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 Télophages

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Sareth
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MessageSujet: Télophages   Mer 23 Mar 2016 - 23:14

Je vous propose une petite nouvelle de SF, n'hésitez-pas à me dire ce que vous en pensez Wink

Télophages

Je dormais lorsque soudain, j’entendis un cri. C’était la voix de ma mère. Je bondis de mon lit courant le plus vite possible alors que ma génitrice continuait d’émettre sa plainte. Elle appelait au secours. C’est alors que dévalant l’escalier je pris un mauvais appui et m’étala sur tout mon long. Sonnée, mais heureuse de ne rien m’être cassé, je me redressais péniblement lorsque je les vis. J’étais tétanisée par la peur, l’incompréhension et la colère. Ils étaient venus chercher ma mère. Je ne savais pas où ils l’emmenaient. Je ne comprenais pas pourquoi ils l’emmenaient. Ils se voulaient pacifiques. Ils se voulaient neutres. C’est alors qu’un de ces êtres miroitant et bleutés s’approcha de moi. Il faisait bien deux mètres de haut. L’expression de son visage était glaçante. Il n’avait pas de bouche mais ses traits semblaient avoir figé l’expression d’un mépris désintéressé et fataliste. Dans ces deux grands yeux argentés se reflétait mon visage, celui d’une gamine apeurée. Il s’arrêta à un mètre, me toisant de sa taille double. Il n’ajouta rien, attendant je ne sais quoi. Le temps sembla s’arrêter pour moi, lorsque soudain dans ses yeux je vis…

Je me réveillais en sursaut. Il me fallut plusieurs secondes pour reconnaître l’espace rassurant de ma chambre. Encore ce rêve. Était-ce simplement un rêve ou était-ce un vieux souvenir enfoui ? J’avais été élevée à l’orphelinat, ma mère n’ayant plus donné de traces de vie depuis ce que semblait révéler ce rêve dont je ne gardais aucun souvenir antérieur. Tout semblait si irréaliste. Pourtant, jamais personne n’avait pu comprendre le comportement des Télophages. Ce pourrait-il qu’ils aient effectivement enlevé ma mère ? Pourquoi ?
Ceci me fit penser que j’avais rendez-vous aujourd’hui à huit heures… Mince ! Il est sept heures dix ! Je file dans la salle de bain. Me lave. M’habille. Je ne mange qu’un morceau d’une brioche entamée depuis la veille. Monte dans ma voiture. Par chance il n’y a pas d’embouteillage. Je vérifie soudain prise de panique si j’ai bien tous les dossiers. Ouf ! Il ne manquerait plus que je les ai laissés à la maison et à la vue de n’importe qui.
Après vingt minutes de circulation je quitte le périphérique et bifurque. Je lis le nom des rues et repère celle de la rencontre. Je me gare. Avant de sortir je guète que personne ne m’a suivi. J’attends encore cinq minutes et je sors. Je ne m’en étais pas aperçu, mais l’air est glacial ce matin. J’avance d’un pas décidé en direction de l’enseigne.
À l’intérieur, plusieurs personnes buvaient un café et fumaient une cigarette. Je salue le patron qui me le renvoie avant de me faire comprendre qu’ils sont tous arrivés. Je descends au sous-sol. Sous mes pieds l’escalier craqua avant de déboucher dans une salle voûtée dans laquelle sept personnes m’attendaient. Je reconnais là Jacques, Henri, Arnaud, Delphine, Sonia. Il y a aussi deux nouvelles têtes. Je les salue et m’excuse pour le retard. Je vérifie ma montre, il n’est que huit heures douze. La ponctualité est de mise.
- Bonjour messieurs, mesdames. Je vais attaquer le vif du sujet si cela ne vous dérange pas. Aucune objection ne se fit entendre.
- Bien. Pour commencer, je vous ai apporté des documents concernant les Télophages.
J’en fournis un à chaque personne.
- Comme vous le savez, aucun de nos grands savants ne comprend ces êtres. Venus d’on ne sais où il y a maintenant cent cinquante ans, ces êtres semblent bien plus intelligents que nous. Cependant, ils n’ont jamais réellement tenté de prendre contact avec l’homme, ni tenté de nous exterminer. Ils n’ont jamais essayé de parler ou de nous montrer des images de leur planète, s’ils en ont une. Leur présence passive, semble-t-il, n’a pas toujours été tolérée. Nos ancêtres n’ont pas pu supporter ce climat de clivage. Voir des extra-terrestres gambader dans les rues sans jamais nous porter d’attention particulière n’était pas normal. Certains vantaient là leur désire de pacifier la planète, d’autres y virent un manque de politesse.
Cette dernière remarque fit sourire l’assemblée, il était temps.
- Toujours est-il que certains se sont soulevés contre ce que l’on nomme à présent Télophages pour voir s’ils allaient manifester plus d’intérêt après leur avoir ajouté quelques kilogrammes de plomb dans l’aile. L’assemblée parue perplexe. Oui, nos ancêtres ont combattu les Télophages ! J’ai ici des rapports le prouvant.
- Mais ils sont réputés immortels ! protesta Henri.
- Attendez avant de vous faire une opinion. Donc nos ancêtres ont combattu, mais les rapports de ce qui se passa ensuite furent presque tous détruit. Si j’ai pu retrouver un fragment de document attestant ce qui s’est passé, ce n’est en rien pour nous rassurer.
En effet, des batailles ont eues lieu. Néanmoins, il semblerait qu’aucun Télophage ne soit jamais tombé.
- Je vous l’avais bien dit ! s’empressa de compléter Henri.
- Parallèlement, insistais-je, il n’y eu aucun enterrement du côté des humains.
- Comment ça ?
- Il semblerait que ceux ayant participé à la bataille aient disparus sans laisser de trace.
- Où voulez-vous en venir ?
- Je veux en venir qu’il y a bien eu une bataille, mais qu’il s’y est passé des choses étranges. Je ne peux en affirmer plus.
- Est-ce que cela aurait un rapport avec les enlèvements ?
- Aucun enlèvement n’a jamais été…

Je repensais soudainement à mon rêve. À ma mère enlevée. Ce pourrait-il que… 
C’est alors qu’une silhouette de deux mères sortit de l’ombre derrière nous. Personne ne savait comment elle avait bien pu entrer. Ses yeux brillaient d’une étrange lueur argentée dans l’ombre. Le temps sembla s’arrêter autour de nous. J’eu la vague impression de déjà-vu.
- Vous ?! articulais-je.
Je n’eu aucune réponse. Autour de moi les autres semblaient hypnotisés. Jacques sortit un révolver.
- On va bien voir s’ils sont immortels ! Il pressa sur la détente.
L’instant suivant, l’arme de jacques était à terre, le Télophage qui avait « glissé » juste à côté de lui, le fixait dans les yeux.
Comment a-t-il fait ? pensais-je alors que le visage de Jacques devint livide. Son corps s’écroula juste après.
- Qu’avez-vous fait ?! m’écriais-je.
Puis, tout disparu. Seule, avec le Télophage nous voguions dans le néant.
- Où est-on ? lui demandai-je sans obtenir de réponse. Qui êtes-vous ? Soudain, un paysage apparut. Il y avait un champ au milieu duquel il y avait une maison. Je n’avais jamais vu de maison pareille. À vrai dire, je ne savais pas comment j’avais fait pour deviner que cela était une maison. Ça ne ressemblait à aucune maison terrienne, ni même à aucun nid ou même terrier des animaux de la Terre. Je le savais c’est tout.
Avant que je ne pu éclaircir ce mystère, deux Télophages en sortirent. Ils couraient. Je m’aperçus alors qu’il y avait deux soleils dans le ciel rose. La végétation dans l’ensemble ressemblait à une forêt de la Terre. Cinq Télophages apparurent dans le champ, coupant la route à une mère et à sa fille…
Comment pouvais-je savoir tout ça ?

La mère se dressa alors face aux cinq autres, des filles elles aussi. Je ne voyais que cinq silhouettes se faisant faces. Elles ne bougeaient pas, ne parlaient pas et pourtant, je sentais que quelque chose de grave était en train de se dérouler. En une fraction de seconde, la mère ainsi que deux autres Télophages s’écroulèrent sans que rien n’advienne. Comme si tous les trois avaient été frappé d’une maladie mystérieuse.
La scène changea.
J’étais maintenant dans ce qui ressemblait à un cockpit d’avion. L’extérieur était bien plus sombre, on ne voyait que quelques étoiles. J’étais dans un vaisseau ! Des instructions incompréhensibles s’affichèrent ni sur le tableau de bord, ni sur la vitre, mais directement sur mes yeux… Ses yeux ! Je compris alors qu’il me faisait voyager dans ses pensées. Enfin, qu’elle me faisait voyager dans ses pensées. Le Télophage à mes côtés était de sexe féminin. J’essayais de la retrouver, mais autour de moi ne restait que l’image du cockpit et l’univers en arrière plan. Que voulait-elle que je comprenne ?
Surgit du néant, un vaisseau me bombarda. J’esquivais… Elle esquivait de manière très habile avant de s’aligner sur l’ennemi et de lui envoyer deux missiles, ça ressemblait du moins à ça. Une explosion d’une terrible puissance fit trembler tout le vaisseau alors que nous traversions les débris de l’autre désintégré.
Encore une fois, tout changea.
Je n’étais plus dans un vaisseau mais sur une planète. J’avais l’impression que quelque chose bourdonnait autour de moi. Comme un brouhaha omniprésent. Il y avait autour de moi des milliers, non, des millions voire des milliards de Télophages. Tous étaient en train de communiquer.
Ils communiquaient sur des distances défiant l’imagination. Parfois, ils avaient plusieurs conversations à la fois. Les Télophages étaient-ils télépathes comme on le supposait ? Elle apparue pour me faire comprendre que ce n’était pas de la télépathie, puis disparut. Ils veulent que je comprenne… Mais quoi ?
Un autre décor surgit.
J’étais cette fois dans une ville de… la Terre ! Il y avait des millions d’humains qui grouillaient dans les rues. Au-dessus de moi un avion s’alignait pour se poser. Sur ma droite, une mère rassurait sa fille qui pleurait parce qu’on ne lui disait pas la vérité sur le père noël. Comment pouvais-je savoir ça ? Comment pouvais-je pénétrer les pensées des autres ? Était-ce le Télophage qui me le disait ? QUE VEUX-TU À LA FIN ! finis-je par hurler exaspérée et effrayée.

Tout redevint noir.
J’étais en tête à tête avec elle. Elle me fixait avec ses grands yeux. Comme jadis quand je n’étais qu’une petite fille. J’y voyais mon visage s’y refléter. Puis, petit à petit, le reflet s’estompait, laissant place à quelque chose qui ne portait pas de nom. Elle me révélait tous ses secrets. Sa vie, ses gloires, ses échecs, l’univers, le début, la fin, l’humain, la vie, tous les animaux. Puis, défila à la vitesse de la lumière toutes les espèces extra-terrestres, les autres planètes habitées, les autres modes de vie, les autres morts, blessures, colères, joies, tristesses, peurs, amours.
Tout défilait bien trop vite pour être intelligible et pourtant chaque image restait gravée en moi. Chaque seconde, chaque instant de l’histoire des Télophages me fut compté. Mon cerveau absorbait aussi vite qu’il le pouvait, mais je discernais qu’il serait bientôt saturé, et alors…
Je vis une dernière fois ces êtres se promener au cœur de nos cités, défier la mort que les hommes semblaient si bien donner. Je vis leur structure hiérarchique, leurs systèmes, leurs technologies, leurs peurs aussi. Leurs peurs étaient indescriptibles. Il n’y avait ni mot, ni image pour synthétiser cette information si étrangère, si insoupçonnable !
C’est à ce moment-là que mon cœur ralentit… Il était en train d’arrêter de battre ! Je ressentis une effroyable douleur dans la poitrine avant de m’écrouler. Quelle cruelle mort que celle d’un arrêt cardiaque, le cerveau reste conscient du monde, des autres, de votre propre mort encore quelques secondes après que le cœur ne lâche. Vous êtes seul face à la mort. Il n’y a pas d’échappatoire, aucune issue, rien. Je pensais que face à la mort on se résignait, on acceptait, on devenait courageux. Pas du tout ! Jusqu’à la fin on lutte, on n’ose pas y croire et on s’imagine dans un mauvais rêve. Mais la peur est là, elle vous envahit et… En un éclair je compris ce que cherchaient les Télophages ! Ils ne cherchaient ni une civilisation technologique avancée, ni à partager leur savoir, encore moins à conquérir l’Univers. Ils cherchaient un remède à leurs extraordinaires peurs. Ils se soulageaient de leurs peurs au travers d’êtres vivants. Quitte à les tuer…


Merci pour votre lecture Smile !

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