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 La bile [texte court]

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AuteurMessage
Alizée
Hey, soyez cool, je suis nouveau!


Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 02/01/2015

MessageSujet: La bile [texte court]   Ven 2 Jan 2015 - 17:15

Description rapide du texte : "vomi en prose", le narrateur y déverse toute la noirceur que son cœur abrite. A ne pas lire pour faire de jolis rêve.


V1 du texte:
 


V2 du texte a écrit:

Ils sont tous autour de moi, ils rient, ils s'embrassent, ils s'amusent ; ils vivent. Avec ce même sourire plastique placardé sur leurs visages menteurs et hypocrites ; je les hais.
Ils sont faux. Tous. Ils me donnent tous la nausée. Avec leurs sourires, leurs rires...  Seulement de pâles copies de la réalité. Leur joie et leur chaleur... Que des miroirs ternes. Et leur vie ! Ils sont plutôt des fantômes de vie, flous et effacés. Déjà morts.
Ils ne souffrent pas. Ils n'ont jamais souffert. Je les hais.
Ils attisent ma colère, ma haine, mon dégoût. Au fond de mon ventre, bouillonnes une boue noire, sale, immonde. Virulente, pestilentielle ; leur présence est du bois sec, leurs paroles de l'oxygène, ne manque plus qu'une petite étincelle...

Mais je suis l'étincelle ! Me voilà en feu. Ma rate me brule !
Stupide horreur de ma vie, tu as mis le feu aux poudres ! Puisqu'ils me provoquent, tu es là ; tel un animal prêt à bondir, les babines retroussées, et tu attaques.
Alors, tel un gaz toxique, tu te répands. Tu brouilles ma vue... Tu corromps mes sens. Tu contamines mes pensées ! Tu suintes par tous les pores de ma peau, dégageant tes envies de mort.
Ma bile... Poignard honteusement délicieux coincé au milieu du dos, celui qu'on effleure sans pouvoir l'arracher, celui qui rappelle sa présence surtout quand il vaudrait mieux pas. Les portes de mon enfer s'entrouvrent, et tu te libères... Tu es libérée. Je suis libre !

Au diable les règles ! Au diable l'amour, l'amitié, le bonheur, la souffrance, les relations humaines, la société, la réalité ! Mon cœur sous perfusion d'illusions dévastatrices rêve d'un monde où il pourrait enfin hurler ; il doit hurler tout ce qu'il a dans le ventre. Sors, bile ! Sors ! Répands-toi partout comme un poison. Montre-moi les chemins de la déraison ! Brûlons ensemble le vice et la vertu ! Ô grisante folie, je m'abandonne à toi.

Un regard serein croisé au coin d'une rue. Coupable ! Des familles, des amis, qui marchent ensemble sourire aux lèvres. Traitres ! Des gens biens. Des gens heureux. Vous autres n'êtes que des choses, des sortes de gens méprisables, stupides et ignorants. Vos sens sont plats et insensibles, vous ne connaissez rien. Oui ! Je vous méprise, je vous hais ! Ma seule jouissance serait de vous détruire, de vous broyer, tous jusqu'au dernier. Vous et vos vies bien tranquilles, bien confortables, bien rangées ! Vous qui dormez sur vos deux oreilles. Vous dont les sens n'ont pas été exacerbés par la lame rouge de la douleur chauffée à blanc. Vous qui n'avez pas cette bile amère au fond du cœur, cette amie perfide qui vous accompagne partout, celle qui vous rappelle constamment que vous êtes pas normal, différent, mal foutu, que vous avez dans l'âme un poids, une enclume, qui pèse sur chaque page de vos vies, et qui toujours vous entraine plus bas dans les ténèbres.

Les ténèbres, les abysses, la souffrance tout est lié. C'est là où ma chère bile a été créée, dans les tréfonds de mon âme, les plus noirs, les plus sordides, là où pataugent toutes sortes d'émotions oubliées, repoussées, rejetées, là où même moi je n'oserais m'aventurer. Là bas, dans les ténèbres les plus profondes, elles se sont regroupées, elle se sont agglutinées ; ensemble elles ont pris forme, et maintenant elles remontent à la surface en dévastant tout sur leur passage, me rappelant en hurlant leur existence.
Là, je suis prête, ma chair est brulante, les babines retroussées, ma raison terrassée, c'était trop de douleur qu'elle n'en pouvait supporter, seules la colère et la vengeance ont survécu.

Ma bile, ma bile ! Ma bile...

Sournoise amie d'enfance ! Fidèle horreur de ma vie ! Laisse-moi ! Va t-en !
Ou du moins, rendors-toi... Rendors-toi je t'en prie... Jusqu'à la prochaine fois... La prochaine fois où la stridente vérité apparaitra de nouveau. Garde tes secrets, garde ta haine, garde ta colère.
A trop endurer mieux vaut ne rien ressentir.
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La bile [texte court]
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