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 [Réaliste] Dialogue dans un train de Nuit

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Mango
Mouais, moi, je m'y connais déjà pas mal


Nombre de messages : 52
Date d'inscription : 19/02/2016

MessageSujet: [Réaliste] Dialogue dans un train de Nuit    Mer 15 Juin 2016 - 22:54

Le train fonçait à toute vitesse en direction du lointain, sombre, froid et brumeux.

L'heure tardive avait rendu la rame quasiment déserte.

Le sol fait d'acier était recouvert de détritus en tous genre, de déchets et autres souillures.

La jeune femme se tourna vers la matriarche.

- Je vais voir mon Nounours là. J'te jure Nounours, c'est l'homme le plus gentil de la terre. Il est vraiment adorable.

La vielle dame hocha de la tète, tentant de ne pas regarder les marques rondes, telles des piqûres, sur les mains et les poignets de la jeune femme, ainsi que les plaques blanches les recouvrant. Leur nature était sans ambiguïté aucune.

La demoiselle but, une grande gorgée de sa canette de bière verte où était écrit Maximator. Sa voisine de circonstance eut, un haut le cœur a la senteur du liquide.

- Il avait promis de me faire quatre enfants. À ma sortie du centre, ensuite, j'ai été retenue à Luynes où j'ai tiré cinq ans.

Elle but de sa bière forte à nouveau, les lumières de la rame semblaient faire briller son haut jaune décolleté d'ouù ses seins ne demanderaient qu'a sortir et rendaient ses yeux bleu azur plus perceçant qu'ils ne l'étaient déjà.

- Mon nounours, c'est l'homme le plus doux que la terre est jamais portée, il est tellement câlin, au lit quand il te pose les mains dessus, il te lâche pas. On s'est rencontré à l'époque où j'étais serveuse au Bar Restaurant de la Gare secondaire. Il était toujours seul, je l'avais trouvé si mignon. On a d'abord été pote un long moment. Il était puceau avant de me connaître. C'est vraiment quelqu'un de bien, il ne parle pas beaucoup. Il a une veste en jean sans manche et des grosses bagues qui font peur.

Elle finit sa bière et jeta la canette à l'autre bout de la rame. Des gouttes tombèrent sur sa mini-jupe rouge. L'inconnue secoua la tête puis retira ses chaussures à talons aiguilles qu'elle posa sur un siège vide. Son visage à la fois fin, délicat et coquin fut marqué par un agacement soudain

- Putain !!! On meurt de soif ici !!

Lentement, elle sortit de son sac à main une bouteille de Whisky, poursuivant son monologue à la matriarche silencieuse. De ses lèvres recouvertes d'un rouge à lèvres écarlate, elle sourit, dévoilant ses dents à l'hygiène douteuse.

- On baisait ensemble tous les soirs au quartier des arcades. Puis je me suis installée chez lui. Je lui faisais les pâtes à la Bolognaise. C'était son plat préféré. Il me tombait la marmite en un repas. J'adorais le regarder manger. On aurait dit qu'il allait attaquer la céramique. Mon nounours, il aimait ma cuisine, j'étais souvent perchée à l'époque et c'était imparfait comme plat, mais il s'est jamais plaint bien au contraire. Quand je n'étais pas en état de faire la vaisselle, il mangeait la Bolognaise sans couvert et sans assiette, c'était cool, je trouve.

La jeune femme, bavarde plus que de raison, alluma une cigarette. Au-dessus d'elle, un panneau indiquerait une interdiction de fumer.

- Il a toujours été là pour moi mon Nounours. Il a poignardé Franck mon ancien copain au gouffre de la Beaumasse à l'époque où on était pote. Plusieurs fois au ventre et à la bite. Il avait mis sur la lame du couteau beaucoup de cirage pour chaussure, ce qui a fait que les blessures se sont infectées cash. Ça avait frôlé la septicémie. Le fumier, il a survécu, mais aujourd'hui, il est castré, il vit dans son lit et chie par un tuyau. Il est si gentil mon Nounours, tellement doux et attentionné. (l'expression sur le visage de l'inconnue s'assombrit ) . Il ne ma jamais lâchée même quand ça n'allait pas. Il s'occupait de moi en permanence. Nounours, il me donnait à manger, et me mettait au lit. Il s'allongeait avec moi et me serrait dans ses bras jusqu'au matin, il ne me lâchait pas. J'avais de très mauvaises descentes à l'époque. J'arrêtais pas de vomir, de baver et de saigner. Il se recevait tout ça sur les bras ou le torse, il ne bougeait pas.

Des larmes se mirent à couler de ses yeux, son mascara étalé de manière approximative autour de ses yeux, lui fit de longues traînées sur les joues. Passant du rire aux larmes instantanément, joviale au départ, elle était passée à la tristesse en vitesse lumière. C'était typique chez elle.

- De tous les hommes que j'ai eue, c'est le seul qui est comme ça. De toute ma vie, c'est la seule personne sur laquelle j'ai toujours pu compter. J'ai plus de nouvelles de lui depuis mon entrée a Luynes, je ne sais pas si maintenant, il est marié, je vais au pif, on verra bien. Mais je le prête pas et je ne le partage pas, c'est à moi. Et je veux mes quatre minots.

Sans aucune gène, l'inconnue posa ses pieds nus sur le siège vide en face d'elle en les croisant

La matriarche ressentait une grande lassitude, depuis plusieurs longues minutes cette catin l'importunerait avec son amoureux, tout n'était qu'éloge et apologie, sur un ton passionné et exalté.

Ce que la vielle dame ignorait était que le fameux Nounours était plus proche du cochon que de l'ours. D'avantage apparenté au porc de ferme qu'au Grizzli triomphant et guerrier.
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