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 Chroniques noires et lugubres de Valacon

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MessageSujet: Chroniques noires et lugubres de Valacon   Ven 11 Avr 2014 - 23:01

Salut tout le monde. Voici une histoire d'amour avec un vampire.
Je sais que certains d'entre vous aiment beaucoup ce genre. Moi, pour être honnête, j'ai toujours détesté ça. Du coup je cherchais un petit truc pour me distraire un moment de l'écriture de mon roman, et je me suis dit que j'allais faire le texte le plus improbable et le plus éloigné de ce que je fais d'habitude. Donc voilà je viens d'écrire ça. J'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire (c'était fun). Vous êtes pas obligés de faire une bêta parce que c'est juste un petit défouloir, mais si vous pensez vraiment que des choses pourraient être améliorées, n'hésitez pas, je lirais vos commentaires. Merci !


Chroniques noires et lugubres de Valacon

La bordure en bois rentrait inconfortablement dans le dos de Clémentine tandis qu'elle se contorsionnait pour trouver une position plus commode, tout en évitant d'écraser le jeune homme qui partageait avec elle l'exigu habitacle. — Virdo, c'est vraiment nul, on était bien mieux dans mon lit. On peut pas mettre des coussins, au moins ?
— Tu connais les traditions, Clem', il faut que ça soit comme si j'étais mort, pour qu'au matin, quand le visiteur imprudent vient ouvrir le cercueil, il me trouve allongé de la même façon qu'un cadavre, et qu'il croie que je suis mort. Comme ça je peux jaillir et le mordre au cou et il crie et tout se passe de la façon la plus admirable qui soit.
— Mais de toute façon tu ne mors plus personne depuis longtemps ! Et puis le visiteur imprudent il te trouverait avec moi toute collée contre toi, et moi je suis vivante, il ne croirait pas une seconde que tu es mort, sinon pourquoi je serais là ? À poil, en plus. Si t'étais vraiment mort ce serait super glauque.
Il rit doucement. — C'est bien vrai. Tu aimes les cadavres, toi, hein ?
Ils avaient gardé le cercueil ouvert pour le moment, et dans la pénombre du caveau, elle voyait le blanc de ses dents par sa bouche entrouverte – mais on ne pouvait pas deviner que les canines étaient plus grandes que la normale, c'était encore un sourire humain, rassurant, qui se serait transformé en rictus carnassier s'il avait ouvert la gueule toute grande, seulement il ne le faisait pas car il savait qu'elle n'aimait pas ça. Elle réussit à dégager un bras et toucha ses lèvres pâles, presque blanches, appuyant un peu pour suivre le tracé invisible d'une dent pointue en dessous. Puis elle s'appuya de l'autre main sur le fond rugueux du cercueil et, dans un équilibre précaire, se pencha sur lui pour l'embrasser. Mais, juste après que leurs lèvres se soient touchées, elle se redressa vivement. — Aïe !
Elle changea tant bien que mal de position pour s'appuyer du coude sur son ami, et regarda sa main d'un air préoccupé. — Je me suis planté une écharde ! Quand je te disais que c'est pas un endroit pour dormir.
Il rit encore. — C'est fait pour mourir, pas dormir. Et de toute façon on est pas là pour ça, non ? Arrête un peu de gigoter et viens par ici.
Il passa son bras autour du cou de la jeune fille et l'attira à lui, en chuchotant : — Baisse bien la tête.
De l'autre main, il détacha la petite tige en bois qui maintenait entrouvert le couvercle du cercueil, qui se referma dans un clac ! sonore, les plongeant dans l'obscurité la plus complète. Ils s'embrassèrent encore, mais au bout de quelques secondes Clémentine sentit les lèvres du vampire glisser imperceptiblement de sa bouche, vers le bas, plus bas... Elle lui saisit vivement le menton dès qu'elle sentit le début d'un contact sur sa gorge, et murmura d'une voix douce mais ferme : — Virdo... Tu t'oublies, Virdo. Attention.
Elle ne voyait pas son visage dans la noirceur du tombeau, mais sentit à sa raideur qu'il était confus. — Je... désolé. Tu sais que c'est pas facile pour moi...
— C'est pas grave. Allez, viens.
Et ils s'embrassèrent de nouveau. Mais, après seulement quelques minutes, un bruit se fit entendre. C'était en dehors, dans le caveau. Ils comprirent instantanément que quelqu'un venait d'entrer. Et bientôt la lueur vacillante d'une lampe de poche fut visible à travers les défauts du cercueil. Ils se serrèrent l'un contre l'autre, silencieux, osant à peine respirer, tandis que le faisceau de lumière passait et repassait. Un sinistre grincement de métal contre la pierre retentit, et Virdo sut que quelqu'un avait attrapé le pied-de-biche dans le coin. Peut-être que c'était pour un autre cercueil ? Non, tout espoir s'évanouit lorsqu'un choc sourd les secoua tandis que l'extrémité du lourd outil était coincé dans l'interstice en-dessous du couvercle, et ramenée violemment. Le panneau en bois se détacha brusquement du premier coup et partit heurter le sol, seulement attaché qu'il avait été par une fragile jointure en bois. La lumière de la lampe de poche aveugla les deux amants, qui levèrent les yeux, apeurés. Après quelques secondes pour accommoder leur regard, ils le virent clairement au dessus d'eux, les dominant de sa grande taille, rayonnant de puissance dans sa robe noire. Le curé. Avec à la main, un pieu en argent.

Aussitôt Virdo lui sourit, rassuré. — Monsieur le curé ! J'avais oublié votre rendez-vous. Vous savez, Clémentine finit les cours très tard, et on ne peut se voir qu'à la tombée de la nuit...
La jeune fille sortit rapidement du cercueil et ramassa ses vêtements en se couvrant du mieux qu'elle pouvait, un peu honteuse.
Le curé eut un petit rire indulgent. — Voyons, voyons, mais c'est tout à fait compréhensible, je m'excuse de vous avoir dérangée, mademoiselle, je pensais trouver Virdo seul.
Et, se retournant vers le vampire : — Je sais que cela peut te paraître ennuyeux parfois, ces expériences, mais tu comprends bien que c'est capital pour la compréhension mutuelle entre les humains et les vampires, nous devons bien vous connaître pour mieux vivre ensemble.
Il leva le pieu qu'il tenait à la main pour mieux le montrer à Virdo, qui entre-temps s'était levé et avait commencé à s'habiller. — J'ai amené un objet en argent pour tester ta résistance, et déterminer le seuil de douleur. Tu sais que dans le village beaucoup de gens utilisent encore de l'argenterie ancienne, ça peut être dangereux si tu te coupes avec, il faut évaluer les risques.
— Bien sûr, bien sûr, je comprends. Vous faites tellement de choses pour nous. Tiens, vous allez trouver ça drôle mais... Quand vous êtes arrivé, en ouvrant le cercueil au pied-de-biche, avec le pieu à la main, on aurait presque cru que... Enfin, vous comprenez, que vous étiez venu pour...
Ils rirent tous deux à cette pensée, et le curé rétorqua d'un air faussement blessé : — Voyons, Virdo, nous ne sommes pas des sauvages, tout de même.

Quand ils sortirent du cimetière pour se rendre à l'église, ils se trouvèrent soudainement nez-à-nez avec un grand homme très musclé, tenant à la main une hache maculée de sang, avec un chapelet de gousses d'ail autour du cou. Dès qu'il vit le vampire, il s'approcha de lui à grands pas, brandissant fermement sa hache encore dégoulinante d'hémoglobine. — Regarde, Virdo, j'ai enfin réussi à choper ce maudit poulet ! Ce soir c'est pot-au-feu pour toute la maison. Ne rentre pas trop tard.
Il désigna aussi les gousses d'ail. — Elles sont particulièrement grosses, cette année. Ça fera de bonnes soupes. Allez, à tout à l'heure.
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