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 Suzanne la pleureuse, Alona Kimhi

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lulli
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MessageSujet: Suzanne la pleureuse, Alona Kimhi   Jeu 5 Mar 2015 - 22:30

Alona Kimhi est née en 66 en Ukraine et a immigré avec sa famille en Israël en 1972 où, après son service militaire dans un kibbutz, elle à étudié le théâtre et est devenue actrice (cinéma et théâtre). Son second livre et première nouvelle est «Susannah ha-bochiah» publié en 99, traduit en 18 langues, elle en a à ce jour écrit quatre pour adulte et un pour enfant.




«Suzanne la pleureuse» est un livre que j’ai choisi pour son titre, je n’ai pas lu la quatrième de couverture, je ne connaissais pas l’auteur, c’est un livre que j’ai trouvé à un peu moins de deux euros et que je ne regrette vraiment pas.



L’histoire n’est pas ce qui m’a le plus intéressé (même si on meurt d’envie de savoir si oui ou non il va se passer quelque chose entre Suzanne et son cousin) parce que les personnages sont haut en couleur, incroyables et que le texte – en perception interne – fait de Suzanne un personnage absolument remarquable.

Ce livre raconte l’histoire de Suzanne (qui l'eût cru) Rabin qui vie chez sa mère, à 33 ans et est «émotionnellement instable» depuis le mort de son père. Un jour, un vague cousin débarque dans l’équilibre précaire de sa vie. Il séduit Suzanne et sa mère, il s’incruste, il fait sortir Suzanne, il la pousse à vivre, à être quelqu’un et non une ombre.

Suzanne est un personnage troublant, le fait d’être en perception interne à la première personne du singulier ajoute à cela. Elle est clairement folle, instable : crise de larme, panique, auto morsure jusqu’au sang et presque à l’arrachage de la chair, d’incapacité à aller aux toilettes, difficulté pour se laver, se regarder dans un miroir… Elle est dégoûtée par son corps et celui des autres, écoeurée par les besoins naturels (incapable de manger en public) ou l’odeur de ses proches. Elle est suivie par une personne (assistante social ou assimilée) qui tente de lui faire faire des études artistiques puisqu’elle à des dispositions. Elle refuse toujours de quitter son confort, sa mère qui prend soin d’elle et sa routine (avec comme proche deux amis de sa mère, une femme avec qui elles vont à la plage et un homme qui tiens une boutique). L’arrivée du cousin est quelque chose de terrible (comment se doucher dans la douche dans laquelle il va ? comment allez au toilette la nuit alors qu’il dort dans la chambre ? comment manger en journée ?) mais va lui faire découvrir un monde entier. Il se retrouve chargé de la divertir contre son gré en somme et l’emmène un peu partout, chez des amis, à la plage. Ce personnage ci est trouble, séducteur, joueur, buveur, menteur. Il va mener la vie dure à Suzanne l’obligeant à dessiner par exemple ou la taquinant en public. Petit à petit, le monde de Suzanne va s’élargir, ses possibles aussi, elle désir son cousin, elle s’habitue à sa présence.


Pour moi, ce livre est une superbe découverte. Il est toujours difficile de faire ressentir au lecteur la folie, la fragilité, et je trouve qu’ici ça fonctionne. Les personnages sont beaux et évoluent, l’histoire avance et on a envie de savoir la suite, le style (traduit) m'a plu et le ressenti d’un été trop chaud d’Israël à travers la moiteur, la difficulté à sortir fonctionne.


Un extrait pour conclure (p51-52) :
« Je suis restée face à ma mère, devant la table encombrée de verres à thé vides et de l’assiette pleine d’éclair. Nous nous sommes tues. Je l’ai regardée, elle m’a regardée, puis elle a détourné la tête. Alors ses pensées ont commencé à s’infiltrer dans mon cerveau. Des pensées sur mon père, sur elle-même, sur moi.
Je me suis imprégnée d’elle et mon visage s’est involontairement organisé et rassemblé de manière à avoir la même expression qu’elle. La bouche a durci, s’est resserrée, affaissée, le front s’est tendu et alourdi.
Elle a dit, que faire, sans doute au sujet des élections, et sa douleur dans ma poitrine était si insupportable que j’ai pris un éclair dans l’assiette. Je me suis mise à mastiquer et mastiquer sans la quitter des yeux, à avaler les blocs de pâte fourrés de crème grasse et jaune, à les faire passer par ma gorge crispée jusqu’à avaler le dernier morceau, elle a dit, alors c’est bon ? J’ai dit très bon. Très très bon, ma petite maman. »

_________________
amicalement et dyslexiquement votre,
Lulli
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