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 Les Carnets du Grenier

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adimux
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MessageSujet: Les Carnets du Grenier   Jeu 8 Juin 2017 - 19:51

Bonjour,

Je vous présente un pastiche inspiré du roman "Les Carnets du Sous-Sol" de Dostoîevsky que j'ai écrit il y a 1-2 ans pours un cours de francais.
La philosophie n'est pas assez bien travaillée, donc ne vous attendez à ce que les paroles du personnages soient très révélatrices Very Happy
Il doit y avoir certaines fautes de syntaxe ou de conjugaison et vu que j'avais une limite de pages, l'histoire va vite et emprunte beaucoup de raccourcis.

Lien vers les commentaires :
http://ecrire.ingoo.us/t6999-les-carnets-du-grenier-commentaires

Les Carnets du Grenier - PARTIE 1
"""
Je suis un homme mauvais…

Je crois d’ailleurs que tout le monde l’est aussi.

Je suis mort de l’intérieur, mais l’instinct de survie me tient en vie.

Je l’ai su et redit : l’Homme n’est pas bon. L’Homme n’est pas noble. L’Homme n’est pas exceptionnel.

Nous ne sommes que des créatures qui ont eu de la chance d’exister et qui avons conquis la plupart des terres du monde grâce à notre intelligence et nos capacités d’adaptation hors-normes.

Mais nous n’en méritons rien. Nous n’avons rien accompli, vous avons juste suivi notre instinct.

Après nous être entretués et avoir répété les mêmes erreurs pendant des millions d’années, nous nous sommes aperçus, en retard certes, que le seul moyen d’avoir un semblant d’unité et d’augmenter nos chances de survie était de créer une société régie par des lois civiles qui sera suivie enfin par l'acquisition d'une « liberté politique » : la liberté de conscience, de pensée, de religion, d’expression et ainsi de suite pour forcer l'acceptation de nos différences.

Encore une fois, nous ne méritons rien. Nous avons, en fin de compte, seulement exercé notre domination sur les autres espèces. La civilisation n’a fait que raffiner notre nature sauvage et l’élever à de plus grandes échelles. Au lieu de batailler et faire la guerre avec nos mains armées de bâtons, nous employons l’arme chimique mille fois plus exécrable et l’arme atomique mille fois plus redoutable.

Nous avons substitué le vol par le pot-de-vin, la loi du plus fort par des systèmes économiques et politiques également répressifs et notre sexualité sauvage par l’adultère prémédité.
Nous n’avons plus besoin de dominer physiquement, puisque la domination morale est bien plus efficace et acceptable pour l’esprit des dominés : notre société tient par la fabrication du consentement par la classe dominante.

C’est pour cette pléthore de raisons que j’ai renoncé à toute humanité et que j’éprouve ainsi du plaisir à rabaisser tout homme qui se croit doté de « valeurs » et de « principes de vie », qui se proclame « positiviste » et « optimiste ».

Je sais donc pertinemment que l’homme est resté dans son état naturel et d’ailleurs je ne pense pas faire exception.
D’ailleurs, pour soutenir ma thèse, à chaque fois que je vois mon voisin simulant l’amour parfait avec sa femme ou conduisant ses enfants à l’école le matin avec « une touche d’amour » comme cela sort si mal d’entre ses lèvres en rectangle au contour dur et raffermi par l’âge, j’ai envie de réduire sa demeure en cendres et le voir sombrer vers la folie devant les corps inanimés de sa famille.
"""


Dernière édition par adimux le Ven 9 Juin 2017 - 17:57, édité 1 fois
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adimux
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MessageSujet: Re: Les Carnets du Grenier   Ven 9 Juin 2017 - 17:45

PARTIE 2

"""
Mais je ne suis capable de rien, je ne peux même pas contredire mon voisin quand il se vante d’avoir réussi sa vie avec sa maison et sa voiture dispendieuses achetées à un taux de crédit aussi cinglant et étouffant que son nœud de cravate.

Je suis faible ; je ne peux même pas décliner ses invitations à ses soupers hebdomadaires extrêmement fades et platoniques qu’il organise dans le seul but caché de montrer le dernier joujou technologique dont il venait de prendre possession.

Même si je voulais refuser l’invitation, ma femme et mon fils m’en dissuaderaient en évoquant des raisons aussi absurdes et superflues comme la « socialisation de l’enfant » et les « relations de voisinage ».

Et oui, Mesdames et Messieurs, il est possible qu’un homme comme moi ait une famille. Il va sans dire que je l’ai fait par compromis pour satisfaire les attentes de mes ancêtres directs.

J’ai rencontré ma femme lors d'une fête foraine en l’an 2005. C’était une fin de printemps et un début d’été. J’étais accompagné de mes parents. Le paysage était clair, la luminosité rouge pâle et on voyait une lueur de gaieté sur le visage de la foule des gens qui se promenaient. J’avais 18 ans, je portais une casquette anglaise qui faisait sortir mes cheveux blonds par le côté et je portais un élégant costume décontracté fait par mes parents qui m’accompagnaient à la fête foraine pour goûter aux plaisirs des sensations fortes dans lesquels j’avais sûrement manqué un chapitre; car j’étais aussi inanimé qu’une pierre dans une montagne russe que quand je buvais mon café matinal.

Alors que nous marchions dans le parc, nous avons été surpris par une fille de 18 ans travaillant comme préposée qui nous adressa la parole.

Elle était charmante, mais sans plus. Je me suis rendu compte après deux ou trois phrases que son niveau d’éducation était acceptable, mais qu’elle était désintéressée du savoir.
Elle avait un cerveau capable de penser, mais incapable de révéler des vérités ni de cogiter.

Elle nous dit : « J’espère que vous passez une bonne journée au Parc de la Cité ! Je me nomme Angela, Angela comme dans ‘Snowden’ », dit-elle en riant maladroitement.

Elle continua après 3 secondes d’hésitation « Excuse-moi. Mais je ne peux pas m’empêcher de dire que tu es vraiment beau et charmant », dit-elle en m’adressant un léger et bref regard.

Puis en détournant ses yeux vers le sol, elle lança un soudain « Puis-je avoir ton numéro de téléphone !? »

Les yeux ébahis et contentés de mes parents s’ouvrirent et ils commencèrent à me communiquer des signes d’approbation.
Mon père finit par me suggérer d’accepter avec un léger tapotement sur les épaules en disant d’un ton discret : « Tu devrais le lui donner. Après tout, ça n’arrive pas tous les jours ce genre de choses ».
"""
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adimux
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MessageSujet: Re: Les Carnets du Grenier   Ven 9 Juin 2017 - 19:54

PARTIE 3

"""
Aimable que je suis, je m’exécutai et à la fin de cette journée lamentablement ennuyeuse, je pus revenir dans ma chambre afin de me replonger sur mes revues et philosophiques et de lire cette fois sur la sexualité humaine et l’évolution sociologique du concept de couple.

Ensuite, et comme à ma coutume, je marchai en direction de la salle de bain en surveillant mes arrières et adoptant une expression de visage volontairement distraite dans le couloir pour passer inaperçu et accéder à la salle qui allait pouvoir me faire sentir vivant.

Je sortis un petit canif de ma poche et me coupa dans le bras. Lorsque je m’exerçai à cela, rien n’avait plus aucun sens et je me sentais formidable, fabuleux, libéré du poids de la société, de mes pensées à la fois contradictoires et réfléchies, de la bêtise et de la médiocrité humaine, mais aussi et surtout de ma propre existence.

Après quelques convulsions et petits cris de douleurs, je rangeai mon matériel, nettoya toute la salle et sortit discrètement pour revenir à ma chambre et continuer ma réflexion sur la sexualité humaine. Je lis entre autres les ouvrages de Dr Kinsey et d'Alain Corbin.

Étant un fervent croyant de l’état de nature, je parvins à la conclusion que le concept de couple n’avait aucun sens et que nous n’existions que pour perpétuer l’espèce lamentable que nous sommes.

Revenons-en à ma femme. Il va sans dire que nous nous sommes mariés et qu’on a eu notre premier enfant qui a maintenant 7 ans. Ma femme a aussitôt découvert mon côté nihiliste et ne pouvait pas concevoir comment je pouvais être doté d’un raisonnement aussi logique et froid.

Je n’aimais pas ma femme…

Un jour, alors que nous parlions d’individualité, de l’importance d’une vie humaine et de l’existence, elle affirma que chaque individu était unique et important parmi les hommes.

Elle continua alors sa tirade sur l’existence :
« Ne vois-tu pas une certaine mysticité dans l’existence ?
Pourquoi sommes-nous, toi et moi, dans la même pièce en ce moment précisément ?
Ne trouves-tu pas mystique que l’on se soit rencontré il y a 8 ans dans une fête foraine et que cela nous ait mené jusqu’ici ?
Ne trouves-tu pas que chaque individu est unique et compte, ne l’es-tu pas ? »

Je rétorquai, froidement :

« Je suis né par chance très infime et tu l’as été aussi.
Nous nous sommes rencontrés par hasard et tu m’as abordé.
Si tu n’avais pas la chance de me croiser ou que tu n’avais pas eu le courage de me parler, on aurait tous les deux une vie différente.
Finalement, je ne me sens pas unique et je pense qu’il y a des millions de personnes plus ou moins me ressemblant, en plus du fait que ma vie ne vaut pas grand-chose dans l’océan d’individus qui existent ».

Une figure désolée et légèrement contrariée se forma dans le visage de ma femme et elle dit :
« Je ne comprends pas comment tu peux vivre et penser comme ça.
J’ai l’impression que tu réfléchis trop aux détails et que tu ne vois jamais l’image globale.
Dans ta vie, ton travail, tes recherches et tes raisonnements, tu fais seulement attention aux détails et aux processus, mais tu n’as pas de but ni de direction et je me sens désolée pour toi ».

Le paysage devant moi me sembla éclater et tout mon raisonnement s’en trouvait mêlé.
A la seconde où j’entendis ces paroles qui ont résonné en moi comme un affreux cri de terreur, mon cœur alla faillir.

Pour la première fois, une infime goutte d’eau parût sur mon visage et les paroles n’osaient plus sortir de mon œsophage.
"""
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adimux
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MessageSujet: Re: Les Carnets du Grenier   Ven 9 Juin 2017 - 19:58

PARTIE 4 - FIN
]"""
J’éteignis ensuite la lumière, rejoignit le lit conjugal suivi par ma conjointe qui eut compris ma douleur.

J’essayai discrètement de me couper dans les toilettes. Une scène de drame éclata avec les cris de ma femme et de mon fils et je retombai peu après dans le silence et me recouchai sur mon lit.

Je me réveillai ensuite au beau milieu de la nuit, toujours aussi dévasté, avec un terrible mal au cœur.

 Je vis devant moi l’aube du crépuscule et un ciel brumeux crachant une pluie grise et fine. Je me rapprochai de la fenêtre pour voir ce paysage et me rendîs compte que Pascal, mon voisin, était assis dans son jardin, sous un parapluie, sur une chaise, buvotant son café pré-matinal.

Puisque je n’avais pas grand-chose à faire, je me décidai à le rejoindre puisque, n'ayant plus rien à perdre ni à gagner, n'ayant même plus mon semblant de repère, je pouvais me réduire à aller rencontre un être aussi méprisant.

« Salut, Pascal. Que fais-tu à cette heure-ci ? », dis-je d’un ton hésitant par la fenêtre.
« Salut ! Je n’arrivai pas à dormir et je suis sorti », me répondit-il chaleureusement. « Viens donc t’asseoir à côté de moi », dit-il en me regardant avec ses yeux bleus-ciel, « Je vais te préparer un café avec ma nouvelle machine Nespresso »

Il tourna sa tête et ses hanches, se mît debout. Ensuite, son corps long et bien fait gesticula et se dirigea vers la cuisine.

Je partis alors m’installer sur une chaise à côté de la sienne. Après quelques minutes pendant lesquelles je me tenais comme une statue sur la chaise, Pascal revînt avec un café chaud et goûteux et me le tendît en disant « Sinon, quoi de neuf Antoine ?! Cela fait longtemps. »

J’étais toujours sous le choc à cause d’hier et commença, après quelques hésitations, à lui conter ma discussion avec ma femme et ma remise en question philosophique à cause des remarques d’hier.
Je compris rapidement qu’il ne faisait que rétorquer des « Oui », « Hmm », « D’accord, je vois » afin de me contenter.

A la fin de mon discours, j’étais en pleurs et je dis :
« C’est la première fois que je pleurs, on dirait que je suis mis à nu.
Suis-je si mal que ça ?
Suis-je un humain limité, si aveugle à la beauté et à la mysticité du monde ? »

Pascal tourna ses yeux en bas d’un regard désolé et se tourna vers moi, me disant « Voyons Antoine. On a tous des périodes de tristesse passagères. Ce n’est pas grave, tu peux toujours compter sur mon soutien, tu sais… » et Pascal ouvrit grand ses bras pour m’accueillir.

Étant sûr qu’il n’avait rien compris à mes malheurs et de ce que je lui expliquais de ma philosophie, il me répugna.

Mais je ressentis simultanément quelque chose qui m’attirait vers ce personnage et qui me rendit attrayante l’idée d’accepter sa consolation. Je me laissai mener par mon instant et me rapprocha de lui pour me glisser autour de ses bras.

Ce câlin était chaleureux et me fît plus de bien que tout autre contact humain que j’eus depuis mon enfance. Je me sentis protégé et en paix, je me sentis fabuleux et formidable.
Après quelques secondes, et comme si mon corps se mouvait sans commandes de mon esprit, je rapprochai mes lèvres des siennes tandis que mon cœur battait à flots. Pascal me repoussa gentiment et dit : « Je suis désolé, non… Ce n’est pas ça que je voulais que tu croies. »

Une tristesse profonde s’ajouta à mon humeur déjà dévastée. Sans regarder une fois Pascal dans les yeux, je me retournai et commençai à marcher vers ma maison, les épaules avachies, le regard vers le sol, mes larmes se mêlant aux gouttes de la pluie devenue torrentielle.

A l’instant où j’élevai mon regard, je vis à mon grand malheur le visage inquiet de mon fils. Il fut donc témoin de la scène au complet.

Et alors, comme commandé par une force plus forte que moi, remplaçant ma tristesse par la furie et la folie, je me dirigeai vers le grenier, pris mon couteau et ma carabine que je chargeai en tremblant maladroitement.
J’allai rencontrer Pascal cette fois-ci pour lui tirer une balle entre ses yeux alors qu’il préparait joyeusement son croissant et les déjeuners de ses enfants.

Après avoir froidement descendu Pascal, mon corps conduit par la folie se rendit vers la chambre de mon fils dans lequel je plantai mon couteau alors qu’il était caché, tremblant et suant sous sa couverture. Il poussa un petit cri d’enfant et son âme quitta aussitôt son petit corps.

J’achetai un billet d’avion et remplis une valise avec quelques fournitures et vêtements. Je voyageai alors vers l’Europe pour vivre dans les montagnes des Alpes.

Car j’étais convaincu que si l’Humain était à l’État naturel, je devais vivre loin de toute civilisation. Je pense que les atrocités que j'avais commises étaient une nécessité pour arriver à la conclusion de ma philosophie.

Je dédie ces écrits à tout humain assez cultivé qui pourrait comprendre le pourquoi de mes actes.
"""
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