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 [Roman] Une femme en devenir (suite)

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lahna paine
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Date d'inscription : 13/05/2016

MessageSujet: [Roman] Une femme en devenir (suite)   Ven 13 Mai 2016 - 21:06

Ça y est, lundi matin, semaine de merde à venir, j'ai abusé ce week-end, j'ai encore perdu mon temps. Aucune envie de reprendre le collier.
Le collier... Me reviennent des images, des sensations, des abandons. Doux souvenirs... et difficiles aussi.
Mes pensées vagabondent et me reportent à ce jour. Je ne me souviens plus de l'avant ni de l'après. Juste du moment. Cet instant où je me suis abandonnée à lui.
J'allais si mal. Il était là. Ou j'étais là, à sa merci.
Mais nous étions tous les deux là pour explorer ça. Et putain, j'ai aimé.

Allez ! Sors toi de ce lit et de cette torpeur nauséabonde.
Lundi donc, c'est taff.
J'ai mis la petite tenue qui va bien, juste sexy ce qu'il faut et working girl à souhait. La jupe qui fait le joli galbe des cuisses sans montrer la touffe. Avec les bas opaques pour pas faire pouffe.
Je fais le détour obligé par "l'espace détente". Un remake de camera café, j'en vomis, la semaine sera longue... On a là tous les stéréotypes. Je minaude, je dose les sourires en fonction des fonctions.

Je m'installe à mon "poste de travail", c'est à dire que je m'affale derrière mon bureau, je checke les mails, je remue quelques dossiers, je survole la liste des "to do", je baille, je me gratte la tête, je rebaille.
Heureusement, mon boss n'est pas là, je peux continuer de comater tranquillement ce matin. Et pour une fois éviter ses sourires salaces et son haleine fétide. Vieux chacal.
Bon... Suis sensée justifier mon salaire, je vais prendre un dossier sous le bras et aller faire un tour. Avec un peu de chance, je vais glaner quelques ragots croustillants, de quoi égayer cette journée que je sens morose.
Je commence par le bureau voisin. On est à l'étage des "dirigeants". Je suis l'assistante du Dir' commercial, ma voisine est celle du Dir' financier.
Je toque et j'entre sans attendre.Vue plongeante sur la Défense, par des baies vitrées qui me donnent le vertige. Ha oui la vue est chouette ! On domine, on surplombe, cette masse, cette nuée de petites fourmis qui s'activent ! Légère nausée. Je ne sais pas si c'est faute à la hauteur ou toujours ce contrepoint chez moi, à rejeter les notions de classification, de gradation. Mais on s'en fout. On a mieux à faire. Se raconter le week-end.
Elle lève la tête à mon entrée, sourit à ma tronche défaite, à moitié masquée par la couche de fond de teint que j'ai posé à la truelle, agrémentée d'une tartine d'anti-cerne et de blush "kidonnebonnemine".

- "Week-end maman solo ?"
-"Haha, comment t'as deviné?" je lui lance une œillade qui en dit long, elle rigole.
-"T'as la tronche de celle qui a... pas dormi. Raconte !"

C'est dingue comme les gens qui ont une vie heureuse, épanouie, comblée, rangée et parfaite, aiment que vous leur racontiez vos "turpitudes"... Je vois son œil qui frise et je l'imagine avec monsieur et les enfants, famille modèle, vantée par tous, et l'ennui mortel qu'elle a subi ces deux derniers jours.
Son désir à peine voilé de vivre par moi ce qu'elle fantasme quand elle se fait sauter par son chéri.
Ce serait presque drôle, si ce n'était pitoyable.
C'est dans ces moments que j'entrevois la chance que ce con m'a donné en me trompant... Que je me dis que de cette merde, je dois tirer quelque chose. Que ça ne peut pas être pour rien.

-"Je suis morte ! J'ai à peine fermé l’œil ! Plus de mon âge ces p'tits jeunes !", laisser venir les questions.
-" Jeune ? A quel point ? Pas la vingtaine quand même ?"
Sa lèvre pend, brillante, bouche ouverte sur un fantasme qui se révèle,  je me tâte à le lui offrir ou à dire la vérité. Je l'observe, un peu défraîchie sous ses dehors amènes, beaux restes mis en valeur par les artifices. J'ai le choix de la faire mouiller ou de la ramener à plus de retenue. Je penche la tête, fais durer le suspens.
Mais en réfléchissant, me vient l'envie de tester ça aussi. Un jeune, un vrai jeune... Pourquoi pas... Je vais garder ce récit pour une autre fois, alors.
-"Trentenaire, c'est vieux ?"
Je vois sa mine un peu déconfite, va falloir que j'envoie du lourd pour réveiller ses instincts, à maman.
-"Un corps de rêve, une gueule d'ange, une langue qui n'a besoin d'aucun cours...des mains curieuses et habiles, et une endurance de marathonien !"
Sa bouche s'arrondit, je l'imagine imaginer.
-" Il n'a pas arrêté de me tourner et retourner, à peine fini, on recommençait !"
Elle rit, d'un rire jaloux.
-"Je n'ai pas fait autant de gym depuis que j'ai arrêté le club !"
Ça suffira. Mais elle ne l'entend pas de cette oreille.
-"Han, combien de fois, allez, dis !"
-"Alors, entre les préliminaires, qui a eux seuls auraient pu suffire..., je fais mine de réfléchir, de compter sur mes doigts, ...le missionnaire forcément pour commencer, et des trucs dont je ne connais pas le nom..., au moins cinq ! Sans parler du final... !"
Petit arrêt, sourire en coin, sourcil qui se soulève, je ménage mes effets.
-"Le final, hmmm,  feu d'artifice ?"
- "Feu d'artifesses...", j'éclate de rire, tandis qu'elle rougit un peu. T'as voulu savoir, tu sais.
-"Et toi ?"
Oui, question dégueulasse, dont je n'écoute même pas la réponse, d'autant plus qu'on frappe à la porte.
Je me retourne, avant même qu'elle dise d'entrer. Et là, hmmm, merveilleuse surprise. Juste ce qu'il me fallait pour chasser les dernières sombres nuées. Dans l’entrebâillement de la porte, une petite gueule d'amour se dessine.
Moi qui venais d'espérer goûter à la chair fraîche, me voilà servie.
Brrr, je sens un frisson remonter du bas de mes reins, même si un peu cassés de la veille encore. Sous mes yeux esbaudis se profile la plus charmante personne qui soit.
Bon, va falloir aller puiser loin, il a bien pompé dans mes réserves le sodomite. Cette dernière pensée me fait un peu tiquer moi-même. Va falloir que tu surveilles ton langage, tu deviens vulgaire, ma chérie !
N'empêche, j'affiche un sourire avenant, les yeux un peu baissés, qui en profitent pour détailler la silhouette. Bien foutu le gaillard. Un corps mince de jeune poulain, délié, cuisses nerveuses, bassin étroit, torse longiligne mais dessiné, tête hautement portée par une estime de soi toute neuve. Celui-là doit en vouloir et en donner.
Je le constate sans mal quand mon regard croise le sien. Direct, franc, provocant. C'est qu'il voudrait  me la raconter.
J'adore. Je papillonne un peu, je te regarde, mais je ne te regarde pas. Puis j'insiste un peu et un peu plus. Et je rebaisse.
Je me lève du fauteuil dans lequel je m'étais avachie, non sans laisser remonter ma jupe déjà courte sur mes cuisses, pour lui laisser entrevoir ma chair, entre le "dim up" et la culotte.
Je capte son regard fugace, le bougre sait se contrôler.
Mais n'empêche, j'ai vu. J'en profite. Hop, petit mouvement arrondi de la hanche. J'en ai encore juste assez sous la pédale aujourd'hui pour lui prouver qu'on n'est pas fichue à quarante ans.
Oui, je sais, c'est mal, mais si bon. Défi personnel autant que jeu, séduction gratuite, mais si gratifiante.
Et en ce moment, c'est bien tout ce qu'il me faut.

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