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 Le cheval sans cavalier (Mini conte)

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Tsubomi
Mouais, moi, je m'y connais déjà pas mal
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Féminin Nombre de messages : 71
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Date d'inscription : 23/02/2017

MessageSujet: Le cheval sans cavalier (Mini conte)   Ven 3 Mar 2017 - 17:19

Je me lance, je poste un texte ! Smile
Il s'agit d'un petit conte pour enfants, et justement savoir comment s'adresser à eux ne me paraît pas toujours évident...
Bon je vous laisse découvrir cette histoire et vous souhaite une bonne lecture ! Smile

Pour aller commenter, c'est par ici : http://ecrire.ingoo.us/t6832-le-cheval-sans-cavalier-mini-conte-commentaires#164316


Le cheval sans cavalier

Il y a trois cents ans, dans un petit village du nord de la France, un mystérieux cheval apparut. C'était un animal à la blancheur lunaire et à l'élégance divine. Il était extraordinairement magnifique. Cependant, aucun cavalier, aucun écuyer, aucun être-humain ne l'accompagnait.

La nuit venait de tomber, il était temps pour l'allumeur de réverbères d'apporter quelques lueurs aux rues du village. Lorsqu'il alluma son premier réverbère, il entendit comme un bruit de sabots. Mais c'était impossible, pensa-t-il, tous les chevaux étaient dans leurs écuries à cette heure. Il s'avança jusqu'à un second réverbère et entreprit de l'allumer à son tour. C'est alors qu'il le découvrit. Le mystérieux cheval émergea lentement de l'obscurité comme d'un songe. Il s'approchait tranquillement de l'allumeur de réverbères. Une fois à sa hauteur, il dirigea vers lui un regard franc, et lui présenta son dos. L'homme se dit :
— Quelle fabuleuse bête ! Elle n'a pas l'air farouche, on dirait même qu'elle veut que je la monte.
Alors l'allumeur de réverbères monta sur son dos. Il ordonna à l'animal d'avancer et le cheval obéit, se laissant calmement conduire. L'homme pensait déjà à l'envie et à la jalousie qu'il ferait naître chez ses amis et ses connaissances, lorsque ceux-ci verraient quelle merveilleuse bête il avait trouvée là. Mais soudain, le cheval partit au galop droit vers la rivière la plus proche et y précipita l'allumeur de réverbères.

Lorsque le soleil se leva, le malheureux raconta sa mésaventure au village.
— Il faut toujours se méfier des créatures sauvages. Mieux vaut ne plus l'approcher, dit une sage villageoise.
— Ce n'est qu'un cheval, voyons ! On va le monter et le dresser, vous verrez ! dirent trois hommes imprudents.

La nuit venue, les trois hommes parcoururent les rues du village, dans l'espoir de trouver le mystérieux cheval blanc. Ils n'attendirent pas longtemps avant de le voir apparaître à la lueur des réverbères. Noyés dans leurs projets de domptage, ils remarquèrent à peine la beauté fantastique de l'animal. Celui-ci s'approchait tranquillement des trois hommes. Une fois à leur hauteur, il dirigea vers chacun d'eux un regard franc, et leur présenta son dos. Le plus jeune des trois hommes, un paysan habitué des chevaux ou du moins des chevaux de trait, n'hésita pas un instant et monta sur son dos. Il lui ordonna d'avancer d'abord au pas, puis au trot, d'accélérer, de ralentir, de tourner, de faire demi-tour, et l'animal obéissait au doigt et à l’œil. Puis, le jeune homme dit au cheval :
— Finalement, tu es déjà bien dressé. Et puis, on dirait pas comme ça, mais je sens bien que tu as de la force. Je suis sûr que tu pourras m'être utile dans les champs.
Mais soudain, le cheval partit au galop droit vers la rivière la plus proche et y précipita le jeune homme.
L'animal revint tranquillement vers les deux autres hommes. Une fois à leur hauteur, il dirigea vers chacun d'eux un regard franc, et leur présenta son dos. Les deux hommes voulaient l'un comme l'autre le monter. Alors ils sortirent une pièce pour décider à pile ou face. Le hasard désigna l'homme chauve, et celui-ci monta sur le dos du cheval. Il aboya les mêmes ordres que le jeune homme avant lui, et l'animal obéissait au doigt et à l’œil. Puis, l'homme chauve dit au cheval :
— Il n'y avait vraiment pas de quoi avoir peur ! Tu n'es qu'une bête et il te faut un maître, un dominant pour un dominé, voilà tout.
Mais soudain, le cheval partit au galop droit vers la rivière la plus proche et y précipita l'homme chauve.
L'animal revint tranquillement vers le dernier des trois hommes. Une fois à sa hauteur, il dirigea vers lui un regard franc, et lui présenta son dos. Le vieil homme réajusta son chapeau sur ses cheveux grisonnants et, en s'aidant de sa canne, monta sur son dos. Contrairement à ses deux amis, il cria immédiatement au cheval de galoper et accompagna son ordre d'un coup de canne sur sa croupe. Avec de nouveaux coups, il cria encore :
— Aller, plus vite, plus vite ! Ce n'est pas moi qui vais avoir peur de toi, mais toi qui auras bientôt peur de moi !
Mais soudain, le cheval changea de direction, galopa droit vers la rivière la plus proche et y précipita le vieil homme.

Lorsque le soleil se leva, les trois malheureux racontèrent leur mésaventure au village.
— Plus personne ne doit s'approcher du cheval sans cavalier, dit la sage villageoise.
Cette fois-ci, tous furent du même avis.

La nuit suivante, à l'intérieur de l'une des maisons du village, un petit garçon se réveilla suite à un mauvais rêve. Le cœur encore battant, il sortit de son lit pour se chercher un verre d'eau à la cuisine. Soudain, il entendit un bruit de sabots. Il s'agissait sûrement du cheval sans cavalier dont on parlait au village depuis deux jours, pensa-t-il. Trop curieux pour retourner au lit, il mit son manteau et ses chaussures, puis sortit dans la rue à peine éclairée par les réverbères. C'est alors qu'il le découvrit. Le mystérieux cheval, dont la crinière flottait au vent avec légèreté, semblait refléter le sublime éclat de la pleine lune. Il s'approchait tranquillement du petit garçon. Une fois à sa hauteur, il dirigea vers lui un regard franc, et lui présenta son dos. Le petit garçon hésitait. Il avait entendu les histoires qu'on racontait au village, même si selon lui ce n'étaient sûrement que des histoires. Il posa doucement sa main sur le museau de l'animal et lui dit :
— Bonsoir, beau cheval blanc. Je crois comprendre que tu me proposes de monter sur ton dos. J'aimerais beaucoup, mais je ne te connais pas. Ce ne serait pas bien prudent de ma part. Marchons un peu tous les deux, veux-tu ?
Alors que le petit garçon faisait donc quelques pas, le cheval le stoppa en s'interposant sur son chemin. Une nouvelle fois, il dirigea vers lui un regard franc, et lui présenta son dos.
— Dois-je comprendre que tu insistes pour que je monte sur ton dos ?
Un petit mouvement de ses longues oreilles fut sa seule réponse.
— Eh bien, dans ce cas... Je n'oserais pas te contrarier.
Alors le petit garçon monta sur son dos. L'animal ne bougeait pas, attendant ses ordres. Quand le petit garçon le comprit, il dit :
— Promenons-nous un peu, qu'en dis-tu ? Emmène-moi où tu as envie d'aller.
Le cheval se mit à marcher d'un pas tranquille. Il entreprit de faire le tour du village, tandis que le petit garçon commença à lui décrire le mauvais rêve qu'il avait fait. Il lui parlait comme à un confident, et se laissait conduire en toute confiance. Lorsqu'il constata que le cheval semblait le ramener vers sa maison, il dit :
— J'espère que tu reviendras me voir. C'est agréable de passer du temps avec toi.
Mais soudain, le cheval partit au galop droit vers la rivière la plus proche et... le cheval sauta au‑dessus de la rivière avec le petit garçon sur son dos ! Celui-ci eut la sensation de s'envoler et imagina pensant un instant qu'ils allaient atteindre la lune.
Pour le petit garçon, le cheval n'était pas une créature à exhiber comme un trophée, à utiliser comme un outil, à soumettre comme un esclave, ou pire à battre et martyriser. Le cheval était un individu à part entière, son égal, pour qui le respect était dû. Un respect à la base de toute relation sincère. Voici ce qu'avait cherché le cheval, voilà ce que le petit garçon lui donnait.
Ainsi naquit, cette nuit-là, une amitié solide et authentique entre le cheval et le petit garçon.
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Tsubomi
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MessageSujet: Re: Le cheval sans cavalier (Mini conte)   Sam 18 Mar 2017 - 18:51

Voilà j'ai édité la nouvelle version de mon conte, en espérant que cela soit peut-être la version finale !
Mais n'hésitez pas à me dire s'il y a encore des choses qui vous gênent Smile

_________________
"Nous n'existons sur Terre que depuis une fraction de seconde et,
si, demain, nous devons disparaître, notre absence passera inaperçue."

Ian Malcolm, Jurassik Park de Michael Crichton (1990)
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