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 Huitième concours : venez voter ;-)

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Iron
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MessageSujet: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 16:54

Bonjour,

Beaucoup de textes en compétition cette semaine !

Les votes, donc, se dérouleront en 2 phases :

Phase 1 : votes de 2 semaines pour faire ressortir les 2 meilleurs textes de ce concours.

Phase 2 : Finale pour élire le meilleur texte, votes ouverts durant 1 semaine


Phase 1

Vous n'avez le droit qu'à un seul vote par personne.

Fermeture des votes le samedi 19 avril 2008, 20h00.



Bonne lecture à tous, et merci à tous les participants ! ::rolling::







Texte n° 1


Enfin.
Après toute une vie d'attente, une vie sombre et emplie d'un élan profond d'une mélancolie abstraite, je le trouve enfin. Quelle sensation étrange que de savoir, au fond de soi, au plus loin de sa pensée et de ses troubles, que le sujet de tant de recherches, de temps, d'efforts, de joie et de peine, est à portée de main.
Une vie entière à la recherche de cette perfection. La rencontre, enfin, d'un signe de bonheur dans une vie plongée dans la tourmente et dans le fracas d'un esprit troublé.
Comment y suis-je parvenu ? Pourquoi l'ai-je tant recherché ? Je ne pourrais vous le dire. Certaines choses, parfois, ne s'expliquent pas. Où du moins, ne demandent pas d'explication. Je ne suis qu'un homme qui, seul, se lamente dans un besoin immense d'une reconnaissance infime. Et je me sens, ici, en ce moment même, comblé d'un manque qui, toute ma vie durant, a pesé comme un poids, comme une chaîne autour de mon cou ou des cordes autour de mes poignets.
J'aimerais tellement savoir pourquoi. J'aimerais savoir pourquoi je n'ai pas profité de la vie avant aujourd'hui. Je me suis laissé transporté par l'onde de ma propre cupidité, plongé dans l'ombre dans ma propre image.
Dois-je le regretter ? Je n'en sais trop rien. Le regret, c'est retourner dans le passé. Et moi je ne recule jamais, je ne regarde jamais en arrière. Non. Moi, j'avance, sans un regard pour ceux que je laisse derrière-moi. Le regret ne sert à rien, car on ne peut modifier des actes du passé. Alors, non, je ne regrette rien. Mais l'amertume, aujourd'hui, me consume. Je suis aussi solide qu'un roc. Vous savez, vous pouvez lancer un rocher contre un mur et il ne ressentira rien. Faîtes-le dégringoler d'une montagne, et il sera comme neuf. Je suis comme un roc. Je suis trop fort pour ressentir les choses, trop dur pour encaisser des coups. Mais, comme un roc, je souffre de fissures. Prenez le même roc, celui qui peut survivre au choc et qui est trop fort pour être vaincu, et plantez-y une aiguille fine dans une fissure. Alors le roc se brisera en mille morceaux.
L'amertume qui me ronge est aujourd'hui l'aiguille fine. Je sens que je peux me briser. J'ai vécu dans la honte, dans ma propre prison. En réalité, je n'ai pas réellement vécu jusqu'à aujourd'hui. La quête de ma vie est terminée, j'ai rencontré ce que je rêve de rencontrer depuis toujours. Et maintenant ? Dois-je me briser ? En aurai-je la force ?
Je me demande, en ce jour, si réellement je n'ai vécu que pour cette rencontre. Je me pose cette question alors que, jamais auparavant, je n'avais eu le courage de me le demander. Alors, tentez un instant de comprendre ce que je ressens. Imaginez-vous seul durant toute une vie, à la recherche d'une chose dont vous ignorez la réelle nature. Et dont vous ignorez le but.
Et lorsque vous le trouvez, enfin, après toute une vie, vous ne savez plus vraiment si cela en valait la peine.
Qu'ai-je donc rencontré ? Vous vous le demandez certainement. Ce n'est pas une personne, sachez-le. Je n'aurais pas gâché ma vie à trouver quelqu'un, car les gens n'en valent pas la peine. Ce que j'ai cherché, durant tant de temps, c'est…
Attendez ! Un instant. Quelqu'un je crois frappe à la porte de mon esprit. Il tente de me dire quelque chose. Oui, je crois qu'il souhaite me troubler. Il me demande de regretter, il me dit que j'ai gâché ma vie afin de combler ce manque qui me bouleversait. Il me dit, avec fermeté s'y j'en crois la dureté de sa voix d'argent, que la vie vaut davantage que l'importance que je lui ai donné durant tout ce temps. Il me dit aussi que je n'aurais jamais dû perdre mon temps afin de rencontrer cette sensation que je ressens aujourd'hui. Il me dit...
Peu importe ! Je ne l'écoute plus. Vous savez quoi ? Je crois qu'il ne souhaite que gâcher mon plaisir. Il est jaloux, voilà tout.
Attendez… qu'ai-je dit, là, à l'instant ? Gâcher mon plaisir ? Alors… je ressens du plaisir ?
Mais… alors… c'est merveilleux.
Ce fut, chers amis, le récit de ma rencontre. Oui, je sais, cela ne ressemble pas à une rencontre. Mais c'en est une. J'ai rencontré en ce jour cette sensation, ce sentiment si beau. Je vis un rêve, je crois, car j'ai enfin trouvé ce que je cherchais tant.
Quelle drôle de rencontre, avez-vous dit ? Certes. Je dois bien l'avouer. Et, si vous avez écouté mes murmures avec un brin d'attention, vous avez certainement remarqué que cette rencontre fut trouble, fut presque… triste, sans joie ni plaisir réel. Je suis troublé moi-même.
J'imagine que vous souhaitez à présent savoir ce que j'ai tant recherché, ce qui m'a pris tant de temps, ce que j'ai, en ce jour, rencontré.
Et bien, c'est tout simple… J'ai rencontré…
Attendez ! Un instant. On frappe à nouveau à la porte de mon esprit…

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Dernière édition par Iron le Lun 7 Avr 2008 - 6:03, édité 6 fois
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Iron
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 16:56

Texte n° 2




UN AMI D’ENFANCE


C’était une soirée comme les autres. Il était prés de minuit. Je n’étais encore qu’à moitié ivre. Dans cette boite parisienne à la mode, l’ambiance battait son plein. Je venais de me prendre deux ou trois râteaux, bref la routine.

Quand soudain il était là, à quelques pas de moi. Grand, imposant, orange, « dinosauresque ». Accoudé au bar, il regardait les gens sur la piste de danse.

J’ai bien dû me pincer à plusieurs reprises pour être sûr que je ne rêvais pas. Mais non, j’étais bien dans la réalité. C’était bien lui, l’idole de mon enfance : CASIMIR.

Il fallait que je lui parle. Je ne pouvais pas laisser passer cette rencontre. Bon sang CASMIR ! Je le regardais tous les jours à la télé quand j’étais gamin. Il m’avait tant fait rire.

N’écoutant donc que mon courage et ravalant ma timidité, je me dirigeais donc vers lui.

Qu’est ce qu’il était beau. Pas aussi impressionnant qu’à la télé. Je l’imaginais plus grand d’ailleurs.

-« Euh…Votre visage ne m’est pas inconnu. On ne se serait pas déjà vu ? Lui disais je.

- Ch’ai pas c’est possible. Me répondit il.

- Ah ça y est, ça me revient, vous êtes CASIMIR.

- Et t’as deviné ça tout seul mon grand ? »

C’est qu’il était pas commode l’animal. Dans mon souvenir il était tout de même vachement plus gentil. Toujours un mot pour faire rire. Il fallait que je change de stratégie. C’est vrai, j’avais mal commencé après tout. Je décidais donc de passer au plan B.

- Alors quoi de neuf ? Vous n’êtes pas avec Hyppolite ?

Je n’avais pas du faire mouche, car Casimir se mit à souffler profondément et commanda un whisky que le barman lui servit immédiatement. Sans répondre à ma question le dinosaure s’enfila son verre d’une traite.

- Mais Casimir ! Tu bois de l’alcool ! Tu sais que ce n’est pas bien. Enfin que vont penser les enfants quand ils vont apprendre la nouvelle. Tu as un problème c’est ça…ta série n’a plus marché, tu as été viré et depuis tu as plongé dans la boisson…Le show business est un sale monde, tu veux qu’on en parle ? Hein ? Tu ne dois pas rester seul pour affronter tes problèmes. Je peux t’aider à t’en sortir. Hein ? Entre alcoolique on se comprend.

Casimir me regardait droit dans les yeux. Il avait de grands yeux noirs inexpressifs pourtant, plus jeune, j’aurais juré que ses yeux étaient pleins d’amour.

- T’es un rigolo toi ? Tu te fous de ma tronche ?
- Non, non. Pas du tout monsieur Casimir. Je veux vraiment vous aider. Vous savez depuis tout petit je vous aime. Je suis l’un de vos plus grands fans.

Casimir sortit de sa poche une cigarette maison de taille impressionnante de forme conique, qu’il porta à ses lèvres et qu’il alluma.

- Oh non pas ça Casimir. C’est de la drogue. De l’herbe. De la marijuana. Tu te rends compte du mal que tu te fais ? Tu te rends compte aussi que les fumeurs passifs subissent ton poison ? Mais enfin, qu’as-tu dans la tête Casimir. Je ne te reconnais plus.

- Tu comprends morveux, j’ai fait une overdose de gloubi-boulga alors maintenant mon médecin m’a donné une ordonnance. Je fais de la fumette thérapeutique.

Je n’en revenais pas. Comment Casimir avait pu changer autant. Où était donc passer le monstre gentil, ami des enfants.

Et en plus, ce gros T rex pervers matait les filles.

- Et salut, ma belle, tu sais que tu es belle toi ? Ca te dirait de passer une nuit préhistorique avec moi hein...

--- Non Casimir. Mais enfin dois je te rappeler que tu es un dinosaure ? Les dinosaures ne s’amusent pas à draguer les humains enfin ? Mais qu’elle mouche t’a piquée. Tu es devenu la
Perversion incarnée ma parole !

Sans même me regarder, ni me dire une parole, Casimir s’en alla sur la piste de danse. A ce moment là, je pensais que je pouvais encore le changer. Je me refusais à croire que Casimir était perdu pour toujours.

Et ce fût alors qu’un truc atroce se produisit. Casimir qui malgré tout restait mon idole, se mit à danser sur de la tecktonik.

Noooooooon !!!!

Je vais vite la la la, et je ne perd pas de temps. Je vais vite la la la et je garde le contrôle.

Et Casimir se déhanchait et faisait des mouvements désarticulés avec ses bras….A vomir.

S’en était trop. Je pouvais accepter que Casimir soit alcoolique, drogué et vulgaire avec les femmes. Mais là, le voir danser la tecktonik ….Aussitôt je décidais de quitter la boite de nuit sans même accorder un regard à ce gros pachyderme orange.

Tu parles d’une rencontre !

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Iron
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 16:59

Texte n° 3




C’était une soirée comme les autres. J’étais installée à mon bureau, lasse d’accumuler la fatigue des journées et d’en porter le poids sur mes épaules. Une feuille vierge, un stylo noir à la main, je n’avais rien besoin de plus. Les images se bousculaient dans ma tête et fusaient de toute part, mais toutes possédaient la même origine.
Je te revoyais, ce 14 Juillet 2006 ; ton sourire dissimulait tellement bien ta douleur. Je me remémorais facilement la dernière phrase que tu m’as dite, celle que je n’oublierai jamais. Ce jour-là, j’avais renié l’inimaginable. Je savais que derrière ce visage illuminé, tu cachais ta souffrance, la souffrance de cette maladie qui te détruisait peu à peu. Mais je ne pouvais pas admettre qu’elle allait, tôt ou tard, triompher de toi.
Et pourtant…
Il n’avait fallu que huit jours pour que je me rende compte que, une fois de plus, j’avais eu tort d’être aussi naïve. C’était en ce 22 Juillet 2006, le lendemain de mon anniversaire, que cette sonnerie de téléphone avait mis un terme à ma joie de vivre. Ce jour-là, ma mère avait éclaté en sanglots après cet appel, et j’ai compris. Je fus obligée de prendre conscience, Marraine, que tout était fini. Ton cancer avait gagné. Après cinq ans de lutte acharnée que tu avais menée contre lui, il avait finalement pris le dessus. Nous avions pris la voiture et t’avions rejoint à l’hôpital, pour être avec toi jusqu’à la fin. Tu étais déjà inconsciente quand nous sommes arrivés. Et nous sommes restés à tes côtés, jusqu’à ton dernier souffle. Tu avais trente-cinq ans, et tu laissais derrière toi ta fille et l’homme avec lequel tu avais fait ta vie. Je revoyais ensuite ce petit cimetière auquel j’ai dû m’habituer, avec ta tombe à la dernière allée. Ton nom gravé dessus, ta date de naissance et de décès, les fleurs présentes à chacune de mes visites ; c’était en dessous de cette pierre rose que ton corps se trouvait.
Toute les pensées qui traversaient mon esprit, je les écrivais. L’encre noire interrogeait la page vierge pour moi. J’avais tant de questions auxquelles je n’obtiendrai certainement jamais de réponse.
« Ai-je une chance de croiser ton regard lorsque je porte le mien vers le ciel ? D’ailleurs, est-ce réellement là-bas que tu te trouves ? J’ai beau ne pas être croyante, je n’arrive pas à t’imaginer ailleurs. Veilles-tu sur moi, Marraine, où que tu sois ? Peux-tu me voir, peux-tu entendre les paroles que je tente désespérément de t’adresser ? »
Mais ce fut à ce moment-là que l’impensable se produisit. Je m’étais rangée du côté de la raison depuis bien longtemps : je ne te reverrai jamais. Cela avait été dur à admettre, mais j’y étais finalement parvenue.
Et pourtant, en ce moment même, je savais que tu te trouvais dans la pièce. J’étais certaine que tu te tenais debout, à mes côtés, alors que je déversais toute ma haine contre la Mort sur cette feuille innocente qui ne me répondait pas. Je ressentais ta présence, juste à côté de mon bureau. Je percevais ton souffle contre ma nuque endolorie.
Je n’ai jamais été du genre à croire aux phénomènes paranormaux, mais à ce moment-là, j’en avais un sous les yeux. Comment expliquer le fait que j’étais persuadée que tu étais présente, j’en étais incapable. Je le savais, tout simplement.
J’ai vu les pages voler dans et s’éparpiller dans la pièce. Toutes les feuilles, sauf une. Dieu seul le sait, Marraine, pourquoi tu avais choisi ce morceau de papier et pas un autre. J’avais tant de mal à me rendre compte que cette situation était bien réelle.
J’ai senti ta main prendre la mienne, celle qui tenait encore le stylo. Et tu m’as fait écrire, mais je ne regardais pas les mots que tu posais sur cette page. J’avais fermé les yeux car je ne voulais plus jamais oublier le contact de ta main serrant la mienne. Je n’avais jamais rien ressenti de plus étrange, mais je m’en moquais éperdument, tu étais là, je n’y croyais pas, mais ta présente était tout ce qui m’importait ce soir-là.
J’ai finalement soulevé mes paupières et tourné la tête en ta direction. Ou du moins, à l’endroit où je savais que tu étais. Je ne pouvais te voir, non, tout ce que je voyais, c’était ma main s’agiter toute seule au dessus de ma feuille de papier. J’aurais pu en être effrayée, mais je ne voulais pas gâcher cette occasion qui ne se présenterait peut-être plus jamais à moi.
Pouvais-je te parler ? J’avais tant de choses à te dire, mais les mots restaient coincés au fond de ma gorge. Et quelque chose au fond de moi me chuchotait que tu ne me répondrais pas.
Dans un élan incontrôlé, je me suis levée d’un bond, précipitant ma chaise au sol. J’ai tenté de te saisir, de me serrer dans tes bras, mais tout ce que j’ai trouvé, c’était du vide. J’ai percuté le plancher à mon tour en même temps que la réalité et la raison.
Je n’ai pas su combien de temps je suis restée, là, assise par terre, attendant désespérément ton retour. Mais rien n’y faisait. Tu étais bel et bien repartie, et tu ne reviendrai pas.
Alors, je suis retournée auprès de mon bureau et j’ai découvert les quelques mots que tu m’avais fait écrire, ceux qui m’étaient complètement sortis de la tête. Ces quelques lettres assemblées avec une écriture qui n’était pas la mienne, mais pourtant écrites de ma main.
« Lorsque tu lèves les yeux, ce n’est pas que le bleu du ciel que tu peux voir. »
Même si je n’arrivais pas encore à réaliser ce qui venait de m’arriver, je me sentais plus légère. Les choses ne s’expliquent pas forcément, elle se vivent et ne s’oublient pas. Et ce qui s’était passé cette nuit était inoubliable

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Iron
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 16:59

Texte n° 4




Velian était assis en haut d’une petite colline, sur un chemin de pierre sinuant à travers champ, depuis quelques heures pour admirer le paysage féérique s’offrant à lui.
A côté de lui, les cailloux crissèrent. Il tourna lentement la tête pour voir de quoi il retournait et aperçut deux personnes, se tenant par la main, qui attendaient. Velian, qui bloquait le chemin, se releva précipitamment pour qu’ils puissent continuer leur promenade.
Alors qu’il se frottait le fond de son pantalon, il détailla les deux étrangers qui lui souriaient. Le premier était un homme, de taille et d’âge moyen, avec une courte barbe soigneusement entretenue. Le plus étonnant était ses habits, typique du XVIème siècle, tout comme ceux de sa compagne. Un chapeau accompagnait un pantalon noir et une chemise à jabot. Pour elle, une robe ample lui fournissait une stature royale. Mais ses vêtements étaient bien pâles en comparaison avec sa peau laiteuse et sa chevelure cascadant le long de ses reins. Les ondulations, couleur de feu, qui vacillaient lentement autour de l’ovale parfait de son visage, entrainèrent un frisson d’exaltation dans le dos de Velian. Il se sentit tout à coup comme un paysan crotté et misérable avec son pantalon large et son sweat-shirt vert qui flottait sur ses épaules. Malgré l’élégance de ce couple, il n’en restait pas moins étonné par leur accoutrement. Peut-être y avait-il une reconstitution d’une scène historique non loin et qu’ils s’étaient éloignés pour profiter de ce point de vue splendide. Probablement, c’était le plus censé.
Velain attendait qu’ils passent pour pouvoir se rasseoir, mais les deux inconnus n’avaient pas bougés d’un pouce, le regardant d’un air joyeux.
- Saurais-tu comment se rendre à Mehopre ? demanda tout à coup l’homme.
- Mehopre ? tiqua Velian. Ca n’existe pas, seulement dans mes écrits.
- Qu’elle est donc la ville la plus proche dans ce cas, je te prie ?
Velian les regarda d’un air suspicieux. Comment connaissaient-ils ses contes ?
- C’est Trawlay. Par là, fit-il en indiquant le chemin. Mais vous n’êtes pas d’ici. Qu’est-ce qui vous amène dans ce coin perdu ?
Sans prévenir, l’homme attrapa son chapeau, l’envoya en l’air avant de faire un saut périlleux sur place et de rattraper son couvre-chef. Velian ouvrit de grands yeux, autant par la grâce de la pirouette que par l’excentricité de l’homme.
- Mon nom est Lutunat, petit homme. Et voici ma bien aimé, mon cœur vivant : Lucinda.
- Enchanté, mais cela ne m’explique pas votre présence ici.
L’homme se fendit d’un sourire étincelant.
- Mon garçon, d’après toi, que faisons-nous ? Nous ne sommes pas marchands, sinon où est notre cargaison ? De toute façon, le commerce, je n’aime pas ça. Non, ce n’est vraiment pas ma panacée. Imagines, parler toute la journée à de vieux croutons qui ne savent pas quoi faire de leur peau ; crier à tue-tête. Marchand, ce n’est pas pour moi. Que puis-je te dire ? Je me le demande. Je me le demande tous les jours en marchant pour être précis : « Que vais-je répondre si un petit garçon nous questionne sur notre présence ? ». J’aurais bien envie de te dire que nous ne sommes qu’un rêve et t’assommer juste après, mais ce ne serait pas très régulier. Donc je te dirais seulement que nous voyageons. Gambader serait probablement un mot plus juste et aujourd’hui nous parcourons des sentiers inexplorés. Il faut dire qu’avec toutes ces couleurs, toutes ces senteurs, il y a de quoi faire tourner la tête.
Lutunat attrapa les mains de Velian et le fit tourner autour de lui à toute vitesse. Lorsqu’il le lâcha enfin, le jeune garçon s’écroula à terre, sonné, alors que son vis-à-vis riait à gorge déployé.
- Tu ne t’attendais pas à ça, mon petit. Essaye de ne pas t’évanouir tout de même.
- Arrête de l’embêter Lutu, coupa Lucinda…
Sa voix était d’une pureté divine, comme le chant d’une lyre fougueuse.
- … Il ne va plus nous aimer après.
- Parce qu’il nous aime ? s’exclama Lutunat avec une grimace d’étonnement.
Velian venait de se relever et se prépara pour parer à toute nouvelle attaque.
- Toi, je ne sais pas ; mais moi, il m’aime, aucun doute là-dessus.
L’homme au chapeau regarda le jeune homme avec des yeux brillants de malice, comme un enfant préparant une bêtise.
- Oh non ! Tu ne vas pas faire ça Lutu, le gourmanda Lucinda.
- Faire quoi ? s’affola Velian.
- Rien, mon petit Vel.
Lutunat sauta sur le garçon et lui lécha le visage comme un chien. Un éclat de rire cristallin s’éleva dans les airs, hérissant les poils de Vel. Il se sentit, malgré une honte inexplicable, transporté dans un royaume enchanteur. C’était le rire de Lucinda, mais il était trop beau pour être vrai. Tout à coup, les yeux de Velian s’agrandirent sous la compréhension.
- Non… vous… vous ne… pouvez…
- Tu l’as gêné Lutu. Tu es vraiment infernal.
Le garçon bégaya un long moment pour enfin sortir un mot :
- Vous ?
- Pour te servir, fit Lutunat avec une petite courbette.
- N’est-ce pas ainsi que tu imaginais tes muses ? demanda la femme.
- Je dois rêver. Tout ceci n’est qu’un rêve. Je vais me réveiller, scanda le garçon.
Lutunat lui donna une claque derrière la tête.
- Ne sous-estime jamais la puissance de ton esprit, gamin.
- Comment est-ce possible ?
- Arrêtes de te poser des questions et profites du moment présent, avant qu’il ne te file entre les doigts.
Velain hocha la tête.
- Je vous remercie.
- Oh non Vel, le coupa Lucinda. C’est nous qui te remercions de pouvoir enfin te rencontrer.
- Pourquoi ?
- Encore une question. C’est mauvais pour toi, avertit Lutunat.
Le soleil lança un dernier éclat à l’horizon, aveuglant Velian. Lorsque celui-ci rouvrit les yeux, il n’y avait plus personne sur le chemin, seulement des cailloux ; mais son cœur était léger et rempli de bonheur.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 17:00

Texte n° 5




One summer’s day


Ce serait un jour d’été.

Un début d’après-midi, sous le bleu profond du ciel et le soleil étouffant. Il planerait dans l’air un parfum de fin de vacances, ce sentiment un peu étrange de transition, où les journées imprécises s’écoulent sans but, où les émotions sont diluées. Il ferait chaud.
Je monterais sur mon vélo et je prendrais le sentier en bas de chez moi. Le chant des cigales et les ombres des frondaisons m’accompagneraient un bout de temps. Je pédalerais jusqu’au village, transpirant sous le joug du zénith, pour acheter une baguette à la boulangerie, près de la grande place. Après les vignes et le violet des champs de lavande, après les graviers et la garrigue omniprésente, je traverserais l’avenue principale du village, longerais les vieilles maisons de pierres, aux jardins coquets et aux barrières rouillées.
Il y aurait le marché : les carrés colorés des étalages, l’odeur de la tapenade, et celle du poulet qui rôtit sur la broche. Je slalomerais entre les gens, leurs paroles aux accents chantants. Au loin, j’entendrais le clocher de l’église qui sonnerait la première heure de l’après-midi. Et j’arriverais à la boulangerie.

Ou peut-être, ce serait un jour de pluie. Toujours l’été, toujours la chaleur, mais un ciel gris et larmoyant. Toujours ce sentiment d’être figé entre deux époques, cette errance spirituelle au coin des pensées.
Je mettrais un K-way par-dessus mon T-shirt, avant de prendre le vélo. Sur le sentier en bas de chez moi, ce serait le silence des escargots sortants qui m’accueillerait, et le chant des cigales aurait fait place à celui des gouttes qui tombent. Je pédalerais jusqu’au village, sous le crachin, sans voir les vignes et la lavande. Le marché ne serait pas là, les volets seraient clos, et les ruelles du village désertes. Ce serait un peu triste. Je slalomerais entre les flaques, et j’arriverais à la boulangerie.

Ou peut-être, cela se passerait autrement. Je ne prendrais pas le vélo mais la voiture, je n’entendrais pas les cigales mais le bruit du moteur et la chanson qui passerait à la radio, j’écraserais les escargots sous mes gros pneus. Ce serait toujours un jour d’été, parce que décidément, j’aime cette idée, et j’arriverais au village, parce que j’aime ses ruelles, mais je ne ferais sans doute pas attention au paysage ni au temps qu’il ferait. J’arriverais à la boulangerie, et je descendrais de selle, ou de voiture.

Et je te verrais. Je ne serais pas séduisant, dans mon short trop court ou mon K-way trempé. Il ferait trop chaud, ou trop humide, pour que je ne fasse pas une grimace. Je sentirais la transpiration. En fin de compte, ce serait une rencontre sans poésie et sans romance. Une rencontre ordinaire, comme on n’en fait pas dans les romans.
Tu serais là. Tu viendrais m’aborder. Je ne te trouverais pas spécialement beau : tu serais un peu maigrelet, avec des pommettes osseuses. Bizarrement, je retiendrais ton visage. Toi non plus, tu ne serais pas sous ton meilleur jour : un début de barbe inélégant, les cheveux en bataille, et un cil égaré au coin de l’œil sur lequel je ferais une fixette.
Je ne me souviendrais plus de tes premiers mots. Je ferais attention à la musicalité de ta voix, et j’y sentirais quelque prétention. Je ne t’apprécierais pas. J’aurais l’impression que tu ne me regarderais pas dans les yeux, mais à côté. Je ne serais pas à l’aise, comme chaque fois que je discute avec un inconnu.
Tu me dirais ton nom, et je le trouverais commun. Notre discussion serait sans profondeur, teintée de cette même saveur de perdition qui planerait dans l’air. Tu me poserais des questions, sur moi, sur le pourquoi de ma venue au village. J’y répondrais, te les retournerais par politesse. Nous discuterions peut-être de nos vies, du temps qu’il fait, de nos projets, de notre ennui.
Puis nous nous quitterions, parce que j’aurais acheté mon pain à la boulangerie. Et dans les minutes qui suivraient, j’aurais déjà oublié notre conversation.

Plus tard, parce que le hasard, le destin, l’univers, ou les trois à la fois, l’auraient décidé, nous nous retrouverions.

Et plus tard encore, nous y repenserions, installés sur le balcon de notre appartement. Nous ririons de cette première rencontre qui nous avaient paru si anodine.

Et dans nos meilleurs moments, je me rappellerais. Dans tes yeux, je reverrais le bleu du ciel, ou les coquilles mouillées des escargots, les murs du village et le marché. Dans ta voix, j’entendrais le chant des cigales, ou le bruissement de la pluie sur le dos des feuilles. Je sentirais les olives, la lavande, le soleil, et surtout l’odeur du pain qui cuit dans les fours de la boulangerie. Je revivrais ce jour d’été. Et je saurais que cette rencontre, avec ses fausses notes qui sonnent si juste, aura été celle dont j’ai toujours rêvé.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 17:02

Texte n° 6




Combien de fois ai-je écrit son nom ? Combien de fois ai-je décrit le moindre de ses gestes, la moindre de ses pensées ? Jérusalem. Il n’était même pas le héros, il n’était que dans le premier tome, mais c’est en sa compagnie que j’ai passé toutes ces nuits de veille, c’est à ses cotés que j’ai arpenté les rues de ma ville et à chaque statue, à chaque carrefour, à chaque numéro, j’avais une histoire sur lui. Ici, c’est la rue Saint Séverin. Il habite au numéro 22, un appartement dont je n’ai vu que la façade, un appartement dont je connais le plus petit grain de poussière. Jérusalem. Personnage d’un premier roman jamais achevé. Jérusalem. Mes amis pensaient que j’écrivais sur la ville et lorsqu’ils rêvaient d’orient lointain et de quête spirituelle, je ne voyais que la silhouette frêle et torturée des lettres qui, sur le papier de mon cahier à petits carreaux, dessinaient le nom de mon plus cher ami.
Ce soir, j’ai échangé le HLM d’antan pour une résidence bourgeoise, j’ai laissé mes errances urbaines pour des soirées mondaines, j’ai abandonné mon fidèle stylo plume pour un clavier d’ordinateur et dans mes documents, Le Roman de Jérusalem n’est plus classé que dans les brouillons. Ce soir, beaucoup de choses ont changées et passer près de la rue Saint Séverin ne me fait plus frissonner comme avant, j’ai presque oublié la saveur du café que je buvais chez Hamed en écrivant les premières lignes de ce roman… « Ce jour là, il faisait nuit. Ce n’était pas une chanson de Barbara ni même une éclipse solaire, tout juste un banal petit matin d’hivers… » C’est comme ça que ça commençait avant que tu n’apparaisses à ta fenêtre, fumant ta première clope, celle que je faisais, envieuse, durée cinq heures, le temps que la ville se réveille, que tu sortes de chez toi pour aller voir Olga. Olga, la petite prostituée, celle que tu n’allais voir que pour la dépanner…on sait bien tous les deux que tu n’aimes pas les femmes.
Oui, ce soir, tout est bien différent ! Pourtant, maintenant que je sais que tu resteras pour toujours dans les brouillons, que jamais je ne reprendrai ton histoire, je peux bien faire ce qui est interdit. On dit qu’un auteur, ça ne parle pas à ses personnages ; on dit qu’un auteur ça ne rencontre pas ses personnages… La rencontre de mes rêves, tu y crois toi, Jéru ? Ce n’est ni un personnage historique important, ni une sombre célébrité, pas même ce dont parlent les légendes et les autres livres ; ce n’est ni pour faire le bien, ni pour être heureuse ou pour apprendre quelques vérités…la seule personne que je rêve de rencontrer, c’est toi Jéru, compagnon de tant d’années. Alors, je ne veux pas être auteur, et même si c’est pour toujours ; mais qu’on me laisse traverser le papier, qu’on me laisse entrer dans ce monde qui n’est pas le mien…

On était vendredi soir, Jérusalem ne travaillait pas…son soir, c’est le jeudi. Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi ce jour…. Vendredi soir ! Je ne pouvais pas mieux me décider, je savais qu’il était chez lui. Je passait le trajet de l’aller – aussi ma parut-il si court- à l’imaginer m’ouvrant la porte de son appartement. Lorsque j’avais créé le personnage de Jérusalem, j’avais voulu qu’il ressemble à un type dont j’étais très amoureuse à l’époque ; j’espérais, à présent qu’il ne lui ressemblât pas trop. Jadis, si j’avais eu mon âme entièrement dévouée à Nicolas, ce soir, elle devait être toute à Jéru, à ce vieux compagnon. Je ne me souviens plus comment j’ai remonté le boulevard, comment j’ai traversé les quelques rues et gravit les escaliers menant à sa porte, mais je me suis arrêtée là, hésitante. Il ne pourrait pas me reconnaître, il ne m’avait jamais vu, il ne savait pas que parfois, les auteurs traversaient leurs œuvres pour rejoindre des personnages. Je trouvais finalement le courage de sonner et j’attendis, avec un peu d’angoisse, il faut l’avouer, qu’on donnât signe de vie à l’intérieur. J’entendis alors grogner :

« - …tain, c’est qui à cette heure ? »

Je ne pu m’empêcher de sourire, c’était tout à fait le genre de parole que je lui faisais dire. Il ouvrit et je le vis apparaître tel que je l’avais toujours imaginé. Je devinais qu’il portait la même chemise depuis la veille et à son expression que je venais de le réveiller. Je tentai de ne pas sourire à nouveau, je savais qu’en se demandant qui je pouvais bien être il allait se mordre le coté de la lèvre inférieure. Cette habitude, il l’avait à chaque fois qu’il réfléchissait et je le regardais faire avec tendresse. Après quelques minutes qu’il passa à m’observer il soupira. Je ne pouvais pas savoir mais toutes ces années passées dans mon esprit, il avait appris à me connaître et il avait compris. Il me laissa entrer…

Je ne sais plus, Jéru, combien de temps nous avons passé à nous regarder, sans parler, à deviner chacune de nos pensées, mon si cher ami, mais un auteur ne rencontre pas ses personnages…plus jamais je n’écrirai ton histoire, personne n’entendra jamais parler du Roman de Jérusalem, plus jamais je ne serai ton auteur Jéru pour avoir, encore une fois, la chance, au détour d’une page, à travers les lignes d’encre noire, de te revoir.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 17:11

Texte n° 7




La vie telle que je l’ai rêvée…


A mes précieux compagnons de l’Atelier d’Ecriture…





Ne vous êtes-vous jamais demandé comment votre vie pouvait basculer du tout au tout en l’espace d’un instant, si éphémère qu’il n’est que soupir dans le tourbillon de l’éternité ?

Je suis sûre que la question vous a déjà effleuré, même si vous n’avez pas cherché à trouver la réponse. D’ailleurs, au moins l’un d’entre vous sera d’accord pour affirmer que certaines questions ne trouvent pas de réponses (n’est-ce pas Iron ?).



La vie, le destin, la fatalité… Inextricablement liés dans la toile de l’univers qui régit nos existences. Passé, présent et futur sont leurs enfants. Nous connaissons le premier, nous vivons le second, nous attendons le troisième. Et face à ce futur qui se dessine jour après jour, nous subissons les événements, sans jamais pouvoir les prévoir. Prétendre que l’on peut prédire l’avenir est aussi stupide que de descendre d’un TVG en marche ou de sauter d’un 747 en plein vol. Vous voyez le tableau ? Ça donne genre crêpe confiture de groseille étalé sur l’asphalte. Croyez-moi, pas joli à voir. Enfin bref, je vous épargne les détails.



Ainsi, impossible de prévoir les événements. Tu marches dans la ruelle pour aller acheter ton pain chez le boulanger du coin et quand tu tournes au coin de la rue, précisément au moment où tu t’y attends le moins, collision ! Rien n’aurait pu laisser prévoir ce choc. Tu te retrouves les quatre fers en l’air à te confondre en excuses face à l’inconnu qui t’a percuté de plein fouet. Pourquoi je vous raconte ça ? C’est une bonne question mais comme je l’ai déjà dit au début, certaines questions ne trouvent pas de réponses.



En vérité, cette rencontre dont je vous parle, c’est la mienne. Celle dont je rêve. D’une certaine manière, elle arrivera. Je crois qu’il n’y a que moi pour comprendre ce que je veux dire, ou alors ceux d’entre vous qui ont l’esprit assez déjanté pour saisir la portée de mes paroles. (Akira ?)

Passons.



J’en viens à présent à la question que nous avons tous posée, un jour ou l’autre.

Le fameux « et si ? ».

Et si nous avions l’opportunité de modifier notre avenir ?

Et si nous avions l’occasion de changer à jamais le cours de notre paisible existence, simplement parce que notre route croisa un jour celle d’un autre, dont l’intervention involontaire ou inconsciente eut des répercussions incroyables sur nos vies ?



Moi je dis qu’une rencontre peut vous changer la vie.

Comme cette rencontre fracassante dont je faisais mention il y a un instant…



La femme se masse le front là où ma tête a heurté la sienne. Elle se redresse en débitant un tas d’excuses à peine compréhensibles et je me contente de la fixer avec perplexité, comme si j’avais affaire à un alien tombé en exil sur Terre. Mais en vérité, c’est encore pire que ça. Mon cœur fait un bond lorsque mes yeux tombent sur un attaché-case. Il s’est ouvert, crachant un manuscrit épais, relié par un peigne plastifié. Je crois rêver… C’est tellement dément que je m’étonne d’être encore consciente. J’aurais dû tomber en syncope, ou au moins m’évanouir, mais je reste plantée là, clignant des yeux d’un air ébahi.

« La Dernière Croisade des Gaëllithes
Livre 6 des Arcanes de Wyl’Ambre »



— Ce n’est pas possible…

Ma voix n’est qu’un vague murmure et je sens les larmes qui menacent de jaillir. Mais pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. Je n’arrive plus à penser. Lentement, mon regard se braque sur cette femme vêtue de noir, à l’exception d’un chemisier blanc qui contraste avec son élégante tenue. Je lui donne la trentaine bien sonnée. Elle me fixe d’un air aussi stupéfait que moi. Le temps semble suspendre son vol et subitement, plus rien n’existe autour de nous.

Et voilà que l’ombre se fissure pour dévoiler les fragments d’une vérité absurde mais incontournable. Nous nous dévisageons mutuellement et je réalise peu à peu le caractère totalement exceptionnel de cette rencontre.

Elle aussi a compris.

Elle esquisse un sourire et ramasse le précieux manuscrit pour le ranger dans son attaché-case. Puis elle se redresse devant moi, m’observant avec attention :

— Il ne faut jamais perdre espoir, déclare-t-elle avec un clin d’œil malicieux. L’avenir est plein de surprises. Il ne faut jamais cesser de croire en lui.

— Tome 6 ?

— Oui. Le dernier, acquiesce l’étrange femme.

Elle ne m’est pas inconnue, et pour cause ! J’inspire profondément, la gorge serrée par une joie que je peine à dissimuler. Les larmes qui inondent mes yeux, cette fois, sont bien des larmes de bonheur. Aucun doute là-dessus. L’espoir qui m’avait désertée depuis quelques temps ressuscite si brusquement que j’en vacille. J’ai la tête qui tourne, le monde m’apparaît sous un jour nouveau, et il me semble – non, j’en suis sûre – que ma vie prend un tout nouveau tournant. Un sourire à travers mes larmes et j’adresse un hochement de tête à cette dame, comme en signe de remerciement. Elle vient de sceller mon destin alors que je n’avais plus aucune espérance et que mes rêves s’effritaient au fil des jours.

— Et…

J’hésite. Je me mords la lèvre inférieure, gênée. La femme pose alors une main sur mon épaule, toujours souriante :

— La vie telle que nous l’avons rêvée, murmure-t-elle d’un air énigmatique. Un mariage réussi, une carrière en or, tes amis de l’AE, tes espoirs intacts…

Je ferme les yeux, parcourue d’un indicible soulagement.

Lorsque je rouvre les yeux, la femme a disparu. Enfin j’ai disparu devrais-je dire.

Ai-je rêvé ? Ou ai-je vécu ?

Mais comme déjà dit, certaines questions ne trouvent pas de réponse, et c’est peut-être mieux ainsi. Au moins, j’ai le sentiment d’avancer et j’ai de nouveau la foi.

Si seulement tout cela pouvait être réel… Mais l’espoir fait vivre, n’est-ce pas Shoun ?



A vous tous, floodeurs fous de l’AE, je crois en vous, vous êtes tous formidables, ne changez jamais…

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 17:12

Texte n° 8




J’avançais lentement, me dirigeant vers la chambre où je m’apprêtais à dormir. L’écho de mes pas résonnait à l’infini, si bien que l’on eu dit qu’un régiment marchait à ma suite, troublant l’inquiétant silence de la demeure, mais, éclairée par un petit chandelier dont la flamme vacillante donnait à mon ombre les formes les plus impressionnantes, je continuais mon chemin d’une démarche assurée et fière à travers le dédale de couloirs qui s’offrait à ma vue. Soudainement, je senti une présence. Quelqu’un où quelque chose me suivait, et, malgré sa discrétion, ne parvenait à se dissimuler entièrement, chose qui eu été aisée, étant donné la multitude de recoins. Alors que la chose se rapprochait, mon sang se glaça. C’était Elle ! Elle revenait une nouvelle fois troubler mon sommeil ! Seulement, cette fois j’en étais certaine, je ne dormais pas. Je passais ma main sur la bougie pour m’en assurer et la vive morsure du feu me le confirma. Pourtant, comment était-il possible qu’Elle se trouve là ? Cette créature ne pouvait appartenir qu’à mon imaginaire et ne devait pas, d’un point de vue strictement physique, scientifique, être là. C’était tout simplement impossible, je le savais bien. Cependant, je reconnaissais si bien cette atmosphère pesante qu’Elle provoquait à chaque apparition dans mes rêves. Cette folle angoisse, enserrant tout mon être, m’étouffant, m’enchaînant de ses liens indestructibles. Déjà, je ressentais des difficultés à respirer convenablement et les battements déchaînés de mon cœur bondissant dans ma poitrine provoquaient des élans de douleur incontrôlables. Il me vint à l’idée de hurler, mais qui donc m’entendrais ? J’étais seule, seule face à cette Chose. Je devais à tout prix maintenir ma concentration sur un objet, n’importe quoi, la peur ne devait pas prendre le dessus comme elle était en train de le faire, car alors, Elle aurait gagné. Je sentais désormais un souffle léger…Elle se rapprochait. Que faire ? Ayant rapidement examiné la pièce où je venais d’entrer, je ne vis aucun moyen d’échapper à cette Créature. Il devait y avoir un moyen pourtant. Je maintenais mon attention sur la flamme de ma bougie, espérant trouver une issue dissimulée dans quelques coins sombres. Je n’avais jamais regardé du feu avec autant d’intensité. La flamme dansait encore toujours, perdant de l’intensité par moment puis reprenant de plus belle sa danse endiablée. Fascinée par cette lumière qui semblait comme animée de vie, j’oubliais un instant la Chose qui se rapprochais. Puis un flot de pensées désordonnées et confuses s’écoula dans mon esprit. A quoi bon fuir ? Ce rêve n’était-il pas la preuve même que je La cherchais, que je l’avais toujours cherchée ? Non, j’étais folle ! Je connaissais très bien la manière dont se finissait chaque rencontre avec Elle ! Pourtant, au fond de moi, je désirais tellement voir ma plus grande peur en face. Je sentais maintenant son souffle sur ma nuque. Le moindre de ces pas résonnait en moi. Approche toi encore, murmurais-je d’une voix inquiétante. Me retourner et implorer sa grâce, n’était ce pas me meilleur moyen de rester en vie ? Non, elle nous aurait tué ! L’affronter serait alors la meilleure solution, j’en rêvais depuis si longtemps ! L’affronter et la vaincre ! Son allure ralenti soudain avec la mienne. Elle savait déjà quel était mon choix Alors, lentement, ma main enserrant de toutes ses forces le manche de mon couteau, m’efforçant de garder la tête haute, je me retournai. Ayant jeté un rapide coup d’œil à sa figure, je baissais la mienne afin de n’apercevoir plus que le bout de ses pieds, nus. Son visage était bien plus terrifiant que toutes mes prévisions. Je m’attendais à ce qu’il soit d’une laideur extrême et je me trouvais face de la créature la plus belle qui soit. Un petit nez pointu, une bouche finement dessinée, des oreilles adorables, et une magnifique chevelure tombant en mèches cuivrées sur ses épaules, je ne pourrais trouver les mots suffisants pour décrire la perfection de ces traits et de son corps. Seul son regard, fixe et vide, se dégageait de ce visage parfait. Insupportable perfection qu’était la sienne ! D’autant plus que, malgré sa beauté incomparable, sa grâce et son maintient, je comprenais qu’elle n’était rien d’autre que mon reflet, le reflet que je n’étais pas mais que j’avais toujours rêvé être. Cette ressemblance, toute aussi frappante soit-elle devenait de plus en plus intenable au fur à mesure des secondes qui s’écoulaient lentement. Il me semblait qu’Elle puisait ma propre image pour former la sienne. Elle gardait le silence, tout comme moi. Ce silence avait duré une éternité, puis enfin, j’avais consenti à lever les yeux. Elle portait les mêmes habits que moi, seulement, ils lui seyaient d’une manière absolument différente et malgré leur simplicité, ont eu dit qu’ils étaient magnifiques. Son regard est toujours aussi froid, inexpressif. Ses mains, courtes et fines, tiennent le long manche d’un couteau, le même que celui que tient ma main droite.
- Salut, à qui ai-je l’honneur ? , débitais-je d’une voix faussement assurée.
Elle tourna ses grands yeux vers mon visage. Je baissais immédiatement les yeux, un seul de ses regards me tuerait.
- Tu le sais très bien, tu me connais autant que je te connais répliqua-elle. Sa voix était toute aussi étrange que le reste de sa personne et chaque mot qu’elle prononçait était dit sur un ton différent.
- Il me semble que vous n’avez pas répondu à ma question, répondis-je alors.
- Je suis Toi et tu es Moi dit-elle dans un souffle ou plutôt un râle.
Je ne m’étais donc pas trompée. Chaque fois qu’elle prenait la parole, je sentais un long frisson se propager le long de mon échine alors que de la sueur froide coulait de mon dos. Ma main, celle qui tenait le couteau se mouvait lentement. La sienne aussi.
- Que veux tu ?
- Il est temps que tu payes. Toujours, tu as rejeté ton reflet, il est devenu ton ombre et a hanté tes nuits. Désormais, il est revenu pour se venger et prendre la place qu’il lui est dû.
A cet instant, mon image éleva son couteau au dessus de sa tête et me transperça le bras gauche. La douleur fulgurante que je ressenti éveilla toute la haine qui sommeillait en moi. Plus rapide que je ne le fus jamais, je répliquai en enfonçant mon arme de toutes mes forces dan son côté droit. Elle recula, vacilla et s’effondra sur le sol, du sang coulant à l’endroit où j’avais planté mon couteau. Elle me vixa de ses yeux, magnifiques et d’une douceurs hors du commun. Je senti alors une violente décharge et je fus projetée à terre. Je venais de me tuer.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 17:13

Texte n° 9




Le soleil inondait les ruelles, les parcs, et les avenues. Je marchais lentement, voulant saisir chaque instant de ce temps clair et lumineux qui s'était fait trop longtemps attendre. Avec bonheur, je sentais l'air printanier emplir mes poumons et ma peau qui se délectait de la chaleur. Je souriais, j'étais heureuse, je me laissais doucement envahir par la plénitude. J'avais la nette impression que ce sentiment de béatitude atteignait aussi les passants que je croisais. La joie irradiait des visages d'enfants, heureux de pouvoir courir, toujours plus vite, portaient par leurs innocences. On lisait dans les yeux de certains, le délice que procure le temps passé, simplement à être là et se sentir vivant, sans demander plus. La fusion des âmes sœurs n'était que plus évidente, l'envie d'être ensemble n'était que plus forte.
J'avais donné rendez-vous à une amie dans notre café favoris : Le palais des anges. J'étais en avance, j'allais donc m'assoir seule au fond de la salle. Cet endroit est idéalement placé, on a une vue panoramique sur l'extérieur, assez ombragé, avec beaucoup de passage. Il n'y avait que quelques tables occupés, l'endroit étaient plutôt désert, la plupart des clients s'étant installés dehors. Au coin opposé du mien, il y avait un jeune couple qui discutait avec animation, une vieille dame aveugle, au centre, sirotait une menthe à l'eau, et au comptoir, un homme fumait, tenant un verre de limonade. Je ne voyais pas son visage, seulement sa main libre qui tapotait machinalement sur la plaque marbrée. Après quelques minutes, je commandai un Schweppes, et feuilletai un magazine féminin acheté quelques heures plus tôt. J'étais bercée par les bruits alentours : cris, éclats de rire, ventilateur... Je respirais profondément. Paix.
Après cela, pourtant, je ressentis comme des picotements dans la nuque, une gêne. Presque imperceptible. Lentement, je levai les yeux de ma lecture, cherchant la source de mon dérangement. Le couple était partis, laissant deux verres à moitié plein. La vielle dame, elle, se tenait à la même place, sereine. Je posai mes yeux sur l'homme du comptoir. Il semblait agiter, nerveux. Il venait d'allumer une cigarette, la dernière sans doute, le paquet vide jonchait le sol. L'homme tira une longue bouffée, mis sa tête entre ses mains, cela sembla le calmer. Il avait des cheveux mi-long, ébène, parsemés de quelques mèches grises. Sa chevelure souple suivait ses mouvements d'épaules, frénétiques. Elle tombait sur une veste de costume, noire, elle aussi, plutôt cintrée pour un homme. Il devait être assez fin. Son pantalon assortis, finissait impeccablement sur ces chaussures de cuirs, brillantes. Un homme d'affaire. Un cadre peut être. En somme, quelqu'un d'important. Je me mis à imaginer sa vie, coincer entre les embouteillages, son bureau au dernier étage, ultra design, son sandwich avalait vite fait pendant la pause. Son salaire royal. Et la routine, omniprésente. Quelle vie plate. Que pouvait-on envier à un type pareil ? Rien.
Alors que j'étais encore plongée dans mes pensées, l'homme en question tourna la tête, vers moi. Il me dévisagea quelques secondes, avant de me transpercer d'un regard profond, sombre, presque vulgaire. Ces sourcils droits accentués l'effet produit. Je plongeai instinctivement la tête dans l'article, consacré aux rougeurs passagères et sentis le sang affluer dans mes joues. J'essayais de prendre un air naturel, désinvolte, hélas, mes efforts se révélèrent infructueux. Je croisais et décroisais les jambes, tournais les pages avec vigueur, me passais la main dans les cheveux. Pourtant, son regard de me quittait pas. Je me hasarda à regarder ailleurs, je crus voir un faible sourire sur son visage et il se détourna. Je fus soulagée, je n'aurais pas supporter ce manège longtemps. Lorsqu'il m'avait observer, j'avais senti une vague de stresse m'envahir, me submerger, m'engloutir. Comme si cet homme avait pu comprendre le fond de mes pensées. Connaître mes a priori, mon mépris à l'égard de sa vie, alors que je ne connais rien de lui, pas même son prénom. Seulement, cet être m'intriguait, il avait l'air si distant, arrogant aussi. Même sa façon de fumer m'agaçait. Ce geste furtif et précis afin de se débarrasser de la cendre, lorsqu'il replaçait le poison entre ces lèvres, soulagé d'avaler les toxines qui le tenaient en vie. Portrait peu glorieux en effet. Et pourtant... Je veux notre rencontre. Je scrutais ses attitudes, le deviner par ses faits. J'attends, me désespère, mais rien, pas à un signe. Heureusement, après un quart d'heure, il enlève sa veste, la pose sur un siège près de lui, desserre son col. Il semble à nouveau distrait, impatient, sa main vient de jeter le mégot dans le cendrier. Il cherche, vainement, la nicotine lui manque déjà. Soudain, il se retourne, je le vois arpenter la pièce du regard, il a l'air déçu. Enfin, il me regarde, de ses yeux infinis, intenses, beaux. Je soutiens son regard, il prend sa veste, et viens s'assoir en face de moi. Silencieux. Je discerne clairement son visage pour la première fois. Hélas, je n'arrive pas à me concentrer, ni me détacher de ses yeux. Son silence m'enchante. Il n'y a rien à dire, se taire est la meilleur méthode pour s'apprendre. Il émane de lui quelque chose d'impénétrable, mystérieux, déroutant. Lui, je ne sais pas ce qu'il pense. Mais, est-ce que je veux réellement le savoir ? Non. Sa présence me suffit. Quel heure est-il ? Quel mois ? Les cris des enfants sont loin, il me semble.Tout cela me parait si solennel ! Au même moment, cet homme se penche près de moi, et, avec une délicatesse infinie, écarte une mèche de cheveux de mon visage. Je frémis. Il me sourit, patient, il me tends la main : " Je suis Sami Frey ".

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 19:04

Texte n° 10




J'avançais contre le vent, debout sur cette étroite falaise crayeuse balayée d'embruns salés. De temps à autre, portée par les courants démontés de la mer en furie, une haute vague s'élançait à l'assaut de ces pentes abruptes, ses blanches franges écumeuses parvenant parfois à venir lécher la pierre.
Au loin, entre deux jaillissements bouillonnants, apparaissaient par intermittence les îlots rocailleux, déserts et inhospitaliers, livrés en permanence aux caprices marins. Noyés dans la brume et un fin brouillard, éternelles images figées d'un passé à l'histoire encore inconnue, de ces légendes en perpétuelle attente d'une âme assez courageuse pour les y aller recueillir.
De l'autre côté s'étendaient ces autres vastes espaces, longues prairies vert émeraude chevauchant des collines sans fin, invitation à l'errance sans but. Le tapis luxuriant était humide de rosée, promesse foisonnante d'une vite interne aux secrets intacts.
Je rêvais d'aller fouler cette douce étendue de calme, arpenter ses chemins et me perdre dans les méandres de l'île, m'abandonner à sa volonté, me laisser mener et ne plus réfléchir au sens de mes actes. Mais pour ça il aurait fallu que je quitte la corniche et le sentiment de liberté que m'apportait cette idée de marcher au bord du vide, comme si tout pouvait à chaque instant s'arrêter.
C'était ça la vie. Sentir les rafales caresser mon visage, me malmener par instants, me faire pencher d'un côté ou de l'autre et décider pour moi si j'arriverai au bout de mon chemin. Un pied devant l'autre, lentement, sûrement, percevoir la touche indélicate et acérée des rochers sous mes pas. Ne plus penser à rien. Juste avoir confiance en cette sensation qui court dans mes veines.
J'appartiens à cette île, je suis cette île. Elle est vivante. C'est son souffle que je respire, sa voix qui murmure à mes oreilles par l'intermédiaire de ce grondement incessant et vivace qui court si loin en dessous de moi, dans ce ressac infini. La rencontre de nos esprits était depuis toujours inévitable.
Je veux savoir.
Fermant les yeux pour mieux savourer notre union, j'étendis les bras, renversai la tête en arrière et continuai à avancer, seulement guidée par sa voix séductrice et murmurante. Je n'avais pas peur – il n'y avait pas à avoir peur. Je suis elle. Et elle est moi.
Sur la lande déserte s'entend encore le roulement de sabot des chevaux fantômes. Des guides qui m'appellent pour partir à la découverte de mon rêve, en toucher les parties les plus éloignées et les plus secrètes. Loin, au-delà des monolithes géants dressant leurs pointes majestueuses en un défi aux cieux, retentissent les accords mélancoliques d'une cornemuse isolée, contant le destin magnifique et triste de ces héros depuis longtemps oubliés, de ces espaces dépeuplés de leur magie d'autrefois. Nostalgie d'une époque si ancienne que les chants peuvent à peine les faire revivre.
Raconte moi. Instruis moi de tout ce qui vit au fond de moi.
Le bout de la corniche est proche, je le sens. Bientôt, ce sera le vide et seulement les écueils une centaine de mètres plus bas. Et il faudra faire le choix. Revenir au présent, laisser cette plénitude ou la prolonger, ne faire vraiment plus qu'un. Ce n'est même plus difficile à faire – j'ai enfin compris qui j'étais, d'où je venais. La nécessité d'un tel besoin a cessé de se faire sentir, je sais déjà ce que j'ai décidé.
Je souris à mesure que les vestiges d'embruns salés ayant réussit à parvenir jusqu'ici se déposent sur mes lèvres, et continue d'un même pas égal et distant. Il me semble que je flotte au milieu d'un rêve éveillé. Pourquoi se hâter alors que tout est si beau ? Savourer la valeur des choses, des émotions, des acquis, telle est la vérité que j'ai découverte ici, qui se met enfin en application. Le temps n'a plus d'emprise sur ce monde, hors de l'existence.
Ne me laisse pas fuir. Je veux aller jusqu'au bout des choses. Au bout du rêve. Ne pas avoir de regrets.
J'ai cessé depuis longtemps de résister. Ça n'aurait servit à rien. Si j'y arrive, j'aurais réussit ce que j'étais venue chercher. Dans peu de temps, nous saurons toute deux qui avait raison, qui est la plus forte.
Au pas suivant, je m'immobilise, un pied encore suspendu dans les airs. Je sais que je suis juste, que j'ai gagné. Je n'aurai pas besoin de vivre continuellement dans cette illusion. La rencontre n'était qu'un garde-fou, une tentative d'escale dans ce monde trop vide.
Et je n'oublierai jamais tout ce que j'ai vu et sentit aussi. Tu revivras. Nous y avons gagné toute les deux, finalement. Pas de vainqueur, pas de vaincue. Juste une union temporaire pour la terre, le pays et l'esprit.
J'ai ouvert les yeux. J'avais raison. Les terribles brisants écumants viennent lécher le bas de la falaise où je me tiens, en suspend et contre le vent. Il ne me reste plus qu'à faire demi tour et regagner la réalité.
Mais j'ai encore le temps.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 19:19

Texte n° 11

Rencontre de rêve, rêve de rencontre.


Le train roule, roule, roule… Je n’aurais peut-être pas dû rester autant de temps au téléphone la nuit dernière. Ma tête se met à ballotter et bientôt je m’assoupis. Les sursauts du train me bercent, son ronflement monotone m’endort de plus en plus. Y a pas à dire, je suis crevé !
Paris. Les maisons défilent, certaines délabrées, grises, d’autres à la peinture fraîche. Au loin, les buildings s’élèvent à la conquête. Je cherche la Tour Effeil du regard. Mais non, je ne dois pas être du bon côté. Suis-je vraiment à Paris ? Je ne vais quand même pas me tromper de ville. Ce serait trop bête. Déjà, le doute m’envahit. Je crois distinguer des bâtiments, des panneaux m’indiquant que je suis dans d’autres villes de France, d’Europe… Ah non ! Pas de ça. Pourquoi m’en faire ? La ville vient d’être annoncée : c’est bien Paris, Garde du Nord : arrêt de cinq minutes.
Je me lève et vérifie que toutes mes affaires sont dans mon sac. Plus que quelques minutes à patienter et le moment tant attendu arrivera. Avec une demi-douzaine de personnes de mon wagon, je vais prendre ma valise. Je reconnais facilement la mienne : grise, à roulette, des autocollants un peu partout et surtout, usée. Elle a bien servi, c’est le moins que l’on puisse dire.
Le train ralentit, croise le chemin de nombreux rails. La gare approche. Je me prépare à la secousse de l’arrêt. Un pied en aval, un autre en amont. Est-ce que j’ai précisé dans quel wagon j’étais ? Arrêt final. J’ai bien fait de me préparer : à côté de moi, un enfant tombe et se met à pleurer. Je l’aide à se relever et le rend à ses parents, les portes s’ouvrent. Tout à coup, je me sens impatient. Ce moment, cette rencontre, ça faisait tellement longtemps que je l’attendais.
Je descends le marchepied, portant ma valise des deux mains. Le bruit, l’odeur, l’atmosphère surchargée de la gare, tout me monte brusquement à la tête et je trébuche… Pour me retrouver à plusieurs mètres du train… Pas normal ça. Quelque chose manque… Ma valise ! Je commence à paniquer. Ca commence vraiment mal… Je n’aurais pas l’air bête à perdre ma valise comme ça.
Ah ! La voila, juste à côté de moi. J’aurais pourtant juré l’avoir lâchée en tombant… Tant pis, cela ne sert à rien de s’embêter à chercher une explication rationnelle. J’ai d’autres choses à faire autrement plus importantes. Comme la trouver par exemple. Je me mets à arpenter la gare, restant d’abord aux alentours du train. Rien. Rien de rien. Je ne vois personne qui lui ressemble. En même temps, difficile de voir qui que ce soit dans cette foule oppressante. Une foule qui se comporte bizarrement. Pour un peu que l’on fasse attention aux gens autour, il devient impossible de faire un pas sans être bousculé. Par contre, si l’on fait abstraction d’eux, il devient facile d’avancer, comme si la masse de personnes pressées s’écartait naturellement. Mais toujours pas de traces de la personne tant recherchée. Je n’arrive plus à me souvenir si nous avions convenu d’un point de rendez vous.
A la descente du train bien sur… Mais je n’avais pas prévu cette chute plus que bizarre. Depuis l’arrivée à Paris tout est étrange… Comme si… Comme si tout cela n’était qu’un rêve. En tout cas, cela explique bien des choses. Et si c’était réellement un rêve ? Il me suffit alors de me concentrer et d’agir dessus. Même si je manque de pratique, c’est tout à fait faisable.
Peine perdue, quoi que je fasse, je tourne en rond et je ne la trouve pas. Cette situation commence à m’agacer et à m’attrister. C’est bête, non, d’avoir fait tout ce chemin et finalement de se retrouver seul, loin de chez soi, dans une gare plein d’inconnus ? Et, à côté de ce sentiment croissant de bêtise, grandit une autre envie… pressante. Et assez insensée dans une telle situation : lire. Cette pulsion prend alors le pas sur le reste et je me mets en quête d’une librairie. C’est beaucoup plus simple que de rechercher une personne. La librairie, au moins, ne se déplace pas. Il y en a une justement dans les magasins attenants à la gare : un magasin Relais©, comme il y en a dans beaucoup de gares. Bien sur, le magasin fait aussi vente de souvenirs, de sucreries, de journaux, de magazines, de DVD en tout genre… Mais il y a des livres ! Seulement, le magasin est noir de monde et je le fuis.
Je m’arrête finalement dans un espace vide de toute personne. Il me semble presque entendre le chant des oiseaux et le murmure de l’eau limpide coulant d’un torrent. Presque. Je m’assoie sur ma valise et sors un livre de mon sac. « Phaenomen », d’Erik L’Homme. Un livre qui attendait depuis quelques temps d’être entamé. Voila chose faite.
Je plonge dans l’histoire et commence à nager entre les lignes. Le rythme de l’histoire et entraînant, le courant trop puissant pour que je puisse remonter à contre courant. De toute façon, la température de l’eau est idéale. Il faudrait être fou pour vouloir en sortir. Et c’est avec un certain étonnement que j’émerge brusquement, bousculant quelqu’un : une boule de poils châtains clair mesurant 1 mètre 57 vêtue d’un T-shirt orange, d’après le mètre déroulé juste à côté. Je m’excuse mais elle ne fait pas attention et regarde mon livre.
- Bon choix de lecture. J’ai conseillé les mêmes à celui que je suis venue chercher.
Grand blanc. Mon cerveau marche à plein régime. Je cligne des yeux. Ce n’est plus une boule de poils en face de moi. Je m’exclame :
- Amandine ! On se trouve enfin !
Et c’est tout naturellement que nous faisons enfin réellement connaissance. Réellement ?

La barrière entre rêve est réalité est tellement nébuleuse qu’il est impossible de savoir si cette rencontre s’est réellement passée.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 19:20

Texte n° 12


R^v3

J’avance la tête tournée vers le ciel. Les nuages font la course tandis que mon pied heurte soudainement quelque chose de lourd. Un bruit métallique retentit peut après. Je quitte des yeux le crocodile qui battait alors le lion à la course céleste. C’est un caillou de silex qui a heurté des railles à moitiés enfouis sous des ronces. Je sors ma machette, me lance dans cette jungle de zone tempérée et avance le long de la voie de la fortune.
Le temps passe étrangement, les minutes sont des secondes et les secondes, des heures. D’ailleurs ma montre à mon poignet voit ses aiguilles aller à reculons.
Je m’extirpe des bras végétaux fidèlement lancés envers ma personne. Mes habits sont lacérés et c’est sans regret aucun que je quitte cette foule qui me griffait à tout va ! Je reprends mon souffle en m’appuyant contre un poteau d’acier recouvert de matière autrefois molle mâchée par une vache non-consciencieuse. Ma main, armée d’un billet de train déjà composté, redescend le long de ma cuisse. Je le glisse dans la poche arrière de mon jeans. Il ne m’est plus d’aucune utilité. Je reprends ma route.

Les saumons sont capables de parcourir des milliers de kilomètres parmi des eaux tumultueuses. J’observe les deux-trois qui bondissent hors de l’eau, du haut de mon rocher, adossée à un arbre. Cela fait des heures que je suis là à fixer le courant inébranlable, le flot continu qui s’écoule de ce gouffre. La véritable gueule d’un monstre déversant une quantité pharamineuse de cet obstacle naturel qu’est l’eau. Mon but est encore loin mais il existe un raccourci. Un chemin sous terre qui se montre beaucoup plus rapide. Et son entrée est là, en face de moi. A quelques mètres seulement. Cette deuxième bouche ouverte prête à me dérober est mon salut comme ma perte. J’hésite. Je n’aime pas ne plus voir le ciel et une course palpitante entre deux nuages (un tracteur et un lapin) est entamée. Par un effort de volonté, je me lève, me détache de la contemplation des cieux. Je visionne les deux entrées noires. Ce sont deux yeux étonnés en réalité ! Comment ai-je pu en avoir si peur. Je m’enfonce et commence à lutter contre le courant.

Le métro parisien ne sent pas la rose. Les contacts, les frictions entre ses utilisateurs rajoutent en plus ce fumet particulier qu’est la sueur humaine. Très agréable !

La rame se fait happer par l’obscurité. Des relents d’haleine fétide remontent par les petites vitres et me prennent à la gorge. La porte s’ouvre. Je me jette dehors en une ample roulade de côté, je me relève et m’enfuie dans les couloirs en bousculant les passants. Je cherche fébrilement l’escalator.

Je peine à remonter à la surface, les parois se rapprochent de plus en plus et je n’avance pas assez vite. Bientôt, plus rien n’indique la sortie. Je suis au centre de la terre écrasée par la masse des murs caverneux autour de moi. Je sors ma boussole. Elle n’indique pas le nord…

J’attends. On ne sait quoi. Moi, je sais ! Je suis debout au milieu de la foule, rien d’autre n’importe que la voix métallique qui annonce l’arrivée imminente d’un train. « … entre en gare sur le quai 7… » Je me dirige vers la voie.

Un monstre arrive avec un bruit de souffle lourd et puissant. Le crissement des griffes sur la roche est à la limite du supportable. Je reste figée.

Un flot de touristes s’écoule en langues de feu autour de moi, je tente de rester inébranlable.

Je cherche à distinguer les traits de la bête pour pouvoir viser dans l’œil… la partie la plus fragile. Mais les flammes me repoussent et je perds de vue la cible.

Je crois repérer celui que j’étais venu chercher mais je suis emportée par la foule, plaquée contre le train par une sacrée puissance. Les gens me bousculent, je sautille sur place. J’ai la vision d’un petit bonhomme sur lequel on tire et qui ne sait pas sur quel pied danser. Il finit par se tailler à la manière d’un peau rouge en rampant par terre…

Je rampe hors de la caverne… Mais j’ai réussi ! Je suis de l’autre côté ! Je m’agrippe à la poignée pour me relever en jetant un coup d’œil par-dessus mon épaule et je pousse sur le battant en verre. Elle ne s’ouvre pas !

« Tirez ! Bon sang ! Ne chercher pas à me pousser ! »Je m’exclame tout haut dans le vide alors que je suis coincé entre un wagon et un chariot ! On me regarde bizarrement. Je leur retourne leur regard. C’est ainsi que, ne regardant pas où je posais les pieds dans cette énorme gare, j’avançais tout droit vers la sortie quand, badaboum ! « Mais quel est le barbouse à moustache qui a planté son popotin là ? » Je m’étale de tout mon long remarquant au passage le mètre ruban qui est déployé sous moi et l’autocollant « Iron sponge maiden » sur le côté de la valise du barbousoie. Je relève la tête prête à incendier le jeune homme qui est en train de lire. Seulement voilà, comment critiquer un gars qui a de si bons goûts littéraires : « Bon choix de lecture. J’ai conseillé les mêmes à celui que je suis venue chercher. » Je lui souris et je vois son visage aluné qui apparaît petit à petit au dessus du titre : « Phaenomen » ; d’Erik L’Homme. Son visage s’éclaire :
-Amandine ! On se trouve enfin !
- C’est ce fou que tu peux être sexy dans ton t-shirt rouge, François ! » Sa nuque devient écarlate. J’éclate de rire, j’ai une vision subite d’un fer à repasser qui passe devant moi.
La barrière entre rêve est réalité est tellement nébuleuse qu’il est impossible de savoir si cette rencontre s’est réellement passée.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 19:44

Texte n° 13


Ma vue se fait de plus en plus précise, d’une netteté inhabituelle pour un songe. Les ténèbres se dissipent pour laisser place au spectacle que je veux contempler depuis si longtemps. Où que se porte mon regard, je reconnais ce que j’ai créé. Il ne s’agit pas de divagations de mon inconscient, ni d’un rêve ordinaire, je suis dans l’unique monde qui me convienne. Celui de mon livre.
Ce ciel obscur, éclairé par les flammes d’un bûcher, je l’ai pensé. Ces sapins d’albâtre, je les ai créés. Ces hommes portant les insignes d’un tyran, gisant sur le sol, je les ai tué. Ces loups hurlant dans la nuit, je leur ai donné la vie. Ce vent glacial qui mord ma peau, c’est par ma volonté qu’il souffle. Ces montagnes s’élevant vers les cieux, je les ai fait sortir de terre. Ces terres n’existent pas mais elles sont l’essence de mon espérance. Elles sont d’encre et de papier mais nul ne saurait les détruire. Jusqu’à ce que la faucheuse décide de m’emporter. Lorsque ce jour viendra, alors elles seront anéanties, brisées, et ce sera comme si elles n’avaient jamais existé.
Un cri de rage déchire le silence et brise mon inspiration naissante.
« S’il existe un dieu, qu’il s’avance ! »
Un seul homme pourrait ainsi défier ses créateurs. Il émerge de l’obscurité, la lueur du feu me dévoile sa face, confirmant mes soupçons. Mes yeux rencontrent les siens, d’un bleu glacé, brûlants de puissance. C’est un rebelle, un insurgé, et il n’abandonnera jamais son combat.
« Je suis celui qui t’a créé. Est-ce que cela fait de moi ton dieu ?
- Ma mère m’a créé. Toi…tu n’es qu’un humain comme les autres. Menteur, lâche, perfide… Et aucun dieu ne te punira pour ça. Il n’existe pas de justice, sauf celle des hommes. Quand ils ont le courage de se révolter. »
Le rebelle lève lentement son bras. Il porte une puissante arbalète de métal et d’ébène qu’il pointe vers ma poitrine, menaçant.
« Maintenant dis-moi ton nom. Es-tu pour L’Empire ou les combattants de la liberté ? Réponds-vite car je ne suis pas l’ange que tu prétends être.
- Connaître mon nom ne t’avanceras pas. Demande t-on leur nom aux dieux ?
- Puisque tu veux mourir… » L’arbalète déchaîne la mort.
Les traits fondent sur moi pour déchirer mes chairs, tels des faucons. Je lève la main, et ils s’embrasent, se consument, finissent en cendres sur la neige. L’homme lâche son arme, abandonne.
« Tu t’appelles Siltren, luis dis-je. Tu étais un esclave, une ombre parmi les lumières, mais tu as vaincu ton maître et te bats au nom de la liberté. Ton âme sœur est allongée à côté de toi, aussi froide et fragile que du cristal. Quant à son nom… je briserai ton cœur en te le rappelant. Ses cheveux étaient comme le soleil couchant et ses yeux tels le saphir. Une larme d’elle et tu n’étais le plus même. Un sourire de sa part et tu t’élevais vers les cieux.
- Je ne peux pas te croire. Si tu étais un dieu, pourquoi laisserait tu les hommes s’entretuer, se réduire en esclavage, tomber plus bas que les bêtes ?
- Si j’ai fait ce monde si cruel, c’est pour montrer que la révolte peut naître partout, même lorsqu’on dirait qu’il n’y a plus d’espoir. J’ai écris ton existence. J’ai imaginé ta révolte et désormais je ne peux t’abandonner. Je ne pourrai laisser ton épopée inachevée. Car tu fais partie de ma vie. J’ai besoin de toi, tu as besoin de moi. Nous sommes liés l’un à l’autre.. Mon seul regret est que lorsque je mourrai, tu disparaîtra avec moi.
- Alors tu es un dieu. Ou un simple humain. Nous ne périrons pas ensemble. Les livres ne partent pas en cendres lorsque leur auteur périt. Met ton sang, met ton esprit dans ce que tu écris. Souffre comme je souffre. Ne t’accorde aucun répit. Ensuite, laisse ton livre et tes idées se répandre par-delà les frontières. Comme un brasier. Enflamme les âmes et ma révolte, notre révolte, prendra sur le monde réel. Alors peut-être verras-tu les peuples prendre les armes, se soulever face à l’oppresseur, car des œuvres comme la tienne auront ranimé leur courage. Rend-moi immortel. Afin que ton message survive aux siècles. Que les hommes sachent toujours que le passé est avec eux.
- Tu mises trop sur un simple adolescent. Mais peut-être n’ai-je pas ta foi, peut-être suis-je trop pessimiste. Ainsi tu vas me changer. Je t’ai imaginé comme ce que j’aurai voulu être, mes rêves ont déteint sur toi, et tu vas déteindre sur moi. Serais-ce ce qu’on gagne en écrivant ? Vais-je te ressembler ?
- Je l’espère. Tu te battras avec des mots, et moi avec une épée. Nous aurons donné un sens à nos vies. »
Un noir profond voile ma vue. Lorsque je peux à nouveau voir quelque chose, j’aperçois l’écran de mon ordinateur. Etait-ce un rêve ? Je ne le saurai jamais. Et cet envol, cette rencontre, a bouleversé ma vie. Elle en bouleversera d’autres…

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 20:01

Texte n°14


Elle courait pour attraper son bus, de plus en plus vite, sans faire attention aux obstacles du sol ; c’était aujourd’hui qu’elle allait revoir Thomas, après deux ans d’exil… Elle DEVAIT être là. Le bus ralenti soudain, il devait l’avoir vue. Lucie traversa la rue en courant pour monter à bord.

Elle avait mal au crâne, et à la poitrine aussi, des élancements douloureux qui diminuaient au fur et à mesure qu’elle avançait dans ce long tunnel noir. Enfin, elle franchit le seuil d’un porte pour se retrouver dans une pièce lumineuse. Dans la pièce, il y avait…
- Dad.. dan… Danton ?!!!!!
C’était bien lui, dans ce costume d’époque de la révolution française de 1789, les mêmes traits que sur les tableaux qu’elle avait maintes fois contemplés en désirant pouvoir un jour converser avec cet homme qui avait su changer son temps.
Il esquissa un sourire sarcastique, une mèche de sa perruque impeccablement poudrée retombant sur ses cheveux.
- On dit que tu avais toujours rêvé me voir, n’est-ce pas ? me rencontrer, me parler… Et bien c’est chose faite, et nous n’avons que peu de temps. Alors asseyons nous, et parlons.
- Parler ? mais heu… où sui-je ?
- Tu es morte, lui répondit il avec détachement. Une de ces choses, une voiture, oui, c’est cela, t’a renversée en plein milieu de la chaussée.
Lucie n’en croyait pas ses oreilles, mais… cette douleur, maintenant disparue, ce décor irréel, cette rencontre… ou bien elle rêvait, ou bien l’homme… avait raison…
Elle hésita un instant, le dévisageant avec méfiance, puis se décida :
- parler ?
- oui, très chère. De ta future vie. Ou de ta future vie passée, si te le souhaite, bien sûr.
- Pardon ?
- Il es temps de recommencer.

Il se leva, fit le tour de la table, et la guida vers une porte, de l’autre coté de la pièce :
- viendras-tu avec moi pour ce dernier voyage ? Tu peux refaire ta vie et ton pays à mes cotés si tu le souhaites… ou partir seule.

Tout allait vite, trop vite. Lucie se décida, apeurée.
Quand elle se réveilla, elle ne saisit qu’une intense agitation autour d’elle…


Texte 15



L'horloge du bar marquait 13h 15 et je regardais fixement mon verre de gin comme un homme englouti par la mer regarde peu à peu s'éloigner la surface. Toute ma vie j'ai cherché à noyer le petit garçon qui dort au creux de mon ventre, et l'alcool, et l'ivresse, n'ont jamais été que des moyens pour y parvenir. Chaque seconde de ma vie s'égrainait ainsi, suivant le roulement de la mer et le tangage de mon angoisse.
Jusqu'à cet instant.
La porte du bar s'ouvrit dans un tintement de cloche, et l'air lourd du désert pénétra dans la pièce, jusqu'à mon visage. Je respirai profondément, sous l'odeur du sable brulant on devinait un léger parfum que je ne reconnu pas mais qui me parlai d'une façon étrange. C'est alors que je la vit.
Le temps sembla alors ralentir jusqu'à peser plus lourd.
Pourtant on eut sans doute pas dit d'elle qu'elle était belle, pas même jolie. Tout d'abord, elle était mal habillée, un T-shirt trop grand, sur un jean trop court, des cheveux ternes, comme usés, descendait sur un cou trop long. Elle était plutôt petite et fine, maigre plutôt; elle avait une peau blanche, si blanche qu'on ne la voyait d'abord pas, qu'on ne gardait d'elle qu'une impression fugace : à peine vue, mais déjà oubliée. Mais les gens ne voyaient pas ses yeux. Eux m'avaient tout de suite frappés, et je gisais à terre, avec en moi, la vision de ces yeux si démesurément grands et si noirs, qu'ils paraissaient appartenir au visage de quelqu'un d'autre. Et ces yeux volés semblaient chercher quelque chose, une proie à prendre dans leur sombre toile, si assurés alors que tout le reste de ce corps hurlait, à l'opposé, sa peur de petite fille perdue. Son être entier était le reflet de ce contraste entre des yeux si profonds que l'on pouvaient si perdre et des traits qui semblaient dire que c'étaient le monde qui était trop profond. C'est ce paradoxe, peut être, qui me fit basculer.
J'aimai à l'instant l'ensemble de ses défauts, de ses mains osseuses à sa voix, un peu rauque quand elle demanda du café. Tout s'assemblait en elle pour former par une certaine harmonie de laideur, une beauté cachée, comme en filigrane.
Elle s'était assise au comptoir et, moi, j'étais désespéré : elle me tournait le dos. Le petit garçon qui était en moi, qui jusque là s'était laissé porter par le courant, parut alors replonger dans une eau aussi noire que l'intérieur de la tasse qu'on lui avait apporté. Il fallait que je me lève que je lui parle, mais l'air pesait sur moi ainsi qu'une chape de plomb et mon calvaire intérieur recommença.
Je décidai alors de prendre mon courage à deux mains et me levai du banc sur lequel j'avais échoué quelques heures plus tôt. Emportant mon verre avec moi, je m'asseyais à l'un des tabouret du comptoir, à quelques pas d'elle, mais elle ne me regardait toujours pas et moi, je me contentais de faire tourner le liquide ambré de mon verre pour me donner contenance. J'entendais en moi une voix ironique:
_ Si c'est pour ça que tu t'es levé... Tu es pathétique, ça ne te mène à rien...
_ Au moins d'ici, je sens son parfum...
_ Ah ! Oui! Belle ambition ! De toutes façons, tu n'a jamais su..../
Un nouveau son de cloche interrompit mon monologue intérieur. La femme se retourna, un homme, la trentaine, venait d'entrer. Il balaya la salle des yeux un instant, puis, l'apercevant, il s'avança à grands pas vers nous... enfin vers elle... Il la salua d'un signe de tête et s'assit à ses côtés. Ils semblaient se connaitre mais on ne sentait entre eux aucun courant de sympathie, juste la plus profonde indifférence...
Il commanda lui aussi un café et ils commencèrent à discuter, doucement. Moi, j'écoutais attentivement, buvant chaque parole comme si elle m'était adressée. Ils parlaient d'argent, d'un pick up et aussi, apparemment, d'un gamin... La voie de la femme était plus rauque que jamais, comme si son indifférence pour l'homme en face d'elle n'était qu'une façade pour masquer un trouble plus profond; et, comme pour approuver mon analyse, elle avait, à chaque phrase qu'elle prononçait, un frisson étrange qui lui parcourait la nuque, faisant tressaillir un grain de beauté. Je fixai alors ce grain de beauté, jusqu'à ce que je ne vois plus que lui, que les bruits autour de moi s'estompent. A ce moment là, je ressenti comme un grand calme au fond de moi, comme une eau qui s'apaiserait après un orage. Je me sentais bien.
De nouveau le bruit d'une porte qui se refermait me tira de ma rêverie. L'homme était reparti. La femme quant à elle semblait soucieuse, elle fixait, comme moi auparavant, le fond de sa tasse.
_ Je peux vous offrir un café ?
Je m'étais lancé ! Elle me fit non de la tête avec un air distrait. Puis elle sembla se réveiller. Elle tourna son regard vers moi et je fus une fois de plus engloutit par ces yeux.
_ Excusez-moi, je ne voulais pas être impolie, dit-elle alors. Mais je vous remercie, il y longtemps que...
Elle s'interrompit de nouveau, le regard dans le vague. Puis, elle reprit:
_ C'est bête, je ne sais même pas pourquoi je vous raconte ça mais... Vous n'avez jamais eu l'impression que vous aviez passé toute votre vie en dehors de vous ? Enfin... comme si vous vous étiez contenté de vous regarder vivre... à côté ?
_ Je... euh...
_ Vous avez raison, c'est idiot... je dois vous ennuyer... je suis désolée, d'ailleurs je vais partir... Au revoir.
Elle régla son café avant que je n'ai esquissé le moindre geste. J'essayais d'articuler quelque chose,lui dire de rester, de parler encore, mais je ne put que la regarder disparaitre derrière la porte.
Je m'étais levé. Au mur, l'horloge marquait étrangement 13h 15, comme si tout cela n'avait duré qu'une seconde mais sans doute était elle cassée... Comme dévasté par cette rencontre, mon verre, au sol, s'était brisé.

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Dernière édition par Iron le Lun 7 Avr 2008 - 6:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 20:32

Ca y est ! J'ai enfin fini de lire. C'était long, très long ! Arf!

Je vais avoir du mal à voter pour l'instant. Je relirai tout ca dans quelques jours et je ferai un choix. Ca va être dur.

Je pense avoir trouvé les auteurs de quelques textes, mais ca n'influencera pas ma décision.
J'ai bien aimé l'idée de double rencontre ( Amandine !!!). C'est pas mal du tout.
Voilà...

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 22:21

*Encore un concours zappé humhum.. Embarassed *

Je lirais tout ça demain =)
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 22:23

Ouf !!! Enfin terminé moi aussi.... Very Happy
Ben dis donc... Je suis contente de voir que mon "thème" en a inspiré autant !!! Je pensais pas qu'il y aurait tant de participants mais c'est très bien !!! ^^

Concernant les votes.... Je crois que je vais prendre le temps de la réflexion car quelques-uns m'ont bien plus mais pour départager, galère quoi....

En tout cas, je félicite tout le monde car vous avez tous bien assuré !!! génial

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Dim 6 Avr 2008 - 22:31

Un mot, un : Wooaw !

Bravo pour tout ceux qui ont participé, c'est énorme !

Pour ce qui est du vote, je ne vais pas le faire de suite... je vais laisser décanter. Le choix est trop dur. Trop de très, très bon textes !
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 0:28

wow ! que de monde !

pour moi aussi, il est très dur de choisir (hum, en tout cas, je sais ce que je ne choisirais point >__<)
*jette un regard ecoeuré vers son propre texte*

une semaine pour départager ! c'est parti !!

Luciole
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 10:26

Et bien tout d’abord je félicite tous les participants. Ensuite, arrive le temps de la critique.

Dans l’ensemble il y a de très bons textes. Donc sur la qualité de l’écrit je me passerai donc de commentaires.

Ce qui me chagrine le plus c’est le contenu. Que prévoit le concours ?

Il vous est demandé pour ce concours de décrire, de la manière que vous jugerez la meilleure, la rencontre de vos rêves... oui, la rencontre que vous auriez aimé faire une fois dans votre vie, que vous espérez faire un jour. La rencontre que vous rêvez de faire.

Je m’attendais donc à avoir une rencontre entre deux entités et avoir une interactivité. De plus la contrainte n’était pas des moindres : 800 à 1000 mots. Donc, il faut tout de même aller à l’essentiel et ne pas se perdre dans une introduction interminable. Pour moi la rencontre devait prendre les 2/3 de l’histoire. Malheureusement trop souvent ce ne fût pas le cas.

Ainsi les textes 9, 11, 12 ne collent pas avec l’idée que je m’étais faite du concours, la rencontre n’intervenant que dans les tous derniers instants.

Le texte 1 me laisse quant à lui perplexe. Mais qu’as-tu donc rencontré ? Je ne le saurais jamais dommage. Mais là encore le thème du concours n’est pas respecté.

Arrive ensuite le texte 5 qui m’embêtent sincèrement. J’ai adoré cette nouvelle. Mais bon même en la décortiquant je me rend compte que la rencontre n’est abordée que d’une manière générale. Et comme le j’ai dit plus haut, je m’attendais vraiment à une interactivité. Que cette rencontre me fasse réagir.

Puis il y a les nouvelles trop personnelles pour qu’elles puissent attirer mon attention. Texte 4, 6. Cela parle d’un personnage ou d’un roman que je ne connais pas. J’ai donc eu du mal à rentrer dans l’histoire.

Cela aurait du être également le cas du texte 13, et son personnage Siltren, mais j’ai tout de suite adhéré au texte. Même si on ne connaît pas le monde de cette histoire, les choses sont racontées si clairement que de coup, j’ai l’impression de connaître cette œuvre par cœur.
Les textes 3, 7, 8, 13 ont donc attiré mon attention. Va falloir faire un tri sérieux dans tout ça. Et relire quand même attentivement le texte 5.

Quoiqu’il en soit, cette analyse n’engage que moi et mes critiques n’enlèvent rien à la qualité des textes.

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Dernière édition par sombretoile le Lun 7 Avr 2008 - 11:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 10:34

Hum..... Tes critiques sont plutôt pertinentes dans l'ensemble. Au moins, ça te permet de faire un tri pour arriver plus facilement au départage.

Pour ma part, je n'ai pas vraiment de critiques à formuler car le but était de raconter SA rencontre rêvée, chacun à sa façon... J'ai donc tout lu, certains textes m'ayant plus accrochée que d'autres... ^^

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 11:08

Ben, si ça te paraît trop personnel, c'est un peu normal, puisqu'il s'agit de la rencontre de chacun, Sombretoile.

Je pense que je vais commencer à lire les textes aujourd'hui, mais pour le vote ça attendra je pense Wink
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 11:17

Je suis d'accord avec toi, mais le but est tout de même de partager une émotion , une idée...Mais là ce n'était pas facile pour moi, en raison de l'univers décrit.

Exemple: quand P.J FARMER, me parle de son héro Kickaha le Rusé (voir la saga des hommes dieux) qu'il prétend avoir rencontré en rêve, cela me parle car j'ai lu ces livres je sais de quoi il parle (trés bel exemple de rencontre soit dit en passant). Ce qui n'était pas le cas ici. Surement que si j'avais eu le temps de connaitre les personnages et le monde dans lequel ils évoluent, mon avis aurait été tout autre. Encore une fois, cela n'enlève rien à la beauté du texte.

C'est tout moi ça, je me lance dans des critiques et ensuite j'arrive plus à m'en sortir. Je ne changerais donc jamais.

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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 15:03

Ils sont vraiment très bien ces textes.

Bravo à tout le monde, même si je n'ai pas encore tout lu.
Je me suis arrêté au texte 7, et je te réponds, oui, l'espoir fait vivre Wink
Il y a longtemps que je ne serais plus là sinon...

Vous auriez pu faire des textes moins bons tout de même pour que je puisse voter Smile
(non je plaisante, je trouverai bien celui qui me plaît le plus Wink )
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 16:01

En ce qui me concerne, coup de foudre terrible pour le texte 1 mais je me laisse le temps de tout relire avant de voter. Sinon, bravo à tous! On est hyper nombreux!
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MessageSujet: Re: Huitième concours : venez voter ;-)   Lun 7 Avr 2008 - 17:47

Ajout du texte n° 15 ce matin.

Merci de respecter les délais pour les prochains concours. Rolling Eyes

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