 - 18:20

Coup de coeur pour le 2 également, mais je trouve que tous les textes sont réussis chacun dans leur genre.

Allez allez, venez faire votre devoir électoral, tout le monde !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Lun 10 Mar 2014 - 18:36

Coup de cœur pour le dernier !
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Lun 10 Mar 2014 - 18:56

Je me suis décidé pour le 3 car j'ai bien aimé coté décalé. J'ai trouvé le 1er très bien écrit aussi, ils ont tous quelques chose d'intéressant.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 12:52

Venez voter !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 13:40

Personnellement, je vote pour le numéro 2. J'ai longtemps hésité avec le 3 mais le second me semble plus recherché. Globalement, c'est le mieux réussi (à mon avis Smile)
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 14:54

Le chou fleur a voté Very Happy

Mais ils étaient tous vraiment très bien,

bravo à tous Wink
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 15:05

Le choix n'est pas facile. J'ai hésité entre 2 ( le style me plaît beaucoup), le 4 (original et marrant)
et le 5 (très belle histoire)

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Il meurt lentement; celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider[...] Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère. Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements. Ou qui ne parle jamais à un inconnu.  Il meurt lentement; celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés. Vis maintenant! Risque-toi aujourd'hui! Agis tout de suite! Ne te laisse pas mourir lentement! Ne te prive pas d'être heureux! Pablo Neruda.

Lis un millier de livres et tes mots couleront comme une eau de source. Lisa See - Fleur de Neige
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 15:33

Bonjour,
J'ai voté pour le 2 que je trouve très réussi.
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Morrigan
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 12 Mar 2014 - 17:44

Bien aimé le 1, j'ai apprécié de retrouver l'univers.
Le 2 est sympa aussi, bien écrit et agréable.
Pas du tout accroché au 3, pas le genre que j'aime.
Le 4 est amusant.
Le 5 a un côté conte bien sympa, même si très rapide, mais ce sont les consignes du concours qui veulent ça.

Bref, dur dur, mais a voté.

(en plus, je pense avoir reconnu à peu près tout le monde ^^)
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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Sam 15 Mar 2014 - 9:29

Petit up, venez voter !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Sam 15 Mar 2014 - 11:29

J'ai voté pour le 5, pas très original, mais une très belle histoire et bien écrite

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 16 Mar 2014 - 17:32

Et hop, devoir accompli! 
Félicitation à tous les participants qui ont eu le courage de relever le défi.

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Dim 16 Mar 2014 - 17:43

Voté ! même si le choix était difficile !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mar 18 Mar 2014 - 21:20

Allez, venez voter, il vous reste encore quelques jours pour faire votre devoir électoral !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Mer 19 Mar 2014 - 17:55

Plus que quelques jours pour voter...

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Sam 22 Mar 2014 - 9:52

Dernier jour pour voter !
Après être passer à l'isoloir, venez voter pour le concours !

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Sam 22 Mar 2014 - 20:09

Eh bien, nous y voilà.
Le lauréat de ce nouveau concours est donc Dead Moon pour son texte sur la bête du Gévaudan.

Bravo à elle !

Et bravo à tous les autres concurrent(e)s de ce concours !

::crazy::

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MessageSujet: Re: concours n°47-votes   Sam 22 Mar 2014 - 20:20

Bravo Dead Moon  cheers 

Et bravo à tous les autres participants.

Pour ma part, comme certains ont dû le deviner, mon texte était le n° 1.

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