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 Concours Crossover - les votes

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Abigaelle
Murène fêlée
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Loisirs : Ecrire, lire, rêver, le tout en musique, sinon ce serait trop triste !
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MessageSujet: Concours Crossover - les votes   Sam 21 Juin 2014 - 17:38

En ces temps où le forum ronronne un peu et afin de vous proposer un peu de lecture (et de voter aussi), je clôture finalement le concours crossover avec trois textes.

Bonne lecture et n'oubliez pas de voter pour votre texte préféré, vous avez 15 jours, jusqu'au 5 juillet 2014 à 20 h 00.

_________________
Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions (et c'est valable aussi bien dans l'écriture que dans la vie !)

"L'homme est un loup pour l'homme... et un gros con pour le loup." Evil or Very Mad

"Et alors la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu..." : http://www.youtube.com/watch?v=_Qg3Rk-B09o


Dernière édition par Abigaelle le Sam 21 Juin 2014 - 17:40, édité 1 fois
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Abigaelle
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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 21 Juin 2014 - 17:39

Texte n° 1

Textes de référence
La Septième Prophétie (Abigaelle)
Ceux du Mercure (Sombrefeline)
La ligue des Ténèbres (Sombrefeline)
La cité des brumes (Sombrefeline)
Erishun (Rainette)
Retour de flammes (Morrigan)
La lame rimée (Hardkey)
Voyageurs (Milivice)


Crossover

Notre machine à voyager entre les mondes tremblait comme jamais. Dans la salle des moteurs, je peinai à conserver l’équilibre. J'étais accoutumée aux arrivées mouvementées, mais cette fois-ci, quelque chose différait. Luttant contre les cahots, je grimpai à grand-peine l’échelle menant au premier niveau, puis empruntai l’escalier vers la cabine de pilotage. J’y trouvai mon frère Thomas, aux prises avec les commandes, Ginger accrochée à son siège, le professeur Nutter cramponné au sien près des cadrans de contrôle.
— Que se passe-t-il ? m’écriai-je.
— Je ne sais pas, Sam, répondit Tom. On dirait que quelque chose nous attire.
— On peut résister ?
— Non, c’est trop puissant.
— Oh là là là là ! gémit le professeur. Ça va secouer !
Un choc plus violent que les autres me jeta à terre et j’appliquai donc la procédure standard en cas d’atterrissage forcé : je me roulai en boule, en protégeant ma tête et je fermai les yeux.
Les tôles du blindage geignirent, un fracas métallique retentit, suivi par un immense impact qui me coupa le souffle, puis plus rien. J’osai ouvrir les paupières. À travers la baie vitrée de la salle de pilotage, je distinguai un étrange tunnel fait d’une matière orangée qui pulsait d’une lumière malsaine. Nous avions atterri sur un nouveau monde.
Mes compagnons se relevèrent à leur tour, une lueur d’intérêt s’alluma dans les iris du professeur Nutter lorsqu’il vit le paysage à l’extérieur.
— Oh ! s’exclama-t-il.
Il fit mine de se ruer vers la porte, je l’arrêtai.
— Du calme, équipons-nous d’abord.
Nous prîmes chacun un fusil à éclair, j’emportai en outre un pistolet à bulle temporelle. Ginger déverrouilla la serrure, Thomas poussa le battant de la porte et nous sortîmes. L’air était chaud et moite, le sol spongieux. Nous nous trouvions dans une sorte de caverne où débouchaient plusieurs tunnels et dont les parois semblaient faites de chair et de tendons. Ces lieux dégageaient quelque chose d’oppressant et je frissonnai malgré moi. Un gémissement me causa un sursaut. Ginger lâcha un cri.
— Il y a un homme accroché à notre machine ! piailla-t-elle.
Effectivement, elle disait vrai. Cramponné à l’arrière, je découvris un inconnu : un colosse blond à la barbe fournie, vêtu de cuir et de fourrures. Il poussa un grognement et se laissa tomber au sol. À sa vue, le professeur Nutter attrapa mon bras et Ginger celui de Thomas, tandis que mon frère levait tant bien que mal son fusil.
— On ne bouge plus ! s’exclama-t-il.
Mais le géant ne l’écouta pas. Il effectua quelques pas en regardant autour de lui. Puis, il nous fixa et tira la hache à sa ceinture.
— C’est quoi ce bazar ? Où je suis, là ? C’est vous qui m’avez amené ici ?
Il pointa sur nous son arme d’un air menaçant et, dans un bel ensemble, la Ligue des ténèbres recula.
— Répondez-moi, ou je vous fais la peau ! beugla le colosse.
Un rugissement venu d’un tunnel l’interrompit, un cri qui ne provenait pas d’une gorge humaine.
— Qu’est-ce que… commença Tom.
Une masse de chair informe percée de bouches garnies de crocs déboula. Ginger hurla, Tom leva son fusil et pressa la détente. Rien. Il lâcha un gargouillis étranglé. Le géant blond poussa un grand cri de bataille et chargea, la hache brandie bien haut. Il tailla dans la chair de la créature avec un bruit écœurant. Un flot de sang bleu jaillit de la plaie, mais la chose ne s’arrêta pas, elle balaya le barbare et fondit sur nous.
Je crus ma dernière heure venue. Une détonation résonna dans la caverne, accompagnée d’une vive lumière, et le monstre explosa purement et simplement, nous aspergeant de morceaux de viande et d’humeurs visqueuses.
Un homme et une femme apparurent. Il avait une trentaine d’années et portait un complet très élégant, dont les teintes se mariaient à merveille avec le noir de sa chevelure et le vert de ses yeux. Elle était sans âge, le visage aussi lisse que sévère, et trimballait un fusil au calibre impressionnant. L’homme s’avança et se fendit d’une révérence.
— Mesdames, Messieurs, capitaine Honoré Rocheclaire, pour vous servir.


Si l’on excepte que le colosse blond voulut fracasser le crâne aux nouveaux venus et que Ginger dut déployer toute la palette de son talent de séductrice pour le calmer, la rencontre se déroula plutôt bien et nous fîmes les présentations.
Le géant s'appelait Hoaire et vivait dans un univers réputé pour ses dragons. Apparemment, notre machine l’avait embarqué par erreur.
Le capitaine venait d’une île nommée Kerys. Sa compagne répondait au patronyme de Ripley et se révéla aussi chaleureuse que loquace. Les deux n’avaient aucune idée de comment ils étaient arrivés dans la caverne, en revanche, ils connaissaient ce genre d’endroit et les monstres que le peuplaient.
— Ceci est une faille, un passage tendu entre deux mondes. Ces créatures l’empruntent pour traverser, et nous, nous sommes là pour les arrêter, nous expliqua Honoré Rocheclaire.
Il ponctua sa tirade d’un sourire charmeur que mon frère n’aurait pas renié, et qui arracha un soupir à Ginger. Hélas pour notre joli cœur, ses effets furent coupés par de nouveaux cris. Ripley réarma son fusil.
— Classes zéro à deux en approche, annonça-t-elle.
Nous resserrâmes les rangs. Une nuée d'horreurs plus infâmes les unes que les autres déboula des couloirs et, en un instant, le chaos devint total. Je levai mon fusil et tentai de faire feu, avant de me rappeler qu’il ne fonctionnait pas ici. Trop tard. L’une de ces créatures, silhouette humanoïde vêtue de haillons jaunes, me percuta et me jeta au sol. Dans la chute, je parvins à récupérer mon pistolet à bulle temporelle. Je tirai sur mon assaillant et le figeai dans les airs.
Je me relevai pour constater que nous nous en sortions plutôt bien. Bon d’accord, plus grâce à Honoré, Ripley et Hoaire, que grâce à la Ligue. Les Victoriens et le colosse appliquaient une technique simple mais efficace : réduire en bouillie leurs adversaires. Leurs efforts portaient leurs fruits, hélas, il s’avéra que nous n’étions pas la cible principale de ces Abominations. Un nouveau flot de ces créatures jaillit des tunnels. Une partie nous encercla tandis que l’autre se saisissait de notre moyen de transport.
— Eh ! s’écria le professeur Nutter alors que les voleurs disparaissaient dans les couloirs.
— Arrêtez-les, criai-je.
Mais il nous fallait d’abord nous débarrasser des dernières Abominations, ce que Ripley et Hoaire effectuèrent avec brio, rapidité et moult giclées de sang bleu. Le silence retomba et nous nous regardâmes. Hoaire se racla la gorge.
— Vot’ machine, là, c’est le seul truc capable de nous ramener à la maison ? demanda-t-il.
— Il semblerait, confirma le savant.
— Alors vous croyez pas qu’on devrait les poursuivre ?
Devant la justesse d’une telle proposition, nous nous lançâmes à leurs trousses.


Nous nous engageâmes dans un lacis de coursives semblables à la caverne et il me parut marcher dans l’organisme d’un être vivant. Ces étranges corridors résonnaient de sons impies qui me firent frissonner. Honoré allait en tête, avec Ripley et Hoaire, qui tenaient fermement leurs armes et se tenaient prêts à en découdre. Nous suivîmes la piste des voleurs jusqu’à un croisement. Deux options s’offrirent alors : la droite ou la gauche. Honoré se tourna vers nous. Un hurlement féroce interrompit toute velléité de discussion. Venu du couloir de droite, un groupe de trois personnes nous chargea en beuglant. Un homme et une femme en armure, épée à la main, se ruèrent sur Honoré et Ripley. La troisième, une femme élancée, coiffée de cornes spiralées et aux yeux intégralement noirs, fonça sur Hoaire. Derrière elle courait une sorte de fantôme bleuté.
Mon frère et moi reculâmes, Ginger et le professeur se cramponnèrent à nous alors que le combat se déchaînait. Hoaire, la créature cornue et son fantôme roulèrent au sol et commencèrent à échanger coups de coude, mandales et autre bourre-pif. L’homme en armure se mit à lutter contre Honoré tandis que la femme tentait d’embrocher Ripley. Les Victoriens se contentèrent de parer les attaques, jusqu’à ce qu’une lame écorche le bras de Ripley. La guerrière en armure poussa un cri de triomphe qui se transforma en gargouillis de surprise quand elle constata qu’au lieu du rouge attendu, Ripley saignait bleu vert.
— Romaric ! Les armures ! Ça ne marche pas ! s'écria l’inconnue à son compagnon.
Ripley profita de cet instant de flottement pour asséner un crochet à la mâchoire de son ennemie. Hoaire quant à lui assomma proprement son adversaire d’un coup à la base des cornes. L’homme en armure leva les mains en signe de reddition.
— Et si nous discutions ? proposa-t-il.
— Moi, je préfère qu’on lui casse la gueule ! s’exclama mon frère qui, une fois le combat terminé, retrouvait un peu de sa bravoure.
— Quelques questions, d’abord, trancha Honoré. Qui êtes-vous et d’où venez-vous ?
— Je suis Romaric, voici Venin.
Il désigna la femme en armure qui se relevait en se massant la mâchoire. Les cheveux noirs, des yeux comme des charbons ardents, une beauté vénéneuse, il émanait d’elle une impression de folie et de danger.
— Et Drecia Aicerd, finit de présenter Romaric.
La dénommée Drecia ressemblait à une version plus sauvage de Venin. Le fantôme, qui flottait derrière et qui arborait les mêmes traits, formait comme un double encore plus maléfique. J’étudiais les deux femmes et me forgeai un avis sur la question : deux belles garces (si vous me pardonnez cet écart de langage).
— Venin et moi venons de Ranxora, Drecia d’une cité perdue dans les brumes.
— Pourquoi nous avoir attaqués, alors ? demanda Honoré.
— L’habitude, dirent en cœur les deux femmes.
Romaric les foudroya du regard avant de répondre.
— Nous vous avions pris pour ces étranges créatures qui hantent les couloirs.
Ripley les gratifia d’une oeillade polaire.
— Si vous nous avez confondus avec des Abominations, il serait bon que vous fassiez contrôler votre vue, déclara-t-elle.
— Ça ira, Ripley, coupa Honoré. Je crois simplement qu’ils nous mentent.
— Et très mal, en plus, renchérit Ginger, experte en la matière.
— Peut-être, convint Romaric, mais nous pouvons vous aider.
— À quoi ?
— À retrouver l’engin que ces choses ont emporté.
Honoré étudia Romaric un long moment.
— Un instant, déclara-t-il.
Il nous fit signe d’approcher et nous formâmes un cercle.
— J’leur fais pas confiance, grommela Hoaire.
— Moi non plus, dit le capitaine. Mais nous n’avons guère le choix.
— Ils nous trahiront à la première occasion, annonça mon frère avec détachement.
— Ça n’a pas l’air de vous inquiéter, releva Honoré.
Thomas haussa les épaules tandis que Ginger se fendait d’un sourire mutin.
— L’arnaque, c’est notre métier.
Honoré les scruta un bref instant, avant d'opiner.
— Bien, surveillez-les, alors.
Il se tourna vers les nouveaux venus.
— Mesdames, messieurs, en ce cas, nous vous suivons.


Nous emboîtâmes le pas à nos guides improvisés dans les couloirs. Drecia Aicerd marchait en tête, son étrange fantôme la talonnant. Elle s’arrêtait pour renifler l’air, retroussait les lèvres sur des incisives acérées, avant de reprendre sa route. En l’observant, j’avais l’impression de voir une créature sauvage sous un mince vernis de civilisation. Venin et Romaric allaient ensuite. La femme n’avait toujours pas digéré son échec et nous lançait souvent des regards aussi empoisonnés que son prénom. Son compagnon semblait plus posé, mais je m’en méfiais. Ils conversaient à voix basse, je tendis l’oreille et captai quelques bribes :
— Je suis sûre que c’est un coup de l’Égale ! Elle a dû payer une magicienne ! siffla Venin.
— Je ne pense pas. Ça ne ressemble pas à ce qu’Arnella aurait pu accomplir.
— Alors c’est cette fouine de Lael et sa garce de sœur ! Tu aurais dû me laisser les tuer quand j’en avais l’occasion.
— On en a déjà parlé, Venin, tu ne peux pas résoudre tous tes problèmes en tuant des gens.
Sur ces paroles, je jugeai préférable de mettre un peu de distance entre ces personnes et moi et me plaçai à hauteur du professeur Nutter. Il sautillait à côté de Ripley, tout en la bombardant de questions.
— Vous êtes un automate ? C’est fascinant ! Comment fonctionnez-vous ? Qui vous a construit ? Quel est votre but ?
Ripley répondait à cette avalanche par monosyllabes, la surveillance des alentours occupait toute son attention. Honoré et Hoaire semblaient également tendus, le colosse blond ne quittait pas des yeux nos trois guides et ses mains crispées sur le manche de sa hache laissaient entendre que la moindre incartade de leur part serait sévèrement punie. Ginger et Thomas fermaient le cortège, l’air apparemment détendu, mais je les connaissais assez pour savoir que ces lieux leur donnaient la chair de poule.
Un hurlement strident venu d’un des couloirs confirma cette impression. Honoré s’arrêta net.
— Une demoiselle en détresse ! s’exclama-t-il, avant de filer en direction du cri.
— Honoré ! Un peu de prudence ! Vos épouses ne vont pas être contentes ! lança Ripley.
— « Vos épouses » ? releva mon frère avec intérêt.
L’élucidation de ce point fut hélas interrompue par la course folle qui suivit. Je n’avais pas particulièrement envie de cavaler vers un péril mortel, mais la perspective de rester seule, sans les personnes les mieux armées et les plus compétentes pour réduire en bouillie des Abominations, ne m’enchantait pas plus.
Nous débouchâmes dans une nouvelle caverne, pour découvrir un curieux spectacle : deux femmes aux prises avec ces immondes créatures. Enfin, pour être plus exacte : deux femmes en train de coller la raclée du siècle à leurs ennemis. La plus petite, une brune aux yeux gris vêtue de voiles et de soieries, virevoltait, deux sabres à la main. Avec une grâce de danseuse, elle louvoyait entre ses adversaires et les taillait en pièces. L’autre, une rousse flamboyante aux mains armées de griffes en métal, appliquait sensiblement la même technique.
— Il me semble que ces deux demoiselles n’ont pas vraiment besoin d’aide, nota Ripley.
— Effectivement, convint Honoré, avec une pointe de regret dans la voix.
— J’aime bien le spectacle ! commenta Hoaire en s’appuyant contre une des parois.
Venin, Romaric et Drecia ne dirent rien, mais cette dernière feula en voyant la brune.
Les deux inconnues eurent tôt fait d’occire les Abominations et vinrent se présenter.
— Mon nom est Aliska, guerrière et danseuse. Vampire de mon état, comme cette promeneuse.
— Je suis Erishun, quant à moi, déclara la rousse.
— Une vampire ? relevai-je.
Erishun parut mal à l’aise.
— Oui, reconnut-elle à contrecœur.
— Les vampires, ça n’existe pas ! s’exclama Thomas.
— Pas plus que les passages entre les mondes, répondis-je. Et pourtant, nous sommes là.
— Je ne vais pas vous mordre, nous rassura Erishun. Enfin, pas si vous ne voulez pas…
Honoré Rocheclaire contempla les nouvelles venues avec un immense sourire.
— Dois-je vous rappeler que vous disposez déjà d'une brune et d'une rousse à Sainte Victoire ? lui lança Ripley. Si vous souhaitez vous diversifier, je pense que vous devriez opter pour la blonde.
— Oh oui… roucoula Ginger en se pendant au bras d’Honoré.
— Merci Ripley, coupa le capitaine. Mesdemoiselles, je suppose que comme nous, vous êtes perdues.
— On peut dire ça comme ça, répondit Erishun.
Aliska jeta un regard mauvais en direction de Drecia.
— Certaines figures hélas, me semblent familières… gronda-t-elle.
L’autre fit mine de lui sauter à la gorge. Honoré s’interposa et s’arma de son plus beau sourire.
— Allons, un peu de calme. Sortons d’abord de ce pétrin et nous vous laisserons vous étriper, promis.
Une lueur s’alluma dans les yeux de Venin à ces mots, Hoaire quant à lui, caressa sa hache. Romaric poussa un profond soupir.
— Suivez-nous… déclara-t-il d’un ton las.


Nous errions dans les couloirs, derrière Romaric, Venin et Drecia. Mais cette fois, l’atmosphère était différente, je marchais à côté de mon frère et percevais sa tension. Ginger était également nerveuse.
Le tunnel commença à s’agrandir pour déboucher dans une immense caverne. Thomas remonta à côté d’Honoré, qui avançait entre les deux vampires, une ombre de sourire aux lèvres.
— Vous saviez, c’dont on parlait tout à l’heure. À mon avis c’est maintenant.
Le capitaine hocha la tête. Ripley vérifia ses cartouches, Hoaire lança un regard affectueux à sa hache. Je respirai profondément, me demandant ce qui nous attendait dans cette sombre grotte. La réponse à cette question s’avéra très simple : un homme. Enfin, un drôle de bonhomme osseux, au visage acéré et aux prunelles qui brillaient d’un vert peu naturel. Il était assis sur l’avant de notre machine et se leva à notre entrée.
— Maîtrisez-les, ordonna-t-il.
Aussitôt, des Abominations sortirent des ombres : les masses de chair informe et les étranges marionnettes que nous avions croisées plus tôt, mais aussi d’immondes créatures tentaculaires et des molosses aux yeux phosphorescents. Comme prévu, Romaric, Venin et Drecia Aicerd choisirent ce moment-là pour nous trahir. Ils se joignirent à nos assaillants pour nous encercler. Hoaire et les deux vampires grondèrent de colère et firent mine de se jeter à la gorge des déserteurs. Honoré les arrêta d’un geste.
— Attendez une seconde. Discutons.
— Par le Grand Dragon, de quoi pourrions-nous parler avec cette troupe de parjures dépravés ! s’exclama Aliska.
— On frappe d’abord, on pose les questions ensuite, renchérit Hoaire.
Erishun acquiesça vigoureusement.
— Et moi, je veux voir l’androïde taper sur ces trucs à tentacules, ajouta le professeur.
— Un instant, s’il vous plaît, déclara Ripley. La violence viendra bien assez tôt !
Le capitaine Rocheclaire se tourna vers l’inconnu assis sur le trône.
— Vous êtes un Indicible, annonça-t-il. Une Abomination qui a pris forme humaine.
L’intéressé inclina la tête en guise d’assentiment et étendit les bras.
— Exact. Voici ma Colonie.
— C’est vous qui nous avez amenés ici ? demanda Hoaire.
— Tout à fait. Grâce à ce que vos pathétiques esprits nomment « magie ».
Je remarquai alors des étranges glyphes sur les murs, qui pulsaient d’une drôle de lueur, à mi-chemin entre le vert et le jaune.
— La Couleur… murmura Honoré.
Le professeur Nutter haussa les épaules.
— Bof, ça ne vaut pas ma belle machine.
Le visage de l’Indicible se fendit d’un sourire cruel.
— Exact. C’est pourquoi je vous ai attirés ici. Les failles ne me permettent d’accéder qu’à quelques mondes, alors qu’avec cette machine, je pourrai conquérir des milliers d’univers. Ma colonie va se répandre ! Je tiens le concepteur de cet engin qui m’apprendra comment m’en servir ! En plus, j’ai à ma merci la célèbre Ripley. Je vais pouvoir vous disséquer ! Et je pourrai tuer le grand capitaine Rocheclaire !
Il éclata d’un rire démoniaque. Honoré hocha la tête, comme s’il s’attendait à cette réponse. Je souhaitai éclaircir un point de détail.
— Vous nous avez capturés pour la machine, vous voulez Honoré et Ripley pour vous venger. Si j’ai tout compris, Drecia, Romaric et Venin sont vos alliés. Mais, et les autres ?
— De regrettables erreurs que je vais m’empresser de corriger, déclara l’Indicible.
— Sympathique, merci, grommela Erishun, apparemment plus tracassée qu’on la considère comme une erreur que par le fait qu’on essaye de la tuer.
— Ripley, notre hôte se montre grossier. Apprends lui les bonnes manières, s'il te plaît, ordonna Honoré.
— Avec plaisir.
L’androïde arma son fusil et ce fut le signal d’un début d’une grande bataille.
Je l’avoue, la Ligue des ténèbres ne brilla pas par sa bravoure. Mais au milieu de tous ces combattants, nous ne faisions pas le poids. Entre les mercuriens et leurs calibres, Hoaire et sa hache, Aliska et sa grâce foudroyante, Erishun et sa rapidité de fauve, il y en avait largement assez pour occuper les Abominations et les traîtres. Romaric engagea le combat avec Honoré. Venin évita Ripley et tenta sa chance contre Erishun, sans plus de succès. Drecia chargea Aliska, qui se déroba à toutes ses attaques avec élégance. L’Indicible hurla des ordres frénétiques jusqu’à ce que l’androïde le prenne en chasse. Toute morgue l’abandonna alors, remplacée par une terreur bien universelle. Thomas me tira par le bras.
— On n’en profiterait pas pour récupérer la machine ?
Pour une fois qu’il suggérait une action pertinente... Nous esquivâmes les combattants, les jets de membres tranchés et autres éclaboussures de sang, pour regagner la machine. Deux pantins la gardaient et tournèrent vers nous une tête dissimulée dans une capuche d’ombre.
— Bonjour, nous aimerions reprendre notre moyen de transport, déclara Thomas en s’armant de son plus beau sourire.
— On ne passssssse pas, sifflèrent les créatures.
— Ah.
Hoaire régla le problème pour nous en administrant deux bons coups de hache aux monstres. Nous nous précipitâmes dans l’habitacle.
— Non ! hurla l’Incidible.
Évitant un tir de Ripley, il se rua sur nous avec un cri. Ginger lâcha un couinement de terreur et recula. Sa volumineuse tournure pressa l’une des commandes de la machine. Je ne sais pas ce qui est exactement arrivé à ce moment-là. Peut-être que l’Indicible nous a lancé un de ses sorts, ou peut-être que notre engin a interagi avec la magie des Abominations. Toujours est-il que la caverne a explosé dans une grande lumière blanche. Notre machine s’est mise en marche avec un grincement sinistre et le brouillard de l’Entremonde nous a avalés. Quand il s’est dissipé, nous nous trouvions dans un nouvel univers : une riante prairie éclairée par le soleil. Des autres, nulle trace.
Nous n’avons jamais su ce qu’il était advenu, et aucun de nous n’a oublié cette curieuse rencontre. J’espère sincèrement qu’ils ont pu rentrer chez eux, sauf peut-être Romaric, Venin et Drecia (ceux-là, je prie pour qu’ils aient connu une fin à la hauteur de leur vilenie).


Épilogue :
Dun jeta un œil prudent hors de sa cachette et lorgna l’endroit où les combattants s’étaient tenus, avant de disparaître dans un grand éclair blanc. Il tira de sa poche une liasse de parchemins ainsi qu’une mine de plomb et commença à griffonner quelques notes. Il y avait là matière à une poésie épique de premier ordre, il en avait la certitude. Sans un regard pour l’homme et la femme à côté de lui, il s’éloigna dans un des couloirs puis s'évapora. Liana et Nael l'observèrent partir.
— C’était quoi, ça ? Un rêve ? demanda la jeune femme.
— Non, pas vraiment. Plutôt la réunion de plusieurs esprits un peu fous.
Elle haussa les épaules.
— C’était vraiment bizarre en tout cas.
— Je sais. Filons. Le spectacle est terminé.

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 21 Juin 2014 - 17:40

Texte n° 2

Textes de référence
Strange Memories (Cerise)
Ceux du Mercure (Sombrefeline)
La lumière d’Amberia (Sombrefeline)
Histoire de vieux chats (Sombrebarman)
La Septième Prophétie (Abigaelle)
Les Mystères de Joux (Abigaelle)
Rock out (Morrigan)
Les Bêtes (Morrigan)


Après le déjeuner, la salle était comme toujours plus silencieuse. La plupart des clients repartait sitôt la dernière bouchée avalée – ou après le digestif, cela dépendait du degré d'urgence de leur mission – et cette journée ne faisait pas exception. Derrière son comptoir, Shannon alignait avec application les verres propres. Sa besogne finie, elle se redressa et étira son dos endolori. Vraiment, quelle idée avait eu Solomon de lui trouver ce job d'été ! Elle aurait tellement préféré passer ces mois avec ses amis, Dan et surtout Rolf, les triplés, la maison des Rowe... Hélas, elle avait besoin d'argent. Le travail n'était pas désagréable ici, mais les clients s'avéraient parfois... étranges. On rencontrait toutes sortes de personnes à La Croisée des chemins, et si elle avait fini par s'habituer à l'ambiance particulière, plusieurs consommateurs ne lassaient pas de l'intriguer.
Ce soir-là ne fit pas exception. Plusieurs nouveaux investirent les lieux à la tombée du jour et se mêlèrent à la foule bruyante qui avait repris possession de l'auberge. Tandis que Shannon valsait de façon experte entre les tables pour apporter qui son repas, qui sa chope, son oreille capta quelques bribes de conversation.
Assises non loin, deux jeunes femmes devisaient avec enthousiasme. La première, une superbe rousse en tenue légère, caressait amoureusement un étui à violon posé à côté d'elle.
— Alors, comme ça, toi aussi tu utilises la musique pour botter les fesses de monstres d'autres dimensions ?
— Ouaip, confirma sa voisine, une châtaine vêtue de noir, cuir et chaînes. C'est récent et j'ai dû apprendre sur le tas pour sauver ma peau – avec un maître qui laissait franchement à désirer – mais maintenant, je m'éclate ! Et toi, c'est venu comment ?
— Ça a commencé il y a longtemps, répondit la rousse. Mon pays a beaucoup souffert de leurs attaques, il a fallu se défendre. J'ai ce violon depuis que je suis toute petite Il m'a protégée de nombreuses fois et il fait partie de moi. Je ne pourrais jamais m'en séparer – enfin, si, j'ai dû le faire une fois, mais une bonne amie en a pris soin pendant ce temps. Je ne compte même plus les Abominations qu'on a pulvérisées, lui et moi.
Des inflexions féroces surgirent dans sa voix, et son regard, envoûtant, brûlait d'un même feu farouche.
— Mon pedigree est beaucoup moins impressionnant, souffla l'autre. Peut-être une vingtaine de monstres, juste, mais je peux aussi bien les renvoyer chez eux que les invoquer.
La rousse lui jeta une œillade tout d'un coup suspicieuse, presque terrifiante.
— Mais je l'ai jamais fait ! se défendit prestement la châtaine. Ma Hell Burier ne l'aurait pas aimé, de toute façon.
À son tour, elle glissa un doigt câlin le long d'une housse. À voir la taille et la forme, il devait s'agir d'une guitare. Shannon secoua doucement la tête. Complètement fou. Décidément, ça démarrait fort ce soir ! Elle ramassa les assiettes vides de la table d'à côté et s'en revint vers les cuisines. À son retour, comme personne ne semblait avoir besoin de ses services, elle s'installa derrière le bar et ouvrit un livre. Il n'était pas aisé de se concentrer sur sa lecture dans un tel brouhaha. Rapidement, son attention fut attirée par une ombre qui se faufilait entre les chaises, à l'insu de tous ou presque.
« Un chat ? » s'étonna-t-elle.
Il était peu courant de croiser un animal dans cette auberge, et elle se demanda qui pouvait bien être son propriétaire. Shannon reposa son ouvrage et alla chercher un bout de jambon fumé qu'elle agita devant le matou lorsqu'il passa près d'elle.
— Minou, minou. Viens manger, mon beau.
Le chat tourna la tête vers elle, intéressé, puis bondit souplement sur le zinc, renifla la nourriture et en prit une première bouchée.
— Oh, fameux, dit-il. Je vous remercie, mademoiselle.
Shannon retint un cri, mais recula d'un pas, les yeux écarquillés. Le félin avait fini son casse-croûte et posa un regard étonné sur la jeune femme.
— Pardon, j'oublie toujours que vous avez plutôt l'habitude que je miaule. Euh... miaou ? tenta-t-il.
— Toi, t'es bizarre, nota Shannon, son calme retrouvé.
— Je m'appelle Grainor. Et je suis un chat-rchiviste, corrigea l'animal avec une pointe de fierté.
Devant l'œillade d'incompréhension de son interlocutrice, il expliqua :
— Je suis les grands évènements pour ma guilde. Nous sommes la mémoire, nous gardons trace de l'histoire, si tu préfères.
— Ouaah, je ne savais pas que ça existait ! Et alors... tous les chats sont comme toi ?
— Non, évidemment. Il faut une certaine culture, pour occuper ce poste ; ça ne convient pas au premier chat de gouttière venu. Dis-moi, tu n'aurais pas un peu de lait ?
La jeune femme repassa en cuisine et revint avec une soucoupe pleine. Elle ne se formalisa même pas en remarquant que Grainor avait allumé une pipe et en tirait des bouffées.
— Miaaa, c'est délicieux, soupira celui-ci après plusieurs lampées. Aurais-tu quelque aventure de ton fait à me raconter ? J'aimerais laisser un souvenir de toi, dans nos chat-rchives.
Shannon réfléchit un moment. Est-ce que la tempête et les pouvoirs comptaient ?
— Euh... peut-être, finit-elle par répondre.
— Miaourveilleux ! s'exclama le chat. Vas-y, je t'écoute.
— Shannon ! Je te paye pas à tailler le bout d'gras ! T'as du boulot ! les interrompit la grosse voix éraillée du tenant de La Croisée des chemins.
La jeune femme leva la tête et s'aperçut qu'en effet, pendant sa discussion, plusieurs tablées réclamaient son attention. Elle s'excusa auprès du matou, renfila son tablier et prit les commandes des clients. Tandis qu'elle repartait vers le comptoir, un plateau chargé d'assiettes et de verres vides sur les bras, un violent coup dans le dos l'envoya s'écraser au sol. Elle s'étala de tout son long, lâchant son plateau qui fracassa une bonne partie de son contenu. Shannon se releva lentement, massant ses côtes et ses membres endoloris. Le rire de certains clients résonnait, suite à cette chute pourtant fort peu comique, mais d'autres, plus charitables, la rejoignirent, s'enquirent de son état et l'aidèrent à se redresser. Une voix autoritaire fendit la foule :
— Laissez-moi passer, je suis médecin !
Une belle jeune femme à la peau sombre, l'air particulièrement décidé, se porta à son niveau. D'un œil expert, elle examina la serveuse sous toutes les coutures, avant de décréter qu'elle n'avait rien. Puis, au soulagement de Shannon, elle dirigea son regard furieux – qui rappelait un peu celui, tout aussi terrifiant, de la rousse de tout à l'heure – vers un homme assis non loin, qui leur tournait le dos.
Grand, massif, vêtu d'une armure qui avait visiblement servi, ce dernier continuait de boire et d'échanger de houleux propos avec un blond à la belle prestance. La doctoresse, poings sur les hanches, interpella l'armoire à glace :
— Dites donc, vous pourriez faire attention à votre entourage. Et surtout vous excuser. Qu'est-ce que vous attendez pour présenter vos regrets à cette jeune fille ?
Le silence se fit tout à coup dans l'auberge. Tout le monde retenait son souffle, connaissant la réputation de l'homme à l'armure. Ce qui n'était pas le cas de la doctoresse et du blond, ou alors, ils n'en avaient cure.
— Ça va aller, je vous remercie, tenta Shannon.
Mais la femme lui intima de se taire. L'armoire à glace termina sa boisson d'un trait et tendit le gobelet à la serveuse, sans se retourner.
— Tiens, gamine, ramène-le.
— Comment osez-vous ! explosa le blond. Monsieur, je suis le Commandeur de la province d'Ylios, et je ne vous laisserai pas insulter cette jeune personne sans réagir !
— Tu serais la manche droite du roi que ça m'impressionnerait pas davantage, rétorqua l'autre. Moi, on m'appelle le Boucher des Tranchées. Tu veux savoir pourquoi ?
Se levant enfin, il dégaina l'estramaçon sanglé dans son dos et le pointa sous le nez du blond. Celui-ci ne montra aucun signe de frayeur et porta au contraire la main à sa propre épée. Un espace se créa autour des deux hommes, afin de leur ménager une aire pour se battre. Juste avant que le premier assaut ne débute, cependant, la doctoresse qui ne décolérait pas qu'on l'ignore de la sorte, sortit son ombrelle. Personne ne comprit pourquoi. Sans hésiter, elle asséna quelques coups bien placés au Boucher, lequel s'effondra après la dernière attaque à la nuque. Tout le monde se tourna vers elle, bouche bée.
— Bon, des volontaires pour nettoyer ce chantier ? demanda-t-elle en remisant une mèche échappée de son strict chignon.
Étonnamment, une dizaine de clients se mirent aussitôt à l'ouvrage, qui ramassant la vaisselle brisée, qui traînant l'armoire à glace inconsciente dans un coin de la salle. Celui qui s'était présenté comme le Commandeur sourit à la belle doctoresse et l'invita poliment à prendre un verre avec lui. Elle accepta, non sans s'adresser d'abord à Shannon :
— Tu devrais venir à l'un de mes cours de défense un de ces jours, ça te serait utile.
La jeune femme acquiesça, subjuguée par cette personnalité si forte, et s'en fut sans mot dire aider les clients. Tremblante, elle s'accorda une pause une fois en cuisine. Son patron la couva d'un regard compatissant :
— Si tu veux arrêter là ce soir, je comprendrais, ne t'en fais pas.
— Non, ça va aller.
— Comme tu veux. Cette femme... Sacré numéro, hein ?
Shannon se contenta à nouveau d'opiner. Décidément, quelle soirée ! Elle en avait rarement vécu d'aussi intenses ; ça lui en ferait des choses à raconter à ses amis ! Un quart d'heure plus tard, son calme retrouvé, elle revint dans la salle commune. Les discussions avaient repris, tout semblait de nouveau normal, si tant est que cela signifiât quelque chose ici. Elle avisa Grainor qui lui faisait signe de le rejoindre, à une table maintenant vide. Elle s'exécuta et s'installa en compagnie du chat, sans que personne y trouve rien à redire.
La jeune femme commençait à conter son histoire au matou, mais son attention fut retenue par la conversation des trois hommes derrière elle.
— Des portails qui relient plusieurs dimensions ? C'est extraordinaire ! s'enthousiasmait le premier, un trentenaire au visage émacié et dont les vêtements tachés de peinture indiquaient la profession.
— Pas exactement le mot que j'emploierai, rétorqua un blond à la coupe en brosse. Y a que des saloperies qui en sortent, et l'équilibre des mondes est en danger.
— Ah, l'équilibre... Ne m'en parlez pas. C'est à cause de ça que j'ai été embarqué dans cette aventure, mais je ne m'en plains pas, notez : c'est grâce à ça que j'ai une vie idyllique, maintenant.
— Grand bien vous fasse, maugréa l'autre.
— Et si vous voyiez les femmes d'Ambéria... Des beautés de rêve !
— À propos de rêve et de femme intervint le troisième, un jeune dandy qui arborait des rouages en guise de boutons de veston, avez-vous déjà entendu parler des Dames Vertes ?
Il se lança alors dans un exposé passionné sur ces créatures de légende, décrivant par le menu leur habitat, leurs interactions avec les mortels, son propre tête à tête avec l'une d'entre elles...
Son ardeur et l'amour qui transparaissait dans ses paroles firent sourire Shannon. Oh, certes, les jours à La Croisée des chemins n'étaient pas de tout repos, on croisait nombre d'étranges personnages, mais pour aussi surprenants qu'ils soient, la plupart restaient fort sympathiques. Ils permettaient des rencontres inoubliables, faisaient parfois vivre des moments d'émotions intenses et l'on ne pouvait, au final, s'empêcher de vouloir les côtoyer encore et encore. La Croisée, c'était un lieu d'évasion, un lieu d'aventure, un lieu à aimer.
Tout en devisant avec le chat, elle se demandait ce que lui réservait la prochaine page de l'histoire de l'auberge.

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 21 Juin 2014 - 17:41

Texte n° 3

Textes de référence
Les bêtes (Morrigan)
Ceux du Mercure (Sombrefeline)
Erishun et Fao (Rainette)
La Septième Prophétie (Abigaelle)
Les Protecteurs (Abigaelle)
Avec en guest stars : Rima, Rallye & Niko



Les bêtes se rapprochaient, prêtes à lancer un nouvel assaut. Jaer et Bawden n’avaient presque plus de munitions, et ils sentaient qu’ils n’avaient guère de chances de vaincre. Le premier lança au mage :
« Ilodeth, fais quelque chose, vite !
— J’essaie, mais c’est bizarre, il y a quelque chose qui ne va pas avec cette faille… »
Devant lui, l’ouverture changeait, adoptant une couleur indéfinissable, verdâtre, tandis qu’un malaise assaillait Ilodeth qui ne savait plus comment réagir.
Bawden jura entre ses dents :
« Ces sales bestioles arrivent, on va pas tenir ! »
Un bruit étrange brisa le silence qui précédait l’attaque, suivi d’un cri de surprise d’Ilodeth. Bawden se retourna, laissant Jaer surveiller leurs assaillants, et écarquilla les yeux : deux personnes venaient de surgir de la faille, un homme brun à la moustache bien taillée, vêtu d’un uniforme bleu, et une femme à l’allure étrange, lourdement armée.
Au même moment, profitant de leur inattention, les bêtes se lancèrent à l’attaque. Un éclair frappa la plus proche d’entre elles, qui hurla de douleur avant de s’effondrer au sol. L’inconnu lança à sa compagne :
« Bien joué, Ripley, débarrasse-nous d’eux !
— Avec plaisir, je vais en faire des grillades. »
La femme replia son fusil sur le côté et sortit un tuyau de l’appareil qu’elle portait sur son dos, avant d’avancer d’un pas tranquille vers les monstres furieux qui attaquaient. Jaer allait lui conseiller la prudence quand il vit une flamme sortir du tuyau, assez grande pour faucher leurs assaillants. Une odeur de chair grillée monta dans l’air tandis que les bêtes reculaient pour échapper au feu ; celles qui manquaient de rapidité se roulaient sur le sol pour tenter d’éteindre les flammes qui les consumaient, en vain.
Le regard d’Ilodeth allait de Ripley à l’inconnu qui jaugeait la scène d’un œil expert ; il ne comprenait pas ce qui se passait et demanda en balbutiant :
« Mais qui… qui êtes-vous, et d’où venez-vous ? »
L’homme se tourna vers lui et lui tendit la main, comme s’il était au milieu d’un salon :
« Capitaine Honoré Rocheclaire, des Brigades du Mercure. Et vous ?
— Euh, Ilodeth, mage… Comment êtes-vous arrivés ici ?
— En passant par les failles. Par contre, je pense que nous ne sommes pas sortis au bon endroit… Vous avez vu des Abominations par ici ?
— Des quoi ?! »
Honoré le fixa, puis haussa les épaules :
« Apparemment, non. Nous avons dû nous tromper de couloir. »
Ilodeth n’arrivait pas à comprendre d’où venaient cet homme et cette femme. Celle-ci, visiblement bien entraînée, exterminait les bêtes une à une. Jaer se tourna vers le capitaine :
« C’est une sacrée combattante, votre compagne !
— Ripley est notre meilleur androïde de combat, personne ne la surpasse.
— Un androïde ? »
Honoré soupira : visiblement, il était tombé sur un monde nettement moins avancé technologiquement, et ils feraient mieux d’en repartir sans tarder. Il demanda aux trois hommes, dont deux étaient déjà blessés :
« Que faites-vous ici ? Quels sont ces animaux ?
— Nous cherchions la faille, pour la reboucher ; c’est sans doute d’elle que viennent ces monstres qui attaquent les villages dans la région et massacrent leurs habitants. Même quand nous réussissons à les tuer, il en revient d’autres.
— Alors nous ferions mieux de ne pas traîner. Ripley, arrête de t’amuser, nous repartons ! »
Presque à regret, l’androïde fit griller les dernières bêtes à sa portée. Une partie de la meute s’était reculée et les observait de loin, prête à reprendre l’attaque dès qu’elle trouverait une ouverture. Ripley recula vers Honoré, pour ne pas tourner le dos à l’ennemi. Le capitaine proposa aux trois hommes :
« Venez avec nous, nous avons une doctoresse qui pourra vous soigner. »
Bawden, Jaer et Ilodeth s’interrogèrent du regard : ils n’avaient presque plus de munitions et les bêtes étaient encore là. S’ils voulaient rester en vie, ils n’avaient pas le choix. Le mage déglutit, avant d’acquiescer :
« Très bien, nous vous suivons.
— Alors en route. »
Les trois hommes suivirent Honoré dans la faille, bientôt rejoints par Ripley qui protégeait leurs arrières. Blessé, Jaer avait du mal à avancer et Bawden devait le soutenir. Le mage regarda autour de lui, surpris : les tunnels qu’ils traversaient pulsaient d’étrange manière, insinuant en eux une sensation de malaise et de danger. Ilodeth n’éprouvait qu’une envie, sortir d’ici au plus vite. Du coin de l’œil, il observa leurs nouveaux compagnons de voyage. Ripley avançait en fouillant les environs du regard, prête à intervenir à la moindre alerte, tandis que le capitaine Rocheclaire menait le groupe, paraissant se repérer dans ce labyrinthe si étrange.
Bientôt, ils débouchèrent face à une nouvelle faille étincelante, la sortie de secours, enfin ! Ils la franchirent et se retrouvèrent à l’air libre. Elle se referma aussitôt après leur passage, tandis qu’Honoré étouffait un juron :
« Diantre, ce n’est pas Sainte Victoire, j’ai dû me tromper au dernier embranchement ! »
Ils se trouvaient sur une plage, éclairée par la pleine lune, sans trace d’habitation à la ronde. Des cris attirèrent leur attention et ils se dirigèrent vers leur source. Une jeune femme aux cheveux roux bouclés et un homme brun d’une trentaine d’années se battaient contre une sorte de monstre, une murène d’au moins quatre mètres de long qui avait quitté la mer pour les attaquer, se dressant sur sa queue face à eux. Sa gueule claquait, montrant des dents hérissées comme des poignards prêtes à déchirer les chairs. Malgré les couteaux de l’homme et les lames rétractables que portait la jeune femme à ses mains, le combat semblait inégal. Honoré souffla à Ripley :
« Ma chère, ce n’est pas une Abomination, mais je crois qu’il serait nécessaire que tu ailles leur porter assistance. »
L’androïde acquiesça et posa le lance-flammes près d’Honoré. Elle s’approcha par derrière de la murène et, sans ménagement, la saisit par la queue.
L’animal, qui allait mordre l’inconnu, se sentit soudain tirée en arrière. Ripley la frappa violemment au sol plusieurs fois, la faisant passer au-dessus de sa tête avant de lui faire heurter le sable de nouveau. La force de l’androïde rendait chaque coup violent et les dents de l’animal se brisèrent sous les chocs.
Bientôt, la murène ne fut plus qu’un tas de chair et de cartilage sans vie. Ripley se tourna vers les autres :
« Quelqu’un a un sabre à me prêter ? »
Avec un petit sourire, Honoré lui tendit le sien :
« Tiens. »
D’un coup sec, Ripley décapita l’animal, avant de lancer, toujours pratique :
« Il me semble que cet animal est comestible, non ? Ce serait dommage de le gâcher. »
Ilodeth, dont l’estomac criait famine après les efforts fournis depuis le matin, hocha la tête :
« Oui, c’est un poisson, il doit se manger. »
De quelques gestes habiles, l’androïde débita l’animal en tranches épaisses. Honoré se tourna vers les deux inconnus et se présenta :
« Capitaine Honoré Rocheclaire, des Brigades du Mercure de Sainte Victoire, à votre service. »
La jeune femme rousse lui adressa un sourire enjôleur et répondit en battant des cils :
« Je m’appelle Erishun et voici Fao, mon… associé. »
Tandis qu’il lui baisait la main, le capitaine ne put s’empêcher de faire la comparaison entre Erishun et Erika. Il devinait que, comme l’Austrénienne, l’inconnue jouait les jeunes femmes effarouchées, mais que ce n’était qu’une apparence, car sa détermination dans le combat contre la murène ne lui avait pas échappé.
Le dénommé Fao grogna et s’occupa de ranimer le feu, afin que Ripley puisse y griller les tranches de murène. Tous s’assirent autour et Jaer poussa un gémissement de douleur. Voyant qu’il avait besoin de soins, Ilodeth se tourna vers Honoré :
« Vous aviez parlé d’une doctoresse qui pourrait le guérir, où est-elle ? »
L’officier soupira :
« Hélas, je me suis trompé de chemin, j’ai pris la mauvaise route… Et malheureusement, la faille s’est refermée trop vite pour que nous fassions demi-tour. Je ne sais pas comment faire pour rentrer. »
Le silence accueillit cette déclaration. Alors qu’Erishun allait reprendre la parole, des cris aigus leur parvinrent, et un animal passa entre eux à toute vitesse. Honoré, qui n’avait pas eu le temps de le distinguer, demanda à Ripley :
« Qu’est-ce que c’était ?
— Un cochon d’inde avec une mitraillette sur le dos. Je crois qu’il cherche à fuir les deux personnes qui arrivent derrière lui. »
Le capitaine tourna la tête et écarquilla les yeux, se demandant s’il n’avait pas abusé d’une des liqueurs de son oncle : devant eux venaient de jaillir le Chat Potté et un loup marchant sur ses pattes arrières, visiblement pressés. Le Chat Potté s’arrêta tout de même pour les saluer et leur demanda :
« Mille excuses, n’auriez-vous pas vu passer un cochon d’inde armé ? »
Erishun désigna un buisson dans l’obscurité :
« Si, il est parti par là. »
Au même moment, le loup renifla l’air et demanda :
« C’est du poisson qui dégage cette succulente odeur ?
— Oui, une murène. »
Le loup se lécha les babines :
« Une murène, j’ai toujours rêvé d’en goûter.
— Eh bien, partagez notre repas, il y en assez pour tous, vu sa taille. »
Acceptant l’invitation, les deux animaux s’assirent à côté d’eux, et Ripley fit la distribution à tous. Tandis qu’ils mangeaient, l’androïde se tourna vers Honoré :
« Un chat et un loup qui parlent et marchent sur leurs pattes arrières, il me semble que ce n’est pas très naturel. »
Le Chat Potté releva la tête, piqué au vif :
« Bien sûr que si, c’est parce que nous sommes plus intelligents que les autres ! »
Entre deux bouchées, le loup renchérit :
« C’est aussi parce que nous venons d’Alsace ! »
Ilodeth écarquilla les paupières :
« L’Alsace, c’est un pays ? »
Le Chat Potté leva les yeux au ciel :
« Mais non, c’est une région de France ! Vous sortez d’où ?
— De la faille. »
Les deux compères fixèrent Ripley, ne comprenant pas sa réponse. Le capitaine Rocheclaire haussa les épaules :
« Mieux vaut laisser tomber, depuis ce matin, j’ai l’impression que tout est étrange. »
Bawden se tourna vers Ilodeth, inquiet :
« Jaer ne va pas bien, il faudrait le soigner.
— Je sais, mais je n’ai presque plus de forces, j’ai tout utilisé pour la faille. »
Un bruit les interrompit : deux cavaliers apparurent sur le chemin qui bordait la plage, un homme brun et une jeune femme rousse. Ils ralentirent leurs montures à la vue du petit groupe et s’approchèrent d’eux. Aussitôt, Fao porta la main à l’un de ses couteaux en grommelant :
« Allons bon, c’est qui encore ? Cet endroit devient un peu trop fréquenté. »
Erishun posa la main sur son bras et chuchota :
« Attendons de voir ce qu’ils veulent d’abord. »
Honoré se leva et se présenta, ainsi que le reste du groupe. L’inconnu les salua :
« Je m’appelle Philippus et voici Abigaelle. Je vois que vous avez des blessés, nous pouvons vous aider.
— Vous êtes médecins ?
— Pas tout à fait, mais nous possédons un don pour la guérison. »
Abigaelle s’approcha de Jaer ; elle croisa le regard méfiant de Bawden et lui lança d’un ton apaisant :
« Nous voulons seulement vous aider, faites-nous confiance. »
La détermination affichée par le visage de la jeune femme vainquit la résistance du soldat. Abigaelle examina les blessures de Jaer, puis appliqua ses mains sur les plaies. Une lueur argentée enveloppa les blessures, les refermant peu à peu. Le silence était tombé sur le camp : tous observaient, fascinés, ce qui se déroulait sous leurs yeux. Philippus fit de même avec Bawden. Bientôt, les deux blessés avaient retrouvé leur état normal et seules quelques cicatrices subsistaient. Ilodeth balbutia :
« Co… comment avez-vous réussi un tel prodige ?
— Je vous l’ai dit, nous avons un don pour guérir. »
Abigaelle et lui se relevèrent et se dirigèrent vers leurs montures. Honoré tenta de les retenir :
« Attendez, vous ne voulez pas partager notre repas ?
— Merci, mais nous n’avons pas le temps, un démon sème la terreur dans une ville près d’ici et nous devons nous en occuper. »
Ils remontèrent en selle et saluèrent le petit groupe, avant de lancer leurs montures au galop.
Le loup se leva à cet instant, essuyant sa gueule de sa patte, et se tourna vers son compagnon :
« Nous devrions repartir, sinon le cochon d’inde va être loin.
— Tu as raison. Enfin, nous avons déjà eu la murène, c’est pas mal ! »
Le Chat Potté souleva son chapeau et salua à la cantonade :
« Merci à vous d’avoir partagé ce repas, et bonne continuation. »
Les deux animaux reprirent leur course. Ilodeth se tourna vers Honoré :
« Et maintenant, comment fait-on pour rentrer chez nous ?
— Je ne sais pas.
— Oh, pourquoi faut-il que vous repartiez déjà ? Restez un peu avec nous ! »
Sous le regard noir de Fao, Erishun glissa son bras sous celui du capitaine et lui adressa un regard sans équivoque, en battant des cils. Honoré trouvait bien cette petite rousse troublante, mais il savait que d’autres l’apprécieraient nettement moins.
Soudain, Ilodeth s’écria :
« Regardez ! »
Ils se tournèrent dans la direction indiquée et virent une nouvelle faille s’ouvrir, livrant passage à deux femmes, une rousse incendiaire avec un violon et une métisse au visage sévère, portant un sac de médecin et une ombrelle. Elles regardèrent autour d’elles et, dans un bel ensemble, s’écrièrent d’une voix pleine de reproches :
« HONORÉ ! »
Le capitaine se dégagea d’Erishun sans ménagement et sauta sur ses pieds avant de répondre, contrit :
« Je n’ai rien fait, je le jure, Ripley en est témoin ! »
Les deux femmes l’inspectèrent avec méfiance. Fao demanda :
« Ce sont des amies à vous ? »
Avant qu’Honoré n’ait le temps de répondre, Ripley le fit à sa place :
« Ses deux femmes. »
Tous écarquillèrent les yeux ; le capitaine grommela, embarrassé :
« Non, enfin si… c’est compliqué à expliquer… Voici Artémise et Erika. »
Les deux femmes saluèrent les autres, puis la métisse annonça :
« Nous n’avons pas beaucoup de temps pour repartir, la faille est instable, Léo peine à la garder ouverte.
— Dépêchons-nous alors. »
Il se tourna vers Ilodeth et ses amis :
« Vous venez avec nous ?
— Vous croyez qu’on pourra rentrer chez nous ?
— Nous allons vous aider.
— Alors d’accord. »
Le petit groupe salua Erishun et Fao, puis se glissa dans la faille. Artémise et Erika avaient chacune saisi un bras d’Honoré et discutaient à voix basse avec lui, avant de disparaître. La faille se referma et le calme retomba sur la plage. Fao et Erishun échangèrent un long regard, avant que le mercenaire ne demande :
« Tu crois qu’on a rêvé ?
— Possible… En tout cas, c’était vraiment très étrange, tous ces gens… »

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 21 Juin 2014 - 19:59

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Lun 23 Juin 2014 - 19:30

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Mar 24 Juin 2014 - 13:39

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Mar 24 Juin 2014 - 14:48

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Jeu 26 Juin 2014 - 19:19

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 28 Juin 2014 - 18:23

A voté (et oui, après qu'Abi et Hardkey m'aient dit de le faire pendant les 3/4 de la journée ^^)

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Abigaelle
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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 28 Juin 2014 - 18:48

Quoi, nous aurions fait du bourrage de crâne ? Naannnn...  ::angel:: 

Allez les autres, ne soyez pas timides, venez voter, il reste une semaine !

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Dim 29 Juin 2014 - 21:04

Hum, difficile a départager ces textes.

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Dim 29 Juin 2014 - 23:57

Bourrage de crâne ? Nooooonnnnn ! A peine pas ^^
Vous avez juste été hyper insistants Razz

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Jeu 3 Juil 2014 - 8:28

On n'oublie pas de venir voter !

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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 5 Juil 2014 - 13:24

Allez allez, dernier jour !
C'est franchement serré en plus !  ::rolling:: 
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MessageSujet: Re: Concours Crossover - les votes   Sam 5 Juil 2014 - 20:09

Et voilà, fin des votes.

Et la gagnante est MORRIGAN, bravo  cheers 

Bravo aussi à Sombrefeline qui a écrit le texte 1 (et comme vous l'aurez deviné, j'ai écrit le 3, oui, je dois être maso, j'ai écrit un texte où je me fais manger Wink )

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