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celtica
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MessageSujet: Dernière lettre    Lun 9 Fév 2015 - 18:37

Voilà donc le prologue d'une nouvelle que je commence à écrire, j'espère que ça vous plaira et donnera envie de lire la suite. Merci à ceux qui viendront lire et poster leur commentaire: http://ecrire.ingoo.us/t5908-commentaires-derniere-lettre  
 

 J'ai vingt-trois ans, je me suicide.

 Ça me ressemblerait bien d'en rester là. C'est concis, c'est franc. Tout ce que j'ai toujours voulu être. Pourtant par une ultime contradiction, je me dois de développer.
 Quand je ferme les yeux, je vois la lame blanche de mon couteau glisser sur la peau délicate de mon poignet. Je vois le sang qui contraste avec la pâleur de ma peau. Mon regard qui se fixe sur le liquide rouge, pour ne plus le quitter. Comme fasciné.
 Je suis, à mon sens, un très bon exemple de la perversion. D'abord dans mes pensées, puis dans mes actes.
 J'ai tué, manipulé, baisé, volé, falsifié, triché, corrompu et menti. Rien de toute cette liste ne pèse sur ma conscience. Au contraire. Quand il m'arrive d'y repenser une vague excitation me vient encore.
 J'ai peu vécu et pourtant j'ai trop vécu. Il est grand temps pour moi de partir.
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celtica
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MessageSujet: Re: Dernière lettre    Mer 18 Fév 2015 - 17:17

Je ne pense pas avoir été toujours ainsi. Quand je me souviens de ma petite enfance, je garde en mémoire une petite fille blonde pleine de vie et de joie. Elle était belle alors. Quand j'y pense, j'ai du mal à croire ce que je suis devenue. Je me demande où est passée cette petite fille. Et puis… je me souviens.
  Je me souviens des moments plus sombres. Ces moments que je préfère occulter, la plupart du temps, et qui pourtant ne disparaissent jamais tout à fait. Toujours présents. Je pense que l’événement qui a d'abord contribué à me rendre comme je suis est cette première raclée que j'ai reçue. Cette raclée donnée par mon père.
  J'avais déjà reçu des taloches, des claques, ou encore des fessées, et je considérais ça comme normal car ça me semblait alors justifié, et puis je n'avais jamais rien connu d'autre. Mais à ce moment, rien ne pouvait justifier la force des coups qu'il m'avait donnés. Ni même les coups, tout simplement.
  C'était pourtant un jour comme les autres. Je ne devais pas avoir plus de huit ans. Je m'étais préparée pour l'école. Je n'avais plus qu'à me coiffer, mais les peignes et brosses étaient dans les toilettes de l'entrée, et elles étaient occupées par mon père. Je m'assis donc sagement sur le côté, pour attendre qu'il sorte. Je n'eus pas à attendre longtemps, il sortit bientôt et me vit l'attendant Je me levais pour entrer aux W.C, mais il s'est dressé devant moi. Bloquant le passage.
 «  - Tu ne vois pas que c'est occupé? En plus, j'ai chié. Ça pue et il y a d'autres toilettes ! »
Sa voix était agressive. Il avait déjà ce tic qui annonçait la tempête, il se mordait la langue. J'ai sentis le danger, j'ai écarté les mains dans une posture défensive, et j'ai voulu protester, mais une baffe m'a jetée à terre.
«   - Je t'ai déjà dit de ne pas faire les mains ! »
C'est l'expression stupide qu'il utilisait quand il voyait qu'on écartait les mains. Une nouvelle baffe m'allongea totalement cette fois.
« - Lève-toi ! Bouge-toi ! »
Je tentais de me relever, mais un coup de pied dans le ventre m'en empêcha. Je ne pouvais plus respirer. À chaque nouvelle tentative pour me relever, un nouveau coup de pied arrivait, me coupant le souffle. Ce n'est pas que les coups étaient puissants, ils n'étaient d'ailleurs pas particulièrement douloureux. La douleur que je ressentais était surtout morale. J'avais mal de ne pas comprendre ce qui m'arrivait. J'avais peur de ne jamais retrouver mon souffle. Chaque coup expulsait l'air de mes poumons.
  J'ai fini par réussir à me lever. C'est à partir de ce jour que je me suis mise à haïr mon propre père. Ce bon policier droit et juste. À cet âge-là  je ne pouvais que l'aimer et l'admirer, mais désormais ces sentiments se teintaient aussi de haine.
  Voilà donc l’événement qui a certainement contribué en premier lieu à former mon présent.  À seize ans j'ai tué un homme.
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celtica
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MessageSujet: Re: Dernière lettre    Mar 3 Mar 2015 - 22:48

CHAPITRE 2

 Il ne m'avait rien fait pourtant. Je ne pense même pas qu'il ait pu penser à me faire du mal. Il faut dire qu'on ne se connaissait pas. Je l'avais rencontré par hasard. Ça aurait pu être quelqu'un d'autre. Ça aurait pu n'être personne.
 J'étouffais chez moi. L'ennui m'oppressait. C'est certainement la sensation qui me fait le plus peur. L'ennui te force à regarder derrière le masque que tu as pourtant soigneusement appliqué sur ton visage. C'est dans ces moments-là que je deviens folle. Mon tempérament autodestructeur revient. Je suis prête à tout pour échapper à la langueur mortelle dans laquelle je finis obligatoirement par sombrer.
 Il me fallait absolument sortir. Je ne sais même plus pourquoi j'étais armée. J'avais dû prendre mon sac à main par réflexe, avec mon couteau à l'intérieur. Je suis sortie sans réfléchir. Bien décidée à me perdre dans la jungle urbaine.
 J'ai erré un long moment avant de me décider à me poser. Sans trop savoir pourquoi, j'ai éclaté en sanglot. Je me suis mise à pleurer, recroquevillée sous un porche.
 Une femme est passée. Elle m'a ignorée. Je comprends, je ne me serais pas immobilisée non plus. Un homme est passé. Lui s'est arrêté. Il n'aurait vraiment pas dû. Il s'est approché de moi et a posé sa main sur mon épaule. Tout va bien? Oui.
 Je frémissais. Je n'ai jamais aimé qu'on me touche, mais ce soir-là c'était pire. Il a voulu m'aider à me relever. Je me suis raidie, je ne comprenais pas ce qu'il me voulait. Je voulais seulement qu'on me laisse tranquille. Il m'a entouré de ses bras. Un sentiment de claustrophobie m'a envahi. Je commençais à avoir peur. La chaleur de son torse contre mon dos m'envahissait par vague. Dégoûtantes. Je n'ai plus su me contrôler. Ma main est sortie de mon sac, armée d'une griffe d'acier.
 J'ai tué un homme. Je ne m'en sens aucunement coupable, pour tout dire, j'ai aimé ça. Je vois encore en rêve son sang couler. Et ça m'excite toujours.
 J'avais honte de ce fait, mais je m'étais enfin sentie vivante. Je suis restée longtemps les mains recouvertes de sang, hébétée, fascinée, avant de me mettre, dans un calme étonnant, à camoufler les traces de mon passage tout en rejouant la scène dans ma tête.
 Ma lame qui se plante profondément dans le ventre de l'homme. Le liquide chaud qui éclabousse mes mains. La chaleur qui m'envahit n'a plus rien de désagréable. Une partie de cette chaleur vient former une boule dans mon bas ventre. C'est électrisant. Pour tout dire, j'en mouille d'excitation.
 Mon extase ne m'étonnait qu'à moitié. J'avais après tout depuis peu des rêves étranges et dérangeants. Des rêves qui me faisaient me réveiller au bord de l'orgasme.
 J'étais avec un homme. Nous étions tous deux nus sur un grand lit. Moi au-dessus, lui en dessous. Il me tenait les hanches alors que je les mouvais. Notre peau luisait, recouverte d'une légère couche de sueur. Il s'est relevé légèrement pour s'appuyer contre la tête de lit. J'ai avancé mon buste pour pouvoir l'embrasser à pleine bouche. Je savais ce que j'allais faire. C'était tellement excitant pour moi. Je me resserrais autour de lui. Ce n'était pas pour lui déplaire, enfin au début.
 Je le sens venu à bout, il est prêt à se lâcher. Moi non. D'une main je cherche autour de moi. Mes doigts se resserrent autour d'un lame. Je manque de me couper, la douleur m'électrise. Il n'y a pas de raisons pour que je ne partage pas. J'enfonce doucement la lame dans le côté de l'homme.
 Chaque mouvement de mon bassin enfonce un peu plus le métal dans sa chair. J'y vois un parallèle amusant, il m'enfonce quelque chose de dur dans le corps, j'en fais de même. Un liquide poisseux, vient s'écouler entre mes doigts. Il coule jusqu'à ma cuisse. Il est chaud. Je suis enfin prête à me lâcher. Je bouge de plus en plus brutalement. De plus en plus vite.
 La chaleur épaisse du sang s'insinue en moi. Je mors ses lèvres contre les miennes. Je joue avec. Il atteint le point le plus profond. Je gémis presque contre sa bouche. Je continue, toujours plus vite. J'atteins enfin l'orgasme. Il finit par mourir.
Je me réveille.
 J'ai utilisé tout ce que j'avais appris en regardant mon parrain travailler. Il était le légiste de la police. Je suis rentrée chez moi. Je me suis lavée dans le jardin, pour ne pas laisser de traces de sang dans la baignoire. Malgré ma peur d'être découverte, je n'ai pu empêcher mes mains de se balader en caresses plus appuyées que nécessaire tandis que je pensais encore au meurtre.
 J'ai laissé l'arme du crime sur place. Je l'avais volée dans une grande surface quelconque. J'ai toujours eu ce côté cleptomane, ça montrait mon esprit de contradiction avec mon père et surtout j'aimais l'adrénaline. Il était donc impossible de me retrouver à l'aide de cette lame.
 J'aurais voulu fuir tout de suite. Pas par peur. Ni parce que je craignais de me faire arrêter, mais plutôt pour échapper à mon environnement. Il me rappelait trop ce que j'avais ressentis en tuant.
 Je ne pouvais pas m'enfuir tout de suite. D'abord du fait de mon jeune âge mais aussi parce qu'il fallait que je pense à mes études.
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celtica
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MessageSujet: Re: Dernière lettre    Ven 20 Mar 2015 - 17:03

CHAPITRE 3


 Je n'étais vraiment pas d'un naturel studieux, loin de là, mais je savais que si je voulais avoir la chance de partir étudier dans une grande ville il me fallait garder un bon niveau. Que ça me permettrait de fuir ma famille au plus tôt, de me fondre dans la masse grouillante d'une capitale. Mais il n'y avait pas que ça pour me pousser à partir même si c'étaient les raisons principales.
 Quelque chose d'autre m'attirais au loin. Une rencontre. Faîte sur internet. Un outil merveilleux. Il prolongea certainement mon existence ; Je ne sais toujours pas si c'est un bien ou un mal. C'était un beau jeune homme bien bâti. De deux ans mon aîné. Il était adorable, attentif, intelligent. Il avait tout pour lui. Il ne m'intéressait que pour le sexe.
 Je pense tout de même que je l'ai aimé. Je lui réservais même ma virginité. J'en souris encore. Je refusais  les offres les plus excitantes argant que jétais prise (pensant que j'aimerais pourtant bien me faire prendre). Même si j'ai faillis aller plus loin avec un autre garçon. Je ne l'ai pas fait. J'avais peut être un peu conscience de tromper mon ami. Mais c'était surtout par ce qu'il s'y était pris comme un manche.  Le début n'avait pas été désagréable pourtant.
 Mes parents n'étaient pas là, nous avions passé la matinée au cinéma. Nous étions de retour chez moi pour manger et nager ensemble dans la piscine. Je l'ai senti m'observer alors que je mettais mon maillot. Je l'ai vu durcir. Je me suis sentie flattée  et pour tout dire excitée. Nous sommes allés dans la piscine. Nous n'y sommes pas restés longtemps, nous la trouvions froide. Nous sommes restés à sécher au soleil tout en échangeant des blagues. Nous avons fini par rentrer pour revoir un film, l'un contre l'autre sur le canapé. Je l'ai senti contre mon dos. Je ne sais plus comment ça s’est passé. Certainement l'une des folies de la jeunesse.
 Il m'a enlevé mon T-shirt. Le sien aussi. Mon soutien-gorge a rapidement volé lui aussi. Il m'a embrassé dans le cou. Des frissons ont parcouru tout mon corps. Il a effleuré mon oreille, je crois bien que c'est le seul moment où j'ai faillis lâcher un gémissement. J'ai les oreilles particulièrement sensibles. Il est descendu jusqu'à mes seins. Il est resté un long moment dessus. Ça aurait pu être agréable sans le côté gluant de sa langue. Les gosses qui te bavent dessus ce n’était vraiment pas mon truc. Et je me suis surtout rendue compte que la sensibilité de mes tétons était bien faible par rapport à celle de mes oreilles. Soit ça, soit il s'y prenait vraiment comme un pied.
 Il a retiré son pantalon et le mien juste après malgré une petite résistance de ma part. Je sentais son érection frotter contre mon clitoris à travers le tissu de nos sous-vêtements. La sensation était électrique. Il a voulu retirer ma culotte. Je ne voulais pas. Il a tenté de m'y forcer. Je me suis accrochée à ma culotte et je l'ai repoussé. Tout d'un coup j'étais refroidie. Après même pas 5 minutes il voulait déjà y aller. Il ne voulait même pas savoir si j'étais prête physiquement ou simplement mentalement. C'est pour ça que j'ai préféré mon expérience avec une amie qui elle pensait à mon plaisir et comprenait que je ne voulais pas aller plus loin.
 Je veux penser que je l'ai réellement aimé. Penser que ce n'était pas juste un calcul froid me disant qu'il était certainement le meilleur choix pour ma première fois. Que je n'étais pas déjà cette créature qui a pris le pas sur la femme. Qu'il y avait encore de l'humanité en moi. Ecarter cette possibilité terrifiante me disant que j'étais déjà à cette époque une parodie d'être humain, froide et manipulatrice.
 Parler de mon inexpérience me semble un bon argument pour écarter cette possibilité. Je ne m'étais après tout intéressée au sexe que depuis peu. Mes hormones avaient bien sûr commencé à me travailler plus tôt mais je m'étais alors efforcée de les ignorées. L'acte m'avait semblé brutal et pour tout dire répugnant. Mon vécu m'empêchait de penser autrement. Il m'a fallu du temps pour que j'accepte l'idée d'une sexualité. Pour que je puisse faire des rêves érotiques quoi que poussés un peu à l'extrême pour certains. Et puis je sais maintenant qu'un peu de brutalité n'est pas forcément pour déplaire.
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