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 Sixième concours : venez voter ;-)

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Iron
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MessageSujet: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:45

Le sondage est ouvert, vous n'avez le droit qu'à un seul vote par personne. Merci à tous les participants et bravo à eux.

Fin des votes : Samedi 5 janvier, 20h00


Salutations à tout le monde

(le texte 4 est coupé en deux, il était trop long pour entrer en un seul message)


Attention il y a eu un changement au niveau des numéros des textes--------------------------------------------------

Texte 1



An de grâce 1543, Amérique du Sud.



Des rafales de vent faisaient onduler les hautes herbes et les roseaux. Le soleil projetait une faible lueur orangée et des nuages menaçants approchaient, laissant derrière eux un ciel noir et tourmenté. Une goutte, partie en éclaireur de milliers d’autres, s’écrasa sur son casque. Il leva la tête et sentit les gouttes lui frapper le visage. Il ramena son regard devant lui. Sa vue était gênée par les hautes herbes qui le dépassaient d’un bon pied. L’eau lui arrivait à mi-cuisse et remplissait ses bottes.

Un éclair zébra le ciel. Sa main se resserra autour de son mousquet. Des oiseaux s’envolèrent en piaffant. Il tendit l’oreille dans cette direction, les sens en alerte, les muscles tendus. Où étaient les autres ? Il avança, écartant les roseaux pour créer un passage. Il y eut un bruit d’eau à sa droite.

- Alejandro ?

Le sang lui battait les tempes. Il respirait bruyamment et était à bout de souffle, malgré le peu de mouvements qu’il avait effectué. Il avait la sensation que sa poitrine était compressée. La pluie ne parvenait à refroidir l’atmosphère étouffante. Des bruits ne cessaient de le faire se retourner. Il ne sut bientôt plus d’où il était venu. Ce qu’il pouvait lui arriver de pire venait de se produire : il était perdu dans une mangrove d’herbes et de roseaux. Seul, avec, pour moyens de survie, son épée, une dague, son mousquet et une dizaine de cartouches de poudre. S’il ne retrouvait pas les autres ou s’il tombait nez à nez avec des indigènes, s’en était fait de lui. Lui, Joachim Fernando Cristobal.


Il erra dans le champ de roseaux durant plus de deux heures. L’orage était fini depuis un certain temps quand il entendit des détonations. Elles n’étaient pas très éloignées. Il progressa dans leur direction aussi vite que le lui permettait les roseaux. Il entendit qu’on criait en espagnol. Cristobal regagna alors l’espoir qu’il avait perdu durant l’orage. De nouvelles détonations retentirent. Il s’approcha lentement et écarta précautionneusement une gerbe de roseaux pour observer. Des indigènes attaquaient ses compagnons d’armes. Des cadavres flottaient ça et là, répandant dans l’eau le sang qui s’échappait de leurs blessures. Soudain, un cri horrible lui parvint aux oreilles. Le cri de guerre des indigènes. Il se retourna et vit dans les yeux de son agresseur de la haine.

L’indigène lui sauta dessus, brandissant sa massue. Cristobal tomba à la renverse et, avant qu’il n’atteigne l’eau, mû par l’instinct de survie, il tendit son mousquet et pressa la gâchette. Le coup de feu fit un bruit de tonnerre et la bille de plomb arracha à son agresseur un morceau de gorge. Ils tombèrent dans l’eau.



- Deo gracias ! Il est encore vivant !

La voix tonitruante du capitaine Torres tira Cristobal de sa torpeur.

- Où suis-je ?

- Dans le temple que nous cherchions, amigo ! tonna amicalement Torres en lui administrant une tape sur l’épaule. Ces chiens n’ont pas apprécié le fait que nous ayons foulé l’aire sacrée de leur temple. On leur a fait bouffer du plomb et de l’acier ! Ils ne reviendront pas de sitôt, foi de Torres ! Allez vous autres ! Allumez des torches !

Cristobal se releva non sans difficultés. Il avait les bras engourdis et des fourmillements parcouraient ses jambes. Il salua les autres soldats, puis tous se mirent en marche. Ils progressèrent dans un long couloir. Des mousses, agglutinées entre les pierres, répandaient une odeur nauséabonde. Des insectes se faufilaient entre les interstices. Cristobal n’en avait jamais vu de semblables. Il parcourait des yeux les murs du temple, usés et érodés. Il déduit que ce temple en l’honneur de la Nature n’était pas entretenu par respect à tout ce qui était, ce qui est, et ce qui sera. La colonne de conquistadores continuait tout droit, toujours tout droit. Cristobal suivait du regard un papillon d’une beauté époustouflante quand ses yeux se posèrent sur un squelette. Il sursauta, le montra du doigt et cria au capitaine d’arrêter la colonne.



- Que devons-nous faire ?

- Rien. Laissons-les.

- Et s’il le découvre ?

- Alors ils comprendront l’erreur qu’ils ont commise.

- Mais ne sont-ils pas venus précisément pour le trouver ?

- Si, mais comme les autres, ils échoueront.



Les vêtements du squelette étaient l’uniforme que portaient Cristobal et les autres soldats. C’était donc un espagnol. Cristobal se tourna vers Torres.

- Nous ne sommes pas les premiers à être venu ici…

- Visiblement, amigo ! Hernando ! Fouille-le !

Hernando s’agenouilla et déboucla les sangles du plastron. Il le posa par terre puis passa sa main dans l’intérieur de la veste.

- J’ai quelque chose !

Il sortit un petit livre à la couverture de cuir et le tendit à Torres. Le capitaine l’ouvrit avec d’extrêmes précautions.

- C’est un journal, annonça-t-il.

Il feuilleta le livret. Certaines pages avaient été dévorées par quelques rongeurs affamés, d’autres étaient illisibles. Les pages restées intactes se situaient vers la fin du journal. Les yeux noirs de Torres les parcoururent. D’un coup, il se figea. Il leva la tête et s’adressa à la trentaine d’hommes qui le fixaient :

- Ecoutez ça… Cela fait maintenant trois jours que nous sommes encerclés dans ce maudit temple. Ils nous encerclent, nous assiègent. Nous avons essayé plusieurs sorties. Mais sans poudre, nous n’allons pas loin et la liste des victimes s’allonge. Hier, nous avons trouvé ce que nous étions venus chercher. Nous sommes bloqué de toute façon. Nous avons échoué. Pendant la nuit, deux de nos camarades ont disparus. Nous les avons cherché dans tout le temple. Impossible de les retrouver. Nous avons faim. Mais pire que cela, nos gourdes sont désespérément vides. La chaleur est étouffante. Le temple est vide, mais ils sont encore là. Dehors. Pourquoi restent-ils à l’extérieur ? Pourquoi ?

Après une courte pause, il reprit :

- La suite est écrite d’une autre main, plus brouillonne. Nous allons tous mourir. Ce temple est maudit. Nous qui voulions revenir riches et couverts de gloire ! Si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes venu le trouver. Fuyez maintenant, il n’est peut-être pas trop tard pour vous. Ne commettez pas la même erreur que nous. Fuyez !

Torres se tut. Cristobal tremblait. Il avait peur, comme la trentaine d’hommes rassemblés autour du capitaine. Le capitaine referma le journal et le fourra dans une poche intérieure de son pourpoint.

- Il ne nous reste plus qu’à trouver ce que nous sommes venus chercher…

- Et la malédiction ?

Le capitaine émit un rire tonitruant, en regardant ses hommes.

- Soldats d’Espagne, ne me dites pas que vous êtes effrayé par un squelette et son journal !

- Vous êtes dément !

- Peut-être, mais je suis votre supérieur hiérarchique. Fouillez ce temple au lieu de pisser dans vos frocs, bande de péteux ! Plus vite vous le trouverez, plus vite on sera repartit ! Allez, allez !

La perspective de sortir du temple ragaillardit les hommes. Ils se mirent en marche vers le centre du temple. Plus ils avançaient, plus les pierres étaient sales et usées et plus ils voyaient de squelettes. Ils débouchèrent dans une grande salle. Torres sortit un papier de son gant. Il observa la disposition de la salle avec attention, puis se concentra sur son parchemin. Après de longues minutes, il le plia en quatre et le refourra dans son gant.

- On y est.



- Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? Les autres n’avaient pas ce qu’ils ont.

- Où est le problème ?

- S’ils réussissent, nous devrons en répondre.

- Alors faisons en sorte qu’ils échouent.



- Et maintenant, capitaine ?

- Soulevons ces dalles, amigo ! Sous l’une d’entres elles, il devrait il y avoir un passage menant à l…

Un gargouillement acheva sa phrase. Torres s’effondra une flèche dans la gorge. Cristobal, suivi par les autres soldats, tira son mousquet. Les flèches venaient du couloir qu’ils avaient emprunté. Les flèches sifflaient aux oreilles de Cristobal. Certaines ricochaient sur les dalles de pierre, d’autres se plantaient dans les bras, les jambes. Les soldats tirèrent. Les flèches cessèrent. Des indigènes, précédés par des cris innommables, jaillirent du couloir, brandissant massues, machettes, lances. Quelques détonations, bruits d’épées sortant du fourreau à la vitesse de l’éclair.



Cristobal courait à perdre haleine. Les indigènes étaient trop nombreux. Il avait fui avec trois autres soldats. Ils étaient les seuls à être rester vivants, mais pas pour longtemps. Un était mort d’une lance dans le dos alors qu’ils sortaient d’une salle. Le deuxième à être tué avait eu son genou transpercé par une flèche ; elle l’avait empêché de courir et il était mort sous les coups de massue des sauvages.

Le troisième n’était autre qu’Hernando, le soldat qui avait fouillé le squelette. L’homme courait aux côtés de Cristobal. Ils entendirent les cris des indigènes derrière eux et tournèrent à droite à un embranchement. Les hurlements continuaient à les suivre et les deux hommes de courir. Ils traversèrent une dizaine de couloirs, les indigènes toujours à leurs trousses. Ils ne tiendraient plus très longtemps… Il fallait trouver un abri ou bien affronter la mort en soldat. Cristobal regarda derrière lui. Il crut entrevoir l’ombre d’un indigène.

- Merda ! C’est un cul-de-sac !

La voix d’Hernando fit ramener le regard de Cristobal devant lui. Il n’eut que le temps d’entrevoir le mur de pierres qui leur barrait le chemin de la fuite salvatrice : il trébucha et tomba la tête la première. Il allait s’écraser contre le mur. Il n’en fut rien. Il passa à travers le mur et atterrit avec fracas de l’autre côté, projetant des nuages de poussière. Cristobal entendit la voix d’Hernando.

- Quel est ce maléfice ?

- Je ne sais pas ! Peux-tu passer au travers ?

Cristobal vit alors les doigts d’Hernando, puis sa main et son bras, traversaient le mur. Le spectacle était étrange. Cristobal grimaça, prit la main d’Hernando et tira de toutes ses forces. Comme Cristobal avant lui, Hernando passa sans le moindre problème à travers le mur. Il s’épousseta les épaules.

- Espérons que les sauvages ignorent l’existence d’un tel passage.

- Le contraire ne m’étonnerait pas… C’est leur temple, après tout.

- Alors dépêchons-nous ! s’exclama Hernando, en regardant autour de lui. Tiens, regardes ! L’escalier ! Empruntons-le !


Cristobal suivit Hernando et descendit l’escalier. L’inclinaison était forte et ils devaient se tenir au mur pour ne pas tomber. Enfin, ils arrivèrent au bas des marches et observèrent les lieux. La salle était petite et ne possédait visiblement aucune issue, en dehors de l’escalier qu’ils venaient d’emprunter. Cristobal remarqua une sorte d’estrade sur laquelle se dressait une arche. Le tout, posé au milieu de la salle, devait sans doute servir aux rites païens des indigènes. Cette arche l’intrigua. Il la montra à Hernando. Apparemment, il l’avait vue lui aussi.

Ils avancèrent prudemment jusqu’à l’arche de pierre. Cristobal tendit la main et la promena sur la surface râpeuse d’un des piliers. Puis, il fit le même geste qu’Hernando, à l’entrée du passage : il passa sa main sous l’arche. Comme la main d’un fantôme traverse les murs, la main de Cristobal fut avalée par le vide. Cristobal se tourna vers Hernando.

- C’est notre seule issue.

- Oui…

Ils entendirent les cris des sauvages. Ils avaient enfin retrouvé leurs traces. Hernando et Cristobal se regardèrent dans les yeux et, d’un commun accord, tacite et solennel, ils franchirent l’arche. Puis tout se fit noir.



- Où sommes-nous ?

- Aucune foutue idée !

- Oh ! Regarde le ciel ! Drôle de teinte…

- Ce n’est pas du tout comme ça que je voyais le Paradis !

- C’est que vous n’y êtes pas !

- Qui êtes-vous ?

- Je suis Pedro Ferrera et voici mon frère, Juan Paulo.

- Et où sommes-nous si nous ne sommes pas au Paradis ?

- Hernando, voyons !

- Votre question est normale.

- Et vous n’y avez toujours pas répondu… Où diable sommes-nous ?

- Dans un autre monde !



La réponse de l’inconnu était quelque peu troublante. Mais en y réfléchissant bien, Cristobal ne pouvait que lui donner raison : le ciel était vert, l’herbe bleue. Seule la terre avait conservée sa couleur de terre. Soudain, il se souvint de leurs poursuivants.

- Les indigènes !

- Ils ne peuvent venir ici, déclara Pedro Ferrera.

- Et par quel prodige, s’il vous plaît ? s’exclama Hernando.

- Gardez votre cynisme : nous n’en savons rien. Quand nous sommes arrivés ici, nous étions nous aussi poursuivis par ces sauvages. Nous avons attendu. En vain. Nous ignorons pourquoi, répondit le frère.

- Au moins un danger d’écarté ! soupira Cristobal.

- Oui et non des moindres.

- Quand vous parliez d’ " autre monde ", comment celui-ci se nomme-t-il ?

- Nous l’avons baptisé comme le bruit d’un poisson gigantesque qui vit dans un des lacs.

- Et lequel est-ce ? demanda Hernando.


- Namek.

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Dernière édition par Iron le Mer 26 Mar 2008 - 16:40, édité 6 fois
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Iron
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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:46

Texte 2



Un monde ici, un monde là-bas, un monde ailleurs

Papa coupa le moteur. La climatisation cessa. Les voyants s’éteignirent.
J’ouvris la portière de la voiture et me retrouvai dans l’air lourd et chaud du parking. Bien que le soir approchait, le soleil ne se décidait pas à diminuer le torrent de chaleur qu’il nous envoyait depuis le ciel.
En mettant une main en visière sur mon front, je lançai un regard vers le complexe de bâtiments qui constituait une partie de l’aéroport. Presque à perte de vue, des tonnes de béton, d’acier, de verre, se dressaient en une architecture orgueilleuse et carrée. Et tout autour, dans un défilé de couleurs métallisées et de bruit, des voitures allaient et venaient, avalant ou recrachant des hommes, des femmes et des enfants.
Au loin, je vis un avion s’envoler vers les cieux dans un grondement évanescent. Avec une admiration infantile non feinte, je le suivis du regard quelques secondes. C’était comme un oiseau de fer, aux ailes immobiles et au vol différemment gracieux.
Soudain, un corps se pressa contre moi, dans mon dos, et des bras s’enroulèrent autour de ma taille.
- On va bientôt partir. Tu te rends compte ?
Océane avait presque murmuré ces paroles, sur le ton de la confidence. J’y décelai comme un soupçon d’excitation et d’impatience.
Avec un sourire, je posai mes mains sur les siennes et lui répondis :
- Oui. Bientôt.
Elle me sourit à son tour, et ses lèvres effleurèrent ma joue dans un baiser fugace.
- Allez, les amoureux, il faut y aller ! lança mon petit frère Jean, une valise à la main.
- Dépêchez-vous, nous allons être en retard ! renchérit Maman en extrayant son vanity-case du coffre de la voiture.
Nous obéîmes et prîmes nos valises respectives. Celle d’Océane était tellement bombée qu’elle semblait sur le point d’exploser. Son contenu restait pour moi un mystère, car je n’arrivais pas à comprendre qu’elle eût besoin d’autant d’affaires.
- C’est moi qui me demande comment toi tu fais pour parvenir à tout faire rentrer dans ta valise ! m’avait-elle répondu quand je lui avais fait la remarque.
J’avais simplement souri, sans chercher à discuter plus longtemps.
Nous nous dirigeâmes vers une des multiples portes d’entrée de l’aéroport. Je suivis tranquillement le mouvement, traînant ma valise à roulettes à bout de bras. De temps à autre, je jetais un coup d’œil aux voitures garées. Il y avait beaucoup de BMW, de Mercedes, d’Audi, de grosses Peugeot, et j’aperçus même une Jaguar. Paris, la capitale, n’était pas bien loin, et cela se voyait.
Nous pénétrâmes dans un hall. Un courant d’air frais et agréable glissa sur nous sitôt que nous traversâmes la porte coulissante d’entrée, et maintenait une température confortable à l’intérieur du bâtiment.
Je croisai sur mon chemin plusieurs hommes d’affaires, enveloppé dans leur costume de travail. Quand l’un d’eux passait assez près de moi, je pouvais sentir les fragrances du parfum onéreux qui imbibait sa chemise. Leurs chaussures, le plus souvent noires, brillaient sous la lumière cependant qu’ils marchaient à vive allure.
Nous fîmes ensuite enregistrer nos bagages, puis nous patientâmes ce qui me parut de longues heures. Assis sur un des nombreux bancs qui jonchaient le hall où nous étions, je laissai errer mon regard sur les gens, sur l’environnement artificiel, sur les mouvements qui agitaient l’aéroport. Je tentais de deviner les pensées des passants. A quoi pouvaient-ils bien songer ? Où allaient-ils, si vite ? Etaient-ils heureux ?
A côté de moi, Jean jouait avec sa console de poche. Je l’entendais pousser des jurons de temps à autre, furieux d’avoir perdu une partie. Plus loin, Maman et Papa tuaient le temps en feuilletant des magazines achetés dans une librairie. Je reconnus les couvertures de journaux à scandales, tapissées de photos compromettantes de quelque star hollywoodienne. Quant à Océane, elle reposait sa tête contre mon épaule.
Mon regard s’attarda ensuite sur un couple d’adultes – une femme et un homme –, installés quelques bancs plus avant. La femme portait une multitude de bijoux à ses doigts, un énorme collier de perles blanches autour du cou, et des lunettes Dior sur le nez. Ses cheveux étaient parfaitement arrangés. Elle avait du aller chez le coiffeur, il y a peu. Elle discutait avec animation avec l’homme à côté d’elle, qui semblait être son mari. Lui était vêtu d’une chemise Lacoste. Derrière les rayures de cette dernière se dessinait un ventre proéminent, gonflé comme un ballon flasque et disgracieux. Je ne sus pourquoi, mais je l’imaginais à ce moment en train de manger de délicieux repas dans un grand restaurant chic de Paris. Je me trompais peut-être.
Enfin, après une longue attente, l’appel d’embarquement pour Antananarivo se fit entendre. Papa et Maman s’étirèrent et rassemblèrent leurs affaires – sacs, magazines, sucreries, boissons. Doucement, je caressai la joue d’Océane pour la réveiller. Elle ouvrit un œil un peu vitreux. Voyant que mes parents se préparaient, elle demanda :
- On y va ?
Mon frère Jean lui répondit à l’affirmative.
- Et c’est pas trop tôt, ajouta-t-il avec un bâillement sincère.
Nous quittâmes nos sièges et filâmes vers le hall d’embarquement. Après avoir passé les contrôles, nous entrâmes dans la salle d’attente. Une demi-heure plus tard, nous montions à l’intérieur du Boeing qui allait nous porter vers notre destination.
Le décollage ne tarda pas. Confortablement installé dans mon fauteuil, je regardai avec Océane le paysage se mouvoir derrière le hublot et rétrécir au fur et à mesure que nous nous élevions. La nuit commençait à étendre ses bleus et ses noirs dans le ciel. En bas, loin en bas, étincelaient les mille lumières des villes. Rapidement, elles furent masquées par la mer cotonneuse, irréelle et nacrée des nuages.
Océane et Jean étaient émerveillés par le spectacle.
- Dommage qu’on ne voit pas les étoiles, commenta Océane en scrutant le ciel d’encre.
- Tu es sûre ? dis-je. Pourtant, je vois leur reflet dans tes yeux.
- Idiot !
Elle rit, et je ris avec elle.
Après le dîner servi par les hôtesses de l’air, je glissai lentement dans les affres du sommeil. L’avion était bruyant, mais j’étais trop fatigué pour m’en soucier ; et, sans m’en rendre compte, je m’endormis profondément.

- André ! Hé, André !
Une main me secoua l’épaule. Lentement, j’émergeai du pays des rêves et ouvris les yeux.
- Nous sommes arrivés ! Nous sommes à Madagascar !
Océane, avec un sourire ravi, me tendit mon sac à dos et mon manteau. D’un geste un peu ralenti, je les saisis et les posai sur mes genoux.
- Déjà ? dis-je en m’étirant.
- Oui ! Allez viens, tout le monde descend.
Effectivement, les passagers disparaissaient par les portes latérales et vidaient peu à peu le Boeing.
L’esprit encore embrumé par le sommeil, je me levai et emboîtai le pas d’Océane.
- Couvre-toi bien, me dit-elle, il fait très froid.
- D’accord.
En effet, à peine me fus-je trouvé au dehors de l’appareil que je frissonnai sous un vent presque glacé. Il faisait encore nuit.
Nous rejoignîmes Papa, Maman et Jean qui nous attendaient. Nous récupérâmes nos bagages, traversâmes la douane. N’étant pas bien réveillé, je fonctionnais mécaniquement, sans me rendre vraiment compte de ce que je faisais, sans trop avoir conscience de l’endroit où j’étais. J’avais simplement remarqué la couleur café de la peau des Malgaches présents.
Puis nous quittâmes l’aéroport. Et là, le monde bascula.

Où suis-je ?
Je ne comprends rien. Les événements s’enchaînent, me fouettent, flagellent violemment mon esprit.
A peine sortis de l’aéroport, nous voilà entourés par une horde de pauvres Malgaches. Des hommes, qui se bousculent pour nous aider à pousser notre chariot, qui nous tendent la main, qui nous demandent une pièce pour service rendu. L’un d’eux n’a plus de nez. Un autre est borgne.
Avec gêne, Papa verse quelques pièces.
Nous traversons le parking, toujours poursuivi par le groupe de mendiants. Sur le chemin, je vois les voitures. Il y a des deux chevaux, des vieilles Peugeot 405, des modèles Renault que je n’avais jamais vus auparavant, toutes usagées à outrance
Nous trouvons un taxi. C’est un minibus. Les sièges sont miteux, la mousse sort de toute part de derrière le tissu. Nous grimpons à l’intérieur. L’odeur d’essence me fait tourner la tête. Mes parents négocient un prix avec le chauffeur tandis que nous prenons place.
Puis nous démarrons. Dans un vrombissement, le minibus se met en route. J’ai l’impression de mal entendre, mais je me rends compte tout simplement que personne ne parle.
Derrière la vitre du taxi, le décor défile. La réalité frappe. Je n’en reviens pas. Malgré la fatigue assommante du voyage, je ne parviens à détacher mes yeux du paysage qui m’avale, me dévore, me ronge. Les images défilent, s’impriment sur ma rétine.
Chacun le remarque, chacun le ressent : c’est pauvre, c’est sale, et ça vous prend aux tripes. Les maisons délabrées, la pollution, les gens, tout n’est qu’un film trop vrai et douloureux.
De temps en temps, sur la façade d’un mur fissuré, apparaît l’empreinte américaine, omniprésente, même jusque dans ce pays : Coca-cola. Il n’y a pas qu’elle : je vois ici un OMO, là un Total, ou là encore un Orange.
Et tout autour, avec un infini contraste, les gens. Les gens pauvres, pieds nus, vêtus de haillons. Les uns transportent d’énormes paniers sur la tête, les autres vendent je ne sais quelles marchandises ; d’autres encore semblent errer. Certains sont habillés décemment, mais ils sont peu nombreux.
Il n’est que 5h30 du matin, pourtant tout Madagascar me semble réveillée.
Soudain, près de moi, j’entends un sanglot. Je me tourne vers Océane, et je constate que des larmes roulent sur ses joues.
Comme je la comprends. Moi-même, je sens ma gorge nouée par l’envie de pleurer.
Avec tendresse, je prends sa main dans la mienne et la serre fort. Elle me regarde, esquisse un sourire.
- Tu as vu comme c’est triste ? me murmure-t-elle.
J’acquiesce silencieusement, incapable de parler. Les mots m’apparaissent dérisoires pour m’exprimer.
Puis je me retourne vers la vitre, étrangement avide de ces images qui me choquent. Ca me fait mal. Mais je veux voir.
Je veux voir.
Nous quittons bientôt la capitale Antananarivo, et nous entrons dans la campagne, après un bref passage dans la banlieue où les bidonvilles m’ont donné envie de vomir.
Je me demande : suis-je bien sur Terre ? Suis-je bien sur la même planète que ces gens-là ? N’y a-t-il pas eu, tandis que je me trouvais à bord de l’avion, une faille dimensionnelle qui nous a déviés de notre monde et nous a emportés ici comme un fétu de paille ?
Après d’incroyables minutes, nous arrivons chez ma grand-mère, Malgache elle aussi. Elle habite près d’un petit village perdu, et vit dans une jolie maison, en bon état – ceci est très relatif, bien entendu. Il y a une petite cour, des plantes exotiques. C’est agréable. Il n’y a cependant ni eau courante, ni électricité. L’éclairage se fait à la bougie, et l’eau est puisée à la source, à quelques kilomètres d’ici.
Et j’oublie – car j’ai envie d’oublier – la misère qui m’a tapée dans le cœur un peu avant. Je décharge le taxi avec Papa et Jean. Le fait de m’occuper m’évite de penser.
Je me rends compte que mes chevilles me grattent. Je soulève mon pantalon, pour apercevoir des rougeurs au-dessus de mes chaussettes. Je comprends que des puces m’ont piqué. Les démangeaisons me font grimacer, mais je ne me plains pas. Je n’ai pas le droit de me plaindre pour ça. Pas ici.
Avec Océane, nous nous installons dans une chambre. Nous fermons la porte pour avoir un peu d’intimité, et, trop éprouvés, nous nous affalons de suite sur le lit.
Je la prends dans mes bras. La sentir près de moi me réchauffe.
- Dis-moi quelque chose, chuchote-t-elle.
Je réfléchis. Avec difficulté, je parviens à dire bêtement :
- Nous y sommes enfin.
- C’est vrai. Je regrette presque.
- Non, il ne faut pas. C’est mieux de savoir vraiment.
- C’est pire encore qu’à la télé.
- Je suis d’accord. Voir toute cette pauvreté de mes propres yeux…
- Tu as vu ces gens, dans la rue ?
- Oui.
- Tu as vu leur regard ?
- Bien sûr.
- Il est dévoré par la curiosité, par l’envie. J’ai vu des enfants qui jouaient avec des bâtons sur le trottoir. En nous apercevant, ils se sont arrêtés de jouer, et ils nous ont regardé comme si nous étions des... Des dieux, ou des rois venus d'ailleurs, je ne sais pas. C’était horrible.
- Je sais. Je crois qu’au final, c’est ça le pire.
- Oui…
Elle se blottit contre moi. J’enfouis ma tête dans ses cheveux. Puis je me donne à elle. Etrangement, dans cet autre monde, nous trouvons que faire l’amour est plus merveilleux encore. Comme si le bonheur que nous ressentions avait plus de prix, plus de saveur, au milieu de tant de tristesse et de misère.
Un instant, je quitte la Terre avec Océane, et nous nous envolons vers notre univers à nous, loin de tout tracas, loin de toute réalité... Loin du nouveau monde dans lequel nous avions atteri.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:47

Texte 3


Par-delà le temps, par-delà les mondes…

Lui. Il était encore là. Pour la septième nuit consécutive. Wendy sentit son sang se glacer dans ses veines, la respiration coupée, les yeux agrandis d’effroi. Elle était derrière sa fenêtre, tétanisée de peur et transie par le froid. La nuit était étrangement bleutée, et un brouillard givrant venait sournoisement s’envelopper autour des troncs, comme une main spectrale caressant l’écorce des arbres du jardin. Une pleine lune était épinglée parmi les étoiles, éclats de diamants désespérément accrochés aux ténèbres de l’empyrée, comme si un peintre avait jeté une poignée de paillettes brillantes. Wendy avait seize ans depuis sept jours. Et depuis sept nuits, l’homme à la cape noire semblait l’attendre. Ses yeux étincelaient dans la nuit, le vent jouait dans les pans de son vêtement et ses cheveux argentés dansaient derrière lui. Les mains jointes sur le pommeau d’une canne blanche, il était coiffé d’un chapeau haut de forme et se tenait droit, les jambes légèrement écartées. Une attitude digne, presque noble, et un visage totalement impassible. Il était aussi blafard que la lune et sa silhouette svelte se découpait en contrebas, à quelques mètres de la fenêtre de Wendy, située à l’étage de la maison de ses parents. La jeune fille était terrifiée par cet inconnu silencieux, qui apparaissait chaque soir dans son jardin, à la fois si près d’elle et si lointain, comme sorti d’un songe qu’elle n’avait pourtant jamais fait.

Mais ce soir-là, quelque chose était différent. Wendy le sentait au plus profond d’elle-même, sans qu’elle puisse l’expliquer. En chemise de nuit, les cheveux détachés, elle tremblait de tous ses membres, la main pressée contre la vitre froide. L’homme la regardait. Il la voyait malgré la pénombre. Et Wendy le voyait elle aussi. Qu’attendait-il ? Que voulait- il ? Pourquoi était-il là ? La jeune fille tournait et retournait les questions dans son esprit mais à chaque fois, la réflexion la livrait à l’impasse et elle se heurtait à l’ignorance. Cette nuit, si bleue et si mystérieuse, quelque chose allait changer. Wendy le sut dès qu’elle vit arriver l’homme à la cape noire. Les premières nuits, elle avait cru rêver. Puis la peur l’avait poussée à réveiller ses parents pour leur montrer cet individu terriblement inquiétant, mais bien naturellement, il disparaissait au bon moment. Pendant un temps, Wendy se demanda si elle ne devenait pas folle. Peut-être était-ce une hallucination. Peut-être son esprit souffrait-il d’un quelconque mal ? Non. Impossible. Wendy était saine d’esprit et comptait bien le prouver. Malgré sa terreur omniprésente, elle avait décidé de descendre et de rencontrer l’homme à la cape noire. Elle avait résolu de lui adresser la parole afin de découvrir qui il était et ce qu’il voulait. Et ce jour était arrivé.

Wendy eut un frisson d’angoisse et, tremblante comme une feuille, s’habilla lentement. Elle enfila un jean, un tee-shirt, un pull-over bien chaud et son manteau. Elle sauta dans ses chaussures et jeta un œil au réveil : 0h45. Déjà trois quarts d’heure qu’elle attendait à sa fenêtre, le regard vissé sur l’inconnu, dans l’attente de trouver le courage de l’aborder. Il était si… étrange. Effrayant. Entre deux âges, silencieux et intriguant, qui n’aurait pas eu peur de le voir apparaître ainsi, nuit après nuit, sous la fenêtre ? Wendy descendit en silence les escaliers. Elle s’immobilisait dès qu’une marche craquait sous son poids, le cœur battant la chamade, les muscles tendus et la respiration courte. Rien. Aucun bruit ne venait perturber le silence nocturne. La jeune fille reprit sa progression et se glissa dans le salon. Elle passa par la cuisine, déverrouilla la porte et sortit. Elle eut un soupir de soulagement une fois dehors, mais très vite, l’angoisse reprit le dessus. Elle se tourna alors vers l’homme à la cape noire. Dieu du ciel… Il était toujours là et il semblait l’attendre plus que jamais. Ils restèrent tous les deux face à face, séparés par quelques mètres, immobiles. Wendy se demanda si elle n’était pas aux prises avec un rêve. Un cauchemar à dire vrai. Horrible mais tellement réaliste. Trop réaliste pour n’être qu’un songe. Alors la jeune fille se rapprocha prudemment. A chaque pas, elle craignait que ses jambes ne la trahissent soudainement et qu’elle ne s’effondre mais le courage lui revint petit à petit et forte de sa détermination, elle continua. Très vite, elle put apercevoir le sourire qui se dessina lentement sur les lèvres fines et grisâtres de l’inconnu. Elle vit ses dents mal alignées, étudia les traits anguleux de son visage blême et soudain, elle tomba dans ses yeux.

Ses yeux… Tout d’abord, elle crut qu’ils étaient simplement un peu plus brillants que des yeux normaux. Puis à y regarder de plus près, elle les trouva lumineux. Très lumineux. Soudain, ce fut comme si elle était hypnotisée. Pas à pas, elle se rapprocha encore et se sentit basculer dans un univers qui lui était inconnu. Les prunelles la fixaient intensément. On y voyait comme une étrange galaxie, tournoyant lentement sur elle-même. Des éclats de couleurs éclatèrent dans les ténèbres de la pupille, qui se dilata lentement, libérant des forces à peine perceptibles, mais pourtant réelles. Mouvements et immobilité entrèrent en conflit, la lumière et les ténèbres s’opposèrent alternativement et dans le silence de ce regard extraordinaire, la naissance d’un bruit vague. Puis Wendy eut une étrange pensée : la genèse d’un monde… Non… C’était inconcevable. La panique commença à s’emparer d’elle mais elle ne pouvait plus bouger. Figée, les membres crispés, elle aurait voulu regarder ailleurs, s’enfuir, se cacher, mais rien à faire. Brusquement, l’homme décroisa ses mains et tendit les bras de part et d’autre de son corps, sa canne à gauche. Wendy eut terriblement envie de reculer mais il était trop tard. Elle était piégée, emprisonnée dans un voyage à l’issue incertaine.

Seigneur… Mais qui est-il ? songea Wendy.

Et la réponse ne se fit pas attendre.

Je suis le Rôdeur… Ceux qui croisent ma route se voient offrir une alternative unique pour changer la fatalité de leur destin. Tout… N’est qu’une question de choix…

La voix avait retenti dans l’esprit de Wendy, grave et calme, empreinte d’une sagesse millénaire qui ne trompait personne. C’était si surréaliste et si inattendu que la jeune fille eut un hoquet de surprise. Elle essaya de fermer les yeux pour échapper à l’emprise démoniaque de l’homme, mais n’y parvint pas. Alors elle plongea inexorablement dans le regard incroyable du Rôdeur. Le monde se mit à tourner autour d’elle. Les couleurs s’évanouirent, abandonnant la place aux ténèbres du Néant, et le froid s’intensifia autour de la jeune fille. Il lui sembla perdre connaissance, bien qu’elle eût toujours les yeux grands ouverts. Que lui arrivait-il ? Wendy bascula et dans une chute sans fin, sa vitesse s’accentua. Elle cria. Un hurlement interminable, dans lequel se mêlaient peur et incompréhension. Où était-elle ? Ou plutôt, où allait-elle ? Le voyage dura, les cris s’estompèrent. Les couleurs peignirent peu à peu l’ombre environnante et le froid fut chassé par une douce chaleur. Wendy avait les yeux clos mais elle se sentait immobile et surtout, elle se sentait allongée quelque part. Quand elle se réveilla tout à fait, le soleil inondait la place.

Quelle place ?

Question intéressante. La jeune fille se redressa vivement, le cœur battant. Elle regarda autour d’elle et la première créature qu’elle vit fut… un Centaure ? Bouche bée, Wendy le contempla sans un mot, se demandant dans quel rêve stupide elle avait atterri. Elle se mit debout, prudente dans chacun de ses mouvements, et aperçut des plaines à perte de vue et quelques forêts verdoyantes. L’obscurité sous les frondaisons n’avait rien de rassurant. Du moins sur le moment. Toutefois, quelque chose attira l’attention de la jeune fille. De éclats de lumière à hauteur d’un visage glacial, au teint cendreux. Le Rôdeur était toujours là. Il avait une houppelande noire sur le dos à la place de sa cape. Il avait troqué sa canne contre un bâton, et son chapeau haut-de-forme contre un vieux chapeau à plumes. Le Centaure s’éloigna tranquillement, laissant seule la voyageuse perdue. Tout à coup, des cris de guerre retentirent et un fracas épouvantable fit sursauter la jeune fille. Aussitôt, elle fit volte-face et aperçut des chevaux lancés au grand galop. Des cavaliers se dressaient fièrement sur leurs montures, brandissant les armes en hurlant comme des damnés. Wendy sentit ses cheveux se dresser sur sa tête, terrifiée. Avant de se faire broyer sous les sabots effrénés ou de prendre un coup de lame, volontaire ou non, elle s’élança en avant et courut aussi vite qu’elle le put pour plonger dans l’ombre rassurante des arbres tout proches. Cachée derrière un tronc, elle observa le défilé d’une horde de guerriers filant Dieu sait où. Sans doute partaient-ils en campagne, ou en revenaient-ils. Un instant plus tard, des grondements gutturaux s’élevèrent du côté des plaines où se dirigeaient les chevaliers. Puis ce fut un vacarme sans nom. Les hennissements des chevaux mêlés aux hurlements de colère, le choc des lames les unes contre les autres, le sifflement des flèches fendant l’air et le fracas des boucliers qui volaient en éclats pour certains. En somme, un chaos indescriptible. Wendy n’en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Lentement, elle se tourna vers le Rôdeur. Il se tenait immobile à quelques pas d’elle, avec la même expression impassible fichée sur son visage pâle. Pendant un moment, rien ne se passa, pas un mot ne fut échangé. Les questions affluaient dangereusement à l’esprit de la jeune fille, mais elle n’avait pas besoin de les poser pour être perçues ou devinées par le Rôdeur. Alors ses lèvres remuèrent et sa voix rauque se fit entendre :

— Tu es ici à Exilia, un monde situé entre deux dimensions et qui représente la terre d’exil pour bien des gens… L’Empire d’Exilia est gouverné par la toute puissante Liche Agaolma, dont les armées sont constituées d’êtres proches des humains. On les nomme les Orogaliens. Autour d’Exilia, neuf cent quatre-vingt dix-neuf îles de tailles différentes et à la géographie aléatoire. Depuis l’aube des temps, elles sont peuplées par les Fyranos, redoutables créatures assoiffées de sang. Agaolma les combat depuis bien longtemps, mais les Fyranos sont nombreux. Très nombreux. Et leurs compétences de guerriers rendent la guerre difficile et harassante pour l’Empire d’Exilia. Au sud de la terre d’Agaolma, se trouve une cité perdue au milieu des montagnes qui ceinturent la petite province indépendante du nom de Varadyl.

— Pourquoi vous me racontez tout ça ? s’inquiéta Wendy qui n’arrivait pas à réaliser ce qui lui arrivait.

— Parce que si tu veux rentrer chez toi, tu vas devoir entreprendre un long voyage à travers l’Empire d’Exilia pour trouver la Faille.

— La Faille ?

— Un portail à sens unique qui te ramènera dans ton monde, expliqua le Rôdeur avec un calme agaçant.

— Mais… Pourquoi vous m’avez enlevée ? Pourquoi vous m’avez amenée ici ? cracha la jeune fille, furieuse et affolée.

— As-tu oublié que c’est toi qui es venue à moi ? T’ai-je obligée à plonger dans mes yeux ?

Wendy ne trouva rien à répliquer. Il avait raison.

— Vous êtes quoi au juste ? murmura-t-elle.

— Je suis le Rôdeur. Ce pouvoir qui est le mien me permet de voyager entre les mondes de cet univers, d’une dimension à l’autre, de visiter les époques et parfois, lorsque ma route croise celle d’un condamné, je lui offre l’opportunité de contrer la fatalité de son destin.

— Je ne comprends rien, grommela Wendy. Je veux rentrer chez moi. Il y a la boom du lycée dans deux jours et je ne tiens pas à la louper.

— Si tu es certaine de ton choix, il ne te reste plus qu’à partir à la recherche de la Faille. Le temps, ici et là-bas, n’a pas la même incidence. Pars et trouve la Faille. Ton voyage sur les terres d’Agaolma t’apporta peut-être les leçons qui te manquent pour affronter les épreuves de la vie. Tu feras des rencontres, bonnes et mauvaises, tu seras soumise à un danger perpétuel mais il ne tient qu’à toi d’éviter les obstacles qui se poseront sur ton chemin. Ne t’attache pas au passé et vis le moment présent, sans penser au lendemain. Ce sera le meilleur moyen de survivre.

— Pourquoi vous n’utilisez pas votre super pouvoir pour me ramener chez moi ? s’écria Wendy, à bout de nerf.

— Parce que le voyage vers Exilia serait vain. Personne n’aime faire des choses inutiles, moi plus que les autres.

Soudain, Wendy remarqua que le Rôdeur commençait à disparaître. Paniquée, elle tendit les bras devant elle, comme pour l’attraper, mais ses mains lui passèrent au travers, se refermant uniquement sur du vide.

— Hé ! Ne me laissez pas toute seule ici !

— La solitude est une simple question de choix…

— Hein ? Non, attendez !

Mais il était trop tard. Le Rôdeur avait disparu. Volatilisé sous ses yeux. Dément. Wendy se retrouva seule dans cette sombre forêt, livrée à elle-même, tremblante et plein d’incompréhension. Elle entendait encore l’enfer de la bataille qui se déroulait à quelques centaines de mètres, mais ne souhaitait nullement y assister. C’était un vrai cauchemar. Elle ne savait pas se battre, elle avait un très mauvais sens de l’orientation et aucun courage. Et voilà qu’elle se retrouvait dans l’Empire d’Exilia, afin d’y trouver le portail magique qui la ramènerait chez elle. A moins bien sûr, très improbable mais possible, qu’au fil de ce tortueux voyage, elle n’ait plus envie de quitter les terres d’Agaolma…

Ridicule.

Sans doute, mais c’était une possibilité et le Rôdeur le savait. Tout comme il savait une chose importante que personne ne pouvait prévoir : la Mort. Car Wendy avait un bien funeste destin. Elle ne voulait pas rater sa précieuse fête au lycée mais comment pouvait-elle deviner qu’à sa sortie, en pleine nuit, un homme l’attendrait. Mais cette fois, ce ne serait pas le Rôdeur. Non. Ce serait un individu dangereux, dont la lame effilée ôterait la vie à la jeune fille de seize ans. Pourquoi ? Faut-il une raison pour qu’un être à l’esprit perturbé commette pareille atrocité ? La folie est partout présente, et la Mort la suit de près. Inévitablement, elle frappe au hasard, quel que soit l’âge, garçon ou fille… Mais Wendy Carlton Howard avait croisé la route du Rôdeur, le Voyageurs des Temps et des Mondes, celui dont les yeux abritent la genèse des univers. L’homme à la cape noire qui erre au fil du temps, passé, présent ou futur, pour offrir une alternative unique à ceux qu’il sait condamnés à tort par une fatalité vengeresse. Exilia, la terre d’exil pour les âmes en détresse, pour les âmes torturées… Wendy était de ceux-là et aujourd’hui, son destin reposait entre ses seules mains. Le voyage jusqu’à la Faille serait long et plein de surprise, car nulle Faille, nul portail, n’existait au sein de l’Empire et de ses îles. Mais un trésor plus précieux l’attendait : la vie. A l’issue de son aventure, Wendy n’aurait plus envie de repartir dans son monde. Le Rôdeur le savait et il n’avait pas hésité à la manipuler pour lui faire naturellement accepter une chance de vivre longtemps et de vivre heureuse. Exilia était un monde plus sûr que la Terre. Le Rôdeur en avait l’expérience et il ne regrettait jamais ses décisions, n’était jamais hanté par le doute, lui qui se complaisait à voyager aux quatre coins des mondes et des univers, tous liés entre eux dans ses seuls yeux.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:48

Texte 4



"Je n'aurais jamais dû accepter!! songea Kevin. L'armée ne peut plus rien faire qui puisse me sauver la vie à présent. Mais qu'es-ce qui m'a pris?!"
Seul sur la planète rocheuse, l'Humain attendait. Au loin, on entendait déjà les pas des gardes…

_________________________________________

Bip…Bip…
Le réveil retentit sur la table de nuit du pauvre Kevin MacGlishy qui émergea d'un sommeil chaotique : la soirée de la veille s'était finie tard et il n'avait pu dormir que quatre heures cette nuit.
D'une main lasse, il stoppa la sonnerie et se mit sur son séant en se frottant les yeux. Une longue journée dans son bureau à concevoir des avions pour le géant Boeing l'attendait.
Poussant un long soupir, il commença à se préparer.

Comme d'habitude, une heure plus tard, il quittait son domicile au volant de sa Chrysler noire toute neuve.
Il roulait tranquillement sur la route menant à la périphérie de Seattle quand soudain une Ford noire, arborant visiblement une banalisation officielle de l'armée, déboula à toute allure en face de lui au sortir d'un virage.
La Ford vint percuter violemment son véhicule qui fit une tête à queue et partit dans le fossé.
Complètement sonné, Kevin parvint à se trainer hors de sa voiture et s'écroula sur l'asphalte.
Dans un demi-brouillard, il aperçu une jeune femme, au regard totalement affolé, sortir de la Ford. Un des militaires s'extirpa à son tour du véhicule, il tenait dans la main droite un étrange objet rappela à Kevin un cobra près à frapper.
L'objet émit un rayon bleuté qui rata la femme ; celle-ci asséna au militaire un bon crochet qui l'assomma complètement. Elle s'empara de l'arme du militaire et la pointa sur Kevin.
"Donne tes clefs!" haleta t'elle.
D'un geste tremblant, Kevin sortit ses clefs et les tendit à la jeune femme qui s'en empara en faisant signe à un autre homme en blouson noir, que Kevin n'avait pas remarqué auparavant, de s'installer au volant de sa Chrysler et de conduire.
Juste avant de perdre connaissance, Kevin entre aperçu sa voiture s'éloignait vers la ville.

Lorsqu'il revint à lui, Kevin était allongé sur un lit d'hôpital. Le seul problème résidait dans le fait que la pièce où il se trouvait n'avait absolument rien à voir avec une chambre d'hôpital. Une des infirmières présentes dans la pièce se pencha vers un interphone et appela :
"Général, il est réveillé…"
Quelques instants plus tard, un militaire pénétra dans la pièce, échangea quelques mots avec l'infirmière et s'approcha du lit :
"Alors, comment vous sentez-vous?
Où suis-je? murmura Kevin.
A Cheyenne Montain Complex. Avez-vous des souvenirs de ce qui vous est arrivé?
Des flashs. C'est arrivé si vite…
Avez-vous vu quelque chose d'étrange?
Pourquoi ces questions? répliqua Kevin, un peu plus réveillé. Qui êtes-vous premièrement?
Je suis le Général Landry et je dirige cette base. Vous avez été mêlé à une affaire classé "secret défense".
Et vous essayez d'acheter mon silence?
Pas vraiment. En vérité, nous avons une proposition à vous faire.
Laquelle? demanda Kevin, soupçonneux.
Avant tout, j'aimerais vous montrer quelque chose."

Lorsque Kevin pénétra dans la salle truffé d'ordinateurs, son regard fut immédiatement capté par l'objet de l'autre côté de la baie vitrée : un immense anneau incrusté de symboles étranges sur toute sa circonférence, une rampe d'accès menait à son centre.
"Qu'es-ce que c'est que ce truc?
Je crois qu'à l'extérieur on l'appelle la Porte des Etoiles, Stargate, répondit Landry.
Comme le film?
En réalité, Roland Emmerich n'a absolument rien inventé : il est lui-même venu par cette porte.
Vous essayez de me faire croire que ce truc de science-fiction fonctionne vraiment?
Bien sûr. Walter, faites donc une démonstration à notre amie."
L'opérateur acquiesça et pressa quelques touches sur sa console de contrôle.
Aussitôt, l'anneau se mit à pivoter en prenant sept positions successives et son centre s'illumina en une sorte de tourbillon bleuté qui vint former comme un rideau d'énergie au centre de l'anneau.
Kevin resta bouche bée, les yeux exorbités devant un tel spectacle.
"On y est tellement habitué que l'on en oubli combien ça surprend au départ," fit une voix dans son dos.
L'homme qui avait parlé n'était pas inconnu à Kevin : c'était celui qui avait conduit sa Chrysler après l'accident.
"Je pense qu'il est temps de faire les présentations. Je vous présente le colonel Cameron Mitchell qui dirige la fameuse équipe SG-1.
Alors, tout était vrai ?
Tout, monsieur MacGlishy. A quelques détails près, nous avons gardé quelques secrets, évidemment.
En tout cas, le général Landry et moi-même avons une proposition à vous faire.
Je vous écoute.
Je n'irais pas par quatre chemins, commença Landry. Ce que vous avez vu lors de l'accident vous met dans une position délicate. J'ai catégoriquement refusé de vous séquestrer dans la base, alors nous vous proposons de travailler pour nous.
C'est à dire ?
Nous rencontrons de nombreuses technologies lors de nos explorations que nous ne pouvons étudier faute de techniciens sur place avec nos équipes. On nous a vanté vos qualités en électronique et en informatique. Nous vous offrons une place au sein de SG-1. Es-ce que cela vous tente?
Et vous n'avez personne dans l'armée capable d'assumer ce rôle? s'étonna Kevin. En quoi, un banal ingénieur en aéronautique peut vous être plus utile que vos ingénieurs militaires?
Disons que les scientifiques avec des connaissances fraiches sont plus intéressant.
Alors, demanda Landry, quelle est votre réponse?"
Kevin regarda la Porte des Etoiles de l'autre côté de la baie vitrée. Après tout, pourquoi pas?
"J'accepte, dit-il simplement.
Heureux de l'entendre, fit Landry.
Bienvenue au SG-1, monsieur MacGlishy, ajouta Mitchell.
Maintenant que je fais partie de l'équipe, je crois que vous pouvez m'appeler Kevin."
Mitchell lui fit un clin d'œil en retour.

Durant les jours qui suivirent, Kevin fit la connaissance du reste de l'équipe SG-1 : le guerrier Jaffa Teel'c, le colonel Samantha Carter, le professeur Daniel Jackson et l'ex-Goa'uld Vala.
Il mit à profit ces quelques jours pour s'imprégner des différents systèmes et technologies rencontrés au cours des missions du SG-C au cours des dix années d'exploration galactique.
Evidemment, le membre de SG-1 avec le quel il s'entendit tout de suite à merveille fut le colonel Carter aussi porté sur les technologies que son homologue civil.
Enfin, arriva le jour que Kevin attendait : sa première exploration galactique.
Le général Landry réunit l'équipe dans la salle de briefing où prirent place les six membres de SG-1.
"Les habitants de la planète P4X673 nous ont averti qu'une prêcheur Orii était venu leur rendre visite il y a deux jours. Il leur a déballé le discours habituel et leur a donner six jours de réflexion pour se soumettre.
Les Oriis? demanda Kevin à l'oreille de Mitchell.
Oui, répondit celui-ci. Des vilains qui cherche à soumettre toute la galaxie au culte d'Origine.
Vous vous y habituerez vite, Kevin, ajouta Teel'c d'une voix monocorde. Cette planète a frôlé trois fois l'apocalypse au cours des dix dernières années.
J'apprécie surtout le calme avec lequel vous prenez ça, Teel'c, renchérit Kevin. Si j'ai bien compris le dossier que j'ai lu sur eux, les Oriis tuent tous ceux qui leur résistent ou refusent de se convertir, non?
Exact, répondit le Jaffa. Mon monde en a fais les frais.
P4X673 n'a rien à voir avec Dakara, reprit Landry. Elle est plus verdoyante et moins désolé que la planète-mère du peuple Jaffa. Le prêcheur a clairement décris, sans nommer le monde, la destruction de Dakara par la flotte des Oriis et a menacé les habitants de la planète de telles horreurs sur leur monde si ils ne se soumettaient pas.
Etant donné qu'ils ont fais appel à nous, intervint Mitchell, je suppose que la réponse est non.
Exact et c'est là que vous intervenez : SG-8 et SG-9 se rendront sur la planète pour aider les habitants à défendre leur monde. Pendant ce temps, je veux que SG-1 se rende sur une des planète du système où l'armée Orii a établi un camps de base en prévision de l'attaque sur la planète.
On doit y voler quelque chose?! demanda Vala.
Avouez que ça vous ferez plaisir, ironisa Jackson.
La nature des "trésors" que vous aurez à y dérober est un peu particulier : il semblerait que l'Oriichi est réussi à mettre la main sur un indice supplémentaire menant à l'arme anti-Oriis.
Et à quoi il ressemble cet "indice"? demanda Jackson.
Aucune idée, ce sont nos alliés de la Toriis qui nous ont fait passer l'information, répondit Mitchell.
Exact, répondit Landry. Vous allez là-bas, vous récupérez cet indice et vous rentrez à la base. En cas d'impossibilité de récupérer l'objet, vous le détruisez. Il ne faut en aucun cas que nos adversaires puissent suivre la piste du Saint-Graal.
On parle d'envahisseurs extraterrestres ou de romans de chevalerie? demanda Kevin. Parce que là, je m'y perds un peu.
La plupart de nos légendes et de nos mythes sont basés sur des événements réels dirigés par des intelligences venant d'autres mondes, expliqua Carter.
Sam, vous finirez de lui expliquer tout cela en chemin, pressa Mitchell. Les Oriis ne nous attendrons pas indéfiniment."
Quelques minutes, SG-1 était dans la salle de la Porte et attendait l'activation du passage. La procédure d'activation venait juste de s'achever, le rideau d'énergie plongé à présent la salle dans une atmosphère surnaturelle.
"Vous avez déjà tenu une arme, Kevin? demanda Mitchell.
Seulement durant mes classes.
Alors c'est le moment de nous montrer ce que vous en avez gardé, répliqua Mitchell en lui tendant une arme étrange. C'est notre arme de poing au SGC, elle a un chargeur deux fois plus fourni qu'une arme automatique normale. Enclenchez, visez, tirez. Il n'y a rien de plus simple.
Si vous le dites."
Sur un geste de Mitchell, l'équipe se mit en route et franchit la Porte.
Kevin ne ressentit aucun effet d'accélération ou de mouvement, il assistait comme dans un rêve au défilement des étoiles et des planètes. Lorsqu'il émergea de l'autre côté, il retrouva soudain la notion de gravité et il s'écroula sur le sol partagé entre l'envie de dormir et celle de vomir.

La planète où ils étaient arrivés était très rocheuse et peu accueillante.
"Et bien, fit Jackson... Au moins le lieu est à l'image de ceux qui l'occupent.
Où se situe le camp des Oriis? demanda Carter.
Plus loin en contrebas, il doit y avoir une plaine où les vaisseaux doivent être rassemblés, renseigna Mitchell. Tout le monde est prêt? On y va."
La marche ne fut pas longue, au bout de quelques minutes, l'équipe était en vue de la flotte Orii posait dans la plaine. Il se cachèrent à quelques centaines de mètres des vaisseaux derrière un agglomérat de rochers.
"Le vaisseau-amiral est celui à droite, indiqua Mitchell. Voilà comment on va faire : Teel'c, Sam et Kevin vous partez devant ; Kevin, vous nous ouvrez la porte de ce monstre pendant que les autres, vous le couvrez. Une fois à l'intérieur, Vala, Teel'c et Kevin vous allez dénicher l'objet qu'on est venu chercher, pendant ce temps on surveille. Compris?"
Teel'c sortit suivit de Carter et de Kevin, les trois se faufilèrent entre les rochers jusqu'à la paroi du vaisseau. Kevin sortit son portable, se raccorda à l'interface de commande et commença à pénétrer le système.
"Alors? demanda Carter.
J'ai déjà vu des systèmes informatiques sur Terre plus facile à cracker. Donnez moi une minute et on sera tous en sécurité à l'intérieur.
Si je puis me permettre, intervint Teel'c, je ne partage pas votre définition du mot "sécurité".
C'était juste une image, Teel'c," répliqua Kevin.
Comme promis, après quelques manipulations, le sas d'entrée du vaisseau s'ouvrit et l'équipe pu pénétrer dans un long couloir éclairé depuis le pied des murs.
Teel'c, Vala et Kevin se séparèrent du groupe et commencèrent à progresser prudemment dans les entrailles du vaisseau à la recherche de la salle centrale. A plusieurs reprises, ils durent se plaquer en vitesse contre un mur pour échapper au regard scrutateur des patrouilles.
Enfin, il atteignirent ce qu'ils cherchaient : la double-porte qui donnait sur la salle centrale du vaisseau.
"Vous pensez qu'il y a quelqu'un? demanda Vala.
En tout cas, je n'entends rien à l'intérieur, dit Teel'c en plaquant une oreille contre la porte.
Kevin, vous seriez mignon si vous pouviez débloquer cette porte en vitesse afin qu'on puisse quitter ce vaisseau le plus vite possible."
Kevin venait à peine de raccorder son portable et d'enclencher la procédure que la porte s'ouvrit devant les trois compagnons surpris.
"Je dois admettre que je suis impressionner, dit Teel'c.
Ce n'était pas moi, fit Kevin.
Ha oui? répliqua Vala. Et bien, le résultat est là : la porte est ouverte. Arrêtons de polémiquer et récupérons ce que nous sommes venus chercher."
Les trois explorateurs venait à peine de faire quelques pas dans le pièce que la porte se referma brutalement dans leur dos et toutes les lumières de la salle s'allumèrent ensemble pour révéler une jeune fille qui semblait les attendre.
"Bonjour, mère, fit celle-ci.
Ma chérie, répondit Vala crispée, quel bonheur de te revoir…
Laissez moi deviner, dit Kevin. C'est l'Oriichi?
Exact, répondit Vala, et c'est ma fille.
J'avais compris.
Vous êtes venu chercher ma découverte, pas vrai? demanda l'Oriichi en brandissant une petite boite qui ressemblait à un hologramme. Vous espériez vraiment réussi votre mission?
L'essai ne coute rien, répliqua Teel'c.
Excepté vos vies…
Que de toute manière, nous aurions perdu lorsque vous auriez envahi la Terre.
Tout réside dans votre acceptation d'Origine dans vos cœurs.
Cependant, vous nous excuserez, mais on a une mission à remplir," lança Kevin en s'avançant.
Aussitôt, l'Oriichi tendit la main et étrangla Kevin. Celui-ci tomba à genou, impuissant.
Voyant que la situation dégénéré. Teel'c et Vala se saisir chacun d'une grenade qu'ils lancèrent en direction de la femme.
L'explosion suffit à relâcher son emprise sur sa proie que les deux s'empressèrent de récupérer. Tout en battant en retraite, Vala saisi son arme et cribla la petite boite de plusieurs rafales qui la firent exploser.
La retraite fut moins facile que l'aller : les gardes alertaient par l'explosion et les coups de feu accouraient pour arrêter les infidèles.
Enfin, les trois compagnons atteignirent l'entrée.
"Que s'est-il passé? demanda Mitchell.
Trop long à expliquer! répondit Vala. Mais on ferait mieux de déguerpir en vitesse."
L'équipe couru à perdre haleine jusqu'à la Porte des Etoiles que Vala activa.
Chacun l'ayant franchit, il ne restait plus que Carter et Kevin.
"Passez devant, hurla Kevin, je vous suis."
Carter acquiesça et couru jusqu'à la Porte qu'elle franchit à son tour.
Dire qu'elle m'a cru, songea Kevin en souriant. Il fixa l'interface de commande de la Porte et lâcha une rafale dessus pour le mettre hors d'usage.
Voilà, il n'y a plus de retour possible. Essayez donc de les suivre à présent.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:49

Suite texte 4


Kevin continua à tirer sur les gardes jusqu'à ce que ses munitions soient épuisées. Il se laissa alors retomber derrière sa pierre, posa la tête contre la roche et contempla le ciel.
"Je n'aurais jamais dû accepter!! songea Kevin. L'armée ne peut plus rien faire qui puisse me sauver la vie à présent. Mais qu'es-ce qui m'a pris?!"
Seul sur la planète rocheuse, l'Humain attendait. Au loin, on entendait déjà les pas des gardes…


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Texte 5
(attention les textes ont changé de numéro)

Ce soir là, elle avait trop bu. Elle le sentait au léger – mais persistant – mal de crâne qui lui battait les tempes tout le long du trajet. La lumière blanche éblouissante des phares des véhicules qu'elle ne cessait de croiser et dans lesquels se reflétait la pluie contribuait aussi grandement à lui engourdir l'esprit.

Joana augmenta la vitesse de ses essuie-glaces et décida de quitter l'autoroute par la sortie suivante. La vieille Cadillac noire s'engagea dans les faubourgs dépeuplés d'une petite ville dont la jeune femme ne prit pas la peine de regarder le nom. Peu après, elle déboucha en rase campagne. A cette heure, la route était déserte. Inconsciemment, la jeune femme appuya sur l'accélérateur et la Cadillac bondit en avant.

Son portable sonna brusquement. Le bruit strident couplé au vibreur lui vrilla les tympans et elle tendit vivement une main pour fouiller la boite à gants.

Evidemment, il n'y était pas. Grognant entre ses dents, elle attrapa son sac à main sur la banquette arrière et partit fébrilement à la recherche du mobile. Avec un cri de triomphe, elle mit enfin la main dessus, au moment où il s'éteignait.

— Saleté, bougonna-t-elle.

Tenant toujours son volant d'une main, la jeune femme regarda l'écran et appuya sur quelques touches pour connaître le nom de son correspondant. Puis elle rappela. Comme Marc tardait à répondre, elle se décida à raccrocher au bout de la cinquième sonnerie.

Quittant la route des yeux un bref instant, elle ne vit pas qu'elle se déportait de plus en plus à gauche, ni le virage en épingle qui se profilait déjà. La première chose qu'elle distingua en relevant la tête fut la masse énorme du camion dont la remorque articulée occupait en grande partie sa voie à la sortie du tournant. Joana appuya de toutes ses forces sur la pédale de frein, mais la chaussée mouillée et glissante l'entraînait toujours plus près du bahut. En désespoir de cause, elle donna un violent coup de volant au dernier moment, juste avant de le percuter.

La Cadillac sortit de la route, bascula dans le fossé du bas-côté, fit quelques tonneaux et finit par s'immobiliser, renversée sur le toit.

Lorsque Joana reprit connaissance, elle aurait bien été en peine de dire où elle avait le plus mal. Tout son corps la faisait souffrir et elle avait l'impression de flotter sur un océan de douleur. Elle entrouvrit les yeux et ne distingua rien d'autre que le ciel plombé au dessus de sa tête et les gouttes de pluie qui continuaient à tomber. Puis elle entendit des voix, entrevit des formes, des lumières bleues tourbillonnantes. On s'affairait autour d'elle. Des mains la soulevèrent et la déposèrent doucement sur ce qu'elle supposa être un brancard, puis on la fit entrer dans un véhicule. Elle perdit de nouveau connaissance.

Ce furent les bips incessants de l'assistant électronique de l'ambulance qui la tirèrent de son inconscience. Etrangement, Joana se sentait beaucoup mieux. Elle n'avait presque plus mal au dos et sa jambe gauche avait cessé de lui faire souffrir le martyr. Sans trop savoir pourquoi, la panique l'envahit. Et lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle en comprit la raison.

La jeune femme pouvait se voir, allongée sur le brancard d'un blanc immaculé, les tuyaux de l'assistance respiratoire parcourant son visage. Un infirmier était à son chevet, surveillant l'intégrité de ses fonctions vitales.

Joana hurla. De surprise, de peur, d'incompréhension, elle n'aurait su le dire exactement. Mais son cri se perdit vite dans le ronflement du moteur, et de toute façon, personne ne l'aurait entendu. Les larmes lui montèrent aux yeux et l'aveuglèrent. Elle leva les mains et s'essuya, tâchant de se calmer. Elle n'était pas morte – sinon la machine l'aurait déjà signalé – mais pourquoi était-elle dans cet état ? Elle essaya de toucher l'infirmier. Peine perdue. Il ne se rendit même pas compte de sa présence.

Le voyage jusqu'à l'hôpital dura près de vingt-cinq minutes, durant lesquelles Joana fit toutes les tentatives auxquelles elle pouvait penser pour faire comprendre qu'elle était là, mais toutes échouèrent. Finalement, quand ils la débarquèrent de l'ambulance, elle n'eut pas la force de les suivre et se contenta de regarder les brancardiers emmener son corps inconscient dans le bâtiment. Elle se sentit aussitôt flotter, comme si elle était le sur le point de s'envoler.

La jeune femme ferma les yeux, les comprimant fortement à l'aide de ses paumes et tâcha de se convaincre pour la énième fois que ce n'était qu'un cauchemar et qu'elle se réveillerait bientôt. Elle n'allait pas mourir, elle ne pouvait pas mourir. Elle n'avait que vingt-trois ans, bon sang !

Lorsque, un moment plus tard, la sensation de dérive s'estompa, elle leva ses poings et jeta un regard alentour. Elle faillit crier de nouveau.

Tout était gris et une sorte de brouillard éthéré couvrait le… paysage ? Joana n'était pas vraiment sûre que l'on puisse appeler cela ainsi. Il y avait un long chemin qui semblait pavé mais duquel s'élevait un constant nuage de poussière et dont elle ne voyait absolument pas la fin. Il s'allongeait à l'infini, en ligne droite, jusqu'à se perdre au bout de l'horizon. En se retournant, elle ne pu pas non plus en distinguer l'origine. Un fin brouillard le surmontait une vingtaine de pas plus loin, empêchant de savoir ce qui s'y trouvait.

Le ciel était uniforme et la terre grise, morne et plate. Pas la moindre aspérité ne rompait la régularité du terrain, pas plus que ne se voyait la moindre pousse. Le silence assourdissant qui régnait avait quelque chose de malsain.

Comme elle était seule, Joana songea à d'abord à appeler pour vérifier si personne ne se trouvait aux alentours, mais la perspective de briser ce silence presque morbide lui fit courir un frisson glacé le long de l'échine. Elle renonça à cette option et avança sur le chemin pavé.

Elle ne savait pas exactement depuis combien de temps elle marchait. Tout ce qu'elle savait, c'était que cela faisait trop longtemps et qu'elle était désespérément isolée et perdue. Si c'était ça l'après vie, possible qu'elle préférait nettement aller en enfer ! Au moins il s'y trouverait du monde pour partager son désarroi…

Puis, soudainement, un scintillement apparu à une cinquantaine de mètres droit devant elle. Un peu à l'écart du chemin, c'était un grand rectangle de près de deux mètres de haut, dont la surface était parcourue de myriades de points lumineux noirs et blancs qui bougeaient en tout sens, sans motif apparent. On aurait dit une sorte de porte.

Anxieuse, Joana s'approcha lentement du rectangle et tendit la main vers sa surface. Ses doigts effleurèrent la matière tourbillonnante sans rencontrer la moindre résistance. Ce n'était ni chaud ni froid et elle ne sentait rien à ce contact. Elle plongea son bras à l'intérieur sans que rien ne se passe. Rassemblant son courage, la jeune femme fit un pas en avant et s'immergea complètement.

Ce qu'elle trouva de l'autre côté ne la ravit pas plus que la réalité qu'elle venait de quitter. Il faisait beau et extrêmement chaud à cause des trois soleils qui brillaient dans le ciel céruléen. Un réseau de dunes arides s'étendait à perte de vue, coupé de temps à autre par la présence rassurante d'une oasis. Mais le vent brûlant qui soufflait doucement charriait des odeurs putrides. Il n'y avait personne mais en regardant tout autour d'elle, Joana discerna un charnier à ciel ouvert au bas du monticule sur lequel elle se tenait. Ecoeurée, la jeune femme recula vivement et trébucha sur la base du portail qui continuait à scintiller dans son dos. Elle bascula par l'ouverture et se retrouva sur le chemin grisâtre.

Elle se dépêcha de s'éloigner de l'étrange porte et continua son chemin, toujours dans la même direction. Les kilomètres – si c'en étaient bien – succédèrent aux kilomètres avant que Joana ne trouve une seconde porte. Elle avait exactement le même aspect que la précédente à ceci près qu'elle était moins grande. La jeune femme aurait à peine pu tenir debout dessous.

Comme un autre scintillement attirait son regard quelques mètres plus loin, sur la droite cette fois-ci, elle préféra passer son chemin et franchir l'autre ouverture. L'autre côté ressemblait plus ou moins à la côte bretonne où elle avait l'habitude de passer ses vacances, avec les larges falaises de granit gris et le grondement incessant de la mer démontée qui venait arroser les récifs de ses franges d'écume blanchâtre.

Un homme était assis un peu plus loin, tisonnant les braises d'un feu mourant. Vérifiant par-dessus son épaule que le portail restait en place, Joana avança vers l'homme dans l'espoir qu'il pourrait peut-être lui apporter des réponses. Avant même qu'elle ne l'ait atteint, il se retourna. Malgré les rides prononcées qui creusaient son visage, il était difficile de lui donner un âge tellement ses yeux pétillaient d'une vigueur constante. Il lui sourit.

— Alors tu es à la recherche de ta voie, hein ? fit-il sans préambule.

— Excusez-moi, mais de quoi parlez-vous ?

— Oui, ils disent tous ça, acquiesça l'homme en poussant une braise du bout de son bâton.

— Qui ça, ils ?

— Ceux qui viennent par le portail. Ils cherchent tous leur voie, mais ils ne le savent pas encore. Ils ne savent pas comment passer à autre chose, comment oublier.

— Oublier quoi ? s'enquit Joana, brusquement paniquée.

— Leur ancienne vie. Le plus difficile c'est de l'accepter. Ils errent de portes en portes, et puis finissent par admettre que ça ne sert à rien de fuir. Certains passent près de cent ans avant de réussir à changer.

— Je ne suis pas morte !

— Si tu le dis… abonda l'homme. Mais ton problème n'est pas là : la véritable question est "que vas-tu faire maintenant ?"

— Je veux retourner chez moi. J'ai… Je suis sûre que c'est un malentendu. Je ne suis que dans le coma.

Un rictus déforma les traits du vieux alors qu'il continuait à essayer de raviver son feu.

— Je suis là pour te guider et tu peux me poser une question. Choisi bien.

— Quelle porte dois-je emprunter pour retourner d'où je viens ? dit-elle sans hésiter.

— Elle n'existe pas. Il n'y a aucun lien entre le monde d'où l'on vient et le Chemin – aucune que toi tu puisses trouver.

— Pourquoi ?

— Tu n'avais qu'une question. Dommage pour toi.

Abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre et peut-être trop sous le choc pour protester ou tenter de comprendre dans l'immédiat, Joana prit la fuite et repassa la porte, le cœur au bord des lèvres. Elle ne pouvait pas croire tout cela. C'était trop fou. Et pourtant, n'était-elle pas là, dans un endroit qui ne devrait pas exister, à passer entre divers mondes ? Pour s'empêcher de penser d'avantage, elle se força à continuer d'avancer, scrutant les nouveaux rectangles qui parsemaient sa route.

De temps en temps, la jeune femme s'arrêtait pour en emprunter un. Elle y restait plus ou moins longtemps, cherchant elle ne savait trop quoi. Son ancienne vie sûrement. Une trace de son existence, qu'elle n'était pas folle et que les choses allaient finir par rentrer dans l'ordre si elle retrouvait quelque chose de connu.

Mais elle revenait immanquablement en arrière lorsqu'elle comprenait que rien ne l'attendait ici. Puis, au bout de quelques temps, elle cessa de passer les étranges portes, se contentant de marcher sur le chemin gris qui n'avait pas de fin, vers un objectif inconnu.

Ses questions n'avaient toujours pas de réponses mais elle avait cessé de se les poser. Rien au monde ne pourrait y répondre, et la seule personne qui l'aurait pu se trouvait loin derrière elle et refuserait de l'aider. Joanna s'était fait une raison.

Plus tard – peut-être était-ce des mois plus tard ? – elle croisa un portail qui l'attira. Sa lumière était différente des précédents, et, mue par un sentiment indépendant de sa volonté, Joana su qu'il fallait qu'elle le franchisse. Inspirant un grand coup, elle se glissa à l'intérieur, se laissant porter par le flux étrange de matière liquide.

La sensation fut différente. Au lieu de le traverser en un instant sans rien sentir, elle eut l'impression de se retrouver ballottée sur une mer démontée mais pourtant amicale, comme si elle était attendue. Cela ne lui fit ni chaud ni froid. Au fond, elle n'espérait plus grand-chose.

Un grand lac scintillait en bordure d'une prairie vert émeraude, ceinturée par un bois luxuriant. La réplique exacte de la campagne où elle avait eu l'accident cette fameuse nuit où elle était… Elle ne pu se résoudre à prononcer le mot et préféra reporter son attention sur le reste de la scène.

Un petit groupe de personnes était assis au bord de l'eau, discutant vivement. La jeune femme entendit des éclats de voix et des intonations coléreuses de l'une des créatures qu'elle reconnue, à sa grâce et sa silhouette élancée comme étant un elfe. Un petit personnage se leva et le menaça de sa hache tandis qu'une autre personne tentait à grand peine de les séparer. Un éclair de lumière jaillit, enfermant les deux protagonistes dans des sortes de bulles transparentes. La jeune fille qui avait fait cela se lança ensuite dans une tirade moralisatrice dont Joana ne distingua qu'un mot sur deux.

Pendant l'échange, un gamin et une grande femme bardée d'armes s'étaient levés en la voyant et remontaient à présent la légère pente du lac dans sa direction. Bizarrement, elle ne se sentait pas effrayée. Ainsi donc c'était à ce groupe que sa voie – s'il s'agissait bien de cela – était liée ? Drôle de destin…

Son regard croisa celui, effarouché, du gamin. Il lui rappelait quelqu'un, comme si elle l'avait déjà rencontré. Joana savait que non, mais néanmoins l'impression persista. La femme aussi avait quelque chose de familier. Un vague souvenir flotta un instant dans son esprit mais elle ne parvint pas à mettre la main dessus. Elle regarda le garçon.

— Quel est ton nom ? lui demanda-t-elle doucement, ignorant superbement la guerrière.

Le gamin sembla hésiter, puis répondit en rougissant :

— F…Fanfreluche.

Aucune pensée cohérente ne traversa tout d'abord son esprit, mais elle eut l'impression qu'elle allait se mettre à rire. Ce nom était si ridicule mais si chargé d'émotions aussi… Il avait le parfum de son passé, des choses qu'elle aimait… Tout lui revenait à présent : le texte qu'elle avait lu et dans lequel il se trouvait, le nom de ses compagnons, son monde.

Elle s'était perdue en se cherchant, et c'était en renonçant qu'elle s'était retrouvée. Il y avait quelque chose de fondamentalement dérangeant et paradoxal dans la vie – quelle qu'elle soit. Joana savait qu'elle aurait des explications à fournir à propos d'évènements qu'elle-même n'était pas sûre de comprendre, mais cela ne l'effrayait plus.

S'il y avait bien une chose qu'elle avait appris en quittant sa réalité, c'était qu'il n'y avait rien à redouter de la vie : au contraire, il fallait en profiter avant que tout ne s'effondre, quel que soit ce qui vous arrivait. Fortifiée par cette certitude, la jeune femme emboîta le pas de Tixiane le cœur plus léger, vers ce qui était son nouveau futur.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:50

Texte 6



L’escalier était plongé dans l’obscurité, la pluie frappait les marches avec violence et l’eau les dévalait formant une multitude de cascades. Le vent soufflait dans ce couloir ascendant et se chargeait de frigorifier et tremper toute les parties de mon corps qui ne l’était pas encore. Personne n’avait su prévoir que le ciel bleu qui avait persisté toute la journée se métamorphoserait en un maelstrom d’éléments déchainés. De ce fait, mes cheveux étaient trempés, mes épaules étaient trempées et pour mon malheur, le reste de mon corps était dans le même état. Stupide pari ! Maman m’avait prévenu pourtant : « Tu te mets en jupe ! C’est tellement rare qu’il va neiger ! » Nous sommes qu’au début de l’automne et il est donc normal qu’au lieu de neige, il se mette à pleuvoir des cordes !
Me voilà donc en jupe, pour la première fois depuis quatre ans, sous une pluie torrentielle, dans des escaliers mal éclairés et dont la sale réputation n’est plus à faire. Etrangement, je me sentais seule, Très seule. Le vieux réverbère avec son éclat jaunissant me donnait l’impression d’être dans un mauvais film policier. Il me semblait que bientôt j’entendrais des pas derrière moi. Les pas d’une personne qui ne chercherait pas seulement à s’abriter de la pluie… Demain on retrouverait mon cadavre dans un des buissons qui poussait dans un des tournants de ce formidable tertre. Les médias s’empareraient de l’affaire, étalerait mon cliché, celui d’un corps mutilé ou bien celui souriant qu’on aurait déniché parmi les nombreuses photos de vacances, en dessous d’un titre choc, très vendeur : « l’insécurité rode, une jeune lycéenne a été l’objet d’un détraqué… ». Cela ferait une intrigue parfaite pour une série policière !
J’étais arrivée dans le jardin de l’évêché. Il me restait encore toute une volée de marches avant d’arriver à la roseraie puis derrière la cathédrale. L’avantage de rêvasser est que le temps passe plus vite ; On oublie très vite les difficultés du moment pour se concentrer exclusivement sur nos pensées et oublier le monde environnant.
C’est pourquoi je ne perçus qu’à cet instant le claquement de semelles derrière moi et le regard pesant qu’il l’accompagnait. L’inconnu calait ses pas sur les miens ; inutile précaution du fait la masse de mon poursuivant. J’accélérai. Il accéléra. Je me mis à courir. J’enjambai les marches deux à deux. J’arrivai rapidement à la roseraie, sans perdre de temps, je me faufilai entre la cathédrale et une maison à colombage. Il devait y avoir une messe car les vitraux se reflétaient dans les flaques d’eau. Je me retournai pour évaluer la distance qui me séparait de mon poursuivant. Il y eut comme un moment de flottement pendant lequel toutes les lumières semblèrent s’éteindre.

Tout à coup, les couleurs refirent leur apparition et l’homme se détacha sur le fond noir de la nuit. Il s’arrêta un moment, désemparé mais dû m’apercevoir car aussitôt il se dirigea vers moi avec promptitude. Je filai.
Le porche nord de la cathédrale était ouvert, je me précipitai à l’intérieur. L’odeur d’encens me sauta au nez, s’infiltra dans ma gorge et me piqua les yeux mais cela ne m’arrêta pas et je courus vers le déambulatoire. La peur me poussait à conserver ma vitesse cependant cela me parut déplacé de fouler ainsi un tel lieu. De plus, des chants s’élevaient jusqu’à la voute emplissant ce sanctuaire d’une mélopée perpétuelle. Je parvins jusqu’au niveau du chœur. Je jetai un coup d’œil vers l’autel pour voir qui officiait la messe, je fus surprise. Personne. Que ce soit sur la chair ou bien même dans l’assistance ! Je me sentis plus en danger que jamais. S’il y avait eu la moindre cérémonie, mon poursuivant n’aurait pu m’atteindre. Maintenant dans une immense église, rien ne me protégeait de lui !
Je repris ma course en jetant un dernier regard par-dessus mon épaule. Il était là. Beaucoup trop proche. Mon cœur sauta un battement et je loupai la marche. Je m’étalai de tout mon long sur la pierre glacée, mon crâne dut heurter un coin d’une des colonnes soutenant la voute car tout devint noir.

Ma chute dut le rendre trop sur de lui car lorsque je me relevai, personne n’était à mes côté. Silencieuse comme une ombre, je maudis le crissement de mes chaussures sur le sol. Appliquée à ne faire aucun mouvement ample qui me trahirait, je me rendis compte que mes pieds se posaient en réalité sur une tombe. Une grande croix templière s’étalait dessus et les lettres qui devaient être autrefois finement ouvragées avec un soin méticuleux plongeaient désormais vers l’oubli. Des souvenirs effacés. « Qui était-il ? » songeais-je. Comme une réponse à ma question silencieuse, une voix retentit semblant provenir d’outre-tombe.
« Il est étonnant que vous tombiez exactement sur le tombeau de votre ancêtre ! »
Son timbre résonnait entre les voûtes et je frissonnai, une sueur froide glissant le long de mon échine. C'est à ce moment que je me rendis compte que les chants avaient cessés. Après tout, c’était normal vu qu’il n’y avait nul chanteur pour entonner l’air. Ce qui était anormal, par contre, étaient les paroles de l’homme. « Mon ancêtre ? » Ceci avait de quoi me surprendre, comment le cadavre qui s’étendait à des mètres sous mes pieds pouvait-il être un lointain parent ? On venait d’emménager dans le coin et jamais nous n’avions pu remonter au-delà de mes arrières grands-parents sur mon arbre généalogique ! Comment un inconnu pouvait-il en savoir plus long que moi ?
« Nous te connaissons bien Anja ! Nous t’attendions ! »
Je voulus pousser un soupir de soulagement, la situation cauchemardesque allait bientôt prendre fin. Sans même que j’eus souhaité de me réveiller !
« Je ne suis pas celle que vous cherchez ! » Cette idée me donnait de l’assurance. Un confort dont je profitai pour empêcher ma voix de trembler. « Je ne m’appelle pas Anja ! Montrez vous ou restez dans l’ombre, dans tous les cas cessez de m’importuner ! »
« Vous importunez ? » Un rire franc éclata. Soit j’avais atteint mon cota de peur, soit ma confiance en moi était incroyablement élevée mais ce rire ne fit ni chaud ni froid. Au contraire, il me détendit. Comme si un rire même froid pouvait rendre l’invisible inconnu plus humain et donc vulnérable. « Nous ne voulons rien d’autre que rendre l’héritage qui vous appartient !
- Quel héritage ?
- Celui que ceux qui se font passez pour vos parents, font tout pour vous empêcher de toucher !
- Mes parents sont donc des imposteurs ? Quelle étrangeté ! Vous avez d’autres hypothèses farfelues à me conter ?
- Rien d’autre que la vérité !
- Si mes parents avaient souhaité m’écarter de cet « héritage » pourquoi aurions-nous déménagé à côté de la sépulture de mon ancêtre ?
Vous ne répondez rien ! Donc écoutez moi, je ne m’appelle pas Anja, je ne sais qui vous êtes et je ne comprends encore rien de ce dont vous parlez. Cependant, parlez ainsi à des individus qui ne se montrent même pas ne m’amuse pas. Aussi, laissez-moi tranquille, j’ai des choses plus importantes à faire !
Je me dirigeai vers la sortie.
- Vous ne pouvez sortir…
- Essayez de m’en empêcher ! lançai-je sans même me retourner, ce qui m’aurait été d’aucune utilité vu que l’homme à qui appartenait la voix pouvait très bien être devant moi, l’écho empêchant toute situation.
- Si c’est que vous souhaitez. »

Un grondement sourd se fit entendre comme le roulement du tonnerre avant l’éclair. Et c’est ainsi que cela se déclencha : par une grande démonstration de lumière. Un pilier explosa à côté de moi, des éclats m’atteignirent blessant le bras que j’avais passé devant mes yeux et mes jambes. Je continuai d’avancer à travers le nuage de poussière. Un autre jet de lumière s’arrêta à quelques centimètres devant moi. Le souffle que dégagea l’explosion me projeta en arrière. Ils avaient truffés la cathédrale d’explosif ! Les mystérieux attaquants avaient un culot monstrueux !
« Qu’est-ce que cela vous apporte de détruire ce bâtiment ?
- Rien si ce n’est votre compréhension !
- Il n’y avait besoin de poudre aux yeux pour que je comprenne votre folie ! »
Cela devait être mes dernières paroles. La lumière vola vers moi droit vers ma poitrine. Je ne bougeai pas paralysée sans doute que ma fin se termine pas un coup du sort pareil ! ! J’eus juste le temps de songer que je n’exploserai pas comme la pierre car, moi, je n’étais pas recouverte de poudre à canon. Peut-être resterait-il intact ! Et l’on pourrait m’identifier. Des voix animaient déjà ma fin en un chœur éblouissant à la limite de mes perceptions. Et le monde sombra dans les ténèbres.
On me tourna, me gifla. J’ouvris une paupière. Le monde tournait autour de moi. Je refermai les yeux. Je pris terriblement conscience de mon corps. On me redressa et je criai. Chaque centimètre de mon corps me faisait mal comme si j’avais été passée à tabac. La main qui me soutenait dans mon dos aurait pu être un hérisson tellement sa présence me faisait mal. On me parlait j’avais dû mal à comprendre.
« …ous ne vous êtes pas loupée en tombant !
- Comment ?
- Vous courriez, vous avez raté la marche ! Ca va ? »
J’ouvris les yeux, l’homme penché sur moi était jeune et sa voix avait les mêmes intonations que celle de l’inconnu. Il était serviable mais derrière ses manières polies, un éclat dans ses yeux détrompait cette première impression.
« Comprenez-vous maintenant ? Je ne peux me tromper ! Vous êtes Anja ! Si vous ne l’aviez été vous seriez morte » Les mots volèrent dans mon esprit me marquant au fer rouge mais les lèvres de l’homme n’avaient pas bougé. Je baissai les yeux, je découvris avec stupeur que mes bras étaient intacts. Mon regard descendit jusqu’à mes jambes, je remis précipitamment les plis de ma jupe en face par-dessus un collant filé –certes, mais uniquement sur le genou gauche hors la déflagration était venu du côté droit-.
Lorsque je levai mon visage vers lui, il sourit et me le prit entre ses doigts longs et fins. Son visage était si proche du mien que je sentais son souffle sur ma joue. Je me noyai dans ses yeux bruns et pourtant froids. J’avais la désagréable sensation que ma volonté se liquéfiait sous son regard et son sourire. Je me raccrochai, comme un naufragé à une bouée de sauvetage, à mon être. Si je devais être sa chose je n’en perdrais pas mon intégrité. A lui ma liberté mais à moi mon être. Il grimaça et me releva sans ménagement d’une main sans lâcher mon visage. Sans surprise, j’aperçu des piliers intacts et aucun débris sur le sol. Avais-je tout rêvé ?
Il redressa soudainement la tête, ses cheveux bruns voltigèrent et dissimulèrent ses yeux, la musique s’était arrêtée. Il là retourna face à lui. Il paraissait furieux et étonné. « Tu ne m’échapperas jamais vraiment quelque soit le monde ou le temps dans lequel tu te cacheras...» Et tout devint noir encore une fois.

« Je n’ai pas vu ce qui s’est passé, je l’ai seulement trouvée assommée sous les décombres de cette vieille gouttière et je vous ai appelé.
- Elle ne risque rien. Vous avez agi rapidement et elle s’en tirera sans séquelle normalement… »
J’ouvris les yeux au moment où je quittai le sol, j’étais dans une civière le cou immobilisé. Les gyrophares bleus des pompiers éclairaient d’une lueur surnaturelle la roseraie et les murs de la cathédrale. Il n’y avait donc rien eu d’autre que la chute de cette gouttière sur mon passage ? Je n’étais jamais rentrée dans cette cathédrale ? J’avais donc tout rêvé ? Tout mon corps se détendit.
Les pompiers autour de moi m’emmenaient dans le fourgon lorsque je vis mon sauveur. Il était grand, athlétique et quand il se retourna vers moi, me regarda avec insistance de ses durs yeux marrons.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 20:57

C'est moi ou on peut pas voter...
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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 21:09

Non !!!!

On peut encore pas voter !!
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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 21:49

Non on peut pas encore voter apparemment

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 22:43

Pas grave, on fera encore un vote anonyme, c'est bien aussi ! (perso, je préfère...)

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 22:49

On va s'abonner aux votes anonymes ^^

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Dim 23 Déc 2007 - 23:16

Décidement !

Bon en attendant j'essaie de deviner à qui son les textes
Je rappelle que si vous essayer vous aussi il ne faut pas le dire, cela peu influencer les votes...

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:27

Au fait, Pookie... Tu as lu tous les textes en même pas 7 minutes ??? (ton message a été posté à 20h57, et Iron a fini de poster à 20h50 !) affraid

C'est marrant, mais j'ai l'impression que tous les textes sont inachevés. ^^ Ou alors, je ne comprends pas toutes les fins. Disons qu'il pourrait y avoir une suite pour chacun... :o

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:28

tu trouves toi aussi ?

Tout le monde s'est laissé une marge de manoeuvre !

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:31

Je pense qu'il était difficile d'arriver à écrire une histoire qui ait un vrai commencement et une vraie fin, avec une transition entre deux mondes au milieu... Mais c'était aussi un peu l'enjeu, après tout !

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:33

Bah moi, j'ai tellement peiné que je me suis dit pourquoi ne pas me ménager une suite ??? Suspect

Maintenant voyons si je trouve le tien...

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:38

akira a écrit:
Maintenant voyons si je trouve le tien...
Je m'étonne que ce ne soit pas déjà fait ! ^^
Moi, je crois avoir deviné, pour toi. Et pour quelqu'un d'autre aussi. Wink

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 0:39

Bah je pense que c'est bon !

tu te connectes pour que l'on mette en commun ?

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 11:08

Quoi, vous ne pouvez pas voter ?? Rolalala...

Bon ben je vais voir ce que je peux faire, en attendant faites votre choix dans votre tête, vous m'enverrez votre vote par MP si jamais ::rolling::

En tous cas les textes sont vraiment excellents à nouveau. Certains semblent un peu abrégés, mais peu importe après tout. Le tout était de créer cette transition, et tous les textes sont très beaux à ce niveau-là.

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 11:45

Je pense aussi que faire une vrai fin après la transition doit être un peu dur tout de même

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 12:00

Dur... oui, c'est le mot... ^^
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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 13:08

Iron a écrit:
Quoi, vous ne pouvez pas voter ?? Rolalala...

Bon ben je vais voir ce que je peux faire, en attendant faites votre choix dans votre tête, vous m'enverrez votre vote par MP si jamais ::rolling::

En tous cas les textes sont vraiment excellents à nouveau. Certains semblent un peu abrégés, mais peu importe après tout. Le tout était de créer cette transition, et tous les textes sont très beaux à ce niveau-là.

On peut toujours essayer de voir si cela ne concerne que toi ! C'est bizarre tout de même que cela bloque à chaque fois au niveau du vote !

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 15:22

Ouais je sais, je dois sûrement faire quelque chose de faux... geek

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 15:59

Il faut être plus attentif

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 16:08

Iron a écrit:
Ouais je sais, je dois sûrement faire quelque chose de faux... geek

Pas forcément (c'est facile à vérifier !) cherchons depuis quand ça ne fonctionne plus...
euhhh.... depuis ... depuis que tu a permi aux modos de modérer cette partie ??? Suspect

tout est lié ! XD (finallement il va en falloir un bonhomme XD)

Bah non ! Même pas !

que s'est-il passé entre le 10 septembre et le 27 octobre ? (tiens c'est bien ça déjà les dates ??? *petite mémoire*)

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MessageSujet: Re: Sixième concours : venez voter ;-)   Lun 24 Déc 2007 - 17:05

Heu... Ca doit être moi... La première fois que ça a bugué, j'ai participé au concours pour la première fois aussi !!! Et là, j'ai encore participé... Chui maudite... Sorry

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