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 THE NATION [Début de Roman en cours d'écriture]

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À quel personnage vous attachez-vous le plus ?
Haytham
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Sven
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Raphaël
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Matthew
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Jason
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NeverChester
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MessageSujet: THE NATION [Début de Roman en cours d'écriture]   Dim 10 Aoû 2014 - 15:06

PUBLICATION NUMÉRO

Bonjour à tous, je m'appelle Marlon. Voici les 3 premières pages de mon roman, qui est en cours d'écriture (50 pages). Le langage cru provient d'une envie d'allier le récit avec des dialogues proches de ceux du script. Je ne sais pas si l'âge est une donnée importante (j'ai 16 ans) j'attends donc avec impatience vos retours, notamment sur ces points: Avis général ? - Crédibilité des personnages (paraissent-ils humains ?) - Cohérence ? - Manque de description - Erreurs grammaticales ? MERCI BEAUCOUP





THE NATION



        Cela faisait maintenant plus de trois heures que Haytham se trouvait dans l'avion, la mine toute excitée. Il tira une nouvelle fois de sa poche la lettre mentionnant sa sélection au « remaniement », et la lut, encore et encore, toujours aussi enjoué. L'avion était quasiment vide, on ne distinguait que quelques lumières aux extrémités. Il s'agissait d'un très grand appareil, aux nombreuses places et aux bouts éloignés ; un Airbus des plus luxueux, éclairé de lumières tamisées et aux sièges recouvert de tissu raffiné : un véritable palace volant. La plupart des sièges occupés dans l'appareil avaient leur lampe allumée sur le dessus, témoignant de l'activité de leurs occupants, dont le nombre était difficilement calculable. Personne ne dormait, l'heure étant pourtant très tardive. Un fluide air frais parcourant le sol de la cabine faisait trembler le jeune homme. Alors qu'il s'apprêtait à lancer un film sur l'un des écrans miniatures, une hôtesse vint près de lui, imposant poliment de se placer à l'avant de l'appareil. Haytham s'exécuta lentement, sans cacher son étonnement. Il se retrouva en première classe, et dû s'asseoir aux côtés d'une jeune femme.
       Elle possédait une magnifique crinière rousse, ondulant légèrement et délicatement à leur pointe. Son nez était surmonté d'une paire de lunettes à monture noire, à grands verres, reflétant la lumière des lampes sur son teint pâle. Haytham et elle furent côte-à-côte un moment, sans dire le moindre mot. Haytham l'observait par quelques petits regards furtifs. Elle semblait à ses yeux extraordinairement belle et rayonnante. Sa stature droite lui donnait un air princier, un air semblable à celui de sa défunte mère. Cette dernière était décédée des suites d'une grave maladie pulmonaire et sanguine durant l'adolescence de Haytham. Il lui avait tenu compagnie dès qu'il avait eu une minute à lui, à un tel point qu'il n'avait presque plus aucune vie sociale. C'est pour elle qu'il avait tout accompli, en sa mémoire. Même la façon de pincer les lèvres de cette jeune femme lui faisait penser à elle. Mais il refusa les regrets, et détourna les yeux avant de sombrer dans la nostalgie et de ne plus en sortir ; la missive qu'il tenait entre ses mains était désormais sa fierté. Cependant sa camarade de siège l'observait à son insu dans le reflet du hublot.
     Promptement, voyant qu'il lisait toujours sa lettre, la jeune femme entama la discussion.

- Euh... Bonjour. Qu'est-ce que vous lisez depuis tout ce temps ?
- Ah, ça, une lettre de sélection pour le remaniement. J'ai été choisi, annonça fièrement Haytham.
- Comme nous tous, assura avec flegme la femme.
- Comment ça « nous tous » ? Vous voulez dire que vous avez tous reçu cette lettre ? lâcha-t-il, étonné.
- C'est ce que j'en ai déduit après une discussion avec certains des passagers. Je suis Mariah, enchantée. Je préfère quand on me tutoie, précisa la jeune femme en souriant.
- Je suis Haytham, ravi de te rencontrer, dit-il en lui serrant la main.
- D'où viens-tu, Haytham ? poursuivit sa voisine.
- Je viens d'Angleterre mais je suis originaire d'Australie, apparemment.
- Ah, bien. Pourquoi tu n'en es pas sûr ?
- Eh bien d'après mon nom de famille...

  Il n'eut le temps de finir sa phrase. Sa co-passagère avait apposé son index sur sa bouche, sifflant un shhhh murmurant. Elle arracha la feuille des mains de Haytham, trop étonné pour réagir. Lorsqu'il fut revenu à lui, il protesta.

- Hé ! Qu'est-ce que tu fous ? grogna Haytham.
- Attends deux secondes, fit-elle, pliant plusieurs fois la feuille de papier méticuleusement.
- Donne-moi ma lettre !
- Attends je te dis !

 Elle continua son pliage, puis le plaça juste en dessous de la lumière de la lampe. Ne sachant pas quoi faire, Haytham resta sans bouger ni rien dire, en l'observant d'un air agacé.

- Lis, dit Mariah fermement.
- Je lis quoi ?
- Lis ce que tu arrives à voir au travers de la feuille.

   Il se pencha alors du côté du siège de Mariah pour être aligné avec ce que la lumière permettait d'apercevoir. Il lut à haute mais faible voix :


À partir du moment où vous aurez accepté la sélection au remaniement mondial qui vous aura été définie par la présente lettre, vous serez prié d'oublier tout ce qui concerne votre état civil, tel que votre nom de famille, vos origines, ou votre office, et de ne jamais divulguer d'anciennes informations vous concernant à autrui. Seul l'un de vos prénoms peut être conservé.

 Haytham était bouche-bée, il n'avait pas pensé à lire la lettre de cette façon. Mais ce qui le gênait encore plus était le fait qu'il devait oublier son nom, son adresse, sa profession... sa fierté. Voyant sa détresse, Mariah s'adressa de nouveau à lui.

- Je me disais aussi que tu n'aurais pas remarqué. Quasiment personne ne savait comment lire ce passage. C'est l'une des hôtesses qui m'a chargé de le montrer aux autres passagers après me l'avoir expliqué, avoua la passagère. Nous n'avons pas non plus le droit de nous poser des questions à ce sujet avant que l'on ne nous le permette.
- Je... Je vois, répondit Haytham, bouleversé.
- Donc à partir de maintenant, tu es Haytham, tout court, ajouta Mariah.

   Malgré cette incompréhension la plus totale, Haytham adressa à Mariah un sourire, ironisant sur sa situation, qu'il trouvait absurde au possible, ne sachant pas à quoi ce genre de précautions pouvaient servir.
  Soudainement une voix annonça que l'avion allait bientôt entamer son atterrissage, et demanda aux passagers de s'attacher. Environ cinq hôtesses parcoururent les couloirs de l'avion, vérifiant chacun des occupants. Pendant que l'avion ralentissait, la jeune rousse reprit.

- Tu es jeune, tu as dû passer le concours de polymathie pour être sélectionné. Quel est ton classement ?
- Pourquoi j'aurais dû passer ce concours pour être sélectionné ?
- Eh bien la lettre indique qu'on a été sélectionné pour des « hauts-faits » qu'on a réalisés dans la vie. Les autres étant un peu plus vieux que nous, ils ont sûrement rencontré le succès au cours de la leur. Des grandes carrières quoi.
- Je vois, soit on est diplômé, soit on a réussi dans la vie...
- J'ai abouti à la même conclusion, confirma-t-elle le sourire aux lèvres. Alors ?
- Euh, eh bien, je dois être troisième mondial. Et toi ?
- Impressionnant. Je suis juste devant toi, la deuxième mondiale.

   Haytham, réalisant qu'un intellect plus génial que le sien se trouvait en face de lui, bégaya avant de poursuivre.

- Le premier doit sûrement être ici alors.
- Je l'ai vu, il était l'un des premiers dans l'avion, vers l'avant. Il est assez étrange.
- Il ressemble à quoi ? questionna le jeune homme.
- Je ne suis pas sûre, il semblait blond très clair. Sinon assez grand.

   Les lumières de l'appareil s'allumèrent brusquement. Très vite, les passagers de l'avion se mirent à ressentir la force de la pression causée par la descente pour l'atterrissage. À mesure que l'avion s'approchait du sol, les passagers pouvait mieux appréhender la distance qui les séparait de celui-ci. Ils furent surpris lorsqu'ils remarquèrent l'absence de piste ou même d'aéroport. On ne pouvait apercevoir qu'un long sentier en forêt près d'une côte. L'un des passagers, un vieil homme barbu et chauve d'une soixantaine d'années se  mit à hurler, appelant une hôtesse.

- C'est quoi ce foutoir ? grogna-t-il à la vue d'une des hôtesses.
- Que voulez-vous monsieur ?
- Je voudrais savoir pourquoi on s'apprête à atterrir dans une forêt ! questionna le vieillard, visiblement agacé et paniqué.

   Lorsque d'autres passagers remarquèrent que le vieillard avait raison et qu'ils s'apprêtaient à atterrir en pleine forêt, l'ambiance calme de la cabine vira à l'anarchie la plus totale. Deux passagers qui semblaient être en couple se mirent à prier, le vieillard ainsi que trois autres adultes tentèrent de forcer le passage vers les locaux du pilote bloqués par les hôtesses. Haytham et Mariah apparaissaient paniqués, mais restaient néanmoins silencieux. Soudainement, Haytham aperçut vers l'avant de l'avion, au-delà des hôtesses de l'air, un homme aux cheveux pâles et délavés qui enfilait un parachute dans un calme empirique. Croyant voir le commandant tentant de fuir, il s'empressa de pousser la foule des passagers paniqués, criant du plus fort qu'il pouvait, mais fut arrêté par de plus en plus de stewards.

- Eh vous ! Eh je vous parle ! hurla avec vigueur Haytham. Capitaine ! Ne nous laissez pas ici !

    Mariah tentait de le suivre, avec peine, trop bousculée par les nombreux passagers. Haytham et elle finirent par s'extirper de ce désordre. Haytham tenta d'agripper l'homme, mais fut stoppé par un geste de celui-ci. Il désignait une sorte de coffre, lequel renfermait des dizaines de sacs parachute.

- Qu'est-ce que... ? bredouilla Haytham.
- Le capitaine de l'avion et ses copilotes se sont enfermés dans leur cabine, empêchant tout accès.  Tout ce que j'ai pu déchiffrer au travers des portes c'est « Les parachutes se trouvent dans les coffres. Nous n'atterrirons pas, vous devez avoir sauté d'ici quinze minutes. »
- Quoi ? Comment ça ?
- Haytham, prends un parachute, et donnes-en aux autres, on doit faire vite.
- Comment connais-tu mon...
- HAYTHAM ! coupa l'inconnu. Je t'expliquerai plus tard.

 Haytham n'agit pas tout de suite, mais Mariah portait déjà une dizaine de sacs qu'elle allait donner au reste des passagers, toujours bloqués par les stewards. Soudainement, ils lâchèrent prise après avoir reçu, apparemment, l'ordre de prendre eux aussi un parachute, et permirent aux passagers d'accéder au coffre. Haytham, encore confus, hésita avant de se vêtir d'un des sacs. D'un coup, Mariah le prit à part.


Dernière édition par NeverChester le Mer 3 Déc 2014 - 13:18, édité 2 fois
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NeverChester
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MessageSujet: Re: THE NATION [Début de Roman en cours d'écriture]   Lun 11 Aoû 2014 - 12:43

PUBLICATION NUMÉRO 2

Re-bonjour, voici les 3 pages suivantes. J'espère que vous apprécierez, et j'attends toujours avec impatience vos retours. (PS: je n'ai pas fait de découpage en chapitres.)

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- Je crois que c'est le premier de la sélection, expliqua Mariah.
- Qui ça ? répondit Haytham.
- Celui qui nous a dit où se trouvaient les parachutes.
- Vraiment ? Peut-être... Son nom me revient...  Sven quelque chose je crois.
- Oui, c'est ça.

   Un des steward demanda l'attention de la part des passagers, qui se trouvaient tous devant la porte d'évacuation d'urgence.

- Chers passagers, nous allons devoir sauter de l'avion d'ici une minute. Vous n'êtes pas autorisés à transporter des effets personnels durant la chute. Ni portable ni quoique ce soit. Nous vous conseillons de sauter à l'horizontal, pour vous ralentir et ainsi contrôler votre descente. Comptez dix secondes à partir du moment où vous aurez sauté pour ouvrir votre parachute. Une fois tous au sol, suivez le signal lumineux. Avez-vous compris ?
- Et pourquoi on devrait sauter ? rétorqua le vieillard.
- Faites simplement ce que l'on vous dit de faire, répliqua une autre hôtesse.
- C'est vrai ! ajouta un autre passager, un homme brun à la voix rauque. On ne nous dit pas où l'on va et maintenant on nous demande de sauter sans aucune raison ! C'est vraiment n'importe quoi !
- La ferme ! Dans vingt secondes, ces portes s'ouvriront, lâcha le steward. Et seuls ceux qui osent vivront !

   Cette phrase eut l'effet d'une onde de choc. Le rôle du steward était de rassurer les passagers, mais cette dernière leur causa une montée d'adrénaline. Étrangement, le steward ne semblait pas le moins du monde stressé. Des gouttes de sueur perlaient sur le front de Haytham et Mariah, dont les membres tremblaient ; on remarquait également ces symptômes chez les autres passagers de l'avion. Tout le monde s'était accroché à quelque chose, sachant que l'ouverture des portes entraînerait une dépressurisation explosive.
   Les portes s'ouvrirent dans un fracas.

 L'avion les déséquilibrant, deux ou trois personnes furent éjectées, suivies du personnel de bord. Le premier au classement mondial les accompagna dans le mouvement, le visage impassible. Ainsi de suite, plusieurs passagers lâchèrent prise, les derniers à bord étant Haytham, Mariah, le vieillard, un couple, ainsi qu'une hôtesse.

- Vous devez sauter, insista cette dernière.
- Vo...Vous d'abord ! répondit le vieil homme.
- Allez monsieur. Sautez, nous n'avons que quelques secondes !
- Poussez-vous ! lâcha l'homme, tenant la main de sa fiancée, avant de sauter avec elle.
- Faites comme eux monsieur, tentait-elle vainement de convaincre.

Discrètement et malgré le puissant vent, Mariah fit un aparté à Haytham, qui tremblait de peur.

- On doit sauter, Haytham, dit-elle.
- Je... Non, je ne peux pas, répondit-il, paniqué.
- Pas de temps à perdre Haytham !

  Voyant qu'il n'allait pas sauter, Mariah fit un geste désespéré. Elle empoigna la main de Haytham, le faisant lâcher prise, et fit de même avec le vieillard dans l'élan. Tous trois sautèrent tandis que l'avion tanguait, suivis de près par l'hôtesse, la mine soulagée. Durant la chute, le vieillard criait si fort que l'air semblait vibrer. Mariah ne pouvait se résoudre à lâcher la main des deux hommes, sachant pertinemment qu'ils omettraient de tirer sur leur parachute. Elle compta ainsi dix secondes.

- Haytham, tire sur ton parachute ! hurla-t-elle du mieux qu'elle pouvait.

 Il ne répondit pas. Elle serra alors sa main droite, tenant celle du jeune homme, pour faire passer un message. Le vent leur giflait violemment le visage, leur arrachant quelques larmes. Haytham fermait les yeux si fort que des veines apparurent sur son front. À court de solutions et non résolue à laisser tomber Haytham, Mariah aperçut un message gestuel de l'hôtesse, lui indiquant de lâcher le vieillard, qu'elle prendra en charge durant la descente.
  Cela faisait maintenant 10 secondes que les derniers passagers auraient dû déployer leur parachute. Le temps filait aussi vite que leur corps s'approchaient dangereusement du sol. Mariah fit ce qui était convenu, elle ouvrit le parachute de Haytham qui se déplia dans un bruit foudroyant avant d'activer le sien.
   Tous deux descendirent ; Haytham ouvrait peu à peu les yeux, réalisant qu'il avait échappé de justesse une mort violente, et reprit lentement ses esprits. Plus ils s'approchaient de la forêt, plus Haytham remarquaient que sa position divergeait avec celle des autres, et qu'il risquait de se retrouver seul.

  Subitement, il heurta une branche des jambes, puis une autre de l'estomac, puis encore une autre dans la tête, l'égratignant et le blessant de toutes parts. Son parachute se bloqua entre plusieurs branchages et arbustes, le coinçant ainsi à plusieurs mètres du sol. Il apprécia la distance le séparant de la terre ferme, le mettant en panique. Haytham pensa tout d'abord à rester ici, pensant que le reste de l'équipage ou qu'un passager viendrait le secourir, avant de réaliser qu'il n'avait aucun lien avec ces derniers, hormis quelques uns avec Mariah, et que le Soleil ne se lèverait pas avant trois bonnes heures. Ses connaissances en anatomie aidant, il prit également conscience du fait que rester ainsi avec les bras dans cette position le tuerait. Il décida alors, peur contre raison, de se détacher et de sauter.

   Il se secoua vivement dans la pénombre pour toucher avec son seul bras libre les sangles. Avant de réaliser qu'il les avait pressées, il fut précipité vers le bas, s'écrasant sur le sol dans un vacarme assourdissant de douleur et de feuillages craquants. Il se releva laborieusement, et s'essaya à faire quelques pas avant de sentir une douleur de plus en plus vive. Il s'était tordu la cheville droite lorsqu'il avait touché le sol. Il poussa un rugissement de douleur avant de s'écrouler au sol, soutenant sa jambe. Il lâcha plusieurs larmes, et plus encore lorsqu'il vit son sang couler de toute part, sur son front, ses bras, et ses jambes. Il s'allongea dans la masse végétale, sentant ses forces partir au fur et à mesure. Son souffle devint de plus en plus faible, son corps se détendant peu à peu, ses yeux à peine entrouverts. Dans cette nuit devenue silencieuse, une lumière vint agresser l’œil du mourant. À ce moment, il se souvint de l'instruction du steward, lui dictant de suivre le signal lumineux. Dans quelque ultime effort, Haytham se redressa, cherchant à connaître la provenance de cette lumière. Elle oscillait entre le ciel et et la forêt. Connaissant sa nature de faible d'esprit et sans volonté face à la douleur, tel un fataliste,  Haytham préférait se laisser mourir ici, souffrant beaucoup trop, avant de réaliser que son instinct de survie l'avait déjà mis debout.

   Il fit un pas, avant de manquer de tomber, puis un autre, cherchant constamment son équilibre, avant de tituber en direction de la source lumineuse. Un pas après l'autre, en haletant et respirant difficilement. Il retira une manche de sa chemise afin d'en faire un éponge pour son front puis un garrot pour son bras le plus touché. Au fur et à mesure qu'il avançait, la lumière semblait reculer, décourageant Haytham à chaque pas. La pénombre devenue beaucoup trop sombre pour lui, il se mit à marcher plus lentement, pour éviter de chuter et de ne plus pouvoir se relever.
  Soudainement, il entendit un crissement sur sa droite, qui le fit s'arrêter net. Il bloqua sa respiration, trop fatigué pour s'enfuir ou crier ; son cœur se mit à battre violemment. Brusquement, dans une bruyante confusion un corps lancé à pleine vitesse le heurta de plein fouet, l'assommant presque, et tous deux se retrouvèrent allongés au sol. Haytham ouvrit légèrement la bouche, laissant passer un Ah... murmurant. Il sentit le corps sous lequel il était jonché se mouvoir. Ce qui semblait être un homme se releva, très sonné, et réalisa qu'il avait presque tué quelqu'un. Il souleva Haytham, presque inconscient et sans aucune force, sortit d'une sacoche dans son bas du dos une bouteille d'eau, qu'il vida dans la bouche de celui qu'il avait heurté, espérant qu'il se relèverait. Haytham ouvrit les yeux, puis s'empara de la bouteille encore dans la main de l'homme inconnu et but à grandes gorgées.

- Mon Dieu... Merci, soupira Haytham
- De rien gars, répondit l'inconnu.
- Vous... m'êtes rentré dedans. Vous êtes qui ? demanda Haytham en des termes presque inaudibles.
- Tu peux m'appeler Raphaël.
- Merci beaucoup, Raphaël, répondit-il, soulagé et reprenant un peu ses forces.
- T'es le premier mec que je vois dans les environs. Je n'ai vu que des insectes par ici. Et j'en suis phobique.
- Toi... toi aussi. Où as-tu trouvé cette bouteille d'eau ?
- J'ai sauté avec. Je m'en bats que les stewards ne nous aient pas autorisés à les prendre, je savais que ça serait utile, tonna Raphaël avec mépris.
- Tu avais raison alors.

  Lorsqu'il remarqua que Haytham semblait en meilleur forme, Raphaël le prit par bras le moins blessé et tous les deux se dirigèrent vers la lumière. Raphaël était un jeune homme svelte, à l'allure désinvolte et décontractée, mais à la musculature forte. Il avait de longs cheveux noirs lui tombant presque devant les yeux et un teint lui faisant paraître hispanique.

- D'après toi, on est encore loin ? demanda Raphaël.
- Je ne sais pas trop, je crois que d'ici une vingtaine de minutes on y sera.

  Durant ce laps de temps, ils se mirent à discuter, sur la façon dont ils étaient arrivés là, leur passé et leurs projets, bafouant ainsi, inconsciemment, la règle de la sélection.

    Peu après, ils aperçurent plusieurs silhouettes affolées près de la lumière, dont ils étaient très proches. Ils pensèrent à se cacher, mais finirent par comprendre qu'il s'agissait d'autres passagers de l'avion qui avaient atteint la source du faisceau lumineux, dans un espace déboisé. Haytham distingua presque une double dizaine de personnes, dont les membres d'équipage. Lorsqu'ils rejoignirent la foule, ils remarquèrent qu'ils étaient tous animés d'une incompréhension et d'une colère folle. Au centre, sur un rondin de bois, près du puissant projecteur se trouvait, assis, un steward. À ses pieds se trouvait un boîtier ressemblant à une radio.

- Je ne suis pas autorisé à vous parler tant que le reste des passagers n'est pas encore là, vous comprenez ? assura le steward en se pinçant la lèvre.
- Écoute-moi bien petit merdeux, soit tu m'expliques ce qu'on fout tous là, soit j't'en colle une !
- Calmez-vous, monsieur... ?
- Vendernun. Maurice Vendernun, PDG de µGroup, tâche de t'en souvenir abruti.
- Très bien Monsieur Vendernun. Si vous vous excitez, vous risquez de faire paniquer les autres passagers, et donc de faire échouer le pourquoi de notre venue ici. Reculez et attendez, préconisa-t-il en détournant la tête et le regard, laissant apparaître une veine gonflée sur la tempe.
- Le.. Comment ça ?!

S'ensuivit une flopée d'insultes plus taboues les unes que les autres.

 Lorsque le vieillard développa son état civil, Haytham remarqua qu'il avait fait de même avec Raphaël, et qu'ils avaient tous deux dérogé à la règle. Pourtant, Raphaël n'avait aucunement l'air conscient de cette obligation, tout comme le steward.
  Encore à l'écart, Raphaël s'adressa à Haytham.

- Ham', c'est pas le vieux et le steward qui nous a fait sauter ?
- Je crois, je ne vois pas bien.
- Il est étrange, il est bien plus calme et conciliant que lorsqu'on a sauté, remarqua Raphaël.
- Tu as raison...


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MessageSujet: Re: THE NATION [Début de Roman en cours d'écriture]   Mar 16 Sep 2014 - 20:37

PUBLICATION NUMÉRO 3

Bonsoir à tous ! Je m'excuse premièrement pour l'énorme retard et mon absence du site ! Mais des vacances sans Internet, un déménagement et les cours, ça n'aide pas vraiment. J'espère que vous prendrez plaisir à lire et à commenter ici ! (PS pour auteur008: je n'ai pas encore remplacé tous les "vieillards" ^^)

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 Au même moment, le steward se leva en inspirant et en remontant ses manches. Il s'approcha de son aîné, le menton haut et le buste relativement poussé. Sur sa tempe apparaissait nettement un veine gonflée. Maurice fit de même, avec un regard méprisant et hautain en plus. De plus en plus de personnes arrivaient près du projecteur et assistaient à la scène. Haytham cherchait Mariah du regard, mais ne la trouvait pas dans la pénombre malgré le puissant projecteur qui éclairait la forêt.
Parallèlement, la tension montait entre le steward et Vendernun.

- Une dernière fois, « Maurice », calmez-vous.
- J'exige des réponses. Vous allez me faire quoi, hein, « Matthew » fit-il en lisant la plaque sur la poitrine de son opposant.
- Putain, souffla le steward.

 Le vieux passager le poussa violemment de la paume de sa main droite, l'écartant pour s'approcher de la radio. Dans le même mouvement, le steward Matthew le prit par l'épaule et le retourna, avant de lui décocher une puissante droite dans la mâchoire, qui fit s'écrouler instantanément l'homme, une écume mousseuse à la bouche.
Les femmes présentes se mirent à crier, les hommes se figèrent face à la violence de la situation, tandis que deux hôtesses tiraient le corps à l'abri des regards. Les passagers reculaient de plus en plus, le corps tremblant. Haytham hésita, puis se retira de l'emprise de son nouvel ami, et tituba jusqu'au steward, sous les regards interrogateurs et étonnés des autres miraculés.

- Excusez-moi, fit-il en toussant.
- Je vous écoute.
- Vous... Vous avez dit que nous devions attendre que tous les passagers soient là non ?
- Oui.
- Mais combien en reste-il encore ? s'interrogea Haytham.

Après un rapide recensement de la population apeurée :

- Une je crois.
- Merci... dit-il avant de retourner auprès de Raphaël.

  Cela faisait maintenant deux heures que tout le monde attendait, et s'était reculé des membres du personnel. Le projecteur était éteint, et l'équipage exténué. Les passagers formaient autour du steward et des hôtesses un cercle assis, une ronde de regards inquiets tournés vers Matthew. Tandis que Raphaël dormait paisiblement, comme une partie des voyageurs, Haytham scrutait sans cesse la forêt, dans l'espoir d'en voir sortir saine et sauve Mariah. Alors que l'espoir régressait au fur et à mesure que le Soleil se levait, Haytham aperçut une silhouette faisant de larges signes sortir de la sylve dense. Haytham se leva brusquement malgré ses nombreuses douleurs, pour mieux distinguer ce qui sortait de l'obscurité. La déception le frappa  en plein cœur lorsqu'il vit qu'il s'agissait en réalité d'un autre steward, suivi de trois autres encore.
 Ce steward gesticulait étrangement les bras ; il mimait une sorte de croix, avant d’écarter ses mains en faisant la brasse. Ces mouvements étaient vraisemblablement destinés au steward Matthew, qui, à peine eut-il compris la signification de ce signe, convia les autres hôtesses plus loin dans la forêt, à l'opposé des rescapés. L'un des steward avait pris le soin de prendre la radio en les suivant. En bien meilleur état, Haytham réveilla Raphaël, qui se mangeait le pouce en rêvant.

- Hein, quoi, maman ? bredouilla Raphaël.
- Réveille-toi, les stewards ont bougé, après nous avoir fait poireauter toute la nuit.
- Hm hm, c'est super, marmonna-t-il, encore confus.
- Ça te dit de les suivre ? J'veux savoir pourquoi on est là ! s'écria silencieusement Haytham, en le secouant de plus en plus fort.
- Arrête t'es pas sérieux...
- On a failli mourir, dis-moi si tu connais quelque chose de plus sérieux, répondit Haytham en soulevant avec gémissements le meilleur ami de Morphée. Quelque chose se trame.

  Alors qu'ils s'apprêtaient à les suivre, Haytham remarqua qu'on les avait déjà devancés. Un groupe de trois personnes suivaient discrètement l'équipage, se repérant à la lumière de l'aube et passant à travers les feuillages des arbres. Il remarqua que la personne qui dirigeait ces curieux n'était autre que Sven, le premier mondial. Raphaël et Haytham se joignirent à eux, eux-même suivis de deux autres rescapés. Après les avoir suivis à plusieurs mètres de distance en étant accroupis et le plus discret possible, les voyageurs s'arrêtèrent sur un ordre gestuel de Sven. Ils purent tous ainsi observer les stewards rejoignant un bunker dans un petit espace déboisé dont l'un des murs comportait une étagère supportant trois appareils de communication.
Sven se retourna, et voyant Haytham, il lui dit de se rapprocher.

- Salut... chuchota-t-il.
- Bonjour, content de voir que tu n'as pas fait une chute mortelle.
- Ouais, ironisa Haytham, qui savait que sa survie ne venait que de la chance d'avoir rencontré Mariah, autrement sa peur du vide l'aurait tiré vers la Faucheuse.
- Je voudrais qu'on s'approche de la fenêtre du bunker, mais si tous les autres nous suivent, on sera repérables trop facilement.
- Je propose qu'on y aille qu'à trois : Toi, moi, et... Raphaël.
- Qui est Raphaël ? Bon peu importe, on y va, dit-il en se retournant vers le bunker.

  Après avoir compté à 3, le trio s'avança jusqu'à la fenêtre – qui était plus un trou rectangulaire dans le mur –  du bunker.  Ils s'adossèrent tous les trois contre le muret de calcaire et se mirent à écouter ce qui se passait à  l'intérieur. À peine eurent-ils tendu l'oreille qu'ils entendirent un hurlement grave.

- QUOI ? C'EST UNE PLAISANTERIE ? NON… ATTENDEZ... JE... PUTAIN !

   Haytham releva un peu la tête pour voir ce qui provoquait cette colère. Il nota que les cinq stewards et les cinq hôtesses se lançaient tous un regard des plus inquiets. L'un des stewards, assis devant un bureau de bois portait un casque, relié à ce que l'on pensait être une radio, mais qui se révélait être un système de communication assez vieillot. Au même moment, ce dernier se leva en expirant lourdement, puis jeta le casque au sol avant de frapper furieusement le système. S'en suivit un long silence, avant que le steward ne s'affalât sur le siège : c'était Matthew. L'une des hôtesses prit la parole, parmi les pleurs des autres membres de l'équipage.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? dit-elle en retenant ses larmes.
- J'en sais rien, j'en sais fichtrement rien ! Et arrête de poser tout le temps des questions, tu me saoules !
- Arrête de crier sur Sophia, Matthew, intervint un autre homme, plus âgé. Tu sais qu'elle...
- La ferme Garry ! Tu te rends pas compte qu'on va peut-être tous crever ici ? Non seulement t'es vieux mais en plus t'es con !

 À ces mots, Haytham, Raphaël et Sven se jetèrent tous les trois un regard angoissé, témoignant leur incompréhension. Le reste du groupe de passagers qui les accompagnaient, malgré le fait qu'ils soient à plus grande distance, entendaient distinctement les débordements comportementaux de Matthew.
Le vieux steward Garry se tut en signe de résignation. Un autre steward, qui semblait avoir à peine la vingtaine questionna celui qui semblait diriger le groupe.

- Bon, et qu'est-ce qu'on va dire aux passagers ? On ne sait même pas ce qu'ils ont à faire là, on devait juste les déposer...
- On ne va rien leur dire du tout, rétorqua Matthew.
- Tu nous excuseras si on ne t'écoutes plus, répondit une hôtesse à l'écart qui semblait détachée de la situation.    D'abord tu fais peur aux passagers juste avant de sauter dans le vide, puis tu frappes un vieux alors que tu sais que tu as la force d'un soldat, et enfin tu cries sur une jeune fille. Tu es vraiment un asocial, et pas vraiment fait pour prendre des décisions.
- Des lopettes, un vieux con et une pleurnicharde, énuméra-t-il avec ses doigts. Comment veux-tu prendre des décisions avec ce genre de personnes ? Peu importe. Tu comprends rien, la vieille.

La femme tiqua de l’œil droit en expirant.

- Je pense qu'il faut leur dire ce qu'il se passe, au moins ce qu'on sait, ajouta timidement Garry. Ils ont l'air plus perdus que nous. Et toi tu prends ça trop à la légère !
- Leur dire quoi ? Qu'on a été payés pour les mettre au milieu de nulle part et que...

 Matthew n'eut même pas le temps de finir sa phrase que Sven se leva brusquement et se posta devant l'ouverture, lançant au steward un regard sombre, qui sursauta en le voyant. Haytham et Raphaël qui paraissaient tout d'abord paniqués par la précipitation de Sven, se levèrent eux aussi doucement.

- Dans quel merdier vous nous avez foutus...


  Les trois hommes entrèrent à l'intérieur du bunker, et se placèrent en arc de cercle autour de Matthew, qui avait soudainement pris une mine acculée.


Dernière édition par NeverChester le Mer 3 Déc 2014 - 13:17, édité 1 fois
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NeverChester
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MessageSujet: Re: THE NATION [Début de Roman en cours d'écriture]   Jeu 16 Oct 2014 - 22:42

Bonsoir à tous ! Voici quelques lignes suivantes (Attention, c'est sûrement le passage avec le plus d'incohérences. Si vous les notez, indiquez-les moi svp Smile)



- Vous nous expliquez ce qu'on fout là ? hurla Sven.
- C'est... une longue histoire.
- On a tout notre temps apparemment puisqu'on va sûrement mourir ici !
- Sven, c'est ça ? Calme-toi, sinon il pourra rien nous expliquer, conseilla Raphaël.
- Ça va, lâcha-t-il sèchement.

Matthew reprit, la sueur au front et les mains tremblantes, sous les regards oppressants de ses collègues.

- On n'a pas eu vraiment d'explications... On a reçu un appel téléphonique nous demandant de faire quelque chose, en échange d'une grosse somme, chacun. On devait juste se rejoindre à l'aéroport ; on se connaissait déjà un peu, et on a eu pour ordre d'escorter un avion en tant que membre d'équipage. Beaucoup d'entre nous, dont moi, ne pouvaient se permettre de refuser. Au début, je pensais que c'était pour passer de la drogue, mais on a vite été soulagés quand on a su que ne vous n'étiez que des passagers lambda...
- Mais au dernier moment, poursuivit Garry, on a reçu une multitude de commandements, et nous-mêmes nous ne comprenions pas quelles manigances se cachaient derrière ça. Puis ça a viré à l'incompréhension la plus totale lorsqu'on a reçu l'ordre par oreillette de vous faire sauter en parachute. Nous étions complètement paniqués mais nous devions rester calmes pour vous maîtriser et vous retransmettre les instructions reçues.
- On a reçu sur nos téléphones une carte de la zone et des coordonnées GPS. Elles étaient si étranges qu'on ne pourrait dire où l'on se trouve réellement. Puis elles ont été supprimées avant le saut, reprit Matthew. Ensuite, on m'a dit de prendre ce boîtier avant de sauter. J'en sais pas plus.
Ju...Juste avant le saut, le capitaine nous... nous a dit qu'on reviendrait nous prendre, que notre objectif n'était que de vous ramener ici... haleta la dénommée Sophia.

Les jeunes hommes les écoutaient avec patience, mais Haytham fut pris d'une soudaine colère.

- À cause de vos conneries, des gens comme Mariah sont morts ou blessés ! hurla-t-il en prenant le col du steward.
- Qui vous a appelés ? demanda Sven fermement.
- Un anonyme, une grosse société, je n'en ai aucune idée, rapporta-t-il en repoussant solidement le jeune homme qui n'en démordait pas, j'en sais pas plus j'vous dis.
- Lâche-le Haytham. Pourquoi vous aviez l'air si désespérés tout à l'heure ?

Tous se turent, la mine grave et déçue. Sven réitéra sa question.

- On a appris que... personne ne viendra nous chercher, répondit le steward Matthew avec un très léger détachement. On est coincés ici. J'aimerai m'excuser, mais à quoi bon, on va crever.

Sven sentit le bunker s'assombrir. Il se retourna et vit la dizaine de regards apeurés et larmoyants du reste des passagers dirigés vers le steward et lui-même. Ils restaient tous silencieux, trop bouleversés pour exprimer la moindre colère. Une jeune femme qui était dans les bras de celui qui semblait être son fiancé s'en défit et enjamba doucement l'ouverture, écarta les trois hommes pour se retrouver en face d'un homme désespéré.

- Vous dites qu'on va tous crever ici ?

Ce à quoi le steward répondit par un silence. La femme fronça les sourcils, serra ses poings, ouvrit les mains, les leva, et fondit en larmes. Les hommes se mirent à rentrer dans le bunker, criant et insultant l'équipage de bord, les brutalisant même. Les femmes hurlèrent de douleur, certaines étaient si ébranlées que leurs yeux brillaient comme des billes, et ne laissaient transparaître aucune émotion. Raphaël qui était resté en retrait jusqu'ici et qui sentait que la situation allait dégénérer s'imposa.

- Non il a tort.

Tous se retournèrent à l'unisson vers lui.

- Matthew a tort. On est pas obligé de crever ici.
- Co... Comment ça ? s'étonna la jeune femme.
- Écoutez, quand j'ai atterri dans la forêt, j'ai vu plusieurs animaux sauvages, des cours d'eau et des arbres fruitiers.
- Attends, tu dis qu'on... hésita Haytham.
- Oui, on a de quoi se nourrir pour survivre le temps qu'on puisse contacter l'extérieur.
- C'est... c'est vrai ?! s'écrièrent les stewards et hôtesses.

L'espoir revint sur le visage de tous. Dans un brouhaha ils se mirent à louer Dieu, à scander leur joie, à pleurer. Sven se mit à sourire pour la première fois depuis sa rencontre avec Haytham. Mais ce sourire restait cependant froid.

- Raphaël, viens avec moi, il faut voir combien on est et comment on va tout organiser.
- Je te suis, répondit-il, bien heureux de redonner espoir à chacun.

Il faisait déjà jour, et les rescapés retournèrent au premier lieu de rassemblement, la vaste plaine déboisée, menés par Sven et Raphaël.

Bientôt il ne resta dans le bunker que Haytham et Matthew, qui ne se détachaient pas du regard.

- Le système de com' marche encore ? fit Haytham en tâtant le mur rempli d'électronique.
- Si je l'ai pas trop défoncé, oui, sûrement.
- Tu sais s'il y a des outils dans ce bunker ? interrogea-t-il en fouillant dans les caisses de fer sous la table, mais qui ne contenaient que de la rouille et de la poussière.
- Je ne sais pas, dit-il en baissant les yeux.

« Il ne sait jamais rien », songea Haytham. Matthew scruta la pièce et remarqua ainsi une porte bleue recouverte de poussière qu'il pointa du doigt.

- Peut-être là-bas, je n'ai pas encore regardé.
- Ok, j'espère que tu as des notions en technologie.
- Quelques unes...

Sur ses jambes encore souffrantes, il se dirigea lentement vers la porte, qui était déjà entrouverte. Haytham y passa un regard et aperçut à son grand étonnement une morphologie qui semblait humaine. C'était en fait une femme enveloppée dans une couverture de toile. Haytham ouvrit plus grandement la porte pour y faire entrer plus de lumière. Matthew approcha de Haytham et découvrit la jeune femme, qui respirait lentement. Haytham s'accroupit douloureusement pour mieux l'observer, en silence. Il ne la reconnut pas tout de suite sans ses lunettes : il s'agissait de Mariah.

Environ une heure plus tard, Haytham et Matthew reparurent, ce dernier portant Mariah encore endormie dans ses bras. Ils rejoignirent Sven qui, du rondin, observait les autres passagers. Ces derniers s'étaient regroupés en foule compacte près de Sven.

- Alors, on est combien ? dit Haytham.
- En comptant vous deux et Maurice, assommé là-bas, on arrive à un total de 14 passagers pour 10 membres d'équipage.
- N'oublie pas celle-là, répondit Haytham en désignant du doigt Mariah, un large sourire aux lèvres.

Sven fut surpris de voir Mariah dans cet état de sommeil profond. Arriva alors Raphaël, qui était parmi la foule.

- On a vraiment de la chance, tout le monde a des capacités intéressantes ! remarqua Raphaël.
- Comment ça ? questionna Haytham.
- Il y a des ingénieurs, des mathématiciens, des bâtisseurs, et même des polymathes ! La crème de la crème !

À ces mots, Sven lança un discret regard à Haytham. Ce dernier s'étonna de toutes les informations que le premier mondial avait à son sujet.

- Qui sont les polymathes ? demanda curieusement Sven.
- Eh bien il y a le quatrième mondial, un Canadien, et le cinquième, un Kényan.

Haytham, qui hésitait à donner trop de données sur lui, suite aux précautions que Mariah lui avait révélées, fut stoppé dans sa réflexion.

- Ah..., souffla Sven. Haytham et moi sommes respectivement les troisième et premier mondiaux. Et la fille que tu vois là, Mariah, elle vient juste après moi.

Haytham s'étonna moins pour Mariah, qui n'avait sûrement pas été aussi discrète que lui au sujet de son inscription à l'Institut.

Raphaël qui ne l'avait pas remarquée dans les bras de Matthew, se questionna.

- Qu'est-ce qu'elle a ? Et d'où elle sort ?
- Alors qu'on cherchait des outils pour réparer le système de communication, répondit Haytham, on l'a retrouvée derrière une porte. Elle ne veut pas se réveiller, mais elle respire bien...
- Alors c'est vous les prodiges intellectuels issus de l'Institut de Polymathie ? C'est quoi exactement ?
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