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 Histoire et temps

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Rima68
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MessageSujet: Histoire et temps   Ven 20 Fév 2015 - 13:14

Ça y est je me décide à poster de nouveau un texte ici, parce que j'en ai un auquel je tiens et qui a besoin d'yeux et d'esprits extérieurs pour être amélioré. Il s'agit de mon projet du Nano 2013 que j'ai bien sur retravaillé depuis le mois de janvier.
Alors je ne sais pas d'avance si je posterai tout, ça dépendra de comment ça plait.



Version non corrigée:
 

Pour le plus grand bien

Chapitre 1 :

Ce jour-là, Clark avait totalement improvisé sa journée. Il savait ce qui devait être fait, mais il avait dû modifier son programme. Le juge des enfants l’avait convoqué pour lui remettre la garde de Tim, son neveu de dix ans. Son père était mort depuis longtemps et sa mère venait d’être internée dans un hôpital psychiatrique. Clark n’avait jamais prévu de devoir s’occuper du garçon, il voulait faire autre chose de sa vie que de prendre soin de lui. Il avait averti le juge de ses projets de quitter la capitale pour une petite ville de province où il avait trouvé un emploi. « Ça ne pose pas de problème, vous en avez la garde légale, il suffit de l’inscrire dans une école et tout ira bien. » lui avait-on dit.
Ces paroles l’avaient mis en colère, en fin de compte l’Etat voulait juste se débarrasser de cet enfant. Le jeune homme avait accepté de l’accueillir parce qu’autrement son neveu aurait été envoyé de foyer en foyer et son enfance aurait été gâchée. Bien sûr son enfance était déjà gâchée, mais peut-être qu’il pouvait encore rattraper ça. Du moins il l’espérait, après tout ce garçon était le fils de son défunt frère.
Clark le laissa prendre ses affaires, dire adieu à ses amis avant de l’emmener à la gare pour prendre le train. Tous deux faillirent se perdre dans cette énorme fourmilière humaine où chacun cherchait son hall, son quai, son wagon. Ils finirent par trouver leur train et y monter. Le jeune homme laissa son neveu s’installer près de la fenêtre, il avait sorti une console de jeu portable et semblait soigneusement éviter son regard. Quand Clark eut monté les valises dans le filet au-dessus de leur tête, le jeune homme s’installa près de lui. « Ça va ? » lui demanda-t-il.
Le garçon haussa les épaules sans décoller les yeux de sa console. Clark poussa un soupir, il se sentait idiot de poser une telle question à un garçon qui venait d’être arraché à sa mère et à ses amis. « Je suis désolé, je suis bête de te demander ça, c’est évident que tu ne vas pas bien, que tu n’as pas envie de partir, mais…
— Tu as trouvé un job dans un trou paumé, donc on doit y aller, le coupa Tim.
— Ouais, c’est ça, confirma Clark. Mais je suis sûr que tu te plairas là-bas, ton père et moi y avons grandi tu sais, et tu pourras voir ta grand-mère. »
A la mention de son père, le garçon ferma sa console et se tourna vers son oncle. « Vraiment ? Comment il était ?
— C’était un homme gentil, plein d’idéaux et qui avait le don de se faire écouter par les autres, un vrai meneur. Il aimait aussi s’amuser, on a fait les quatre cents coups ensemble, tu sais.
— Et il est enterré là-bas. »
Clark acquiesça de la tête : « Oui, c’est là-bas qu’il est enterré. On pourra aller le voir si tu veux.
— J’aimerai bien, » souffla Tim.
Alors le jeune homme passa un bras autour des épaules de son neveu qui se blottit contre lui. En fin de compte, ce n’était peut-être pas si mal de se retrouver avec le fils de son frère chez lui.

Ils arrivèrent après plus d’une heure de train dans la gare de la petite ville de Lugname. Tous deux descendirent de voiture. Clark prenait soin de toujours avoir son neveu en vue, par simple précaution. Il n’avait pas l’habitude de veiller sur un petit garçon. Ils marchèrent jusqu’à l’adresse de l’appartement que le jeune homme avait loué. Il avait signé le bail quelque temps auparavant. C’était un meublé, de trois pièces, un heureux hasard puisqu’au départ Clark ne savait pas que son neveu devrait l’accompagner. Il avait eu d’autres choix, mais soit trop éloigné du centre-ville, soit non meublé.
La chambre du garçon n’était pas très grande, mais suffisamment pour compter un lit, une commode et un bureau où il pourrait faire ses devoirs. Clark avait une chambre spacieuse juste en face équipée d’un lit double et d’une armoire. La cuisine se situait non loin de l’entrée, elle faisait face au salon-salle à manger équipé d’une table, de chaises, d’un canapé et d’une télévision. « Tu peux t’installer, souffla le jeune homme à Tim lorsqu’ils pénétrèrent dans sa chambre. Comme je pense que tu dois avoir faim, je vais commander une pizza, ça te va ?
— Oui », répondit le garçon.
Clark n’avait pas vraiment envie d’aller immédiatement au supermarché pour faire les courses alors qu’il venait d’arriver et puis c’était dimanche, en dehors d’un petit épicier, tout était fermé. Le lendemain, il devrait commencer à travailler dans le journal où il avait fait ses débuts pendant les vacances d’été il y avait si longtemps. Il quitta la chambre du garçon pour commander. Quant à Tim, pour le reste des vacances, le jeune homme espérait que la grand-mère du petit le garderait pendant qu’il travaillerait.
Lorsque Clark revint dans la chambre pour annoncer à son neveu que la pizza était en route, il vit que le garçon avait vidé le contenu de sa valise et de son sac à dos sur son lit. Il y avait des vêtements, bien sûr, mais aussi des jouets, une console de jeu, des DVD et des livres. En fait, le jeune homme ne savait pas comment autant de choses avaient pu rentrer dans son bagage. Tim prit sa console et les fils dans les mains et lui demanda : « Je peux la brancher à la télé ?
— Tu devrais d’abord ranger tes affaires. Et puis tu n’auras pas vraiment le temps de jouer, la pizza arrive bientôt. Tu joueras ce soir.
— On sort après ?
— On ira voir ma mère, ta grand-mère. Si je n’y vais pas aujourd’hui elle me le fera regretter. Et je veux m’assurer que tu puisses aller chez elle pendant que je travaille jusqu’à ce que tu reprennes l’école en septembre.
— Elle est gentille ? Je ne l’ai vu qu’une fois… à l’enterrement de papa. »
Clark soupira, il hocha la tête, ne sachant trop comment lui parler de sa mère : « Elle est comme elle est, je te conseille d’éviter de la contrarier et de lui poser des questions sur ton père.
— Pourquoi ?
— Elle a du mal à s’en remettre. Elle a perdu son fils, tu sais, et on dit qu’il n’y a rien de pire que de perdre un enfant.
— Maman aussi a eu du mal à s’en remettre. C’est pour ça qu’elle est à l’hôpital maintenant, je crois. »
Clark acquiesça, hésitant. Cet enfant lui rappelait son frère, mais aussi, il semblait si mature pour son âge. Le jeune homme se demanda alors ce qu’il avait dû faire pendant que sa mère perdait la tête, comment il s’était géré seul. Il avait simplement oublié d’être un enfant.
« Tu crois qu’elle va guérir, maman ? demanda Tim.
— Je l’ignore. »
La sonnerie de la porte d’entrée retentit, coupant court à leur discussion. C’était la pizza. Le repas se déroula dans le plus grand silence, silence qui perdura pendant leur marche jusqu’à la maison de Catherine Kemps, la mère de Clark. C’était l’endroit où il avait grandi, et les rues, les bâtiments, n’avaient pas changé. Ça faisait cinq ans qu’il n’était pas revenu ici, depuis la mort et l’enterrement de son frère. En fait il avait fui ses souvenirs d’enfance, parce qu’ils le rendaient triste. Clark ne voulait pas vivre dans le passé, se morfondre, même si la douleur, le vide causés par la perte ne le quittaient jamais.
La porte s’ouvrit sur une femme aux cheveux grisonnants, aux épaules voutées. Elle portait un petit gilet malgré la chaleur de l’été. Catherine sourit à ses deux visiteurs qu’elle attendait avec impatience. Elle examina Tim un moment, et lui caressa la joue « Comme tu as grandi, souffla-t-elle alors avant de se tourner vers Clark. Et toi tu es devenu si fort, si grand. Je suis si heureuse de vous voir ! Est-ce que vous avez mangé ? »
Elle vint prendre son fils dans ses bras, puis le jeune homme lui répondit : « Oui, on a mangé, ne t’en fait pas.
— J’ai fait un gâteau, venez en prendre un morceau. »
Elle les laissa entrer dans la maison obscure. Rideaux et volets étaient fermés pour éviter que la chaleur de l’été ne rentre. Elle les fit installer à la table de la salle à manger, juste derrière le canapé de velours. Rien n’avait changé dans le décor depuis la dernière fois que Clark était venu. Depuis son enfance non plus en fait. « En fait, dit Clark alors que Catherine leur servait un morceau de gâteau au chocolat. J’étais surtout venu te demander si tu pouvais garder Tim pendant que je travaille, jusqu’en septembre.
— Bien sûr, répondit-elle en s’asseyant. Tu as donc abandonné ton poste à Paris pour travailler au journal local.
— Je dirais plutôt que c’est mon poste qui m’a abandonné, je crois que mes articles ne leur plaisaient tout simplement pas. C’est le seul journal qui a répondu lorsque j’ai envoyé mon CV.
— Evidemment ! Parce que tu y as écrit et que ta plume lui a apporté ses heures de gloires.
— Juste un article sur un match de foot, maman, répondit Clark. D’une équipe locale en plus.
— Oui mais assez pour qu’ils arrivent à liquider leur stock de leur feuille de choux. »
Le jeune homme soupira, il regarda Tim qui avait terminé sa part de gâteau. Catherine posa la main sur son bras : « Mon chéri, il y a une balançoire à l’extérieur qui, bien qu’elle ne soit plus toute jeune, fonctionne encore très bien. Si tu allais jouer dehors ? »
Tim acquiesça sans un mot avant de sortir de la pièce.

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Rima68
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MessageSujet: Re: Histoire et temps   Lun 23 Fév 2015 - 22:13

Bien, je poste une courte suite.

Chapitre 2 :

Version non corrigée:
 

Ça n’avait pas été une décision facile à prendre pour James. Revenir dans la ville où il avait grandi, où tout avait commencé, où sa vie avait changée. Son supérieur lui avait demandé de venir là, enquêter sur des choses étranges qui s’y passaient pour remettre les remettre en ordre. La peur l’avait d’abord envahit, la peur de revenir ici, d’être reconnu, qu’on lui pose des questions, mais il avait fini par prendre sur lui. Mathieu, son chef, était loin d’être un idiot, il devait sans doute savoir ce qu’il faisait et avait certainement reçu des ordres de plus haut. D’autant qu’on lui avait dit qu’on ne le reconnaitrait pas. C’était tout ce que James espérait, car la réussite de cette mission sauverait la vie de milliers de personnes… voire même plus. Le jeune homme se demandait ce qu’il se passerait si on le reconnaissait. Peut-être que son supérieur se rendrait compte de son erreur. Alors, ils leur effaceraient sans doute la mémoire à tous. Ainsi le problème serait réglé.
Lorsqu’il arriva en ville, en cette journée chaude d’été, il se prit à rêvasser, à repenser à son enfance, à ses jeux de petit garçon. Sa vie de simple mortel lui manquait parfois, toute cette époque où il n’était pas aussi seul qu’aujourd’hui. Parce qu’à ce moment de sa vie, il avait eu du monde autour de lui qui le soutenait. C’était tellement différent à présent pour lui. Il y avait bien entendu Mathieu, dont il recevait les ordres, mais aussi les conseils pour maitriser ses dons, cependant, il y avait toujours une hiérarchie et aucune liberté. Les mortels en jouissaient de cette liberté, dont lui-même était privé. Le jeune homme devait rendre compte de ses actes, parce que ses dons avaient des implications énormes. Cela faisait longtemps que James n’était plus un humain comme les autres, mais l’avait-il jamais été ?
En un battement de cils, il pouvait se revoir jeune, courir pour aller à l’école avec ses amis, jouer, se chamailler, être acclamé par les autres. Parce qu’il avait toujours eu ce don, d’être bien vu par les autres, d’être écouté, suivi. Il avait été un meneur, mais aujourd’hui il était au bas d’une échelle, une échelle difficile à gravir et dont chaque barreau cachait un autre danger, un autre obstacle.

En réalité, le jeune homme se demandait si on le testait, en l’envoyant dans la ville de son enfance, ou si c’était une mission comme les autres. Une hypothèse n’excluait pas l’autre, bien sûr, mais, tout autour de lui, lui paraissait étrange. Pour l’instant, il n’avait rien vu d’anormal dans la ville, rien de particulier, aucun signe de manipulation, de changement dans le cours de l’histoire. Aucune trace non plus, ces couleurs qu’il pouvait voir selon ces modifications, rien pour l’instant. Mais il devait y avoir une faille, on ne l’avait sans doute pas envoyé là par hasard. Peut-être qu’il était un peu paranoïaque de penser que l’on voulait le tester. C’était sans doute idiot, après tout, il n’était pas différent des autres recrues, des autres pions.

James examinait les rues ensoleillées de ce mois d’août. Il n’y avait pas beaucoup de monde en cette époque de l’année, même si septembre et son automne austère approchaient à grands pas. L’air était chaud, suffocant presque. Beaucoup de gens étaient en vacances ou en revenaient, la ville était donc assez vide. C’est ce qui le poussait à penser qu’il réussirait assez facilement à trouver ce qui n’allait pas, au final, peu de gens pouvaient être responsable si quelque chose d’anormal impliquant les mortels se passait.

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Dernière édition par Rima68 le Mer 4 Mar 2015 - 19:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire et temps   Sam 28 Fév 2015 - 23:53

Voilà la suite Smile

Chapitre 3 :

Version non corrigée:
 

Le lendemain matin, Clark se rendit à son premier jour de travail au journal où il avait fait ses débuts étant plus jeune. Il était presque sûr de retrouver certains de ses anciens collègues qui n’avaient pas quitté la ville. Ça lui paraissait étrange de retourner là où il avait fait ses premiers pas, parce qu’il avait parcouru tellement de chemin entre temps. Le monde avait changé, lui-même avait évolué, et c’était bien normal. Mais dans cette ville de Lugname, tout semblait figé, comme si rien n’avait changé, que tout était comme auparavant… seules les personnes avaient vieillies. Lorsqu’il poussa la porte vitrée du journal, il entendit presque immédiatement une voix l’appeler : « Clark ! »
Il s’agissait son vieil ami, ancien collègue, Thierry, un journaliste lui aussi qu’il n’avait plus vu depuis cinq ans. Il lui tendit la main et Clark s’empressa de la serrer. « Je t’attendais, je ne te dis pas comme tu nous as manqué. Content de te revoir, même si t’as dû passer un sale quart d’heure à Paris après ton article scandale. »
Le jeune homme hocha la tête sans rien dire, mais Thierry poursuivit : « Comment tu vas depuis le temps ?
— Ça va, merci.
— Le chef t’attend dans son bureau, mais je suis content de t’avoir revu, j’espère qu’on pourra bosser ensemble bientôt… ça va te changer de la capitale. »
Il s’éloigna aussi rapidement qu’il était arrivé. Clark regarda autour de lui : la salle de rédaction se situait derrière l’accueil au public, se trouvaient quelques bureaux avec des ordinateurs, souvent des portables et les différentes personnes qui y travaillaient. Le tout résonnait en une cacophonie entre les bruits de clavier, de conversation téléphonique et de va-et-vient ininterrompu. Au fond de la salle à gauche, il y avait le bureau de Louis Routier, le rédacteur en chef du journal. Sans vraiment y réfléchir, le jeune homme marcha jusqu’à la porte et y frappa. On lui ouvrit la porte, le chef n’avait pas vraiment changé. Dans son souvenir il avait toujours été à moitié chauve, les cheveux qui lui restaient avaient tourné au gris. Il était alors difficile de lui donner un âge. Louis portait un costume, comme à chaque fois que Clark l’avait vu. Il arborait un sourire jovial adressé au jeune homme lorsqu’il le fit entrer en lui serrant la main. « Je suis content de te revoir, mon garçon.
— Merci chef, répondit Clark. Je suis heureux que vous m’ayez repris.
— Aucun souci, une plume comme la tienne ça n’se refuse pas. Allez, je vais te présenter aux autres. Tu connais Thierry et Grégory qui étaient déjà là à ton époque, mais tu ne connais ni Marc le photographe, ni Lily Hamner notre reporter. »
Louis sortit du bureau indiquant à Clark de le suivre. Ils rejoignirent la salle de rédaction. « Bonjour à tous, si vous pouviez lever votre nez cinq seconde de votre travail en cours, je vous présente Clark, que certains d’entre vous connaissent, il va travailler avec nous comme journaliste, je veux que vous lui fassiez un accueil chaleureux. Merci. »
Une fois l’annonce faite, il lança un sourire au jeune homme : « Je te laisse t’installer, on t’a aménagé un bureau en face de celui de Lily. »
Chacun reprenait peu à peu ses occupations, le jeune homme trouva son bureau face à celui d’une jeune femme aux cheveux blonds attachés en queue de cheval et aux beaux yeux bleus. Un garçon aux cheveux châtain vint lui serrer la main. « Moi c’est Marc, le photographe, je suis content de faire votre connaissance, si vous avez besoin de photos, n’hésitez pas. »
Clark acquiesça de la tête en le regardant s’éloigner. Il sortit ensuite ses affaires, son ordinateur portable entre autre. « Eh ben, vous êtes une vrai célébrité ! s’écria la jeune femme en face de lui.
— C’est parce que j’ai grandi dans cette ville, j’ai fait mes premiers pas dans ce journal.
— C’est ce que j’ai cru comprendre… c’est fascinant. »
Elle employait un ton ironique, cinglant. Mais le jeune homme n’y prêta pas attention, il alluma son ordinateur sans la quitter des yeux. Il la trouvait belle, attirante même, mais il ne savait pas comment poursuivre la conversation. C’est elle qui s’en chargea. « Dites-moi, Clark, vous avez rencontré votre Loïs ?
— Quoi ? demanda-t-il sans comprendre de quoi elle parlait.
— Vous savez, Loïs et Clark, Superman… »
Le jeune homme comprit, il lui sourit, on ne lui avait jamais fait une telle remarque. « Non, répondit-il alors avec amusement. Je n’ai pas trouvé la bonne personne, mais qui sait ? C’est peut-être pour bientôt. »
Elle lui lança un sourire avant de disparaitre derrière son ordinateur pendant un moment. Clark resta pensif, se demandant s’il avait bien fait de rajouter cette dernière phrase, puis il décida de se concentrer sur son travail.

Au bout de quelques dizaines de minutes, Lily leva les yeux de son écran et fixa son nouveau collègue. « Il y a eu un accident à la centrale électrique à l’extérieur de la ville, vous voulez venir couvrir l’affaire avec moi ? demanda-t-elle. Ça vous remettrait en selle.
— Oui, bien sûr, répondit-il alors. Je vous suis.
— On prend ma voiture, je déteste les hommes au volant. »
Clark hocha la tête, de toute façon il n’avait pas de voiture, pas encore. Il prit son sac avec de quoi écrire dedans, et suivit la jeune femme jusqu’à l’extérieur.

Après avoir roulé un moment, ils arrivèrent à la centrale située à l’extérieur de la ville. Celle-ci alimentait quelques agglomérations des alentours. Ce n’était pas la première fois que Clark y venait, il l’avait visité plus jeune avec sa classe, mais ça remontait à loin. A cette époque son frère était encore en vie.
Les deux jeunes journalistes pénétrèrent dans le lieu par la porte d’accès au public à la recherche du responsable. L’accueil était désert, pas un seul employé présent. « Super », souffla Lily.
Elle se dirigea vers une porte derrière le comptoir sur laquelle était spécifiée que seuls les membres du personnel pouvaient entrer. « Peut-être par ici. »
Elle ouvrit la porte qui n’opposa aucune résistance, Clark s’en étonna quelque peu : « Ils devraient mieux la fermer cette porte, ça pourrait être dangereux.
— Notre métier est dangereux, je pensais que vous le saviez avec votre expérience. »
Le jeune homme hocha la tête, il connaissait la définition du danger. Visiter une centrale électrique, même si elle n’était plus toute jeune, n’était pas aussi dangereux que de couvrir le conflit israélo-palestinien. Mais il ne voulait pas en rajouter, essayer de la contredire, alors il se tut, pensant qu’elle n’avait sans doute jamais écrit dans un journal national.
Ils empruntèrent un couloir obscur, Clark sortit une lampe de poche de son sac pour pouvoir y voir clair. « Vous avez pensé à tout.
— Il faut être paré à toute éventualité… Et j’ai toujours bien aimé les lampes de poche. »
Il y faisait chaud et humide, le jeune homme s’y sentait mal, l’atmosphère lui semblait irrespirable, mais il ne dit rien, parce que Lily ne semblait pas éprouver les mêmes difficultés que lui. Il passa alors devant pour éclairer le chemin, arriva devant une porte qu’il ouvrit. Elle donnait sur un escalier de métal, ils le montèrent tous les deux quand soudain une voix les surprit. « Eh vous deux ! cria un homme. Qu’est-ce que vous faites là ? C’est interdit au public !
— Nous sommes journalistes ! s’écria alors Lily.
— Et comment vous êtes arrivés là ? demanda l’homme en descendant vers eux.
— La porte à l’accueil était ouverte. »
L’employé leur fit signe de le suivre, ils empruntèrent un dédale de couloirs et retrouvèrent une atmosphère plus agréable aux yeux de Clark. Visiblement ils étaient dans la partie bureau de la centrale. L’homme leur désigna un coin qui comptait des fauteuils. « Installez-vous, je préviens le directeur. »
Il quitta la pièce, les laissant seuls. « Génial, on fait quoi ? On s’en va ? demanda Lily.
— Maintenant qu’on a un rendez-vous avec le directeur, on n’va pas partir ! s’écria Clark.
— Je parie que c’est pire à Paris. Vous avez bien une anecdote sur les journaux nationaux. »
Le jeune homme secoua la tête : « J’ai bien peur de vous décevoir, j’ai passé les plus beaux moments de ma vie ici, dans cette ville. Paris était une belle aventure, mais je suis content d’être rentré.
— Ou alors vous vous êtes fait virer et vous n’aviez d’autre choix que de revenir ici. »
Elle était franche, directe et sèche. Malgré tout, malgré l’irritation qu’elle suscitait chez lui, il aimait ça et se surprit à sourire. Alors l’homme revint avec celui qui semblait être le directeur, il devait avoir la quarantaine, et portait un pantalon en terre gale et une chemise à carreaux. « Jean Dulac, responsable de la centrale. Vous êtes entré comment ?
— La porte à l’accueil. Je suis Clark Kemps, voici ma collègue Lily Hamner. On a des questions à vous poser sur l’accident d’hier.
— Comme vous l’avez dit, c’était un « accident », il n’y a donc rien à ajouter. Un court-circuit a provoqué un incendie, et un ouvrier est mort asphyxié. Que voulez-vous de plus ? La police enquête pour en savoir plus, mais il n’y a rien d’autre à dire.
— Nous aussi, dit alors Clark.
— Je perdrai mon poste.
— Nous protégeons nos sources.
— Il n’y que moi qui puisse vous permettre ça, on remonterait à moi très vite. Sortez à présent. »
Clark fit un signe à Lily de ne pas répondre, ils sortirent pour retourner à la voiture. « Vous connaissez le propriétaire ? demanda-t-il.
— Franck Louriou, un nouveau riche qui a sauvé la centrale qui menaçait de fermer en la rachetant il y a quelques mois, il est plutôt apprécié car ça a sauvé des emplois. Pourquoi ?
— C’est étrange, si c’est vraiment un accident, pourquoi on ne nous laisserait pas enquêter ? »
Elle haussa les épaules, avant d’ajouter : « On a qu’à aller le voir, ce propriétaire », proposa-t-elle avant de mettre le contact et de démarrer la voiture.

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MessageSujet: Re: Histoire et temps   Mer 4 Mar 2015 - 19:07

Courte suite, un passage avec James ce soir Smile

Chapitre 4 :

Version non corrigée:
 

James avait fait le tour de sa ville d’enfance à plusieurs reprises à présent. Ses balades avaient éveillé en lui des souvenirs vieux de plusieurs années. Des moments plus ou moins heureux suivant les périodes. Il se souvenait par exemple de la disparition de son père et des mois qui avaient suivi, ces mois de déprime où il n’avait même plus eu envie de rentrer chez lui.
La source du trouble qui avait causé les catastrophes recensées par ses supérieurs n’était pas directement présente dans la ville. James sentait qu’il se passait quelque chose, que quelqu’un manipulait le temps. La question était qui, et comment, surtout si c’était un mortel. Une autre sensation était aussi apparue au creux de son estomac alors qu’il errait dans la ville. Cette impression étrange lui donnait envie de rester ici, de ne pas quitter cet endroit. C’était peut-être lié aux souvenirs qu’il pouvait avoir dans ce lieu. Jusqu’ici il avait trouvé plutôt facile le défi de les ignorer, mais à présent c’était de plus en plus difficile. C’était peut-être ça que ses supérieurs testaient. Ses supérieurs comme Mathieu, son mentor et ami qui lui avaient donné l’ordre. Mathieu se chargeait de contrôler, de protéger aussi et de transmettre les ordres du Roi et de la Reine. James lui n’était qu’un simple agent, un agent de l’équilibre qui devait s’assurer du bon fonctionnement du temps. Peut-être qu’au fond, ils voulaient tous voir s’il était capable d’affronter son passé. A moins qu’il ne se fasse des films.
Le jeune homme continua alors à se balader tranquillement dans la ville, profitant un peu de ses souvenirs. S’il le voulait, en un battement de cil, il pouvait revoir les moments où il courrait dans la rue avec d’autres enfants. Pour lui rien ne pressait, il ne voyait aucune trace signe d’une quelconque manipulation temporelle. Il se laissa emporter, visitant les différentes époques, les différents événements qu’elle avait pu subir aux prises avec l’histoire. De l’Occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale à la construction même de la cité, sans oublier l’époque médiévale. Tout lui était à portée de main, mais rien, toujours rien ne paraissait anormal, si ce n’est cette impression étrange qu’il fallait qu’il reste sur place. En tant qu’agent, il ne pouvait négliger cette espèce de sensation, même si on ne lui avait jamais demandé de le faire. Mais peut-être qu’il finirait par comprendre tout ça, parce qu’il avait toujours été très sensible à ce qui l’entourait.
Puis une trace se manifesta enfin. Il s’agissait d’un scintillement bleuté qu’il n’avait encore remarqué dans ses balades. C’était d’ailleurs la première fois qu’il en voyait une de cette couleur. Il savait que le rouge signifiait un dérèglement temporel dans le passé affectant le présent, le vert annonçait que le présent était modifié par une personne, ce qui impacterait le futur déjà en place. Mais le bleu, jamais il n’en avait encore vu, jamais on ne lui en avait parlé. Peut-être que le jeune homme devrait demander à Mathieu lorsqu’il le reverrait. Du moins s’il en avait l’occasion. James s’approcha de l’endroit où il l’avait vue, le mur d’une maison au coin d’une rue. Il le toucha, en s’approchant un peu trop, la trace disparut, mais il vit qu’elle s’était déplacée un peu plus loin. Il marcha dans la direction, suivant la rue sans faire attention au décor autour de lui, aux gens qui marchaient, ni aux pigeons qui s’envolaient lorsqu’il s’approchait trop. Le jeune homme arriva près d’un skate-park dont il ne pouvait se souvenir, il avait sans doute été construit peu de temps auparavant. Il vit un garçon d’une dizaine d’années s’amuser sur les rampes aménagées. James passa un certain temps à le regarder faire quelques figures basiques sans vraiment réfléchir, ni se poser aucune question. En ce moment précis, son esprit était vide de toute pensée, il essayait de ne prêter aucune attention à son moi intérieur. Il était après tout normal qu’un enfant soit sorti à cette heure en plein été.


Tim rentra chez sa grand-mère, rejoignant sa maison après avoir passé un certain temps dehors. Il n’aimait pas rester auprès d’elle, elle le déprimait quelque peu. On aurait dit qu’elle s’enfermait dans la tristesse, dans les souvenirs d’un monde passé et inaccessible. « Où étais-tu ? » demanda sa grand-mère lorsqu’il rentra dans la maison.
Le garçon posa son sac à dos et sa planche à roulette sur le sol. « Au skate-park, mamie, répondit-il.
— Je veux que tu me préviennes la prochaine fois !
— J’suis plus un gosse, je sortais seul avec maman et les rues de Paris sont bien plus dangereuses que celle de Lugname.
— Il n’empêche qu’il y a des endroits peu fréquentables et des dangers ici, comme à Paris. Ton père t’a confié à moi, alors je veille sur toi ! »
Tim la fixa de ses yeux marron, cette remarque le mit hors de lui. « Mon père est mort », rétorqua le garçon d’un ton dur et froid.
Il sortit alors de la maison pour rejoindre le jardin, s’installer sur la balançoire, emmenant ses affaires dehors avec lui. Il essaya de se calmer sans réellement y parvenir, tentant de mettre un nom sur ce qu’il ressentait. Le garçon n’aimait pas sa grand-mère. Il avait l’impression qu’elle ne le voyait jamais vraiment. Tim avait surtout du mal à comprendre qu’elle confonde son père et son oncle, et ça le rendait triste en réalité, de repenser à ce passé qu’il n’avait lui-même jamais connu. Une espèce de mélancolie mêlée à de l’impuissance se manifestaient en lui. Il n’était même pas sûr de vouloir le connaitre après tout. Au fond, il finissait même par espérer pourvoir retourner vite à l’école, et il se rappela qu’il ne s’agissait que du premier jour passé dans cette maison alors que Clark travaillait. Tim soupira avant de sortir sa console portable de son sac à dos et de jouer un peu en attendant le soir, tout en espérant qu’elle ne viendrait pas lui faire la morale.

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Histoire et temps
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