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 L'horreur née du Kangoo

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Matlard
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MessageSujet: L'horreur née du Kangoo   Lun 17 Mar 2014 - 21:03

Salut tout le monde !

J'étais en train de m'envoyer le deuxième volume de l’anthologie de H.P Lovecraft et j'ai soudainement eu envie d'écrire une petite nouvelle en l'hommage de mon cher colocataire. Le début n'est pas très sérieux mais je me suis laissé prendre au jeu par la suite... enfin vous verrez si vous avez le courage de passer le 2e paragraphe !  Very Happy 

L’horreur née du Kangoo


La colocation Bast’Hard & Matlard était une colocation comme il en existe des milliers en région parisienne. Située dans les quartiers tranquilles et résidentiels d’Aulnay-sous-Bois – cette ville fleurie de Seine-Saint-Denis – l’ancienne maison qui abritait les deux amis était proche de toutes les convenances de la vie quotidienne et ne manquait de rien, hormis peut-être un escalier d’accès un peu moins bruyant ainsi qu’étroit. Proche de la gare et entouré de voisins calmes et amicaux, le cadre de cette habitation était de loin différent de ceux balayés par les vents humides et obscures des grandes plaines anglaises désertiques du début du XVIIIe, théâtres de bon nombre d’histoires et légendes toutes plus effrayantes les unes que les autres et que certains Lovecraft et autres Edgar Poe aimaient à coucher sur le papier.

Pourtant, quelques trente années après les faits qui s’apprêtent à être narrés ici, certains des voisins de cette paisible colocation frissonnent encore à l’évocation de l’horreur qui s’est déroulée au pied de leurs habitations, ce terrible mois d’octobre 2014. Certains sont morts depuis, le temps accomplissant son œuvre immuable, d’autres ont déménagés le plus loin possible de cette sombre affaire sans se retourner et les autres – une fraction non négligeable du voisinage – ont tout bonnement sombrés dans la folie. Tous, pourtant, et c’est bien cela qui les unis, n’ont eu de cesse depuis cette abjecte histoire d’employer leurs efforts à tenter d’oublier les faits qui se sont déroulés pendant ces quelques semaines d’horreur. Malheureusement, bien que le temps qui passe permette d’effacer de notre esprit bien des choses, il est certaines abominations qui restent gravées dans la mémoire, à l’instar des épitaphes dans le granit de nos tombes. C’est ainsi que l’étrange histoire se perpétue à travers les décennies, évoquée entres amis au coin du feu un soir d’automne froid et humide, ou racontée ironiquement en repas de famille de manière à effrayer les enfants. Toutefois, même les plus hardis colporteurs de la sombre légende ne peuvent réprimer systématiquement l’insidieux frisson qui leur parcourt l’échine à chaque évocation des détails de la terrible histoire.

La version qui suit est l’une des nombreuses interprétations qui se raconte d’années en années, chuchotée à la tombée de la nuit autour d’un feu de poubelle à l’orée d’un parking TATI ou tard le soir dans le vent frais qui balaie le parc Charles de Gaulle devant la gare de cette triste commune d’Aulnay-sous-Bois. La légende affirme que c’est la version originelle, sortie tout droit de la bouche – juste avant son suicide – de la plus âgée des voisines au moment des faits, elle affirme également que c’est la plus fidèle à la réalité. A charge aux lecteurs de décider de la véracité ou non de cette histoire.

Bast-Hard était un jeune homme susceptible, barbus et blond aux cheveux longs comme l’exigeait la tendance de l’époque, il était court sur pattes mais fin et élancés. Ses yeux avaient du félin et son regard était perçant. Très observateur, il compensait sa petite taille par un sens pratique hors du commun. Cela faisait au moment des faits déjà bien quinze ans qu’il connaissait son ami et colocataire Matlard qu’il avait rencontré en classe de sixième au collège. Bien que de nature taciturne et désinvolte, Matlard constituait l’épaule fiable et solide dont Bast-hard avait besoin pour épancher ses peines de cœur. Arrivés ensembles en région parisienne, le harassant mode de vie parisien avait eu tôt fait de rapprocher davantage les deux comparses. C’est ainsi qu’à la fin de l’été 2013, Bast-Hard emménagea chez Matlard pour des raisons financières évidentes. Matlard louait de manière clandestine un appartement situé à l’étage d’une grande et ancienne maison d’un des quartiers résidentiels d’Aulnay-sous-Bois, habitée par une vielle dame retraitée du Chemin de Fer et qui avait pour habitude de disparaître pendant des jours, voire même des semaines. Cette présence sporadique laissait aux deux colocataires toute la tranquillité nécessaire qu’il incombe à deux jeunes hommes dans la force de l’âge. Cependant, la vie parisienne étant ce qu’elle est, Matlard partait tôt le matin et rentrait du travail très tard le soir, alors que Bast’hard, lui, travaillait non loin de leur lieu d’habitation. De plus, la petite amie de Matlard habitait Paris, or il n’était pas rare que ce dernier ne rentre pas du tout à la colocation, préférant le nid douillet de sa moitié au désordre austère de l’appartement. C’est pourquoi, bien qu’ils habitaient ensemble, cette situation incongrue avait pour conséquence le fait que les deux amis ne se voyaient que très peu la semaine et moins encore le week-end, puisqu’il était rare qu’ils le passent à Aulnay-sous-Bois. Bast-Hard regrettait d’ailleurs intérieurement les nombreux moments passés avec Matlard, lorsque celui-ci n’était encore qu’apprentis et rentrait tôt le soir.

L’horreur débuta tôt le matin d’un des jours de la première semaine du mois d’octobre 2014. Alors que Matlard avait déjà quitté l’ancienne maison pour aller gagner son pain quotidien, Bast’Hard, à l’époque stagiaire dans une petite entreprise spécialisée dans la réfrigération pour les boucheries et autres morgues, arpentait les ruelles étriquées du quartier résidentiel à la recherche de ce qui faisait alors sa fierté ; son Kangoo. Il avait acheté cette voiture à un inconnu quelques mois auparavant dans des circonstances plus qu’étranges par l’intermédiaire d’internet. Le vendeur en question lui avait cédé l’automobile pour une valeur dérisoire, pire ; Bast’Hard, homme intègre et honnête, avait dû lourdement insister lors de la transaction pour ne pas se voir offrir la voiture gratuitement. Selon les dires de Bast-hard, l’inconnu semblait mettre un point d’honneur à vouloir se débarrasser promptement de son Kangoo pour des raisons que ce dernier n’était pas capable d’expliciter. Bast-Hard – qui bien qu’un peu simple n’était tout de même pas né de la dernière pluie – flairant l’arnaque avait tout de même insisté, mais n’avait obtenu pour toute réponse que des balbutiements et des mots ou noms étranges et inintelligibles. Soit, le véhicule semblait en bonne état et c’est donc satisfait que Bast’Hard conclu la transaction et emporta le Kangoo loin de cet homme étrange et peu soigneux, au vu de l’état intérieur de la voiture.

Bast-Hard était donc ce matin-là, dans le froid et le calme de l’aurore d’octobre, à la recherche de son Kangoo. Il est vrai que dans ce quartier résidentiel toutes les rues se ressemblaient. Une multitude d’allées goudronnées s’articulaient en escargot tout autour du boulevard central et se rejoignaient en un point commun, formant ainsi l’un des deux plus gros ronds-points de la commune. Après avoir erré vingt minutes dans les méandres de ce labyrinthe d’asphalte, Bast’Hard aperçut enfin son cher Kangoo à l’angle d’une rue dont il n’avait aucunement le souvenir de l’avoir déjà empruntée.

« Rien d’étonnant à cela » se dit-il alors, « les rues ici sont comme des empreintes digitales ; toutes différentes mais identiques à la fois ». Rassuré, le jeune homme démarra l’engin et alla accomplir sa journée de travail quotidienne. Les faits, cependant, se répétèrent le lendemain. Alors qu’il avait déjà oublié les vingt minutes matinales de recherche de la veille, Bast-Hard perdit une nouvelle fois la trace de son véhicule et fut obligé d’aller au hasard des rues pour retrouver à nouveaux son Kangoo, dans une allée plutôt éloignée de sa maison et dont il n’avait aucun souvenir. Pestant contre son cerveau fatigué, il fit le serment de bien noter dans son esprit l’emplacement où il garera ce soir sa voiture, pour ne plus perdre son temps le matin. Ce fut chose faîte puisque le soir-même, il grava dans sa mémoire le numéro et le nom de la rue dans laquelle il avait garé son Kangoo. « 27 rue d’Arkham, 27 rue d’Arkham » se répéta-t-il à lui-même sur le chemin menant à l’ancienne maison, pour être certain de ne pas l’avoir oublié avant le lendemain matin.



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sombrefeline
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mar 25 Mar 2014 - 9:43

Personne pour commenter?

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mar 25 Mar 2014 - 11:56

Alors je viens de finir ^^

J'aime beaucoup ton style, je trouve que tu écris très bien, (et ça m'étonne que tu n'aies pas eu de commentaire jusqu'ici :( ) c'est sans lourdeur et avec un bon vocabulaire.

On note bien l'ironie du texte, tu oscilles entre les clichés du genre et les blagues entre potes, mais du coup c'est un chouïa excluant.

J'ai vraiment rien à dire à part ça :x

Juste une question: il existe vraiment ce Kangoo ? Smile


Dernière édition par cauliflower le Mar 25 Mar 2014 - 12:21, édité 2 fois
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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mar 25 Mar 2014 - 12:07

Merci beaucoup pour ton commentaire !
Je comprends tout à fait pour le côté excluant, rien que de changer les surnoms par des prénoms communs aurait été un plus (mais j'admets avoir eu la flemme... Smile ). En plus faut admettre que le titre sonne pas très sexy... Very Happy

Ce premier tiers du texte est assez marqué par des piques et blagues à l'intention de mon colloc (qu'il a d'ailleurs beaucoup apprécié) mais la suite deviens plus sérieuse et plus noire, ce que je préfère d'ailleurs.

Bon, puisque tu as eu le courage de lire ça, je posterai la suite ce soir!

Et oui, le Kangoo existe bel et bien ! Ainsi que la vieille dame retraitée du chemin de fer, l'appartement et le quartier... en gros presque tous les éléments de contexte.

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mar 25 Mar 2014 - 21:33

Partie 2/3 :

Toutefois, c’est accompagné d’un sentiment mêlant inquiétude, énervement et anxiété qu’il constata le lendemain, qu’une nouvelle fois, le véhicule n’était plus à l’emplacement auquel il l’avait garé la veille. Il faisait face au 27 rue d’Arkham et n’apercevait cependant aucun Kangoo. Ce n’est que deux ou trois rues plus loin qu’il découvrit sa voiture sagement garée au bord d’un trottoir. A cet instant précis, il est difficile de décrire fidèlement les pensées qui se dévidèrent à un rythme effréné dans l’esprit du pauvre Bast’Hard et bien qu’en quelque secondes, les hypothèses les plus réalistes se mêlèrent aux théories les plus irrationnelles, il était sûr d’une chose ; le véhicule avait changé de place depuis la veille. C’était une certitude. Ce matin-là, c’est furieux qu’il démarra son véhicule pour accomplir les sept kilomètres quotidiens qui le séparaient de son lieu de travail. Les hypothèses et conjectures ne cessaient de se percuter dans son esprit et c’est durant ce trajet, alors qu’il stationnait à un feu rouge, que cette angoissante situation qui était la sienne depuis maintenant trois jours pris l’aube d’une horreur nouvelle. Alors qu’il attendait patiemment que le feu passe au vert, une odeur innommable s’insinua dans l’habitacte du véhicule, incitant Bast’Hard à froncer les sourcils. Pensant au début que cette odeur de putréfaction émanait depuis l’extérieur, il se borna à laisser closes les fenêtres du Kangoo jusqu’à ne plus y tenir et daigna finalement ouvrir ces dernières pour constater que cette abominable exhalaison, comme sortie tout droit des terres stériles et désolées de l’Enfer, émanait depuis l’intérieur de la voiture. Dans l’incompréhension la plus totale, Bast’Hard termina son trajet le nez pincé et la bouche ouverte et la journée durant, ne put s’empêcher de sentir sur lui l’effroyable odeur qui avait imprégnée ses vêtements. Si ses collèges de travail s’aperçurent de l’effluve nauséabond, ils n’en firent nullement cas et le chemin du retour fut marqué par l’absence totale d’émanation dans le Kangoo. Après avoir garé son véhicule, Bast’Hard s’entêta à prendre une photographie en plan large avec son téléphone de la rue dans laquelle le Kangoo était une nouvelle fois garé, de manière à confondre la réalité du lendemain – si toutefois la situation venait à se répéter – avec l’évidence d’une preuve indiscutable. Ayant la confirmation que Matlard rentrerait tard ce soir-là, Bast’Hard, dans un élan de suspicion, cacha le seul jeu de clés permettant l’ouverture et le démarrage du Kangoo sous son oreiller pour être certain que personne – bien qu’ayant certains scrupules à soupçonner ainsi son colocataire et ami – ne puisse lui subtiliser les clés et opérer l’insidieux changement de place de son véhicule. Ereinté par l’étrange de cette journée angoissante, Bast’Hard ferma les yeux et sombra rapidement dans un maelström de songes divers où images effrayantes, odeur indescriptibles et sonorités inquiétantes s’entremêlaient en une effroyable sarabande qui se répétait indéfiniment et dont l’issue et la source avaient pour seule origine commune ; les interstices de la porte ouvrant sur ce placard abandonné au contenu inconnu dans le salon. Un placard dont il avait oublié l’existence, présent sans l’être réellement et que même du coin de l’œil, il n’arrivait à distinguer.

Le lendemain matin, Bast’hard eu le soulagement de constater que le jeu de clé était bel et bien resté a sa place sous son oreiller. Matlard étant parti, il put se délecter d’un bon café frais, plus que nécessaire après l’agitation de la nuit passée. Après avoir suffisamment repris ses forces, c’est la démarche assurée et sereine qu’il quitta son domicile pour gagner le Kangoo qui lui procurait tant de soucis. Armé de la photographie prise la veille sur laquelle on pouvait distinguer le nom de la rue, il déambula dans l’escargot de bitume jusqu’à atteindre l’emplacement décrit par la photographie et constata avec effarement qu’une nouvelle fois l’horreur était montée d’un cran. Le Kangoo avait disparu. Très vite Bast’Hard retrouva ce dernier dans une rue adjacente mais son esprit était alors plus concentré sur l’auteur probable de cette mesquinerie que sur ces déplacements étranges et inexpliqués. Alors que Bast’Hard possédait l’unique jeu de clé il n’y avait plus de doutes possibles ; Matlard était l’auteur de cette vaste blague. Bien qu’il ne s’expliquait pas encore comment son tortionnaire s’y prenait pour subtiliser ses clés et déplacer son Kangoo les nuits où il dormait à Paris chez sa copine, il remit à plus tard la suite de ses réflexions et se promit à lui-même de confondre son ami la prochaine fois qu’il le croiserait. Sur les nerfs et désemparé par le comportement de son colocataire, il prit place dans le véhicule, mis le contact et s’en alla sur la route menant à son travail.

Il est dit plus avant que ce matin-là l’horreur était montée d’un cran. Cependant c’est toujours pour ce qui s’apprête à être décrit, que les colporteurs de la légende éprouvent pour la première fois de leur récit, le sombre et irrépressible frisson qui leur glace le sang ainsi que l’échine et les renvoie à l’âge de l’enfance et des terreurs nocturnes.

Bast’Hard mettait un point d’honneur à entretenir du mieux possible son automobile, c’est pourquoi, son étonnement fut grand à l’écoute des étranges sonorités qui émanaient ce jour-ci des entrailles de l’engin. Pensant de prime abord à un jeu dans le moteur – un problème de courroie ou de transmission peut-être ? – il déchanta rapidement après avoir concentré toute son acuité auditive sur l’inquiétant son. En effet, celui-ci ne semblai finalement pas provenir du moteur mais plutôt de l’arrière du véhicule, plus précisément du coffre. L’effroi le saisit littéralement, quand s’arrêtant à un stop, il put écouter convenablement l’étrange bruit sans qu’il ne soit couvert par le vacarme vrombissant du moteur. Il n’était plus là question de soucis mécaniques, puisque les sons émanant du coffre rappelaient très clairement à Bast’Hard des bruits de coups et de grattements portés contre les parois internes du coffre, comme si quelqu’un ou quelque chose était enfermé à l’intérieur et tentait d’en sortir en se débattant. L’horreur de la situation pris un degré supérieur encore lorsque de sombres paroles – qui ressemblaient plus à d’étranges incantations issues d’un culte obscur quelconque – s’ajoutèrent à l’ensemble déjà copieusement abjecte. En accord avec son esprit rationnel, Bast’Hard vérifia que son autoradio était bien éteint et songea que de toute manière, la médiocre qualité de ses enceintes ne permettraient jamais la diffusion de sonorités aussi nettes. Car c’était désormais très clairement que Bast’Hard entendait ces immondes incantations qui supplantaient même les bruits de coups et de grattements.

« Azzazel…Alzar…Yog…Sogghot…Daleks…Berech…Ulmeneli…Itar”. Des paroles de ce type, prononcées de plus en plus fort par une voix sombre et métallique, se succédaient ignominieusement. Il est inutile de décrire la sourde terreur qui s’était emparée du pauvre Bast’Hard à cet instant précis. Pourtant, quoiqu’il était loin d’être considéré comme un parangon de bravoure, la couardise ne semblait pas être sa principale caractéristique, aussi entreprit-il dans un élan de courage d’arrêter le Kangoo sur le bord de la route et de s’assurer du contenu de son coffre. Une fois l’automobile garée sur le bas-côté, Bast’Hard sortit du véhicule, le contourna et se positionna derrière le coffre, théâtre de l’horreur. Les bruits de toutes sortes avaient cessés ce qui le conforta quelque peu dans son entreprise et l’aida à placer sa main sur la poignée d’ouverture du coffre. Après quelques secondes d’hésitation il actionna le mécanisme mais ne put aller plus loin, paralysé qu’il était par la peur qui le tenaillait. Il lui fallut puiser dans ses réserves les plus insoupçonnables de courage pour se décider enfin à soulever la porte du coffre qui jamais ne lui avait paru aussi lourde. Lorsqu’enfin le coffre fut ouvert, c’est avec une certaine déception qu’il constata qu’il était complétement vide et exempt du moindre détail anormal. Certes quelque peu déçu mais soulagé, il referma le coffre, s’assit au volant et mis une nouvelle fois sur le compte de sa fatigue les étranges faits qui venaient de se dérouler.

Le soir-même, Bast’Hard rentra un peu plus tard que d’habitude. Bien résolu à questionner son colocataire pour obtenir des réponses, il s’installa sur son lit pour patienter calmement tout en réfléchissant à la stratégie qu’il allait employer pour faire avouer son ami. Le soir se fit de plus en plus présent et à mesure que le monde s’enfonçait dans l’obscurité de la nuit, l’esprit de Bast’Hard oscillait entre conscience et inconscience dans l’effluve capiteux de l’aube du sommeil. Avant de sombrer complétement dans l’univers éthéré de son subconscient, ses pensées vagabondes se heurtèrent un instant sur les étranges et familières sonorités issues des interstices de cette porte de placard qui l’effrayait tant. Ses narines perçurent même le temps d’un court moment l’odeur de putréfaction qui exhalait de l’impossible placard, de concert avec les bruits strident de grattements et d’incantation morbides, qui rappelèrent à la faible parcelle de son esprit encore éveillé les terribles événements de la matinée. Toutefois, harassé qu’il était par ces trois nuits d’angoisse consécutives, il ne tarda pas à s’enfoncer dans un profond sommeil.

A mesure qu’il s’endormait, les immondes incantations furent progressivement remplacées par le bruit du ressac de l’océan sur la grève d’obsidienne. Bast’Hard regardait ses pieds s’enfoncer dans le sable noir et ses vêtements battus par le vent qui courait sur l’immense plage. Il n’était pas rare qu’il soit transporté dans ce monde lorsque ses nuits n’admettaient pas d’autres rêves possibles. L’eau et le sable s’étendaient à l’infini de part et d’autre de son corps et provoquaient en lui un sentiment rassurent d’insignifiance. Il marchait depuis des heures quand il aperçut au loin deux rangées de colonnes cyclopéennes d’un noir d’encre qui crevaient le ciel gris métallisé. A égale distance les unes des autres, elles formaient deux lignes continues qui s’étendaient jusqu’à l’horizon et traçaient en leur centre un passage menant vers l’infini. Éprouvant l’irrépressible besoin d’emprunter le chemin jalonné de ces immenses tours de verre noir, il marcha encore quelque heures jusqu’à distinguer au loin une forme sombre qui se détachait sur la ligne d’horizon. Il s’approcha précautionneusement pour identifier la silhouette d’aspect humain et eu un mouvement de recul en s’apercevant que les extrémités des membres de la personne qui se tenait devant lui étaient reliées aux colonnes par d’épaisses chaines en métal. C’était un homme à n’en pas douter, malgré sa tête baissée et l’ample tunique en toile déguenillée qu’il arborait en guise de vêtements, Bast’Hard en était certain. Il entreprit de s’approcher davantage, mais à l’instant même où il effectua le premier pas, l’homme se mû également dans sa direction dans un cliquetis métallique à faire hérisser les cheveux sur le crâne du plus vaillant des guerriers. A dire vrai, l’homme titubait plus qu’il ne marchait et semblait très mal en point. Bast’hard s’était arrêté, fasciné par ce spectacle terrifiant. L’homme avança autant qu’il le pu, la tête toujours baissée dans sa direction, jusqu’à être stoppé par l’entrave de ses chaines. Désormais plus qu’à quelque mètres de lui, Bast’Hard pouvait sentir l’odeur pestilentielle qui embaumait l’air autour de l’homme et distinguer les nombreuses lacérations qui couvraient son corps. Lorsque le visage difforme de Matlard leva des yeux accablants sur Bast’Hard, un épouvantable hurlement déchira le silence abyssal de la plage et toute la structure du rêve s’effondra en un point central et les deux amis furent avalés par le vide entre les mondes où seule une sonnerie de téléphone se faisait entendre.

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cauliflower
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mer 26 Mar 2014 - 1:11

J'ai relevé quelques erreurs d'inattention:

Si ses collèges de travail => petite faute de frappe (je pense) "collègues"
resté a sa place sous son oreiller => à
mis le contact (fin du 2ème paragraphe) => mit
En effet, celui-ci ne semblai finalement pas provenir du moteur => semblait
s’assit au volant et mis une nouvelle fois sur le compte de sa fatigue les étranges faits qui venaient de se dérouler => mit
A égale distance les unes des autres => à (alors? On a la flemme d'aller dans "symboles"? Smile ) 

Oh mon dieu ! j'espère que ce n'est qu'un rêve ! Je me demande vraiment quelle sera la chute et où tu nous emmènes ^^

Ton style se lit toujours aussi bien, fais juste attention à la longueur de tes phrases, mes yeux ont eu du mal à respirer parfois.

Voilà, j'espère que tu vas vite poster la fin parce que je vais avoir du mal à m'endormir maintenant.

PS: j'ai eu un petit frisson quand il a entendu le grattement dans le coffre. OK, je suis une flippette, mais quand même Wink
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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mer 26 Mar 2014 - 12:38

Alors pas trop de cauchemars cette nuit? Very Happy

Merci pour ces corrections,je ne me suis pas vraiment relu...honte à moi!
C'est marrant, il n'y a que quand j'écris des textes du style fantastique que je fais des phrases si longues, il faut que je fasse attention à ça!

Je posterai la fin demain soir Wink Patience!

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Flo
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Jeu 27 Mar 2014 - 12:37

Bonjour,

Le style est fluide. Je suis d'accord avec Cauliflower certaines phrases sont peut-être un peu longues.
La trame et la narration m'évoque un peu "Dans l'abîme du temps" de Lovecraft.
J'attends aussi la chute!


Dernière édition par Flo le Jeu 27 Mar 2014 - 18:15, édité 1 fois
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Kiku-chan
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Jeu 27 Mar 2014 - 14:03

Pas mal, j'aime beaucoup l'ambiance que tu installes petit à petit, j'aime bien le style de narration, le côté légende urbaine et histoire qu'on se raconte au coin... du feu de poubelle !  lol! 
La voiture comme objet maudit, c'est pas mal ! J'attends la suite ! Very Happy
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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Jeu 27 Mar 2014 - 19:40

Voici la dernière partie. Bon maintenant mon coloc me regarde un peu bizarrement mais ça valait le coup ! Je vous laisse juger de cette fin, je suis pas sûr qu'elle soit top top mais bon... enfin moi j'aime bien mais j'espère qu'elle ne vous laissera pas sur votre faim !

Bonne lecture :

Bast’Hard s’éveilla lentement. Dehors le jour s’était levé et à côté de lui son téléphone sonnait et vibrait sur l’épaisse table basse. Il saisit le téléphone et répondit d’une voix embrumée :

— Allo ?
— Oui bonjour, Bast’Hard ?
— Oui c’est moi.
— Bonjour je suis la mère de Matlard, tes parents m’ont donné ton numéro parce que je n’arrive pas à joindre Matlard depuis deux semaines et je commence à être inquiète. Il est avec toi ?
— Heu non désolé il n’est pas là, il doit être sorti.
— Mais… il va bien ? Tu l’as vu quand la dernière fois ? Pourquoi il ne répond pas au téléphone ?
— Je l’ai vu… cette semaine je crois, je ne suis pas bien sûr. Mais il devrait rentrer aujourd’hui je pense, il doit être chez sa copine.
— Bon, si tu le vois tu lui demande de m’appeler hein s’il-te-plait ?
— Oui oui pas de soucis je lui dirai.
— Merci je compte sur toi. Au revoir.
— Au revoir.

Cette courte conversation avait plongé Bast’Hard dans la plus profonde angoisse. Alors qu’il ne se souvenait pas avoir croisé son colocataire cette semaine, il était vrai également qu’il ne pouvait aucunement dire depuis quand il ne l’avait pas vu. Tout était confus dans sa tête ; l’absence de Matlard, ces rêves étranges, cette histoire de Kangoo – quant à l’implication de son ami dans cette dernière, il n’en était plus très sûr – et ce placard qui provoquait en lui cette terreur irrationnelle. Aussi loin qu’il se souvenait, il ne se rappelait pas avoir été à ce point désemparé. Pis, l’état d’esprit dans lequel il se trouvait n’avait rien à envier à sa condition physique déplorable des derniers jours. Le cœur au bord des lèvres, Bast’Hard plaça la cafetière italienne sur le feu en priant pour qu’un café serré puisse aider à le remettre d’aplomb.

Malheureusement pour lui, c’est ce triste matin d’octobre pourtant ensoleillé, que l’horreur atteignit son paroxysme. Alors que Bast’Hard ingurgitait tant bien que mal sa tasse de café, il entendit un bruit qu’il connaissait bien. Après deux semaines de vadrouille, la vieille retraitée du Chemin de Fer qui était aussi la propriétaire de la maison, rentrait pour très certainement renouveler ses valises et repartir dans la foulée. Comme elle avait l’habitude de le faire. Tout en écoutant la propriétaire évoluer dans son ancienne demeure, Bast’Hard s’aperçut au bout de quelque dizaines de secondes qu’il retenait son souffle. Il se sentit soudainement oppressé et le poids imaginaire qu’il ressentait sur son tors augmentait à mesure que la vieille dame montait les étages qui la séparaient de l’appartement de ses deux locataires. Ce que craignait Bast’Hard arriva. La propriétaire monta les dernières marches pour atteindre le palier au pied duquel se trouvait l’escalier menant à l’appartement des deux amis. C’est avec toute la force de sa volonté que Bast’Hard lutta pour ne pas s’évanouir et il s’en fallut de peu pour qu’il ne défaille lorsque la vieille dame, de sa voix portante, demanda : « Bast’Hard ? Vous êtes là ? » et Bast’Hard de répondre avec une voix étranglée par un ultime effort de volition :

— Oui bonjour.
— Bonjour, vous savez d’où vient cette odeur ? Je peux monter ?
— Euh…, fit Bast’Hard, qui désormais tremblait de tout son être.
— Je monte !
— Non mais ce n’est pas très propre, réussit-il à balbutier.
— Mais… c’est de chez vous qu’elle vient cette odeur épouvantable !
— Ne montez-pas s’il-vous-plait, implorait Bast’Hard qui voyait déjà surgir la tête de sa propriétaire par l’ouverture dans le plancher.

Il était déjà trop tard. La vieille dame se tenait droite dans le salon, le visage déformé par le parfum innommable qui embaumait l’appartement. Bast’Hard lui faisait face, coi et incapable de prononcer la moindre parole. Ses membres tremblaient et dans son esprit dansait un mélange d’effroi et d’appréhension. Il ne comprenait pas la réaction de son propre corps. La propriétaire l’observait avec les yeux écarquillés. Elle dit : « Bast’Hard, qu’est-ce que vous avez ? Vous n’avez pas l’air… mais enfin qu’est-ce qui sent comme ça ? », après-quoi elle entreprit d’inspecter le salon pour identifier la source de l’émanation nauséabonde. Alors que les secondes s’égrenaient, la conscience de Bast’Hard sombrait inexorablement dans un maelström de sensations et de réminiscences. Les bribes de rêve qui se heurtaient devant ses yeux, rappelaient à ses sens la grève d’obsidienne et les sombres colonnes cyclopéennes de verre qui crevaient le ciel de leurs pointes acérées. Et dans le silence de ce désert noir, le bruit des chaines qui s’entrechoquaient les unes contre les autres accompagnait la démarche cahoteuse de la sombre silhouette dépenaillée.

— Ça vient du placard ! cria la vieille dame.

Ces quelques mots sortirent Bast’Hard de sa torpeur et alors que la propriétaire des lieux s’approchait de l’intolérable placard, il fut saisi d’une terreur révoltante.

— N’APPROCHEZ-PAS DE CE PLACARD JE VOUS EN PRIE !
— Mais qu’est-ce qu’il y a dedans pour que ça pue comme ça ? Bast’Hard ! lanca-elle tout en dégageant la porte du bric à brac qui l’encombrait.
— C’EST LUI… C’ETAIT LUI, JE N’AI PAS EU LE CHOIX… LE KANGOO ! hurlait-il, l’écume aux lèvres.

La vieille dame, résolue, avait désormais une main ferme sur la poignée. Le cliquetis des chaines se faisait de plus en plus distinct dans la tête de Bast’Hard et sa vision était obstruée par l’image vue en rêve du masque de souffrance de son ami Matlard.

La porte du placard s’entrouvrit sur son ignoble contenu alors qu’il se ruait, fou de rage, en direction de la vieille dame. Mais il ne put arriver à temps. Sa course effrénée s’interrompit lorsque retentit dans l’appartement le cri d’épouvante qu’émit la propriétaire en découvrant la source de l’odeur pestilentielle.

Tout était clair désormais, puisqu’en définitive, seule la mort pouvait engendrer un tel parfum.

Bast’Hard fut arrêté pour le meurtre de son colocataire et ami. Bien qu’après l’enquête, la cour eu à sa disposition les preuves nécessaires pour l’écrouer, le récit incongru de Bast’Hard et l’état mental dans lequel l’avait plongé la découverte du corps en putréfaction de Matlard, incitèrent les jurés à le placer dans un établissement psychiatrique. Etablissement qu’il n’a jamais quitté et dont les médecins affirment encore aujourd’hui (quelque trente années après les faits) qu’il n’est pas un soir où des sanglots émanant de la chambre de Bast’Hard ne se fassent entendre.

Bien que les éléments de l’enquête aient corroborés son existence, le Kangoo ne fut jamais retrouvé. Il n’est pourtant pas rare qu’au détour d’un coin de rue ou dans la file d’attente de la boulangerie, les habitants d’Aulnay-sous-Bois évoquent l’existence d’un Kangoo sans propriétaire. Un Kangoo qui changerait de place d’un jour à l’autre et duquel d’étranges incantations et odeurs infernales se dégageraient.

Les histoires deviennent légendes grâce aux gens qui les colportent.

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"(…) parce que les gens qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe, qui veulent tout à la fois, ceux qui ne bâillent jamais, qui sont incapables de dire des banalités, mais qui flambent, qui flambent, qui flambent, jalonnant la nuit comme des cierges d’église."

Sur la route, Jack Kerouac.

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 1:08

Matlard a écrit:
Alors pas trop de cauchemars  cette nuit?  Very Happy

Non ça va, je regarde plus mon électroménager de la même façon, mais il n'y a que mes clés qui ont l'air de bouger de place Wink.

Bon ben voilà, tu as utilisé les clichés du genre (légende urbaine au coin du feu), et ça s'est terminé comme l'une d'elles. Je m'attendais à une fin comme ça (même si la mort de ton colloc' m'a surprise).

Voilà, je me suis beaucoup amusée, et je me demande si tu as (ou posteras ? ) des récits un peu plus sérieux, parce que j'aime bien ton style et ton humour Wink
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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 10:29

Merci beaucoup pour tes commentaires, c'est toujours encourageant de se sentir soutenu!
J'aime écrire des conneries comme cette nouvelle de temps en temps mais j'aime également écrire des trucs plus sérieux!
Tu trouveras deux textes que j'ai posté dans la section contemporaine : une nouvelle "Mon coeur me dis-je, il bat" et un début de roman (qui frôle maintenant la centaine de pages) "L'instant après lequel on est différent", si t'es motivée n'hésites pas a y faire un détour!

Et toi, as-tu posté sur le forum?

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 11:27

Oui, dans "fantasy", j'ai commencé un truc : "divinités perdues", y'as pas encore grand chose, vu que je débute. Je sais pas si t'apprécie ce style, mais si tu veux donner ton avis, ça me ferais plaisir ^^

Bon, ben je vais aller fouiller ces choses Wink
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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 11:31

Je suis un grand fan de Robin Hobb donc ça devrait bien se passer Wink

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 11:37

Je l'adore aussi !!  Very Happy En plus elle prépare la suite de l'assassin royal en ce moment, ça va être bon  ::rolling::
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Kiku-chan
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 28 Mar 2014 - 21:03

Oh... Je suis pas sûre d'avoir bien tout compris... :/
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Sam 29 Mar 2014 - 13:49

La chute est bien placé, l'histoire est l'intrigue assez cohérente. Mais si je puis me permettre il manque à mon gout, un passage entre le rêve et l'arrivée de la veille dame.
Sinon bravo et bon courage pour la suite
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Abigaelle
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Dim 30 Mar 2014 - 15:05

Texte lu ce week-end pendant mon voyage, du coup j'ai tout lu d'un coup.

Ton style se lit bien, il est fluide et agréable. J'ai bien aimé le côté fantastique et humoristique du texte, qui bascule peu à peu dans l'horreur, j'avais envie d'arriver à la fin pour savoir comment se termine l'histoire.
J'aurais apprécié d'en savoir un peu plus sur les circonstances de la mort du colocataire, en revanche, je suis un peu restée sur ma faim à ce niveau.

Ce qui m'a un peu gênée au fil de la lecture, ce sont les phrases où tu annonces que l'horreur arrive, qu'elle monte, etc. : pour moi, en tant que lectrice, j'avoue ne pas trop aimer qu'on m'explique les moments où l'action s'intensifie, ça apporte un côté un peu artificiel à mon avis. L'horreur monte d'elle-même au fur et à mesure du récit, cela devrait se suffire

Dernier petit bémol pour moi, pas mal de fautes d'accords ou de terminaisons des verbes, une relecture attentive ou avec un correcteur serait bien.

En tout cas, bravo, et bon courage pour écrire tes prochains textes.

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Dim 30 Mar 2014 - 18:15

Oh ! J'aime ! Ça fait très lovecraft, poe, stephen king tout ça. J'ai beaucoup aimé.

Par contre, je ne suis pas d'accord avec Abi, l'annonce de l'horreur est assez fréquent selon moi dans les auteurs que j'ai cité. Ce qui pêche, c’est que tu l'as peut être trop employé et du coup tu perd un peu de l'effet que tu voulais donner.

Après, ce n’est que mon avis. Mais les dialogues jurent peut être un peu avec l'ambiance que dans laquelle tu nous installe lors des narrations. On a comme une sorte de retour à la réalité qui se passe et bizarrement, on perd un peu la tension du texte. Je sais que les dialogues ont été indispensables pour progresser dans l'histoire, mais je ne sais pas, c'est ce que j'ai ressenti en tout cas.

En revanche j'ai pas trop aimé les phrases du style : "Et ainsi l'histoire se perpétue" etc...

Je n'ai pas grand chose à dire pour le reste. Je trouve que tu as un très bon style, tu devrais travailler dans ce sens pour nous pondre une histoire avec plus d'ampleur qui déchire tout ! A moins que tu ne préfère les nouvelles  geek  J'ai bien aimé le rêve, parce que justement dés fois j'ai essayé de décrire des paysages surréalistes comme ça.

Bref, j'attendrai ton prochain texte !

PS : On organise des soirées skype le vendredi soir, on apprécierait un nouveau venu :p

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Dim 30 Mar 2014 - 21:36

Merci beaucoup à tous pour vos commentaires et vos encouragements !

Kiku-chab, j'admet que le fin est un peu obscure, moi je la vois comme ça : Bast'Hard a tué son coloc Matlard mais l'oublie/se refuse à l'admettre tout le long du récit jusqu'à ce que la vieille femme le découvre. Pour ce qui est du Kangoo, je suis parti sur le fait que tous ce que vit le pauvre Bast'Hard n'est que le fruit de son imagination, en gros il débloque de plus en plus tout au long de l'histoire (et finit d'ailleurs à l'asile). Finalement il n'y a rien de fantastique mais j'aime bien laisser quand même une alternative possible (d'où le dernier petit paragraphe sur ce qui se dit sur le Kangoo dans la ville) et j'aime bien quand dans une histoire, on ne sache pas trop si c'est fantastique ou pas, que le doute plane jusqu'à la fin (j'ai écrit une autre nouvelle un peu dans ce genre "Mon coeur me dis-je, il bat" dans le section contemporaine). Voila j'espère que c'est plus clair pour toi !

Sinon c'est vrai que j'ai pas beaucoup développé la fin, c'est souvent mon problème ; je suis trop impatient d'en finir alors je "bacle" mais bon c'est vrai que ça mériterai peut-être quelque retouches.

Sombrebarman, tout à fait d'accord avec toi concernant les dialogues, j'ai d'ailleurs eu du mal à les écrire car j'avais vraiment le sentiment de casser le file du récit mais je ne savais pas comment faire autrement...

Sinon merci pour l'invit' soirées skype ! Quelles en sont les modalités ? Very Happy

P.S : désolé pour mes fautes d'orthographe, je me relirai mieux les prochaines fois !!

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Dim 30 Mar 2014 - 22:27

Jette un œil ici : http://ecrire.ingoo.us/f68-ateliers-skype

Il faut juste que tu t'inscrives et dés qu'il y a trois textes, on tiens la séance. Regarde les résumés pour voir un peu a quoi ça ressemble Wink

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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 4 Avr 2014 - 11:52

Bonjour,

j'aime bien les récits fantastique/épouvante, donc je viens faire un tour ici. En plus, avec une nouvelle, on peut avoir la fin  Very Happy 
Je ne lis pas les commentaires précédents pour me faire ma propre appréciation sans être influencée.

Je fais mes remarques au fur et à mesure de ma lecture:
Citation :
L’horreur née du Kangoo


La colocation Bast’Hard & Matlard était une colocation comme il en existe des milliers en région parisienne. Située dans les quartiers tranquilles et résidentiels d’Aulnay-sous-Bois – cette ville fleurie de Seine-Saint-Denis – l’ancienne maison qui abritait les deux amis était proche de toutes les convenances de la vie quotidienne et ne manquait de rien, hormis peut-être un escalier d’accès un peu moins bruyant ainsi qu’étroit. Proche de la gare et entouré de voisins calmes et amicaux, le cadre de cette habitation était de loin différent de ceux balayés par les vents humides et obscures des grandes plaines anglaises désertiques du début du XVIIIe, théâtres de bon nombre d’histoires et légendes toutes plus effrayantes les unes que les autres et que certains Lovecraft et autres Edgar Poe aimaient à coucher sur le papier c'est original de décrire en disant ce à quoi ça ne ressemble pas (surtout quand on sait le thème de la nouvelle).

Pourtant, quelques trente années après les faits qui s’apprêtent à être narrés ici, certains des voisins de cette paisible colocation frissonnent encore à l’évocation de l’horreur qui s’est déroulée au pied de leurs habitations, ce terrible mois d’octobre 2014 phrase peut-être un peu longue. Certains sont morts depuis, le temps accomplissant son œuvre immuable, d’autres ont déménagés le plus loin possible de cette sombre affaire sans se retourner et les autres – une fraction non négligeable du voisinage – ont tout bonnement sombrés sombré dans la folie. Tous, pourtant, et c’est bien cela qui les unis, n’ont eu de cesse depuis cette abjecte histoire d’employer leurs efforts à tenter d’oublier passage un peu lourd: "d'employer leurs efforts à tenter d'oublier" les faits qui se sont déroulés pendant ces quelques semaines d’horreur. Malheureusement, bien que le temps qui passe permette d’effacer de notre esprit bien des choses, il est certaines abominations qui restent gravées dans la mémoire, à l’instar des épitaphes dans le granit de nos tombes. C’est ainsi que l’étrange histoire se perpétue à travers les décennies, évoquée entres amis au coin du feu un soir d’automne froid et humide, ou racontée ironiquement en repas de famille de manière à effrayer les enfants. Toutefois, même les plus hardis colporteurs de la sombre légende ne peuvent réprimer systématiquement l’insidieux frisson qui leur parcourt l’échine à chaque évocation des détails de la terrible histoire.

La version qui suit est l’une des nombreuses interprétations qui se raconte d’années en années, chuchotée à la tombée de la nuit autour d’un feu attention, tu évoques déjà la notion de raconter autour d'un feu juste avant (même si ce second feu est plus original  Very Happy ) de poubelle à l’orée d’un parking TATI ou tard le soir dans le vent frais qui balaie le parc Charles de Gaulle devant la gare de cette triste commune tiens, juste avant dans l'histoire, tu parlais de "ville fleurie" d’Aulnay-sous-Bois. La légende affirme que c’est la version originelle, sortie tout droit de la bouche – juste avant son suicide – de la plus âgée des voisines au moment des faits, elle affirme également que c’est la plus fidèle à la réalité. A charge aux lecteurs de décider de la véracité ou non de cette histoire.

Bast-Hard était un jeune homme susceptible, barbus et blond aux cheveux longs comme l’exigeait la tendance de l’époque, il était court sur pattes mais fin et élancés. Ses yeux avaient du félin et son regard était perçant. Très observateur, il compensait sa petite taille par un sens pratique hors du commun. Cela faisait au moment des faits déjà bien quinze ans qu’il connaissait son ami et colocataire Matlard qu’il avait rencontré en classe de sixième au collège. Bien que de nature taciturne et désinvolte, Matlard constituait l’épaule fiable et solide dont Bast-hard avait besoin pour épancher ses peines de cœur. Arrivés ensembles en région parisienne, le harassant mode de vie parisien avait eu tôt fait de rapprocher davantage les deux comparses. C’est ainsi qu’à la fin de l’été 2013, Bast-Hard emménagea chez Matlard pour des raisons financières évidentes. Matlard louait de manière clandestine un appartement situé à l’étage d’une grande et ancienne maison d’un des quartiers résidentiels d’Aulnay-sous-Bois, habitée par une vielle vieille dame retraitée du Chemin de Fer et qui avait pour habitude de disparaître pendant des jours, voire même des semaines. Cette présence sporadique laissait aux deux colocataires toute la tranquillité nécessaire qu’il incombe "qu'il incombe" ne me paraît pas des plus approprié. De plus, il peut être ici enlevé sans que ça gêne à deux jeunes hommes dans la force de l’âge soit ils sont jeunes, soit dans la force de l'âge (terme utilisé pour des gens un peu moins jeunes, me semble-t-il, parce que vu leur mode de vie, je les imagine très jeunes, étudiants peut-être? J'omets volontaire le côté autobiographique et texte écrit pour un pote, quand on est un lecteur extérieur, on n'est pas censé le savoir). Cependant, la vie parisienne étant ce qu’elle est, Matlard partait tôt le matin et rentrait du travail très tard le soir, alors que Bast’hard, lui, travaillait non loin de leur lieu d’habitation ah, non, ils travaillent en fait. De plus, la petite amie de Matlard habitait Paris, or il n’était pas rare que ce dernier ne rentre pas du tout à la colocation, préférant le nid douillet de sa moitié au désordre austère de l’appartement. C’est pourquoi, bien qu’ils habitaient sauf erreur, "bien que "demande le subjonctif ensemble, cette situation incongrue avait pour conséquence le fait "le fait" peut être enlevé pour alléger la phrase que les deux amis ne se voyaient que très peu la semaine et moins encore le week-end, puisqu’il était rare qu’ils le passent à Aulnay-sous-Bois. Bast-Hard regrettait d’ailleurs intérieurement les nombreux moments passés avec Matlard, lorsque celui-ci n’était encore qu’apprentis et rentrait tôt le soir.

L’horreur débuta tôt répétition de "tôt" le matin d’un des jours de la première semaine du mois d’octobre 2014. Alors que Matlard avait déjà quitté l’ancienne maison pour aller gagner son pain quotidien, Bast’Hard, à l’époque stagiaire dans une petite entreprise spécialisée dans la réfrigération pour les boucheries et autres morgues, arpentait les ruelles étriquées du quartier résidentiel à la recherche de ce qui faisait alors sa fierté ; son Kangoo. Il avait acheté cette voiture à un inconnu quelques mois auparavant dans des circonstances plus qu’étranges par l’intermédiaire d’internet. Le vendeur en question lui avait cédé l’automobile pour une valeur dérisoire, pire ; le choix de ponctuation est étrange Bast’Hard, homme intègre et honnête, avait dû lourdement insister lors de la transaction pour ne pas se voir offrir la voiture gratuitement. Selon les dires de Bast-hard, l’inconnu semblait mettre un point d’honneur à vouloir se débarrasser promptement de son Kangoo pour des raisons que ce dernier syntaxiquement, "ce dernier" ne se rapporte pas à Bast-hard (mais au kangoo ^^) n’était pas capable d’expliciter. Bast-Hard – qui bien qu’un peu simple n’était tout de même pas né de la dernière pluie – flairant l’arnaque avait tout de même insisté, mais n’avait obtenu pour toute réponse que des balbutiements et des mots ou noms étranges et inintelligibles. Soit, le véhicule semblait en bonne bon état et c’est donc satisfait que Bast’ tu as mis une apostrophe au lieu d'un tiretHard conclu conclut la transaction et emporta le Kangoo loin de cet homme étrange et peu soigneux, au vu de l’état répétition de "état" intérieur de la voiture.

Bast-Hard était donc ce matin-là, dans le froid et le calme de l’aurore d’octobre, à la recherche de son Kangoo. Il est vrai que dans ce quartier résidentiel toutes les rues se ressemblaient. Une multitude d’allées goudronnées s’articulaient en escargot tout autour du boulevard central et se rejoignaient en un point commun, formant ainsi l’un des deux plus gros ronds-points de la commune. Après avoir erré vingt minutes dans les méandres de ce labyrinthe d’asphalte, Bast’Hard aperçut enfin son cher Kangoo à l’angle d’une rue dont "qu'il n'avait aucunement le souvenir d'avoir déjà empruntée" et non "dont il... l'avoir". Ou plus simple: "qu'il ne se souvenait plus avoir déjà empruntée" il n’avait aucunement le souvenir de l’avoir déjà empruntée.

« Rien d’étonnant à cela » se dit-il alors, « les rues ici sont comme des empreintes digitales ; toutes différentes mais identiques à la fois ». Rassuré, le jeune homme démarra l’engin et alla accomplir sa journée de travail quotidienne ici, j'accorderais plutôt l'adjectif "quotidien" avec "travail", et non avec "journée" (parce q'une "journée quotidienne", ça tombe sous le sens). Les faits, cependant, se répétèrent le lendemain. Alors qu’il avait déjà oublié les vingt minutes matinales de recherche de la veille, Bast-Hard perdit une nouvelle fois la trace de son véhicule et fut obligé d’aller au hasard des rues pour retrouver à nouveaux nouveau son Kangoo, dans une allée plutôt éloignée de sa maison et dont il n’avait aucun souvenir. Pestant contre son cerveau fatigué, il fit le serment de bien noter dans son esprit l’emplacement où il garera ce soir "le soir", ou "ce soir-là" (puisqu'on n'est pas en discours ou pensée direct) sa voiture, pour ne plus perdre son temps le matin. Ce fut chose faîte puisque le soir-même, il grava dans sa mémoire le numéro et le nom de la rue dans laquelle il avait garé son Kangoo. « 27 rue d’Arkham, 27 rue d’Arkham euh, rassure-moi, il n'y a pas de rue d'Arkham à Aulnay-sous-bois? C'est juste une référence à Lovecraft? (ce qui d'ailleurs pourrait mettre la puce à l'oreille du personnage) » se répéta-t-il à lui-même sur le chemin menant à l’ancienne maison, pour être certain de ne pas l’avoir oublié avant le lendemain matin.

Un début sympathique, avec un style agréable qui se laisse facilement lire malgré quelques phrases un peu lourdes. Je me suis permise de pointer des éléments minimes, parce que sait, une nouvelle de qualité peut très bien prendre le chemin d'un AT même si ce n'était pas prévu au départ. Donc autant pouvoir la finaliser au mieux  Wink 
Je lirai la suite avec plaisir dès que possible

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Matlard
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Ven 4 Avr 2014 - 12:11

Bonjour Barla!

Merci beaucoup pour ce commentaire, j'espère pouvoir trouver un peu de temps ce week-end pour intégrer tes corrections/suggestions ! Il est vrai que j'ai écris ce texte au départ surtout pour me marrer (je l'ai d'ailleurs pratiquement pas relu et ça se voit... ) mais c'est toujours mieux d'avoir quelque chose de propre! Il faudrait peut-être aussi que je change les noms des deux protagonistes cela ferait plus sérieux je pense Smile

Je te rassure, il n'y a pas de rue du nom d'Arkham à Aulnay! Mais des Kangoos ça oui! Very Happy

_________________
"(…) parce que les gens qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe, qui veulent tout à la fois, ceux qui ne bâillent jamais, qui sont incapables de dire des banalités, mais qui flambent, qui flambent, qui flambent, jalonnant la nuit comme des cierges d’église."

Sur la route, Jack Kerouac.

[Le bon mot au bon moment, parce que tout ce qui compte c'est l'instant]
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Nathan Drake
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Dim 6 Avr 2014 - 20:40

Salut, je me suis lancé à lire les 3 parties de ton texte.
J'aime le fantastique, en plus mêlé à l'horreur, c'est encore mieux Smile
J'ai trouvé l'histoire plutôt bonne, c'est très bien décrit, tu as une belle plume.
Les descriptions sont complètes et on imagine facilement les scènes.
J'ai néanmoins été gêné par deux choses:
- Les noms des personnages (surtout au moment où la mère de Matlard appelle Bast'Hard :)Mais ça m'a bien fait rire car finalement, c'est décalé Smile)
- Les répétitions. C'est dommage car on sent un vocabulaire fournis et recherché, mais ces répétitions sont impossibles  Evil or Very Mad 

Je prends un chapitre au hasard:

Citation :
« Azzazel…Alzar…Yog…Sogghot…Daleks…Berech…Ulmeneli…Itar”. Des paroles de ce type, prononcées de plus en plus fort par une voix sombre et métallique, se succédaient ignominieusement. Il est inutile de décrire la sourde terreur qui s’était emparée du pauvre Bast’Hard à cet instant précis. Pourtant, quoiqu’il était loin d’être considéré comme un parangon de bravoure, la couardise ne semblait pas être sa principale caractéristique, aussi entreprit-il dans un élan de courage d’arrêter le Kangoo sur le bord de la route et de s’assurer du contenu de son coffre. Une fois l’automobile garée sur le bas-côté, Bast’Hard sortit du véhicule, le contourna et se positionna derrière le coffre, théâtre de l’horreur. Les bruits de toutes sortes avaient cessés ce qui le conforta quelque peu dans son entreprise et l’aida à placer sa main sur la poignée d’ouverture du coffre. Après quelques secondes d’hésitation il actionna le mécanisme mais ne put aller plus loin, paralysé qu’il était par la peur qui le tenaillait. Il lui fallut puiser dans ses réserves les plus insoupçonnables de courage pour se décider enfin à soulever la porte du coffre qui jamais ne lui avait paru aussi lourde. Lorsqu’enfin le coffre fut ouvert, c’est avec une certaine déception qu’il constata qu’il était complétement vide et exempt du moindre détail anormal. Certes quelque peu déçu mais soulagé, il referma le coffre, s’assit au volant et mis une nouvelle fois sur le compte de sa fatigue les étranges faits qui venaient de se dérouler.

6 fois le mot "coffre". Et ça arrive souvent avec d'autre mots ou nom.

Sinon, comme je l'ai dit, le style est très fluide. Ça se lit d'une traite. C'est très bien écrit et l'histoire est bonne, intrigante et effrayante à la fois.

Je continuerais de te suivre si tu postes d'autres nouvelles ou romans.
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barla
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Lun 7 Avr 2014 - 20:31

suite:

Citation :
Partie 2/3 :

Toutefois, c’est accompagné d’un sentiment mêlant inquiétude, énervement et anxiété qu’il constata le lendemain, il ne me semble pas qu'il faille de virgule ici qu’une nouvelle fois, le véhicule n’était plus à l’emplacement auquel il l’avait garé la veille. Il faisait face au 27 rue d’Arkham et n’apercevait cependant aucun Kangoo. Ce n’est que deux ou trois rues plus loin qu’il découvrit sa voiture sagement garée au bord d’un trottoir. A cet instant précis, il est difficile de décrire fidèlement les pensées qui se dévidèrent à un rythme effréné dans l’esprit du pauvre Bast’Hard et bien qu’en quelque quelques secondes, les hypothèses les plus réalistes se mêlèrent aux théories les plus irrationnelles, il était sûr d’une chose ; le véhicule avait changé de place depuis la veille. C’était une certitude. Ce matin-là, c’est furieux qu’il démarra son véhicule pour accomplir les sept kilomètres quotidiens qui le séparaient de son lieu de travail. Les hypothèses et conjectures ne cessaient de se percuter dans son esprit et c’est durant ce trajet, alors qu’il stationnait à un feu rouge, que cette angoissante situation qui était la sienne depuis maintenant trois jours pris l’aube d’une horreur nouvelle. Alors qu’il attendait patiemment que le feu passe au vert, une odeur innommable s’insinua dans l’habitacte du véhicule, incitant Bast’Hard à froncer les sourcils. Pensant au début que cette odeur de putréfaction émanait depuis de l’extérieur, il se borna à laisser closes les fenêtres du Kangoo jusqu’à ne plus y tenir et daigna vu les circonstances, je ne trouve pas ce verbe approprié finalement ouvrir ces dernières pour constater que cette "l'abominable" plutôt, ceci pour alléger une phrase un peu lourde abominable exhalaison, comme sortie tout droit des terres stériles et désolées de l’Enfer, émanait depuis "de"; outre l'erreur de syntaxe (on dit "émaner de" et non "émaner depuis", tu utilises deux fois l'expression en deux lignes l’intérieur de la voiture. Dans l’incompréhension la plus totale, Bast’Hard termina son trajet le nez pincé et la bouche ouverte et la journée durant, ne put s’empêcher de sentir sur lui l’effroyable odeur qui avait imprégnée imprégné ses vêtements. Si ses collèges de travail s’aperçurent de l’effluve nauséabond, ils n’en firent nullement cas et le chemin du retour fut marqué par l’absence totale d’émanation dans le Kangoo. Après avoir garé son véhicule, Bast’Hard s’entêta à prendre une photographie en plan large avec son téléphone de la rue dans laquelle le Kangoo était une nouvelle fois garé, de manière à confondre la réalité du lendemain – si toutefois la situation venait à se répéter – avec l’évidence d’une preuve indiscutable. Ayant la confirmation que Matlard rentrerait tard ce soir-là, Bast’Hard, dans un élan de suspicion, cacha le seul jeu de clés permettant l’ouverture et le démarrage du Kangoo sous son oreiller pour être certain que personne – bien qu’ayant certains scrupules à soupçonner ainsi son colocataire et ami – ne puisse lui subtiliser les clés et opérer l’insidieux changement de place de son véhicule. Ereinté par l’étrange "l'étrangeté" plutôt, non? de cette journée angoissante, Bast’Hard ferma les yeux et sombra rapidement dans un maelström de songes divers où images effrayantes, odeur odeurs indescriptibles et sonorités inquiétantes s’entremêlaient en une effroyable sarabande qui se répétait indéfiniment et dont l’issue et la source avaient pour seule origine commune problème de ponctuation. Tu ne peux pas utiliser un point virgule ici. En fait, si j'ai bien compris la phrase, il ne faut même aucun signe de ponctuation; les interstices de la porte ouvrant sur ce placard abandonné au contenu inconnu dans le salon. Un placard dont il avait oublié l’existence, présent sans l’être réellement et que même du coin de l’œil, il n’arrivait à distinguer c'est dans son rêve, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris? Attention, dans le paragraphe se trouvent beaucoup de phrases longues et lourdes. Certaines mériteraient d'être coupées en deux pour gagner en lisibilité, d'autant que, parfois, tu as simplement juxtaposé des phrases différentes en mettant "et" plutôt qu'un point, ce qui n'apporte rien du point de vue stylistique.

Le lendemain matin, Bast’hard eu le soulagement de constater que le jeu de clé était bel et bien resté a à sa place sous son oreiller. Matlard étant parti, il put se délecter d’un bon café frais, plus que nécessaire après l’agitation de la nuit passée. Après avoir suffisamment repris ses forces, c’est la démarche assurée et sereine qu’il quitta son domicile pour gagner le Kangoo qui lui procurait tant de soucis. Armé de la photographie prise la veille sur laquelle on pouvait distinguer le nom de la rue, il déambula dans l’escargot de bitume jusqu’à atteindre l’emplacement décrit "montré" ? par la photographie et constata avec effarement qu’une nouvelle fois l’horreur était montée d’un cran. Le Kangoo avait disparu donc en l'occurrence, ça n'a pas monté d'un cran: c'est toujours pareil. Très vite Bast’Hard retrouva ce dernier dans une rue adjacente virgule mais son esprit était alors plus concentré sur l’auteur probable de cette mesquinerie que sur ces déplacements étranges et inexpliqués. Alors que Bast’Hard possédait l’unique jeu de clé virgule il n’y avait plus de doutes possibles ; Matlard était l’auteur de cette vaste blague ce n'est pas très clair. je ne vois pas pourquoi c'est plus lui maintenant qu'avant. Parce que, certes, il ne mettait pas les clés sous son oreiller les nuits précédentes, mais je suppose qu'il ne les laissait pas non plus en vue dans la rue. Donc personne d'autres n'y avait accès non plus. Bien qu’il ne s’expliquait s'expliquât pas encore comment son tortionnaire s’y prenait pour subtiliser ses clés et déplacer son Kangoo les nuits où il dormait à Paris chez sa copine, il remit à plus tard la suite de ses réflexions et se promit à lui-même de confondre son ami la prochaine fois qu’il le croiserait. Sur les nerfs et désemparé par le comportement de son colocataire, il prit place dans le véhicule, mis le contact et s’en alla sur la route menant à son travail.

Il est dit plus avant que ce matin-là l’horreur était montée d’un cran. Cependant c’est toujours pour ce qui s’apprête à être décrit, pas de virgule que les colporteurs de la légende éprouvent pour la première fois de leur récit, pas de virgule (ou alors, il faut en mettre une aussi avant "pour la première fois") le sombre et irrépressible frisson qui leur glace le sang ainsi que l’échine et les renvoie à l’âge de l’enfance et des terreurs nocturnes.

Bast’Hard mettait un point d’honneur à entretenir du mieux possible son automobile, c’est pourquoi, son étonnement fut grand à l’écoute des étranges sonorités qui émanaient ce jour-ci des entrailles de l’engin. Pensant de prime abord à un jeu dans le moteur – un problème de courroie ou de transmission peut-être ? – il déchanta rapidement après avoir concentré toute son acuité auditive sur l’inquiétant son. En effet, celui-ci ne semblai semblait finalement pas provenir du moteur mais plutôt de l’arrière du véhicule, plus précisément du coffre. L’effroi le saisit littéralement, la virgule après "quand", pas avant quand s’arrêtant à un stop, il put écouter convenablement l’étrange bruit sans qu’il ne soit couvert par le vacarme vrombissant du moteur répétition de "moteur" (d'accord, ce n'est pas toujours facile de trouver des synonymes). Il n’était plus là question de soucis mécaniques, puisque les sons émanant du coffre "émanant du coffre" inutile, ça fait répétition, ça alourdit, et on sait déjà qu'ils viennent du coffre rappelaient très clairement à Bast’Hard des bruits de coups et de grattements portés contre les parois internes du coffre, comme si quelqu’un ou quelque chose était enfermé à l’intérieur et tentait d’en sortir en se débattant. L’horreur de la situation pris un degré supérieur encore lorsque de sombres paroles – qui ressemblaient plus à d’étranges incantations issues d’un culte obscur quelconque – s’ajoutèrent à l’ensemble déjà copieusement abjecte. En accord avec son esprit rationnel, Bast’Hard vérifia que son autoradio était bien éteint et songea que de toute manière, la médiocre qualité de ses enceintes ne permettraient jamais la diffusion de sonorités aussi nettes. Car c’était désormais très clairement que Bast’Hard entendait ces immondes incantations qui supplantaient même les bruits de coups et de grattements.

« Azzazel…Alzar…Yog…Sogghot…Daleks…Berech…Ulmeneli…Itar”. Des paroles de ce type, prononcées de plus en plus fort par une voix sombre et métallique, se succédaient ignominieusement. Il est inutile de décrire la sourde terreur qui s’était emparée du pauvre Bast’Hard à cet instant précis. Pourtant, quoiqu’il était après "quoique", le subjonctif serait souhaitable, je pense loin d’être considéré comme un parangon de bravoure, la couardise ne semblait comment ça "ne semblait"? Le narrateur connait les détails, les émotions des personnages, il est omniscient, donc il sait si le personnage est ou n'est pas couard. Donc, simplement, remplacer "semblait" par "était" pas être sa principale caractéristique, aussi entreprit-il dans un élan de courage d’arrêter le Kangoo sur le bord de la route et de s’assurer du contenu de son coffre. Une fois l’automobile garée sur le bas-côté, Bast’Hard sortit du véhicule, le contourna et se positionna derrière le coffre beaucoup, beaucoup de "coffre" qui demanderaient quelques petites reformulations, théâtre de l’horreur. Les bruits de toutes sortes avaient cessés cessé ce qui le conforta quelque peu dans son entreprise et l’aida à placer sa main sur la poignée d’ouverture du coffre par exemple, ici, on peut purement et simplement l'ôter sans rien perdre de la phrase. Après quelques secondes d’hésitation virgule il actionna le mécanisme virgule mais ne put aller plus loin, paralysé qu’il était par la peur qui le tenaillait. Il lui fallut puiser dans ses réserves les plus insoupçonnables de courage tu parles déjà de courage peut avant pour se décider enfin à soulever la porte du coffre re -à enlever, on sait bien que ce n'est pas la porte passager qui jamais ne lui avait paru aussi lourde. Lorsqu’enfin en théorie, "lorsque" ne s'utilise pas avec une élision devant "enfin" le coffre fut ouvert, c’est avec une certaine déception qu’il constata qu’il était complétement complètement vide et exempt du moindre détail anormal. Certes quelque peu déçu mais soulagé erreur de construction. De la sorte, "certes" est superflu, il referma le coffre, s’assit au volant et mis une nouvelle fois sur le compte de sa fatigue les étranges faits qui venaient de se dérouler.

Le soir-même, Bast’Hard rentra un peu plus tard que d’habitude. Bien résolu à questionner son colocataire pour obtenir des réponses, il s’installa sur son lit pour patienter calmement tout en réfléchissant à la stratégie qu’il allait employer pour faire avouer son ami. Le soir se fit de plus en plus présent et à mesure que le monde s’enfonçait dans l’obscurité de la nuit, l’esprit de Bast’Hard oscillait entre conscience et inconscience dans l’effluve capiteux de l’aube du sommeil. Avant de sombrer complétement dans l’univers éthéré de son subconscient, ses pensées vagabondes se heurtèrent un instant sur "se heurtèrent aux" (et non "sur") les étranges et familières sonorités issues des interstices de cette porte de placard qui l’effrayait tant. Ses narines perçurent même le temps d’un court moment l’odeur de putréfaction qui exhalait de l’impossible placard, de concert avec les bruits strident stridents de grattements les grattement ne peuvent guère être stridents et d’incantation morbides, qui rappelèrent à la faible parcelle de son esprit encore éveillé les terribles événements de la matinée. Toutefois, harassé qu’il était par ces trois nuits d’angoisse consécutives, il ne tarda pas à s’enfoncer dans un profond sommeil.

A mesure qu’il s’endormait, les immondes incantations furent progressivement remplacées par le bruit du ressac de l’océan sur la grève d’obsidienne. Bast’Hard regardait ses pieds s’enfoncer dans le sable noir et ses vêtements battus par le vent qui courait sur l’immense plage. Il n’était pas rare qu’il soit transporté dans ce monde lorsque ses nuits n’admettaient pas d’autres rêves possibles. L’eau et le sable s’étendaient à l’infini de part et d’autre de son corps et provoquaient en lui un sentiment rassurent rassurant d’insignifiance. Il marchait depuis des heures quand il aperçut au loin deux rangées de colonnes cyclopéennes d’un noir d’encre qui crevaient le ciel gris métallisé. A égale distance les unes des autres, elles formaient deux lignes continues qui s’étendaient jusqu’à l’horizon et traçaient en leur centre un passage menant vers l’infini. Éprouvant l’irrépressible besoin d’emprunter le chemin jalonné de ces immenses tours de verre noir, il marcha encore quelque heures si c'est un rêve, cette impression est étrange, il n'y a pas de notion de temps. Au contraire, on passe plutôt d'une scène à l'autre sans qu'il y ait de transition (genre, il voit les colonnes au loin, et d'un seul coup, il est en train de marcher au milieu) jusqu’à distinguer au loin une forme sombre qui se détachait sur la ligne d’horizon. Il s’approcha précautionneusement pour identifier la silhouette d’aspect humain et eu eut un mouvement de recul en s’apercevant que les extrémités des membres de la personne qui se tenait devant lui étaient reliées aux colonnes par d’épaisses chaines en métal. C’était un homme à n’en pas douter, malgré sa tête baissée et l’ample tunique en toile déguenillée qu’il arborait en guise de vêtements, Bast’Hard en était certain. Il entreprit de s’approcher davantage, mais à l’instant même où il effectua le premier pas, l’homme se mû mût également dans sa direction dans un cliquetis métallique à faire hérisser les cheveux sur le crâne du plus vaillant des guerriers. A dire vrai, l’homme titubait plus qu’il ne marchait et semblait très mal en point. Bast’hard s’était arrêté, fasciné par ce spectacle terrifiant. L’homme avança autant qu’il le pu put, la tête toujours baissée dans sa direction, jusqu’à être stoppé par l’entrave de ses chaines. Désormais plus qu’à quelque mètres de lui, Bast’Hard pouvait sentir l’odeur pestilentielle qui embaumait le choix du verbe est très discutable, concernant une odeur nauséabonde l’air autour de l’homme et distinguer les nombreuses lacérations qui couvraient son corps. Lorsque le visage difforme de Matlard leva des yeux accablants sur Bast’Hard, un épouvantable hurlement déchira le silence abyssal de la plage et virgule à la place de "et" toute la structure du rêve s’effondra en un point central et les deux amis furent avalés par le vide entre les mondes où seule une sonnerie de téléphone se faisait entendre.

ça se lit toujours bien, pas de problème. Et ça devient plus original avec ce rêve qui s'ajoute à l'assez classique voiture maudite (même si la version kangoo est une nouveauté ^^).
Par contre, si tu souhaites retravailler ton texte pour en faire quelque chose par la suite, il y a des points à revoir:
- conjugaison des verbes
- utilisation des virgules
- quelques erreurs de syntaxe
Ceci n'est pas bien grave et se reprend facilement avec une bonne relecture, ainsi que la longueur des phrases. Cependant, ton texte s'éloigne du l'humour pour rentrer dans l'horreur. Auquel cas, certains passages demanderaient, à mon avis, un traitement un peu différent (je pense notamment à la partie avec l'odeur dans la voiture): il y a une surenchère d'adjectifs négatifs et d'adverbes qui, si ils peuvent trouver leur place dans une parodie, sont excessifs ici. Il faudrait également peut-être un peu plus rentrer dans le point de vue du personnage afin de partager ses sentiments, ses peurs. car on reste un peu en dehors et c'est dommage.

Voilà pour cette seconde partie, je reviendrai rapidement, autant que possible, pour la troisième. Si tu as des questions ou des réactions par rapport à mes remarques, n'hésite pas  Wink
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barla
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MessageSujet: Re: L'horreur née du Kangoo   Mer 9 Avr 2014 - 19:39

hop, dernière partie. ça tombe bien, j'étais pressée de savoir la fin  Razz (parce que je n'ai pas triché, je ne l'ai pas lue avant de commenter)


Citation :
Bast’Hard s’éveilla lentement. Dehors le jour s’était levé et à côté de lui son téléphone sonnait et vibrait sur l’épaisse table basse. Il saisit le téléphone répétition et répondit d’une voix embrumée :

— Allo ?
— Oui bonjour, Bast’Hard ?
— Oui c’est moi.
— Bonjour je suis la mère de Matlard, tes parents m’ont donné ton numéro parce que je n’arrive pas à joindre Matlard depuis deux semaines et je commence à être inquiète. Il est avec toi ?
— Heu non désolé il n’est pas là, il doit être sorti.
— Mais… il va bien ? Tu l’as vu quand la dernière fois ? Pourquoi il ne répond pas au téléphone ?
— Je l’ai vu… cette semaine je crois, je ne suis pas bien sûr. Mais il devrait rentrer aujourd’hui je pense, il doit être chez sa copine.
— Bon, si tu le vois tu lui demande demandes de m’appeler hein s’il-te-plait manque de la ponctuation ?
— Oui oui pas de soucis je lui dirai.
— Merci je compte sur toi. Au revoir.
— Au revoir.

Cette courte conversation avait plongé Bast’Hard dans la plus profonde angoisse. Alors qu’il ne se souvenait pas avoir croisé son colocataire cette semaine, il était vrai également qu’il ne pouvait aucunement dire depuis quand il ne l’avait pas vu. Tout était confus dans sa tête ; l’absence de Matlard, ces rêves étranges, cette histoire de Kangoo – quant à l’implication de son ami dans cette dernière, il n’en était plus très sûr – et ce placard qui provoquait en lui cette terreur irrationnelle. Aussi loin qu’il se souvenait, il ne se rappelait pas avoir été à ce point désemparé. Pis, l’état d’esprit dans lequel il se trouvait n’avait rien à envier à sa condition physique déplorable des derniers jours. Le cœur au bord des lèvres, Bast’Hard plaça la cafetière italienne sur le feu en priant pour qu’un café serré puisse aider à le remettre d’aplomb.

Malheureusement pour lui, c’est ce fut ce triste matin d’octobre pourtant ensoleillé, que l’horreur atteignit son paroxysme. Alors que Bast’Hard ingurgitait tant bien que mal sa tasse de café, il entendit un bruit qu’il connaissait bien. Après deux semaines de vadrouille, la vieille retraitée du Chemin de Fer qui était aussi la propriétaire de la maison, pas de virgule rentrait pour très certainement renouveler ses valises et repartir dans la foulée. pourquoi ce choix de couper ainsi la phrase? Ce serait valable pour souligner un détail important, faire monter la tension, mais là, il n'y a pas lieu de le faire Comme elle avait l’habitude de le faire. Tout en écoutant la propriétaire évoluer dans son ancienne demeure, Bast’Hard s’aperçut au bout de quelque dizaines de secondes qu’il retenait son souffle. Il se sentit soudainement oppressé et le poids imaginaire qu’il ressentait sur son tors pas compris augmentait à mesure que la vieille dame montait les étages qui la séparaient de l’appartement de ses deux locataires. Ce que craignait Bast’Hard arriva. La propriétaire monta les dernières marches pour atteindre le palier au pied duquel se trouvait l’escalier menant à l’appartement des deux amis. C’est avec toute la force de sa volonté que Bast’Hard lutta pour ne pas s’évanouir et il s’en fallut de peu pour qu’il ne défaille lorsque la vieille dame, de sa voix portante, demanda : « Bast’Hard ? Vous êtes là ? » et Bast’Hard de répondre avec une voix étranglée par un ultime effort de volition :

— Oui bonjour.
— Bonjour, vous savez d’où vient cette odeur ? Je peux monter ?
— Euh…, fit Bast’Hard, qui désormais tremblait de tout son être.
— Je monte !
— Non mais ce n’est pas très propre, réussit-il à balbutier à travers la porte fermée + la distance des escaliers? Ils tiennent une conversation comme ça, il balbutie, et une vieille dame arrive à entendre?.
— Mais… c’est de chez vous qu’elle vient cette odeur épouvantable !
— Ne montez- pas de tiret pas s’il-vous-plait, implorait Bast’Hard qui voyait déjà surgir la tête de sa propriétaire par l’ouverture dans le plancher.

Il était déjà trop tard. La vieille dame se tenait droite dans le salon, le visage déformé par le parfum innommable qui embaumait comme le passage précédent, embaumer n'est pas vraiment le verbe adéquat. Mais donc, il y a vraiment une odeur? l’appartement. Bast’Hard lui faisait face, coi et incapable de prononcer la moindre parole. Ses membres tremblaient et dans son esprit dansait un mélange d’effroi et d’appréhension. Il ne comprenait pas la réaction de son propre corps. La propriétaire l’observait avec les yeux écarquillés. Elle dit : « Bast’Hard, qu’est-ce que vous avez ? Vous n’avez pas l’air… mais enfin qu’est-ce qui sent comme ça ? », après-quoi elle entreprit d’inspecter le salon pour identifier la source de l’émanation nauséabonde. Alors que les secondes s’égrenaient, la conscience de Bast’Hard sombrait inexorablement dans un maelström de sensations et de réminiscences. Les bribes de rêve qui se heurtaient devant ses yeux, rappelaient à ses sens la grève d’obsidienne et les sombres colonnes cyclopéennes de verre qui crevaient le ciel de leurs pointes acérées. Et dans le silence de ce désert noir, le bruit des chaines qui s’entrechoquaient les unes contre les autres accompagnait la démarche cahoteuse de la sombre silhouette dépenaillée.

— Ça vient du placard ! cria la vieille dame ça y est, je crois que j'ai deviné!!! Il a tué son coloc et l'a mis dans le placard. je me dépêche de lire la suite pour vérifier

Ces quelques mots sortirent Bast’Hard de sa torpeur et alors que la propriétaire des lieux s’approchait de l’intolérable placard, il fut saisi d’une terreur révoltante.

— N’APPROCHEZ-PAS DE CE PLACARD JE VOUS EN PRIE !
— Mais qu’est-ce qu’il y a dedans pour que ça pue comme ça ? Bast’Hard ! lanca-elle tout en dégageant la porte du bric à brac qui l’encombrait.
— C’EST LUI… C’ETAIT LUI, JE N’AI PAS EU LE CHOIX… LE KANGOO ! hurlait-il, l’écume aux lèvres.

La vieille dame, résolue, avait désormais une main ferme sur la poignée. Le cliquetis des chaines se faisait de plus en plus distinct dans la tête de Bast’Hard et sa vision était obstruée par l’image vue en rêve du masque de souffrance de son ami Matlard.

La porte du placard s’entrouvrit sur son ignoble contenu alors qu’il se ruait, fou de rage, en direction de la vieille dame. Mais il ne put arriver à temps. Sa course effrénée s’interrompit lorsque retentit dans l’appartement le cri d’épouvante qu’émit la propriétaire en découvrant la source de l’odeur pestilentielle.

Tout était clair désormais, puisqu’en définitive, seule la mort pouvait engendrer un tel parfum.

Bast’Hard fut arrêté pour le meurtre de son colocataire et ami. Bien qu’après l’enquête, la cour eu eût à sa disposition les preuves nécessaires pour l’écrouer, le récit incongru de Bast’Hard et l’état mental dans lequel l’avait plongé la découverte du corps en putréfaction de Matlard, incitèrent les jurés à le placer dans un établissement psychiatrique. Etablissement qu’il n’a jamais quitté et dont les médecins affirment encore aujourd’hui (quelque trente années après les faits) qu’il n’est pas un soir où des sanglots émanant de la chambre de Bast’Hard ne se fassent entendre.

Bien que les éléments de l’enquête aient corroborés son existence, le Kangoo ne fut jamais retrouvé. Il n’est pourtant pas rare qu’au détour d’un coin de rue ou dans la file d’attente de la boulangerie, les habitants d’Aulnay-sous-Bois évoquent l’existence d’un Kangoo sans propriétaire. Un Kangoo qui changerait de place d’un jour à l’autre et duquel d’étranges incantations et odeurs infernales se dégageraient.

Les histoires deviennent légendes grâce aux gens qui les colportent.

La fin est sympa, elle nous fait passer du surnaturel à la folie (même si les dernières lignes laissent juste le doute qu'il faut). Si je peux me permettre une petite remarque toutefois, ce basculement se fait trop rapidement. Dans le passage précédent, il y avait un franc doute (en tout cas, pour moi. J'avais l'impression que l'odeur du placard était soit un rêve soit un élément fantastique qui ne durait pas) et c'est d'un seul coup présenté comme une réalité, alors que j'aurais aimé me poser la question moi-même avant, grâce à des indices. Cependant, c'est peut-être moi, et puis, la lecture fragmentée n'aide pas spécialement à bien garder en tête la cohérence ni à se plonger complètement dans l'ambiance.

Sinon, j'ai trouvé le même genre d'erreurs que précédemment (notamment le placement des virgules, je n'ai pas tout relevé). Quoi qu'il en soit, ce petit texte bien agréable mériterait d'être un peu retravaillé pour une belle finalisation et pourrait certainement gagner sa place dans un AT.
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