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 Les Chroniques de Lyridia

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Ethiel
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MessageSujet: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:34

Les Chroniques de Lyridia

Date de création
: début juin

Genre
: héroïc fantasy, j'essaie cependant de donner une dimension dark fantasy




Prologue

Lyridia est la deuxième lune de la planète Törb qui est au centre de l'univers. Cette lune toute particulière a été la vitrine d'Eheecat, le dieu de la Création. Il y a crée tout ce qui le compose. Des nuages aux flammes en passant par le sable. De nombreux peuples ont également vu le jour par la volonté d'Ehecaat ou des sens enfants divins. Tous ces peuples ne vécurent pas en harmonies, mais une forme d'entente fut instauré pour suivre le dessein du Dieu de la Création. Mais cette entente fut brisé quand le royaume magique du Drakenvald commit l’inimaginable. S'abandonnant dans les arcanes noirs de la nécromancie, les Hauts-Prêtres révulsèrent les Dieux. Ces derniers quittèrent sans laisser de traces Lyridia et ses habitants. Aujourd'hui, les nations reprennent leur destin en main et tentent de comprendre les raisons exactes. Les Baronnies sont en quêtes d'une gloire chevaleresque. Le Havre s'est plongé à cœur perdu dans une religion basé sur le Dieu de la Lumière qui ramènera les Dieux en ce monde. Les elfes et les nains continuèrent le cours de leur vie sans rien laisser paraître. Quant à l'Asträgare, elle rejeta la magie et les dieux, pensant que tout irai mieux en Lyridia sans eux.

Esten est jeune apprenti ingénieur d'Asträgare. Il n'avait jamais quitter sa ville natale et ne se voyait jamais le faire. Jusqu'au jour où la jeune mage Kella Ostran fit son irruption dans son atelier. Elle le tira de sa vie monotone et l'embrigada dans une quête pour préserver la fragile paix qui unis les nations de Lyridia.


Dernière édition par Ethiel le Dim 9 Juil 2017 - 14:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:36

Chapitre 1 : Une histoire de chaudière


La nuit tombait lentement sur Ryakräz. Cette ville pleine d’agitation la journée se calma peu à peu. Juchée sur une imposante montagne modifiée par la technologie Asträgarienne, la cité paraissait éternelle, indestructible et laconienne. Le silence, couplé à l’obscurité grandissante, semblait écraser les toits serrés des pâtés de maisons et des ateliers de la capitale Asträgarienne.

A mesure que les rayons du soleil mourraient derrière la chaîne de montagnes Saepêre, les rues se virent déserter par les badauds, les marchands ambulants et les enfants qui jouaient dehors. On n’entendait plus que les échos de quelques bagarres de chats et les voix festives provenant de tavernes qui offraient le seul divertissement en ce rude automne. Pour ceux qui tendaient l’oreille, on pouvait distinguer les pas de marches des patrouilles de la Brigade Technique. Étriquées dans des armures massives et alimentées par des extracteurs de chronolites qui leur permettaient de diminuer la gêne causée par cette montagne d’acier et de se protéger contre la magie. Ils étaient à la recherche de manieurs de sorts illégaux. Les enfants respectaient ces hommes et ces femmes qui protégeaient la jeune République d’Asträgar contre le chao magique, même s’il arrivait que certains brigadiers se rendaient coupable d’excès de zèle.



Les ateliers ont été abandonnés un peu plus tôt dans la journée et avaient fait taire les imposantes chaudières, les blocs à pistons souffletant, les engrenages grinçant et le vacarme des outils. Si la journée la vapeur et la fumée noirâtre jaillissant des hautes cheminées des fourneaux obscurcissent le ciel des zones industrielles de la ville, la nuit tombée, la brise, qu’elle soit naturelle ou artificielle, souffle sur les toits et nettoie cette pollution pour laisser briller la voûte céleste.

Il y a cependant un atelier qui, au grand damne de ceux qui logent près de lui, ne s’arrête jamais de travailler. L’Atelier Granär, appartenait à un ingénieur approchant la soixantaine Varo Granär. Il y a deux décennies de cela, cet atelier était le plus imposant et le plus respecté de la ville, voir même de la république entière. Il a su se moderniser en permanence et appliquer des procédés novateurs pour rester dans la course technologique que les divers fabricants asträgarriens se livrent depuis la loi anti-magie. L’élection du nouveau Doge Marcello sonna la fin de l’âge d’or pour cet atelier qui faisait travailler des dizaines d’ingénieurs et autant d’apprentis. Cet homme corrompu n’accordait les projets de recherches ou les grands travaux qu’à ses plus proches amis ou à ceux lui versant régulièrement un important pot de vin et lui offrant également un soutient politique total. Varo avait toujours juré de travailler honnêtement et de rester éloigné des affaires du Conseil et du Sénat. C’est pourquoi il refusa systématiquement les propositions du Doge et du Haut Technograde. Ses employés démissionnèrent les uns après les autres pour aller travailler dans une entreprise qui ne refuserait pas la prospérité. Mais il y a cinq ans un jeune homme se proposa de s’engager comme apprenti et de l’aider à redonner à l’atelier sa grandeur d’antan.

« -Esten, régules la pression de la chaudière ou alors l’atelier va sauter !

-Oui maestro, tout de suite ! »

Le jeune homme s’élança vers l’arrière de l’atelier. La chaudière fumait de toute part et un son strident qui lui vrillait les tympans s’échappait des minces ouvertures. Le combustible de la chaudière s’était emballé et avait commencé à brûler plus que de raison, sans doute à cause d’un appel d’air provoqué par des fissures. Cette machine vieillissante n’allait pas tarder à rendre l’âme. Varo ne disposait plus des moyens suffisant pour en acheter une en bonne état. Cette vétusté était également visible sur les cerclages d’acier gondolés et rouillés qui maintenaient la cuve et qui menaçait d'éclater sous la pression que les soupapes ne parvenaient pas à évacuer.

Esten n’avait pas d’autre choix. Il devait ouvrir les vannes de sécurités pour effectuer un arrêt d’urgence de la machine à vapeur. Ce qui voudrait également signifier la perte des canons que lui et son maître était en train de percer. Il ouvrit la vanne du bloc à pistons et la vapeur brûlante s’échappa par cet orifice immédiatement après. Esten manqua de s’ébouillanter mais il put retirer sa main tout juste avant que la vapeur ne jaillisse avec force. Seule une mèche de ses cheveux bruns se retrouva humidifiée par la condensation de la vapeur. La chaudière s’arrêta de trembler et le combustible continua de brûler intensément, mais sans danger pour l’atelier. Le calme regagna la fabrique et un silence assommant s’abattit sur les épaules de l’apprenti. Cette accalmie ne fut que de courte durée. Un bruit tonitruant de métaux résonnant sur le sol se fit entendre. Esten rejoignit hâtivement son maître craignant que la machine à alésage ne se fût brisée sous l’action des axes actionnés par la chaudière et qui encaissaient une force trop grande. Il vit Varo détacher les fûts des canons à moitié percés de la machine à alésage et tombèrent lourdement sur le sol. Certains fragilisés par le processus de perçage et qui n’avaient pas été traités se brisèrent et répandirent des morceaux de fontes dans toute la pièce.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:36

Chapitre 1 : suite

« -C’était notre huitième essais de fabrication à la chaîne ! Pourquoi as-tu arrêté la chaudière ? Je t’avais demandé de baisser la pression, tu aurais dû étouffer les flammes ou encore donner du jeu au régulateur à boules ! »

Son maître Varo était dans une rage folle. Esten ne pouvait l’en blâmer. Leur atelier s’était vu refuser la charge de nombreux travaux de la part du Doge d’Asträgar en personne, et ce malgré leurs idées et maquettes les plus impressionnantes. La faillite les menaçait. Mais Varo avait pu négocier auprès du Haut Technograde le droit de fabriquer les premiers prototypes de canons à vapeur et leur fabrication à grande échelle. C’était une chance inespérée et il avait fait la promesse à l’ordre Technograde de réussir à produire un prototype avant la fin du mois. Varo avait dépensé la quasi-totalité de ses économies dans cette entreprise pour la maintenir hors du gouffre.

Après une longue pause où Varo se calma, il reprit la parole avec un ton plus posé :

« -Excuses moi Esten, je ne voulais pas te hurler dessus. Tu as fait ce qui te semblait être la meilleure chose à faire pour la sécurité de cet atelier et pour cela je t’en remercie.

-Ce n’est rien maestro. Vous avez raison, je n’aurais pas dû céder à la panique et couper la machinerie. Ce projet est capital pour votre atelier et j’aurais dû accepter de prendre certains risques.

-Ne t’en fait pas pour mon atelier. L’Atelier Granär en a vu d’autre croit moi ! Tu sais, quand j’ai crée cette entreprise j’ai dû tester moi-même les machines volantes que j’avais conçu ! Et je suis prêt à repartir de zéro et à actionner cette maudite machine à aléser moi-même si il le faut. Mais je t’en pris, ne risque pas ta vie ou ta santé. Surtout que tu as eu l’extrême honneur de rejoindre l’Académie Technique d’Asträgar ! Varo lui fit un clin d’œil avant de se baisser pour ramasser les fragments de canons éparpillés au sol.

-Comment savez-vous cela maestro ? Je ne l’avais pourtant dit qu’à mes deux amis les plus proches !

-Pour prétendre à rentrer dans cette académie prestigieuse, les postulants doivent avoir accomplit cinq années d’apprentissage en atelier avant leur vingtième anniversaire. L’administration des technogrades m’a envoyé une lettre pour me prévenir que mon fidèle apprenti avait demandé à rejoindre l’académie. J’ai encore gardé de bonnes relations avec certains d’entre eux et je t’ai bien évidemment chaudement recommandé auprès de l’académie.

-Je…je… Esten était surpris par ce que son maître venait de lui avouer. Je ne saurais pas comment vous remercier maestro ! Mais comment allez vous faire fonctionner cet atelier sans employé ?

-Et bien, si je ne m’abuse, la rentrée à l’académie aura lieu dans quelques semaines et d’ici là je compte sur toi pour m’aider à finir ce projet. Je sais qu’ensemble nous allons révolutionner l’industrie et être respecté par la communauté technique et prouver à ce foutu Doge que l’âge d’or de l’Atelier Granär est encore devant lui.

-Vous pouvez compter sur moi maestro ! Clama Esten enorgueillit par les compliments de son maître.

-Tu as vu l’heure Esten ? Je n’avais pas remarqué que le soleil s’était déjà couché ! Regarde, les turbines soufflent depuis un moment car on peut apercevoir la pâleur de la planète Töbr. Prends ta soirée Esten, tu l’as mérité. Moi je vais nettoyer ce désordre et fixer la chaudière pour demain. »

Les deux hommes se saluèrent. Varo saisit ses outils et alla réparer les fêlures de la chaudière. Esten, lui, saisit sa sacoche et quitta l’atelier. Esten ne s’était pas accorder du bon temps depuis une éternité. Ce projet les accaparait totalement et monopolisait tout leur temps ainsi que tous leurs moyens. Il remonta le col de son épaisse tunique élimée et marcha lentement dans les rues. Il profitait pleinement de la fraîcheur revigorante et du calme de la nuit. Il croisait ça et là quelques promeneurs qui comme lui aspiraient à un peu de repos et de tranquillité.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:37

Chapitre 1 : suite

Esten ne voulait pas regagner son logis immédiatement. Sans compter qu’une fois passée la panique qu’il venait de vivre à l’atelier, il s’était rendu compte qu’il mourrait de faim et n’avait rien avalé depuis plus d’une journée. Il fit un détour vers l’auberge du Sanglier Doré pour dévorer un repas bien mérité. À mesure qu’il s’approchait de l’établissement il discernait de mieux en mieux les voix et la musique du ménestrel qui s’élevaient dans l’obscurité. La pancarte en bois, taillée en forme de sanglier grinçait au rythme de la brise. Elle était délavée et seul des fragments de peintures jaunâtres qui ont résisté au temps et aux intempéries étaient encore visibles si on s’y attardait longuement. Esten poussa la lourde porte qui l’accueillit par un air chaud et chaleureux ainsi qu’une odeur de bière et de nourritures à en saliver. Son entrée fut acclamée par Jovis l’aubergiste « -Esten ! Les cuisines sont pleines. Je te fais servir une pinte en attendant ? Tes amis sont assis là derrière. ». Esten remercia Jovis, qui venait de servir un client et qui essuyait sur son tablier la bière qui avait coulé. Le tablier de l’aubergiste était couvert de tâches de boissons et de graisse. Il cachait négligemment l’embonpoint de Jovis qui, par ailleurs, en était très fier et plaisantait régulièrement à ce propos.

« -Esten ça fait une paye dis donc ! Assieds toi, Karzak va te faire un peu de place. »

C’était Riemac, son ami d’enfance qui revenait du bar surpeuplé. Il posa deux pintes sur la table et se retourna vers Esten pour l’enlacer.

« -Je ne savais pas que tu allais nous rejoindre ce soir. Ton travail à l’atelier ces derniers jours te prend tout ton temps. Tu as commandé ? Tu veux que j’aille te chercher quelque chose ?

-Jovis va m’apporter une pinte merci. Et si tu veux tout savoir, notre dernier essai s’est encore soldé par un échec.»

On pouvait sentir toute la rancœur et la déception d’Esten dans sa voix. Il s’assit à côté de Karzak, un nain des forteresses de Saepêre qui s’était installé à Ryakräz en tant que forgeron et négociant. Il était de nature bourrue, comme tous les nains, mais Esten le connaissait depuis quelques années maintenant et tous deux étaient devenus des amis proches.

« -La chaudière a encore fait des siennes et j’ai dû couper l’arrivée de la vapeur pour ne pas faire exploser l’atelier. Les cinq canons que l’on avait commencé à percer furent tous bon à être jetés aux ordures. Reprendre le perçage aurait risqué de les fragiliser et de créer des micros-fissures. Ce qui lors de l’allumage du mécanisme de propulsion aurait créé l’explosion du canon. Et sans doute la mort des artilleurs.

-Demain je suis de repos, fit Karzak, je pourrais venir à ton atelier et essayer de rafistoler votre vieille chaudière.

-Avec plaisir, merci Karzak. »

Esten saisit la pinte que Jovis venait de lui apporter avec un saucisson en attendant que son poulet et ses légumes ne finissent de cuire. Il but une gorgée et se sentit immédiatement détendu. Ses yeux se mirent à pétiller. Esten questionnât Karak et Riemac sur ce breuvage.

« -Je vois que ça ne te laisse pas indifférent, fit en rigolant son ami nain. C’est une bière halfelin, la Badgey comme ils l’appellent. Il faut reconnaître que ces gentilshommes sont devenus d’habiles brasseurs de bières, presque aussi doués que mon peuple.

-La légende sur cette bière dit que si un humain devient ivre en la buvant, il se transformera aussitôt en un semi-homme et le restera pour l’éternité. Fit Riemac en prenant un air mystique et ténébreux sans s’empêcher d’esquisser un rictus d’amusement.

-Et bien ! Lança Esten en buvant une nouvelle gorgée. J’imagine que la vie d’un halfelin doit être une chose agréable. Esten désignait une table où des hommes saouls rigolaient et se donnaient de grandes tapes de joie dans le dos.

-Je suis allé une fois dans les Territoires Halfelins pour y vendre un surplus d’outils agricoles… , Kazark prit tout à coup une voix basse à la limite du chuchotement, et acheter un baril d’herbe à pipe, expliqua Karzak. Comme je n’aspire pas à être un technograde comme vous deux, j’ai pu obtenir l’autorisation de quitter Ryakräz. C’est un pays magnifique qu’ont les halfelins. Il s’écoule de vastes prairies verdoyantes à perte de vue et baignées dans les rayons du soleil. Les champs sont d’une beauté sans pareil et ils y cultivent leur terre avec respect et amour. Et…
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:37

Chapitre un : suite

-Et les cours d’eau chantent comme des oiseaux. Oui on sait Kazark, coupa Riemac exaspéré. Tu nous nargues après chacun de tes voyages chez nos partenaires commerciaux ! Mais le monde n’est pas ainsi fait. Le père d’Esten et mon oncle ne sont pas rentrés depuis maintenant deux ans. Ils sont dans une de vos forteresses avec les légions technogrades pour vous protéger contre les gobelins et les hommes-rats, à ce dernier mot. Riemac laissa échapper un air de dégoût sur son visage, en effet, pour les Asträgarriens, ces créatures étaient issues du chao magique et de l’instabilité des magiciens. À croire que vos glorieuses Gardes de Fer ont peur de l’obscurité.

-Retires immédiatement les insultes que tu viens de proférer ! Kazark se leva brutalement et tapa férocement son poing sur la table qui chancela sous la force du coup. »

L’honneur des nains n’était pas qu’une légende. Remettre en question leur courage et leur vaillance au combat était plus risquée encore que de provoquer un dragon du nord en plein sommeil. Même si Karzak n’était qu’un forgeron, il s’était révélé être un guerrier hors pair en de maintes occasions, que ce soit face à des bandits, à des meutes de loups ou bien dans une bagarre de taverne.

« -Notre Garde de Fer est beaucoup plus efficace et imposante que vos technogrades. Ce fut les nains à être les premières victimes de la vermine des profondeurs. Et si ces bêtes n’avaient pas osé voler votre précieuse technologie, vos technogrades seraient restés bien sagement dans leurs ateliers et aéronefs de luxe.

-Tu pourras dire ce que tu voudras Kazark, mais vos troupes n’avaient guère avancé avant d’être soutenue par les technogrades. »

Les deux amis se disputèrent encore quelques minutes, délaissant Esten qui s’apprêtait à manger le poulet qu’on venait de lui servir. Le goût était divin, mais il ne savait pas s'il devait attribuer cela au fait que la volaille était d’une qualité supérieure ou bien parce qu’il jeûnait depuis une journée entière.

« -Et au fait Esten, as tu eu des nouvelles de ton père et de son régiment récemment ? Questionna Riemac. »

Soudain la bière halfelin et le poulet ne suffirent plus à l’égayer. Depuis que sa mère a été bannie des frontières de la république par la brigade technique alors qu’il n’était qu’un enfant. L’amulette qu’il portait au cou était le seul souvenir de sa mère et il ne s’en séparait jamais. Son père était depuis lors la seule famille qui lui restait. Il était officier de l'Ordre Technograde. Mais la vie de ceux appartenant à ce corps était tout sauf paisible. Les technogrades sont les ingénieurs d’élites de la République. Ils utilisent les dernières inventions des meilleurs ateliers pour protéger la nation et ses habitants. À la fois scientifiques et soldats, ils sont sous les ordres du Doge et du Haut Technograde qui peuvent disposer d’eux comme bon leur semble.

Il y a trente ans, les nains de Saepêre avaient creusé dans la mauvaise galerie et ouvert leurs forteresses à l’Empire Souterrain et aux hordes de gobelins et de rats humanoïdes. Une des forteresses naines tomba en une nuit et emporta dans sa chute tous ses habitants. Les malheureux furent réduit en esclavage, servirent de nourriture aux gobelins ou bien furent transformés en cobayes pour les infâmes expériences des hommes-rats. Les Doges qui se succédèrent avaient toujours refusé de prêter assistance à leurs alliés nains ou de leur envoyer du matériel. Prétextant que les secrets d’Asträgare devaient rester intacts et cachés. Mais un jour, des éclaireurs hommes-rats percèrent des tunnels jusque dans la salle des archives de l’Académie Technique sans que personne ne suspecte quoique ce soit. Ils dérobèrent les plans des précieuses inventions de la République ainsi que le procédé de raffinage de la chronolite, la gemme qui alimente les plus grandes machines d’Asträgar. Une grande chasse fut organisée pour retrouver la vermine mais sans succès. Le Doge Marcello déclara alors une guerre éternelle contre l’Empire Souterrain et jura de récupérer tous les fragments de savoir que ces abominations leurs avaient lâchement subtilisé.

Les légions technogrades se mirent aussitôt en marche vers les montagnes de Saepêre avec toute leur puissance et leur grandeur. Le père d’Esten fut l’un des premiers à y être envoyé. Il commandait une escouade où servait également l’oncle de Riemac. Esten parvenait, grâce à son travail à l’atelier, à oublier qu'à chaque instant son père pourrait finir ses jours sous les coups d’un hachoir rouillé ou d’une invention diabolique des hommes-rats. Mais les paroles de Riemac le troublèrent au plus haut point.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:37

Chapitre un : suite

« -Oui j’ai reçut une lettre de mon père il y a quelques jours. Lui et son escouade ont nettoyé un terrier et sont parvenus à récupérer certains plans que ces monstres avaient volé à la république. Ton oncle va bien, ne t’inquiète pas. Il m’a aussi dit que le Haut Technograde ne donnera de permission aux troupes que lorsque la menace des « porteurs de peste » sera annihilée. Donc personne ne sait quand les légions rentreront chez elles.

-Je suis désolé Esten, fit Riemac en brisant le silence qu’il avait jeté par sa précédente remarque. Mais ton père est un habile guerrier et mon oncle sera toujours là pour que son équipement reste le plus meurtrier possible. Tu verras qu’ils débarrasseront les galeries de leur infestation en un rien de temps !

-J’espère que tu as raison Riemac. »

Malgré le soutient de son ami, Esten resta inquiet et pensif. Il n’avait jamais parlé de ça à qui que ce soit, mais ces dernières nuits Esten faisait d’horribles cauchemars. Son père était torturé et dépecé vivant pour recevoir la chaire du Dieu Rat juste devant ses yeux et lui ne parvenait jamais à le sauver. Et inlassablement il se réveillait en sursaut, couvert de sueur et le cœur au bord de l’explosion.

Les trois amis continuèrent à parler de tout et de rien Ils prirent soin d'éviter de parler de l’Empire Souterrain et de la menace grandissante de Drakenvald qui nécessiterait un jour ou l’autre l’intervention des légions technogrades. Son repas terminé, Kazark distribua à ses amis une poche contenant du tabac qu’il avait ramené des territoires halfelins. Ils allumèrent leurs pipes et profitèrent du reste de la soirée. Esten dessinait des ronds de fumées nacrée dans l’air et se laissa bercer par le ménestrel qui jouait une chanson enivrante avant d'être tiré de la rêverie par Riemac.

« -Vous avez vu que des paladins traînaient près de l’académie ? Lâcha soudainement Riemac d’un air non chaland.

-Des paladins ? Un des ordres de paladins du Havre ? Questionna aussitôt Esten.

-Oui, des paladins ou des inquisiteurs je ne sais pas. Pour moi ces deux ordres se ressemblent. Si mes souvenirs en héraldique sont encore bons, je pense qu’il s’agit de l’ordre de la Lumière.

-Et que nous veulent-ils ? Les paladins comme les inquisiteurs de la lumière sont sous les ordres d’Icare, l’avatar de la lumière qui reçoit lui même ses consignes directement du conseil angélique. Et selon la loi, les manieurs de magie ont l’interdiction de pénétrer sur le sol Asträgarien !

-La réponse est dans ta question Esten. Les églises cherchent à pénétrer dans notre petite nation depuis des décennies sans succès. Marcello, notre doge, doit être séduit par la magie et ce qu’elle pourrait lui apporter en termes de richesse et de pouvoir. Il semble oublier que tous les malheurs qui ont frappé Astägare sont tous d’origine magique. Que ce soit le fléau des rats, les tempêtes éthérées ou les confrontations avec les forces obscures du Drakenvald.

-Vous pensez qu’un retour à la magie est encore possible ? S’inquiéta Karzak. Nos ancêtres utilisaient également la magie avant que certaines divinités ne viennent leurs imposer leur volonté et que des catastrophes magiques ne s’abattent sur eux.

-Je ne sais pas., continua Riemac. Mais un retour à la magie n’est pas profitable pour notre pays. Mon maestro me raconte souvent que nous avons réussi à pousser notre technologie jusqu’à égaliser la magie. Nous sommes dorénavant à deux doigts d’être en mesure de couper nos liens avec ce plan éthéré d’où ne sort que souffrance et chao. Nous pourrions rompre toutes nos attaches avec les puissances divines qui se jouent de nous et prendre enfin notre destin en main et agir comme bon nous semblera !

-Peut être que les paladins de la lumières ne sont là que pour convertir Marcello et ses nobles., fit doucement Esten. Peut être qu’ils s’inquiètent pour le salut de leurs âmes et leur passage sur Nös.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Dim 9 Juil 2017 - 13:37

Chapitre un : suite et fin

-Tu as sans doute raison Esten. Mais tout ça n’augure rien de bon, répliqua pensivement Riemac avant d’avaler une nouvelle bouffée de tabac de sa pipe. »

Esten prit congé de Riemac et de Kazark un peu plus tard dans la soirée et reprit le chemin de son logis. Son père partit, il dut déménager de la demeure familiale pour un vieil appartement sous la toiture d’une maison à colombage du centre urbain. Il n’aimait guère y vivre. Sa paye d’apprenti étant ce qu’elle est, il lui était impossible d’emménager dans un endroit plus confortable. Esten n’eut d’autre choix que de s’habituer au ruissellement de la pluie qui s’infiltrait à travers la toiture en ardoise érodée et au vent glacé qui s’insinuait par une fenêtre fêlée.

Une fois chez lui, il ferma à double tour sa porte, jeta sa sacoche dans un coin et s’écroula sur son lit de paille posé sur un sommier grossièrement bâtit. Il tomba rapidement dans un sommeil profond. Pour la première fois depuis des semaines il ne rêvait pas du meurtre insoutenable de son père. Non, ce soir il rêvait de grands espaces, un endroit où lui et ses parents vivraient en paix sans être obligés de se sacrifier pour le République et de risquer d’être massacrés par des hordes sauvages.

Il fut réveillé par la canonnade matinale tirée par l’Académie. Ce coup de semonce annonçait le matin et l’heure de travailler dur pour la gloire de la République d’Asträgare. Esten s’aspergea le visage d’une giclée d’eau et prit le chemin de l’atelier, prêt à mettre au point le canon à vapeur avec son maître.

Il pénétra dans l’atelier. Il enfila son uniforme et ses gants et se mis à la recherche de Varo pour obtenir ses ordres. Son maître était affaissé sur une chaise dans un coin de l’atelier, une bouteille d’alcool à ses pieds. Esten ne pouvait se contrôler d’éprouver un semblant de pitié pour ce grand homme qui gâchait son talent dans l’ivresse. Mais cela faisait quelques jours qu’il ne l’avait pas vu se reposer ou dormir plus de trois heures. Esten décida de le laisser dormir encore un peu et alla constater l’état de la chaudière. Varo avait grossièrement colmaté la cuve avec des morceaux de métaux. Mais malgré ses efforts, ces rustines ne tiendraient pas longtemps surtout en cas de surpression. Leur projet était de plus en plus compromis et difficile.

Esten attrapa ses outils et tâcha d’entretenir correctement les régulateurs de pressions et de températures pour éviter la catastrophe de la veille. Ils ne pouvaient plus se permettre de gâcher de la fonte car leur stock s’amenuisait. Et les forgerons et mineurs de Ryakräz refusaient obstinément de leur en fournir d’avantage à crédit.

Alors qu’il appliquait une couche de graisse sur les engrenages et articulation du régulateur à boules, un vrombissement se fit entendre dans la réserve juste à côté. Esten n’y prêta tout d’abord pas attention. C'était sans doute son maître qui s’était réveillé et qui venait d'allumé une machine de son invention pour les aider dans leur tâche.

C’est quand un soudain flash bleuâtre l’aveugla et suivit d’un puissant souffle le projetant en arrière qu’il comprit que quelque chose de louche se tramait et qu’il ne s’agissait pas de Varo. Il s’agrippa à un établit pour se relever. Il était recouvert d’une épaisse couche de poussière qui le fit tousser et éternuer abondamment. Le mur de la réserve avait lui aussi été soufflé et laissé entrevoir à travers le nuage de fines particule une forme humaine.

La tête d’Esten le faisait souffrir le martyr et un sifflement l’empêchait d’entendre quoi que ce soit mais il put discerner une toux fluette suivit d’une question énigmatique : « -Où est ce que j’ai atterri ? »
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:30

Voici le chapitre 2 : Une promenade mouvementée

Soloron était la plus grande ville du royaume de Kétharie. Elle forme avec ses six voisines les Sept Cités d’Argent de Kétharie. Ces cités doivent leur surnom au marbre Kétharien, une pierre blanche reflétant la lumière lunaire, avec laquelle les bâtiments ont été bâtis il y à plus d’un millénaire. Cette ville portuaire abritait la prestigieuse Académie des Mages qui a depuis peu accepter de gouverner le royaume devenant à présent une magiocratie. C’est ici que les prodiges de tout Cyria venaient étudier la voie des arcanes. Les étudiants sont pour la plupart en quête de gloire, de renommée et prestige même si certains veulent percer les secrets du plan éthéré. Quelques rares élèves cherchent à comprendre pourquoi les Dieux ont abandonné Lyridia, mêlant leur apprentissage magique de forts enseignements théologiques. Mais il arrive que quelques rares individus cherchent l’aventure et s’attirent des ennuis.

« -C’est inadmissible Kella ! »

Les rayons du soleil couchant filtraient à travers l’unique ouverture de la pièce. Eclairant le crâne imberbe de l’homme qui se tenait face à la jeune femme.

« -Comment avez-vous pu mettre en danger l’Académie des Mages délibérément ?

-Monsieur, si je peux m’exprimer librement. »

Kella tentait de s’expliquer mais sans succès. L’homme hurlait à s’en époumoner. Des postillons volèrent et éclaboussèrent la peau de marbre de Kella. Elle sortit de sa tunique brodée un mouchoir en soie. Elle s’essuya le visage avec une allure royale qui avait le don d’énerver son interlocuteur. L’homme qui la sermonnait était Draja Casferd. L’archimage de l’école de magie temporelle. Il fut contraint d’abandonner ses responsabilités pour aller la sauver alors qu’elle était coincée dans une de ses nouvelles escapades. Cette fois-ci, elle est allée se frotter à l’Eglise de la Lumière de Vorokaï. La capitale du Saint Royaume du Havre. Elle était persuadée que ces bigots fanatiques étaient en possession de reliques appartenant à l’Académie.

« -Depuis que vous avez été admise dans cette académie, vous ne nous avez causé que des ennuis. Votre dernière mésaventure était votre escapade sur l’île des Elfes Noirs. Vous avez acheté à ce peuple de corsaires des parchemins que l’Académie avait déclarés illégaux. Et maintenant vous vous êtes mise en tête que l’Eglise de la Lumière nous avait volé des artéfacts ? Des artefacts qui, je vous le rappelle, sont scellés dans le coffre magique le plus sûr et le plus inviolable de Lyridia. Même Ehecat, le dieu de la création lui-même, ne serait en mesure de concevoir la clé pour l’ouvrir.

-Monsieur, Kella contenait son agacement mais laissa filer entre ses dents une pointe d’irritation. Je suis allée à Vorokaï sans votre autorisation en sachant que vous allez-vous emporter. Je…

-Et comment en êtes vous arrivée à cette conclusion ? Interrompu Draja. Si je n’étais pas intervenu, les inquisiteurs vous auraient passé la corde au cou comme une vulgaire voleuse ou bien brûlé vive pour hérésie !

-Il y a maintenant plusieurs lunes de cela, je vous avais apporté la preuve que ces religieux se servaient de l’Académie. Ils voulaient que nous intervenions en Drakenvald. Sans oublier le fait qu’ils nous tiennent pour responsable de ce qui c’est passé là bas il y a cinq cents ans.

-Mais… Draja n’eut pas le temps de continuer sa phrase que Kella continua son exposé.

-Vous, monsieur, vous m’avez également envoyé en expédition comme mercenaire pour protéger un pathétique nobliau dans le Drakenvald. Et je vous ai obéi sans poser la moindre question. Nous, et quand je dis nous, je veux parler de l’Académie, obéissons à la moindre volonté du Havre. À croire que nous avons réellement provoqué la disparition des Dieux. Ce petit jeu n’a que trop duré. J’ai donc pris l’initiative de récupérer nos biens ainsi que notre paiement. Vous ne pouvez pas m’en blâmer. »
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:30

Chapitre 2 : suite

Régulièrement Kella se mettait dans des situations dangereuses pour l’académie et pour sa propre vie. Et à chaque fois Draja la corrigeait violemment et se laissait attendrir par ses justifications et son air mielleux. Cependant, Kella pouvait sentir qu’elle avait mis le doigt sur un détail important dont Darja ferait tout pour l’éviter.

« -Kella, vous une brillante mage du temps mais je ne serai pas toujours là pour vous protéger. Surtout face à une puissance aussi importante et imprévisible qu’Icare. Dans la mesure où je suis intervenu avant que vous ne dérobiez quoique ce soit, je vais vous laisser partir avec un avertissement. La prochaine aventure de ce genre sera synonyme de bannissement. Me suis-je bien fait comprendre ?

-Oui monsieur, ricana Kella. »

La mage rangea son mouchoir dans sa poche, tira derrière son oreille une mèche de cheveux roux et se glissa vers la porte avec une prestance insolente. Elle ignorait ce que Darja lui cachait mais cela arrangeait bien ses affaires. À vingt deux ans elle aspirait à autre chose que de rester le nez dans de vieux parchemins poussiéreux comme le voudrait la tradition à l’Académie. Elle avait la possibilité de quitter les Sept Cités d’Argent et de s’engager dans une guilde magique comme un grand nombre de diplômés. Mais elle comparait souvent ces organisations à des compagnies de mercenaires avares et cupides pour qui la paye était plus importante que l’honneur. Elle pouvait également suivre l’exemple de certains mages qui ont créés des établissements dans tout Cyria pour aider ses habitants. Dès qu’elle envisageait cette possibilité, un frisson de dégoût lui parcourait l’échine. Être au milieu des paysans et des rustres l’offusquait au plus haut point. Elle rêvait seulement de partir à l’aventure, loin des Cités d’Argent.

Kella regagna ses appartements. Elle emprunta les longs couloirs de pierres éclairés par la lueur vacillante des chandeliers. Les tapisseries accrochées aux parois représentaient d’antiques scènes de batailles. Les mages des temps passés luttaient aux côtés du Havre et des Baronnies du Levant pour faire face aux hordes démoniaques du Drakenvald. Dans sa jeunesse, Kella avait longuement étudié ces tentures. Elle était prise à cette époque d’une passion pour les savoirs perdus lors du cataclysme magique qui emporta ce royaume. Aujourd’hui, cette ardeur s’était évaporée. La vue de ces représentations l’ennuyait.

Kella accéléra le pas. Elle claqua derrière elle la porte de bois de sa chambre. Elle y avait entreposé une quantité folle de grimoires, parchemins et artefacts qu’elle avait récolté au fil de ses aventures. Peut être qu’elle tenait là sa vraie vocation. Collecter les objets magiques de Cyria malgré les envies de Draja de la voir archiviste.

Elle s’assit sur sa lourde chaise sculptée puis sortit avec précaution des plis de sa veste une broche faite d’or et d’argent. Elle avait subtilisé ce bijou des coffres de l’Inquisition. Elle n’allait tout de même pas quitter le Havre sans un petit souvenir. Les runes gravées sur son pourtour étaient en elfique ancien. Cette langue n’était désormais utilisée que lors des cérémonies de la noblesse elfique. C’était une langue à la fois harmonieuse et d’une complexité exacerbée. Digne de l’origine divine des elfes. Déchiffrer ces inscriptions allait lui nécessiter des heures de travail acharné.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:31

Chapitre 2 : suite

Elle saisit un épais livre à la reliure en cuir abîmée. Le titre était coupé par endroit tout en demeurant lisible : « Des runes à la calligraphie. Une ébauche de l’elfique ancien par l’archéologue et linguiste Asernil Imrik. ». Kella avait trouvé dans ce livre une aide admirable dans de nombreuses études qu’elle avait mené sur les anciens écrits. Elle entreprit de déchiffrer les gravures de la broche. Les bougies qui éclairaient la chambre de leur lumière tamisée moururent les unes après les autres. Au moment où les dernières flammèches s’apprêtaient à s’évanouir dans l’obscurité, Kella sauta de joie et fit basculer sa chaise à la renverse. Elle avait enfin fini la transcription.

Il s’agissait de la broche d’Azguédaz, un mage elfe n’ayant qu’un lien très faible avec le plan magique. Compte tenu de cette affliction, il ne parvenait pas à manipuler les flux magiques avec la même aisance que ses confrères et consœurs. Ne se laissant pas abattre par son incapacité naturelle, il forgea une série d’artefacts. Ces derniers étaient capables de filtrer et stocker la magie ambiante afin de pouvoir l’utiliser de manière brute. Cette broche était l’un de ces objets enchantés. Kella était folle de joie. C’était la première fois qu’elle rentrait en possession d’un objet magique d’une puissance majeure. Cette broche allait lui servir en de maintes occasions. Elle l’accrocha à sa cape ocre. Elle avait fière allure avec ce nouvel accessoire qui se mariait parfaitement avec son air noble.

La nuit était bien avancée. Kella avait le don de rester concentrée sur une même tâche pendant des heures sans s’en détacher. Mais ce travail l’avait éreinté. Elle laissa les bougies s’éteindre lentement et rejoignit sa couche. Elle ne parvenait cependant pas à s’endormir. Elle ressassait sa conversation qu’elle avait eu avec Draja. Son air cachotier l’avait profondément troublé. Elle sauta de son lit et enfila sa tunique. Une balade à l’extérieure de l’académie allait sans doute lui faire du bien et lui permettre d’y voir plus clair.

Elle déambula dans les nombreux couloirs et escaliers de l’Académie. Pour un visiteur extérieur il était facile de se perdre dans ce dédale. Mais elle avait souvent parcouru le bâtiment de nuit. Elle se faufila dans la cuisine. Des halfelins et des gnomes se pressaient pour préparer le petit déjeuner pour les mages. Les tranches de jambons et de fromages accompagnées par des brioches confites servies avec plusieurs saveurs de tisanes s’accumulaient sur des plateaux d’argent.

« -Kella que fais tu ici à cette heure tardive ?

-Bonsoir Dotolph. Le sommeil m’a abandonné pour cette nuit. J’ai décidé de sortir me dégourdir les jambes. Je suis passée par ici pour éviter de croiser Draja et de subir encore ses sempiternelles questions.

-Tu connais le prix pour passer par ici Kella, lança en rigolant Dotolph. »

Les gnomes venaient des mystérieux royaumes cachés. Là où vivent les créatures magiques et où les couleurs et les émotions sont plus vifs. Certains gnomes ont du fuir ces royaumes pour une raison que ces derniers tiennent à ne pas révéler. Dotolph était l’un de ces gnomes exilés. Il devint cuisinier pour l’Académie et depuis ce jour il n’avait jamais quitté ce dont il qualifiait « son nouveau royaume ». Malheureusement, ces petits êtres malicieux et plein de vie se sont vus corrompus par les vices de ce monde. Un grand nombre de ces apatrides sont dorénavant pris d’une grande attirance pour l’or et tout ce qui brille en générale. Il est dit que les gnomes enterrent leur trésor dans des pots en fonte et que seul le plus proche ami du gnome pourra hériter du butin à la mort de ce dernier.
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:31

Chapitre 2 : suite

« -Tu ne changeras jamais Dotolph ! Kella déposa dans la petite main du gnome quatre écus et saisit au passage une pâtisserie trainant sur le coin de la table.

-Kella, reposes ce gâteau tout de suite, grommela Dotolph.

-Pour quatre écus tu pourrais avoir la délicatesse de fermer les yeux, maugréa Kella en sautillant vers la sortie des cuisines et en grignotant la tartelette. »

L’air salé de la brise marine lui fouettait le visage. L’aurore ne devrait pas tarder à surgir. Elle avait dû plancher sur la broche pendant des heures. Des nuages couvraient le drap étoilé de la nuit. Mais Törbis, le foyer d’Ehecat le Créateur était encore visible. On pouvait admirer sa lueur violacée qui perçait la brume. Deux des lunes de Törbis flottaient dans le ciel tel des spectres dans la nuit. Penser que Lyridia n’était qu’une des nombreuses lunes de la planète divine avait de quoi donner le vertige.

Kella se rappelait du conte pour enfant relatant les aventures de l’explorateur Marg’ Le Brave qui trouva le moyen de voyager sur les divers mondes de Törbis sans déclencher les protections qu’Ehecat avait placé avant sa disparition. Il entreprit ce périple sans tenir compte des interdictions et des menaces des Dieux. Marg’ était son héros d’enfance. C’était lui qui l’avait inspiré tout sa vie pour voyager et explorer le monde. Depuis qu’elle avait lu ces livres elle ne voulait connaître aucune frontière et aucun gardien.

Kella emprunta le chemin boisé pour rendre visite à la Vieille Nane. À cette heure-ci elle devait s’occuper de sa ferme à insectes nocturnes. L’air capiteux emprisonné dans cette forêt l’enivrait. Les scintillements des étoiles peinaient à percer la voûte formée par le feuillage des arbres. Kella flânait le long de la route pavée recouverte par endroit de mousse brune. Avant que les Cités d’Argents ne prennent de l’importance, la forêt de Kétharie était le domaine des fées et des farfadets. Mais les habitants ne respectaient pas la nature et ont fini par effrayer ces êtres magiques. Pourtant, à la faveur de la nuit, Kella aurait juré apercevoir une fée l’observer avant de s’éclipser derrière un tapis de buisson, ne laissant derrière elle qu’une traînée de poussière.

Nane vivait dans une clairière empreinte de mysticisme. Elle se plaisait à dire que c’était ici que les esprits des bois, les Sylvains, venaient se reposer. Des lanternes à lucioles avaient été posées dans toute la clairière. La vielle Nane était là, en train de faire léviter des gouttelettes d’eau tout autour de son potager.

« -Nane ! Est-ce que je peux t’aider ? S’enquerra Kella.

-Miss Kella Ostran, marmonnât la vielle femme en s’éclaircissant la gorge. Cela faisait longtemps que tu n’étais pas venue rendre visite à la vieille alchimiste que je suis. Pourrais t’occuper de la décoction que j’ai laissée sur le feu. »

Nane avait élevée Kella depuis que ses parents avaient disparu lors de l’un de leur voyage. Elle avait été pour elle une grand-mère de substitution remarquable et devint sa seule et meilleure amie. Kella pénétra dans la maisonnette. L’air y était chaud et accueillant. Des éléments alchimiques jonchaient les tables et les étagères. Les potions de la Vieille Nane jouissaient d’une grande réputation dans toute l’Académie. Elle alliait à merveilles les propriétés des feuilles, des poudres, des racines, des champignons et des insectes pour créer de puissants élixirs et onguents capables de régénérer les chairs ou bien de guérir les esprits. Un vieux chaudron cabossé était sur le feu dans la cheminée de pierre. Elle empoigna la hanse et déposa la marmite sur la table après avoir poussé les parchemins et les ingrédients.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:31

Chapitre 2 : suite

« -Voudrais-tu partager ce bouillon de légume avec moi ? Nane venait de rentrer et était en train de ranger des champignons qu’elle venait de cueillir.

-Avec plaisir Nane. »

Kella versa la soupe dans deux bols en bois et en tendit un à son amie. Le potage lui réchauffait la gorge et le corps. Elle en avait bien besoin après avoir longuement marché dans le froid de la nuit.

« -Vielle Nane, aurais-tu entendu parler des allégations que le Havre a porté à notre encontre ?

-Si tu fais allusion à notre part de responsabilité dans leur guerre contre le royaume déchu du Drakenvald, alors oui, cette vieille femme en en est informée.

-Pendant mon voyage à Vorokaï, j’ai entendu dire que les paladins et inquisiteurs voulaient que l’Académie s’engage dans le conflit à leur côté. Que nous devrions dépasser notre condition de simples intellectuels et devenir des soldats. Qu’en penses-tu Vielle Nane ?

-Je préfère rester loin de tout ceci, Nane lui cachait quelque chose et Kella pouvait le sentir tout comme avec Draja. Est-ce que la jeune fille apprécie ce bouillon ? reprit-elle.

-Je préfèrerais que tu répondent à mes inquiétudes, répliqua ironiquement Kella.

-Bien, si tu y tiens, je m’efforcerais de la contenter. Il y a cinq cent ans, le royaume magique de Drakenvald était prospère et puissant, tout comme le notre actuellement. Nos deux nations entretenaient une amitié sans pareille. Nous étions les élus des Dieux. Ils nous apportèrent leurs connaissances, leur aide et leur générosité. Mais Nagrhül, le Roi-Mage de Drakenvald, ne voulaient pas accomplir l’ultime voyage vers Nös, la Lune des Âmes. Il était obsédé par la préservation de son esprit lorsque son enveloppe charnelle s’éteindra. Avec l’aide des mages des deux royaumes, Nagrhül piégea Beoth, le dieu aux milles corps et enfant unique de Neato le dieu des âmes. En offrant en sacrifice cet être divin aux puissances infernales, Nagrhül provoqua l’inimaginable. Face à cette sordide cérémonie, Neato provoqua un terrible cataclysme. Il putréfia les âmes de Nagrhül et de ses fidèles Ces derniers ouvrirent des portails vers des plans démoniaques. Des gouffres sans fond émergèrent des hordes de créatures viles et dépravées qui réduisirent en cendre le Drakenvald. Le Saint Royaume du Havre fut la première cible des serviteurs de Nagrhül. Ils kidnappèrent un troupeau de griffons qu’ils torturèrent pendant des mois. Ces nobles bêtes furent transformées en Sphinx, de terribles monstruosités infectes et corrompues. Avec l’aide des puissances angéliques, le Havre réussit à repousser ces abominations. Tandis que nous, l’Académie, n’avons pas bougé le petit doigt. La honte nous avait aveuglé. Depuis ces catastrophes, les Dieux sont restés silencieux. Peut être ont-ils abandonné pour toujours Lyridia. Maintenant les Eglises bâtissent des sanctuaires dans tout le continent et prient pour un miracle. Asträgare, quant à elle, a bien l’intention de créer ce miracle elle-même même si pour cela ils sont considérés comme des hérétiques pour les Eglises et comme des pour les mages. »

Kella avait le vertige. On lui avait toujours appris comment l’Académie avait courageusement tenté de sauver le royaume de Drakenvald et comment elle avait aidé le Havre dans sa croisade. Elle se sentait trahie. Toute sa vie on ne lui avait remplit l’esprit que de mensonges. L’appétit coupé, elle repoussa son bol à moitié plein. Elle se releva et se pencha à la fenêtre. Elle suffoquait. Elle tentait d’aspirer la moindre brin d’air.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:31

Chapitre 2 : suite

« -Mais…comment est ce possible ? demanda plein de dégoût la jeune mage. L’Académie est sensée représenter l’honnêteté et la connaissance. Comment avons-nous pu commettre cette atrocité ? Et pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit à ce propos ?

-Je savais que ces aveux pouvaient te choquer. Mais je cherchais à te protéger. Les archimages font tout pour cacher ce secret. L’Empereur Ulrich II du Havre est bien décidé à réduire à néant cette menace. Prouvant ainsi la foi du Saint Royaume du Havre. Et peut être sera-t-il celui qui ramènera les Dieux en Lyridia. Pour réaliser ses objectifs il n’hésitera pas à dépouiller l’Académie de ses connaissances et de ses objets magiques.

-Je ne peux pas, et je ne veux pas entendre un mot de plus. Je suis désolée Vieille Nane il faut que je parte. »

Kella agrafa sa cape avant de s’éclipser. Elle s’empressa de quitter la forêt. L’histoire que Nane venait de lui révéler l’obsédait. Comment celle qui l’avait élevée avait bien put lui mentir et jouer le jeu des archimages. Elle courait maintenant depuis plusieurs minutes et était de retour à l’académie. L’aube s’élevait lentement dans le ciel. Elle emprunta la même porte qu’un peu plus tôt dans la nuit. La cuisine était vide. Les gnomes et halfelins avaient quitté les lieux ce qui ne leur ressemblaient pas. Même Dotolph, le roi des cuisines, n’était plus là. Kella suivit énigmatiquement les couloirs sinueux.

Elle entendit des voix résonner sur la roche. Les fragments de conversations semblaient venir de l’entrée de l’académie. Piquée par sa légendaire curiosité, Kella s’approcha de la Grande Porte. Si tout à l’heure il n’y avait pas âme qui vive devant la porte fermée par un imposant portail de bronze, une certaine animation s’était emparée des lieux. Une colonne de fantassins portant des torches flamboyantes se dressait face à cinq mages. Kella pouvait entendre distinctement les plaintes des magiciens.

« -Que faîtes vous ici Inquisiteurs ? Personne ne nous avait prévenu de votre visite à l’aube. Voulez vous que les cuisiniers vous servent une collation ? »

C’était Draja, son maître. Il avait l’habitude d’être menaçant envers les étrangers. Mais sa voix trahissait une anxiété à peine dissimulée. Une femme en armure d’argent reflétant les torches s’avança d’un pas lourd. Les soldats s’écartèrent tels des automates à son passage. Son allure était inquiétante tout en dégageant une aura de sainteté et de pureté incroyable.

« -Au nom de l’Empereur Ulrich II, le Griffon du Havre et de l’Eglise de Lumière, je déclare Soloron, la première Cité d’Argent, sous la loi du Saint Royaume du Havre. L’Empereur Ulrich attend votre sceau sur ces lettres de reddition.

-Une reddition ? Le Havre souhaite annexer Kétharie ? La nouvelle provoqua un choc et une surprise sans commune mesure auprès des mages.

-Archimage Draja. Depuis des décennies l’Académie nous narguent et nous défient. Il est temps que ces terres saintes soient dirigées par un gouvernement juste et fort qui n’hésitera pas à faire ce qui est nécessaire pour sauver Cyria.

-Jamais ! Jamais l’Académie n’abandonnera ses terres et son indépendance face à des fanatiques tels que vous, vociféra Draja.

-Bien. J’interprète cette remarque comme une déclaration de guerre. Sachez avant de mourir, qu’Asträgare, cet état autarcique, sera la dernière nation à nous avoir manqué de respect. »


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Lyridia   Mer 12 Juil 2017 - 17:32

Chapitre 2 : suite et fin

La femme semblait léviter à une dizaine de centimètres de la terre. Elle se retrouva nez à nez face à Draja en quelques secondes sans que quiconque ne puisse s’apercevoir de quoique ce soit. Elle transperça la poitrine du pauvre homme d’une dague effilée de laquelle jaillissaient des étincelles semblables aux éclairs. L’espace derrière elle s’altéra tel un mirage dans le désert. Des ailes angéliques se matérialisèrent dans son dos. C’était Icare, l’avatar de la lumière et favori des anges. La puissance des archimages de l’Académie était imposante mais il était futile se mesurer ou de lutter face un Avatar. La force des Avatars était incommensurable et jalousement gardée par les Eglises qui voient en eux des élus et des prophètes.

Les quatre mages bandèrent leur volonté et projetèrent face aux guerriers du Havre des traits arcaniques qui fendirent l’air avec un son de craquellement. Icare avait dressé un mur doré derrière elle. Les projectiles se fracassèrent sur la barrière. Elle massacra jusqu’au dernier les impudents qui avaient refusé son offre avec une fluidité et une rapidité effrayante.

Kella était tétanisée. Ses professeurs gisaient étendus sur le sol. Le sang ruisselait de leurs plaies béantes. Icare ordonna à ses hommes de mettre à sac l’Académie et monta les escaliers avec une grâce divine. Kella reprit ses esprits et chercha à s’enfuir. Dans sa précipitation elle marcha sur un pan de sa robe. Elle tomba avec bruit sur le sol de marbre ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention des pilleurs. Ils se jetèrent presque immédiatement à sa poursuite. Elle voulut appeler de l’aide mais la peur lui paralysait les cordes vocales. Face au risque de mourir sous les coups de l’Avatar, Kella n’avait qu’un seul moyen de s’en sortir.

Elle arracha la broche d’Azguédaz. Sa cape vola derrière elle. Elle prononça un long sortilège tandis que les runes s’illuminèrent d’une aura bleue de plus en plus intense. Elle tendit le bras et projeta un orbe qui se matérialisa en vortex. Il se figea au milieu du corridor en émettant un ronronnement fatigué. Sans se retourner, elle se jeta dans le cercle fantomatique qu’elle avait invoqué. Le voyage lui semblait interminable. Les étoiles tournoyaient tout autour du tunnel éthéré. Elle manquait d’entrainement et de puissance pour invoquer un tel sortilège. Mais la broche d’Azguédaz lui avait offert sa magie. Elle devait se rendre en Asträgare pour avertir le doge. Peut être que les inquiétudes d’un mage quand à la sécurité de son pays l’alarmeront. Alors qu’elle se croyait en sécurité, le tunnel face à elle se troublait et s’effondrait lentement. Elle n’allait pas tarder à être brutalement expulsée dans le plan matériel. A cet instant précis elle espérait qu’un quelconque Dieu encore à l’écoute de ses prières puisse l’entendre et la protéger.

À sa sortie du vortex, elle fut violemment projetée au sol et sonnée par le choc. De nombreuses questions l’assaillirent mais une en particulière la tiraillait. « Où est ce que j’ai atterri ? » demanda Kella à haute voix en toussotant, non pas qu’elle attendait une quelconque réponse.
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