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 Elle et toi

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Fenrajis
Je commence à m'habituer
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Masculin Nombre de messages : 118
Localisation : Entre le rêve et la réalité...
Loisirs : Chanter sous la pluie.
Date d'inscription : 12/06/2013

MessageSujet: Elle et toi    Jeu 16 Nov 2017 - 19:51

Voici maintenant bien longtemps que je n'avais rien posté ici, je signe mon retour avec ce texte désormais presque achevé. Les élucubrations, complaintes pourrait-t-on dire d'une âme perdue. Une succession de rencontres floues, avec Elle et avec Toi. Savoir la finalité de tout ça est bien difficile, rien n'est clair au sein des allers  et venues de ses souvenirs et je ne vous promets rien quant à la compréhension du flux, celui-là m'échappe aussi.

Voici donc, la 6ème partie, car chacune est indépendante, brûlante et désireuse d'être lue.
J'attends vos commentaires ici :
http://ecrire.ingoo.us/t7220-elle-et-toi-commentaires#168929


6.  Ton départ

J’imaginais déjà alors notre vie. Moi, éveillé dans la langueur d’un matin d’hiver. Notre fille se levant, bien avant toi évidemment, car c’était ainsi que tu étais. Et puis cette maison près d’un lac où nous irions parfois pêcher. Les visites à la famille, notre vie aventureuse. Puis notre vieillesse, frêles et abimés mais encore, et à jamais, heureux, amoureux. J’imaginais tout cela tandis que tu partais. Etonnamment tu demeures pour toujours la plus marquante. Peut-être parce que tu étais la plus vivante. Moi qui n’avais connu jusqu’alors que des âmes tourmentées, des moribondes, des estropiées. Voilà que ta jeunesse éclaires comme ma vie, en saccades comme ces lumières blanches sur les pistes des dancings. Et voilà que nous dansons, jusqu’à l’aube, et au matin nous sourions. Et voilà qu’à peine arrivée tu repars, et voilà. Tu m’avais fait un signe de la main en t’éloignant, comme on le fait quand on sait qu’on ne reviendra plus. Tu n’es pas revenue. Le soleil qui brillait sur la maison au nord laissa place à l’orage, puis a un ciel de pluie maussade. Et je restai là, dans la solitude d’une éternité, la fumée de ma cigarette cachait ce qu’il restait de couleurs vives dans le paysage. Cette maison n’existera jamais, et je fermais à clé la grande porte que tu avais ouverte. J’ai repris la route à travers cette nuit éternelle, cherchant ton regard comme le radeau perdu dans la tempête cherche désespérément l’éclat du phare. Un jour, un jour, te yeux de nouveau croiseront les miens, je le sais. Tu me diras que le chemin a été long et que tu es épuisée. Nous ouvrirons la porte, et sans retirer les draps de poussière nous boirons à notre rencontre, comme si le temps nous obéissait. Nous resterons là pour mille ans.
Malgré ton départ, et notre désamour, j’espérais. Après tout ce monde avait connu tant de miracles. Et j’avais même eu l’honneur d’assister au déroulement de quelques-uns. La différence entre notre histoire et celle du monde résidait peut-être dans le fait que tu étais déjà, à toi seule, un miracle. Vois-tu en y réfléchissant bien je pense que la montagne d’ennuis qui nous avait suivie ne venait que d’une seule chose. Notre égoïsme. Peut-être que le « trop fantasmé » avait joué aussi. Nous n’avions finalement pas les moyens de notre ambition. Et cette maison ne restera à jamais que les plans que tu avais tracé sur le papier qui jaunit déjà. Un instant je me sentis comme un grand arbre : incapable, impuissant, malgré la hauteur qu’il a sur les choses. Soumis au gré du vent et à celui de la hache. Un vieil arbre mort, fragile, cassant, déjà brisé à vrai dire. Un arbre que tu avais planté.
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